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  • Préparer le réseau électrique de demain

    Alors que le Grand Paris accélère sa transformation, le réseau électrique francilien entre dans une phase clé de modernisation et de renforcement pour accompagner cette mutation, mais aussi accélérer la transition énergétique du territoire. À la tête de la délégation régionale de RTE en Île-de-France, Christelle Coppens-Chalhoub présente les grandes priorités et perspectives de ce chantier stratégique. Christelle Coppens-Chalhoub Quelles sont aujourd'hui les grandes priorités de RTE en Île-de-France ? Notre priorité est double : garantir en permanence la sécurité d'alimentation électrique d'une métropole très dense et très sensible compte tenu des fonctions de représentation nationale (politique, média, économie, innovation) qui y sont présentes et préparer le réseau à la transition énergétique. L'Île-de-France concentre des enjeux d'urbanisme, de mobilité, de réindustrialisation, mais aussi de neutralité carbone. Nous déclinons ici la feuille de route nationale de développement du réseau en plan d'actions francilien : identifier les zones à renforcer, programmer les grands travaux de renouvellement et de raccordement, et inscrire nos projets dans une stratégie énergétique, climatique et d'aménagement de la région. Comment concilier renouvellement et renforcement du réseau dans une métropole déjà très équipée ? L'Île-de-France dispose d'un réseau historique très maillé et très sécurisé, qu'il faut à la fois moderniser et adapter au changement climatique pour le rendre résilient. Nous menons un vaste programme de renouvellement des postes et des lignes électriques. D'ici 2030, 300 km de câbles de technologie ancienne seront remplacés par des câbles de dernière génération plus robustes sur un linéaire optimisé. Parallèlement, nous renforçons les capacités du réseau là où les besoins progressent le plus vite : autour des nouvelles gares, des grands projets urbains ou des pôles économiques, en coordination étroite avec les collectivités locales. Comme c'est le cas aujourd'hui dans le secteur de La Défense où nous déployons un grand programme de renforcement et de sécurisation de l'alimentation. Raccordement des grands projets : quelles priorités pour les prochaines années ? Le raccordement conditionne la concrétisation de nombreux projets : transports, zones d'activités et, bien sûr, data centers, qui font l'objet de fortes attentes. Notre stratégie est de ne plus répondre uniquement au cas par cas, mais d'anticiper via des zones d'accueil mutualisées où le réseau est renforcé pour accueillir plusieurs projets futurs. Sous l'impulsion du gouvernement et dans le cadre de sa politique de souveraineté numérique, des raccordements accélérés, dits « Fast Tracks », sont également proposés sur des sites stratégiques (dont deux en Seine-et-Marne) et les règles de raccordement évoluent pour traiter en priorité les projets les plus avancés (« les premiers prêts »). Ainsi, le réseau s'adapte à cette nouvelle facette de la vie francilienne : une région de plus en plus connectée. D'ici une quinzaine d'années, notre ambition est que le réseau du Grand Paris soit encore plus robuste, plus intégré dans la géographie urbaine et pleinement au service d'une métropole décarbonée et attractive.

  • « Notre ADN, c'est l'esprit de convergence et de coopération »

