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  • « Grand Paris, territoire sous pression climatique : ce que les acteurs de l'aménagement ne peuvent plus ignorer »

    Par Éric Malenfer, président de Gexpertise. Le Grand Paris est une réussite collective : douze millions d'habitants, 30 % du PIB national, un projet métropolitain d'envergure mondiale. Et simultanément, l'un des territoires les plus vulnérables aux aléas climatiques d'Europe occidentale. Ce paradoxe est désormais une contrainte opérationnelle pour chaque acteur. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. 435 communes franciliennes sur 1 268 sont en zone inondable. 5 millions de Franciliens sont exposés à une crue centennale, qui générerait entre 30 et 48 milliards d'euros de pertes. La crue de 2016 a déjà mobilisé des cellules de crise dans les préfectures et les entreprises. À côté du risque inondation, la sécheresse géotechnique progresse. En 2022, plus de 40 000 sinistres liés au retrait-gonflement des argiles ont été déclarés en Île-de-France, le double de la moyenne décennale. Dans certaines communes de Seine-et-Marne, du Val-de-Marne ou de l'Essonne, les déclarations ont bondi de 300 %. Le phénomène s'aggrave à chaque été particulièrement chaud. La réponse réglementaire existe : PGRI Seine-Normandie 2022-2027, PAPI, loi Baudu, PNACC-3. Mais entre l'affichage politique et la mise en œuvre sur un projet précis — permis de construire, acquisition foncière, réhabilitation — subsiste un espace que chaque maître d'ouvrage doit combler par une expertise de terrain. Les assureurs l'ont compris : indemniser à l'identique, c'est programmer le sinistre suivant. La surprime Cat Nat est passée de 12 % à 20 % en 2023. Certains assureurs refusent de couvrir des biens en zones à risque avéré ; les fonds d'investissement intègrent les scores de résilience dans leurs due diligences. Anticiper fait la différence entre un projet qui aboutit et un projet qui s'enlise : connaître la topographie d'une parcelle soumise aux remontées de nappe, identifier les cotes de référence des PPRI, dimensionner noues, bassins et tranchées drainantes en conception plutôt qu'en correction de chantier, modéliser les flux hydrauliques d'une ZAC avant les terrassements. La renaturation de la Bièvre par le SIAVB, les programmes de désimperméabilisation de Nanterre, Vitry ou Paris, les ZAC conçues comme des éponges urbaines ne sont pas des opérations de communication : ce sont des réponses techniques à des contraintes documentées, avec des résultats mesurables — jusqu'à 30 % de réduction du débit de pointe en crue décennale sur la Bièvre. Pour les maires, c'est une question de responsabilité : un PLU ignorant le PGRI expose la collectivité à des recours. Pour les investisseurs, une question de valeur : un actif non adapté voit sa valeur se dégrader. Pour les professionnels de l'aménagement et du BTP, une question de méthode. Le Grand Paris de demain sera résilient ou ne sera pas compétitif. Ce choix se fait projet par projet, parcelle par parcelle.

  • « Le foncier se raréfie : nous construisons désormais en hauteur »

