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Posts de blog (303)

  • L'île-de-France verdit ses déplacements

    Pour réduire ses émissions carbonées, la région Île-de-France soutient le développement des transports publics, routiers, des mobilités actives ou partagées, afin de proposer des alternatives à la voiture. Les secteurs de l’aérien et du fluvial ne sont pas en reste. Après avoir obtenu le feu vert de la commission d’enquête publique en mai, le Plan des mobilités de la région Île-de-France  doit être adopté à l’automne. Élaboré par la région Île-de-France et Île-de-France Mobilités, ce plan est « celui de tous les acteurs de la mobilité francilienne » et porte « une vision fédératrice, ambitieuse, mais réaliste, de notre région », déclare la présidente de région et d’Île-de-France Mobilités, Valérie Pécresse. Ce Plan des mobilités s’inscrit dans la continuité des engagements de la collectivité, en articulation avec le Schéma directeur environnemental de la région Île-de-France (SDRIF-E), adopté en septembre 2024. En raison de la faiblesse des émissions de gaz à effet de serre par passager transporté, les transports publics représentent une réelle alternative à la voiture individuelle. « Plus de 99 % du transport ferroviaire en Île-de-France est décarboné », souligne Amandine Martin, secrétaire générale de Transilien SNCF Voyageurs. « Chaque passager rejette 6 grammes de CO₂ par kilomètre contre 138 grammes en voiture. » Dans l’ensemble du groupe SNCF, premier client d’EDF au niveau national, la priorité est à la sobriété énergétique, avec l’adoption d’écogestes et de mesures de type écoconduite. 100 % de bus propres en 2029 L’ensemble des lignes de trains et de RER est électrifié en quasi-totalité. Les gares peuvent aussi contribuer à apporter davantage de services de proximité, ce qui évite des déplacements. C’est le principe de l’appel à projets « Gares de Demain », lancé en 2021 par la région Île-de-France en partenariat avec Île-de-France Mobilités et SNCF Gares & Connexions. D’abord ciblée sur les gares recevant moins de 1 500 voyageurs par jour, cette initiative vient d’être relancée avec un seuil légèrement supérieur, fixé à 2 500 voyageurs quotidiens, avec l’objectif de soutenir une vingtaine de projets. Quant aux lignes de bus et de cars régionales, elles ont engagé leur processus de verdissement, avec un objectif de 100 % de trajets à faibles émissions  : en 2025 pour les lignes de Paris et de la petite couronne, et en 2029 au niveau régional. « Nous opérons 500 lignes de bus, ce qui représente une flotte de 3 000 véhicules, dont 15 lignes express et 15 services de transport à la demande, ainsi que le PAM (Pour aider à la mobilité) régional », détaille Youenn Dupuis, directeur général adjoint de Keolis, en charge de l’Île-de-France. « À ce jour, nous faisons circuler 600 véhicules décarbonés, dont 350 à motorisation GNV et 245 électriques, auxquels s’ajoutent quelques bus à hydrogène. Et nous allons intégrer 300 nouveaux véhicules à motorisation alternative au diesel en 2026. » L’aérien se mobilise Le secteur aérien n’est pas en reste. « 90 % des émissions d’une compagnie aérienne sont liées à la consommation de carburant des avions », remarque Vincent Etchebehere, directeur développement durable et nouvelles mobilités chez Air France . Le développement des carburants d’aviation durables (également appelés SAF, pour Sustainable Aviation Fuel ) constitue donc un potentiel important de réduction des émissions. Les carburants d’aviation durables permettent de réduire les émissions de CO₂ jusqu’à 80 % en analyse de cycle de vie. Les SAF achetés par Air France-KLM  répondent à des critères de durabilité stricte : pas de concurrence avec la chaîne alimentaire, pas de déforestation et réduction d’au moins 65 % des émissions de CO₂ par rapport au kérosène fossile en analyse de cycle de vie. Fixée à 2 % en 2025, cette proportion va augmenter progressivement pour passer à 6 % en 2030 et 20 % en 2035. « Air France-KLM a été le plus grand acheteur de SAF au monde en 2022 et 2023 ; aujourd’hui nous sommes toujours l’un des premiers acheteurs mondiaux, mais il faut que la filière se développe pour atteindre nos ambitions de décarbonation », précise Vincent Etchebehere. Quant au fluvial, depuis 2018, Voies navigables de France  et Haropa Port  déploient en partenariat, sur le bassin de la Seine, un réseau de bornes de distribution d’eau et d’alimentation électrique à destination des bateaux à quai. Au total, 110 bornes seront déployées pour les bateaux de fret et de croisière d’ici à 2026, permettant de réduire les pollutions et les émissions de CO₂. Les carburants d’aviation durables permettent de réduire les émissions de CO2 jusqu’à 80 % en analyse de cycle de vie.

