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- LA HAUTE COUTURE DE DEMAIN RAYONNE AU-DELÀ DU PÉRIPH’
SI PARIS PEUT SE TARGUER D’ÊTRE LA CAPITALE INTERNATIONALE DE LA MODE DEPUIS DES DÉCENNIES, EN SERA-T-IL DE MÊME POUR LE GRAND PARIS ? DES MASTODONTES DU LUXE TRAVAILLENT DÉJÀ À ÉTENDRE CETTE GLORIEUSE RÉPUTATION AINSI QUE DE NOUVEAUX ACTEURS DU SECTEUR QUI CONTRIBUENT À ÉLARGIR L’ÉPICENTRE MONDIAL DE L’INDUSTRIE DU RÊVE. PAR ANTHONY VINCENT Chanel vient d’inaugurer, porte d’Aubervilliers, un vaste immeuble en forme de tissage textile de fils de béton, dessiné par le grand architecte Rudy Ricciotti. Initié en 2018 avant d’ouvrir en janvier 2022, l’édifice de 25 000 mètres carrés accueille les 11 maisons de métiers d’art du groupe (celles qui déploient leurs savoir-faire artisanaux pour donner vie aux collections Chanel, mais aussi à d’autres marques) en un seul et même endroit baptisé le 19M : la plumasserie de Lemarié, la broderie de Lesage et son école, la chapellerie de la Maison Michel ou encore l’orfèvrerie de Goossens. Au total, ce sont plus de 600 artisans et experts qui se réunissent désormais sous l’égide de Chanel, à Aubervilliers, au service des plus grands noms du luxe à l’international. Le grand public peut également s’inviter dans ce nouveau temple de la haute couture et de ses métiers, aux portes de Paris, grâce à l’espace d’exposition de 1 200 mètres carrés, baptisé la galerie du 19M, qui prolonge ainsi la pérennisation et la valorisation de ces savoir-faire pluriséculaires. « ON CONTRIBUE À UNE FORME DE GENTRIFICATION, MAIS ON PARTICIPE À FORMER, EMBAUCHER ET CRÉER DE LA RICHESSE LOCALEMENT. » FLORIAN GRAVIER « On a besoin de davantage d’histoires positives, plurielles, sur et avec les banlieues » Pour Alice Pfeiffer, journaliste mode franco- britannique et auteure de l’essai Je ne suis pas Parisienne, éloge de toutes les Françaises, c’est un geste créatif et politique éclairant de la part de Chanel que de s’installer ainsi au-dessus du périphérique, entre Paris et Aubervilliers : « En réunissant tous ses savoir-faire ici, elle contribue à changer le storytelling autour de certains quartiers populaires de la banlieue parisienne. Cette maison ne cherche pas simplement à faire des économies de loyer, mais bien à favoriser des ponts entre les métiers d’art, à former et embaucher localement des personnes qui cultivent des artisanats d’exception comme une forme d’idéalisme social, parfaitement illustré par cet emplacement géographique. » Si on la surnomme encore la maison de la rue Cambon (adresse historique de la marque qui s’y étend des numéros 19 à 31), Chanel pourrait-elle désormais rimer avec Aubervilliers ? En tout cas, à quelques kilomètres de là, Hermès s’épanouit à Pantin depuis 1992 au moins. Après des premiers bureaux et ateliers de maroquinerie, l’illustre sellier français a agrandi ce qu’il appelle maintenant sa « Cité des métiers », avec des unités de création et de prototypage. L’immense immeuble de brique et de verre, construit par l’agence RDAI Architecture de Rena Dumas, lauréat de l’Équerre d’argent en 2014, s’étend aujourd’hui sur 28 000 mètres carrés. Aux côtés de la galerie d’art contemporain Thaddaeus Ropac, du Centre national de la danse (CND) et des Magasins généraux qui servent de siège à l’influente agence de pub BETC, Hermès contribue à attirer une activité manufacturière hautement qualifiée et des classes créatives dans le nord-est grand-parisien. Selon l’experte Alice Pfeiffer, des maisons comme Hermès, qui s’épanouissent au-delà