    À la tête d'une foncière familiale forte de plus de 1,2 million de mètres carrés en France, David Taïeb, président de BT Immo, développe à Aubervilliers un parc d'activités à étages, où les camions accèdent au quatrième niveau, et multiplie les data centers en Île-de-France. Entretien. David Taieb. Quelle est l'histoire de BT Immo et ce qui la distingue ? C'est une histoire familiale. Notre foncière accompagnait à l'origine une entreprise de textile d'import-export ; elle a accru son patrimoine au fil du temps et s'est professionnalisée. Nous sommes aujourd'hui propriétaires de plus de 1,2 million de mètres carrés dans toute la France, principalement en logistique et en locaux d'activités. Le groupe réunit plusieurs entités : l'une, associée à un fonds d'investissement international, porte de grands parcs logistiques de plus de 500 000 mètres carrés ainsi que des data centers. Dans la partie familiale, nous réalisons également des logements, des parcs d'activités et de la messagerie. Le panel est large, mais chaque entité est spécialisée dans son domaine. Quelle est votre actualité ? Elle est très axée sur le parc d'activités. Nous développons à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, 20 000 mètres carrés de parc d'activités à étages, en R+4 : des rampes permettent aux camions adaptés de monter jusqu'au quatrième niveau. Le foncier devenant de plus en plus rare et complexe, nous faisons comme tous les pays où il se raréfie : nous construisons en hauteur. Nous réalisons par ailleurs des data centers en Île-de-France – nous en avons plusieurs à notre actif –, le dernier a été créé à Dugny. Où vous situez-vous dans la chaîne de valeur ? Nous sommes à la fois promoteurs et investisseurs. Nous maîtrisons le foncier et les autorisations, nous construisons et nous conservons certains actifs en patrimoine quand d'autres sont cédés, selon les opérations. Notre portefeuille est mixte : logistique, parcs d'activités, data centers. Quel regard portez-vous sur le Grand Paris ? Le Grand Paris Express ne pourra que fluidifier la circulation. Il va développer les villes du second cercle : le premier, c'est Aubervilliers ; mais le réseau va desservir des communes en second rideau, les mettre en avant et agrandir le cercle de Paris. C'est une très bonne chose. Je cite Aulnay-sous-Bois parce que c'est une ville que je connais : un métro y arrivera directement de Paris et ramènera ses habitants bien plus vite que le train ne le faisait – et il en va de même pour toutes les villes alentour. Que souhaitez-vous ajouter ? Il faut prendre les atouts de la France et les développer au maximum. L'énergie nucléaire en est un, essentiel : nous n'avons ni pétrole ni gaz, mais nous disposons d'une électricité décarbonée, ce qui constitue un avantage par rapport à d'autres pays. Toute l'industrie qui repose sur cette électricité décarbonée doit être développée en France. Il faut réindustrialiser la France dans le domaine des nouvelles technologies.

  • « Les grandes opérations de réhabilitation sont au cœur de notre culture »

    Filiale du groupe Dentressangle, le promoteur Ogic a fait des grandes opérations, du haut de gamme et de la réhabilitation sa signature. Sa directrice générale Caroline Delgado-Rodoz revient sur son positionnement. Qu'est-ce qui vous distingue de vos concurrents ? Depuis 60 ans, Ogic impulse une vision nouvelle de la ville, qui réconcilie le bâti, le bien-être et la nature. Notre marqueur, ce sont les grandes opérations, le haut de gamme et la réhabilitation. Cette culture nous a conduits à de très belles transformations : l'ancien hôpital Richaud à Versailles ou les anciennes prisons de Lyon. Nous avons aussi remporté, il y a trois ans, la reconversion de l'ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris, rebaptisé Village Saint-Vincent-de-Paul, dont le chantier démarre cette année. Un savoir-faire assez unique pour intégrer la nature et le vivant dans chacune de nos opérations. Des opérations qui sont systématiquement labellisées en matière de biodiversité, ce qui nous engage un peu plus que les autres. Comment votre présence territoriale se traduit-elle en Île-de-France ? Elle est équilibrée entre l'Ouest et l'Est. Dans l'Ouest parisien, nous transformons le centre-ville de Saint-Germain-en-Laye avec, en cours, la reconversion de l'ancien hôpital. Mais nous menons aussi de très belles opérations en Seine-Saint-Denis, à Pantin, Montreuil, Aubervilliers ou Saint-Ouen. S'y ajoutent une activité de bureau significative et la transformation de bureaux en logements. Que change le Grand Paris Express à votre stratégie ? Les nouveaux réseaux modifient la morphologie de la région et nos implantations. Nous avons notamment un très beau projet à Issy-les-Moulineaux, au pied de la ligne 15, conçu avec l'agence MVRDV. Nous recherchons aussi les communes où le réseau se développe : Champigny se transforme à mesure que le métro arrive. Quelle place donnez-vous à la transformation du bâti existant ? Une place centrale. Transformer le bâti est un art exigeant pour garder l'âme des lieux tout en apportant un confort premium. Nous menons, par exemple, une très belle réhabilitation de bureaux, boulevard Haussmann : un immeuble ancien préservé et qui est rénové aux meilleurs standards environnementaux et techniques. Tout l'enjeu est d'optimiser les surfaces et les profondeurs, pour offrir des logements qualitatifs, et de les ouvrir sur de nombreux espaces extérieurs, gage d'agrément. Réhabilitation de l’ancien hôpital Richaud à Versailles.