    Président des Acteurs du Grand Paris, Thomas Hantz retrace quinze ans d'histoire, depuis la naissance du club de la communication en 2011. Avec près de 200 adhérents, Acteurs du Grand Paris fédère aujourd'hui une communauté de 10 000 décideurs. Entre convergence des acteurs publics et privés, Maison des Acteurs du Grand Paris et programmation dense, il détaille l'ADN de l'association, annonce également le premier Forum du Grand Paris, le 3 décembre à l'Automobile Club de France, et son ambition d'ouvrir le club aux nouvelles générations de décideurs. Thomas Hantz. Les Acteurs du Grand Paris célèbrent leurs quinze ans. Que représente cet anniversaire ? Il marque une étape et rappelle une promesse fondatrice. Notre association incarne un état d'esprit : celui de la convergence et de la coopération. Dans un monde de silos, nous sommes un pont ; dans un moment de défiance, nous sommes un lieu de confiance. Le club est né dans le sillage de l'accord du 26 janvier 2011, lorsque l'État, la Région, les Départements, les collectivités, les opérateurs, les entreprises et les partenaires sociaux ont choisi une vision commune pour la région capitale. Maurice Leroy, alors ministre de la Ville et du Grand Paris, Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional, et André Santini, président de la Société du Grand Paris, ont parrainé notre lancement, le 26 juin 2011, lors d'un dîner à la Région. Quelques semaines plus tard, une vingtaine de membres se retrouvaient dans l'arrière-salle d'un restaurant de la rue de Grenelle. Cette scène raconte notre histoire : une idée forte, une table et des femmes et des hommes décidés à faire circuler l'information entre des univers qui se connaissaient peu et doivent mieux coopérer. Quinze ans plus tard, l'association réunit près de 180 organisations publiques et privées. Elle dispose d'une équipe, d'un magazine annuel, d'une programmation dense de plus de 30 événements par an, d'un écosystème de 10 000 décideurs et de la Maison des Acteurs du Grand Paris. Cette croissance marque une fidélité à notre ADN : faire vivre l'esprit de convergence et mettre les relations humaines au service d'une œuvre collective qui nous dépasse tous. Comment le Club de la communication est-il devenu les Acteurs du Grand Paris ? L'association a grandi au rythme de l'évolution des territoires. Entre 2011 et 2016, le Club de la communication du Grand Paris réunissait celles et ceux qui devaient comprendre les projets, partager les calendriers et rendre lisible une transformation immense. Les projets du Grand Paris sont ensuite passés des études aux appels d'offres, puis aux chantiers. Les communicants ont été rejoints par les dirigeants, les élus, les aménageurs, les constructeurs, les investisseurs et les opérateurs. Le changement de nom, en 2016, a exprimé cette évolution : Acteurs du Grand Paris. Nos membres concevaient, décidaient, finançaient, réalisaient et exploitaient la région capitale : acteurs du Grand Paris, parce que c'est ce que nous sommes ! Le premier magazine a paru en 2017. En 2022, l'ouverture de la Maison des Acteurs du Grand Paris, rue Lafayette, et l'arrivée de salariés ont donné à l'association une capacité d'action nouvelle. Chaque étape a répondu à un besoin précis. Notre développement suit une logique de service : la confiance des membres nourrit la capacité d'action du club. Valérie Létard reçoit le Grand Prix de la Personnalité Grand Paris 2026 pour son action en faveur de la politique du logement. Quelle est aujourd'hui la raison d'être de l'association ? Le Grand Paris est une œuvre de coopération. Notre raison d'être consiste à réunir les intelligences, les responsabilités et les capacités d'action qui la font progresser. Les collectivités portent une vision politique et territoriale. L'État garantit le cadre et la continuité. Les entreprises apportent leur savoir-faire, leur capacité d'investissement et leur culture de l'exécution. Les aménageurs organisent le temps long. Les architectes donnent une forme aux ambitions. Les chercheurs et les experts éclairent les choix. Notre association crée l'espace commun, une plateforme indépendante, neutre et apolitique où ces forces se rencontrent. La convergence, c'est l'accueil de la diversité des convictions, des métiers et des territoires. Elle transforme les différences en énergie collective. Le débat y conserve sa franchise, sa dignité et son utilité. Une grande métropole possède des infrastructures visibles et une architecture invisible faite de confiance, de relations et d'habitudes de travail. Notre association contribue à bâtir cette architecture. À quoi sert concrètement l'adhésion pour un élu ou un dirigeant ? Elle donne accès à une communauté qualifiée, à une information utile et à des rencontres qui font gagner du temps. Un membre peut comprendre l'AP-HP comme système de santé, propriétaire immobilier, employeur majeur et donneur d'ordre public. Il peut découvrir l'organisation de la Préfecture de police, dialoguer avec les dirigeants du logement social et les aménageurs, visiter Rungis pendant une nuit entière ou pénétrer dans l'entreprise d'un grand patron. Chaque rendez-vous associe une vision d'ensemble, des données précises, des échanges directs et des perspectives d'action. Les dîners-débats offrent le temps de l'approfondissement. « Bonjour Monsieur le Maire ! » rapproche les élus et les entreprises autour d'un territoire. « Bonjour Patron ! » ouvre les portes d'une stratégie d'entreprise. Les visites placent les membres au contact du réel. Le magazine offre un espace de réflexion, de visibilité et de transmission. L'adhésion produit sa pleine valeur lorsque chacun participe, propose et partage son expérience. Le club devient alors un accélérateur de compréhension, de confiance et de coopération. Édition 2025 du grand dîner des maires dans les jardins de l’hôtel Potocki, siège de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris-Île-de-France. La saison écoulée paraît très dense. Quelle logique relie des rendez-vous aussi différents ? Chaque format répond à une question : de quoi nos membres ont-ils besoin pour comprendre la région capitale et y agir avec justesse ? Nicolas Revel a ouvert la saison sur la santé, l'accès aux soins, le patrimoine hospitalier et la commande publique. Magali Charbonneau a livré une leçon de gouvernance sur la Préfecture de police et la méthode des Jeux : associer, anticiper, adapter. Maurice Bansay a inauguré « Bonjour Patron ! ». Cinq candidats à la mairie de Paris ont présenté leur vision au cours d'une même matinée. Sept aménageurs ont partagé leurs priorités lors d'un grand dîner inédit. La visite de Rungis, de deux heures à dix heures du matin, a donné chair aux enjeux alimentaires. La charte signée avec la Garde nationale a relié engagement citoyen et résilience du territoire. Cette diversité forme une cohérence. Nous explorons les institutions, les territoires, les entreprises et les grands enjeux de société. Nous alternons les rassemblements et les formats resserrés. La programmation devient ainsi une lecture vivante du Grand Paris. Vous revendiquez une qualité « premium ». Que recouvre cette exigence ? L'exigence de qualité exprime le respect que nous portons à nos membres, à nos invités et au projet du Grand Paris. Elle commence par le fond : un sujet utile, un intervenant légitime, une préparation solide, des questions qui ouvrent le débat et des informations qui enrichissent la décision. Elle se poursuit dans la forme : un lieu choisi avec soin, un accueil personnalisé, un rythme tenu et des mises en relation pertinentes. Un dirigeant nous confie une part de son temps. Nous devons en faire un moment fécond. Il doit repartir avec une idée, un contact, une compréhension plus fine ou l'envie d'engager une action. Cette culture vaut pour un dîner de cent cinquante personnes comme pour un déjeuner de quinze membres. L'exigence garde chez nous une part de légèreté. Nous aimons la conversation, l'humour, les belles tables et les rencontres heureuses. La qualité crée l'envie de revenir ; la simplicité crée l'envie de rester. L'association s'est beaucoup développée. Comment conserver l'énergie des débuts ? La croissance appelle une attention humaine plus forte. Chaque membre doit se sentir attendu, reconnu et relié aux autres. La Maison des Acteurs du Grand Paris donne au club une adresse, un visage et un lieu de rencontre. Les apéritifs, les déjeuners de réseau et les formats en petit comité permettent aux nouveaux venus d'entrer dans la communauté. Les membres du bureau et du conseil d'administration participent à cet accueil. L'équipe identifie les intérêts communs et crée des passerelles. Nous voulons approfondir cette logique avec un parcours d'intégration plus structuré, des présentations ciblées et une participation accrue des adhérents à la programmation. L'esprit des débuts tient dans une scène simple : des personnes différentes réunies autour d'une table, heureuses de comprendre ce que font les autres et prêtes à imaginer quelque chose ensemble. Quinze ans plus tard, cette scène demeure le cœur du projet. Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, invité d’un dîner-débat du club, à l’Aéro-Club de France. Comment l'association préserve-t-elle son indépendance et son pluralisme ? L'indépendance repose sur une gouvernance solide, une gestion rigoureuse et une grande diversité de membres. Le bureau, composé de neuf membres, pilote l'association et accompagne l'équipe. Le conseil d'administration réunit vingt-quatre personnalités issues de sensibilités politiques, de métiers et de territoires différents. Il fixe les orientations, exerce son contrôle et associe les membres aux décisions. Les administrateurs prennent une part croissante à la programmation, aux relations avec les élus, à l'accueil des nouveaux adhérents et à la représentation du club. Nos comptes sont établis avec un expert-comptable et certifiés depuis cinq ans par un commissaire aux comptes. Notre pluralisme constitue une force. Les collectivités côtoient les entreprises, les grands groupes rencontrent les PME, les élus de toutes sensibilités siègent dans les mêmes instances. Chacun apporte son expérience et conserve sa liberté. Le président est le dépositaire d'une œuvre qui appartient à ses membres. Quels projets vont ouvrir le prochain chapitre ? Nous allons développer notre idée de Club de l'Élu qui prendra une place accrue pour renforcer le lien avec les collectivités et créer des coopérations utiles entre territoires et partenaires. Nous y travaillerons avec Dieunor Excellent, maire de Villetaneuse et membre du bureau. Le 3 décembre, le premier Forum du Grand Paris marquera les quinze ans de l'association à l'Automobile Club de France. Son baromètre Ifop prendra le pouls de l'écosystème, de son moral et de ses priorités, avec des indicateurs suivis dans le temps. Le Forum offrira un lieu de rassemblement fidèle à notre vocation, puis une grande soirée réunira celles et ceux qui font vivre le Grand Paris. Nous voulons aussi ouvrir davantage l'association aux nouvelles générations de décideurs et préparer la transmission. Le Grand Paris se construit sur plusieurs décennies ; notre responsabilité consiste à faire circuler l'expérience, à accueillir les talents et à maintenir le désir d'agir ensemble. Quelle vision du Grand Paris guide cette nouvelle étape ? Le Grand Paris est la promesse d'une région capitale plus unie, plus fluide, plus vivable et plus puissante. Cette promesse prend forme lorsque les infrastructures deviennent des usages, lorsque les gares font naître des quartiers, lorsque l'innovation améliore la vie quotidienne et lorsque chaque territoire trouve sa place dans une ambition commune. Nous entrons dans l'âge de la réalisation. Le Grand Paris Express dessine une nouvelle géographie. Le logement, la santé, l'énergie, l'eau, l'alimentation, la culture, l'intelligence artificielle et l'adaptation climatique composent une même équation métropolitaine. Sa réussite exige une vision de long terme et des coopérations très concrètes. Les Acteurs du Grand Paris veulent servir cette étape avec fidélité et énergie. Notre rôle consiste à relier ceux qui pensent, ceux qui décident et ceux qui font ; à donner aux idées la chance de devenir des projets ; à faire de la confiance une force d'action. Quinze ans, c'est déjà une belle histoire pour une association et c'est aussi un commencement pour un projet séculaire. Nous abordons la suite avec l'enthousiasme des origines, l'expérience acquise et une conviction intacte : l'avenir du Grand Paris s'écrira à plusieurs mains.

