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- « Notre rôle : apporter de la confiance, de manière totalement indépendante »
Présidente de Bureau Veritas France, Karine Havas pilote les 10 000 collaborateurs français d'un groupe né en 1828, présent dans plus de 140 pays. Tiers de confiance des industriels comme des institutions, l'entreprise entend aider le Grand Paris à affronter les risques systémiques. Karine Havas. Comment définiriez-vous l'ADN de Bureau Veritas ? C'est une très belle entreprise française, née en 1828. Nous intervenons comme tiers indépendant – « de confiance », aimons-nous dire – pour sécuriser des systèmes, des produits et, pour le Grand Paris, des infrastructures et des bâtiments. On nous connaît pour la certification, mais nous sommes présents sur de nombreux marchés : énergies, nucléaire, construction, biens de consommation. Bureau Veritas, ce sont 10 000 collaborateurs en France, 82 000 dans le monde, plus de 140 pays, pour 6,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025. Plus des deux tiers de nos effectifs sont techniciens ou ingénieurs. Que représente à vos yeux le projet du Grand Paris ? Un projet gigantesque, très ambitieux, auquel Bureau Veritas a la chance de contribuer. Le monde change : il faut créer une ville viable, résiliente, adaptée aux vingt ou trente prochaines années – et abordable pour ses habitants. On cite souvent Hambourg en modèle ; je pense que Paris doit être un modèle européen, voire mondial. J'ai visité la gare du Bourget, sur le nouveau réseau : un mélange fabuleux de fonctionnalité et de monument artistique. Notre rôle est d'anticiper les risques systémiques, du climat à la cybersécurité : une cyberattaque ne doit pas faire tomber les hôpitaux, les transports, tout un écosystème. Concrètement, que mesurez-vous ? Des émissions fugitives de méthane à la conformité électrique. La méthode reste la même : nous inspectons, certifions et contrôlons au regard d'un référentiel défini par la loi, une institution ou un client. Il y a quelques semaines, chez Renault, nous vérifiions que les Scénic, R4 et R5 respectaient bien le référentiel Origine France Garantie. Sur un smartphone, nous réalisons plus de trente contrôles. Nous certifions aussi que des fruits et légumes sont bio. Quel que soit le produit, nous nous assurons, de façon totalement indépendante, que la promesse de la marque est tenue. C'est pour cela que nous durons depuis bientôt 200 ans : nos collaborateurs sont fiers de ce rôle et nous attachons beaucoup d'importance à l'éthique et à la technicité. La montée en puissance de la mesure du carbone donne-t-elle une importance nouvelle à votre activité ? Bien sûr. Après une période attentiste des entreprises, entre la CSRD et la loi Omnibus, nous observons une vraie accélération de leur politique volontariste, avec une approche par les risques : investir sur le long terme, sur la résilience. Les certificats d'économies d'énergie, parfois contestés, ont l'avantage de financer la mobilité verte et la rénovation des bâtiments, pour les rendre plus résilients et moins énergivores. Plus on mesure l'impact positif des actions, plus on peut le prouver et déployer des moyens financiers. C'est un bon business, bon aussi pour l'environnement. Quel est votre rôle auprès de la Société des grands projets ? Nous l'accompagnons depuis plus de douze ans, comme contrôleur technique et coordonnateur santé-sécurité, de la ligne 15 Sud aux lignes 17, 18, 15 Est et 15 Ouest. Nous sommes le point central des demandes techniques : sécurité incendie, accessibilité, thermique, acoustique, structures. Près de 70 gares, certaines à 50 mètres sous terre, plus de 100 000 documents techniques analysés. Le pic d'activité, c'est cette année et l'an prochain, avec des réceptions de gares simultanées, jusqu'aux commissions de sécurité qui permettront enfin l'ouverture au public. La SGP nous a aussi confié la formation à la sécurité de 7 000 de ses compagnons et encadrants sur tous les chantiers en cours – preuve de l'importance qu'elle y accorde. Le bas carbone change-t-il vos façons de travailler ? Oui, sans réserve. Le virage est fort : matériaux biosourcés et géosourcés – bois, paille, chanvre, terre crue – et de plus en plus de réemploi. Nous accompagnons les maîtres d'ouvrage sur cette démarche engageante, qui impacte tous les acteurs du projet. Preuve, encore une fois, de l'adaptabilité de nos équipes. « Il n'y aura pas de projet aussi grandiose : le défi, désormais, c'est d'habiter le Grand Paris » Audrey Bacqueroët, vice-présidente Bâtiments et Infrastructures Capex de Bureau Veritas France Audrey Bacqueroët. Tout le monde cherche le projet qui succédera au Grand Paris. Qu'en pensez-vous ? Il n'y en aura pas d'aussi grandiose : c'était le projet du siècle. Estimons-nous chanceux d'avoir contribué à ce pan de l'histoire de l'urbanisation. Le défi, désormais, c'est de l'habiter, de l'exploiter, de l'humaniser – d'en faire plus qu'un habitat collectif : un projet collectif. Quel est votre rôle auprès de la Société des grands projets ? Nous l'accompagnons depuis plus de douze ans, comme contrôleur technique et coordonnateur santé-sécurité, de la ligne 15 Sud aux lignes 17, 18, 15 Est et 15 Ouest. Nous sommes le point central des demandes techniques : sécurité incendie, accessibilité, thermique, acoustique, structures. Près de 70 gares, certaines à 50 mètres sous terre, plus de 100 000 documents techniques analysés. Le pic d'activité, c'est cette année et l'an prochain, avec des réceptions de gares simultanées, jusqu'aux commissions de sécurité qui permettront enfin l'ouverture au public. La SGP nous a aussi confié la formation à la sécurité de 7 000 de ses compagnons et encadrants sur tous les chantiers en cours – preuve de l'importance qu'elle y accorde. Le bas carbone change-t-il vos façons de travailler ? Oui, sans réserve. Le virage est fort : matériaux biosourcés et géosourcés – bois, paille, chanvre, terre crue – et de plus en plus de réemploi. Nous accompagnons les maîtres d'ouvrage sur cette démarche engageante, qui impacte tous les acteurs du projet. Preuve, encore une fois, de l'adaptabilité de nos équipes.
