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  • Schneider Electric, l’énergie de la métropole durable

    Acteur clé de la révolution technologique et énergétique du Grand Paris Express, Schneider Electric inscrit son action dans l’ADN de ce projet hors normes. Mobilisé depuis les premières lignes de conception jusqu’aux derniers paramétrages de pilotage automatisé, le leader français de la gestion de l’énergie et des automatismes a fait de cette aventure francilienne un véritable manifeste industriel. Avec plus de 200 kilomètres de tunnels, 68 gares nouvelles et des centaines de locaux techniques, l’ampleur du Grand Paris Express dépasse toutes les réalisations précédentes. Schneider Electric y joue un rôle central : alimentation électrique des lignes, gestion de l’énergie des gares, automatisation des systèmes de ventilation, de sécurité incendie et de traction. Au total, plus de 1 500 cellules moyenne tension ont été livrées ainsi que 1 000 tableaux généraux basse tension, 6 000 tableaux divisionnaires et 25 000 références d’automates. Pour réaliser cette prouesse industrielle, l’entreprise française a fait le choix d’un ancrage national fort. Conception, industrialisation, production, contrôles sont réalisés dans ses sites de France. Un engagement qui reflète une conviction : les grands projets d’infra- structure sont aussi des leviers de souveraineté industrielle et de création de valeur territoriale. En matière d’innovation, Schneider Electric a notamment déployé sa technologie AirSeT, une gamme de cellules moyenne tension, développée à Grenoble, dans laquelle on a remplacé le SF6 (un gaz au pouvoir de réchauffement 23 500 fois plus élevé que le CO2) par de l’air pur et du vide. Ce changement, anticipant les exigences réglementaires de 2026, permet de conjuguer performance et sobriété environnementale. Par ailleurs, l’entreprise s’est imposée comme un acteur de premier plan dans la sécurité incendie des gares. En partenariat avec DEF, Schneider a conçu et fait certifier une chaîne complète de désenfumage automatisé, une première pour le secteur. Cette certification, obtenue auprès du laboratoire indépendant CNPP, vient couronner une montée en compétence rapide sur un enjeu clé de sécurité publique. Soutenu par une équipe dédiée d’une dizaine de personnes et l’ensemble de ses capacités industrielles et logistiques, Schneider Electric a su faire face à la pénurie mondiale de semi-conducteurs et garantir les délais contractuels de livraison. Ce déploiement massif est aussi le fruit de partenariats noués avec les grands titulaires de marchés du Grand Paris Express (Vinci, Eiffage, Bouygues), auxquels Schneider apporte son expertise de sous-traitant stratégique. Pour Aymeric Renaud, vice-président de l’activité Industrial Automation et Clients Utilisateurs chez Schneider Electric France, « le Grand Paris est une formidable aventure humaine et technologique, que nous aurons la fierté de léguer aux générations futures ». Une métropole plus durable, mieux connectée, plus résiliente : l’ambition est à la hauteur des moyens déployés. Aymeric Renaud a rejoint Schneider Electric en 2012, après 8 années dans le conseil en stratégie. Il est vice-président de l’activité Industrial Automation et Clients Utilisateurs de Schneider Electric France. Il assume successivement des responsabilités commerciales des branches Services à la Gestion d’Énergie et du Conseil en Développement durable, puis la direction de l’activité Services France. Aymeric Renaud est diplômé d’un Master d’Ingénieur du Numérique (ISEP).

  • « Notre force, c’est la diversité des métierset l’agilité d’un groupe familial »

    À la tête du groupe Spirit depuis 2024, Arnaud Bekaert entend capitaliser sur l’ADN entrepreneurial d’une société immobilière de taille intermédiaire, très implantée en Île-de-France. Vous revendiquez une identité de groupe immobilier « diversifié ». Que recouvre ce terme ? C’est l’un de nos principaux marqueurs. Spirit est un acteur familial, créé il y a plus de 35 ans, qui intervient aujourd’hui dans trois grands métiers : la promo­tion résidentielle, la promotion tertiaire (via nos parcs d’activi­tés) et la gestion d’actifs immo­biliers. À cela s’ajoutent des activités complémentaires : maîtrise d’œuvre d’exécution, transfor­ma­tion d’actifs, développement de centrales photovoltaïques, gestion locative, édition de logiciel… Cette diversité nous permet de rester agiles, réactifs et de proposer des solutions globales à nos partenaires publics comme privés. En matière de parcs d’activités, vous êtes même leader national. ` Oui, avec 90 parcs réalisés, dont la majorité en Île-de-France. Spirit Entreprises conçoit, construit et commercialise ces ensembles destinés aux PME - PMI. Nous répondons à plusieurs besoins: la vente directe à des utilisateurs, la vente à des investis­ seurs ou le développement clés en main. Nous conservons aussi certains actifs par le biais de nos propres foncières ou de fonds gérés par notre société de gestion, agréée par l’AMF. L’innovation est aussi présente dans votre activité. Absolument. Par exemple, nous développons Spirit Energies, qui installe et exploite des centrales photovoltaïques sur les toitures de nos bâtiments. Nous avons déjà raccordé cinq mégawatts crête. Nous avons aussi lancé un logiciel de pilotage de projets immobiliers, Edifice, aujour­ d’hui diffusé sous licence. Ce sont des briques qui renforcent notre autonomie et notre capacité d’adaptation. Dans un contexte de crise immobilière, comment se porte votre groupe ? Spirit a enregistré en 2024 un chiffre d’affaires proche de 300 millions d’euros, pour 250 collaborateurs. Nous restons rentables et attractifs pour nos partenaires. C’est le fruit d’une culture de long terme, d’une gestion prudente et d’une diversification pensée comme un levier de résilience, pas comme un objectif en soi. Quel est votre regard sur le Grand Paris ? Le Grand Paris Express est un levier de transformation majeur. Il permet de révéler des territoires, d’en densifier d’autres et d’amé­ lio­ rer l’accessibilité des zones d’activités. C’est une chance pour les collectivités comme pour les entreprises. SPIRIT, UN GROUPE IMMOBILIER INDÉPENDANT AUX MULTI-EXPERTISES Créé en 1988, Spirit est un groupe familial indépendant. Acteur de la promotion résidentielle, de la production de parcs d’activités, de la gestion d’actifs et de l’innovation énergétique, il compte 90 parcs d’activités réalisés, une foncière dotée de près de 500 M€ d’actifs et des agences régionales en déve­ loppement. Le groupe se positionne ainsi comme un opérateur agile, stable et ancré localement.

  • "Orange est un acteur local au service d'un Grand Paris innovant, inclusif et durable"

    Directrice d’Orange Île-de-France depuis début 2024, Karine Dussert-Sarthe pilote les actions de l’opérateur sur le bassin francilien pour répondre aux enjeux d’attractivité, d’optimisation et de résilience dans l’aménagement numérique des territoires. Orange est souvent perçu comme un grand opérateur national. Quelle est votre approche en Île-de-France ? Avec plus de 20 000 salariés sur le bassin francilien, Orange est un acteur autant local que national. Dans chaque département d’Île-de-France, les délégués régionaux sont au contact direct des élus, s’appuyant sur le savoir-faire des équipes mobilisées pour la modernisation des réseaux fibre et 5G qui couvrent déjà plus de 95 % de la population, et pour le développement des services numériques. Cette présence se voit aussi chaque jour dans la vie locale avec plus de 70 boutiques Orange, dans les temps forts locaux comme les Salons des Maires ou les derniers Jeux olympiques et paralympiques. Sans oublier le programme Orange Femmes Entrepreneuses  qui, depuis sa création, a permis de soutenir plus de 100 femmes de la région. Vous évoquez de nouveaux services. Quelles solutions innovantes proposez-vous aux acteurs du Grand Paris ? Au-delà d’investir pour offrir la meilleure expérience de Très Haut Débit, Orange propose aussi des solutions d’optimisation et d’attractivité du territoire, avec un large catalogue d’offres sécurisées et résilientes de cloud, de data ou encore d’IA. Spontanément, je pense à Flux Vision  qui, en 10 ans, s’est imposé comme l’outil leader d’observation des flux de population et de trafic routier, en fournissant des données anonymisées. Et à Live Intelligence , lancée fin 2024, une solution d’IA générative clés en main, pensée pour répondre aux enjeux d’amélioration des services publics et d’efficacité opérationnelle. Elle permet, par exemple, d’automatiser des tâches administratives, de faciliter la gestion des demandes des citoyens ou encore de soutenir la prise de décision, d’analyses documentaires et ainsi de libérer les agents de tâches chronophages. Comment prenez-vous en compte les enjeux de sécurité ou de souveraineté attendues par les collectivités ? Orange a développé une approche responsable et transparente, essentielle pour instaurer la confiance autour des nouvelles technologies. La solution Live Intelligence  que j’évoquais précédemment garantit la souveraineté des données hébergées dans des data centers français. De même, en tant que leader européen, Orange Cyberdéfense  répond avec des solutions clefs en main aux préoccupations des collectivités dont une sur dix déclare avoir été victime d’une attaque au cours des 12 derniers mois, d’après le dernier baromètre Cybermalveillance.gouv.fr . Vous menez aussi plusieurs initiatives avec le soutien des collectivités à destination des jeunes Franciliens. En effet, être un opérateur de confiance, c’est aussi être un acteur responsable qui accompagne les jeunes et moins jeunes aux bons usages du numérique. Ainsi, en mairie, dans les lieux de vie, 43 000 Franciliens  ont bénéficié d’ateliers numériques For Good Connections  en 2024 et nous sommes en bonne voie pour notre objectif de 50 000 en 2025 .