  • « Il faut pouvoir construire pour tous les Franciliens ! »

    Face aux crises du logement, Eiffage Immobilier propose un modèle intégré. L'entreprise maîtrise coûts et délais, et transforme des bureaux en habitations, cultivant un optimisme d'action pour bâtir l'avenir. Marc-Antoine Jean, directeur Eiffage Immobilier IDF. Le marché immobilier fait face à de multiples crises : logement, coût, foncier. Comment Eiffage Immobilier se positionne-t-il pour y répondre ? La complexité actuelle exige une réponse structurante. C'est le sens de notre modèle intégré Constructeur-Promoteur-Aménageur. En maîtrisant la chaîne de valeur, du sourcing foncier à la livraison, nous apportons une double réponse. Nous industrialisons nos processus de production pour maîtriser les coûts et les délais, mesure indispensable pour absorber l'inflation et maintenir des prix de sortie compétitifs. Ce modèle renforce notre crédibilité auprès des décideurs et des collectivités. Le discours politique a changé avec une réelle prise de conscience de l'urgence à loger nos concitoyens. Les maires redeviennent des bâtisseurs et cherchent des partenaires solides, capables de porter des projets d'aménagement globaux. Au-delà du neuf, la transformation de bureaux en logements est souvent présentée comme une solution d'avenir. Quelle est sa place dans votre stratégie ? C'est un axe stratégique complémentaire à notre production classique de logements. Elle répond à la vacance tertiaire déjà présente et la nécessité de produire des logements sans artificialiser les sols. C'est un relais de croissance naturel. Notre modèle intègre la complexité technique de ces opérations : restructuration et mise aux normes. En tant que promoteur, nous identifions les actifs tertiaires obsolètes en amont de leur mise en vente sur le marché. Chaque immeuble tertiaire est unique dans sa conception, sa forme, sa structure et sa localisation. En tant que constructeur, nous maîtrisons les techniques de conception et d'exécution de transformations. Cette activité vertueuse est en phase avec les attentes des collectivités. L'équilibre économique global demeure le plus grand défi. Comment envisagez-vous le marché immobilier dans les prochaines années ? Nous restons optimistes pour nos métiers. L'acte de construire et de transformer nos villes est une solution à la crise du mal-logement et contribue à la qualité de vie. Il faut pouvoir construire pour tous les Franciliens ! Cet optimisme repose sur des bases solides : la prise de conscience politique de l'urgence de construire crée un environnement plus favorable. Notre démarche d'industrialisation améliore la maîtrise des coûts. La période actuelle recentre le débat sur les fondamentaux : Solidité financière, Rigueur opérationnelle et Fiabilité. Dans un marché où la confiance est clé, notre culture de l'engagement et notre capacité à maîtriser intégralement les projets sont des différenciants majeurs, rassurant nos clients comme les partenaires.

  • « Il faut avoir le courage de fixer deux ou trois urgences réelles »

    Vice-président de la Région Île-de-France chargé du logement et maire de Mennecy (Essonne), Jean-Philippe Dugoin-Clément préside aussi Grand Paris Aménagement, l'Établissement public foncier d'Île-de-France et le Siarce (syndicat intercommunal d'aménagement, de rivières et du cycle de l'eau). Alors que la crise du logement dure et que la France vient de traverser plusieurs épisodes caniculaires, il dresse le bilan des deux établissements, salue le plan Jeanbrun, pointe les failles du financement du logement et appelle à une politique climatique inscrite dans la durée. Propos recueillis par Jacques Paquier Jean-Philippe Dugoin Clément. Quel bilan tirez-vous des politiques menées par GPA et l'EPF face à une crise du logement inédite par son ampleur ? Nous sommes face à une crise systémique : hausse des taux, envolée des coûts de construction, recul de l'investissement, bailleurs sociaux contraints par la réduction de loyer de solidarité. Aucun acteur seul ne peut la compenser, mais l'EPF et GPA ont joué et jouent toujours un rôle d'amortisseur, en préparant la relance. Entre 2021 et 2025, l'EPF a contractualisé 7 milliards d'euros d'intervention foncière, avec en perspective la construction de 183 000 logements ; ses cessions ont déjà permis plus de 31 000 logements construits. Son modèle s'est recentré sur le recyclage urbain, les friches, la transformation de bureaux, le renouvellement autour des gares du Grand Paris Express. GPA a maintenu depuis 2024 sa production, avec un peu moins de 2 000 logements par an sur ses 80 opérations actives, conformément à la complémentarité entre l'action des deux établissements voulue par la présidente de la Région Île-de-France Valérie Pécresse. Quels objectifs et quelles innovations portez-vous pour GPA et l'EPF dans les années à venir ? Trois axes, intégrés au futur pacte de l'EPF voté en fin d'année et à la feuille de route de GPA adoptée dans la foulée. D'abord, accélérer le recyclage urbain, friches, bureaux, zones d'activités obsolètes, pour limiter la consommation d'espaces nouveaux. Ensuite, des montages plus souples, partageant le risque économique avec les collectivités et opérateurs privés. Enfin, l'intégration des enjeux climatiques dans chaque projet : désimperméabilisation des sols, végétalisation, gestion de l'eau, confort d'été, matériaux bas carbone, économie circulaire. L'aménagement d'il y a vingt ans a laissé place à une logique de ménagement des territoires. Quel est votre sentiment concernant le plan du ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun, adopté en Conseil des ministres ? Il est intégralement positif. J'espère que l'agenda parlementaire permettra son adoption avant la fin de l'année, avant les échéances présidentielle et législatives. C'est un plan pragmatique, qui redonne aux communes confiance et intérêt à agir, et assouplit certaines procédures, notamment via les opérations d'intérêt local. Il intervient sans majorité à l'Assemblée et alors que Bercy ne lâche rien, mais permet des progrès concrets. Quand il enclenche un Anru 3, alors qu'il y a six mois une partie de l'administration voulait le supprimer, on ne peut que s'en féliciter : il n'y a pas une mesure de ce plan qui n'aille pas dans le bon sens. Quel est votre regard sur le financement du logement en France ? Les réglementations fiscales dissuadent aujourd'hui les investisseurs institutionnels de se positionner sur le logement. Et comme les dispositifs de défiscalisation pour les particuliers – Périssol, Besson, Pinel – ont été supprimés, ces derniers ont largement déserté un marché déjà abandonné par les institutionnels en quarante ans. Sans conditions d'intérêt fiscal et de sécurité juridique pour les propriétaires, difficile de les faire revenir. Sur le lien entre habitant et contribuable, la suppression de la taxe d'habitation reste pour moi le péché originel du premier quinquennat du président : elle a ôté aux élus locaux l'intérêt à construire, tout en fragilisant les bailleurs sociaux. En 2017, le logement n'était qu'une ligne budgétaire, que nous payons encore aujourd'hui. Les épisodes caniculaires ont marqué l'été. Faut-il accélérer sur l'adaptation et l'atténuation face au changement climatique ? Bien sûr, mais avec deux bémols. D'abord, les grandes politiques, énergie, transports, construction, se construisent sur des années, or la France est incapable de continuité. De 1958 à 1981, la continuité gaulliste puis giscardienne a porté les grands plans sur le nucléaire et la propriété privée ; de 1981 à 1995, quatorze années de présidence Mitterrand ont permis les lignes à grande vitesse et la décentralisation. Depuis, chaque alternance démantèle l'héritage précédent, le sommet ayant été atteint par François Hollande, qui a détricoté, dès sa première année, tout ce qui avait précédé. Second bémol : dans un pays exsangue, on ne peut décréter que tout est prioritaire. Hier, la canicule, il y a plusieurs semaines un fait divers tragique impliquant une mineure, il y a environ huit mois les inondations, il y a plus d'un an l'industrie militaire... Il faut le courage de fixer deux ou trois priorités réelles, plutôt que de répondre de façon émotionnelle à ce qui choque l'opinion. Le quartier du Panorama à Clamart.