- « Notre première force, c'est la qualité »
Au sein de BNP Paribas Real Estate, le métier de la Promotion développe plusieurs types de biens à l'échelle nationale : des logements, des bureaux, des hôtels et des résidences gérées. Najoua Arduini-ElAtfani, directrice générale déléguée de cette entité, en charge du développement, détaille une stratégie de rééquilibrage territorial et de transformation, adossée à la solidité d'un groupe bancaire international. Najoua Arduini-ElAtfani. Quelle est votre activité, et comment évolue-t-elle ? Nous sommes un promoteur national adossé à un acteur européen de l'immobilier, et bénéficions ainsi des synergies avec nos deux autres lignes de métiers : Property Management et Advisory. Nous avons d'abord été un acteur très présent sur le tertiaire, avec une réelle expertise en bureau. Le marché s'est fortement transformé depuis 2020 avec le développement du télétravail et l'incertitude liée à la crise économique : le bureau n'est pas mort, il est repensé, conçu autrement, avec une rationalisation et une réallocation des surfaces. Nous continuons d'en développer, mais sur des zones ciblées : Paris, quelques villes de première couronne et certaines métropoles. Qu'est-ce qui vous distingue ? Notre première force, c'est la qualité : nous concevons et réalisons des produits, et notre réputation est solidement établie sur ce terrain, en logement comme en bureau. La seconde, dans une crise financière qui se prolonge, c'est la sécurité. Être adossé à un groupe de services financiers est une réelle force : nous n'avons aucun sujet de financement, ni aucun risque de ne pas mener à terme un projet engagé. Nous disposons aussi d'une activité de résidences étudiantes, sous la marque Studélites, avec une soixantaine de résidences en France, un segment en forte croissance. Comment abordez-vous la transformation des bureaux ? Construire la ville sur la ville est devenu essentiel. Nos équipes y travaillent depuis quelques années ; nous sentons un déclic, notamment depuis les dernières élections municipales : élus et propriétaires acceptent que certains bureaux ne redeviendront jamais des bureaux. Reste à trouver la bonne reconversion - logement, parc PME-PMI, data center, hôtel - en accord avec le lieu et le prix du foncier. Nous regardons d'abord la localisation, puis la qualité intrinsèque du bâtiment ; quand elle fait indiscutablement défaut, mieux vaut démolir et reconstruire. Notre projet emblématique est l'opération Cœur Paris sur le site de l'ancien siège de l'AP-HP, menée avec Apsys et RATP Solutions Ville : une réhabilitation majeure en cœur de ville, d'où son nom, mêlant bureau, logement libre et social, et lieux dédiés à des associations. Que change le Grand Paris à votre stratégie ? Beaucoup. Si nous pouvons nous projeter en première et, de plus en plus, en seconde couronnes, c'est parce que le Grand Paris existe et que le Grand Paris Express progresse. Il réduit les temps de trajet domicile/travail et permet d'offrir du logement là où certaines personnes ne se projetaient pas forcément : près des stations, la donne change. Notre projet à 2030 : rééquilibrer notre présence entre l'Île-de-France et les métropoles régionales, et réaffirmer notre volonté d'agir pour des villes justes et durables sur l'ensemble du territoire français. Nous embarquons pleinement dans ce projet, avec le soutien du groupe BNP Paribas.
- Data Serres : quand les data centers créent aussi de la valeur écologique
Bulent Gunduz, fondateur de Data Serres, présente sa vision d'un développement de data centers conciliant performance numérique, souveraineté énergétique et transition écologique. Le développement d'un data center ne se résume plus à la construction d'un bâtiment. Il faut anticiper les besoins énergétiques, travailler avec les collectivités, sécuriser le foncier et créer un projet accepté par son territoire. Cette approche globale permet d'accompagner efficacement les grands opérateurs internationaux. Bulent Gunduz. Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru depuis 2022 ? Depuis 2022, je développe des projets de data centers en France et en Europe. Data Serres a concrétisé un premier projet de 100 MW en Essonne, finalise un deuxième projet de 26 MW dans les Hauts-de-Seine et développe un portefeuille de sept à huit autres projets en France. Nous accompagnons également des projets à Istanbul, Bursa en Roumanie, en Pologne et à Londres. Cette dynamique confirme notre ambition de faire de Data Serres un développeur européen. Pourquoi avoir choisi le nom Data Serres ? Ce nom est né de notre premier projet de 100 MW en Essonne, où nous avions imaginé valoriser la chaleur fatale du data center pour chauffer 50 000 m² de serres agricoles. Cette idée résume notre vision : un data center ne doit pas seulement héberger des données, il doit créer de la valeur pour son territoire. Depuis, tous nos projets sont développés sous cette marque. Quelle est aujourd'hui votre valeur ajoutée ? Notre métier est de développer des projets jusqu'à leur maturité. Nous identifions les sites, sécurisons le foncier, les capacités électriques avec RTE et Enedis, les autorisations administratives et maintenons le dialogue avec les collectivités. Nous livrons ensuite aux grands opérateurs internationaux des projets prêts à être réalisés, en réduisant délais et risques. L'écologie reste au cœur de votre démarche ? Plus que jamais. Les infrastructures numériques doivent contribuer à la transition énergétique. Valorisation de la chaleur fatale, réduction de l'empreinte carbone, synergies avec les territoires : ces principes sont intégrés dès la conception de chacun de nos projets. Notre ambition est de démontrer qu'un data center peut devenir une véritable ressource pour les collectivités. Quel rôle jouera SBG Lutèce dans cette stratégie ? Data Serres développe les projets. En phase de réalisation, nous souhaitons nous appuyer sur des partenaires reconnus. Grâce à son expérience dans les ouvrages techniques complexes, SBG Lutèce a naturellement vocation à accompagner la réalisation de ces infrastructures. Quelle est votre ambition ? Faire de Data Serres une référence européenne du développement de data centers responsables. Les infrastructures numériques de demain devront être performantes, sobres en carbone et pleinement intégrées aux territoires.
- « La souveraineté énergétique n'est pas un slogan, c'est une infrastructure »
Opérateur de la transition énergétique des territoires, Idex exploite en Île-de-France 18 réseaux de chaleur et de froid, et maintient plus de 5 000 bâtiments, avec 1 400 collaborateurs. Stéphane Dauphin, directeur régional Île-de-France, en détaille l'ADN, les savoir-faire et les valeurs. Stéphane Dauphin. Comment définissez-vous le positionnement d'Idex en Île-de-France ? Notre ADN est celui d'un développeur : nous ne nous contentons pas d'exploiter l'existant, nous identifions les ressources locales – géothermie, chaleur fatale, biomasse – pour les transformer en infrastructures concrètes. La souveraineté énergétique, nous ne la traitons pas comme un concept : nous la construisons mètre de canalisation après mètre de canalisation, avec 18 réseaux de chaleur et de froid desservant déjà des dizaines de milliers de Franciliens. Notre force tient à un modèle intégré – du développement à l'exploitation – qui nous fait assumer la responsabilité de bout en bout. La géothermie est souvent citée comme un atout francilien. Comment la valorisez-vous ? À 1 800 mètres de profondeur, la nappe du Dogger offre une eau à 70-80 °C : l'une des plus importantes ressources géothermiques d'Europe, locale et décarbonée. À Neuilly-sur-Marne, notre réseau alimente 5 100 équivalents-logements à plus de 75 % d'énergies renouvelables ; ailleurs, nous dépassons les 80 %. Cette énergie nous affranchit des cours mondiaux du gaz : quand leur prix a quadruplé en 2022, nos abonnés ont été protégés. C'est cela, la souveraineté concrète – une facture prévisible sur vingt à trente ans. Quels autres savoir-faire mobilisez-vous ? La récupération de chaleur fatale, d'abord : usines de valorisation des déchets, stations d'épuration, data centers rejettent une énergie que nous captons pour chauffer logements et bureaux. C'est l'économie circulaire appliquée à l'énergie. Nous agissons aussi sur la sobriété : nous gérons les installations de plus de 60 communes franciliennes – Boulogne-Billancourt, Poissy, Montrouge... –, soit plus de 1 500 bâtiments publics. Via 150 contrats de performance énergétique, nous générons de 15 à 20 % d'économies. Ce n'est pas une promesse, mais une obligation de résultat : nous sommes pénalisés si nous ne l'atteignons pas. Dans un contexte budgétaire contraint, comment financez-vous ces infrastructures ? Grâce au tiers-financement, nous portons l'investissement sans mobiliser la trésorerie publique : la collectivité définit l'ambition, Idex apporte le capital et garantit la performance sur vingt à trente ans. Nous avons investi 300 millions d'euros en 2025 et en confirmons 386 pour 2026, adossés à un chiffre d'affaires de 1,93 milliard. Mais notre responsabilité va au-delà de la technique : en optimisant les réseaux qui desservent les bailleurs sociaux, nous luttons contre la précarité énergétique. Le Grand Paris ne sera une métropole de référence que s'il reste une métropole humaine et résiliente.
