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  • Fluide et déliée

    À 34 ans, Christelle Tang incarne une trajectoire peu commune : fille de commerçants chinois de Belleville devenue directrice chez Binance France, elle est aussi vice-présidente des Acteurs du Grand Paris. Elle symbolise une certaine fluidité des cultures, qui revendique la force de l’ancrage communautaire et la puissance des liens noués dans le Grand Paris. Les yeux rieurs, le débit rapide, enjoué, généreux, Christelle Tang se raconte sans fard, attablée dans un café des Grands Boulevards. Elle grandit à Belleville entre trois générations dans un même appartement : les grands-parents, les parents et elle, l’aînée, appelée à tout tenir. D’un monde communautaire wenzhou, structuré par la débrouille, le commerce, la langue du clan, elle passera, via le choc de Stanislas, aux bancs de l’EM Lyon, puis à la tour de contrôle de Binance France. Et, en chemin, elle s’est attachée au Grand Paris comme on s’attache à une promesse. C’est dans les écoles privées, où sa mère l’inscrit « par contact », qu’un monde s’ouvre. « J’ai compris très vite le fossé de capital culturel. Chez nous, pas de livres. Pas de théâtre. Pas de musée. Alors j’ai bossé. » Stanislas, Grandchamp à Versailles, EM Lyon... jusqu’à cette autre claque : celle du retour au bercail. À 23 ans, elle rejoint sa mère dans l’aventure de Paris Asia, le grand centre commercial sino-français de la ZAC Aérolians à Tremblay. Elle en devient le trait d’union avec les promoteurs. « Mais vivre, travailler et cohabiter avec sa famille, c’est beaucoup. À 30 ans, j’ai tout quitté : maison, taf, obligations. Une crise totale.» C’est là qu’elle rejoint Binance à ses débuts en France, d’abord discrètement, puis en montant en puissance. Aujourd’hui, elle est directrice générale chez Binance France. « Je suis au cœur des sujets liés à la régulation. Lutte contre le blanchiment, conformité européenne, régulation locale... », raconte-t-elle. Le récit est fluide, mais jamais linéaire. Christelle Tang est passée par des chemins qui bifurquent. Elle décrit la start-up qu’elle a portée un temps dans le secteur des mobilités douces, ses expérimentations avec la RATP... Elle avance vite, se raconte sans filtre et lit abondamment. Elle cite notamment Balzac, Pennac, les gastronomies chinoise et française. Et, en filigrane, ce fil tendu entre deux mondes : « Je suis extravertie dans le public, très calme dans le privé », ajoute-t-elle. Vice-présidente des Acteurs du Grand Paris, elle revendique avec force ce lien particulier. « J’ai grandi avec ce club. À 23 ans, je découvre le Mipim, Thomas m’y prend sous son aile. J’aurais pu y ressentir du jeunisme, du sexisme, du racisme... Rien de tout ça. On m’a accueillie pour ce que je pouvais apporter. C’est rare et précieux. » Le Grand Paris, elle y croit. Malgré les freins, les retards, les découragements. « C’est fou que ça se fasse. Ce pays mature, avec ses lourdeurs, avance quand même sur un projet aussi structurant. C’est impressionnant. Et ça nous pousse à rester dans la compétition mondiale. » Elle observe la ville en mutation, à la fois en actrice et en héritière de ceux qui, hier, fuyaient et bâtissaient. Comme ses parents, comme elle, entre Belleville et Binance, entre Paris Asia et Paris tout court.

  • « Pierreval a décidé de placer les enjeux environnementaux au cœur de sa stratégie de développement »

    « C’est un véritable projet d’entreprise. Nous avons réussi à embarquer tous nos métiers autour d’objectifs concrets et mesurables, qui se traduisent aujourd’hui dans chacun de nos projets. » Deuxième pilier : agir pour la biodiversité. Tous les projets font désormais l’objet d’un accompagnement par des écologues, du diagnostic initial jusqu’à la relecture des pièces marchés. Une charte biodiversité s’applique à 100 % des opérations. Chaque site est analysé pour sa connexion aux trames vertes et bleues locales, et l’objectif est assumé : recréer des écosystèmes vivants, même en ville. « Notre approche repose sur l’analyse fine des contextes locaux », explique Léa Glin, directrice Bas carbone et Biodiversité du groupe. « Nous veillons avec l’aide des écologues à intégrer la biodiversité dès les premières esquisses, pour que chaque opération puisse contribuer concrètement à la qualité écologique des territoires. » Projet de Rueil-Malmaison (92) – H.U.S.H Architectes. La Ville sur la ville : réhabilitation et reconversion d’une ancienne friche imperméabilisée de centre-ville. En chantier. Depuis plus de trente ans, Pierreval construit des logements sur l’ensemble du territoire. Mais face à l’urgence climatique et à la transformation des attentes des collectivités et des clients « futurs habitants », le groupe a engagé un virage stratégique profond. Un objectif clair : faire de la transition écologique non pas une option, mais un socle commun à toutes les opérations. Un virage fondamental, assumé, piloté par la direction générale et déployé avec méthode sur le terrain. Projet d’Argenteuil (95) – Architectes Singuliers. Un projet conçu autour d’une venelle paysagère. Une stratégie environnementale structurée, sur quatre axes concrets Chez Pierreval, la transition écologique ne se limite pas à quelques opérations vitrines. Elle repose sur une stratégie claire et ambitieuse, mise en œuvre sur l’ensemble du territoire. Premier pilier : construire bas carbone.  Dès 2024, l’entreprise s’est engagée à construire 30 % de ses logements neufs au seuil 2028 de la RE2020, soit très bas carbone. En 2025, cet objectif a été porté à 45 %. En parallèle, les premiers chantiers visant le seuil 2031 sont déjà en cours, avec une ambition claire : garder une longueur d’avance pour mieux accompagner les territoires dans leurs exigences environnementales. Deuxième pilier : agir pour la biodiversité.  Tous les projets sont accompagnés par des écologues, du diagnostic initial à la livraison, et intégrés dans une charte biodiversité obligatoire. Troisième pilier : intégrer l’économie circulaire.  Pierreval expérimente et généralise l’utilisation de matériaux recyclés ou de réemploi, tout en optimisant le tri à la source sur ses chantiers. Résultat : le taux de valorisation des déchets est passé de 20 % à plus de 90 %. Au-delà de l’impact environnemental, c’est aussi une manière d’ancrer une culture de la sobriété dans la chaîne de valeur. Quatrième pilier : anticiper le confort d’été.  Le réchauffement climatique impose de nouvelles solutions : ventilation naturelle, brasseurs d’air, occultations extérieures... Tous les nouveaux projets sont conçus pour rester agréables à vivre en 2050, autour d’espaces paysagers pensés comme de véritables îlots de fraîcheur. Des opérations pilotes comme laboratoire collectif En parallèle de ce cadre commun, Pierreval développe des opérations pilotes pour tester des solutions innovantes, en lien étroit avec les collectivités. Pour Thomas Roussel, directeur général, ces projets sont « des laboratoires à ciel ouvert », qui permettent à la fois de valider la pertinence de certains dispositifs, de mesurer le bénéfice pour les habitants, de faire monter les équipes en compétence et de renforcer les liens avec les partenaires locaux. Projet de Rueil-Malmaison (92) – H.U.S.H Architectes. La Ville sur la ville : réhabilitation et reconversion d’une ancienne friche imperméabilisée de centre-ville. En chantier. Et demain ? Fidèle à sa culture de terrain et à son esprit d’amélioration continue, Pierreval entend poursuivre sa transformation. Les opérations pilotes et les réponses à concours continueront de jouer un rôle central pour tester, apprendre, affiner les pratiques et nourrir l’ensemble de la production. L’objectif est clair : étendre les standards RE2028 et RE2031 à l’ensemble des projets, et aller encore plus loin sur deux fronts majeurs pour l’avenir des villes et de leurs habitants : le confort d’été, devenu incontournable, et l’économie circulaire, levier clé pour une construction plus sobre, plus durable et plus adaptée aux réalités de demain. Et en croissance Plus de 30 ans d’expérience dans tous les métiers de l’immobilier (Promotion – Foncière – Gestion). Un maillage territorial national pour être au cœur des territoires. Un actionnariat familial, indépendant et engagé. 116 millions d’euros de fonds propres. Plus de 2 000 logements livrés chaque année. Champions de la croissance – Palmarès Les Échos  pour la 6e année consécutive, attestant d’une dynamique de croissance continue.