  • « De constructeur à acteur du développement du territoire »

    Laurent Granier, directeur des Relations publiques chez GSE, spécialiste de l’immobilier d’entreprise, présente le changement de positionnement du groupe. Comment le métier de GSE a-t-il évolué en Île-de-France ? GSE, contractant général en immobilier d’entreprise, fêtera ses 50 ans d’existence en 2026. Tout au long de son histoire, l’entreprise s’est renouvelée pour proposer des solutions adaptées aux enjeux sociétaux et environnementaux.Aujourd’hui, la raréfaction du foncier et la construction durable sont complètement intégrées dans notre métier : nous réalisons des bâtiments industriels, logistiques et tertiaires en hauteur et sur plusieurs niveaux, afin de réduire l’emprise au sol. Nous concevons également des bâtiments durables et écoresponsables en œuvrant sur trois facteurs : l’emploi de matériaux bas carbone, l’optimisation des performances énergétiques et le respect de la biodiversité.L’entreprise, qui compte une dizaine d’agences sur toute la France et près de 650 collaborateurs, adresse une offre de proximité à l’ensemble de ses clients. Dix chantiers sont en cours en Île-de-France, ce qui représente 35 % de l’activité. Une équipe de cinquante personnes est à la manœuvre au sein de l’agence située dans le 12e arrondissement de Paris. Pourquoi GSE est-elle désormais société à mission ? GSE a choisi de changer ses statuts et de devenir société à mission en 2023, pour concrétiser son engagement dans le développement durable.Notre raison d’être guide l’ensemble des actions de l’entreprise : « Concevoir et bâtir dans le respect de la nature, se développer en étant au service des territoires, prospérer en prenant soin de l’humain. »Nous apportons des solutions durables pour l’ensemble des acteurs d’un territoire : collectivités, agences de développement, entreprises clientes et fournisseurs.GSE a par ailleurs obtenu, pour la cinquième année consécutive, la médaille EcoVadis Platinum pour sa politique RSE. Quel sera le bâtiment de demain ? Le bâtiment de demain est un bâtiment dont la construction vise la neutralité carbone. C’est aussi un bâtiment intégré à son territoire, répondant aux enjeux de tout un écosystème local.C’est également un bâtiment tourné vers le confort de ses utilisateurs. GSE construit des usines, des plateformes logistiques, des bureaux, mais aussi des parcs d’activités, des parkings et des data centers, afin de répondre au mieux aux besoins des clients et de contribuer à l’aménagement des territoires. Un nouveau directeur pour GSE Île-de-France Arnaud Sebban prend la direction de l’agence basée à Paris. Fort d’une expérience d’une vingtaine d’années dans le commerce et à l’international au sein de GSE, il prendra ses fonctions à la rentrée 2025.