  • "L'action contracyclique fait partie de notre ADN"

    Directeur général d’Action Logement Services, Olivier Rico revient sur les missions du groupe paritaire, ses leviers d’action dans la crise du logement et les spécificités de l’Île-de-France, premier territoire d’intervention du Groupe. Olivier Rico. Quel est le rôle d’Action Logement ? Action Logement est un groupe paritaire issu du 1 % logement. Il est structuré autour d’une association de tête, Action Logement Groupe, et de deux branches : une branche immobilière, avec 45 filiales de logement social et une filiale de logement intermédiaire qui financent, produisent et gèrent des logements ; une branche de services, que je dirige, Action Logement Services. En tant que société de financement, nous prêtons à la fois aux bailleurs sociaux et aux salariés des entreprises, nous garantissons les loyers via Visale  et nous soutenons l’accession sociale à la propriété. Nous comptons plus de 3 000 collaborateurs sur tout le territoire et nos 13 directions régionales assurent une présence au plus près des besoins des entreprises et des salariés. Vous insistez sur l’utilité contracyclique d’Action Logement. En quoi cela consiste-t-il ? Pendant la crise, nous avons lancé le plan « 30 000 logements pour l’emploi » , avec la Caisse des dépôts.Nous avons dépassé nos objectifs et acheté en bloc, entre l’été 2023 et le printemps 2024, 34 400 logements  à des promoteurs en difficulté. Cela a permis de finaliser des opérations immobilières et de préserver des emplois, tout en répondant à la demande de logements. Nous avons également développé un mécanisme de caution pour les prêts de la Banque des Territoires aux bailleurs du logement intermédiaire, accélérant la mise en œuvre des projets. Cette capacité à agir rapidement, en quelques semaines au lieu de plusieurs mois, est reconnue par tous les acteurs comme un véritable levier de fluidification du marché. La crise du logement s’aggrave. Comment y répondez-vous ? Nous faisons face à un double effet ciseau : une production insuffisante de logements abordables et une faible rotation.Les locataires restent plus longtemps dans leur logement, notamment faute de pouvoir accéder à la propriété. Notre réponse est double : à court terme , créer de l’offre immédiate, par exemple via le programme « Louer pour l’emploi » , qui mobilise le parc privé vacant ; à moyen terme , investir dans la production et faciliter l’accession sociale pour libérer des logements. Nos dispositifs doivent être adaptés à la réalité des territoires et à l’évolution des besoins. Notre ambition est de fluidifier le parcours résidentiel en développant des solutions multiples. Le modèle est-il menacé par les ponctions budgétaires ? L’État a ponctionné nos réserves par le passé. Cela ne crée pas de logements, alors que 2,8 millions  de demandes sont enregistrées au fichier national. Il serait grave de priver le principal acteur de la production de ses moyens d’action.Nous avons des engagements clairs, contractualisés avec l’État dans le cadre de la Convention quinquennale 2023-2027 . Pour les tenir, nous avons besoin de ressources stables. L’efficacité de notre action repose sur une visibilité budgétaire suffisante, permettant d’engager des programmes pluriannuels et de nous projeter dans le temps long de la construction. Quelle est la place de l’Île-de-France dans votre stratégie ? C’est notre vaisseau amiral . La moitié des contributions des entreprises provient d’Île-de-France. Elle concentre également une part importante des besoins. Nous y menons des actions fortes en faveur du lien emploi-logement, du soutien aux quartiers prioritaires et de la réduction des mobilités pendulaires. Nos outils digitaux permettent d’affiner l’adéquation entre l’offre et la demande. La plateforme AL’in , notamment, facilite la mise en relation entre les offres de logement et les salariés. Elle a été complétée au printemps par une plateforme dédiée aux salariés en mobilité, aux jeunes actifs, aux saisonniers et aux salariés ne relevant pas du logement social. Comment agissez-vous pour la décarbonation ? Nous avons rendu public, en novembre 2022, un Plan pour les économies d’énergie et la décarbonation , en cohérence avec la stratégie RSE du Groupe, déployée depuis 2021. Nos obligations sont émises sur les marchés financiers avec une labellisation durable.Le Groupe représente 1 % des émissions nationales de gaz à effet de serre  : notre responsabilité est immense. Nous innovons, en construisant par exemple des immeubles en béton recyclé ou en déployant des solutions de sobriété énergétique dans les logements. Notre stratégie implique toutes nos structures et vise à rendre notre modèle plus sobre et résilient, avec un objectif très clair : -55 % d’émissions carbone en 2030 , pour tendre vers la neutralité carbone à l’horizon 2040. L’action sociale fait-elle aussi partie de votre mission ? Oui, Action Logement a une mission d’utilité sociale.Notre objectif est de loger les salariés. Cela passe par des aides financières, mais aussi par une meilleure connaissance des besoins. L’accompagnement des publics fragilisés est un pan essentiel de notre action : en 2024, plus de 21 000 salariés  ont bénéficié de l’accompagnement d’un conseiller social, et 10 % des aides  délivrées s’adressaient à des salariés en difficulté. Notre présence sur les territoires, métropole et territoires ultra-marins, illustre notre volonté d’être au plus près des entreprises et de leurs salariés afin d’adapter nos réponses à leurs besoins. Nous menons chaque année 700 000 enquêtes de satisfaction . Nos taux de retour sont supérieurs à 90 %. Cela montre que notre transformation, bien qu’encore inachevée, répond aux attentes du terrain. Cette attention constante à la qualité du service est au cœur de notre projet d’entreprise. En 2024, près de 800 000 familles  ont bénéficié de nos aides et services, dont près d’un quart en Île-de-France . Et votre implication dans le Grand Paris ? Nous sommes membres du Club des Acteurs du Grand Paris , car cette dynamique métropolitaine fait sens avec notre rôle : loger les salariés près de leur bassin d’emploi. Le Grand Paris Express, le télétravail, les nouveaux usages de la ville nous imposent de repenser nos dispositifs.Nous devons accompagner la mutation des territoires, en créant des logements là où sont les besoins réels et non où ils étaient hier. Notre organisation nous permet une approche évolutive, à la fois territorialisée et pragmatique, au service de notre ambition : faciliter le logement pour favoriser l’emploi .