  • « Le sport n'est pas seulement une pratique, c'est un véritable investissement pour l'avenir de notre société »

    Première femme à présider le Comité régional olympique et sportif d'Île-de-France – près de 90 ligues et comités adhérents, 19 400 clubs, 2,5 millions de licenciés –, Évelyne Ciriegi dirige aussi la Conférence régionale du sport, qui réunit l'État, les collectivités, le monde économique et le mouvement sportif. Héritage de Paris 2024, sport-santé, formation des bénévoles : elle détaille sa feuille de route. Entretien. Le CROS Île-de-France est souvent identifié comme la tête de réseau du mouvement sportif régional. Quelle est sa mission ? Le CROS Île-de-France fédère, accompagne et représente l'ensemble du mouvement sportif francilien. Nous sommes l'interlocuteur des ligues et comités régionaux, mais aussi des collectivités, des services de l'État et de nombreux partenaires. Notre rôle dépasse largement le cadre de la compétition : le sport est aujourd'hui un formidable levier de cohésion sociale, d'éducation, de santé, d'inclusion et de développement des territoires. Notre mission consiste à porter la voix du mouvement sportif dans les politiques publiques, avant les Jeux olympiques, pendant et bien après. L'Île-de-France est un territoire singulier. Comment le CROS répond-il à ses enjeux ? L'Île-de-France est la première région française, avec plus de 12 millions d'habitants : une région jeune, dense, diverse, dont les besoins sont immenses, avec 70 % de ruralité. On y compte près de 19 400 clubs, plus de 2,5 millions de licenciés et des dizaines de milliers de bénévoles qui font vivre le sport au quotidien. Notre feuille de route repose sur quatre axes majeurs : le sport-santé, la formation, les politiques publiques et le haut niveau, l'éducation et la citoyenneté. Nous intervenons auprès des collectivités sur les projets sportifs de territoire, nous agissons pour l'emploi, la formation des dirigeants bénévoles, l'égalité entre les femmes et les hommes, l'inclusion des personnes en situation de handicap, avec la volonté de rendre le sport accessible à toutes et à tous, à tous les âges de la vie. Car la force du sport réside dans sa transversalité, sa capacité à associer les enjeux sociétaux majeurs aux réalités quotidiennes des citoyens. Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ont-ils marqué un tournant ? Sans aucun doute. Paris 2024 a constitué un accélérateur exceptionnel : création, rénovation ou modernisation de nombreux équipements, notamment en Seine-Saint-Denis, et visibilité inédite donnée au sport et à ses valeurs. La Région Île-de-France, avec la présidente Valérie Pécresse et le vice-président Patrick Karam, ou la Métropole du Grand Paris, avec le président Patrick Ollier, ont engagé des investissements majeurs pour offrir aux Franciliens un héritage durable, avec le soutien fidèle de la DRAJES. Nos ambassadeurs champions de la Team Sport du CROS interviennent au plus près des pratiquants, contre la sédentarité et toute forme de violence. Il s'agit désormais de transformer cet élan en dynamique durable : l'héritage ne se mesure pas seulement en infrastructures, il se traduit par une culture sportive renforcée et une meilleure prise en compte du sport dans les politiques publiques. Vous présidez également la Conférence régionale du sport. Quel est son rôle ? Elle réunit l'État, la Région, les collectivités, le mouvement sportif, le monde économique et les acteurs sociaux autour d'une même ambition : construire une stratégie partagée pour le développement du sport en région. Le sport participe à la réussite éducative, favorise la santé publique, accompagne la transition écologique, renforce le lien social et contribue à l'attractivité économique. Notre responsabilité est de créer des passerelles pour qu'il soit reconnu comme une politique publique à part entière, à l'image du plaidoyer porté par le CNOSF et sa présidente Amélie Oudéa-Castéra : le sport, ça compte, soutenons-le. À droite, Évelyne Ciriegi, aux côtés de la présidente du CNOSF Amélie Oudéa- Castéra et du président du COJOP Alpes françaises 2030 Edgar Grospiron, lors du salon de l’AMIF. Quels sont les grands défis des prochaines années ? Développer la pratique pour tous les publics, accompagner le haut niveau, renforcer la formation des bénévoles et des professionnels, soutenir les clubs, favoriser l'innovation et répondre aux enjeux sociaux de notre société. Notre ambition est de faire du sport un moteur du développement régional et un outil au service de l'intérêt général. Toujours. Comment percevez-vous le travail mené par les Acteurs du Grand Paris ? Je suis très fière de faire partie de cette dynamique portée par le président Thomas Hantz. Nous partageons une même conviction : les grands défis ne se relèvent jamais seuls. Ils reposent sur la coopération entre les collectivités, les institutions, les entreprises, le monde associatif et les citoyens. Construire une région plus active, plus dynamique, plus inclusive et plus égalitaire est une responsabilité collective. Le CROS Île-de-France y prend toute sa part, parce qu'il agit concrètement sur le territoire, au service des Franciliens et de l'intérêt général.

