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  • L'avenir est électrique !

    Parmi ses objectifs majeurs, le groupe EDF, par la voix de sa directrice Commerce Île-de-France Birgit Fratzke-Weiss, souhaite mettre en lumière l’électrification comme levier avéré de décarbonation à travers des exemples concrets d’actions sur le territoire et une expertise mise à disposition de ses clients. Birgit Fratzke-Weiss. Pourquoi l'électrification est-elle une priorité aujourd'hui ? Le changement climatique impose de sortir des énergies fossiles (80 % de l'énergie consommée dans le monde). L'électrification des usages est le levier le plus efficace pour décarboner la France. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, il faut faire émerger 150 TWh de demande électrique additionnelle à horizon 2035, en remplaçant gaz, fioul ou essence par l'électricité, tout en continuant les efforts en matière d'efficacité énergétique. La France a un atout considérable : une électricité décarbonée, abondante et compétitive, parmi les moins chères d'Europe. Électrifier assure donc également la souveraineté énergétique du pays. Les clients peuvent profiter de cette énergie via des contrats moyen terme qui leur offrent de la visibilité et de la stabilité. Quels sont les principaux potentiels d'électrification en Île-de-France ? Tout d'abord le transport et particulièrement la mobilité lourde : premier secteur émetteur de gaz à effet de serre, avec environ 30 % des émissions nationales, il se transforme face à des évolutions réglementaires européennes et nationales. L'industrie : nous accompagnons de manière ciblée les entreprises dont les procédés impliquent une forte consommation de gaz pour décarboner leur activité via l'électrification. Le bâtiment : même si, avec la rénovation énergétique et les exigences en construction neuve, la consommation baisse, il s'agit de décarboner en remplaçant des chauffages fonctionnant au gaz ou au fioul par des usages électriques comme la pompe à chaleur pour le chauffage ou l'eau chaude sanitaire. Enfin, les centres de données : un tiers d'entre eux, représentant la quasi-totalité de la puissance électrique (en MW), sont concentrés en Île-de-France. Leur nombre et leur puissance ont encore vocation à augmenter du fait des besoins importants pour l'IA. Comment cette transition est-elle accompagnée par EDF ? Des exemples ? Nous menons une démarche globale : audit, plan d'actions, financement via les CEE qui permettent de bénéficier d'un soutien financier à l'investissement. Par exemple, en combinant prime CEE, suramortissement et optimisation de la recharge, le coût d'usage d'un camion électrique devient souvent plus faible que celui d'un modèle thermique. STAF, entreprise spécialisée dans le transport frigorifique de denrées alimentaires, bénéficie d'un contrat de fourniture d'électricité moyen terme et de primes CEE d'EDF pour électrifier sa flotte. Des partenariats CEE avec des constructeurs comme MAN facilitent l'accès de leurs clients à ces dispositifs pour l'acquisition de poids lourds électriques avec un processus simplifié. Des clients de l'industrie remplacent leurs fours à gaz par des équipements électriques ou installent géothermie et pompes à chaleur. Le groupe EDF, avec ses filiales spécialisées, propose à tous types de clients une large gamme de solutions d'électrification au service également de leur compétitivité. Pour les centres de données, EDF a lancé un appel à manifestation d'intérêt pour proposer des terrains prêts à accueillir de nouveaux projets, avec une puissance électrique disponible rapidement. Un accompagnement personnalisé est assuré, incluant démarches administratives, fourniture d'électricité et services adaptés. Notre action s'inscrit pleinement dans la dynamique de réindustrialisation de la France.

  • La place financière de Paris en pleine mutation

    L’intelligence artificielle est largement déployée par les acteurs de la finance en général et ceux de Paris en particulier, et utilisée depuis longtemps pour des applications telles que le calcul de scores de risque de crédit, le trading à haute fréquence ou encore le conseil en ligne. D'ici 2028, 33 % des logiciels d’entreprise embarqueront des agents IA capables de prendre des décisions de manière autonome, contre moins de 1 % aujourd’hui. Peu à peu, le secteur financier se met à l’intelligence artificielle. « L’ensemble des membres de Paris Europlace consultés utilise déjà ou prévoit d’utiliser ces systèmes », indique Olivier Vigna, délégué général adjoint de Paris Europlace. Un enthousiasme qui repose sur des bénéfices tangibles. Les applications basées sur l’apprentissage automatique (« machine learning »), le traitement du langage naturel (NLP) ou l’IA générative offrent de multiples avantages dont l’amélioration de l’efficacité opérationnelle et de la productivité. Car l’IA permet d’automatiser des tâches répétitives et chronophages comme la saisie de données, le traitement de transactions, la vérification de documents ou l’analyse de textes réglementaires. « Cela libère le personnel pour des activités à plus forte valeur ajoutée et conduit à des économies de temps substantielles », explique Olivier Vigna. Entre promesses de productivité… Le renforcement de la gestion des risques et la lutte contre la fraude constituent un autre avantage lié à l’IA, car les algorithmes excellent dans l’analyse de vastes quantités de données pour détecter des modèles et des anomalies. Crucial pour prédire les tendances du marché, évaluer les risques de crédit, identifier les opportunités d’investissement et, surtout, détecter et prévenir la fraude en temps réel. L’IA aide aussi à mieux qualifier le risque. « Cette véritable révolution technologique est clairement un facteur de renforcement de l’attractivité de la place financière de Paris, déjà leader dans l’Union européenne et 4e mondiale » Olivier Vigna, délégué général adjoint de Paris Europlace. L’amélioration de l’expérience client figure également au nombre des bénéfices de l’utilisation de l’IA. Les chatbots et assistants virtuels offrent un service client personnalisé et disponible 24h/24 et 7j/7, répondant instantanément aux requêtes courantes et réduisant les temps d’attente. « L’analyse des données clients permet aussi de proposer des produits et services financiers adaptés aux besoins individuels », précise Olivier Vigna. L’IA peut, d’autre part, aider les institutions financières à rester en conformité avec les réglementations complexes et changeantes en analysant et interprétant les exigences, en surveillant les transactions et en automatisant des contrôles. De plus, l’IA stimule l’innovation et contribue à la création de nouveaux métiers dans le secteur, comme ceux liés au développement et à la gestion des outils. « Cette véritable révolution technologique est clairement un facteur de renforcement de l’attractivité de la place financière de Paris, déjà leader dans l’Union européenne et 4e mondiale », poursuit Olivier Vigna. … et défis réglementaires Malgré ces perspectives prometteuses, l’intégration de l’IA est loin d’être sans défis ou risques. Les acteurs de la finance sont particulièrement attentifs à plusieurs points négatifs, par exemple, la dépendance vis-à-vis des fournisseurs non-européens. En effet, les principaux acteurs du marché de l’intelligence artificielle, notamment pour l’IA générative et les grands modèles de langage (LLM), sont majoritairement basés aux États-Unis ou en Chine. Une situation qui implique des transferts massifs de données, soulevant des risques réglementaires, opérationnels et de souveraineté. Le manque de transparence et l’opacité de l’IA peuvent aussi poser des problèmes de confiance, de responsabilité et de conformité réglementaire. L’outil produit également parfois de véritables « hallucinations », des réponses fausses ou absurdes, en raison de la qualité des données ou d’un manque d’informations. Les risques liés à la cybersécurité, à une forme de sur-dépendance et à la confidentialité des données sont aussi prégnants. « Une régulation est nécessaire afin d’aboutir à un équilibre, mais il est délicat à trouver, admet Olivier Vigna. La place financière de Paris est engagée dans un dialogue constant avec les autorités pour saisir pleinement les aspects positifs de l’IA, tout en gérant les risques et en préservant la compétitivité. L’IA est non seulement un moteur d’efficacité, mais aussi un levier pour une finance plus sûre, plus transparente et plus adaptée aux besoins des citoyens et des entreprises d’Île-de-France et d’Europe. »