du périphérique, nourrissent de nouveaux récits essentiels autour de la mode en banlieue : « Bien plus qu’une ville, Paris est aussi une marque dont se servent énormément les industries de la mode et de la beauté, surtout depuis la formation de groupes de luxe comme LVMH et Kering, dès la fin des années 1980. Depuis, le marketing s’est renforcé autour de l’image de la Parisienne et l’idée d’un French chic pour rivaliser avec l’American dream. Pour donner envie de croire au Grand Paris et d’acheter du ‘’made in Grand Paris’’, on a besoin de davantage d’histoires positives, plurielles, sur et avec les banlieues, surtout les plus populaires. Réussir dans la mode ne doit pas se passer qu’à l’intérieur du périph’. On a besoin de pouvoir rêver et désirer plus grand. » Le jeune créateur au succès fulgurant Simon Porte, avec sa marque Jacquemus, aurait-il si bien réussi dans la mode française et internationale s’il n’était pas monté à Paris cultiver sa vision fantasmée d’une femme du Sud ? Rendre plus accessible les possibilités de formation professionnelle Afin que Paris intra-muros ne soit plus perçu comme un passage obligé pour les futurs grands couturiers, des initiatives de formation se multiplient. À l’image de Casa93, que présente sa directrice, Nadine Gonzalez : « Après avoir fondé en 2005 l’association Modafusion qui portait au Brésil la Casa Geração Vidigal, première école de mode gratuite installée dans une favela de Rio de Janeiro, je suis revenue en France en 2016 fonder la Casa93 en Seine-Saint-Denis, où le taux de jeunes de 18-25 ans déscolarisés ainsi que le taux de chômage pour cette même tranche d’âge sont les plus élevés de France. » Pour Nadine Gonzalez, il s’agit même d’un enjeu d’égalité des chances et de justice sociale : « Notre formation professionnelle se destine aux jeunes talents qui n’auraient jamais pensé pouvoir entrer dans l’univers de la mode, par manque de confiance, de légitimité, de financement, de réseaux professionnels. Car les études supérieures dans la mode en France se divisent entre des écoles pour la plupart privées, aux frais entre 10 000 et 15 000 euros l’année, ou de rares formations publiques très sélectives. Notre formation dure 12 mois, ce qui est très concentré, car nos jeunes ne pourraient pas s’offrir le luxe de ne pas travailler pendant 3 ou 4 ans en faisant des écoles de mode. » Par son emplacement géographique, Casa93 participe à rendre plus accessible les possibilités de formation professionnelle, poursuit sa directrice : « C’est important qu’il y ait une décentralisation des centres de formation vers les banlieues et les régions, et non pas seulement au sein de Paris. Nous collaborons avec de nombreuses associations et instituts du département, et contribuons ainsi à la richesse et à la vie du 93. Malgré l’image négative qu’on leur colle injustement, des banlieues comme celle de Saint-Denis ont toujours inspiré la mode et leurs talents méritent d’être mis en lumière. » Du côté de Villiers-sur-Marne, Mossi Traoré, lauréat du Prix Pierre Bergé de l’Andam 2020 (Association nationale pour le développement des arts de la mode), œuvre avec sa marque éponyme et son école de couture Les Ateliers Alix à imposer le 94 sur le devant de la scène mode : « Plus jeune, quand je cherchais des formations mode, hors lycées, elles étaient toutes concentrées à Paris. Après une première marque créée en duo, j’ai voulu me relancer en solo, près de chez moi, pour me sentir plus serein mais aussi parce que Paris était inabordable, et ça m’a permis