  • « Tendre vers une eau pure est aujourd'hui une nécessité pour tous »

    Successeur d'André Santini à la tête du premier service public d'eau de France, Richard Dell'Agnola détaille le programme « Vers une eau pure », répond à Plaine Commune et esquisse une alliance des acteurs du cycle de l'eau. Richard Dell'Agnola. Vous inscrivez-vous dans l'héritage d'André Santini ? Cet héritage est important. André Santini a innové avec audace. Sur la filière membranaire haute performance, nous avons anticipé les directives européennes. Il s'agit de débarrasser l'eau des polluants éternels, des résidus médicamenteux, des perturbateurs endocriniens, du calcaire, du chlore. L'opposition de nos contradicteurs est plus idéologique que technique. Que répondez-vous à ceux qui critiquent le coût de cette technologie ? C'est comme la santé : l'eau n'a pas de prix, mais elle a un coût. Si l'on veut tendre vers une eau pure, il faut s'en donner les moyens. C'est le procédé le plus rationnel ; il n'y en a pas d'autre. Nous venons de saisir le premier ministre et la Commission européenne pour que le principe pollueur-payeur s'applique aussi aux producteurs de pesticides. Plaine Commune a exprimé son intention de quitter le Sedif... La Ville de Saint-Denis a délibéré en ce sens, légalement. Mais la fenêtre de sortie offerte par la loi NOTRe, dont ont bénéficié des communes de Grand-Orly Seine Bièvre, n'existe plus. Nous sommes un syndicat mixte fermé : c'est le Comité qui décide qui peut sortir, et une centaine de ses 133 membres partagent notre vision. Ce projet de régie est un trompe-l'œil : sans usine, ils continueraient à nous acheter de l'eau, à des tarifs supérieurs à ceux des membres. Tout cela coûte à l'usager. Où en est le programme « Vers une eau pure » ? Il représente un milliard d'euros et entre dans une phase de concrétisation. À Méry-sur-Oise, le renouvellement des membranes de nanofiltration - 30 millions d'euros - démarre pour une mise en service fin 2027, afin d'assurer la continuité du service aux 900 000 habitants alimentés. À Choisy-le-Roi et Neuilly-sur-Marne, des travaux de 500 millions d'euros par usine s'étaleront de 2027 à 2031, pour une mise en service en 2031-2032. Les arrêtés préfectoraux sont attendus sous quelques semaines. Le Sedif, c'est aussi la solidarité internationale et, demain, le cycle de l'eau ?La coopération décentralisée prélève quelques centimes sur chaque mètre cube vendu, soit 2,5 millions d'euros par an : 5 millions de personnes ont accédé à l'eau potable à Madagascar, au Laos, au Vietnam, en Haïti depuis 1986. Quant au « ring de l'eau », idée d'André Santini, nous réunirons prochainement syndicats, Métropole du Grand Paris et Siaap pour recycler les eaux au profit de l'agriculture, de l'industrie, de l'arrosage. Face aux conditions climatiques actuelles, il ne faut rien perdre de ce que l'eau peut permettre.