  • Renaissance de Notre Dame, une épopée française

    Alors que la cathédrale de Paris a rouvert ses portes le 8 décembre 2024 et qu’un chantier de restauration extérieure vient d’être engagé, cette opération hors du commun mérite d’être évoquée comme une réalisation exemplaire. Qu’a apporté à la France et aux Français la reconstruction de Notre-Dame ? Les enseignements que peut tirer de cette « aventure humaine » sont multiples. Restauratrice de peintures murales, Marie Parant a été mandataire d’un des groupements retenus pour la restauration des chapelles de Notre-Dame et de la clôture du chœur sud. Prouesse, exploit, remarquable, travail gigantesque, chantier monumental, modèle à suivre… Lorsque l’on évoque la reconstruction de la cathédrale parisienne, aucun superlatif n’est assez fort. « Quand la France se dépasse, elle y arrive. » Ce truisme prononcé par le général Jean-Louis Georgelin, alors qu’il présidait l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris, maître d’ouvrage de la restauration jusqu’à son décès brutal en août 2023, devrait faire partie des nombreux enseignements issus de la reconstruction à l’identique de la cathédrale en partie détruite par un incendie le 15 avril 2019. Dès le cap fixé par Emmanuel Macron au lendemain du terrible sinistre de reconstruire l’édifice en 5 ans, l’engouement a été total dans le sillage du général Georgelin qui a su mobiliser une task force. Un élan poursuivi par Philippe Jost, son bras droit qui lui a succédé. Mais le succès de cette opération tient également à l’état d’esprit Notre-Dame, humain, singulier, qui unissait toutes les parties prenantes avec la volonté de réussir. Ce défi a été relevé grâce aussi à l’élan collectif où régnait une grande solidarité pour trouver des solutions aux principaux problèmes qui se posaient. C’était une question de fierté de faire partie de cette « aventure humaine » qui a réuni plus de 2 000 compagnons et plus de 250 entreprises, impliqué des ingénieurs et des partenaires multiples. Tailleurs de pierre, maçons, charpentiers, sculpteurs… Autant de métiers aux savoir-faire qualifiés et ancestraux qui ont retrouvé vie et notoriété grâce au chantier de Notre-Dame. « On n’avait pas réalisé de voûtes en pierre de la dimension de celle de la croisée du transept depuis plus de 150 ans ni construit de flèche en bois culminant à près de 100 mètres de hauteur depuis Viollet-le-Duc », rappelle Philippe Jost. Une méthodologie exemplaire La réussite de la reconstruction de Notre-Dame résulte également de la décision de créer un établissement public dédié, par la loi du 29 juillet 2019, qui a piloté toute l’opération, en lien avec les architectes emmenés par l’architecte en chef Philippe Villeneuve. Une structure agile de 35 personnes qui n’a bénéficié d’aucune dérogation ni au code du travail, ni au code de la commande publique, ni de la part du code du patrimoine. « Le chantier de Notre-Dame s’est distingué par un climat de confiance et d’efficacité », témoigne Jean-Louis Bidet, directeur technique des Ateliers Perrault (Maine-et-Loire), spécialistes de la restauration de monuments historiques et chargés de la reconstruction de la charpente médiévale de la nef et du chœur. « Les relations entre les entreprises, les architectes et la maîtrise d’ouvrage ont été directes, fluides et orientées vers la résolution rapide des problèmes », ajoute ce charpentier qui a supervisé toute l’opération. Un mode de fonctionnement clair, sans perte de temps, tourné vers la recherche de solutions qui devrait « faire école dans d’autres grands projets français », selon Jean-Louis Bidet. À gauche, Jean-Louis Bidet, directeur technique des Ateliers Perrault, au sein de la charpente du chœur montée à blanc. Au-delà de l’enjeu patrimonial, Marie Parant retient surtout de son côté une expérience humaine inédite : « Ce qui a été exceptionnel, c’est la coactivité », souligne cette restauratrice de peintures murales qui intervenait régulièrement sur Notre-Dame bien avant l’incendie. « Tous les corps de métier travaillaient ensemble, en même temps, dans les mêmes espaces. Ce n’était jamais arrivé et tous ont appris à coopérer, à échanger leurs méthodes et leurs contraintes. Grâce à cela, nous avons tenu les délais », confirme-t-elle. Marie Parant évoque aussi un chantier profondément marqué par la reconnaissance de chaque métier : « Il n’y avait pas de hiérarchie. Tout le monde avait sa place, du chef de projet à la personne qui assurait la logistique. » Nouvel appel à la générosité Afin de s’assurer des meilleures compétences et qu’un maximum d’entreprises et ateliers d’art puissent avoir accès à la commande publique, il a été décidé de procéder par appels d’offres pour chaque spécialité et un découpage par zones. Ce qui a conduit à élaborer et attribuer plus de 140 marchés de travaux. Du fait de sa connaissance intime de la cathédrale, Marie Parant a fait partie des premières équipes mobilisées pour les chapelles tests, qui ont permis de définir les protocoles de restauration. Elle a monté ensuite un groupement de quatorze restaurateurs et remporté deux des trois lots pour les peintures murales. « Les conditions de travail étaient bien meilleures que la moyenne : échafaudages de grande qualité, eau et électricité à chaque étage, ce qui a permis un rythme soutenu et confortable », fait valoir la restauratrice. Installés lors de la mise en sécurité de la cathédrale, en 2019, les cintres en bois faits sur mesure ont été laissés en place pour contribuer à la restauration des arcs-boutants. Des PME d’ordinaire concurrentes se sont également regroupées pour répondre à divers lots, à l’instar des Ateliers Perrault, dont la force a été de s’entourer de partenaires solides, notamment les Ateliers Desmonts (Eure) et l’association Charpentiers sans frontières, pour reconstituer fidèlement une charpente médiévale. L’un des premiers défis fut la sélection des 1 200 chênes à l’automne-hiver 2022–2023 dans différents massifs forestiers, en partenariat avec l’Office national des forêts (ONF). Des compagnons ont équarri les troncs à la hache, selon des techniques médiévales. Pour cela, un atelier de taillanderie a été activé en Alsace, produisant 60 haches identifiées « Notre-Dame ». L’aventure n’est pas tout à fait terminée, puisque des travaux notamment de maçonnerie, de sculpture et de taille de pierre sur le chevet, qui étaient déjà nécessaires avant l’incendie, sont maintenant engagés et se poursuivront pendant au moins trois ans. « Nous lançons un nouvel appel à la générosité pour engager encore d’autres travaux à l’extérieur », annonce Philippe Jost. En 8 numéros, le journal de la restauration « La Fabrique de Notre-Dame » retrace les cinq années d’un chantier hors du commun, des travaux de sécurisation jusqu’à la réouverture de la cathédrale. Disponible depuis septembre 2025.