  • « Faire du Grand Paris une vitrine mondiale du transport durable »

    Directeur général adjoint de Keolis en charge de l’Île-de-France, Youenn Dupuis revient sur les succès récents du groupe dans la région capitale et sur sa stratégie pour accompagner la transformation des mobilités franciliennes. Quel bilan tirez-vous de l’année 2024 pour Keolis en Île-de-France ? Elle a été marquée par plusieurs succès structurants. Nous avons remporté l’exploitation de la ligne 18 du Grand Paris Express, qui s’ajoute aux lignes 16 et 17 déjà confiées à Keolis. Cela représente à terme 90 kilomètres de métro automatique. C’est une reconnaissance forte de notre expertise dans ce domaine, consolidée par notre expérience à Londres, Shanghai ou Doha. Autre étape clé : notre première victoire dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des bus parisiens, avec l’attribution du réseau autour de Chelles, incluant des lignes jusqu’ici exploitées par la RATP. Enfin, nous sommes fiers d’avoir assuré le transport des athlètes pendant les Jeux olympiques et paralympiques, en mettant sur pied en un temps record un réseau provisoire équivalent à celui d’une grande métropole. C’était un véritable défi logistique, mobilisant plus de 1 000 conducteurs venus de toute la France et de Belgique. Qu’est-ce qui fait aujourd’hui la force de Keolis ? Trois piliers : une expertise technique reconnue, une forte culture de l’engagement et une écoute attentive des territoires. Nos 7 000 collaborateurs en Île-de-France sont répartis dans une trentaine de filiales au plus près des clients et des parties prenantes. Ce maillage local nous permet d’être réactifs et de proposer des solutions coconstruites, adaptées aux besoins spécifiques de chaque territoire. Comment travaillez-vous à l’amélioration du service pour les voyageurs ? La régularité est un axe prioritaire. Sur nos réseaux de grande couronne, elle s’est améliorée de 6 à 13 points depuis l’ouverture à la concurrence. Nous atteignons aujourd’hui 91 % de ponctualité, contre 85 % en moyenne en province. Mais il reste des progrès à faire, notamment sur l’information voyageurs. Nous privilégions une approche inclusive : le digital ne suffit pas. Une part importante des voyageurs reste éloignée du numérique. Nous maintenons donc une présence humaine, de la signalétique claire, des supports imprimés. Comment intégrez-vous les mutations sociétales et environnementales ? Nous observons de près l’évolution des comportements via notre observatoire Keoscopie, qui étudie les liens entre mobilité et enjeux sociétaux : numérique, santé mentale, vieillissement... Ces analyses nous aident à adapter nos services. Sur le plan environnemental, nous accompagnons Île-de-France Mobilités dans la transition énergétique : électrification des dépôts, généralisation du biogaz et conversion de toute notre flotte diesel aux biocarburants d’ici septembre 2025. Votre ambition pour Keolis dans le Grand Paris ? Contribuer à faire du Grand Paris une référence mondiale du transport durable, inclusif et résilient. Nous avons tous les atouts pour y parvenir.