- « La transition écologique, nous la construisons avec nos 130 communes »
Dix ans après sa création, la Métropole du Grand Paris fédère 130 communes et 7,2 millions d'habitants autour d'une « gouvernance partagée ». Le 20 février 2026, elle a adopté à l'unanimité son nouveau Plan Climat-Air-Énergie 2026-2032, labellisé trois étoiles par le programme Territoire Engagé Transition Écologique (TETE), porté par l'Ademe. Son président Patrick Ollier détaille une stratégie de transition écologique et de rénovation énergétique qui s'incarne dans des programmes concrets, des bâtiments publics aux écoles, de l'habitat privé à la solarisation des toitures des bâtiments communaux. Propos recueillis par Jacques Paquier Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris. Comment aidez-vous les communes à adapter leurs bâtiments au changement climatique ? Face à la canicule historique qui a frappé la France, nous renforçons notre action en faveur de l'adaptation des bâtiments au changement climatique. Lors du Conseil métropolitain du 30 juin dernier, j'ai annoncé un « dispositif canicule » structuré en trois temps : une réponse d'urgence à court terme, l'intégration du confort d'été aux rénovations thermiques à moyen terme et une action durable à l'échelle du périmètre métropolitain à long terme. Le premier volet mobilise une enveloppe exceptionnelle de 2 millions d'euros, dans le cadre du Fonds d'investissement métropolitain (FIM), pour équiper rapidement les écoles maternelles et élémentaires. Chaque commune peut déposer un dossier unique sur le portail numérique de la Métropole, en choisissant la thématique « canicule ». Une session exceptionnelle du Comité FIM se réunit à la mi-septembre, avant une délibération du Bureau métropolitain le 29 septembre 2026. La liste des dépenses éligibles est large : brasseurs d'air fixes, stores, volets et brise-soleils extérieurs, films solaires sur vitrage, voiles d'ombrage, systèmes de sur-ventilation nocturne ou tours à vent, jusqu'à l'aménagement d'une salle « fraîcheur » par bâtiment. Nous appliquons un taux de subventionnement différencié selon les communes, dans une logique de rééquilibrage territorial, et les maires peuvent s'appuyer sur notre centre de ressources Adaptaville pour dimensionner les solutions avant d'engager les travaux. Cette mesure prolonge les politiques publiques conduites par la Métropole depuis 2016, réaffirmées et amplifiées par la révision du Plan Climat-Air-Énergie métropolitain (PCAEM) en 2026. Le même Conseil métropolitain a par ailleurs voté près de 16 millions d'euros d'aides pour accompagner les projets portés par les communes en faveur de la transition écologique et énergétique, et renforcer leur adaptation face aux effets du changement climatique. Quelle est l'ambition de votre nouveau Plan Climat ? Le Plan Climat-Air-Énergie est la colonne vertébrale de notre action en matière de transition écologique. Nous l'avons révisé pour 2026-2032 et adopté à l'unanimité le 20 février, ce qui nous permet d'accélérer la décarbonation dans nos 130 communes. Il vise la neutralité carbone en 2050 et une réduction de 53 % de nos émissions de gaz à effet de serre dès 2030 par rapport à 2005, à travers 42 chantiers prioritaires et plus de 150 mesures : réduire massivement les consommations, développer les énergies renouvelables produites localement, adapter les communes aux fortes chaleurs comme aux inondations... Après un premier document adopté en 2018, ayant obtenu la labellisation « Climat-Air-Énergie » niveau 3 étoiles, la Métropole s'est affirmée comme un acteur incontournable de l'action climatique à l'échelle métropolitaine. Comment agissez-vous sur la rénovation des bâtiments publics ? La rénovation énergétique est un levier majeur et l'ingénierie en est souvent le verrou. C'est pourquoi nous avons été retenus par le programme Elena de la Banque européenne d'investissement, qui nous apporte 2,34 millions d'euros d'aide sur trois ans pour financer les études et le pilotage. Cela nous permet de viser la rénovation d'une cinquantaine de bâtiments publics au sein de la Métropole, de mettre en place de l'ingénierie au service des communes et de lancer un marché d'études de 700 000 euros. Rénover le patrimoine public métropolitain, c'est à la fois réduire les émissions, alléger les factures et améliorer le confort des usagers. Nous apportons ainsi aux 130 communes une capacité technique qu'elles n'ont pas toujours en propre : c'est tout le sens d'une métropole qui débloque des projets qu'on ne pourrait financer seul. Et pour les écoles ? Les écoles sont une priorité et cette période de canicules que nous venons tout juste de vivre vient de nous le prouver une nouvelle fois. Avec le programme EduRénov, en partenariat avec la Banque des Territoires, nous faisons bénéficier les villes d'un taux bonifié pour rénover leurs établissements. Avec ce programme ambitieux, nous visons la rénovation énergétique de 500 établissements scolaires d'ici cinq ans. En complément, 151 écoles ont été financées par notre Fonds d'investissement métropolitain, grâce auquel nous massifions les « cours oasis » : végétaliser et désimperméabiliser les cours d'école, c'est rafraîchir la ville, protéger les enfants des fortes chaleurs et restaurer des îlots de nature au cœur du tissu urbain. Chaque école rénovée, c'est de l'énergie économisée pour des décennies et l'amélioration du confort des jeunes métropolitains ! Cour oasis de l’école élémentaire Jules Ferry de Meudon (92) . Qu'en est-il de l'habitat privé et des énergies renouvelables ? Pour l'habitat privé, nous avons lancé en novembre 2025 un nouveau dispositif baptisé Métropole Rénov', qui oriente et accompagne les particuliers propriétaires et copropriétés dans leurs travaux de rénovation. Sur les énergies renouvelables, notre ambition est de multiplier par trente la production solaire d'ici 2030. Pour y parvenir sans peser sur les budgets communaux, nous avons lancé un appel à initiative privée « Grand Paris Solaire Citoyen » : le groupement mené par la SEM Axe Seine Énergies Renouvelables financera, installera et exploitera une trentaine de centrales sur 21 toitures communales, pour 5,6 mégawatts-crête. Cette société d'économie mixte, née de l'Entente Axe Seine, vise 230 mégawatts d'énergies renouvelables d'ici 2030. Écoles, parkings, gymnases : c'est le patrimoine communal qui produira une électricité propre, sans artificialiser de nouveaux sols. Comment mesurez-vous et soutenez-vous ces efforts dans la durée ? On ne pilote bien que ce que l'on mesure. Avec l'outil Savee, déployé avec Advizeo, une soixantaine de communes suivent désormais leurs consommations en temps réel, détectent les anomalies et repèrent leurs bâtiments les plus énergivores. Et nous valorisons les efforts : le 16 avril dernier, 10 de nos communes ont été récompensées au concours Cube Ville pour leurs économies d'énergie. Tout cela tient à un principe : la Métropole reverse 95 % de ses ressources aux 130 villes et joue un rôle d'amortisseur. Malgré deux baisses deux années de suite de 50 millions d'euros de nos ressources imposées par l'État, nous avons voté notre budget 2026 à l'unanimité et investi plus de 1,6 milliard d'euros depuis 2016 au service du rééquilibrage territorial. L'urgence climatique nous oblige à prendre à bras le corps les enjeux de la décarbonation pour nos 130 communes et 7,2 millions d'habitants ! Saint-Maur-des-Fossés (94).