  • L'île-de-France verdit ses déplacements

    Pour réduire ses émissions carbonées, la région Île-de-France soutient le développement des transports publics, routiers, des mobilités actives ou partagées, afin de proposer des alternatives à la voiture. Les secteurs de l’aérien et du fluvial ne sont pas en reste. Après avoir obtenu le feu vert de la commission d’enquête publique en mai, le Plan des mobilités de la région Île-de-France  doit être adopté à l’automne. Élaboré par la région Île-de-France et Île-de-France Mobilités, ce plan est « celui de tous les acteurs de la mobilité francilienne » et porte « une vision fédératrice, ambitieuse, mais réaliste, de notre région », déclare la présidente de région et d’Île-de-France Mobilités, Valérie Pécresse. Ce Plan des mobilités s’inscrit dans la continuité des engagements de la collectivité, en articulation avec le Schéma directeur environnemental de la région Île-de-France (SDRIF-E), adopté en septembre 2024. En raison de la faiblesse des émissions de gaz à effet de serre par passager transporté, les transports publics représentent une réelle alternative à la voiture individuelle. « Plus de 99 % du transport ferroviaire en Île-de-France est décarboné », souligne Amandine Martin, secrétaire générale de Transilien SNCF Voyageurs. « Chaque passager rejette 6 grammes de CO₂ par kilomètre contre 138 grammes en voiture. » Dans l’ensemble du groupe SNCF, premier client d’EDF au niveau national, la priorité est à la sobriété énergétique, avec l’adoption d’écogestes et de mesures de type écoconduite. 100 % de bus propres en 2029 L’ensemble des lignes de trains et de RER est électrifié en quasi-totalité. Les gares peuvent aussi contribuer à apporter davantage de services de proximité, ce qui évite des déplacements. C’est le principe de l’appel à projets « Gares de Demain », lancé en 2021 par la région Île-de-France en partenariat avec Île-de-France Mobilités et SNCF Gares & Connexions. D’abord ciblée sur les gares recevant moins de 1 500 voyageurs par jour, cette initiative vient d’être relancée avec un seuil légèrement supérieur, fixé à 2 500 voyageurs quotidiens, avec l’objectif de soutenir une vingtaine de projets. Quant aux lignes de bus et de cars régionales, elles ont engagé leur processus de verdissement, avec un objectif de 100 % de trajets à faibles émissions  : en 2025 pour les lignes de Paris et de la petite couronne, et en 2029 au niveau régional. « Nous opérons 500 lignes de bus, ce qui représente une flotte de 3 000 véhicules, dont 15 lignes express et 15 services de transport à la demande, ainsi que le PAM (Pour aider à la mobilité) régional », détaille Youenn Dupuis, directeur général adjoint de Keolis, en charge de l’Île-de-France. « À ce jour, nous faisons circuler 600 véhicules décarbonés, dont 350 à motorisation GNV et 245 électriques, auxquels s’ajoutent quelques bus à hydrogène. Et nous allons intégrer 300 nouveaux véhicules à motorisation alternative au diesel en 2026. » L’aérien se mobilise Le secteur aérien n’est pas en reste. « 90 % des émissions d’une compagnie aérienne sont liées à la consommation de carburant des avions », remarque Vincent Etchebehere, directeur développement durable et nouvelles mobilités chez Air France . Le développement des carburants d’aviation durables (également appelés SAF, pour Sustainable Aviation Fuel ) constitue donc un potentiel important de réduction des émissions. Les carburants d’aviation durables permettent de réduire les émissions de CO₂ jusqu’à 80 % en analyse de cycle de vie. Les SAF achetés par Air France-KLM  répondent à des critères de durabilité stricte : pas de concurrence avec la chaîne alimentaire, pas de déforestation et réduction d’au moins 65 % des émissions de CO₂ par rapport au kérosène fossile en analyse de cycle de vie. Fixée à 2 % en 2025, cette proportion va augmenter progressivement pour passer à 6 % en 2030 et 20 % en 2035. « Air France-KLM a été le plus grand acheteur de SAF au monde en 2022 et 2023 ; aujourd’hui nous sommes toujours l’un des premiers acheteurs mondiaux, mais il faut que la filière se développe pour atteindre nos ambitions de décarbonation », précise Vincent Etchebehere. Quant au fluvial, depuis 2018, Voies navigables de France  et Haropa Port  déploient en partenariat, sur le bassin de la Seine, un réseau de bornes de distribution d’eau et d’alimentation électrique à destination des bateaux à quai. Au total, 110 bornes seront déployées pour les bateaux de fret et de croisière d’ici à 2026, permettant de réduire les pollutions et les émissions de CO₂. Les carburants d’aviation durables permettent de réduire les émissions de CO2 jusqu’à 80 % en analyse de cycle de vie.