  • « SORTIR DE LA CRISE DU LOGEMENT EXIGE UNE MOBILISATION DE TOUS »

    Ministre chargée du logement auprès du ministre de l’aménagement du territoire, Valérie Létard détaille les leviers qu’elle entend activer pour sortir durablement de la crise du logement. Relance du prêt à taux zéro, reconversion des bureaux vacants, simplification des procédures d’urbanisme : elle plaide pour une action collective, structurée et territorialisée, portée par une alliance resserrée entre l’État, les élus locaux et les professionnels du secteur. PROPOS RECUEILLIS PAR JACQUES PAQUIER Quels ont été vos principaux axes d’action depuis votre arrivée au ministère du Logement ? Depuis mon arrivée au ministère, j’ai voulu impulser une action résolue, ancrée dans la réalité des territoires. Le logement se construit avec les élus locaux, les professionnels du secteur, les habitants eux-mêmes. Relancer la production, c’est d’abord redonner confiance à ceux qui construisent, réhabilitent, investissent. Plusieurs mesures fortes ont été mises en œuvre. L’accession à la propriété a été relancée avec l’élargissement du Prêt à taux zéro (PTZ) à tout le territoire pour les logements neufs, y compris les maisons individuelles. Dans l’ancien, il reste mobilisable en zones rurales, assorti d’un lien renforcé avec la rénovation énergétique. Récemment adoptée, la possibilité de réguler les meublés touristiques permet de redonner aux maires des leviers d’action, tout en rééquilibrant l’usage du parc locatif dans les zones tendues. Dans le même esprit, nous facilitons la transformation de bureaux vacants en logements, pour lutter contre la vacance et produire du logement sans artificialiser davantage les sols. Nous agissons aussi pour mobiliser le parc privé. J’ai lancé la mission sur le statut du bailleur privé, confiée aux parlementaires Mickaël Cosson et Marc-Philippe Daubresse. Elle vise à créer un cadre fiscal plus simple, stable et incitatif afin d’encourager l’investissement locatif durable en faveur de la location longue durée. Ses conclusions nourriront le projet de loi de finances pour 2026. Le logement social est, bien sûr, une priorité. J’ai signé avec le Mouvement HLM une feuille de route ambitieuse pour relancer la production, diversifier les formes d’habitat et accélérer la rénovation du parc. Être ministre du Logement, c’est répondre à des attentes concrètes, qui touchent à l’intime autant qu’à l’intérêt général. Agir pour le logement, c’est un engagement profondément pluriel. C’est pourquoi notre action est nécessairement collective, transversale et progressive. Selon vous, quelles sont les conditions indispensables pour sortir durablement de la crise du logement ? Sortir de la crise du logement exige une mobilisation de tous. Cette relance ne se fera qu’avec une cohésion nationale, en s’appuyant sur les collectivités territoriales et sur l’ensemble des acteurs du logement : bailleurs sociaux, promoteurs, entreprises du bâtiment, associations, professions immobilières et citoyens. C’est ce que je porte en allant à la rencontre des acteurs, au travers d’un « tour de France des Comités régionaux de l’habitat et de l’hébergement », auquel je participe dans chacune des régions, mois après mois. Ces instances permettent une véritable coproduction des solutions, au plus près des réalités locales, avec l’ensemble des forces vives du logement. Les préfets y jouent un rôle central pour accompagner les projets, débloquer les freins et adapter les dispositifs à chaque territoire. C’est cette alliance entre État, territoires et acteurs du logement qui nous permettra de relancer durablement la production, de répondre à l’urgence sociale, mais aussi d’engager les transitions écologique et démographique. Les premiers signaux de reprise sont là, mais nous devons continuer à avancer ensemble, dans une logique d’efficacité, de dialogue et de responsabilité partagée. Quels dispositifs concrets avez-vous mis en place pour atténuer les effets de la crise du logement et soutenir les ménages ? La crise du logement exige des réponses fortes et structurelles. C’est le sens des mesures que j’ai portées dans le cadre de la loi de finances pour 2025, avec un objectif clair : protéger les ménages, relancer la construction et soutenir les primo-accédants. Nous avons élargi, dès le 1er avril, le Prêt à taux zéro à l’achat de logements neufs, qu’ils soient collectifs ou individuels, sur tout le territoire. Ce dispositif permet désormais à davantage de ménages modestes et de classes moyennes d’accéder à la propriété, avec un soutien estimé à plus de 15 000 projets supplémentaires par an. Nous avons également maintenu le PTZ dans l’ancien avec travaux, pour les zones rurales, car la revitalisation des territoires est une priorité. Pour accompagner les jeunes générations, nous avons facilité la transmission du patrimoine familial jusqu’à 300 000 euros par bénéficiaire, pour l’achat ou la rénovation d’un logement principal. C’est un appui concret à l’entrée dans la propriété. Enfin, nous avons décidé d’exempter les primo-accédants de toute hausse des droits de mutation votée localement. L’achat d’un premier logement doit être encouragé, pour fluidifier le parcours résidentiel des particuliers, mais aussi pour relancer l’activité des professionnels du secteur. Comment réduire le temps des procédures résultant des demandes d’urbanisme ? La proposition de loi de simplification du droit de l’urbanisme et du logement, présentée par le groupe LIOT et le député Harold Huwart, et qui a été adoptée par l’Assemblée nationale, apporte plusieurs réponses. Ce texte, soutenu par le Gouvernement et fruit d’un travail transpartisan, adapte certaines règles qui freinent la mise en œuvre des projets. Il s’agit d’apporter de la souplesse et de la lisibilité, sans jamais renoncer à la qualité de l’aménagement et de la construction. Seront ainsi facilitées les modifications simplifiées des plans locaux d’urbanisme (PLU), de même que des dérogations ponctuelles au profit de certains projets, comme le logement étudiant ou la mutation des zones commerciales. Sera aussi ouverte la possibilité de recourir à un nouveau « permis multisites », qui permet de réunir et d’instruire en une seule fois les opérations complexes situées sur plusieurs sites. Enfin, le texte fournit de nouveaux outils pour rendre plus efficace le traitement des recours en matière d’urbanisme, afin qu’élus comme professionnels de projet soient plus rapidement fixés sur le sort de leurs projets. Cette réforme renforce les moyens des collectivités. Nous améliorons l’accès des communes aux outils d’ingénierie, notamment aux établissements publics fonciers, afin qu’elles puissent mieux anticiper et structurer leurs projets d’aménagement. Ce texte a déjà été beaucoup enrichi dans le cadre de la navette parlementaire au Sénat. J’espère que le Parlement pourra le faire aboutir rapidement, car il permettra de débloquer les projets, de soutenir nos élus locaux et, surtout, d’accélérer la construction de logements là où les Français en ont urgemment besoin. Face à la complexité du millefeuille territorial, quelles évolutions proposez-vous pour simplifier l’organisation administrative et accélérer les politiques du logement ? La réorganisation de l’administration territoriale ne peut être pensée sans une clarification des compétences et un véritable pacte de confiance entre l’État et les collectivités. Face à la crise du logement, l’action publique doit gagner en lisibilité, en efficacité et surtout en réactivité. Je porte une vision claire : moins de verticalité, plus de proximité. Cela passe par un rôle renforcé des préfets, en première ligne pour piloter les politiques de l’habitat au niveau territorial et pour accompagner concrètement les maires bâtisseurs. Ces derniers doivent être soutenus par des leviers simples, rapides et efficaces, qu’il s’agisse d’ingénierie, de financement ou de simplification réglementaire. Ainsi, l’aide aux maires bâtisseurs, dotée de 100 millions d’euros dans le cadre du Fonds vert, vise à accompagner l’arrivée de nouveaux résidents sur leurs territoires, en fonction des besoins. Sa répartition est à la main des préfets, pour leur permettre de mieux adapter cette aide aux contraintes et besoins locaux. Il ne s’agit pas de recentraliser, mais de mieux coordonner par une action publique partagée, lisible et fondée sur la confiance. Zoom sur l’AMI qui vise à soutenir et accélérer les projets de transformation de bureaux en logements en Île-de-France « L’adoption définitive de la proposition de loi portée par le député Romain Daubié marque une avancée décisive », rappelle Valérie Létard, ministre chargée du Logement auprès du ministre de l’Aménagement du territoire. « Cette loi donne aux collectivités et aux porteurs de projets des outils inédits pour lever les blocages trop souvent rencontrés : un permis multidestinations pour anticiper, dès sa conception, l’évolution d’un bâtiment sur vingt ans, davantage de souplesse, une facilitation des votes en copropriété, sans oublier les mesures fiscales que nous avons fait adopter dans la loi de finances pour 2025 et qui s’appliquent déjà. Nous avons fixé un cadre stable et prévisible pour agir vite et bien, et rassurer élus locaux comme porteurs de projet. » Dans le prolongement direct de cette loi, la ministre du Logement a souhaité, en lien avec le préfet de la région Île-de-France, lancer un appel à manifestation d’intérêt (AMI). « Dans ce territoire où la tension sur le logement est particulièrement forte, 5,6 millions de mètres carrés de bureaux sont aujourd’hui vacants. Ce sont autant d’opportunités à saisir pour créer du logement, notamment social, dans les zones qui en manquent cruellement », argue Valérie Létard. Cet AMI a deux volets complémentaires : d’une part, il s’adresse aux porteurs de projet, publics comme privés, pour accélérer les opérations ; d’autre part, il accompagne les collectivités locales – en particulier à Paris, dans les Hauts-de-Seine et en Seine-Saint-Denis – dans l’élaboration de diagnostics et de stratégies territoriales de reconversion. « Le temps n’est plus à l’expérimentation isolée, mais à la massification : nous souhaitons faire émerger rapidement des projets exemplaires, lever les obstacles réglementaires, encourager la sobriété foncière et le renouvellement urbain et, surtout, répondre aux attentes très fortes des Franciliens en matière de logement », assure la ministre.