  • Hélène El Aïba, Bâtisseuse d’avenir

    Co-directrice générale de l’immobilier résidentiel de Vinci Immobilier depuis 2023, après plusieurs années chez Bouygues Immobilier et Icade Promotion, Hélène El Aïba poursuit avec toujours autant de passion une carrière assise sur deux piliers, le management et la conduite d’opérations, perpétuellement en quête d’apprentissage et de transmission. Née près de Sochaux dans une famille aux solides valeurs de travail – une mère haut magistrat, un père polytechnicien travaillant chez PSA –, Hélène El Aïba n’a cessé de se tracer une trajectoire exigeante. Arrivée à l’âge de 6 ans à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), elle se dit « très Yvelinoise et Francilienne », tout en confiant avoir deux autres régions de cœur : les Pyrénées-Orientales et, depuis son mariage avec un Tunisien, la Tunisie où elle séjourne l’été. Son parcours d’excellence débute au lycée, se poursuit en prépa à Hoche à Versailles, puis à l’École des Ponts et Chaussées, qu’elle choisit autant pour son attrait pour la construction que pour sa passion de l’architecture. Si elle rêvait, un temps, de médecine, son environnement familial l’oriente vers l’ingénierie. Elle complète sa formation par un DEA de finance à Dauphine, anticipant une carrière ouverte, à la croisée de la technique et du stratégique. « Je ne me voyais pas trop aller sur des chantiers qui étaient quand même beaucoup moins ouverts aux femmes qu’aujourd’hui », admet-elle. « Aussi, j’ai préféré me diriger vers le contrôle de gestion et la finance. » Chez Bouygues Immobilier, où elle entre en 1988, elle gravit les échelons : directrice de diverses agences franciliennes, contrôleuse de gestion, directrice financière... Elle pilote des projets majeurs, tels que la construction de la Tour D2 à La Défense et la création d’une filiale de Bouygues au Maroc, et dirige ensuite des opérations de promotion immobilière, notamment après le rachat d’une filiale d’EDF (Valpar Immo). Puis, Hélène El Aïba prend un congé sabbatique de 18 mois pour accompagner son mari, travaillant dans l’industrie pétrolière, en mission au Yémen. « J’en ai gardé un excellent souvenir. Nos trois enfants aussi », raconte cette femme tenace et rigoureuse, découvrant au cours de cette aventure sa « capacité d’adaptation au risque et de résistance à la pression ». Elle y exerce même quelques missions professionnelles, se retrouvant seule femme au milieu de chefs de tribu yéménites. Chef d’orchestre À son retour, elle devient directrice régionale de Bouygues Immobilier Grande Couronne et Île-de-France Sud, puis après 9 ans chez Bouygues, elle rejoint Icade Promotion, où son dirigeant, Maurice Sissoko (actuel directeur de Citallios), lui confie la restructuration de la direction francilienne. Mettant à profit son style – proposer, convaincre, bâtir des fonctionnements efficaces –, elle y impulse une nouvelle organisation. À la faveur de ses réussites, elle est recrutée par Vinci Immobilier début 2023 pour prendre la direction de la région Île-de-France. Nommée en août 2023 co-directrice générale de l’immobilier résidentiel, elle dirige aujourd’hui quelque 250 collaborateurs répartis entre une équipe chargée du commercial et du marketing nationaux, et deux grandes directions régionales, l’Île-de-France et le Grand Ouest (Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire, Bretagne, Centre-Val de Loire), et participe au déploiement du nouveau plan stratégique, en pleine crise du secteur. Une fonction sur-mesure pour cette dirigeante qui aime conjuguer pilotage de haut niveau et maîtrise opérationnelle, du comité d’engagement au suivi des territoires. « Un promoteur est un chef d’orchestre », dit-elle. Hélène El Aïba défend une vision complète de la promotion immobilière, associant qualité architecturale, durabilité, sens du détail et écoute attentive des attentes des collectivités locales. Son sens du management est tout aussi affirmé : former, organiser, faire grandir les équipes, accompagner les transformations. Deux piliers qui guident son action. « Je me bonifie en vieillissant », sourit-elle, heureuse d’avoir pu prendre de nouvelles responsabilités après 50 ans, à mesure que les contraintes familiales s’allégeaient. Toujours aussi passionnée par son métier qui ne cesse de lui ouvrir de nouveaux horizons, à l’instar d’une opération aussi « originale qu’intéressante » à Toulouse, qui consiste à rénover un bâtiment en béton armé des années 1950 classé Monument historique. « Travailler du béton armé pour un ingénieur qui a fait du BTP, c’est passionnant. Parce qu’il y a une qualité de construction exceptionnelle et que le challenge est de savoir comment nous allons procéder », précise-t-elle. Convaincue que l’immobilier se réinvente en permanence, cette femme dynamique, curieuse, souvent en retard – « Je me laisse happer par le moment » –, aime les défis : bâtir du beau et du fonctionnel, accompagner la transition énergétique, intégrer les nouvelles technologies dont l’intelligence artificielle, comprendre les usages. Mais le principal challenge qu’elle doit relever aujourd’hui consiste à piloter, de manière collective et concertée, une entreprise comme Vinci Immobilier, en plein milieu d’une crise immobilière sans précédent qui requiert « de prendre des décisions qui ne sont pas toujours faciles ». Passionnée de décoration, collectionneuse de verre soufflé, amatrice de brocantes, elle investit son temps libre dans la rénovation d’une maison familiale dans le Sud, fidèle à sa sensibilité pour les ambiances et les matériaux. Un havre de paix pour se ressourcer.