  • « De constructeur à acteur du développement du territoire »

    Laurent Granier, directeur des Relations publiques chez GSE, spécialiste de l’immobilier d’entreprise, présente le changement de positionnement du groupe. Comment le métier de GSE a-t-il évolué en Île-de-France ? GSE, contractant général en immobilier d’entreprise, fêtera ses 50 ans d’existence en 2026. Tout au long de son histoire, l’entreprise s’est renouvelée pour proposer des solutions adaptées aux enjeux sociétaux et environnementaux.Aujourd’hui, la raréfaction du foncier et la construction durable sont complètement intégrées dans notre métier : nous réalisons des bâtiments industriels, logistiques et tertiaires en hauteur et sur plusieurs niveaux, afin de réduire l’emprise au sol. Nous concevons également des bâtiments durables et écoresponsables en œuvrant sur trois facteurs : l’emploi de matériaux bas carbone, l’optimisation des performances énergétiques et le respect de la biodiversité.L’entreprise, qui compte une dizaine d’agences sur toute la France et près de 650 collaborateurs, adresse une offre de proximité à l’ensemble de ses clients. Dix chantiers sont en cours en Île-de-France, ce qui représente 35 % de l’activité. Une équipe de cinquante personnes est à la manœuvre au sein de l’agence située dans le 12e arrondissement de Paris. Pourquoi GSE est-elle désormais société à mission ? GSE a choisi de changer ses statuts et de devenir société à mission en 2023, pour concrétiser son engagement dans le développement durable.Notre raison d’être guide l’ensemble des actions de l’entreprise : « Concevoir et bâtir dans le respect de la nature, se développer en étant au service des territoires, prospérer en prenant soin de l’humain. »Nous apportons des solutions durables pour l’ensemble des acteurs d’un territoire : collectivités, agences de développement, entreprises clientes et fournisseurs.GSE a par ailleurs obtenu, pour la cinquième année consécutive, la médaille EcoVadis Platinum pour sa politique RSE. Quel sera le bâtiment de demain ? Le bâtiment de demain est un bâtiment dont la construction vise la neutralité carbone. C’est aussi un bâtiment intégré à son territoire, répondant aux enjeux de tout un écosystème local.C’est également un bâtiment tourné vers le confort de ses utilisateurs. GSE construit des usines, des plateformes logistiques, des bureaux, mais aussi des parcs d’activités, des parkings et des data centers, afin de répondre au mieux aux besoins des clients et de contribuer à l’aménagement des territoires. Un nouveau directeur pour GSE Île-de-France Arnaud Sebban prend la direction de l’agence basée à Paris. Fort d’une expérience d’une vingtaine d’années dans le commerce et à l’international au sein de GSE, il prendra ses fonctions à la rentrée 2025.

  • Baignade dans la Seine, le symbole de la reconquête d’un fleuve vivant

    Jacques Chirac en avait fait une promesse en 1988. Beaucoup l’avaient rangée au rayon des utopies municipales et de la com’ facile, voire de la provocation ou de la blague. Une idée devenue réalité à l’été 2025 : la Ville de Paris ouvre trois sites officiels de baignade — au Bras Marie, à Grenelle et à Bercy — tandis qu’une trentaine d’autres sont en préparation dans le territoire régional et métropolitain, en particulier dans la Marne, en amont de Paris. Par Vianney Delourme. La baignade en Seine n’est donc plus une chimère. C’est un fait, un droit retrouvé, diront certains, et sans doute une transformation collective de notre rapport au territoire. Cette transformation, accélérée par les Jeux olympiques, dépasse largement le symbole. La baignade inaugurale de juillet 2024, réunissant la maire de Paris, le préfet de région et le président de Paris 2024, avait frappé les esprits dans le monde entier. C’est aussi l’aboutissement d’un travail de fond, invisible et titanesque, mené de concert par tous les échelons et acteurs territoriaux : le bassin de rétention d’Austerlitz (46 000 m³), les diagnostics de branchements, la désinfection des eaux usées, la modernisation des stations d’épuration par le SIAAP, l’adaptation des navires-logements… Derrière chaque plongeon, il y a une décennie ou plus d’ingénierie, de financements publics, de compromis politiques et de mobilisations citoyennes. Les syndicats de gestion des rivières — la Bièvre, le Croult, le Sausset, le Petit Rosne, l’Yvette… — contribuent aussi indirectement à la baignade, en redonnant vie aux affluents de la Seine. C’est ce travail patient, poursuivi malgré les alternances politiques, qui permet aujourd’hui d’imaginer un fleuve accueillant et sain. La baignade, une promesse de ville vivable Alors, effet de mode post-JO ou véritable bascule urbaine ? La question divise encore. La Seine n’est pas devenue comme par magie un décor de carte postale : elle reste un fleuve industriel, turbulent, imprévisible. Mais elle est redevenue vivante. Les bactéries reculent, les poissons reviennent, et pas seulement les humains. Avec le dérèglement climatique, certains urbanistes estiment que la baignade publique pourrait devenir un indicateur structurant de notre capacité à bâtir une ville habitable. Se baigner dans la Seine devient un geste de transition écologique : se rafraîchir, ralentir, redécouvrir la ville au fil de l’eau. Ce retour du « plouf en ville » s’inscrit dans la continuité des engagements associatifs des années 2010, des nageurs de l’Ourcq polaires aux Open Swim Stars. Ces pionniers ont ouvert la voie à la première piscine publique dans le bassin de La Villette et aux baignades éphémères du canal Saint-Martin. Un mouvement métropolitain Le retour de la baignade dépasse Paris. La Région Île-de-France accompagne la dynamique via ses schémas d’aménagement et ses financements. La Métropole du Grand Paris, grâce à sa compétence Gemapi, facilite les coopérations nécessaires à la gestion du fleuve. Les départements jouent aussi un rôle clé. Le Val-de-Marne fait figure de pionnier avec le « Big Jump » organisé depuis 2002 et les premières ouvertures à Joinville-le-Pont ou Maisons-Alfort. En Seine amont, l’Essonne porte des projets ambitieux à Ris-Orangis, Corbeil-Essonnes ou Le Coudray-Montceaux. Plus au nord, la Seine-Saint-Denis aménage de nouvelles bases nautiques accessibles à tous. Dans les Hauts-de-Seine, Sèvres et Rueil avancent malgré des obstacles sanitaires. Mais le récit n’avance pas partout au même rythme : certaines communes manquent encore de financements, d’ingénierie ou de maîtrise d’ouvrage. Une équation technique, écologique et démocratique Ouvrir un site de baignade dans un fleuve urbain n’a rien d’une piscine. Il faut maîtriser la qualité bactériologique, concilier la navigation et les usages, anticiper les débordements pluviaux, sécuriser l’accès. L’Apur a publié un « guide pratique » pour accompagner les maires, mais les obstacles restent nombreux : coût élevé, subventions limitées, besoin de formation des équipes municipales. La baignade est aussi un enjeu d’inclusion sociale : gratuité, horaires, surveillance, accessibilité. Elle implique d’assumer le risque d’accidents et leur médiatisation. Certains acteurs économiques s’inquiètent des conflits d’usage et de la pression sur le foncier qu’elle pourrait entraîner. La Seine, un fleuve à réinventer En 2025, la baignade inscrit la Seine dans le quotidien comme un espace de loisirs, de santé et de lien. Avec les JOP, elle est devenue une icône politico-médiatique. Mais au-delà du momentum, se pose la question du statut même du fleuve. Élus, scientifiques et militants souhaitent lui accorder un cadre juridique spécifique, pour mieux encadrer les pollutions et reconnaître son rôle dans les écosystèmes. Cette démarche, débattue dans le monde entier, invite à faire évoluer le statut des espaces naturels. Le rapport à la Seine se rejoue aussi au-delà de la région francilienne : en 2025, la Métropole du Grand Paris préside l’Entente Axe Seine, qui fédère les collectivités de Paris au Havre. L’ambition : faire du fleuve un vecteur de développement économique, culturel et environnemental. Et si, demain, les bateaux touristiques servaient aussi à acheminer les baigneurs ? Et si la Seine devenait un fil conducteur de nos récits collectifs, retissant la vision napoléonienne à l’heure de l’Anthropocène ? Il y aura peut-être un retour au réel — budgétaire, sécuritaire, environnemental — mais prenons le droit et le temps de rêver. Bon bain !