  • Commissaires de justice : sécurité juridique et immobilière des collectivités

    Interview de Benoit Santoire, président de la Chambre nationale des commissaires de justice. La profession de commissaire de justice existe officiellement depuis juillet 2022. Quel bilan tirez-vous de ces 3 dernières années ? Trois ans après cette naissance, nous consolidons notre offre de services d’une nouvelle profession experte en matière de preuve et de protection juridique. Protecteurs des propriétaires, pour lesquels l’encaissement d’un loyer peut être une source de revenu essentielle, ou soutiens des entreprises, dont la trésorerie est parfois menacée par les impayés, tout en préservant les droits de toutes les parties, les commissaires de justice peuvent procéder également au recouvrement amiable, encadrer une médiation judiciaire et conventionnelle, mais aussi, en dernier recours, après décision de justice, effectuer des actions de recouvrement judiciaire. Syndic de copropriété et administrateur de biens au service des particuliers, des entreprises ou des collectivités, c’est une profession qui excelle tout autant dans la matérialisation de la preuve. Les commissaires de justice peuvent donc aussi accompagner les collectivités dans la gestion de leur patrimoine immobilier ? Tout à fait. Nous sommes autorisés, en exécution d’un mandat, à assurer la gérance et l’encaissement des revenus tirés des immeubles des collectivités territoriales, ce qui dispense également la collectivité d’avoir à créer une régie de recettes. Concrètement, le commissaire de justice va apprécier la conformité du bien aux obligations légales, faire la publicité du bien à louer, sélectionner les locataires (en fonction des besoins exprimés par les collectivités, qui gardent ainsi, si elles le souhaitent, la maîtrise de leur politique du logement), vérifier leur solvabilité, rédiger le contrat de bail, dresser les constats d’état des lieux d’entrée et de sortie, procéder au recouvrement des loyers, des charges et des impayés le cas échéant. D’autres services peuvent-ils être rendus aux collectivités par les commissaires de justice ? Premier relais de l’État et de la justice sur le terrain, notre maillage territorial est non seulement le corollaire de notre statut d’officier public et ministériel, mais aussi une force, puisque nous sommes la seule profession du droit à exercer quotidiennement sur le terrain. Le système juridique administratif est complexe. Le commissaire de justice a une véritable plus-value à apporter aux élus comme à leurs agents en matière de conseil et de sécurisation juridique. Et notre maillage territorial facilite ainsi l’accès des responsables publics à notre expertise. La demande est de plus en plus importante. Nous avons d’ailleurs récemment publié un guide juridique en collaboration avec les éditions Dalloz et la Banque des Territoires – Les commissaires de justice au service du droit public  –, un ouvrage pratique, très utile, qui répertorie 250 fiches thématiques, à l’intention des élus, cadres et agents des collectivités.

  • « En trois ans, Fair’ s’est métamorphosée »

    Rémi Vial-Collet, président de Fair’ Promotion, revient sur les 40 ans de la société, sa transformation récente et le positionnement singulier de son entreprise sur le marché francilien. Quelle signification revêt l’anniversaire des 40 ans de Fair’ Promotion ? C’est un moment de fierté et de transmission. Je suis à la tête de Fair’ Promotion depuis trois ans seulement, mais je mesure l’héritage que je reprends. J’ai trouvé une entreprise aux fondations solides, avec des équipes expérimentées, un bon bilan financier et une volonté claire de maîtriser toute la chaîne de valeur de la promotion : conception, commercialisation, suivi de chantier. Nous avons engagé une profonde transformation pour répondre aux enjeux du secteur. Pourquoi avoir changé le nom de l’entreprise ? La société s’appelait Promo Gerim. Ce nom était trop générique, il ne disait rien de notre identité. Le nouveau nom, Fair’ Promotion, traduit nos valeurs : bien faire, faire du bien, faire juste. Nous assumons une responsabilité directe dans chaque étape d’un projet. Si quelque chose ne fonctionne pas, nous ne pouvons pas nous cacher. C’est aussi pour cela que nous avons créé un fonds de dotation dès 2023. Quel est son rôle ? Ce fonds nous permet d’agir au-delà de nos opérations immobilières. En 2024, nous avons mis à disposition des logements pour des femmes victimes de violences à Villejuif. Nous avons également noué un partenariat avec Habitat et Humanisme, et financé une ludothèque dans la Maison Saint-Charles, résidence intergénérationnelle à Paris 15e. Nous sommes un acteur économique, mais aussi un partenaire social des territoires. Vous mettez en avant une éthique de la relation avec vos partenaires. Qu’entendez-vous par là ? Nous travaillons avec des entreprises de construction, partenaires de longue date, en confiance. Cela nous permet de réduire les coûts, tout en garantissant la qualité. Même chose avec les bailleurs sociaux, par exemple : nous avons depuis longtemps arrêté les mises en concurrence systématiques, nous cherchons des solutions ensemble. Cela permet de construire des écosystèmes locaux vertueux. Quelle est aujourd’hui l’offre de Fair’ Promotion ? Nous sommes un acteur généraliste. Nous réalisons des opérations de logement familial, des résidences gérées, des hôtels et nous commençons à développer des projets d’activités. Nous avons aussi récemment livré 32 000 mètres carrés de bureaux à Villejuif, mais ce segment est aujourd’hui en retrait. “Nova Aragon” à Villejuif - 27 000 m2 de bureaux. Lanctuit Architectes. Quel est votre positionnement en termes de gamme et de clientèle ? Nous venons de la grande couronne et de la primo-accession. Cela forge une culture du juste prix. Aujourd’hui, nous sommes aussi présents en première couronne, sur un segment intermédiaire, avec des prix de vente entre 4 000 et 7 000 euros du mètre carré. Nous construisons pour ceux qui vont y vivre, pas pour les investisseurs. Comment avez-vous adapté votre stratégie à la crise actuelle ? Dès 2022, nous avons renoncé à la prospection foncière « en diffus », qui génère de la surenchère et des recours. Nous ciblons aujourd’hui des fonciers plus complexes, souvent issus d’anciens sites industriels ou de grands fonciers publics. Ce sont des projets plus longs, plus techniques, mais aussi plus vertueux. Votre développement repose-t-il toujours sur l’Île-de-France ? Oui. Nous avons fermé notre activité en Nouvelle-Aquitaine et livrons ponctuellement dans le Sud. Mais notre cœur de métier est ici. L’Île-de-France vit une mutation grâce au Grand Paris Express. Cela ouvre de nouvelles centralités, de nouveaux équilibres ville-habitat-emploi. Nous croyons à ce potentiel. Vous êtes aussi impliqué dans les Acteurs du Grand Paris ? Oui, depuis 2020, en tant qu’administrateur du Club. J’y ai trouvé un collectif d’acteurs qui partagent la même ambition d’amélioration de la qualité de vie. Cela oblige à sortir de la seule logique économique. C’est ce que nous essayons de faire avec Fair’ Promotion. Quelle est votre ambition à moyen terme ? Lancer en construction entre 800 et 1 000 logements par an. Cette année, nous serons autour de 1 200, mais ce rythme est exceptionnel. Nous voulons croître de manière raisonnée, mais sans compromettre nos équilibres financiers et sans perdre notre savoir-faire. Le fait d’avoir un actionnariat familial stable nous y aide beaucoup. Un mot sur vos équipes ? Elles sont au cœur de la transformation de l’entreprise. En trois ans, Fair’ s’est métamorphosée. Et cette métamorphose est le fruit de leur travail. Je suis très fier de ce que nous avons accompli ensemble. “Arboris” à Cachan (92).120 logements DREAM et EMERIGE - Architecte : Atelier Woa. FAIR’ PROMOTION, ACTEUR RESPONSABLE Créé il y a 40 ans sous le nom de Promo Gerim, Fair’ Promotion est un promoteur immobilier indépendant, implanté exclusivement en Île-de-France. Il compte aujourd’hui une cinquantaine de collaborateurs et aura engagé en 2025 la mise en chantier de 1 200 logements. Doté d’un modèle intégré, le groupe maîtrise l’intégralité de la réalisation de ses opérations, de la conception à la livraison finale, garantissant pour chacune d’entre elles un niveau de qualité et de réactivité. En 2023, il a changé de nom pour affirmer un positionnement éthique et responsable. Il a créé un fonds de dotation pour agir sur les questions sociales, notamment en faveur des femmes victimes de violences. Fair’ intervient sur des programmes de logements classiques, sociaux ou de résidences gérées, des hôtels et amorce une diversification dans les zones d’activités.