  • « Opérateur d'intérêt public, nous produisons et rénovons, y compris pour les autres »

    Au sein de CDC Habitat, filiale de la Caisse des Dépôts, Grand Paris Habitat (GPH) porte la maîtrise d'ouvrage de l'habitat d'intérêt public en Île-de-France. Ce groupement d'intérêt économique créé en 2015 réunit une vingtaine d'organismes adhérents et conçoit, pour eux comme pour le groupe, construction et rénovation. La présidente de son directoire, Aude Debreil, en poste depuis mars 2023, en détaille le positionnement : du logement neuf à la décarbonation, jusqu'à l'achat contracyclique pendant la crise. Vous avez joué un rôle contracyclique pendant la crise. En quoi a-t-il consisté ? En 2023, nous avons lancé en effet un vaste plan de soutien. La Vefa assure une pré-commercialisation qui permet aux promoteurs d'obtenir leurs financements et de lancer les travaux. Sur trois ans, à l'échelle du groupe et pour la France entière, nous avons acquis ou lancé en maîtrise d'ouvrage de l'ordre de 60 000 logements, soit environ 4 milliards d'euros, bien au-delà de notre plan à moyen terme. Nous sommes intervenus avec un très grand nombre de promoteurs, les majors comme les autres, sans privilégier personne. Nous continuons à jouer ce rôle, avec volumes en croissance moindre. Qu'est-ce que Grand Paris Habitat au sein de CDC Habitat ? En Île-de-France, le groupe s'organise autour de deux piliers : la direction interrégionale, qui exerce le métier de bailleur, et Grand Paris Habitat. Nous assurons développement et maîtrise d'ouvrage pour le groupe ; et, pour le compte de tiers, la seule maîtrise d'ouvrage. Comme nous sommes un GIE, chacun nous rembourse à prix coûtant, sans marge ni rémunération. Notre vocation est d'être présents, y compris au service d'organismes sans moyens suffisants de maîtrise d'ouvrage propre. Comment se traduit votre activité de production de logements ? Nous développons de deux manières : l'acquisition de programmes en Vefa et la maîtrise d'ouvrage directe, quand nous construisons nous-mêmes. À mon arrivée, début 2023, deux objectifs m'ont été fixés : relancer la maîtrise d'ouvrage directe et redévelopper le logement social, notre activité étant alors dominée par le logement intermédiaire. En 2025, nos chantiers lancés comptaient environ 55 % de logements sociaux et 45 % d'intermédiaires, avec plus de 3 000 agréments sociaux. Nous portons aussi du foncier en amont, comme à Orly-Thiais avec Linkcity, où l'ancienne zone Sénia devient un quartier de quelque 2 600 logements. Quelle place la rénovation tient-elle dans votre activité ? Elle est essentielle. En dix ans, Grand Paris Habitat a livré 35 000 logements neufs et en a réhabilité 30 000, avec 200 collaborateurs. En tant que filiale de la Caisse des Dépôts, nous portons un plan climat exigeant : de 24 kilos de CO2 par mètre carré et par an en 2023, nous sommes passés à 20 aujourd'hui, pour viser 15 en 2030 et la neutralité en 2050. Nous travaillons aussi sur l'adaptation au changement climatique. Nous intervenons enfin sur 19 opérations Anru, dont 5 pour nos adhérents externes.

  • Gaz renouvelables et bas carbone : une solution crédible de souveraineté,de résilience et de décarbonation