  • Le “Grand Pari” d’Idex de l’énergie bas carbone

    Entretien avec Stéphane Dauphin, Directeur régional Île-de-France d'Idex Acteur de référence du marché local de l'énergie bas-carbone, Idex développe, conçoit, finance, construit et exploite des infrastructures énergétiques qui contribuent à la transition énergétique des territoires franciliens. Les défis énergétiques du Grand Paris Quels sont les principaux défis énergétiques du Grand Paris et comment Idex y répond-il ? Stéphane Dauphin :  Le Grand Paris fait face à un défi majeur de décarbonation tout en maintenant son attractivité et sa compétitivité. Cette équation nécessite une vision intégrée et des engagements concrets. Notre ADN de développeur nous pousse à identifier les opportunités sur les territoires. En Île-de-France, nous mobilisons nos collaborateurs pour développer des infrastructures énergétiques locales créatrices de valeur. Nous exploitons 18 réseaux de chaleur et de froid desservant plus de 3 000 clients, et assurons la maintenance de plus de 5 000 bâtiments. Notre force réside dans notre modèle intégré sur l’ensemble de la chaîne de valeur des énergies locales. L’approche Idex de la transition énergétique Quelle est votre approche de la transition énergétique et quelles solutions proposez-vous ? S.D. :  Notre méthode s’articule autour de deux axes : consommer moins et consommer mieux. Pour consommer moins , nous optimisons la performance énergétique des bâtiments avec des Contrats de Performance Énergétique. Sur les 150 contrats que nous gérons pour les collectivités franciliennes, nous générons en moyenne 15 à 20 % d’économies d’énergie. Pour consommer mieux , nous développons des infrastructures valorisant les ressources énergétiques locales. Les réseaux de chaleur sont l’épine dorsale de la transition énergétique urbaine, permettant de valoriser la géothermie, la chaleur fatale ou le solaire thermique. Des réalisations concrètes en Île-de-France Pouvez-vous nous présenter vos références et réalisations les plus emblématiques ? S.D. :  À Paris-La Défense, nous opérons le deuxième plus grand réseau de chaleur et de froid de France, qui alimente 3,5 millions de m². Notre investissement de 40 millions d’euros pour produire une chaleur bas carbone à partir d’agro pellets économise 40 000 tonnes de CO₂ par an. À Neuilly-sur-Marne, notre réseau géothermique puise l’eau à 1 800 mètres de profondeur pour alimenter 5 100 équivalents-logements avec un taux d’énergies renouvelables dépassant 75 %. Nous gérons également les installations énergétiques des bâtiments communaux de plus de 60 communes franciliennes et avons récemment déployé en Seine-Saint-Denis une installation photovoltaïque de 220 kWc en autoconsommation collective, permettant à l’épicerie bio Renée  à Saint-Ouen de réduire sa facture énergétique de 23 %. La vision d’Idex pour l’Île-de-France Quelle est votre vision pour Idex en Île-de-France ? S.D. :  Notre ambition est de contribuer à l’évolution du modèle énergétique francilien en développant des infrastructures locales créatrices de valeur économique, environnementale et sociale. Notre vision est celle d’une énergie utile, locale et bas carbone, produite au plus près des besoins. Nous privilégions une approche partenariale de long terme avec les acteurs des territoires, avec des engagements sur des objectifs de performance mesurables. Face aux défis climatiques, Idex s’engage à accompagner les acteurs du Grand Paris vers un avenir plus durable et moins dépendant des énergies fossiles. Stéphane Dauphin, un parcours au service des territoires Stéphane Dauphin a rejoint le groupe Idex en 2024 après un parcours diversifié dans le secteur public et privé. Fort de 25 années d’expérience auprès des pouvoirs locaux, il met aujourd’hui son expertise au service de la décarbonation des territoires franciliens. Groupe Idex en chiffres 6 200 collaborateurs 2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires 400 millions d’euros d’investissements par an 70+ réseaux de chaleur et de froid 850 000 tonnes de CO₂ évitées par an