  • TotalEnergies : un acteur engagé pour la jeunesse en Île-de-France

    Alternance, insertion, sport, formation... TotalEnergies s’engage activement pour soutenir les jeunes, en particulier les plus vulnérables. En Île-de-France, cet engagement prend une dimension concrète, locale et partenariale. Entretien avec Laurent Tricot, directeur régional délégué Île-de-France de TotalEnergies. L’engagement de TotalEnergies pour la jeunesse est de plus en plus visible. Pourquoi en avoir fait un axe prioritaire de votre action sociétale, notamment en Île-de-France ? Chez TotalEnergies, nous sommes convaincus que notre responsabilité ne se limite pas à fournir de l’énergie. En tant qu’acteur du quotidien des Français, présent sur tout le territoire, nous avons un rôle à jouer pour accompagner les jeunes dans leur parcours vers l’emploi et l’autonomie. En Île-de-France, les enjeux sont particulièrement forts : c’est une région riche en opportunités, mais aussi marquée par des inégalités territoriales importantes, en particulier dans les quartiers prioritaires. C’est là que notre engagement prend tout son sens : soutenir les jeunes qui en ont le plus besoin, en leur ouvrant des portes, en les formant, en les accompagnant. C’est un engagement de long terme, profondément ancré dans nos actions. TotalEnergies est fortement engagée en faveur de l’alternance et de l’accueil de jeunes en stage, notamment en seconde. Pourquoi cet engagement et que retenez-vous de votre participation à la Fête des Métiers et de l’Alternance, à Montreuil ? L’alternance est au cœur de notre politique jeunesse : nous accueillons chaque année plus de 2 300 alternants, dont une part croissante issue des quartiers prioritaires ou des zones rurales. Nous avons également ouvert nos portes à plus de 1 000 lycéens de seconde cette année, dont plus de 500 en Île-de-France, dans le cadre du nouveau stage d’observation obligatoire, avec une attention particulière portée à la diversité et à l’ancrage territorial. Ces dispositifs sont essentiels pour faire découvrir nos métiers, susciter des vocations et favoriser l’égalité des chances. La Fête des Métiers et de l’Alternance, organisée en mai dernier à Paris Montreuil Expo par le MEDEF Île-de-France, a été un moment fort : nos équipes y ont rencontré des centaines de jeunes, curieux, motivés, en quête d’orientation. C’est ce lien direct, humain, que nous voulons continuer à renforcer. Lors du dernier salon de l’AMIF, vous avez présenté L’Industreet, une initiative d’envergure située à Stains. Quelle est sa vocation ? Lauréat du concours « Inventons la Métropole du Grand Paris », L’Industreet est un projet emblématique de la Fondation TotalEnergies. C’est un campus de formation entièrement gratuit, que nous avons voulu innovant, inclusif et tourné vers les métiers de l’industrie de demain. Depuis près de 5 ans, il accueille des jeunes de 18 à 30 ans, sans diplôme ou sans emploi, pour les former à des métiers techniques liés à l’industrie 4.0 : maintenance industrielle, automatisation, robotique, modélisation bâtimentaire... Ces formations sont certifiantes et conçues avec des entreprises partenaires pour coller aux besoins réels du marché. Aujourd’hui, L’Industreet forme près de 400 jeunes par an. Le campus est installé à Stains. C’est un choix délibéré : nous voulons que cette formation soit accessible à tous et principalement à ceux qui sont trop souvent éloignés des filières classiques. La Fondation TotalEnergies soutient aussi les Écoles de Production, un modèle encore peu connu. Pourquoi ce choix ? Serrurier, métallier, chaudronnier, technicien d’usinage... Les Écoles de Production proposent à des jeunes de 15 à 18 ans des formations professionnelles qualifiantes basées sur une pédagogie du « faire pour apprendre » : les jeunes y acquièrent un savoir-faire et un diplôme en honorant de réelles commandes clients. Ce modèle – unique en son genre – repose sur une étroite collaboration entre acteurs publics et privés, dont l’objectif commun est de répondre aux enjeux éducatifs, sociaux et économiques des territoires. C’est une pédagogie très concrète, qui donne d’excellents résultats, notamment pour les jeunes qui ne trouvent pas leur place dans les parcours scolaires classiques. La Fondation TotalEnergies accompagne depuis 2018 la Fédération Nationale des Écoles de Production. L’objectif de ce partenariat est de déployer 100 Écoles de Production partout en France d’ici 2028. En Île-de-France, plusieurs départements sont concernés avec, par exemple, l’Iron Academy à Stains, qui forme aux métiers de la chaudronnerie industrielle, ou MEs TALents aux Mureaux, spécialisée dans la métallerie. D’autres établissements sont en cours de développement dans la région, avec le soutien de la Fondation TotalEnergies. Vous soutenez également le Tournoi National des Quartiers et Campagnes, un événement de rugby destiné aux jeunes issus des quartiers prioritaires et des zones rurales. Quelles sont les raisons qui vous poussent à vous engager dans ce type d’initiative ? Notre engagement pour la jeunesse ne se limite pas à la formation et l’insertion professionnelle. Nous croyons aussi que les valeurs portées par le sport sont un formidable levier d’inclusion des plus jeunes. Lorsque nous sommes devenus partenaires de la Fédération Française de Rugby et des équipes de France, nous avons mis en place avec eux le Tournoi National des Quartiers et Campagnes. Encadrés par la FFR et les ligues régionales, les clubs de rugby et leurs éducateurs vont chercher les jeunes dans les quartiers et les zones rurales pour les initier au rugby et à ses valeurs, en organisant des rencontres et des ateliers citoyens. Chaque région prépare et gère alors sa finale. Elle a eu lieu cette année, pour l’Île-de-France, à Drancy (93) et a rassemblé plus de 160 jeunes âgés de 8 à 12 ans autour de ce sport avec lequel nous partageons beaucoup de valeurs. Un dernier message en conclusion ? Il n’y a pas de développement durable sans perspective d’épanouissement collectif pour les jeunes. C’est pourquoi nous soutenons toutes ces initiatives. Elles leur permettent, en particulier aux plus vulnérables, de prendre leur destin en main. Face à cet enjeu de société, la réponse consiste à rassembler toutes les forces et les bonnes volontés pour trouver des solutions innovantes, en unissant chaque fois que c’est possible les acteurs du public, du privé et des entreprises.