    Produire localement, décarboner durablement, renforcer la souveraineté énergétique : les gaz verts changent d’échelle et s’imposent comme une réponse concrète aux défis climatiques, géopolitiques et économiques. Longtemps associé aux énergies fossiles, le gaz est en train de vivre une profonde transformation. Portée par l'essor du biométhane et l'émergence de nouvelles filières de production de gaz renouvelables, cette mutation ouvre la voie à un modèle énergétique plus résilient, plus souverain et toujours plus ancré dans les territoires. Produit localement à partir de déchets organiques, le biométhane présente un avantage décisif : il peut être injecté dans les infrastructures existantes de transport et de distribution qui couvrent tous les usages : chauffage, cuisson, eau chaude, process industriel et mobilité. « Décarboner durablement et renforcer la souveraineté énergétique » Santa Orsini, directrice Clients Territoires Île-de-France, GRDF. Face à l'urgence climatique et à la nécessaire réduction de notre dépendance aux énergies fossiles, le gaz vert, et plus particulièrement le biométhane, s'impose comme un levier incontournable de la transition énergétique. En France, plus de 800 unités de production réparties sur tout le territoire représentent une capacité de près de 16 TWh/an, soit la puissance de près de 3 réacteurs nucléaires ! Cette énergie locale et renouvelable contribue à décarboner et diversifier le mix énergétique des territoires, tout en s'inscrivant dans une logique d'économie circulaire, créant des ponts entre production agricole, gestion des déchets et besoins énergétiques. La 3e programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3), dévoilée en février par Sébastien Lecornu, vise à passer de 60 % d'énergies fossiles dans la consommation finale à 60 % d'énergies décarbonées d'ici 2030. Très attendue par la filière gaz, elle confirme l'accélération de la production de biométhane injectée dans les réseaux, avec un objectif de 44 TWh en 2030. Le biométhane avait atteint les objectifs de la PPE 2 avec deux ans d'avance, doublant l'objectif de 2023 (12 TWh vs 6 TWh). Le gaz vert a donc toute sa place dans un mix énergétique décarboné et un rôle clé pour la souveraineté. Un ancrage territorial au service de l'économie locale La méthanisation permet de valoriser les biodéchets, c'est-à-dire les déchets organiques issus de l'agriculture ainsi que les restes alimentaires collectés localement pour produire du gaz vert, une énergie décarbonée et locale. Ce processus génère également du digestat, un engrais naturel se substituant aux engrais chimiques, réduisant ainsi les coûts pour l'agriculteur et les pollutions associées. Au-delà des bénéfices environnementaux, la filière constitue un véritable levier de développement économique local et de souveraineté énergétique. Elle crée de nouvelles sources de revenus pour les exploitants agricoles, favorise l'autonomie énergétique des territoires et participe à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L'Île-de-France illustre cette dynamique. Fin mai 2026, 63 unités de méthanisation y injectaient déjà près de 1,4 TWh/an dans les réseaux de gaz. Une production équivalente à la consommation de 5 370 bus roulant au BioGNV ou 335 750 logements neufs. Dernier exemple en date : l'inauguration du site de méthanisation agricole « Méthagase » à Angerville dans l'Essonne. Grâce aux déchets agricoles produits par les terres des porteurs de projet, l'agglomération de l'Étampois Sud-Essonne est alimentée en gaz vert, produit à quelques kilomètres seulement des consommateurs. Face à l'urgence climatique et à la nécessaire réduction de notre dépendance aux énergies fossiles, le gaz vert, et plus particulièrement le biométhane, s'impose comme un levier incontournable de la transition énergétique. En France, plus de 800 unités de production réparties sur tout le territoire représentent une capacité de près de 16 TWh/an, soit la puissance de près de 3 réacteurs nucléaires ! Cette énergie locale et renouvelable contribue à décarboner et diversifier le mix énergétique des territoires, tout en s'inscrivant dans une logique d'économie circulaire, créant des ponts entre production agricole, gestion des déchets et besoins énergétiques. La 3e programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3), dévoilée en février par Sébastien Lecornu, vise à passer de 60 % d'énergies fossiles dans la consommation finale à 60 % d'énergies décarbonées d'ici 2030. Très attendue par la filière gaz, elle confirme l'accélération de la production de biométhane injectée dans les réseaux, avec un objectif de 44 TWh en 2030. Le biométhane avait atteint les objectifs de la PPE 2 avec deux ans d'avance, doublant l'objectif de 2023 (12 TWh vs 6 TWh). Le gaz vert a donc toute sa place dans un mix énergétique décarboné et un rôle clé pour la souveraineté. De nouvelles technologies prêtes à franchir un cap industriel Au-delà de la méthanisation, la pyrogazéification, la gazéification hydrothermale et la méthanation élargissent le champ des gaz renouvelables et bas carbone, en valorisant des ressources complémentaires et en diversifiant les voies de production. Pour accélérer cette dynamique, les acteurs franciliens publics et privés de l'énergie, des déchets et des territoires se sont mobilisés au sein du Cercle francilien des nouveaux gaz verts, lancé en 2024. L'objectif : structurer des filières complémentaires à la méthanisation et accélérer le développement des gaz verts. Cette diversification est stratégique. Elle permet de transformer davantage de ressources locales en énergie renouvelable, au service des territoires. Dans cette perspective, GRDF a récemment lancé un appel à projets afin d'identifier des partenaires capables d'explorer le potentiel de la gazéification hydrothermale, une technologie capable de valoriser certaines matières humides ou complexes en gaz renouvelable. Le BioGNV : une solution clé pour décarboner les transports sans attendre Alors que le secteur des transports reste l'un des principaux émetteurs de CO2, le BioGNV, carburant renouvelable issu de la méthanisation, apparaît comme l'une des énergies disponibles les plus efficaces pour réduire son empreinte carbone. Île-de-France Mobilités en a fait un axe majeur de sa stratégie de transition. D'ici 2029, 70 % de ses bus et cars circuleront au BioGNV, soit 7 700 véhicules. Cette transformation est déjà visible sur le terrain. À titre d'exemple, depuis septembre 2025, le centre opérationnel bus (COB) de Vélizy (78), exploité par Keolis, est désormais prêt à accueillir 60 bus fonctionnant au biométhane. Une étape supplémentaire vers l'objectif de la région Île-de-France de sortie du diesel. Dans le bâtiment, des solutions efficaces et adaptées aux contraintes La décarbonation du parc immobilier, qu'il soit tertiaire ou résidentiel, constitue un véritable défi. Si la sobriété demeure le premier levier d'actions pour réduire les consommations énergétiques, elle doit s'accompagner du déploiement d'équipements plus performants et de la progression des rénovations. Dans ce contexte, le recours à la chaudière à très haute performance énergétique (THPE) et à la pompe à chaleur (PAC) hybride gaz représente des solutions permettant d'accélérer la décarbonation des bâtiments en préservant le pouvoir d'achat des occupants et en limitant la pointe électrique hivernale. À Survilliers, dans le Val-d'Oise, le groupe scolaire du Colombier a fait le choix de l'hybridation des énergies : une rénovation globale des bâtiments a été réalisée dont l'installation de deux pompes à chaleur hybrides gaz. L'objectif de la commune : maîtriser ses consommations d'énergie, améliorer l'étiquette énergétique et respecter les objectifs du décret tertiaire. Choisir la bonne énergie au bon endroit La transition énergétique ne repose pas sur une solution unique. Elle exige une approche équilibrée, capable de mobiliser les ressources disponibles en fonction des réalités locales et des usages. Gaz renouvelables, équipements performants, réseaux existants et innovations technologiques : la décarbonation se construit aujourd'hui à travers la complémentarité des solutions. En se verdissant progressivement, le gaz confirme sa place dans le mix énergétique de demain et s'affirme comme un levier concret de souveraineté, de compétitivité et de transition écologique.

  • « 2027 sera une année charnière, qui va montrer les effets de la révolution des transports »