  • « Être une banque utile, c’est aussi être un accélérateur de transitions »

    Sabine Fleischel, directrice Entreprises et Institutionnels (BDR) à la Caisse d’Epargne Ile-de-France, revient sur les engagements de la banque coopérative au service des transitions écologique, démographique et sociétale du territoire. Quel sens donnez-vous à la notion d’« utilité » pour une banque comme la vôtre ? L’utilité, pour la Caisse d’Épargne Île-de-France, c’est d’abord un ancrage territorial fort. Banque régionale, coopérative et mutualiste, nous avons pour mission de mobiliser l’épargne locale de nos clients au service des projets franciliens. Cela représente plus de 10 milliards d’euros de financements par an. Notre raison d’être est d’accompagner les transitions environnementale, démographique et technologique, et de contribuer à améliorer la vie des Franciliens. En quoi cet ancrage territorial fait-il la différence ? Nous avons une connaissance fine des dynamiques locales, des acteurs institutionnels et des besoins spécifiques. Pour accompagner les acteurs privés et publics qui forment l’économie du territoire francilien, nous avons des équipes dédiées et expertes dans différents domaines : santé, immobilier, ESS, enseignement, culture, collectivités locales et opérateurs du logement social. Nous sommes aujourd’hui un acteur bancaire de référence dans le financement d’infrastructures comme l’immobilier (hôpitaux publics et privés, logements, résidences étudiantes) et l’environnement (financement d’unités de valorisation énergétique qui permettent de transformer les déchets en énergie, centres de tri des déchets, réseau de géothermie et centrales photovoltaïques). Ces expertises sectorielles, conjuguées à nos expertises financières, nous permettent de jouer un rôle de tiers de confiance et de partenaire de proximité pour soutenir les transformations environnementale et démographique de notre territoire. Justement, comment accompagnez-vous concrètement ces transitions ? La CEIDF est présente sur le financement, l’investissement en direct, l’analyse et l’optimisation financière, le conseil stratégique. Nous nous appuyons aussi sur des partenaires, quand il s’agit de besoins très spécifiques, pour anticiper les innovations sociales (lieux intergénérationnels, habitats inclusifs, etc.) dans le cadre de la transition démographique, par exemple, ou encore pour mettre en œuvre une stratégie environnementale et élaborer un plan de décarbonation sur le long terme. La transformation du territoire passera aussi par d’importants investissements que nous allons accompagner par du financement, mais également en investissant directement (sous forme d’apport en capital ou quasi-fonds propres, par exemple) dans des entreprises ou dans l’immobilier, via notre foncière Immobilière Thoynard. Nous avons prévu d’allouer 400 millions d’euros à ce type d’investissements dans les années à venir et allons, pour ce faire, renforcer nos équipes dédiées. Nous sommes convaincus que ces initiatives contribueront positivement à façonner un environnement économique résilient et innovant. Et sur la rénovation énergétique des copropriétés, comment agissez-vous ? Ce sujet est particulièrement sensible en Île-de-France, où 72 % des logements sont collectifs. Nous avons conçu une offre unique : Copro 100, un prêt collectif sans solidarité entre copropriétaires, couplé à un préfinancement des aides publiques. C’est un levier très concret pour rendre la transition énergétique accessible. Quels sont vos prochains axes de travail ? Les impacts du projet du Grand Paris Express sont considérables, aussi bien sur les plans social et économique qu’environnemental, et ce, dès cette année, marquée par les premières mises en service de nouvelles lignes de transport et d’infrastructures. Il va être l’occasion de redéfinir l’urbanisme et la qualité de vie en Île-de-France, contribuant à créer un modèle de ville plus inclusive, moderne, durable et résiliente. Nous disposons déjà de toute l’ingénierie financière pour contribuer à ces changements. Nos efforts porteront aussi sur le soutien des autres grandes priorités de l’Île-de-France, comme la culture, la santé, l’enseignement, le tourisme, le logement, grâce au développement de solutions financières innovantes.

  • « Le notariat est une institution ancienne, mais tournée vers le XXIe siècle »