  • Gaz vert et solutions hybrides : une transition locale, sobre et mature

    En Île-de-France, des leviers concrets sont actionnés pour accélérer la transition énergétique des bâtiments publics tertiaires. Florence Mourey, directrice adjointe chez GRDF, les détaille et dresse un état des lieux. « Le gaz vert est déjà une réalité en Île-de-France, et un des piliers pour réussir une transition énergétique juste, locale et accessible » En Île-de-France, 40 % des besoins en chaleur sont encore aujourd’hui couverts par du gaz. Pour GRDF, la décarbonation de cette énergie est donc une priorité. Notre objectif ? Que 100 % du gaz consommé soit vert d’ici 2050. Cela passe par des équipements plus performants, comme les pompes à chaleur hybrides, un accompagnement vers la réduction de la consommation d’énergie, mais aussi par le développement d’une filière locale de production de gaz renouvelable. Elle s’adapte aux besoins des bâtiments publics, mais aussi à la météo, pour toujours choisir l’énergie la plus efficace. Les collectivités consomment mieux, moins... et local. Résultat : une consommation optimisée, une facture allégée et une réduction des émissions de CO2. Une filière locale en plein essor Le gaz vert est déjà une réalité en Île-de-France. Il est produit à partir de déchets agricoles, de biodéchets ou de boues de stations d’épuration, via la méthanisation. L’objectif d’ici 2030 est de produire 5 TWh localement. Le développement de la filière des gaz verts est crucial pour renforcer la souveraineté énergétique de la région. GRDF prépare activement son réseau Le réseau gazier bénéficie déjà d’infrastructures adaptées à cette transition, sans transformation majeure. Les investissements se concentrent principalement sur deux axes : le raccordement des unités de méthanisation pour que le gaz vert soit distribué au sein des communes ; la modernisation du réseau, avec des chantiers moins émetteurs de CO2. La distribution de gaz vert est donc immédiatement opérationnelle et compétitive. En soutenant cette filière, les collectivités font le choix d’une énergie renouvelable, locale et sobre, compatible avec leurs enjeux de transition... et leur budget. Des solutions concrètes pour accompagner les collectivités Rappelons que GRDF assure une mission de service public pour le compte des collectivités, qui sont propriétaires du réseau et en confient la prise en charge à l’entreprise via un contrat de concession. Afin de décarboner leurs territoires, les collectivités franciliennes cherchent des alternatives efficaces pour leurs bâtiments publics (écoles, hôpitaux, équipements sportifs...). GRDF en Île-de-France les accompagne dans la mise en place de solutions à la fois simples, locales et efficaces, comme la pompe à chaleur hybride (PAC). Produite localement, la pompe à chaleur hybride consomme jusqu’à 40 % d’énergie en moins qu’une chaudière classique, sans nécessiter de refonte complète des installations. Concernant les émissions de CO2, les économies peuvent aller jusqu’à 70 % d’émissions en moins, voire 90 % si son installation est combinée avec la contractualisation d’un contrat gaz vert. Un levier intéressant pour se rapprocher des exigences du Décret tertiaire et accélérer la transition énergétique. La pompe à chaleur hybride est une solution accessible, adaptée à tous les bâtiments du tertiaire et compatible avec le gaz vert. Comment fonctionne cet équipement bi-énergie ? La pompe à chaleur hybride combine deux sources d’énergie : une pompe à chaleur électrique, qui récupère la chaleur présente dans l’air extérieur pour chauffer ; une chaudière gaz à très haute performance énergétique (THPE), qui prend le relais en cas de besoin. Elle s’adapte aux besoins des bâtiments publics, mais aussi à la météo, pour toujours choisir l’énergie la plus efficace. Les collectivités consomment mieux, moins... et local. Résultat : une consommation optimisée, une facture allégée et une réduction des émissions de CO2. Une filière locale en plein essor Le gaz vert est déjà une réalité en Île-de-France. Il est produit à partir de déchets agricoles, de biodéchets ou de boues de stations d’épuration, via la méthanisation. L’objectif d’ici 2030 est de produire 5 TWh localement. Le développement de la filière des gaz verts est crucial pour renforcer la souveraineté énergétique de la région. GRDF prépare activement son réseau Le réseau gazier bénéficie déjà d’infrastructures adaptées à cette transition, sans transformation majeure. Les investissements se concentrent principalement sur deux axes : le raccordement des unités de méthanisation pour que le gaz vert soit distribué au sein des communes ; la modernisation du réseau, avec des chantiers moins émetteurs de CO2. La distribution de gaz vert est donc immédiatement opérationnelle et compétitive. En soutenant cette filière, les collectivités font le choix d’une énergie renouvelable, locale et sobre, compatible avec leurs enjeux de transition... et leur budget. Les chiffres clés du gaz vert en Île-de-France 61 sites injecteurs de biométhane , dont 47 sur le réseau exploité par GRDF. 1,2 TWh/an de production , équivalent de 310 000 logements neufs ou 4 950 bus roulant au bioGNV. 5 TWh/an visés à horizon 2030. 70 % des bus d’Île-de-France Mobilités rouleront au bioGNV d’ici 2029. Un réseau déjà adapté pour distribuer du gaz vert.

  • « Les PME au service de la construction d’une France moderne et connectée »

    Dans le paysage complexe et ambitieux des grands projets d’infrastructure en France, Prunières apporte une réponse complète aux majors du BTP. Ils ont fait leurs armes sur les chantiers du Grand Paris Express et proposent désormais un service global, de l’évacuation des terres au transport des voussoirs, pour la ligne C du métro de Toulouse et, prochainement, le tunnel Lyon-Turin. « Il ne suffit pas d’avoir le bon matériel, il faut aussi comprendre les exigences d’un tunnelier. » Pour Nicolas Prunières, dirigeant de la PME familiale du même nom, l’enjeu de l’acheminement des voussoirs, dont l’entreprise s’est désormais fait une spécialité, est simple : livrer, sans interruption, des dizaines de milliers d’unités aux machines qui creusent les souterrains du futur. Initialement basée en Occitanie, c’est la troisième génération de l’entreprise familiale qui ouvre les portes de l’Île-de-France et de l’Aquitaine, avec toujours la même exigence pour répondre aux contraintes des chantiers des majors du BTP. En développant une compétence dédiée au transport des voussoirs, Prunières devient un partenaire des grands groupes du BTP – Vinci, Bouygues, Eiffage, Demathieu Bard ou Guintoli – sur les opérations les plus emblématiques du pays. « Ce que recherchent les donneurs d’ordre, c’est une réponse globale, réactive, fiable. Nous apportons une organisation capable d’assurer le bon déroulement des travaux dans des contextes urbains parfois très contraints », souligne Anne Prunières, dirigeante du groupe. Un savoir-faire de niche au service des tunneliers Les voussoirs, anneaux de béton armé qui composent la structure interne des tunnels, sont produits en amont dans des usines de préfabrication, puis transportés jusqu’aux puits d’accès des tunneliers. Massifs, fragiles, normés au millimètre près, ces éléments nécessitent une logistique sur mesure. « Le tunnelier ne s’arrête jamais : il progresse de plusieurs mètres par jour, 24 heures sur 24. C’est à nous d’alimenter cette cadence sans rupture », explique Nicolas Prunières. Pour cela, l’entreprise s’appuie sur une flotte adaptée, des chauffeurs qualifiés et une organisation méticuleuse. Le chantier du métro de Toulouse, notamment sur la future ligne C, constitue aujourd’hui un cas d’école. Longue de 27 kilomètres, cette ligne mobilise six tunneliers – dont plusieurs réutilisés après les travaux du Grand Paris Express – et nécessite l’acheminement de dizaines de milliers de voussoirs dans un tissu urbain dense. Prunières assure la coordination entre les sites de production et les entrées de tunnel. Une montée en puissance en Île-de-France Dans le Grand Paris Express, Prunières a participé au transport de matériaux excavés et de parois moulées. L’année 2025 marque un nouveau cycle de chantiers avec la relance de la ligne 15 ouest, où les contrats de conception-réalisation ouvrent la voie à de nouveaux partenariats. En s’associant aux majors sur ces projets, la PME confirme sa capacité à répondre aux enjeux complexes dans des délais courts. « Nous sommes une entreprise à taille humaine, mais capable de monter en charge très rapidement, avec une organisation souple et résiliente », insiste Anne Prunières. Les PME, partenaires stratégiques des majors La réussite de Prunières illustre plus largement le rôle clé des PME françaises dans la conduite des grands projets sur le territoire national. Réactives, agiles, ancrées territorialement, ces entreprises familiales s’intègrent dans les chaînes de valeur portées par les majors. Avec près de 3,8 millions de PME en France, représentant 99 % du tissu économique, c’est une force de frappe industrielle et logistique que les donneurs d’ordre sollicitent de plus en plus. « Ces collaborations sont basées sur la confiance et sur la capacité à tenir nos engagements, même dans des contextes d’incertitude ou de crise », souligne Anne Prunières. Une ambition renouvelée Alors que les chantiers du Grand Paris Express redémarrent, que le Lyon-Turin s’accélère et que d’autres projets émergent, Prunières confirme son ambition : devenir un acteur de confiance pour les infrastructures de demain. Avec, en ligne de mire, la capacité à proposer une offre intégrée — transport, location d’engins, coordination des flux — au service des plus grands défis techniques du pays. Deux exemples hors Île-de-France Métro de Toulouse (ligne C) Transport de voussoirs pour plusieurs tunneliers, coordination entre les sites de préfabrication et les puits urbains. Livraison en flux tendu sur 22 km de tunnel. Tunnel Lyon-Turin (section transfrontalière) Prunières mobilise des ensembles adaptés pour le transport de 100 000 voussoirs produits à La Chapelle (Savoie). Des tests ont été réalisés au printemps 2025.