    Canicule, adaptation climatique, attractivité, Saclay, data centers, transports, logement, réforme institutionnelle : la présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse, détaille sa feuille de route. Elle annonce un fonds d'urgence de 3 millions d'euros pour la climatisation des lycées, hôpitaux et bâtiments communaux, la création de deux nouveaux contrats d'aide aux communes. Propos recueillis par Jacques Paquier Quel bilan tirez-vous de la canicule historique qui a frappé cet été l'Île-de-France ? Nous n'avons pas encore de bilan humain précis. Cette canicule a soulevé trois problèmes : l'isolement des personnes âgées à Paris, les conditions de travail dans les hôpitaux et sa survenue en période d'examens de fin d'année. La Région a débloqué en urgence un fonds de 3 millions d'euros pour équiper en climatisation les lycées, les hôpitaux et les communes. Cela s'ajoute au Plan régional d'adaptation au changement climatique que nous avons mis en œuvre : végétalisation des villes, création d'îlots de fraîcheur, transports qui ont pris, dès 2016, le tournant de la climatisation. Nous devons désormais accélérer ! Comptez-vous accélérer la trajectoire d'adaptation et d'atténuation, et comment ? Au-delà de nos aides à la décarbonation des villes et à la rénovation thermique, nous allons désormais aider les communes à prendre le tournant de la climatisation dans leurs bâtiments publics. Face aux canicules, les maires sont en première ligne. Nous avons donc décidé de simplifier notre politique d'aides aux communes en créant deux nouveaux contrats. Les Contrats verts et bleus financeront la végétalisation, la désimperméabilisation des sols, les îlots de fraîcheur et la protection de la biodiversité. Les Contrats énergie accompagneront la rénovation énergétique des bâtiments publics, leur rafraîchissement ou leur climatisation ainsi que le développement des énergies renouvelables, telles que la géothermie. Quelles actions la Région mène-t-elle pour renforcer l'attractivité de l'Île-de-France ? L'Île-de-France est aujourd'hui la première région économique de l'Union européenne et notre responsabilité est de tout faire pour qu'elle le reste, dans un contexte où la compétition entre métropoles mondiales n'a jamais été aussi vive, face à Londres, Munich, Amsterdam ou Dublin. Les résultats sont là : en 2025, l'Île-de-France a accueilli 438 projets d'investissements internationaux, près de 10 000 emplois créés et un record de plus de 300 nouvelles implantations. La preuve que notre région reste une terre de stabilité, de confiance, d'innovation et de souveraineté économique, alors même que les flux d'investissements ralentissent ailleurs en Europe. Notre stratégie repose sur trois leviers : la diversification géographique de nos investisseurs, avec des missions ciblées en Asie (Taïwan, Corée du Sud, Inde) ou en Amérique du Sud (Brésil), pour ne plus dépendre des seuls bassins traditionnels d'influence française ; la diversification sectorielle, vers les filières d'avenir comme le quantique, l'IA ou les semi-conducteurs ; un accompagnement renforcé de nos investisseurs, bien au-delà de leur implantation. Quels sont les grands axes de votre mobilisation pour Saclay ? Notre projet « Paris-Saclay 2035 » repose sur trois priorités. D'abord, faire de Paris-Saclay le moteur de la souveraineté technologique française, en renforçant les filières d'avenir comme le quantique – avec la création d'une Maison du quantique –, l'intelligence artificielle – autour de la Maison des mathématiciens – ou les semi-conducteurs, pour nos data centers et supercalculateurs. Nous voulons attirer davantage d'entreprises et les acteurs du capital-investissement sur le plateau. Ensuite, faire de Saclay un véritable parc naturel urbain, avec plus de logements, de services et de lieux de convivialité, pour attirer durablement les talents. Enfin, accompagner cette nouvelle étape par des mobilités innovantes, autour de la ligne 18, et des investissements renforcés pour faire de Paris-Saclay l'un des tout premiers pôles mondiaux de l'innovation. Quelle politique menez-vous en matière de recherche et d'innovation, à l'heure de l'IA ? L'intelligence artificielle est en train de rebattre les cartes de la puissance économique mondiale. La vraie question est simple : demain, l'Europe sera-t-elle une puissance de l'IA ou une simple consommatrice de technologies développées ailleurs ? Notre politique de recherche vise précisément à donner les meilleures conditions aux chercheurs : des laboratoires modernes, des équipements de pointe et l'attractivité nécessaire pour faire venir les meilleurs talents étrangers en Île-de-France. Nous y avons consacré 2,5 milliards d'euros en dix ans. Nous participons activement au programme Choose France for Science, avec des aides à l'innovation. Notre objectif est clair : que les innovations de demain soient conçues, développées et industrialisées en Île-de-France plutôt qu'ailleurs. Quelle politique face à l'afflux de méga data centers ? Les data centers sont indispensables à notre souveraineté numérique, à notre recherche et au développement de l'intelligence artificielle. C'est pourquoi la Région est la première en France à s'être dotée d'une stratégie dédiée. Nous voulons attirer les projets les plus utiles à notre économie, les plus sobres sur le plan énergétique et ceux qui créent de véritables retombées pour les territoires. Ils devront être implantés en priorité sur des terrains déjà artificialisés, sans compromettre notre réindustrialisation et la préservation de nos terres agricoles. Les coûts de raccordement doivent être supportés par les opérateurs, pas par les autres consommateurs. Et la chaleur fatale doit être réutilisée par les agriculteurs ou les équipements publics. À l'heure de l'IA, c'est un enjeu d'innovation, mais aussi de souveraineté technologique européenne. 2027 sera une année de transition pour Île-de-France Mobilités, en termes de marque, mais pas seulement ? 2027 sera une année charnière, qui va montrer les effets de la révolution des transports : mise en service du prolongement du RER E jusqu'à Mantes-la-Jolie, ouverture de la ligne 18, de la ligne 15 et du CDG Express, arrivée des nouveaux métros sur la ligne 13. Mais au-delà de ces projets qui changent le visage de l'Île-de-France, notre priorité reste la qualité de service. La mise en concurrence progressive des réseaux, accompagnée par nos investissements massifs, permettra d'offrir des transports plus fiables, plus ponctuels, plus propres et plus sûrs, tout en garantissant un haut niveau de protection sociale aux salariés. Île-de-France Mobilités est aujourd'hui une référence mondiale pour la qualité des transports du quotidien. Le 15 juin dernier, Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, a inauguré le centre La Chapelle, nouveau sitede l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, implanté au sein du Campus Condorcet, porte de la Chapelle (18e arr.) Quelle stratégie face à la directive européenne CO2, en contradiction avec le recours aux bus au biogaz ? La transition écologique ne peut pas être dogmatique. Ce qui compte, c'est de réduire réellement les émissions de CO₂ en tenant compte de l'ensemble du cycle de vie des véhicules. Nous demandons à l'Europe de reconnaître les bénéfices du biométhane sur l'ensemble de son cycle de vie. Imposer le tout-électrique, sans tenir compte des investissements déjà réalisés par les collectivités, fragiliserait notre souveraineté industrielle et pénaliserait les voyageurs. L'écologie doit être exigeante, mais aussi réaliste. Depuis 2018, l'Île-de-France a engagé un effort sans précédent pour décarboner son réseau de bus. 90 % de notre flotte est déjà décarbonée et Île-de-France Mobilités aura investi près de 5,7 milliards d'euros d'ici à 2029 pour convertir les infrastructures et renouveler les véhicules. Quelle mobilisation face à la crise de l'immobilier, notamment en matière d'acquisition et de portage fonciers ? Le logement n'est pas une compétence propre de la Région. Mais face à la crise que traverse l'Île-de-France, nous ne pouvons pas rester les bras croisés. En dix ans, la Région a contribué à la construction de près de 200 000 logements et à la rénovation de près de 35 000 autres. Nous nous appuyons sur un outil stratégique : l'Établissement public foncier d'Île-de-France, dont la présidence est assurée par la Région. Fin 2025, il accompagnait plus de 360 communes sur des projets représentant plus de 180 000 logements, qui s'ajoutent aux près de 64 000 logements déjà produits grâce à ses cessions. Et nous aurons financé 100 quartiers innovants et écologiques (QIE), portés par les villes franciliennes. Quelle vision avez-vous de l'évolution de la carte administrative de la Région ? Le vrai sujet n'est pas de redessiner la carte de France. Le vrai sujet, c'est de rendre l'action publique plus efficace en simplifiant le millefeuille administratif, qui comprend aujourd'hui cinq niveaux en Île-de-France. C'est beaucoup trop. Les Franciliens ne comprennent plus qui décide de quoi et cette complexité ralentit l'action publique. C'est pourquoi je défends une idée simple : il faut une Région-Métropole. Faire absorber la Métropole du Grand Paris par la Région permettrait de clarifier les responsabilités, de supprimer des doublons et de simplifier l'organisation de l'Île-de-France. Les Français attendent moins de bureaucratie et plus d'efficacité. C'est cette nouvelle étape de la décentralisation que j'appelle de mes vœux.

  • « Donner aux territoires les moyens d'agir »

    Par Éric Dubertrand, président du Groupe SCET HTC. Le Grand Paris incarne mieux que tout autre territoire la promesse française de transformation : des quartiers qui muent autour du Grand Paris Express, des bureaux devenus logements, des friches qui revivent. Mais le modèle qui a financé la fabrique urbaine pendant trois décennies (étendre, construire, capter la valeur foncière) doit se renouveler. Selon notre baromètre de l'Attractivité des Territoires, le nombre de projets d'implantation détectés a reculé de 18 % en 2025 (au national). Derrière ce chiffre, une réalité : les opérations sont plus longues, plus techniques, plus risquées et transformer coûte souvent davantage que construire à neuf. Il est nécessaire de revoir nos stratégies pour intégrer davantage d'opérationnel, démontrer notre capacité à passer à l'action, à monter des opérations complexes, à boucler des modèles fragiles, à conduire le changement sur le terrain. La vraie question n'est plus « où construire ? », mais « comment faire, en transformant ces contraintes en opportunités ? ». C'est aussi un enjeu territorial : l'essor des infrastructures numériques, data centers en tête, pose des questions inédites de foncier, d'énergie et de souveraineté. Innover, ici, ce n'est pas céder à une mode : c'est se donner les moyens d'agir. C'est là que l'innovation change la donne. La donnée et l'intelligence artificielle permettent d'anticiper les mutations, de détecter les signaux faibles d'un territoire et de sécuriser des montages que l'incertitude décourageait. L'IA redessine aussi l'agenda. « On ne transforme plus un territoire sans penser, dans le même geste, ses logements et leurs habitants » Agir suppose enfin de réunir ce que l'action publique a trop longtemps séparé. Aménagement et habitat ont été pensés en silos. Or le renouvellement urbain qu'impose le ZAN, la décarbonation du parc bâti ou le logement abordable appellent une lecture commune : on ne transforme plus un territoire sans penser, dans le même geste, ses logements et leurs habitants. C'est cette conviction qui a présidé au rapprochement du Groupe SCET avec HTC. En combinant l'expertise de la transformation territoriale et celle de l'habitat social, avec le soutien de la Caisse des Dépôts et de l'Union sociale pour l'habitat, le nouvel ensemble réunit près de 600 collaborateurs pour accompagner les acteurs publics et privés de la prospective jusqu'au chantier, en acteur souverain du conseil d'intérêt général. L'enjeu dépasse l'ingénierie : redonner aux collectivités locales les moyens de tenir leurs ambitions, quand chacune doit faire mieux avec moins. Le Grand Paris, laboratoire de la métropole de 2040, en sera l'un des premiers terrains. Y répondre, c'est passer de l'idée neuve à l'action, au service de territoires plus performants, durables et résilients.