- « Le Grand Paris Express est une révolution décarbonée et prométhéenne »
À l'approche des premières mises en service des lignes du Grand Paris Express, le préfet de la région Île-de-France et préfet de Paris Georges-François Leclerc revient sur le calendrier de la réalisation du réseau, sa portée pour les Franciliens et l'aménagement des quartiers de gare. Attaché à une posture de discrétion, il livre aussi sa lecture de la réforme de l'organisation territoriale et de l'avenir du quartier de La Défense. Propos recueillis par Jacques Paquier Georges-François Leclerc. Justement, comment concevez-vous, sur ces quartiers de gare, le rôle de l'État, dans un contexte marqué par le Covid et la crise du tertiaire ? D'abord, un mot sur le rôle du préfet. Je suis par construction quelqu'un de très discret. Je parle peu, car ce n'est pas forcément à moi de le faire : j'informe et je suis au service de mes concitoyens. Je ne suis pas le seul représentant de l'État dans la région : les préfets de département jouent un rôle essentiel dans le lien avec les élus. C'est mon huitième poste de préfet et je sais que le secret du métier tient à la discrétion et au dialogue avec les élus. Je suis là pour garantir les intérêts nationaux, mais aussi pour aider et pour dialoguer. On ne peut bâtir une gare contre un maire : c'est d'abord lui qui est responsable de l'urbanisme. L'État peut aider – nous avons des subventions – et veiller à ce que son projet aboutisse. Je me contente de garantir trois composantes autour d'un quartier de gare. Du logement familial, avec une part de logement social, disons 25 à 30 % : sans lui, comment loger les infirmières et les infirmiers, les fonctionnaires, les professeurs des écoles ? Des entreprises ou des commerces. Et des liaisons secondaires douces. Le reste – le parti pris urbain et architectural – relève du maire, et je m'attache à le respecter. C'est une conviction qui m'habite : à quelle condition la France restera-t-elle une grande puissance ? Les facteurs sont nombreux : son rôle sur la scène internationale, au sein de l'Europe, sa cohésion. Mais j'ai une certitude : le Grand Paris Express est un élément de grande puissance, Paris-Saclay en est un autre et le logement social est enfin, pour moi, consubstantiel de la France des Trente Glorieuses, et donc de la prospérité collective. Sur Saclay, je rappelle la phrase du président de la République, Emmanuel Macron, en 2017 : « Il y a ici quelque chose d'unique. » Avec la présidente de Région, qui a relancé la réflexion collective récemment, nous allons faire se réaliser cette idée. Les élus de l'Essonne et des Yvelines le veulent aussi. Nous allons tous agir dans un esprit de rassemblement autour d'un projet d'élévation collective. Regardez Versailles-Chantiers, et je choisis à dessein un exemple hors de la Seine-Saint-Denis, département dont j'ai été préfet : il y a vingt ans, la gare n'était pas facile à fréquenter ; on y voit aujourd'hui des logements, des entreprises et des liaisons douces. Ces trois composantes, dans le respect du projet urbain et architectural du maire, voilà ce que je dois garantir. Les lignes du Grand Paris Express doivent être progressivement mises en service. Quel regard portez-vous sur ce grand projet ? C'est l'un des plus grands chantiers d'Europe, d'une grande complexité : sur un tel ouvrage, nous devons admettre que peuvent surgir des éléments difficilement prévisibles, qui expliquent des délais. Mais ces délais sont maîtrisés et connus, et aujourd'hui nous y sommes : le Grand Paris Express sera livré, progressivement. Le travail réalisé sur la ligne 14, au nord comme au sud, est là : la liaison vers Orly est efficace et les gares sont belles. Dans les mois qui viennent – cela se compte désormais en mois –, nous aurons la livraison de la première partie de la ligne 18, à l'automne 2026. Puis la ligne 15 Sud, à l'automne 2027 : elle est vraiment clé, car elle amorce la première rocade. Viendront ensuite les lignes 16, 17 et 18. Avec Valérie Pécresse, la présidente de la Région, je suis très attaché au respect des calendriers, mais nous sommes confiants. Et le prolongement de la ligne 18 vers le nord ? Sa réalisation n'est pas définitivement arbitrée : il n'y a ni tracé, ni plan de financement. La seule chose actée – et c'est un pas en avant important –, c'est que la Société des grands projets l'étudie. Les études seront rendues en septembre et j'organiserai alors une réunion pour les présenter. Il faudra ensuite que les élus et l'État discutent pour caler le financement, puis enclencher les choses. Ce que permet cette étape, c'est de mettre rapidement les grandes collectivités et les services de l'État en situation de se prononcer. Je suis optimiste, car mes discussions avec Valérie Pécresse sont claires, tout comme avec Pierre Bédier et Georges Siffredi. Au-delà du calendrier, quelle est la signification profonde de ce réseau ? C'est l'élément majeur pour la région parisienne dans les années qui viennent et je voudrais que, comme l'ensemble des décideurs, la population en prenne la mesure. Depuis trente ans, nous n'avions pas ouvert une ligne de métro : nous avons prolongé, sculpté la carte. Là, c'est une intuition née en 2010, consciencieusement entretenue et financée par les élus et par les gouvernements successifs. Sa signification est double. D'abord, nous ne sommes plus obligés, je caricature, de passer par Paris, par le fer ou par la route, pour aller d'un point à un autre de la région. Ensuite, qui dit lignes dit gares, et ces gares deviendront de nouveaux lieux emblématiques pour les communes qui les accueillent et les habitants qui les fréquenteront. Prenez un jeune homme ou une jeune femme de Clichy-sous-Bois, du lycée Alfred-Nobel, qui décroche le baccalauréat. Aujourd'hui, pour rejoindre l'université, il lui faut un bus à trois chiffres, un tram, puis le RER via Châtelet, avant de gagner Paris-VIII, Nanterre, la Sorbonne ou les grandes écoles de l'ouest. Avec la ligne 16, il ou elle ira beaucoup plus vite vers ces lieux de savoir. Que vous habitiez à pont de Sèvres, dans le nord de Paris, à Saint-Ouen près de Pleyel ou à Saint-Maur-des-Fossés, pour une consultation médicale spécialisée, un rendez-vous à La Défense, un avion à prendre à Orly ou à Roissy, ou un