  • « La QHSE est un outil de performance globale »

    Damien Le Fur, directeur QHSE de Rekeep France, défend une approche intégrée de la qualité, de la sécurité, de l’environnement et des conditions de travail. À l’heure où les chantiers du Grand Paris se multiplient, il détaille comment son entreprise s’adapte et innove pour conjuguer performance opérationnelle, santé des collaborateurs et décarbonation. Damien Le Fur. Rekeep est encore peu connue en France. Pouvez-vous en rappeler l’identité et les grands métiers ? Rekeep est un groupe italien historiquement implanté dans les services aux bâtiments. En France, nous connaissons une forte accélération depuis quelques années, en particulier dans les métiers de la propreté. Nos deux grands domaines d’intervention sont, d’une part, les services aux transports (nettoyage de gares, bus, rames de métro ou de tramway) et, d’autre part, les établissements hospitaliers. L’hôpital Cochin, avec l’Hôtel-Dieu et la maternité Port-Royal, est notre dernier grand contrat et une vraie vitrine. L’entreprise est en croissance rapide et c’est dans ce contexte que j’ai été recruté pour structurer la stratégie QHSE (qualité, hygiène, sécurité, environnement). Quel lien établissez-vous entre cette dynamique et les projets du Grand Paris ? Le Grand Paris génère naturellement de nouvelles opportunités commerciales : de nouvelles gares, de nouveaux flux, donc potentiellement de nouveaux marchés pour nous. Mais, au-delà de l’aspect business, ce sont les effets systémiques qui comptent : la réduction des temps de trajet qu’offre le réseau améliorera concrètement la qualité de vie de nos collaborateurs. Aujourd’hui, un agent qui doit faire Nanterre–Saint-Denis met un temps fou. Demain, ce sera bien plus simple, ce qui facilitera aussi le remplacement en cas d’absence et renforcera l’agilité de nos équipes. Cette transformation nourrit notre réflexion organisationnelle. Comment définissez-vous votre mission QHSE ? Je pilote trois grands chantiers : la qualité de service (et donc la satisfaction client), la sécurité et la santé au travail, et enfin la stratégie environnementale. Sur la qualité, il s’agit d’unifier nos pratiques à l’échelle nationale, de bâtir un système documentaire homogène, de mettre en place des processus orientés amélioration continue. Sur la sécurité, je coordonne les actions de prévention. Pour l’environnement, nous travaillons sur notre impact carbone, notre flotte, nos produits, nos matériels. La QHSE est un outil de performance globale au service de nos agents comme de nos clients. Quelles actions concrètes avez-vous engagées ces derniers mois ? Plusieurs projets importants sont en cours. Nous avons notamment déployé à l’hôpital Cochin un procédé de nettoyage à l’eau pure, sans produits chimiques, sur certaines zones, ce qui réduit à la fois l’impact environnemental et l’exposition des agents à la chimie. C’est un exemple très concret de notre démarche QSE croisée : qualité, santé et environnement en synergie. Nous avons aussi lancé un programme de prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS), en collaboration avec un cabinet spécialisé. Ce projet prend en compte la spécificité de nos métiers – nettoyage en milieu ferroviaire, travail de nuit, postures contraignantes – et inclut des expérimentations, comme les tests d’exosquelettes. Justement, ces innovations sont-elles bien acceptées sur le terrain ? Il y a toujours une phase d’appropriation. Mais nous testons avec pragmatisme. Un exemple : dans certaines stations de métro, le nettoyage des parois carrelées nécessite des mouvements répétitifs à hauteur d’épaule. Nous testons un exosquelette sur ce type de tâche, pour mesurer les gains en termes de fatigue et de prévention des TMS. Ce sont des expérimentations à la croisée de l’innovation et du dialogue avec les équipes de terrain. En quoi votre fonction croise-t-elle les enjeux de qualité de vie au travail ? Le QHSE ne remplace pas la fonction RH, mais nos actions conjointes QHSE/RH contribuent à l’amélioration de la QVCT. Nous agissons sur la formation à la sécurité, la prévention, le choix de matériel ergonomique ou encore les solutions de mobilité. La qualité de vie au travail est intégrée à notre réflexion, au même titre que la satisfaction client. C’est aussi un levier d’attractivité pour nos métiers, souvent méconnus ou sous-valorisés. Et sur la décarbonation ? Nous agissons sur plusieurs fronts. Notre flotte de véhicules est progressivement électrifiée et nous optons aussi pour des véhicules reconditionnés. Nous avons une réflexion identique sur le matériel avec le reconditionné/seconde main. Nous avons par exemple remplacé des appareils thermiques par des appareils électriques (nettoyeurs haute pression). Nous réduisons également l’usage de produits chimiques. Notre rôle, c’est aussi de faire des choix responsables, de conseiller nos clients et d’embarquer nos équipes dans cette transition. Vous avez rejoint Rekeep récemment. Quelle culture d’entreprise y avez-vous trouvée ? Une volonté claire de la direction générale d’investir sur la QHSE et la RSE comme leviers de transformation. Ce que je trouve différenciant, c’est cette compréhension sincère que ces enjeux ne sont pas seulement des obligations, mais des facteurs de performance, de valorisation de nos métiers et de fidélisation des équipes. C’est ce qui m’a convaincu de rejoindre le projet. Rekeep en France Acteur majeur des services aux bâtiments et infrastructures, Rekeep France est une filiale du groupe italien éponyme. En forte croissance, Rekeep France se spécialise dans les services de propreté pour les transports (RATP, gares, matériel roulant) et les établissements de santé (hôpitaux, maternités...). Son développement s’accompagne d’un engagement structuré en matière de qualité, d’hygiène, de santé et d’environnement (QHSE), au service de ses collaborateurs et de ses clients.