d’ouvrir les yeux sur toutes les richesses qu’offrait déjà mon quartier. Alors j’ai voulu lui rendre la pareille en ouvrant une école de mode engagée socialement, Les Ateliers Alix. Elle forme aux techniques de la haute couture à des prix très accessibles et sert aussi de lieu d’expositions culturelles. Avec la municipalité, on veut également ouvrir un musée autour de la grande couturière Madame Grès (1903-1993), qui a vécu une partie de sa vie dans le Val-de-Marne. » Pour Mossi Traoré, multiplier les lieux culturels qui valent le détour au-delà du périph’ peut servir à incarner le Grand Paris et donner envie d’y circuler : « On veut amener la haute couture en banlieue, qu’elle soit apprise, transmise, racontée, partagée et surtout vécue. Il faut que de nouveaux sites cohabitent avec Paris, des initiatives et des lieux inédits et ambitieux. Et une mode sociale et solidaire a clairement un rôle à jouer là-dedans. » « NOTRE FORMATION PROFESSIONNELLE SE DESTINE AUX JEUNES TALENTS QUI N’AURAIENT JAMAIS PENSÉ POUVOIR ENTRER DANS L’UNIVERS DE LA MODE. » NADINE GONZALEZ Le 19M de Chanel à Aubervilliers. « La banlieue influence Paname, Paname influence le monde » Arturo Obegero, jeune créateur venu du nord de l’Espagne, formé à Londres, et désormais installé à Montreuil depuis 2021, confirme l’importance de créer la mode d’aujourd’hui et de demain au- delà du périphérique : « Le Grand Paris représente une opportunité créative géniale car beaucoup de choses excitantes s’y passent. Je viens d’un tout petit village, Tapia de Casariego, ce qui me permet de mieux apprécier tout le bouillonnement culturel et toutes les ressources qu’il y a ici. L’industrie de la mode reste très élitiste, et pleine de népotisme, mais le Grand Paris peut contribuer à faire éclater cette bulle. » Même constat du côté de Florian Gravier, cofondateur de la marque très mode de patins à roulettes Flaneurz, fondée en 2014 : « Je déplore ce que j’appelle le syndrome du banlieusard : quand tu viens de banlieue et que tu réussis, tu en pars. C’est pour ça que je tenais à installer mon entreprise en banlieue afin de créer de la richesse et contribuer à donner des envies supplémentaires d’y rester. Flaneurz a un temps été implantée dans la pépinière d’entreprise de la Cité des 4000 à la Courneuve, ce qui a fortement attiré l’attention médiatique sur nous, les médias nous présentant comme une success story improbable dans une telle banlieue. En août 2020, on a bougé à Pantin, où l’on dispose d’un grand espace pouvant servir à la fois de lieu de production, de stockage, de bureau et de boutique avec pignon sur rue, ce qui serait inimaginable ou inabordable à Paris. Qu’on le veuille ou non, on contribue à une forme de gentrification, mais on participe à former, embaucher et créer de la richesse localement. » Comme le rappelle ce startupper patineur, « Paris » désigne déjà à l’international le Grand Paris pour faire le poids face aux autres capitales (la ville ne compte que 2,1 millions d’habitants contre 10,7 millions pour l’agglomération), avec Disney, les aéroports d’Orly et de CDG ou encore les lieux des JO 2024. Et la mode confirme la règle, selon Florian Gravier : « Banlieusard ne doit pas sonner comme un terme péjoratif. On est déjà des Grands-Parisiens, ce qui ressemble presque à un titre de noblesse. Notre style infuse partout et les marques de luxe sont obligées de suivre. Comme le dirait le rappeur Médine, la banlieue influence Paname, Paname influence le monde. » Création d’Arturo Obegero, installé à Montreuil.