    Pierre Tarrade, président de la Chambre des notaires de Paris, revient sur la rénovation de son siège historique, le rôle central des notaires dans les politiques du logement et les mutations en cours de la profession. Il évoque également les propositions portées par sa corporation pour relancer le marché immobilier et la transformation de l’organisation notariale en Île-de-France. Votre siège a fait l’objet d’une rénovation d’envergure. Pour quelles raisons ? C’était une nécessité. Ce bâtiment de 1855-1856, situé sur la place du Châtelet (12, avenue Victoria), avait conservé son cachet, mais ses infrastructures n’étaient plus adaptées aux exigences actuelles. Le chantier a été lancé il y a plusieurs années, porté par mes prédécesseurs, et il a concerné l’ensemble du site, du sous-sol à la toiture. L’enjeu était double : améliorer les conditions de travail de nos collaborateurs et des nombreux notaires qui participent à des commissions ou groupes de travail, dans des espaces fonctionnels et confortables, et rendre les lieux accessibles à un plus large public. Cette ouverture au public est un changement important... Oui. Nous avons désormais des salons rénovés, aux normes ERP, pour accueillir des conférences, colloques ou expositions. C’est un outil au service de notre mission d’accès au droit, mais aussi de rayonnement de la profession. Nous avons même prévu, dans une seconde phase, la création d’un studio d’enregistrement en sous-sol, pour accompagner la diffusion numérique de nos contenus de formation et d’information. Qui a conduit cette transformation architecturale ? C’est l’Atelier Senzu, une jeune agence prometteuse, qui travaille notamment sur le chantier de rénovation du Grand Palais. Nous leur avons confié la tâche de dialoguer avec l’architecture napoléonienne, tout en affirmant une expression contemporaine. C’est visible dans la salle des adjudications, où le XIXe siècle rencontre le XXIe siècle.À l’arrière, un « mur-rideau » en verre symbolise la transparence que nous revendiquons. Et sur la façade historique, des allèges murées depuis cinquante ans ont été rouvertes. La Chambre, autrefois invisible depuis la place du Châtelet, s’offre désormais au regard des Parisiens. Avez-vous engagé une réflexion sur l’intelligence artificielle ? Oui, dès avril 2024, nous avons organisé un grand événement sur ce thème, au moment même où la commission interministérielle remettait ses conclusions au président de la République. Nous avons voulu aller au-delà des fantasmes : l’IA ne va pas nous remplacer, mais elle va transformer nos pratiques.Les 2 000 notaires ont eu accès à une formation, financée parla Chambre. Nous la déployons désormais à destination de leurs collaborateurs des offices et de la Chambre. En parallèle, un groupe de travail identifie les cas d’usage pertinents pour notre profession. Comment le marché immobilier se porte-t-il ? Nous semblons sortir d’une crise très profonde. Tous les segments ont été touchés : l’ancien, la promotion et le tertiaire. Dans un contexte d’inflation, de hausse des taux, de raréfaction du foncier et d’attentisme politique, les volumes de transaction ont chuté de 35 % à Paris en quelques années. Cela a fragilisé certaines études notariales : quelques-unes ont dû fermer, un phénomène inédit. Mais, aujourd’hui, la baisse est enrayée. Les volumes remontent, les promesses affluent. Le marché semble vouloir redémarrer. La profession a formulé des propositions pour relancer le logement. Quelles sont les principales ? Nous soutenons activement la création d’un statut fiscal cohérent pour le bailleur privé. Aujourd’hui, c’est un maquis incompréhensible, dissuasif pour les particuliers. Il faut unifier les régimes et permettre des dispositifs d’amor- tissement plus lisibles. Par ailleurs, nous proposons deux mesures concrètes : autoriser la transmission à moindre coût d’un logement vacant, à condition que les travaux soient réalisés et que le bien soit remis en location, et permettre de louer temporairement un logement énergétiquement non conforme, à condition de s’engager à sa rénovation sous délai. Êtes-vous aussi favorable à la transformation des bureaux en logements ? C’est une évidence. Il y a trop de bureaux vacants, notamment en Île-de-France, et un besoin criant de logements. La reconversion est complexe – les normes sont différentes –, mais à moyen terme, ce mouvement est inéluctable.Il faudra parfois démolir pour reconstruire. C’est un levier indispensable pour la reconstruction de la ville sur la ville. Quel rôle les notaires jouent-ils dans les politiques publiques du logement ? Nous sommes des relais opérationnels de terrain. Nous contrôlons l’effectivité des décisions prises par les pouvoirs publics : performance énergétique, diagnostics, titres de propriété... Sans nous, rien ne se concrétise. Et nous faisons aussi remonter des informations précieuses : ce qui fonctionne, ce qui coince, ce qui dissuade les particuliers.Nous sommes des médiateurs et des forces de proposition. Un mot pour conclure sur l’avenir de la profession ? Nous sommes les héritiers d’une longue tradition, mais nous devons rester en phase avec notre époque, comme nous avons toujours su le faire au cours du temps. La Chambre des notaires de Paris porte une vision de modernité, d’anticipation, de service au public. Et nous avons la conviction que, dans un monde complexe, notre rôle de conseil, d’intermédiaire de confiance et de témoin juridique est plus essentiel que jamais.

  • Jonathan Sebbane, au cœur des coulisses urbaines

    Directeur général de la société d’économie mixte Sogaris, pilier de la logistique urbaine du Grand Paris, Jonathan Sebbane voit dans cette dimension invisible de l’urbanisme un outil qui peut structurer la vie de ses concitoyens dans son ensemble. Des parents fonctionnaires. Ce sera une des très rares confidences sur sa vie privée arrachée à cet homme de 44 ans, une veille de pont de quatre jours en mai, où il nous reçoit juste une heure avant une dernière réunion, annoncée pour 18 heures. C’est pour signifier que, par tradition familiale, il a toujours eu l’envie de servir l’intérêt général. Mais pas seulement. Bon élève, il enchaîne Polytechnique, l’École des Ponts. D’emblée, il développe un intérêt pour l’urbanisme. Et plus encore pour ce qui ne se voit pas et qui lui semble pourtant si structurant, à l’image de la logistique. Parce que de la façon dont elle va être organisée découleront la taille et le type de commerces voisins, en somme, la vie quotidienne des Parisiens. Or, ce Parisien de naissance, un « enfant du nord-est », vit toujours dans la capitale et lui voue un fort attachement. Après un passage au ministère de l’Écologie pendant deux ans et demi, à l’issue de sa formation, il le lui témoignera rapidement au sein du Conseil régional. Durant cinq ans, au cours du dernier mandat du président socialiste Jean-Paul Huchon, Jonathan Sebbane sera successivement conseiller aux transports, puis directeur adjoint, enfin directeur de cabinet. « Je ne suis pas défaitiste, je crois beaucoup à la force de l’action politique, à ce qu’elle porte de volonté et de responsabilité », explique-t-il. En témoigne à ses yeux, durant ce dernier mandat de gauche, le premier accord autour du Grand Paris Express ou le pass unique. « Les transports ne sont plus seulement un sujet technique, ils sont devenus un objet politique », constate-t-il. La logistique : une réponse à des « besoins essentiels » Tout comme la logistique, qu’il sert depuis son arrivée à la tête de Sogaris, en 2015, dix ans déjà : « Je crois à la transformation des choses, au temps long. Je suis arrivé à un moment où les enjeux de développement durable montaient, où le e-commerce s’installait solidement dans les habitudes et où la logistique urbaine n’était encore qu’embryonnaire. » Autant de phénomènes qui lui font penser que la société d’économie mixte parisienne va prendre de l’ampleur. Ce qui occupe particulièrement le directeur général en ce moment ? La transformation des Amarres, anciens pavillons des Magasins généraux du port d’Austerlitz (Paris 13e). Sogaris a décroché leur requalification auprès d’une convention d’occupation temporaire et va transformer ce bâtiment historique en hôtel logistique pour, entre autres choses, y développer une activité de logistique fluviale, mais aussi pérenniser un lieu d’accueil pour l’association Aurore. Les travaux devraient s’achever en 2028. Du temps long, là encore. Mais la logistique urbaine décarbonée, multimodale, le vaut bien. Car Jonathan Sebbane en est convaincu : de petites unités plus proches des points de livraison et plus souples, servies par des véhicules moins polluants, voilà l’avenir !