  • "Être promoteur, c'est être au service de la vision de l'élu local"

    Christophe Afonso, cofondateur de Yuman Immobilier, assume une approche fondée sur l’écoute des élus et la co-construction des projets. Réactivité, proximité et ancrage local : dans un contexte de défiance envers l’acte de bâtir, il défend un urbanisme partenarial, pragmatique et engagé. Michel Nguy, William Bion, Christophe Afonso, dirigeants de Yuman Immobilier. Vous insistez sur l’importance du dialogue avec les élus. Pourquoi ? Parce que ce sont eux qui portent les projets de territoire. Chez Yuman, on ne force jamais une opération. Si un maire veut 100 logements familiaux, on ne lui impose pas une résidence étudiante de 200 unités. Notre rôle n’est pas de faire du « produit », mais d’accompagner une vision municipale. Ce que nous faisons, nous le faisons toujours à la demande, en réponse à un besoin clairement formulé. Et ce besoin, personne ne le porte mieux qu’un élu local. Comment se déroule concrètement cette écoute ? Certains maires viennent spontanément nous voir, attirés par nos engagements extra-immobiliers – comme notre fondation ou nos actions sociales. D’autres, nous les rencontrons sur le terrain. Dans tous les cas, on prend le temps : deux ou trois rendez-vous pour comprendre leurs priorités, leur manière de travailler. Ensuite, seulement, on explore les opportunités foncières, si – et seulement si – on a une commande claire de la Ville. Cette posture s’explique-t-elle aussi par la taille de votre structure ? Oui, notre modèle repose sur la réactivité et la proximité. Chez nous, le maire n’a qu’un interlocuteur : moi. Il a mon numéro direct. Et s’il m’appelle un samedi matin pour un trottoir mal nettoyé, à 9 h 30, le problème est réglé. Cette relation de confiance ne s’invente pas. Elle se construit dans la durée, sur la base d’un engagement mutuel. On préfère marger un peu moins sur une opération, mais faire un projet utile, accepté et durable. L’année écoulée a été difficile pour le secteur. Comment l’avez-vous traversée ? Paradoxalement, c’est l’une de nos années les plus prolifiques. Pourquoi ? Parce que les grands groupes, avec leurs frais fixes énormes, ont ralenti ou stoppé leur développement. Nous, plus petits, plus agiles, avons pu occuper le terrain. Et comme nous avons renouvelé des opérations dans des villes où nous avions déjà travaillé, la notoriété et la confiance ont joué en notre faveur. Gabriela Milicevic et Cindy Dino, directrice et directrice adjointe du Développement chez Yuman Immobilier. Quelle est votre lecture des tensions actuelles sur le logement en Île-de-France ? Il faut comprendre les élus. Construire, c’est s’exposer. Dès qu’un immeuble sort de terre, on entend parler de vis-à-vis, de bétonisation, de clientélisme... Certains maires préfèrent ne rien faire plutôt que de prendre le risque politique d’un projet mal perçu. Or, un mandat de six ans est très court : un programme immobilier met souvent quatre ans à sortir. Un mauvais choix peut coûter une réélection. Comment améliorer l’acceptabilité des projets ? En donnant aux élus les moyens d’assumer l’acte de bâtir. Aujourd’hui, construire rapporte peu à la commune : quelques taxes d’urbanisme et beaucoup de dépenses supplémentaires pour les équipements publics. Il faut rééquilibrer. Les projets doivent s’inscrire dans un cadre global : une crèche en pied d’immeuble, une maison médicale, une supérette, un équipement qui manquait. C’est ce que nous proposons : bâtir en étant utile. En devenant, d’une certaine manière, le service promotion de la commune. Vous êtes aussi engagé dans le Club des Acteurs du Grand Paris. Que vous inspire ce territoire ? Le Grand Paris est un projet essentiel. À Paris, le maillage de transports est excellent. Mais, entre banlieues, c’est parfois un désert. Tu veux aller de Nanterre à Bondy ? Tu mets une heure, alors que tu es à 10 kilomètres. Le Grand Paris Express change la donne. Il crée du lien, du potentiel, de l’attractivité. Il répare aussi des inégalités territoriales anciennes. Quelles sont vos convictions architecturales ? J’aime ce qui est néo-contemporain, avec des matériaux pérennes comme la pierre. Mais je fais toujours passer l’adaptation au territoire avant mes préférences personnelles. Certaines villes appellent du classique, d’autres du plus audacieux. L’important, c’est que l’élu ait la main sur l’architecture, les entreprises, la programmation. Nous, on propose, mais on ne s’impose jamais. Yuman Immobilier Créée par Christophe Afonso et Michel Nguy, Yuman Immobilier est une société de promotion indépendante fondée sur la proximité, la réactivité et l’utilité sociale. L’entreprise conçoit des projets à taille humaine, exclusivement en partenariat avec les collectivités locales. Son engagement va au-delà de la seule construction : mécénat, bourses d’études, soutien à des jeunes méritants... Elle revendique une approche « cousue main », au service de la ville et de ceux qui la font.

  • « Nous nous engageons dans des projets concrets, au service des territoires »