déplacement privé, vous disposerez d'une solution plus rapide et efficace. Prenez enfin un décideur étranger qui atterrit à Roissy avec deux rendez-vous, l'un à La Défense, l'autre sur le plateau de Saclay, dans une entreprise du quantique ; demain, il les enchaînera grâce à ce super métro. On a calculé que le Grand Paris Express place presque tous les Franciliens à environ deux kilomètres d'une gare – 68 gares au total – et permet de desservir 480 établissements de santé, sans compter les universités. C'est une révolution, décarbonée et prométhéenne : se soigner, prendre le train, travailler dans de nouvelles conditions, rapidement. C'est une véritable révolution qui attend la région parisienne : un instrument de développement, d'attractivité et de réduction des inégalités. Votre prédécesseur a remis au premier ministre Sébastien Lecornu un rapport examinant l'hypothèse d'un niveau d'administration de trop. Qu'en attendez-vous ? Permettez-moi d'user de mon joker. Le rapport a été remis récemment et la moindre des corrections est de laisser le Premier ministre dire lui-même, par les voies qu'il choisira, ce qu'il souhaite faire. Ce que je sais, c'est que toute réforme passera par la loi – et le calendrier législatif suppose un niveau élevé de consensus. Une chose doit rester en tête, me semble-t-il : l'exercice des compétences au service de nos concitoyens. Je vous répondrai de façon un peu jésuite : je raisonne moins en nombre de niveaux qu'en périmètre. On pense souvent en vertical, par empilement de collectivités ; moi, je pars de l'objectif territorial. La région compte des zones par lesquelles la prospérité se crée : Paris, l'un des phares du monde, nos deux aéroports, La Défense, Saclay, Rungis, parmi tant d'autres. Mon souhait, c'est que les institutions se concentrent sur ces zones de prospérité tout en se consacrant à la réduction des inégalités. Car derrière une région que l'on croit prospère – quand on voit La Défense, Roissy ou que l'on se promène dans Paris –, il y a aussi de la pauvreté. Je connais et aime cette région : j'y suis né et, Bourguignon affirmé, je n'en reste pas moins quelqu'un qui a fait ses études, s'est marié et réside en Île-de-France. Dans tous les départements franciliens, l'État et les élus doivent, ensemble, réduire les inégalités territoriales et asseoir la prospérité sur une base sociale et urbaine solide. Aussi veillerai-je toujours à ce que toute réforme, toute idée nous conduise à réduire les inégalités et à conforter les zones de prospérité de la région. Pour cela, il faut raisonner périmètre. Sur La Défense, le rapport Bédier n'a pas donné lieu à des annonces. Beaucoup attendent que l'État joue son rôle de chef de file. Peut-être pas de chef de file, mais de créateur de consensus, et j'y travaille avec les élus et le préfet des Hauts-de-Seine. J'ai rendu un second rapport au Premier ministre à la fin du mois de juillet pour lui livrer mon analyse. Quand on a la chance de disposer d'un quartier d'affaires aussi extraordinaire, sur le plan architectural comme sur celui de la création de valeur, il faut le garantir. C'est à cet équilibre, entre les collectivités et l'État, que je m'emploie. Le siège de la préfecture de Région, dans le 15e arrondissement de Paris.
- L'art de l'eau
De Buenos Aires à l'Île-de-France, le directeur général de SUEZ Eau France Marc Bonnieux a construit sa carrière au rythme des réseaux : sept déménagements, une thèse sur l'assainissement en Argentine, une passion avouée pour les Semop et une admiration pour les maires bâtisseurs. Portrait d'un ingénieur qui aimait l'architecture. Par Jacques Paquier Marc Bonnieux. Qu'il parle de ses années de coopération à Buenos Aires, dont il loue la qualité de vie, le sens de la fête et de l'accueil de ses habitants, ou qu'il évoque son profond respect pour les maires visionnaires, qu'il a côtoyés tout au long d'une carrière d'opérateur de grands services urbains, Marc Bonnieux affiche la même bonhommie. Ce Rennais équanime, qui n'aime rien tant que les week-ends en famille ou les séjours au Festival d'Avignon, n'a pas dédié sa carrière à l'eau tout à fait par hasard. S'il confie avoir caressé l'idée de devenir architecte, il se sent « plus ingénieur qu'artiste ». Et les longues discussions avec son père, économiste de l'environnement, spécialiste des grandes pollutions, l'ont sensibilisé dès le plus jeune âge aux enjeux environnementaux et, singulièrement, à ceux de l'eau. Il a démarré au sein du géant industriel français, dès la fin de sa coopération en Argentine, où le jeune homme prépare alors, pour l'université de Montpellier, un doctorat en génie des procédés consacré au traitement des eaux résiduaires par lit bactérien. Il décrit, en orfèvre de ces questions, une capitale argentine de 10 millions d'habitants, qui n'a alors aucune station d'épuration ; tout part au Rio de la Plata, dont les 60 kilomètres de large offrent « un pouvoir de dilution bien supérieur à celui de la Seine ». Il y découvre aussi une leçon d'économie appliquée : facturés au forfait, sans compteur, les Argentins consomment 600 litres d'eau par jour contre 150 pour un Français. De retour en métropole, il remonte poste après poste la carte de France de l'eau chez Lyonnaise des eaux depuis l'Hérault, le Vaucluse puis la Côte d'Or. À Dijon, en tant que dirigeant durant près de dix ans, il signe ses fiertés : les premières Semop, un nouveau modèle de contrat qui renouvelle et renforce le partenariat entre la collectivité et son opérateur. Il prend il y a trois ans la direction de l'Île-de-France : 1 300 salariés, une machine qui « doit tourner 365 jours par an, 24 heures sur 24 ». Sa vraie bataille : « Aligner les ressources financières des services de l'eau avec les besoins croissants en investissement. » Car si la région traverse les canicules sans pénurie aujourd'hui, c'est grâce à des ouvrages hérités, de l'adduction de Paris sous Napoléon III aux grands lacs de Seine et aux grands réseaux interconnectés. « Ce qui importe, c'est de projeter nos actions sur un temps long », constate-t-il. Sept déménagements ont fait de sa famille une tribu mobile, ancrée entre Saint-Malo et la Provence. Quand la mauvaise conscience le prend, il court. Sinon, il nage : même au repos, l'homme retourne à son élément.