  • Baignade dans la Seine, le symbole de la reconquête d’un fleuve vivant

    Jacques Chirac en avait fait une promesse en 1988. Beaucoup l’avaient rangée au rayon des utopies municipales et de la com’ facile, voire de la provocation ou de la blague. Une idée devenue réalité à l’été 2025 : la Ville de Paris ouvre trois sites officiels de baignade — au Bras Marie, à Grenelle et à Bercy — tandis qu’une trentaine d’autres sont en préparation dans le territoire régional et métropolitain, en particulier dans la Marne, en amont de Paris. Par Vianney Delourme. La baignade en Seine n’est donc plus une chimère. C’est un fait, un droit retrouvé, diront certains, et sans doute une transformation collective de notre rapport au territoire. Cette transformation, accélérée par les Jeux olympiques, dépasse largement le symbole. La baignade inaugurale de juillet 2024, réunissant la maire de Paris, le préfet de région et le président de Paris 2024, avait frappé les esprits dans le monde entier. C’est aussi l’aboutissement d’un travail de fond, invisible et titanesque, mené de concert par tous les échelons et acteurs territoriaux : le bassin de rétention d’Austerlitz (46 000 m³), les diagnostics de branchements, la désinfection des eaux usées, la modernisation des stations d’épuration par le SIAAP, l’adaptation des navires-logements… Derrière chaque plongeon, il y a une décennie ou plus d’ingénierie, de financements publics, de compromis politiques et de mobilisations citoyennes. Les syndicats de gestion des rivières — la Bièvre, le Croult, le Sausset, le Petit Rosne, l’Yvette… — contribuent aussi indirectement à la baignade, en redonnant vie aux affluents de la Seine. C’est ce travail patient, poursuivi malgré les alternances politiques, qui permet aujourd’hui d’imaginer un fleuve accueillant et sain. La baignade, une promesse de ville vivable Alors, effet de mode post-JO ou véritable bascule urbaine ? La question divise encore. La Seine n’est pas devenue comme par magie un décor de carte postale : elle reste un fleuve industriel, turbulent, imprévisible. Mais elle est redevenue vivante. Les bactéries reculent, les poissons reviennent, et pas seulement les humains. Avec le dérèglement climatique, certains urbanistes estiment que la baignade publique pourrait devenir un indicateur structurant de notre capacité à bâtir une ville habitable. Se baigner dans la Seine devient un geste de transition écologique : se rafraîchir, ralentir, redécouvrir la ville au fil de l’eau. Ce retour du « plouf en ville » s’inscrit dans la continuité des engagements associatifs des années 2010, des nageurs de l’Ourcq polaires aux Open Swim Stars. Ces pionniers ont ouvert la voie à la première piscine publique dans le bassin de La Villette et aux baignades éphémères du canal Saint-Martin. Un mouvement métropolitain Le retour de la baignade dépasse Paris. La Région Île-de-France accompagne la dynamique via ses schémas d’aménagement et ses financements. La Métropole du Grand Paris, grâce à sa compétence Gemapi, facilite les coopérations nécessaires à la gestion du fleuve. Les départements jouent aussi un rôle clé. Le Val-de-Marne fait figure de pionnier avec le « Big Jump » organisé depuis 2002 et les premières ouvertures à Joinville-le-Pont ou Maisons-Alfort. En Seine amont, l’Essonne porte des projets ambitieux à Ris-Orangis, Corbeil-Essonnes ou Le Coudray-Montceaux. Plus au nord, la Seine-Saint-Denis aménage de nouvelles bases nautiques accessibles à tous. Dans les Hauts-de-Seine, Sèvres et Rueil avancent malgré des obstacles sanitaires. Mais le récit n’avance pas partout au même rythme : certaines communes manquent encore de financements, d’ingénierie ou de maîtrise d’ouvrage. Une équation technique, écologique et démocratique Ouvrir un site de baignade dans un fleuve urbain n’a rien d’une piscine. Il faut maîtriser la qualité bactériologique, concilier la navigation et les usages, anticiper les débordements pluviaux, sécuriser l’accès. L’Apur a publié un « guide pratique » pour accompagner les maires, mais les obstacles restent nombreux : coût élevé, subventions limitées, besoin de formation des équipes municipales. La baignade est aussi un enjeu d’inclusion sociale : gratuité, horaires, surveillance, accessibilité. Elle implique d’assumer le risque d’accidents et leur médiatisation. Certains acteurs économiques s’inquiètent des conflits d’usage et de la pression sur le foncier qu’elle pourrait entraîner. La Seine, un fleuve à réinventer En 2025, la baignade inscrit la Seine dans le quotidien comme un espace de loisirs, de santé et de lien. Avec les JOP, elle est devenue une icône politico-médiatique. Mais au-delà du momentum, se pose la question du statut même du fleuve. Élus, scientifiques et militants souhaitent lui accorder un cadre juridique spécifique, pour mieux encadrer les pollutions et reconnaître son rôle dans les écosystèmes. Cette démarche, débattue dans le monde entier, invite à faire évoluer le statut des espaces naturels. Le rapport à la Seine se rejoue aussi au-delà de la région francilienne : en 2025, la Métropole du Grand Paris préside l’Entente Axe Seine, qui fédère les collectivités de Paris au Havre. L’ambition : faire du fleuve un vecteur de développement économique, culturel et environnemental. Et si, demain, les bateaux touristiques servaient aussi à acheminer les baigneurs ? Et si la Seine devenait un fil conducteur de nos récits collectifs, retissant la vision napoléonienne à l’heure de l’Anthropocène ? Il y aura peut-être un retour au réel — budgétaire, sécuritaire, environnemental — mais prenons le droit et le temps de rêver. Bon bain !

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