    Depuis 2023, Théophile Morelli pilote l’activité de promotion immobilière de RATP Solutions Ville. Une mission stratégique au sein de cette filiale du groupe RATP, qui entend faire de la fabrique urbaine un levier de transition écologique et de création de valeur pour les territoires. Pourquoi la RATP développe-t-elle aujourd’hui une activité de promotion immobilière ? Historiquement, le groupe RATP cédait les terrains devenus obsolètes ou inexploités à des promoteurs privés. Désormais, avec RATP Solutions Ville, il s’agit d’aller au-delà de la seule valorisation foncière, en participant pleinement à la réalisation des projets immobiliers. Nous devenons co-promoteurs, en accompagnant les opérations de bout en bout : conception, montage, suivi des chantiers. Cela nous permet de mieux défendre les intérêts du Groupe et de garantir l’intégration urbaine, sociale et environnementale des projets. Quels types de projets pilotez-vous aujourd’hui ? Nous avons deux chantiers en cours et venons d’accompagner la direction de l’Immobilier du Groupe dans le lancement de deux nouvelles consultations, l’une à Bagneux pour un programme d’activités, l’autre dans le 20e arrondissement de Paris pour un projet de 80 logements, adossé à un nouvel atelier de maintenance de métro (Belgrand Saint-Fargeau). Nous sommes également co-promoteurs de la réhabilitation de l’ancien siège de l’AP-HP, face à l’Hôtel-de-Ville, avec nos partenaires BNP Paribas Real Estate et Apsys. Ce projet emblématique, nommé « Les Arches Citoyennes », alliera bureaux, logements sociaux et centrale des mobilités – un espace de services urbains dédié à la pratique du vélo, géré par RATP Solutions Ville. Votre périmètre d’intervention reste-t-il cantonné au foncier RATP ? Non, notre ambition est d’intervenir également en dehors du patrimoine RATP. Nous répondons à des appels à projets aux côtés d’acteurs traditionnels, en apportant une valeur ajoutée singulière : notre ancrage territorial, la capacité à intégrer du logement social via notre bailleur RATP Habitat et l’expertise de nos autres filiales en matière de mobilités, d’énergie ou de logistique urbaine. Nous assumons un rôle actif dans les projets, au-delà d’une simple présence institutionnelle. Quel est le profil type des projets que vous recherchez ? Nous ciblons des opérations complexes, à dominante résidentielle, mais avec une forte mixité d’usages : services urbains, logistique, équipements. Le cœur de notre champ d’action reste Paris et la petite couronne, en cohérence avec le maillage historique de la RATP. Notre présence est particulièrement pertinente dans les projets urbains mixtes, là où nous pouvons conjuguer les compétences de l’ensemble du Groupe. Comment intégrez-vous les impératifs écologiques dans vos projets ? Nous appliquons la charte de l’immobilier durable de la RATP, qui s’imposera à tous les projets menés par RATP Solutions Ville. Nous nous inscrivons pleinement dans la trajectoire climat du Groupe, avec des exigences élevées en matière de construction bas carbone, de réemploi des matériaux, de sobriété foncière. En sites urbains denses, l’enjeu est de combiner la réindustrialisation et la modernisation de certains sites avec la création de logements, d’espaces publics ou d’équipements partagés. C’est tout le sens de notre action : inventer une ville plus sobre, plus accessible et plus fonctionnelle. Théophile Morelli, un professionnel engagé dans la fabrique urbaine de demain Diplômé de l’ESTP, formé à la conduite de travaux au Canada, Théophile Morelli a fait ses armes chez Demathieu Bard Immobilier, avant de rejoindre RATP Solutions Ville en 2023 pour y prendre la tête de l’activité promotion immobilière. Ce passionné d’urbanisme coordonne aujourd’hui le développement de projets complexes en Île-de-France, sur des fonciers RATP ou dans le cadre d’appels à projets. Entre montage juridique, dialogue avec les collectivités et coordination technique, il incarne une nouvelle génération de promoteurs engagés, soucieux d’intégrer les enjeux sociaux et climatiques à la construction de la ville. « Le promoteur, dit-il, est un chef d’orchestre. Il faut trouver la bonne harmonie entre les usages, les équilibres économiques et l’intérêt général. » RATP Solutions Ville, un opérateur urbain intégré au service des territoires Filiale du groupe RATP dédiée aux services urbains, RATP Solutions Ville rassemble les expertises complémentaires de quatre entités historiques : RATP Habitat, RATP Real Estate, RATP Connect et RATP Capital Innovation. Sa mission : accompagner la transition écologique des villes en proposant des solutions intégrées en immobilier, télécoms, énergie, logistique et nouvelles mobilités. Co-promoteur de projets urbains complexes, gestionnaire de réseaux de fibre et de froid urbain, opérateur d’espaces logistiques ou de services vélos, RATP Solutions Ville incarne une nouvelle approche de la fabrique de la ville, au croisement des enjeux de mobilité, de sobriété et de proximité.

  • Data centers : anticiper pour mieux raccorder

    Alors que les projets de data centers se multiplient en Île-de-France, RTE anticipe leurs besoins croissants en électricité et prépare leur arrivée. Vivien Molinengo, responsable des affaires publiques de RTE dans la région, revient sur cette dynamique et sur les actions mises en place pour organiser, avec les territoires concernés, leur accueil. Pourquoi observe-t-on un tel engouement pour les data centers en Île-de-France ? L’Île-de-France concentre aujourd’hui la majorité des demandes de raccordement de data centers reçues par RTE en France. Ce n’est pas un hasard : la région dispose d’infrastructures de télécommunication de premier plan, d’un tissu économique dense et d’ambitions en matière d’innovation et de numérique, comme l’illustre le projet du plateau de Saclay. À ce jour, 5 data centers sont raccordés au réseau de transport d’électricité en Île-de-France. Une trentaine d’autres sont en cours de raccordement et autant à l’étude. Cela montre à quel point la dynamique est forte et touche désormais l’ensemble du territoire francilien, y compris des départements jusqu’ici peu concernés, comme la Seine-et-Marne. Face à cette demande, quels sont les enjeux pour le réseau électrique ? L’enjeu est clair : dans notre rôle de raccordeur et compte tenu des objectifs publics en matière de décarbonation, de réindustrialisation et de souveraineté numérique, il s’agit d’accueillir, dans les meilleures conditions et avec la meilleure qualité de service possible, tout nouvel utilisateur du réseau qui en fait la demande à RTE, dont les data centers. Concrètement, que met RTE en place pour répondre de façon efficace à cette dynamique ? Nous avons notamment lancé une démarche innovante de mutualisation dans le sud-est francilien, sur une zone à cheval entre l’Essonne et la Seine-et-Marne. L’idée est de ne plus traiter les demandes les unes à la suite des autres, mais de concevoir d’emblée une architecture électrique globale pour accueillir l’ensemble des projets à venir. Une telle mutualisation doit améliorer l’efficacité du réseau, raccourcir certains délais de raccordement et limiter la gêne pour les territoires en phase travaux. Par ailleurs, nous avons co-réalisé une étude avec l’Institut Paris Region afin d’identifier des zones qui seraient pertinentes pour accueillir des data centers, en croisant notamment des critères électriques et relatifs au foncier. Ce travail se poursuit avec les services de l’État pour aboutir à une véritable stratégie régionale d’accueil. Cette dynamique est-elle compatible avec l’objectif de décarbonation ? Un des atouts de la France, c’est que la production d’électricité y est abondante et à 95 % décarbonée. À ce titre, implanter des data centers ici est plus vertueux que dans d’autres pays fortement émetteurs de CO2, sans oublier l’importance stratégique de la souveraineté numérique. Enfin, la question de la contribution potentielle du numérique à la décarbonation reste ouverte, comme l’a souligné France Stratégie dans une note d’analyse de 2024. Quoi qu’il en soit, les études prévisionnelles de RTE à moyen terme prennent en compte ces nouveaux besoins électriques et notre rôle en la matière sera de garantir que le réseau de transport d’électricité réponde à toutes les demandes au meilleur coût pour la collectivité et avec le moins d’impacts pour l’environnement.