  • « Être entreprise à mission engage à démontrer, et pas seulement à promettre »

    Laurence Picano, directrice de VINCI Immobilier Résidences Gérées, détaille les trois concepts du groupe – Ovelia, Student Factory et Bikube – qui dessinent une offre sur mesure pour les seniors, les étudiants et les jeunes actifs. Pourquoi VINCI Immobilier a-t-il développé cette activité de résidences gérées ? VINCI Immobilier Résidences Gérées est une filiale de VINCI Immobilier, née avec l’ambition de proposer une offre d’hébergement qualitative, ciblée et durable. Nous développons, concevons et exploitons des résidences services à destination de publics bien identifiés : les seniors avec Ovelia, les étudiants avec Student Factory et, plus récemment, les jeunes actifs avec Bikube. Ces produits sont conçus non seulement en réponse aux attentes de ces publics, mais aussi aux besoins des collectivités et des investisseurs. Commençons par Ovelia, dédiée aux seniors. Quelle est sa spécificité ? Ovelia est née en 2010. Nous avons voulu créer une offre qui privilégie le bien vieillir, dans un cadre de vie sécurisé, confortable et convivial. Nos résidences sont à taille humaine – entre 70 et 130 appartements – avec une architecture soignée, des espaces communs généreux, un restaurant, des animations quotidiennes et des services à la personne sur mesure. En Île-de-France, nous avons déjà six résidences ouvertes : à Chatou, Poissy, Chateaufort (78), Herblay-sur-Seine, Ermont (95) et Épinay-sur-Orge (91). Le tout à proximité des commerces et des transports. Ovelia est aussi une entreprise à mission. Pourquoi ce choix ? Nous avons fait ce choix en 2023. Devenir entreprise à mission implique une démarche exigeante : formuler une raison d’être, définir des objectifs concrets et les faire auditer par un organisme tiers indépendant. C’est une manière forte d’inscrire dans nos statuts l’impact sociétal que nous revendiquons : contribuer activement à la qualité du cadre de vie des seniors. Nous sommes aujourd’hui les seuls du secteur à avoir fait ce pas. La résidence Student Factory - Paris. Vous proposez aussi des résidences étudiantes avec Student Factory. Quel est le positionnement de cette marque ? Student Factory, lancée en 2018, repense complètement l’expérience résidentielle étudiante. Chaque logement fait environ 19 mètres carrés, avec une décoration dans un esprit « loft » et des espaces partagés pensés pour le quotidien : coworking, cafétéria, espace détente, bulles de concentration... L’ensemble de la démarche est digitalisé, de la réservation au séjour, grâce à une application mobile qui centralise tous les services. Nous avons actuellement 17 résidences ouvertes en France, dont deux en Île-de-France : à Bagnolet et, à la rentrée 2025, dans l’écoquartier Universeine à Saint-Denis, au cœur de l’ancien village olympique. Et pour les jeunes actifs ? C’est l’objet de Bikube, notre marque la plus récente, qui propose un concept hybride mêlant flexibilité hôtelière, coliving et services premium. C’est un hôtel, un lieu de coliving, un restaurant et un espace de coworking. On peut y séjourner de quelques nuits à plusieurs mois. Chaque étage regroupe une vingtaine d’appartements autour d’un vaste espace avec cuisine et salon partagé. Nous avons ouvert deux résidences, à Lyon et Montpellier, et prévoyons une ouverture en Île-de-France, à Suresnes en 2026. Cette offre répond au besoin de souplesse des jeunes actifs et à leur recherche de lien social, dans des lieux où tout est compris et prêt à vivre. Comment ces offres résistent-elles à la crise immobilière actuelle ? Le développement est ralenti, mais pas à l’arrêt. Ce sont des produits résilients car ils répondent à de vrais besoins, dans des segments porteurs. La démographie alimente la demande pour les résidences seniors ; la tension sur le logement étudiant reste forte, en particulier à Paris. Quant à Bikube, il s’adresse à une nouvelle génération de travailleurs urbains en quête de flexibilité. Nous avons aussi deux canaux d’investissement : les institutionnels et les particuliers. Ces derniers sont sensibles au fait que nos résidences ne soient pas concernées par les récentes évolutions fiscales sur le statut de loueur meublé non professionnel (LMNP). En quoi l’ancrage territorial est-il fondamental pour vous ? Nos résidences sont toutes implantées dans des lieux centraux ou stratégiques, proches des transports et des services. C’est un critère essentiel dans notre modèle. Être acteur de la fabrique urbaine, c’est concevoir et construire, mais aussi exploiter sur le long terme, entretenir, animer, faire vivre ces lieux. Nous ne prétendons pas répondre à tous les besoins, mais nous apportons une partie de la solution, avec des produits utiles, durables, à fort impact local. Vous avez évoqué une éventuelle extension vers d’autres publics... Nous y réfléchissons, notamment pour les familles. Mais il est encore trop tôt pour en parler. Ce qui est certain, c’est que nous continuerons à innover à partir de ce qui fait notre force : des produits différenciants, attentifs à la qualité du cadre de vie, au service d’un usage ciblé et d’un territoire.

  • « Les Franciliens doivent savoir qu’ils bénéficient d’un service public d’assainissement performant »

    À la tête du Siaap depuis 2021, François-Marie Didier trace une feuille de route exigeante pour le syndicat interdépartemental d’assainissement. Dans un contexte budgétaire contraint et face à des normes environnementales de plus en plus strictes, il défend une stratégie d’investissement maîtrisé, d’innovation technique et de dialogue avec les territoires. Entretien. Quelles sont vos priorités à la tête du Siaap ? Depuis 2021, nous nous attachons, avec le conseil d’administration, à renforcer la performance du syndicat. Cela implique notamment de faire des choix d’investissement éclairés, de contenir notre dette et de garantir l’efficience de chaque euro dépensé. Dans un contexte de pression budgétaire et réglementaire, notre objectif reste clair : entretenir notre patrimoine industriel, améliorer la sécurité de nos installations et de nos agents. Le Siaap a également engagé une dynamique de transparence et de dialogue vis-à-vis de ses parties prenantes, à commencer par les élus des communes riveraines de nos sites. Sur ce point, le Siaap était très attendu et il me semble que nous avons réussi. Comment concilier performance, contraintes budgétaires et nouvelles normes ? Ces normes ont un coût, mais elles sont nécessaires. La qualité des rejets doit s’améliorer. Cela exige des investissements lourds, tout en réduisant notre empreinte carbone et en maîtrisant la facture pour l’usager. Nous nous devons d’être innovants, notamment en matière financière. Le partenariat stratégique conclu avec la Banque des Territoires pour financer une partie de nos grands projets en est la meilleure illustration. Quel rôle le Siaap a-t-il joué dans la réussite du Plan Baignade ? Un rôle central. Sans l’action du Siaap depuis 1970, aucune baignade dans la Seine et la Marne n’aurait été possible. Le Siaap a été le premier contributeur de ce plan après l’État, avec près de 500 millions d’euros investis. Les Jeux olympiques et paralympiques ont été un accélérateur décisif, nous permettant de réaliser en 8 ans ce qui aurait pris des décennies. Le Siaap s’engage aussi sur le terrain de la transition énergétique. Absolument. Nous sommes historiquement producteur de biogaz à partir de nos boues d’épuration, le premier en France. Nous venons d’ailleurs d’inaugurer, en juillet, la plus grande unité de production de biogaz en Europe sur notre site de Seine Aval. À Valenton, une partie de notre production de biogaz est injectée dans le réseau de distribution publique de gaz, ce qui permet de chauffer l’équivalent de 10 000 habitants. Nous souhaitons également développer la production de chaleur à Clichy et Colombes, par exemple. Et vos relations avec les autres acteurs franciliens ? Le Siaap travaille main dans la main avec tous les acteurs franciliens : Région, Métropole, départements, communes. Nous avons également su relancer des coopérations en matière d’innovation, notamment avec les autres grands syndicats techniques que sont le Sigeif, le Syctom, le Sipperec, le Sedif, Sénéo ou encore Seine Grands Lacs.

  • « Public-privé, nous rassemblons les élus et dirigeants qui font le Grand Paris »