  • NDC Vélizy : un Data Center Urbain, signé Silvio d'Ascia Architecture

    À Vélizy-Villacoublay (Yvelines), Nation Data Center, marque du groupe Altarea, développe « NDC Vélizy », un Data Center Urbain de 7MW dont le chantier a débuté en juin 2026 et la livraison est prévue fin 2027. Conçu par l'Agence Silvio d'Ascia Architecture et le BET EGIS, le projet associe infrastructure numérique, espaces tertiaires et zones végétalisées, dans un quartier en pleine mutation. L'exécution des travaux a été confiée en mai 2026 au Groupement d'Entreprises SPIE et GCC. Agence Silvio d’Ascia Architecture. Implanté à Vélizy-Villacoublay, avenue Morane-Saulnier, le projet NDC Vélizy est un démonstrateur d'une nouvelle génération de Data Centers Urbains, associant espaces numériques et activité humaine dans un cadre architectural et paysager. Avec comme objectif « de contribuer au renforcement de la souveraineté numérique française » (NDC), le Data Center intègre des espaces tertiaires et végétalisés sur une surface totale de 9 293 m². La surface de plancher (hors locaux techniques) est de 4 707 m² dont 2 268 m² de surface IT répartis en 2 salles IT superposées, entourées de galeries techniques destinées au système de refroidissement mixte. Le Data Center s'inscrit dans un projet comprenant une résidence étudiante de 365 logements. La chaleur fatale du Data Center alimentera le réseau de chaleur urbain de Vélizy et le chauffage de la résidence. Imaginé par Silvio d'Ascia, NDC Vélizy affiche une façade urbaine maîtrisée, intégrant des bureaux, des serres et des terrasses végétalisées. Pour l'architecte, l'enjeu est d'introduire une dimension humaine au sein d'un programme très technique : « Il s'agit d'animer et d'humaniser un centre de données avec de l'activité tertiaire et la présence d'une nature affirmée : cette spécificité incarne notre vision du Data Center. » Silvio d'Ascia revendique ainsi la nécessité d'avoir « une dimension humaniste du numérique, favorisant toujours l'être humain aux côtés des machines ». Il insiste sur le caractère évolutif du bâtiment qui doit être pris en compte dès sa conception : « C'est important de rendre le Data Center flexible, modulable et évolutif, afin qu'il puisse s'adapter facilement à l'évolution des technologies propres à l'industrie numérique et, si nécessaire, qu'il puisse changer de fonction et se transformer dans le temps. »

  • « En 2027, le Grand Paris sera plus que jamais au centre du Mipim »

    Nicolas Boffi. Quelle place occupera le Grand Paris lors du prochain Mipim ? Depuis une quinzaine d'années, le Grand Paris y tient une place centrale. L'an dernier, en raison des échéances électorales, la présence française s'est faite plus mesurée et les élus étaient absents. En 2027, le Grand Paris sera plus que jamais au centre, un retour aux sources qui intervient surtout à un moment charnière : le Grand Paris passe progressivement de la promesse à la livraison, avec la mise en service de nouvelles mobilités, la recomposition des centralités, la polarisation et la transformation des bureaux, et le développement des data centers. La tente Grand Paris change-t-elle de dimension ? Elle retrouve la forme qu'on lui connaissait, et ce sera la plus grande tente du Mipim, devant tous les autres pays. Le geste est symbolique : il marque le retour des Français sur la scène internationale. Elle réunira acteurs publics et privés, comme dès l'édition 2026. En France, nous avons pris conscience que la ville se fabrique avec tous les acteurs : le partenariat public-privé n'est pas seulement souhaitable, il devient indispensable pour faire émerger des projets viables, utiles et vertueux. Cette tente doit en être l'incarnation, et non une structure qui n'en montrerait qu'un maillon. Quelle sera la place des élus lors de cette édition ? Un Mipim sans élus manque de saveur et de sens. En France, l'action politique locale est déterminante et nous attendons plusieurs centaines d'entre eux. Nous serons un an après les municipales et un mois avant la présidentielle : maires et élus métropolitains viendront confronter les premiers mois de leur mandat aux réalités du marché et aux attentes des investisseurs. Ce sont les élus locaux qui sont attendus, davantage que la politique nationale. Nous rétablissons le Forum des élus, à huis clos, où ils partagent leurs meilleures pratiques. Les candidats à la présidentielle, eux, seront invités. Quel bilan tirez-vous de la dernière édition ? Dans un contexte marqué par la géopolitique, l'inflation et les bouleversements mondiaux, le Mipim offre une lecture internationale indispensable pour naviguer dans un monde devenu très imprévisible. Mon ambition est de maintenir sa capacité à réunir à Cannes les grands décideurs mondiaux et à confronter les meilleures pratiques. Le tout dans un format qui sera renouvelé, et au cœur duquel le Grand Paris aura une place centrale.

  • « Nos projets créent des quartiers, pas de simples centres commerciaux »