- « Un projet immobilier ne s'impose pas à un territoire, il se construit avec lui »
Promoteur régional francilien, Yuman Immobilier fonde son développement sur un ancrage territorial revendiqué, du logement étudiant aux petits parcs d'activités. Son président, Christophe Afonso, détaille un modèle de proximité où chaque opération se veut d'abord utile à la commune qui l'accueille. Christophe Afonso, président de Yuman Immobilier. Quelle est la vocation de Yuman Immobilier et qu'est-ce qui vous distingue sur le marché ? Nous sommes un promoteur immobilier régional francilien, ancré dans les territoires où nous intervenons. Notre vocation ne se résume pas à construire des mètres carrés : elle consiste à comprendre un territoire, ses besoins et ses habitants, pour y proposer une réponse utile et durable. Tout part de la proximité : avec les villes, les entreprises locales comme avec les usagers. Nous ne lançons pas une opération parce qu'un foncier est disponible ou qu'un bilan fonctionne, mais lorsqu'elle présente une utilité réelle. Notre approche repose sur la co-construction : comprendre l'histoire d'une ville, son tissu urbain et ses besoins réels, pour concevoir un projet accepté. Un projet immobilier ne s'impose pas à un territoire, il se construit avec lui ; il doit améliorer un quartier, structurer une entrée de ville. Ce même état d'esprit irrigue notre engagement sociétal, via le fonds de dotation Yuman, qui accompagne des jeunes méritants. Chez nous, la méritocratie n'est pas un slogan : les personnes engagées évoluent vite vers des responsabilités. Sur quels types de projets concentrez-vous votre développement ? Notre développement repose sur deux jambes. La première, c'est le logement. Face à une crise profonde du logement, nous proposons une offre accessible et qualitative : logement social, intermédiaire, en accession, étudiant ou résidences jeunes actifs. Nous cherchons à créer un parcours résidentiel, du studio abordable au logement familial doté de surfaces extérieures et de belles hauteurs sous plafond. Le logement n'est pas un simple produit, c'est un cadre de vie. La seconde jambe, ce sont les petits parcs d'activités, de 2 000 à 10 000 m², destinés aux TPE, aux artisans et aux porteurs de projets. Là aussi, un jeune entrepreneur démarre avec une cellule modeste, puis grandit. Dans les deux cas, les mêmes valeurs nous guident : utilité territoriale, accessibilité, qualité et accompagnement dans le temps. Quelles réalisations ont marqué votre année 2025 ? Nous sommes fiers d'avoir livré l'opération Promess, à Romainville : un projet complexe, à tiroirs, associant la réhabilitation d'une ancienne cité-jardin et la construction de logements neufs sur le même site. Le défi était technique, humain et social : accompagner des habitants installés de longue date et leur permettre de retrouver un logement neuf sans perdre le lien avec leur quartier. C'est notre vision : la complexité au service d'une finalité humaine forte. Nous avons aussi réalisé un parc d'activités à Bagnolet, qui recrée une offre accessible pour des artisans en peine de trouver des locaux abordables en première couronne. Le Grand Paris ne peut pas être seulement résidentiel : il doit rester un territoire d'emploi et de production. Quels sont vos chantiers et projets phares pour 2026 ? Nous livrons une résidence étudiante réalisée avec la MGL, à proximité immédiate d'une gare RER : dans un marché tendu, proposer une offre neuve et abordable relève de l'utilité publique. Nous poursuivons plusieurs opérations de logement social avec Action Logement, dans le Val-de-Marne et en Seine-et-Marne, et développons en Essonne une résidence jeunes actifs avec CDC Habitat et sa filiale Adoma. Quand un studio neuf, proche d'un RER, revient à moins de 250 euros par mois après aides, nous sommes pleinement dans notre mission. Nous avons par ailleurs remporté un concours en Seine-Saint-Denis, en hyper centre-ville : un immeuble associant restaurant en pied d'immeuble, tiers-lieu, centre de santé, logement social et en accession. Mixer les usages et requalifier un centre-ville, voilà notre ambition. Nous travaillons enfin, en Essonne, sur une opération proche d'un centre hospitalier, mêlant stationnement et logements pour le personnel. En Seine-Saint-Denis, un programme immobilier, avec tiers-lieu à destination des familles, un restaurant, un centre municipal médical de santé et des logements en accession et sociaux, pour répondre à l’exigence de la collectivité. Comment voyez-vous l'avenir de l'immobilier et le rôle de Yuman dans le Grand Paris ? Cet avenir est passionnant, car les besoins sont immenses, mais incertain, car notre secteur requiert de la stabilité. Une opération a souvent une genèse de trois à cinq ans entre l'identification du foncier et le chantier : difficile, dès lors, de composer avec des règles fiscales et réglementaires qui changent trop souvent. Or la filière représente près de 10 % du PIB et emploie environ 2,5 millions de personnes. Quand on bloque la production de logements, on bloque des parcours de vie. Le Grand Paris est l'un des plus grands projets de transformation urbaine d'Europe. Avec le Grand Paris Express, des communes périphériques deviennent des centralités. Mais cette transformation doit être maîtrisée et devenir un accélérateur d'opportunités, pas un facteur d'exclusion. Notre rôle est d'en être un acteur de terrain, commune par commune. Nous voulons un Grand Paris plus équilibré, qui ne se contente pas de densifier, mais améliore concrètement la vie de ceux qui y habitent, y travaillent et y entreprennent.
- « Face aux effets du dérèglement climatique, nous construisons avec les acteurs du territoire des solutions concrètes et locales »
SUEZ assure l'ensemble du cycle de l'eau en Île-de-France : l'eau potable pour près de 3 millions d'habitants, l'assainissement pour plus de 2 millions d'usagers. Marc Bonnieux, directeur général adjoint SUEZ Eau France en charge de l'Île-de-France, explique comment l'entreprise répond aux deux effets majeurs du dérèglement climatique sur la ressource, en lien avec les acteurs du territoire. Marc Bonnieux. Quel est le périmètre de SUEZ en Île-de-France et pourquoi le climat est-il d'abord un sujet d'eau ? Nous assurons tout le cycle de l'eau : production et distribution d'eau potable pour près de 3 millions d'habitants, relation avec les usagers et assainissement pour plus de 2 millions d'usagers, de la collecte au traitement en station d'épuration jusqu'au rejet d'une eau épurée dans le milieu naturel. Si nous nous préoccupons du dérèglement climatique, c'est que ses premiers effets se font sentir sur l'eau. Deux surtout : la raréfaction de la ressource, ou stress hydrique, et la multiplication des événements extrêmes, au premier rang desquels des pluies diluviennes sur des temps très courts, sources d'inondations. Comment sécurisez-vous la quantité d'eau disponible ? La France a longtemps ignoré le manque d'eau ; ce n'est plus le cas. SUEZ a été précurseur : sur notre usine de traitement d'eau du Pecq-Croissy, dans les Yvelines, nous avons mis en œuvre, il y a plus de cinquante ans, la réalimentation des nappes, qui sécurise l'alimentation en eau, en quantité et en qualité, de plus d'un million de Franciliens. Ce procédé de géofiltration s'inspire du cycle naturel de l'eau et s'appuie sur les capacités épuratoires des sols. Nous pompons l'eau dans la Seine, la prétraitons puis l'envoyons dans une dizaine de grands bassins, d'anciennes sablières, sur plus de douze hectares. L'eau s'y infiltre, filtrée naturellement par le sable, jusqu'à la nappe située à trente mètres de profondeur. Nous constituons ainsi un réservoir naturel que nous maintenons plein et mobilisons en période de tension. La qualité de l'eau prélevée est contrôlée en continu et nous cessons de pomper en cas de pollution de la Seine. Sur la qualité, vous agissez à la source. De quelle manière ? Nous avons développé une approche préventive, adaptée au territoire, qui agit près des captages et des pratiques agricoles pour réduire en amont ce qui peut atteindre les nappes. À Flins-sur-Seine, nous avons noué une coopération étroite avec les agriculteurs, l'Agence de l'eau Seine-Normandie et la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, fondée sur le paiement pour services environnementaux. Sur la base du volontariat, nous accompagnons des agriculteurs, y compris financièrement, vers des pratiques moins consommatrices de produits phytosanitaires et la création de prairies. C'est un engagement de long terme, près de dix ans, que nous venons de prolonger. SUEZ est aujourd'hui le seul acteur privé engagé en France dans une telle démarche. À Flins, neuf agriculteurs participent, couvrant la moitié de la surface agricole de la zone prioritaire de captage ; une cinquantaine d'hectares de prairies ont été recréés et plus de 200 000 euros sont versés aux agriculteurs chaque année. Face aux pluies extrêmes, vous avez développé une gestion dynamique des eaux pluviales. Un exemple ? Des épisodes plus courts, mais plus violents accroissent les risques de saturation des réseaux et d'inondations en milieu urbain. La communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines a prévu près de soixante bassins de rétention ; tout l'enjeu est de les piloter intelligemment. Depuis 2019, nous avons mis en place avec le territoire une solution digitale, SQY D'EAU, outil de supervision et d'aide à la décision qui donne en temps réel le taux de remplissage de chaque ouvrage. Des mesures radar nous font anticiper la pluie et orienter l'eau vers les bassins les moins remplis, comme une gare de triage. En octobre 2024, la tempête Kirk a déversé plus de 80 millimètres en quelques heures : nous avons évité toute inondation sur le périmètre. À chaque événement, nous faisons évoluer le système. Menez-vous une démarche comparable sur Paris-Vallée de la Marne ? Oui, sur un territoire historiquement exposé, où des zones densément peuplées côtoient des secteurs inondables : la résilience y est très sensible. Nous y déployons la même gestion dynamique, avec une vision en temps réel et la capacité de réorienter les flux vers les bonnes infrastructures grâce aux images radar. Mais l'outil ne suffit pas : nous installons, avec la collectivité, une cellule de crise, car il faut arbitrer en continu. Notre fil conducteur reste le même : anticiper plutôt que subir. La gestion du risque inondation se construit collectivement, en lien étroit avec les collectivités.