    Dialogue, décloisonnement, coopération : depuis quatorze ans, l’association Acteurs du Grand Paris accompagne les grandes transformations de la région capitale, en proposant un espace de rencontres et de parole libre, neutre, fédérateur et exigeant. Pour son président Thomas Hantz, il est plus que jamais urgent de conjuguer les politiques publiques des transports et du logement, d’oser la densité et de refonder le contrat social à l’échelle de la métropole francilienne. Sur quelles convictions fondez-vous vos actions ? Tout ce que nous faisons suppose en effet des convictions solidement ancrées. La première, c’est que le Grand Paris doit proposer une vision suffisamment puissante pour fédérer des intérêts parfois contradictoires dans une logique de coopérations. Nous croyons à la force de l’intelligence collective, à la capacité à conjuguer les points de vue pour bâtir des solutions plus justes, plus efficaces, plus résilientes. Notre deuxième conviction, c’est que la résilience des territoires se construit sur le terrain, à partir de projets locaux, pas uniquement dans les amphithéâtres ou les réunions d’experts. C’est pourquoi nous donnons une place majeure à la parole des élus locaux, aux initiatives de terrain, aux expériences concrètes. Nous croyons à l’énergie de ceux qui agissent au quotidien pour faire avancer leurs territoires. Car c’est souvent là, au plus près des habitants, que se forgent les réponses les plus pertinentes. Enfin, il y a dans notre démarche une volonté d’influence douce. Nous ne sommes ni un lobby ni une structure partisane. Mais nous assumons de porter des idées, d’alerter, de proposer. Avec une méthode : le décloisonnement, la discussion bienveillante, la loyauté avec tous les acteurs, mais aussi la fidélité au réel. Voilà, au fond, ce que nous sommes : une plateforme vivante, indépendante et exigeante, engagée et apolitique, au service d’un Grand Paris que nous voulons meilleur, plus solidaire, plus beau, plus juste. Quelle est, au fond, la raison d’être de l’association Acteurs du Grand Paris ? La raison d’être de notre association tient en quelques mots : créer les conditions d’un dialogue durable, exigeant et libre entre tous ceux qui font la vitalité et les projets du Grand Paris. Car soyons honnêtes, dans le Grand Paris, le besoin de décloisonner demeure très fort, chacun avançant encore trop souvent seul, sur son périmètre, avec ses urgences, ses contraintes, ses agendas et aussi ses doutes et ses interrogations. Le principal risque dans le morcellement des actions, c’est de perdre la vision collective qui est notre force commune depuis 15 ans environ. Dès 2011, nous avons proposé un espace indépendant, agile, ouvert, où l’on se parle sans filtre, où l’on peut débattre franchement, partager des diagnostics, faire émerger des points de convergence, voire parfois poser des désaccords utiles. L’association Acteurs du Grand Paris est née de ce besoin de respiration collective dans un écosystème souvent saturé de procédures, avec l’appui d’une vision partagée. L’association est aujourd’hui bien identifiée dans le paysage francilien. Mais, concrètement, que fait-elle au quotidien ? Depuis 14 ans, notre action repose sur trois piliers : des événements réguliers pour nos membres, un travail éditorial exigeant et des temps forts d’envergure, ouverts à tous, qui traduisent notre esprit de communauté. Cette année, nous avons rassemblé plus de 3 000 personnes dans nos événements ! Chaque mois, nous organisons plusieurs temps forts, notamment un dîner-débat, qui rassemble élus, dirigeants, chercheurs, responsables de l’État, tous membres du Club. Dans une atmosphère sereine, sans posture ni slogan, ces rencontres permettent des échanges francs, où naissent souvent des idées nouvelles, des convergences inattendues, des prises de conscience utiles. Ces moments sont précieux, car ils offrent une qualité d’écoute et de dialogue que l’on trouve rarement ailleurs. Nous organisons aussi des visites de territoires, car comprendre la métropole francilienne, c’est marcher sur ses sols, rencontrer ses élus, voir ses chantiers. Ces immersions permettent de valoriser les dynamiques locales et de nourrir une culture commune. Nous avons cette conviction forte : on ne pense bien un territoire qu’en l’arpentant, qu’en dialoguant avec ceux qui y vivent et y œuvrent. Tous nos formats ont vocation à permettre de confronter les visions, de décloisonner les savoirs et de faire progresser collectivement des sujets structurants pour l’avenir métropolitain. Et sur le volet éditorial ? C’est fondamental, car nous croyons à la force des mots, à leur capacité à structurer un imaginaire collectif et à faire vivre un projet métropolitain au-delà des seuls cercles de décision. Chaque année, notre Magazine (tiré à 12 000 exemplaires, envoyés nominativement par voie postale) propose des entretiens de fond, des tribunes exigeantes, des reportages de terrain, des portraits incarnés. C’est un outil de référence, un objet éditorial que l’on garde, que l’on annote, que l’on cite. Il incarne notre style : rigoureux, concret, prospectif, accessible à toutes les sensibilités. Mais nous ne nous arrêtons pas là. Notre newsletter mensuelle est un fil vivant qui relie les membres entre eux, informe sur nos travaux, relaie des initiatives inspirantes, attire l’attention sur des signaux faibles. C’est un outil d’animation de communauté, sobre, clair, mais toujours orienté vers l’action. Vous proposez aussi des événements de très grande envergure... Oui, deux temps forts rythment notre année et incarnent notre ouverture. Le Cocktail Estival et la Soirée d’Hiver sont des moments de communion, denses en échanges et en rencontres. En 2026, pour les 15 ans de notre association, nous devrions créer une troisième grande opportunité de rassemblement... Nous les préparons avec le plus grand soin, car ces événements sont l’occasion pour nos partenaires de bénéficier d’une très forte visibilité. Pour rassembler largement, nous misons sur des invités de prestige, comme les anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande, le président du Sénat Gérard Larcher, l’ancienne ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, l’athlète handisport Marie-Amélie Le Fur ou encore le journaliste et producteur Michel Denisot, et l’ancien ministre Hubert Védrine. Et la ligne directrice, dans tout cela ? Elle tient en deux mots : décloisonner, coopérer. Décloisonner les mondes public et privé, les institutions, les disciplines, les temporalités. Nous croyons qu’il est possible de réussir les transformations tant attendues par les habitants pour faire du Grand Paris une ville-monde vivable, attractive et puissante, à condition d’y mettre de l’écoute, de la méthode, de la confiance, bref en réalisant toutes les coopérations possibles. Tout ce que nous mettons en œuvre vise à créer des passerelles, à bâtir ce socle de confiance durable entre des acteurs qui, souvent, ne se seraient jamais croisés autrement. C’est cela notre action concrète pour le Grand Paris : fabriquer un espace commun de coopérations vertueuses au service de l’intérêt général. Comment la gouvernance de l’association fonctionne-t-elle ? Notre gouvernance est très exigeante, elle repose sur un bureau composé de 9 membres qui gère l’association au quotidien. Un conseil d’administration de 24 membres assure les missions d’orientation et de contrôle. Nous nous imposons une gestion rigoureuse, avec des procédures transparentes et un commissaire aux comptes, qui contrôle nos process et certifie nos comptes chaque année. Cette exigence fait partie de notre crédibilité : nous voulons être exemplaires sur le fond comme sur la forme. Parlons transports. Où en est la transformation des mobilités ? Le Grand Paris Express entre dans sa phase de concrétisation. Les tunnels sont achevés sur plusieurs tronçons, les gares prennent forme, la ligne 15 sud ouvrira en 2025, après la 14 l’année dernière. Les lignes 16, 17, 18 suivront. C’est un chantier hors norme, mené à bon rythme par les formidables équipes de la Société des Grands Projets. Sa réalisation témoigne d’une ambition rare, à l’échelle d’une génération. Parallèlement, les réseaux existants sont modernisés avec beaucoup d’ambition par la Région Île-de-France : prolongement de la ligne 14, automatisation de lignes plus anciennes, arrivée de nouveaux trains sur le RER et le Transilien. Les investissements sont massifs et structurants. Pour la première fois depuis plusieurs décennies, l’État, Île-de-France Mobilités, la Société des Grands Projets et les collectivités avancent dans le même sens, avec cohérence et constance. Ce n’est pas anecdotique : déployer une stratégie d’infrastructures aussi intégrée, c’est une première en France. Il faut l’articuler plus fortement avec les autres politiques publiques, notamment le logement. Justement, côté logement, l’élan est-il à la hauteur ? Il n’y a pas d’élan, c’est un échec collectif. Le Grand Paris Express devait impulser une nouvelle donne urbaine. Il devait nous permettre de construire mieux, là où la desserte serait renforcée et de nouvelles gares seraient créées. Cette dynamique s’est grippée. Les objectifs sont pourtant très clairs dans la loi Grand Paris : bâtir 70 000 logements par an, pendant au moins 25 ans, pour répondre aux besoins, avec une production accrue autour des gares pour une régénération des tissus urbains existants. Mais dans les faits, la production s’effondre. Le marché est en crise, les coûts explosent, les recours se multiplient. Il y a une contradiction fondamentale dans nos politiques publiques. On investit des milliards dans les transports pour désaturer les centres et pour mieux desservir les périphéries, mais on ne lève pas les freins juridiques, fiscaux, normatifs, réglementaires et politiques à la densification. C’est un non-sens. Nous devons absolument réconcilier la planification des mobilités avec une stratégie foncière et urbaine ambitieuse, car des millions de personnes sont dans le besoin. Pourquoi est-ce si crucial de construire ? Parce que le logement est au croisement de toutes les fractures contemporaines. Ne pas construire, c’est renforcer les inégalités, figer les parcours, empêcher les classes moyennes de vivre là où elles travaillent. C’est miner l’attractivité économique, alimenter les ressentiments, accélérer l’étalement urbain. Et c’est aussi, désormais, une impasse écologique. Il faut un choc de simplification dans les procédures, un réarmement des maires, une mobilisation massive du foncier public, un refinancement du logement social et une diversification de l’offre. Mais, surtout, il faut assumer politiquement que construire, ce n’est pas bétonner : c’est rendre possible l’avenir. Et je veux insister sur un point décisif : rebâtir la ville sur la ville, densifier intelligemment les tissus déjà urbanisés autour des transports existants, c’est sans doute l’un des leviers les plus puissants pour une transition écologique réussie. Chaque logement construit à proximité d’une gare, c’est une voiture de moins, c’est un sol agricole préservé, c’est une promesse d’urbanité durable. Construire, c’est réparer la République, c’est réconcilier les territoires avec leur avenir. En conclusion... Nous sommes convaincus que les défis métropolitains exigent des lieux de dialogue, de confiance, de hauteur de vue et d’action collective. C’est ce rôle que nous continuerons d’assumer, avec tous ceux qui veulent faire avancer le Grand Paris, dans l’intérêt général.