- INVENTER UNE NOUVELLE LOGISTIQUE POUR ET DANS LA VILLE
DANS UN CONTEXTE DE HAUSSE DE LA DEMANDE DE MARCHANDISES MAIS DE RARÉFACTION DU FONCIER DISPONIBLE POUR LES PROJETS LOGISTIQUES, LES ACTEURS DE LA VILLE SE PASSIONNENT POUR LA LOGISTIQUE URBAINE. UNE DISCIPLINE DANS LAQUELLE LE GRAND PARIS FAIT FIGURE DE TERRITOIRE PIONNIER. PROPOS RECUEILLIS PAR BAPTISTE ROUX DIT RICHE C’est tout simplement un record depuis la fin des années 90. En 2021, le marché français de l’immobilier logistique a enregistré près de 6,5 milliards d’euros d’investissements et connu une augmentation de la demande placée de 34 %. Une performance historique qui s’explique par la hausse du e-commerce (+ 15,1 % en France en 2021) et par la décision de nombreuses entreprises de relever leur niveau de stock pour répondre à leurs difficultés d’approvisionnement. De quoi imaginer un boom du développement des grands projets logistiques sur la Métropole du Grand Paris ? Paradoxalement non. L’Île-de-France n’accueille désormais plus de nouvelles opérations logistiques de plus de 10 000 mètres carrés. « Il y a encore quelques années, certaines villes nouvelles de la région parisienne, comme Sénart, constituaient des destinations logistiques prisées. Aujourd’hui, c’est terminé », constate Laurent Sabatucci, directeur associé d’EOL, société spécialisée dans la transaction, le conseil en investissement et l’assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’immobilier logistique. « Il n’y a plus de foncier disponible à proximité de Paris et les élus ne veulent plus de grands entrepôts. D’ailleurs, les nouvelles règles sur l’artificialisation prévues par la loi Climat et Résilience devraient amplifier encore cette tendance. Les projets s’orientent donc vers des zones plus éloignées comme les agglomérations de Compiègne, Chartres, Orléans ou Rouen. » Le Grand Paris, capitale de la logistique urbaine Adieu donc les grands entrepôts dans le Grand Paris ? L’affaire est complexe mais la tendance se confirme pour l’ensemble des grandes villes mondiales : de plus en plus d’entrepôts s’implantent de plus en plus loin des villes… Entraînant dans leur sillage un mouvement à peu près contraire. C’est l’émergence de la logistique urbaine. Soit la création de projets plus compacts, plus agiles et plus durables pour livrer la ville et ses habitants. Sogaris en a fait sa spécialité. Cette société privée à capitaux publics est en effet à l’initiative de plusieurs projets emblématiques en la matière. Citons ici l’hôtel logistique mixte dans le quartier de Chapelle International (2018), l’espace P4 situé porte de Pantin (2020), le micro-hub du boulevard Beaumarchais (juin 2022) ou encore le projet d’immeuble inversé rue du Grenier-Saint-Lazare (fin 2022). « L’immobilier de logistique urbaine, c’est de la dentelle. Tous les sites urbains sont uniques et méritent un traitement sur-mesure », explique Jonathan Sebbane, directeur général de Sogaris. « Les collectivités expriment un vrai besoin de donner une nouvelle vie à leurs quartiers, plus en phase avec les aspirations de leurs habitants pour une ville durable et apaisée. En même temps, les professionnels de la livraison ont besoin de lieux et d’infrastructures pour organiser la mobilité décarbonée des marchandises dans un contexte de forte croissance du e-commerce. La logistique urbaine répond à cette double ambition. » Gestion des flux, décarbonation des livraisons, mais aussi impact social, autant d’enjeux auxquels doit répondre Sogaris pour chacun de ses projets. Avec une bonne nouvelle : l’écosystème métropolitain dispose d’un savoir-faire reconnu sur ces sujets. « La Ville de Paris a très tôt saisi l’intérêt d’organiser ces flux par le dialogue avec les professionnels et la promotion de sites par un réseau immobilier pertinent et innovant. Aujourd’hui, les départements de la première couronne, la MGP - nouvel actionnaire de Sogaris - lui ont emboîté le pas, accompagnés par une détermination forte d’acteurs majeurs comme la Banque des Territoires ou encore Meridiam, qui vient d’intégrer le capital de Sogaris. Le secteur se structure, c’est un modèle assurément inspirant pour les autres métropoles », poursuit Jonathan Sebbane. Ce savoir-faire national et local ne se limite pas à la dimension immobilière. Il concerne également les acteurs de la distribution. Dès le début des années 2010, le groupe La