  • Une profession unifiée pour la sécurité juridique et immobilière des collectivités

    Interview de Benoit Santoire, président de la Chambre nationale des commissaires de justice. La nouvelle profession de commissaire de justice a franchi une grande étape le 1er juillet ? Effectivement. Le 1er juillet 2022, les deux professions d'huissier de justice et de commissaire-priseur judiciaire ont été réunies sous un même nom : commissaire de justice. Depuis le 1er juillet 2026, cette unification est pleinement achevée. La seule dénomination professionnelle est désormais celle de commissaire de justice. En réunissant deux professions d'officiers publics et ministériels, aux compétences complémentaires, le législateur a souhaité renforcer la lisibilité pour les justiciables et consolider un acteur central de l'exécution des décisions de justice et de la sécurité juridique. La transition s'est étalée sur plusieurs années, avec un dispositif progressif permettant de laisser aux professionnels issus des deux métiers le temps de compléter leur formation. Nous avons veillé à ce que cette phase garantisse à la fois une montée en compétences et la continuité de service sans rupture pour le justiciable. Quels sont les services que peuvent assurer les commissaires de justice pour les collectivités ? Le commissaire de justice a une véritable plus-value à apporter aux élus comme à leurs agents en matière de conseil, de matérialisation de la preuve et de sécurisation juridique. Le constat par commissaire de justice bénéficie devant les juridictions d'une force probante singulière. C'est une preuve dite parfaite qui « fait foi jusqu'à preuve du contraire ». Les commissaires de justice peuvent procéder également au recouvrement amiable, encadrer une médiation mais aussi, en dernier recours, après décision de justice, effectuer des actions de recouvrement judiciaire. Nous sommes, par ailleurs, la seule profession du droit à exercer quotidiennement sur le terrain où nous sommes le premier relais de l'État et de la justice. Les juristes de proximité que nous sommes connaissent donc bien les réalités des administrés des collectivités. La demande est de plus en plus importante. Nous avons d'ailleurs publié récemment un guide juridique en collaboration avec les éditions Dalloz et la Banque des Territoires, « Les commissaires de justice au service du droit public », un ouvrage pratique très utile qui répertorie 250 fiches thématiques pour les élus, cadres et agents des collectivités. Les commissaires de justice peuvent aussi accompagner les collectivités dans la gestion de leur patrimoine immobilier ? Tout à fait. Nous sommes autorisés, en exécution d'un mandat, à assurer la gérance et l'encaissement des revenus tirés des immeubles des collectivités territoriales, ce qui dispense également la collectivité d'avoir à créer une régie de recettes. Concrètement, le commissaire de justice va apprécier la conformité du bien aux obligations légales, faire la publicité du bien à louer, sélectionner les locataires (en fonction des besoins exprimés par les collectivités, qui gardent ainsi si elles le souhaitent la maîtrise de leur politique du logement), vérifier leur solvabilité, rédiger le contrat de bail, dresser les constats d'état des lieux d'entrée et de sortie, procéder au recouvrement des loyers, des charges et des impayés le cas échéant.

  • « Le Grand Paris : un catalyseur pour une métropole inclusive, durable et performante »

    Le Grand Paris incarne une transformation unique, à la fois urbaine, économique et environnementale. Par son ambition, ce projet constitue une opportunité majeure de construire une métropole plus inclusive, durable, performante et attractive. Pour relever ce défi, il est essentiel de s'appuyer sur des solutions concrètes qui conjuguent innovation technologique et sobriété énergétique. Chez Schneider Electric, nous contribuons à cette dynamique en accompagnant les acteurs du Grand Paris dans la conception et l'exploitation d'infrastructures plus intelligentes et plus responsables. Au cœur de cette démarche : une approche intégrée de l'électricité et des automatismes, qui permet d'optimiser les consommations, de réduire les émissions de carbone et de garantir la performance des installations sur le long terme. Cette contribution s'exprime dans les infrastructures de transport, comme dans les bâtiments : nos solutions permettent d'assurer une distribution électrique fiable, de piloter les usages en temps réel et d'intégrer des énergies plus propres. Grâce à la digitalisation, il devient possible d'anticiper les besoins, d'améliorer l'efficacité opérationnelle et de renforcer la résilience des équipements. Mais au-delà de la performance énergétique, l'enjeu est aussi humain et territorial. En favorisant des infrastructures plus sûres, plus confortables et mieux adaptées aux usages, nous contribuons à améliorer le quotidien des citoyens et à renforcer l'attractivité des territoires. Une métropole durable est aussi une métropole inclusive, où la qualité de service et l'accès à des infrastructures modernes bénéficient à tous. La réussite du Grand Paris repose ainsi sur une mobilisation collective. En croisant expertise industrielle, innovation digitale et engagement environnemental, nous participons à faire émerger un modèle de métropole capable de concilier développement économique et transition écologique. Benjamin Houel, Vice-président Industrial & Process Automation – Schneider Electric France – membre du Comité Direction France. Benjamin Houel est nommé en décembre 2025 vice-président Industrial & Process Automation de Schneider Electric France. À ce titre, il est responsable de la stratégie de l'activité Industrial & Process Automation ainsi que de sa performance commerciale et opérationnelle pour le marché français. Présent au sein de Schneider Electric depuis plus de 16 ans, Benjamin Houel a occupé différents postes à responsabilité dans les domaines de la distribution électrique et de l'automatisation de l'industrie. De 2017 à 2022, il a notamment exercé les fonctions de directeur commercial des opérations en régions Pays de la Loire & Auvergne-Rhône-Alpes. En 2023, il prend la direction nationale des ventes industrie, lui permettant d'acquérir une connaissance approfondie des enjeux clients et des marchés industriels en France. Benjamin Houel est titulaire d'un Master en Management de Projet et Gestion des Entreprises de Neoma Business School. À propos de Schneider Electric Schneider Electric est leader mondial des technologies de l'énergie, apportant efficacité et durabilité par l'électrification, l'automatisation et la digitalisation des industries, des entreprises et des habitations. Nos technologies permettent aux bâtiments, aux centres de données, aux usines, aux infrastructures et aux réseaux électriques de fonctionner en écosystèmes ouverts et interconnectés, améliorant ainsi performance, résilience et durabilité. Notre portefeuille d'offres comprend des produits connectés, des architectures logicielles de pointe, des systèmes intégrant de l'intelligence artificielle, des services digitaux et du conseil spécialisé. Avec 160 000 collaborateurs et 1 million de partenaires dans plus de 100 pays, Schneider Electric est très régulièrement classée parmi les entreprises les plus durables au monde.