  • "Construire durablement : c'est le défi que nous portons"

    3 questions à Alain Girard, Directeur général, Groupe Legendre Comment agissez-vous en faveur de la décarbonation sur les projets gros œuvre en Île-de-France ? Nous croyons au fait d’utiliser le bon matériau au bon endroit. Si notre champ d’action peut paraître limité sur les projets de gros œuvre seul, nous avons tout de même quelques options. Notamment le fait d’optimiser la quantité de béton nécessaire, grâce à nos ingénieurs experts en calcul de structure. Sur l’opération P17&Co (Paris 17e) , réalisée en partenariat avec le cabinet Hardel Le Bihan Architectes et pour le compte de BNP Paribas Real Estate, nous avons par exemple varianté la structure des parois des 5 niveaux de sous-sol de l’ouvrage. Nous avons ainsi économisé 790 mètres cubes de béton, soit un peu plus de 180 tonnes de CO2 . Nous nous intéressons également à la composition des bétons. Nous nous sommes ainsi associés à la société Hoffmann Green, pour expérimenter leur ciment décarboné sur le chantier de nos nouveaux bureaux de Villejuif (94), et nous poursuivons l’utilisation de centrales béton sur nos chantiers pour intégrer du laitier à la formulation dès que c’est possible. La mixité de matériaux, le biosourcé... Ces solutions sont-elles incontournables aujourd’hui pour une entreprise générale ? Nous savons intégrer le bois, la terre crue ou d’autres matériaux à faible empreinte carbone dans nos projets, nous savons adapter nos structures béton pour qu’elles se marient facilement avec du bois ou du métal... Il me semble que les nouveaux enjeux se situent dans l’optimisation de notre organisation sur le chantier. Le principe d’économie circulaire nous occupe beaucoup chez Legendre. Entre dépose sélective, réemploi, réutilisation, les équipes montent en compétences sur ces sujets. Sur le projet de construction de la résidence sociale Petite Pierre (Paris 11e) , la démarche a été challengée à tous les niveaux, des garde-corps au toit végétalisé, en passant par la réutilisation des luminaires, des vasques et des WC. Imaginé par Thibaut Robert Architectes & Associés pour le compte de l’Habitat Social Français, ce chantier offre une belle illustration de notre savoir-faire. La réhabilitation semble durable par définition. Qu’en est-il selon vous ? Les projets de réhabilitation constituent une véritable solution pour limiter l’impact de la construction sur notre environnement. La loi ZAN (Zéro artificialisation nette) nous amène à prolonger toujours plus le cycle de vie des bâtiments. Construire dès que possible sur du « déjà bâti », anticiper les transformations grâce à la réversibilité des usages, augmenter les capacités des ouvrages existants grâce à la surélévation bois sont autant d’options envisageables. C’est actuellement le cas rue du Bessin (Paris 15e) , dans le cadre de la réhabilitation et de la surélévation de trois niveaux d’un ancien centre d’hémodialyse pour en faire une résidence jeunes actifs de 80 logements et une crèche de 30 berceaux. Nous avançons main dans la main avec l’Atelier Téqui Architectes sur ce projet réalisé pour le compte d’Elogie-Siemp. La nécessaire réduction de l’empreinte carbone de la construction force la créativité et nous disposons aujourd’hui d’une vraie palette de solutions. C’est le défi que nous portons pour nos clients et pour la préservation de notre planète.

  • "La dynamique économique reste solide"

    L’Agence Roissy Développement assure la promotion de la communauté d’agglomération de Roissy Pays de France, composée de 42 communes allant de l’est du Val-d’Oise à l’ouest de la Seine-et-Marne. L’aéroport de Roissy est au centre d’un pôle économique. Quelles sont les caractéristiques du tissu économique local ? La présence de Paris–CDG (1er aéroport de l’Union européenne et hub européen en termes de fret) ainsi que celle du Bourget (1er aéroport européen pour l’aviation d’affaires) rendent notre territoire très attractif. Nous représentons plus d’un tiers du PIB régional grâce aux 30 000 entreprises implantées, des TPE/PME jusqu’aux majors comme Air France, groupe ADP, Fedex International ou encore Volkswagen Group France. Ces chiffres reflètent incontestablement une solide dynamique économique malgré le contexte complexe que nous connaissons depuis plusieurs années. Comment ce tissu économique évolue-t-il depuis la pandémie de Covid-19 ? À la suite du ralentissement des activités historiques de notre territoire (transport aérien de passagers, événementiel, hôtellerie-restauration) induit par la crise Covid, la communauté d’agglomération et son agence de développement économique Roissy Dev ont souhaité porter une réflexion sur une diversification des secteurs d’activité afin de limiter notre dépendance à notre forte spécialisation dans le secteur de l’aérien. En 2022, nous avons mené une étude de diversification économique qui a permis d’identifier cinq filières stratégiques sur lesquelles nous portons désormais une attention toute particulière : la santé, l’écoconstruction, l’agroalimentaire et, bien entendu, l’aéronautique et l’événementiel. Cette stratégie de diversification n’a pas pour objectif d’abandonner nos secteurs historiques, mais plutôt de créer de nouvelles perspectives d’évolution pour notre territoire. Un processus qui prendra du temps. Comment cette dynamique profite-t-elle au territoire et à ses habitants ? La dynamique économique du territoire profite très clairement à ses usagers, que ce soient les entreprises ou les habitants. Pour preuve, nous avons observé une hausse de l’emploi de 13 % sur les 10 dernières années, avec désormais près de 280 000 emplois sur le territoire. En conséquence, ces emplois, maintenus pour certains et créés pour d’autres, obligent le territoire à se moderniser et à renforcer les services à destination des habitants, des entreprises et de leurs salariés, que ce soit sur le plan économique, social, sociétal ou environnemental.

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