Poste s’est emparé de la thématique de la logistique en ville afin d’en faire un axe stratégique de développement. Son ambition ? Devenir un leader de la décarbonation du secteur. « Les collaborations avec la Métropole du Grand Paris sont solidement établies et confiantes », estime Guy-Pierre Sachot, directeur du déploiement de la logistique urbaine pour le groupe La Poste. « Nous nous sommes engagés, dès 2018, en tant que partenaire du Pacte pour une Logistique Métropolitaine et nous nous sommes investis, parmi d’autres, dans la production de ressources pour les territoires. Nous avons participé activement aux échanges préalables à l’adoption de l’Acte 2 de ce pacte. Nous avons souhaité aller plus loin en nous dotant d’un plan d’actions concertées que nous nous engageons à conduire d’ici 2025. » À titre d’exemple, La Poste contribuera aux travaux de diagnostics préalables à la construction d’un référentiel réglementaire commun pour la métropole. Un sujet loin d’être anodin. Il s’agit, en effet, de permettre à chacun – entreprise, petit professionnel, particulier – de pouvoir continuer de se faire livrer demain au cœur des villes, malgré des réglementations Zone à Faibles Émissions,(ZFE) métropolitaine toujours plus exigeantes. La décarbonation oui, mais avec une haute qualité de service. S’adapter à la ville et au marché Espaces logistiques innovants au cœur des villes, nouvelles méthodes de livraison, entreprises pionnières et engagées… Tous les signaux semblent donc plaider pour une progression de la logistique urbaine dans la Métropole du Grand Paris durant les prochaines années. À condition que les acteurs conservent leur capacité à innover et à s’adapter aux contraintes. « Il y a indéniablement une forte demande actuellement pour la logistique urbaine. Cela dit, un modèle véritablement duplicable de site urbain logistique reste à inventer, nuance Laurent Sabatucci. À mon sens, il se présentera certainement sur plusieurs niveaux afin de proposer une plus grande surface et donc un plus grand volume d’activité. L’avenir de la logistique en ville passe par ce type de formats. » Être innovant et agile par rapport aux limites urbaines donc, mais aussi par rapport aux variations du marché. Après un fort emballement pendant et après la crise sanitaire, les indicateurs du e-commerce et de la logistique sont actuellement plutôt en baisse. Les acteurs du secteur s’accordent pour ne pas considérer ce ralentissement comme un coup d’arrêt. Il s’agirait plutôt d’un retour à la normale. « IL Y A INDÉNIABLEMENT UNE FORTE DEMANDE POUR LA LOGISTIQUE URBAINE. CELA DIT, UN MODÈLE VÉRITABLEMENT DUPLICABLE DE SITE URBAIN LOGISTIQUE RESTE À INVENTER. » LAURENT SABATUCCI, DIRECTEUR ASSOCIÉ D’EOL UNE SOLUTION : LIVRER LA VILLE PAR LE FLEUVE Parmi les nombreuses solutions d’avenir qui se dessinent pour livrer la ville autrement, celle du transport fluvial semble s’affirmer depuis quelques années. En avril dernier, la Métropole du Grand Paris - en partenariat avec les villes de Paris, de Rouen, du Havre, de Haropa Port et des Voies navigables de France (VNF) - a justement lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour développer la logistique fluviale sur l’axe Seine. Une initiative qui répond d’abord à des enjeux écologiques. « Sur l’ensemble de ce territoire, près de 85 % des matériaux et des marchandises sont transportés par camion. Peu polluant, le transport fluvial consomme cinq fois moins de carburant que le transport routier et émet jusqu’à cinq fois moins de CO2 à la tonne transportée », selon la MGP. Au-delà de cet aspect environnemental, le fluvial présente d’autres atouts. Il est plus économique à l’heure de la forte hausse du prix des carburants. Il est aussi plus fonctionnel. En effet, il permet de livrer des villes denses en évitant ou réduisant les embouteillages. Des bénéfices qui ont d’ailleurs déjà convaincu des acteurs franciliens de la grande distribution (Monoprix…) et du BTP (Bouygues Construction…) de lancer des projets pilotes de logistique fluviale. Ce récent appel à manifestation d’intérêt devrait permettre de renforcer cette dynamique en sélectionnant les idées les plus innovantes autour de trois enjeux : l’identification des acteurs, l’émergence de propositions innovantes, le soutien à la décarbonation. Les résultats de la première phase de cet AMI sont attendus pour septembre 2022.