    Directeur Général Développement et Opérations d'Apsys, François Agache revient sur l'ADN de cet ensemblier urbain fondé en 1996 par Maurice Bansay, ses projets à Paris, Clichy et Bordeaux, et l'adaptation du groupe au changement climatique. Francois Agache. Quelle est l'activité d'Apsys et qu'est-ce qui fait son originalité ? L'ADN d'Apsys tient en deux mots : nous nous définissons comme un ensemblier urbain. Nous sommes à la fois aménageur, développeur, investisseur et gestionnaire. Cette intégration de toute la chaîne immobilière repose sur un principe simple : on ne construit pas pareil quand on construit pour le long terme. D'où des paris que peu d'acteurs auraient pris : Manufaktura, en Pologne, 200 000 m² développés dans une ville marquée par 20 % de chômage ; le concours remporté pour Beaugrenelle à Paris ; ou le financement de 450 millions d'euros de Canopia, à Bordeaux, en pleine crise immobilière. Tous nos projets naissent de la transformation de friches ou de sites dégradés – les briques de Manufaktura, le code haussmannien de Canopia, l'histoire de la Maison du Peuple à Clichy. Quelle que soit leur taille, ils créent des quartiers, pas de simples centres commerciaux. Quelles sont vos actualités de ces derniers mois ? Nos centres commerciaux se portent bien. À Beaugrenelle, à Paris, la fréquentation atteint 16 millions de visiteurs par an, en hausse de 5,2 % sur un an. Côté projets, nous avons lancé en janvier 2026 les travaux de curage et de désamiantage de Cœur Paris, l'ancien siège de l'AP-HP face à l'Hôtel de Ville, à moins de 45 minutes en transports en commun de 6,5 millions d'habitants. L'immeuble, qui a accueilli entre 2023 et 2025 le plus grand tiers-lieu d'Europe, associera bureaux, logements et un socle dédié à l'Économie Sociale et Solidaire ; inauguration prévue fin 2028. À Clichy, la Maison du Peuple, monument historique moderniste, accueillera à l'automne 2026 les Manufactures – espaces de restauration et bureaux –, le réfectoire, la résidence culinaire et le siège du groupe Alain Ducasse. Comment un opérateur comme Apsys intègre-t-il l'adaptation au changement climatique ? Notre logique d'investisseur à long terme nous conduit, dès la conception, à des choix qui créent de la valeur dans la durée. À Canopia (70 000 m²), nous développons un système de rafraîchissement par échange thermique avec la Garonne, pour un taux d'énergie renouvelable estimé à plus de 95 %. À la Maison du Peuple, nous avons réactivé un toit mobile historique de 400 m² pour assurer une ventilation naturelle plutôt que de climatiser l'ensemble du volume. Nous allons aussi vers des matériaux biosourcés, comme la laine de bois, qui ralentissent la montée en température des bâtiments en période de canicule. Quelle est votre stratégie de croissance pour les prochaines années ? Notre plan vise à doubler notre patrimoine entre 2020 et 2030. Nous sommes à mi-chemin de cet objectif, grâce aux projets de Paris, Clichy et Bordeaux.

  • Arcade-VYV Promotion Île-de-France, au service d'un habitat innovant pour les territoires du Grand Paris

    Houda Kamoun, directrice générale d'Arcade VYV Promotion Île-de-France. Comment faire du logement un levier d'innovation, de santé et de qualité de vie pour les territoires du Grand Paris ? Grâce à notre expertise immobilière et à notre engagement en faveur du logement santé, nous contribuons à imaginer des solutions innovantes répondant aux enjeux d'inclusion, de durabilité et de qualité de vie en Île-de-France. En lien avec les élus locaux, nous développons des réponses adaptées aux attentes des territoires et aux nouveaux parcours résidentiels. Cette dynamique rejoint pleinement les missions de l'association des Acteurs du Grand Paris, qui réunit des partenaires privés et publics engagés dans la transformation du territoire métropolitain, autour d'une raison d'être forte : « Créer les conditions d'un dialogue durable, exigeant et libre entre tous ceux qui font la vitalité et les projets du Grand Paris. » Pouvez-vous nous en dire plus sur le label Mon Logement Santé ? Co-créé par les experts des Groupes VYV et Arcade-VYV, le label Mon Logement Santé repose sur un référentiel unique, croisant enjeux de santé et qualité résidentielle. Il s'applique aussi bien aux constructions neuves qu'aux projets de rénovation. Il repose sur des engagements liés à la conception de l'ensemble immobilier, à la qualité du bâti et aux services proposés aux habitants pour renforcer le lien social. À travers cette démarche, nous voulons faire du logement un véritable vecteur de prévention et de bien-être : « Réinventons le logement, pensons santé. »