  • « L'économie circulaire n'est plus une promesse, c'est une réalité opérationnelle »

    Directeur de la zone France et déchets spéciaux Europe de Veolia, Jean-François Nogrette détaille la stratégie du groupe en Île-de-France : traitement des micropolluants, sécurisation de l'accès à l'eau, modernisation du tri et valorisation énergétique des déchets. Fort de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires régional et de 10 000 collaborateurs, il veut faire du Grand Paris un territoire de résilience. Jean-François Nogrette. Quel est l'ADN de Veolia en Île-de-France ? En Île-de-France, Veolia garantit la sécurité écologique du territoire en transformant l'eau, l'énergie et les déchets en atouts de résilience. Pour les Franciliens, cela signifie l'accès à une eau potable saine, la maîtrise des factures, la protection de la santé et du cadre de vie. Nous employons 10 000 collaborateurs et soutenons 15 000 emplois indirects, générons 1,2 milliard d'euros d'achats auprès de fournisseurs régionaux et réalisons 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Des milliers de collectivités et d'entreprises nous confient leurs infrastructures d'eau, d'assainissement, de tri et de valorisation, où nous déployons des innovations pour un service à la fois qualitatif, économique et écologique. Nous co-construisons nos solutions avec l'ensemble des parties prenantes – monde agricole, associations, structures d'insertion, écoles et lycées. C'est ce qui fait de Veolia le partenaire de confiance de l'Île-de-France. Quels sont vos chantiers du moment ? L'eau est au cœur de notre stratégie. Dès 2023, avant l'entrée en vigueur de la réglementation en janvier 2026, nous avons lancé une campagne d'analyses des micropolluants sur tous nos points de captage, couvrant un tiers de la population française. Cette anticipation a permis de déployer les premières solutions de traitement en France via nos unités mobiles. Le Sedif investit un milliard d'euros dans un procédé membranaire capable d'éliminer les polluants émergents : pesticides, résidus médicamenteux, PFAS, microplastiques. Il équipera l'usine de Méry-sur-Oise en 2026-2027, puis celles de Choisy-le-Roi et Neuilly-sur-Marne en 2032, pour couvrir 4 millions d'habitants franciliens. Nous sécurisons aussi l'accès à l'eau avec 42 millions d'euros autour d'Annet-sur-Marne, dans l'Est parisien, et 8 millions d'euros à Saint-Martin-la-Garenne, dans les Yvelines. Chaque point de rendement du réseau gagné, c'est de l'eau économisée et de la résilience gagnée. Et sur les déchets et l'énergie ? Nous accélérons. Le centre de tri de Vaux-le-Pénil, le plus grand de Seine-et-Marne, traitera 40 000 tonnes d'emballages par an pour 600 000 habitants. Nos bennes équipées d'intelligence artificielle identifient en temps réel les erreurs de tri, réduisent fortement les refus et permettent d'atteindre les standards nationaux de recyclage. Nos unités de valorisation énergétique et nos installations de stockage produisent les énergies qui sécurisent le territoire : 357 GWh d'électricité – la consommation annuelle de 167 100 habitants – et 1 277 GWh de chaleur pour 89 000 logements. Nous injectons 100 GWh de biométhane dans le réseau GRDF pour 22 500 personnes. Nous évitons ainsi 297 kilotonnes équivalent CO₂ par an et progressons vers la neutralité carbone en 2050. L'économie circulaire n'est plus une promesse, c'est une réalité opérationnelle. Comment Veolia accompagne-t-elle le Grand Paris face aux défis de demain ? Le dérèglement climatique, la raréfaction des ressources et la pression sur les budgets publics exigent une vision à long terme et des actions immédiates. Nous répondons aux préoccupations concrètes des élus : cadre de vie, pouvoir d'achat, continuité des services publics et des activités économiques. Les solutions existent et nous les maîtrisons : boucles locales d'énergie qui réduisent la dépendance et les factures, réutilisation des eaux usées traitées face aux sécheresses, valorisation de la chaleur fatale des data centers, rafraîchissement urbain contre les canicules. Nous les déployons en combinant intelligence artificielle et expertise humaine : l'IA optimise l'efficacité énergétique, anticipe les risques et pilote les réseaux en temps réel, mais ce sont nos experts qui transforment ces données en décisions stratégiques. Cette mobilisation collective – élus, habitants, agriculteurs, industriels, associations – bâtit des solutions sur mesure, au plus près de chaque territoire, et crée une culture commune de la résilience. Sensibiliser chacun aux enjeux de l'eau, de l'énergie et des déchets renforce cette souveraineté et cette proximité des territoires. Le Grand Paris a tous les atouts pour devenir ce territoire qui anticipe, s'adapte et prospère. Veolia en sera le partenaire.

  • « En Île-de-France, nous sommes passés d'un opérateur de bus à un acteur multimodal de premier plan »

    Directeur général adjoint en charge de l'Île-de-France du groupe Keolis, Laurent Calvalido revient sur la transformation de l'opérateur à l'heure de l'ouverture à la concurrence. Bus, tram-train, métro automatique, transport des personnes à mobilité réduite, ligne ferroviaire : l'entreprise a élargi son périmètre et vise désormais les futurs lots tramway. Laurent Calvalido. Comment Keolis s'est-il transformé en Île-de-France ? Historiquement, nous étions presque exclusivement en charge de lignes de bus en grande couronne, dans le cadre du réseau Optile. L'ouverture progressive à la concurrence, sur tous les modes, a changé la donne. Nous l'avons accompagnée, aux côtés d'Île-de-France Mobilités, avec l'ambition d'être un partenaire de premier plan, capable d'opérer plusieurs modes, ce qui est l'ADN du groupe Keolis. Aujourd'hui, nous exploitons bus et tram-train, assurons le transport des personnes à mobilité réduite (PAM), lançons d'ici la fin de l'année la ligne 18 du Grand Paris Express, en attendant les lignes 16 et 17, et nous ouvrirons en avril prochain le CDG Express, en coentreprise avec la RATP. Qu'apporte l'attribution de lignes du Grand Paris Express ? Le Grand Paris Express sera une vitrine pour les mobilités : aucune ligne de métro automatique n'avait été mise en service en région parisienne depuis Météor, il y a près de trente ans. C'est l'occasion de démontrer notre savoir-faire, en tant que leader mondial du métro automatique, qui exploite déjà des réseaux à Lille, Rennes, Dubaï ou Doha. Nous voulons aussi apporter une touche Keolis, comme à la gare de Saint-Denis - Pleyel, où nous misons sur la présence humaine et l'attention au voyageur. Quelles sont vos prochaines échéances ? Au-delà de la ligne 18 et du CDG Express, nous avons repris au 1er août la délégation de service public Grand Paris Seine Orly, l'un des gros lots de petite couronne, avec le tramway T9, des lignes de bus structurantes et des Noctiliens : près de 2 000 salariés seront transférés. Au même moment a démarré le dispositif PAM 2, pour lequel Île-de-France Mobilités nous a renouvelé sa confiance. Et l'ouverture à la concurrence se poursuit : trois lots de tramways arrivent, sur lesquels nous avons l'ambition non seulement de concourir, mais de gagner. Qu'est-ce qui fait votre différence face à des concurrents de qualité ? L'apport d'un groupe international, leader mondial du métro comme du tramway, en matière de retour d'expérience et d'innovation. Et surtout la qualité de nos offres : notre mantra, « thinking like a passenger », nous pousse à offrir le meilleur service possible, à bord comme en gare. Nous nous appuyons aussi sur des moyens mutualisés : un centre de régulation commun, véritable tour de contrôle qui nous a fait franchir un cap en ponctualité, et une filiale dédiée à la lutte anti-fraude et à la sûreté. Nous sommes enfin convaincus d'être avant tout une entreprise de ressources humaines : être un employeur de référence est, pour ce métier de première ligne, déterminant.

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