- « Mettre l'immobilier au service du bien commun »
Co-directrice générale de l'immobilier résidentiel de VINCI Immobilier pour l'Île-de-France, Hélène El Aïba détaille la façon dont la filiale du groupe aborde le Grand Paris : positionnement d'« ensemblier », priorité au recyclage urbain et opérations livrées ou engagées. Rappelez-nous le périmètre et la vocation de VINCI Immobilier en Île-de-France. Filiale de promotion immobilière du groupe VINCI, nous sommes implantés de longue date en Île-de-France, pour la partie résidentielle que je représente, en directions territoriales pour travailler au plus près des collectivités. Nous sommes un promoteur ensemblier, partenaire citoyen et créatif : « ensemblier », car nous assurons trois activités complémentaires — promotion, exploitation et prestation de services. Côté exploitation, nous gérons des résidences seniors (Ovelia), étudiantes (Student Factory) et de coliving (Bikube). En promotion : bureaux, locaux d'activités, logements, hôtels et résidences gérées. Nous intervenons aussi bien sur de grands projets urbains — comme le village des athlètes à Saint-Denis — que sur des immeubles de quarante à cinquante logements. Quels engagements environnementaux structurent vos opérations ? VINCI Immobilier est le premier promoteur engagé vers le zéro artificialisation nette à l'horizon 2030. Concrètement, nous ciblons friches industrielles, sites pollués ou zones d'activité en mutation, et transformons des bureaux en logements, ce qui permet souvent de désartificialiser et renaturer des terrains entièrement bâtis. Nous réduisons aussi l'empreinte carbone : réhabilitation de bâtiments obsolètes, construction neuve bas carbone visant la division par deux de l'impact et opérations entièrement électriques, la sortie du gaz ayant été anticipée de longue date. Ces engagements orientent aussi notre foncier : nous sourçons en priorité des terrains compatibles avec le recyclage urbain, suivis par des indicateurs internes. Nous comptons par ailleurs parmi les promoteurs ayant le moins de réserves à la livraison, et restons attachés à la démarche « Un immeuble, une œuvre » du ministère de la Culture, qui dote chaque opération d'œuvres d'art remises aux copropriétés. Quelques exemples concrets ? À Suresnes, l'opération Métamorphose, menée avec Brownfields en bord de Seine, remplace un ensemble tertiaire des années 1970 inoccupé depuis plus de dix ans par un programme mixte livré jusqu'à la fin de l'année : logements locatifs intermédiaires vendus à CDC Habitat, accession, résidence de coliving Bikube et hôtel quatre étoiles. Le projet comprend aussi une importante végétalisation, avec cœur d'îlot arboré et sente paysagère reliant les bords de Seine au centre-ville. Le parking en sous-sol réemploie l'infrastructure existante, la superstructure ayant été démolie. À Villeneuve-la-Garenne, nous inaugurons le Village Bongarde, en copromotion avec Sogeprom. Lauréat d'« Inventons la Métropole du Grand Paris », ce projet transforme une ancienne zone d'activité en quartier mixte associant logements en accession, sociaux (Hauts-de-Seine Habitat), intermédiaires (CDC Habitat), commerces, activités médicales et sportives, et agriculture urbaine sous serre. Le Village Bongarde à Villeneuve-la-Garenne. À Orly, en copromotion avec Pierreval, nous engagerons d'ici à la fin de l'année la reconversion d'un vaste parking en 669 logements (accession, sociaux et intermédiaires), des commerces et une crèche, avec espaces verts et un parc réalisé par l'aménageur puis rétrocédé à la Ville : un bel exemple de désartificialisation d'un site auparavant entièrement artificialisé. À Enghien-les-Bains, sur le site d'une ancienne clinique démolie, nous reconstruisons 70 logements, dont 23 sociaux, et un centre médical. Livraison prévue dans dix-huit mois. 70 logements et un centre médical à Enghien-les-Bains. Et du côté des résidences gérées ? Sur le plateau de Saclay, à Orsay, nous commercialisons une résidence Student Factory d'environ 230 logements, dont une partie des chambres sera dédiée à un usage hôtelier parahospitalier, à la demande de la Ville et de l'aménageur, en lien avec un hôpital voisin. Le chantier démarre au quatrième trimestre. Student Factory propose une solution hybride et innovante. Bien au-delà du modèle classique, le concept se distingue par des espaces communs entièrement dédiés à la réflexion, à l'apprentissage et au partage des connaissances, des équipements innovants et une décoration d'inspiration industrielle. Comment travaillez-vous avec les collectivités ? En partenaire informé, à l'écoute et proactif dès l'amont, pour favoriser l'acceptabilité de nos projets auprès des collectivités comme des riverains. Notre but : mettre l'immobilier au service du bien commun. À l'échelle francilienne, nous sommes engagés en responsabilité sociétale, en cohérence avec les valeurs du groupe, et proposons des solutions inclusives pour une ville plus mixte. D'où notre collaboration avec la Fondation VINCI pour la Cité, qui soutient des associations pour l'inclusion et le vivre-ensemble. Réalisation d’un programme de 669 logements à Orly.