  • Grand Paris : faire de la nature une infrastructure essentielle

    Par Marianne Louradour, directrice générale de CDC Biodiversité Le Grand Paris est souvent décrit à travers ses chantiers, ses gares, ses nouvelles lignes de mobilité. Pourtant, une autre révolution tout aussi structurante est en cours : celle de la nature. Non pas une nature décorative, mais une nature considérée comme une infrastructure essentielle, au même titre que les réseaux de transport ou d'énergie. Dans une métropole dense, la biodiversité n'est pas un supplément d'âme : elle protège, régule, apaise. Elle réduit les îlots de chaleur, absorbe les eaux pluviales, améliore la qualité de l'air, renforce la santé publique. Elle crée aussi du lien social, du bien-être. Elle rend la ville habitable. Actrice depuis 2008 avec des solutions de renaturation, CDC Biodiversité observe combien les acteurs du Grand Paris ont pris conscience de cette réalité. Les collectivités sollicitent nos équipes pour innover afin de renaturer l'espace public, les aménageurs cherchent à intégrer des continuités écologiques dans leurs projets, les entreprises s'engagent dans des trajectoires de sobriété foncière. Cette dynamique est précieuse et elle doit encore s'accroître pour changer d'échelle et devenir un réel levier, car il y a urgence. La récente canicule en est la preuve. La transition écologique du Grand Paris se jouera dans la capacité collective à faire de la nature un principe d'aménagement et non une variable d'ajustement. Cela implique de penser la biodiversité en amont, de mesurer ses gains et ses pertes, de financer sa restauration, de suivre ses effets dans le temps. Cela implique aussi de reconnaître que la nature n'est pas un coût, mais un investissement : un capital vivant qui protège nos territoires face au changement climatique. Le programme Nature 2050, créé par CDC Biodiversité il y a 10 ans cette année, porte déjà près de 130 projets sur la France entière, avec des actions concrètes d'adaptation du territoire via des solutions fondées sur la nature, et 28 projets concernant la métropole du Grand Paris. De même, Hortilio, outil créé pour accompagner les propriétaires de jardins dans leurs pratiques d'un jardinage plus écologique, permet aux collectivités adhérentes d'impulser les bonnes pratiques. Avec la Banque des Territoires, CDC Biodiversité lance une étude territoriale qui va permettre d'apporter au territoire de la MGP une vision globale d'aménagement et de renaturation face à la pression économique locale. Cette mission porte sur une identification et une évaluation des zones potentielles à renaturer, en relation avec les besoins de restauration à horizon 10 ans. Grâce à ce diagnostic, les collectivités pourront ainsi prioriser leurs actions en faveur de la biodiversité. La métropole de demain sera dense et mobile. Elle doit être aussi vivante. C'est la condition de sa résilience et de son attractivité. Faire de la biodiversité une infrastructure du Grand Paris, c'est choisir une ville qui protège autant qu'elle se transforme. Une ville qui construit avec le vivant et non contre lui.

  • « Quodam est le bras armé de la transformation de notre ville »

    Maire (UDI) de Villeneuve-la-Garenne et vice-président de la Métropole du Grand Paris chargé de l'urbanisme, Pascal Pelain préside également Quodam. Née au début des années 1960, la société d'économie mixte est devenue un opérateur complet : immobilier, copromotion, gestion locative, énergie. Propos recueillis par Vianney Delourme d'Enlarge your Paris. Pascal Pelain. Quel est l'ADN de Quodam ? C'est la SEM historique de la ville, créée dans les années 1960 pour loger les Villenogarennois : près de 1 000 logements à l'époque. Aujourd'hui, Villeneuve se transforme entièrement, et la Ville ne peut pas avancer seule. Notre SEM, composée d'experts, nous accompagne sur de nombreux projets de transformation de la ville et construit du logement, soit directement pour son propre compte, soit en copromotion. C'est essentiel pour nous assurer de la qualité des opérations, ainsi rien ne nous échappe. C'est une SEM au service d'un projet politique : construire la ville sur la ville. J'ai livré près de 1 000 logements lors du mandat précédent, j'en livrerai 1 500 sur celui-ci. Quelle est son actualité ? Villeneuve est une ville récente, sans véritable centre-ville : c'est en partie ce que nous souhaitons recomposer dans le cadre de l'ANRU 2. Quodam y porte une première opération avec près de 480 logements en copromotion et a organisé les consultations pour choisir promoteurs et architectes. Autre particularité : lorsque nous identifions des dents creuses qui n'intéresseraient pas un promoteur classique, la SEM réalise elle-même de petites opérations, toujours avec le souci d'une architecture élégante : ce sont aussi ces projets à taille humaine qui transforment l'image de notre ville. C'est une sorte d'acupuncture urbaine, en ciblant des points névralgiques. Le logement n'est donc pas sa seule activité ? Non. Sa filiale VSG intervient en tant que syndic de copropriété, notamment dans le cadre du plan de sauvegarde de la dalle Malraux, ensemble immobilier complexe situé face à la mairie, et assure également la gestion locative de son patrimoine. Par l'intermédiaire de VEN, elle pilote aussi le projet de la géothermie. Un réseau de chauffage urbain au gaz dessert actuellement 15 % de la ville ; totalement rénové, il opérera sa décarbonation avec la géothermie. Surtout, nous l'étendons pour raccorder 80 % de la ville : tous les bailleurs sociaux et de nombreuses copropriétés ont validé le principe. La SEM coordonne ce vaste chantier d'une durée de cinq à six ans. Quelle vision portez-vous pour le Grand Paris ? J'ai la chance d'être maire d'une ville située à quatre kilomètres de Paris et d'y disposer de foncier. J'en tire un devoir moral : construire. Nous sommes en pleine crise du logement et il n'y a pas d'autre solution. Villeneuve est un laboratoire : du logement social (50 % du parc), de l'intermédiaire, de l'accession, pour rouvrir des parcours résidentiels aujourd'hui bloqués. Je suis un maire bâtisseur, et les maires bâtisseurs sont réélus, j'en suis la preuve : on ne l'aurait pas dit il y a encore quinze ans. Je porte ce message au sein de mon intercommunalité, à la Métropole et à la Région : là où il y a du foncier, il faut construire, et construire du logement social. Notre ville passera de 25 000 à 35 000 habitants en dix ans.