  • L’excellence au service du transport public

    Directeur général adjoint de Keolis en charge de l’Île-de-France, Youenn Dupuis illustre à travers son parcours une certaine idée du service public. Depuis plus de 15 ans, dans la région, il contribue à l’évolution des mobilités et se prépare à opérer trois des quatre lignes du Grand Paris Express. Assez peu enclin à parler de lui, Youenn Dupuis préfère commenter son parcours et ses motivations professionnelles. Issu d’une famille bretonne d’enseignants, ce pur produit de la méritocratie républicaine a choisi les Mines à sa sortie de l’École polytechnique pour s’engager dans la sphère publique. Passé par l’Agence des participations de l’État et le cabinet de Jean-Louis Borloo, alors ministre du Développement durable, il suit les questions énergétiques et climatiques. Youenn Dupuis rejoint ensuite la RATP en 2011, où il est d’abord chargé du Grand Paris Express, avant de diriger la ligne 14. « À cette période, j’ai contribué à la conception de la gare de Saint-Denis Pleyel, aujourd’hui gérée par Keolis. Et sur la ligne 14, qui constitue une articulation majeure entre le Grand Paris Express et le reste du réseau lourd, j’ai mis en place l’intervalle des 85 secondes. » À présent directeur général adjoint de Keolis en charge de l’Île-de-France, c’est donc un peu comme s’il assurait lui-même la continuité du service. De plus, il se prépare à démarrer l’exploitation des lignes 16, 17 et 18 du Grand Paris Express, confiée par Île-de-France Mobilités à Keolis. Mobiliser les savoir-faire pour produire un service public de qualité tout en étant performant, c’est tout le sens de sa mission. « Quand on est dépositaire de l’argent des contribuables, on a le devoir d’en faire le meilleur usage, affirme-t-il. Il faut aussi avoir à l’esprit les contraintes financières qui pèsent sur les budgets des collectivités locales autorités organisatrices de mobilité. » Cette recherche de l’excellence lui a permis de contribuer à la transformation de Keolis dans la région capitale. « Nous sommes passés d’une fédération de PME opérant des réseaux de bus en grande couronne à un opérateur multimodal présent dans les 8 départements franciliens, en gagnant non seulement des contrats sur les lignes de bus, mais également sur les autres modes », explique-t-il. En 10 ans, Keolis a doublé de taille et vu sa part de marché sur les lignes de bus de grande couronne passer de 20 à près de 40 %, à l’issue du processus d’ouverture à la concurrence. « L’Île-de-France est un environnement de travail à la fois exigeant et motivant, compte tenu de la densité du territoire et de l’importance du système de transport. Il s’agit de mettre en service et d’opérer des nouvelles lignes, mais aussi un réseau existant qui a ses contraintes et limites issues de l’histoire. Et ici, plus qu’ailleurs, le transport public, ou plutôt son absence, peut devenir un facteur bloquant pour l’attractivité régionale », poursuit Youenn Dupuis. Produire le meilleur service, rechercher la qualité et l’efficience, ce n’est donc pas seulement une préoccupation d’ingénieur. C’est aussi et avant tout un enjeu pour la qualité de vie, pour le lien social et pour l’environnement.

  • Savoyarde et profondément européenne

    Savoyarde d’origine et Européenne de conviction, directrice adjointe Clients Territoires de GRDF Île-de-France, Florence Mourey conjugue influence, opérationnel et transition énergétique avec méthode, tact et passion pour la fabrique du collectif. Derrière son large sourire, une élégance tranquille, forgée entre les rives du lac du Bourget et les couloirs feutrés des institutions européennes. « Savoyarde et profondément européenne », précise-t-elle d’entrée, presque comme une devise. À 48 ans, la directrice adjointe de GRDF en Île-de-France est de celles qui savent écouter longtemps avant de convaincre. Fille de la montagne et du lac, elle grandit sur les pistes avant de bifurquer vers les sciences politiques, étudiées à Grenoble, Madrid puis Bruxelles. Elle y fait ses classes dans les affaires européennes, d’abord auprès de Michel Barnier, alors commissaire à la politique régionale, dans un cabinet de lobbying anglo-saxon ensuite. « La fabrique de la décision m’a toujours fascinée. C’est un jeu de go, chacun avance ses arguments et c’est à celui qui convainc le mieux. » À 27 ans, elle est propulsée responsable des affaires européennes du groupe Suez. « Un groupe de 80 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’époque. J’étais jeune, mais le poste m’a obligée à la rigueur, à la diplomatie et à anticiper. » Elle vit alors dans le Thalys entre Bruxelles et Paris, travaille sur l’environnement et l’énergie, suit les fusions, les évolutions : GDF Suez, Engie... Et devient une fidèle de l’univers gazier, alors qu’elle n’en venait pas. Florence Mourey n’aime pas les cases, pas plus que la routine professionnelle. En 2012, elle quitte Bruxelles et les sphères d’influence pour entrer dans l’opérationnel : secrétaire générale de Storengy, filiale d’Engie dédiée au stockage souterrain de gaz. Elle y découvre les métiers de l’ombre – logistique, achats, RH, audit – et se passionne pour la gestion de l’interne : « Je voulais que mon action ait une résonance plus immédiate. Mais à force de rester dans les murs, l’externe m’a manqué. » Une énergie calme, volontiers collective La suite est un poste de directrice des relations externes chez Engie, en charge de la fin des tarifs réglementés de vente de gaz. Elle y retrouve le contact avec l’administration, la politique énergétique, la complexité des systèmes – ce qu’elle affectionne. « Il faut une vision stratégique, de l’écoute et ne jamais oublier que, dans ce métier, tout se joue sur le long terme. La crédibilité, c’est ce qu’il y a de plus précieux », explique-t-elle. Depuis 2022, elle a posé ses valises à GRDF Île-de-France : 2 000 collaborateurs pour 2,4 millions de clients. « Notre mission, c’est l’acheminement du gaz. Mais notre enjeu, c’est sa transformation. Passer du gaz naturel au gaz vert à 100 %, c’est une révolution. » Une révolution qu’elle mène sur un territoire dense, stratégique, exigeant, avec les élus, les clients, la filière, les partenaires. Florence Mourey aime le Grand Paris, ses complexités, ses acteurs. Elle le dit sans détour : « Ce territoire est à la fois passionnant et ultra exigeant. Mais tous veulent décarboner. Tous veulent avancer. » Elle revendique par ailleurs une énergie calme, volontiers collective. « Ce que j’aime, c’est quand les idées rencontrent les gens et que les projets avancent. » À la recherche effrénée de la lumière, elle préfère tracer sa route au service d’un système énergétique plus sobre, plus fiable, plus partagé.

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