- « Nous réinjectons chaque année plus de dix milliards d'euros dans l'économie francilienne »
Membre du directoire de la Caisse d'Epargne Île-de-France, en charge du pôle Banque de Développement Régional, Sabine Fleischel décrit le positionnement d'un établissement coopératif qui accompagne l'ensemble des acteurs du territoire, du logement social aux grandes infrastructures, du crédit à l'investissement en fonds propres. Sabine Fleischel. Quel est le périmètre de la Banque de développement régional que vous dirigez ? Quand on parle de Caisse d'Epargne, la première image est celle de la banque des particuliers. Mais les Caisses d'Epargne sont nées il y a deux cents ans avec le livret A, donc avec l'accompagnement du logement social : cela fait partie de notre ADN. Nous sommes entrés dans l'économie francilienne par le logement et nous nous sommes ouverts à l'ensemble des besoins du territoire. Le pôle que je dirige s'adresse à toutes les personnes morales : les bailleurs sociaux, le secteur public et les collectivités, les promoteurs, marchands de biens et investisseurs de long terme, l'économie sociale et solidaire – enseignement, culture, santé –, et les entreprises, PME, ETI et grandes entreprises, qui font l'emploi en Île-de-France. Nous partageons avec la Banque des Territoires la même volonté : nous couvrons les acteurs économiques à 360 degrés, tous ceux qui font l'emploi, la construction et la transformation de la ville de demain. Comment ce modèle se traduit-il concrètement ? Nous sommes une banque coopérative : nous appartenons à nos clients. L'épargne que les Franciliens nous confient est intégralement réinvestie sur le territoire, plus de dix milliards d'euros de financements injectés chaque année dans l'économie régionale. C'est un circuit court : l'argent déposé finance les enjeux de la région, là où habitent les gens, et non les marchés financiers mondiaux. Contrairement à une banque mondiale, nous ne pratiquons aucun arbitrage entre territoires : nous sommes en Île-de-France, notre raison d'être est son développement et 100 % de nos résultats y sont réinvestis. C'est pourquoi nous restons présents sur des segments que les banques commerciales délaissent, faute d'une rentabilité suffisante : nous sommes ainsi, avec 2 ou 3 banques, l'un des derniers banquiers à financer les hôpitaux, publics comme privés. Le logement traverse une crise durable. Quelle est votre réponse ? Nous sommes une banque du temps long : nous continuons d'accompagner le logement dans toutes ses dimensions – social, intermédiaire, libre – même dans un environnement compliqué. Le bail réel solidaire (BRS) l'illustre : nous finançons à la fois les organismes de foncier solidaire (OFS) et les accédants, quand les banques commerciales n'avaient pas ouvert leurs portes à ce système. Nous prêtons de quatre à cinq cents millions d'euros par an aux copropriétés pour leurs rénovations énergétiques. Et nous venons de créer, avec la Banque des Territoires et Icade, « Evolution habitat », une foncière dédiée à la transformation d'immeubles de bureaux vides en logements. Nous y avons investi en fonds propres et la force de notre modèle est d'intervenir à tous les niveaux de la chaîne : financer l'immeuble, la transformation, le promoteur qui porte le projet, l'entreprise qui réalise les travaux, puis l'acquéreur final, qu'il soit bailleur social ou particulier. Vous êtes donc à la fois banquier et investisseur ? C'est l'originalité du pôle, que vous ne trouverez nulle part ailleurs sur la Place : sous une même responsabilité, des banquiers, des experts thématiques – énergies renouvelables, datacenters, infrastructures – et une équipe de capital-investissement. Nous pouvons racheter un immeuble, apporter des fonds propres à une entreprise, investir dans un fonds partenaire. Auprès des promoteurs, notre présence dans les tours de table contribue à donner confiance aux bailleurs sociaux : la présence d'un tiers de confiance rehausse la signature du promoteur et sécurise la livraison. Nous finançons aussi les grandes infrastructures, au carrefour du public et du privé : nous étions dans le consortium retenu pour le financement du réseau de chaleur de l'ex-CPCU, aux côtés de Dalkia et de RATP Solutions. Le Grand Paris Express changera-t-il la donne ? J'en ai la conviction : le transport façonne le territoire. Les gares s'ouvrent et, autour d'elles, viennent les entreprises, les logements, les écoles – Paris-Saclay le montre. Le transport est la première brique des pôles d'excellence qui constitueront le Grand Paris. Cette confiance dans le territoire guide notre développement : nous accompagnons la Fédération Française de Basket, dont nous sommes le banquier, avec les premiers financements du Mondial 2031, dont la finale se jouera à Paris. Peu d'acteurs économiques misent aujourd'hui aussi fortement sur le développement. Nous, nous croyons aux évolutions positives de notre territoire : c'est le « Pari du développement », notre plan stratégique et cela reste la volonté du directoire.
- « D'une SEM d'aménagement, nous sommes devenus un groupe »
Directeur général de Citallios, seule société d'économie mixte interdépartementale d'Île-de-France, Maurice Sissoko revient sur la mutation d'un aménageur devenu groupe et sur sa lecture de l'avenir métropolitain. Maurice Sissoko. Comment définiriez-vous Citallios aujourd'hui ? Citallios est un outil au service des élus franciliens et la seule SEM interdépartementale de la région : trois départements (78, 92, 91), la région Île-de-France et plusieurs intercommunalités en sont actionnaires. En dix ans, nous avons livré plus de trente équipements publics, investi plus de 2,2 milliards d'euros dans des équipements et espaces publics, et sommes intervenus sur plus de 150 communes : 44 projets Anru, 17 en cœurs de ville, 90 % de renouvellement urbain. Première SEM de France dotée d'une raison d'être, nous sommes devenus un groupe articulant Citallios la SEM, Citallia la SPL et Citallios Promotion, avec une offre de conseil étendue au diagnostic énergétique et à la transformation de bureaux en logements. Pourquoi avoir isolé la copromotion dans une filiale dédiée ? Contrairement à une idée reçue, nous n'avons rien inventé : une étude de la Fédération des entreprises publiques locales montre que 70 % des aménageurs adhérents faisaient déjà de la promotion depuis plus de dix ans. Notre choix a été de la loger dans une filiale ad hoc, Citallios Promotion : le métier de promoteur n'est pas celui d'aménageur : ni les mêmes risques ni les mêmes fonds propres. Les séparer évite toute confusion – l'aménagement, lui, ne rapporte pas d'argent, sinon les acteurs privés s'y presseraient. Un projet emblématique de votre savoir-faire ? Le quartier de Seine Ouest, à Asnières-sur-Seine, livré l'an dernier : plus de 2 000 logements sur une friche industrielle achetée, dépolluée et transformée en écoquartier mixte, avec un parc préservant la nature au sol en contrepartie d'une densité verticale. À Poissy, l'écoquartier Rouget-de-Lisle, concession de vingt ans, illustre notre méthode : maîtrise des charges foncières, écoulement raisonné – on ne commercialise pas un lot tant que le précédent n'est pas lancé –, prix de sortie accessibles. Résultat : malgré la crise, les promoteurs vendent. Votre vision du Grand Paris ? Trois sujets. D'abord le Sdrif-e : son adoption donne de la vision et de la stabilité. Ensuite, la nécessité d'achever le Grand Paris Express, avec le prolongement de la ligne 18 vers le nord pour relier Paris-Saclay à La Défense, et l'essor des cars Express portés par François Durovray. Enfin, la simplification du millefeuille territorial : on recense 52 aménageurs d'économie mixte en Île-de-France, sans compter une vingtaine de foncières, les 7 aménageurs d'État et les groupes privés. C'est trop. Nés de la fusion de 4 SEM, nous venons d'en absorber une autre en 2023 (Essonne Aménagement) : concentrer ne veut pas dire s'éloigner du terrain.