  • « Quand on fait une promesse, on la tient »

    GSE fête ses cinquante ans. Née à L'Isle-sur-la-Sorgue, aux portes du Luberon, l'entreprise a inventé le métier de contractant général : concevoir et construire un bâtiment pour un prix garanti dès le départ. Présent en France et en Europe du Sud, le Groupe réalise près d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires avec 750 collaborateurs. Son président, Roland Paul, également président du Medef Vaucluse, en détaille l'ADN, les savoir-faire et les valeurs. Roland Paul, président de GSE. Quelle est l'identité de GSE ? Tout est né à L'Isle-sur-la-Sorgue, autour de deux architectes à qui un client a demandé d'assumer à la fois la conception et le prix. Ils ont inventé le contractant général : un guichet unique, où le client passe très tôt une commande qui englobe les démarches administratives, le permis et la construction, pour un prix fixé dès le départ. Nous sommes à la fois maître d'œuvre et entreprise générale : faire travailler l'ingénieur et l'architecte main dans la main offre un meilleur service. C'est tout notre ADN : prendre, très en amont, l'entière responsabilité d'un projet. Sur quels marchés intervenez-vous ? La logistique couvre un peu plus de la moitié de notre activité, mais nous construisons aussi des usines – une vingtaine ces deux dernières années, de moins de dix à cent cinquante millions d'euros. La rénovation, qui pesait 20 % il y a peu, devrait dépasser la moitié d'ici cinq ans, portée par l'artificialisation des sols et la difficulté à obtenir des permis. Nous avons lancé une activité de data centers il y a trois ans, dont le plus important, à Marseille, pour un leader du secteur. Nous comptons 750 collaborateurs, dont trois quarts d'ingénieurs. Qu'est-ce qui distingue votre manière de travailler ? Depuis quelques années, nous avons opéré une bascule vers l'orientation client, en mesurant la satisfaction tout au long de la relation, jusqu'à la levée des réserves – le moment de vérité. C'est aujourd'hui notre indicateur le plus important, devant le chiffre d'affaires, et la grande majorité de nos clients s'en déclarent satisfaits. Notre valeur ajoutée tient à un engagement rare : un prix garanti très tôt dans le processus, qui sécurise nos clients, en particulier les investisseurs. Quelles valeurs le Groupe porte-t-il ? J'interroge nos salariés tous les dix-huit mois ; la première valeur qu'ils citent est l'engagement : quand nous faisons une promesse, nous la tenons. Un client le résumait ainsi : « Si GSE dit oui, c'est qu'ils le font. » Viennent ensuite la transparence, le collectif – un data center mobilise une soixantaine des nôtres – et l'agilité, entretenue par la formation. Devenus entreprise à mission et certifiés EcoVadis Platinum, nous avons une raison d'être en trois points : construire au service des territoires, en préservant l'environnement et en prenant soin de l'humain. On ne pose plus un projet sans travailler avec son territoire.

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