  • "La cohésion sociale et territoriale, et la transition énergétique sont nos axes stratégiques"

    Le directeur régional Île-de-France de la Banque des Territoires, Richard Curnier, décrit les orientations qui sont au cœur de la stratégie de la filiale de la Caisse des Dépôts. Il revient ainsi sur la crise de l’immobilier et du logement social, les atouts de la géothermie, l’investissement du groupe dans le développement économique des quartiers et dans le domaine de la santé, et certains projets déjà réalisés, en cours ou à venir. Propos recueillis par Jacques Paquier. Quelles sont les priorités de la Banque des Territoires en Île-de-France ? La Banque des Territoires a deux axes stratégiques principaux : la cohésion sociale et territoriale d’une part, et la transition écologique et énergétique d’autre part. Une de nos premières missions, majeure, c’est accompagner le développement du logement social. Je rappellerai qu’en Île-de- France, 700 000 personnes figurent sur des listes d’attente pour obtenir un logement social et que l’on compte par ailleurs 1,2 million de mal-logés. En tant que financeur du logement social, c’est pour nous une priorité. Cela suppose d’accompagner les bailleurs sociaux, de leur fournir des financements adaptés à leurs besoins, cela passe également par l’accompagnement du développement des offices HLM. Dans le contexte de crise immobilière que nous connaissons, nous jouons à plein notre fonction contracyclique. Pourquoi le financement de la production d’énergie constitue-t-il aussi une de vos priorités ? J’aime à rappeler que 90 % de l’énergie consommée en Île-de-France est importée. Cela alors que nous avons sous nos pieds une énergie quasiment gratuite, renouvelable et décarbonée : je veux parler de la géothermie, dont le développement représente également un de nos axes stratégiques prioritaires. Il faut aussi rappeler que la géothermie constitue une énergie bon marché, qui ne dépend pas des cours du gaz ou du pétrole. Nous finançons donc de nombreux projets dans ce domaine. Je citerai par exemple la Société d’exploitation des énergies renouvelables (SEER) de Grigny ou les projets que nous finançons également au Pré-Saint-Gervais ou à Rueil-Malmaison. Quelle est la nature de votre intervention dans les quartiers prioritaires au titre de la politique de la ville ? Nous sommes très engagés dans le développement économique des quartiers. Il faut savoir que l’Île-de- France compte aujourd’hui 270 quartiers prioritaires au titre de la politique de la ville, situés dans tous les départements, alors que dans d’autres métropoles, ils se concentrent davantage. Nous œuvrons avec les bailleurs sociaux, en finançant par exemple les travaux de réhabilitation, de requalification des immeubles. Nous soutenons également de nombreux projets qui visent à favoriser le développement économique dans ces quartiers, à y créer des activités et des emplois, qu’il s’agisse d’artisanat ou de logistique du dernier kilomètre. Pourquoi intervenez-vous également de plus en plus dans le domaine de la santé ? L’Île-de-France est le premier désert médical français. Nous travaillons par conséquent surla santé, le vieillissement, le grand âge. Nous réfléchissons avec nos partenaires aux moyens de maintenir les seniors chez eux, en adaptant leur logement, en développant les services à domicile. Nous étudions de nouvelles solutions de viager intergénérationnel. Nous finançons par ailleurs la réhabilitation des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). La future usine de clarifloculation d’Achères (78), dont la Banque des Territoires participe au financement. Quel regard portez-vous sur la crise de l’immobilier qui dure et sur les voies pour en sortir ? Les comptes de tiers gérés par les notaires, dont la Caisse des Dépôts est gestionnaire depuis sa création, constituent un bon indicateur de l’activité de l’immobilier. Il y a deux ans, en juin, ces dépôts s’élevaient à 12 milliards d’euros, contre seulement 8,5 milliards d’euros en juin 2024. Cela reflète à la fois la baisse du volume et celle du montant des transactions. Le calendrier politique, avec la perspective des municipales, en 2026, qui ralentissent considérablement l’avancée des projets, suivies des présidentielles, en 2027, dans un contexte plus que jamais incertain, va générer une complexité supplémentaire. Les taux d’intérêt sont-ils orientés à la baisse ? La baisse des taux directeurs décidée en juin dernier par la Banque centrale peut provoquer une reprise des transactions dans l’ancien.Pour le neuf, la machine semble durablement grippée. CDC Habitat, filiale de la Caisse des Dépôts, a été recapitalisée et a contribué largement à atténuer les effets de la crise, acquérant en vente en l’état futur d’achèvement (Vefa) auprès des promoteurs un certain nombre de programmes. Action Logement a fait la même chose. La crise de l’immobilier pénalise les recettes des collectivités territoriales, dont une part provient des droits de mutation à titre onéreux (DMTO). Les collectivités locales empruntent de plus en plus sur des durées de long terme. Quelles sont vos opérations emblématiques passées, en cours ou à venir ? Je citerai l’Abbaye des Vaux de Cernay, dans la vallée de Chevreuse (Yvelines), où nous avons transformé un complexe hôtelier en resort haut de gamme avec Keys REIM. L’enjeu était de favoriser la création d’emplois à 1 heure de Paris. Nous avons également achevé la construction du Village olympique, que nous avons récupéré à l’issue des Jeux olympiqueset paralympiques, pour le transformer et lui donner sa configuration finale.Les travaux vont durer un an avant que ces appartements soient remis sur le marché. On y dénombre 650 logements, dont une partie sera prise en charge par CDC Habitat et Adoma, et une autre partie sera dédiée à des locaux d’activité, un social club et des bureaux. C’est un projet exemplaire des savoir-faire du groupe Caisse des Dépôts, à la fois en termes de mixité et de performance énergétique, avec un large usage du bois, une série d’innovations qui ont fait l’objet de plusieurs Atex (appréciation technique d’expérimentation). Banque des Territoire, CDC Habitat, CDC Biodiversité, Adoma et Icade ont contribué ensemble à cette réussite. Nous travaillons aussi à un projet lié à la Cité du cinéma. Par ailleurs, nous accompagnons le SIAAP dans la transformation de ses usines d’assainissement des eaux usées et finançons un plan de rénovation thermique des écoles. Notre objectif est d’atteindre la rénovation thermique de 3 000 écoles franciliennes à l’horizon 2027. Une première école de ce plan a été rénovée à Villetaneuse en Seine-Saint- Denis. La finalité est d’offrir aux élèves un bon niveau de confort thermique en hiver comme en été. Établissement Public Campinois de Géothermie à Champigny-sur-Marne, en partie financé par La Banque des Territoires. Quels sont vos projets avec la Métropole du Grand Paris ? Ils sont nombreux. Nous sommes notamment partenaires de la foncière commerciale, créée récemment pour acquérir et assurer le portage de cellules commerciales en centre-ville. Nous sommes en train de créer une société avec Grand Paris Aménagement, baptisée Terra Éco, dont l’objectif est de porter le foncier industriel qui ne sera plus cédé mais loué à ses utilisateurs.

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