- DELIVRER LA VILLE DURABLE : JONATHAN SEBBANE
Depuis sa création en 1960, Sogaris s’est donné pour mission d’organiser et d’optimiser le transport de marchandises. D’abord pour « désengorger » Paris, puis pour accompagner la montée en puissance de la distribution urbaine du dernier kilomètre, portée par la digitalisation des échanges et du commerce. Aujourd’hui, notre objectif est aussi simple à énoncer que complexe à mettre en œuvre : DÉCARBONER ! Et, ce faisant, ancrer la logistique urbaine dans la fabrique d’une ville plus durable, plus désirable et socialement responsable. Jonathan Sebbane, Directeur général de SOGARIS. Avant même le surgissement de la crise sanitaire, le secteur de la mobilité des marchandises a vu ses pratiques se heurter à l’impératif climatique. Essentiellement routier, le maillage logistique représente une part conséquente des émissions à Paris : de 15 à 20 % du trafic routier et pas moins de 25 % des émissions de CO2 pour 45 % des émissions d’oxyde d’azote et de particules fines de la Capitale. Face à ce constat, l’urgence est à l’action. C’est dans cet esprit que Sogaris est entièrement mobilisée pour atteindre les objectifs des Accords de Paris. La construction d’un bilan carbone est le prérequis essentiel à toute démarche ambitieuse en matière d’action climatique. Nous avons pour notre part fait le choix de mener cet exercice au-delà de notre activité immobilière, intégrant notamment les émissions liées à la mobilité des biens que génèrent de facto nos clients. Les chiffres confirment notre intuition : cette dernière représente près de 20 fois les émissions générées par les bâtiments du Groupe. Il faut donc engager notre communauté dans ce combat de la décarbonation pour avoir un impact à la hauteur des enjeux. En premier lieu, notre responsabilité est d’améliorer les performances énergétiques et environnementales de nos bâtiments. Sogaris ira plus loin que les obligations fixées par le décret tertiaire en réduisant de 50 % ses émissions carbone d’ici 2030, en alignement sur la Stratégie Nationale Bas Carbone. Au-delà, le défi d’une logistique décarbonée est aussi celui de la transformation des pratiques de mobilité. Le modèle développé par Sogaris est celui du réseau, avec des sites logistiques stratégiquement localisés et parfaitement adaptés, capables de réduire l’impact de cette mobilité en facilitant l’optimisation des circuits de distribution et l’utilisation de moyens de transport électriques. Mais l’utilisation de ces sites hyper-urbains suppose également des pratiques exemplaires de la part de leurs utilisateurs. Transition des flottes, sobriété énergétique, mais aussi lutte contre l’ubérisation et respect de l’écosystème urbain : nous engageons nos clients dans notre mission pour proposer une logistique urbaine décarbonée, au cœur des villes, levier du développement des territoires et respectueuse des femmes et des hommes.
- LE GRAND PARIS A BESOIN D’UNE VOLONTÉ POLITIQUE FORTE, ET AU PLUS HAUT NIVEAU : THOMAS HANTZ
CONJUGUER PROFESSIONNALISME, INTÉRÊT GÉNÉRAL ET HUMANITÉ AU SEIN D’UNE ASSOCIATION RÉUNISSANT ACTEURS PUBLICS ET PRIVÉS DU FAIT MÉTROPOLITAIN, LE PARI ENGAGÉ EN 2011 PAR THOMAS HANTZ EST DÉJÀ LARGEMENT GAGNÉ. FACE À LA CONJONCTURE ACTUELLE, LE PRÉSIDENT D’ACTEURS DU GRAND PARIS ÉVOQUE LES ÉTAPES ENCORE À FRANCHIR POUR RELEVER LES DÉFIS AUXQUELS LA RÉGION CAPITALE EST CONFRONTÉE ET INVITE À RELANCER LA DYNAMIQUE DU GRAND PARIS DES PROJETS. PROPOS RECUEILLIS PAR LE MAG. Que retenez-vous de cette saison 2021-2022 qui marque la 11e année d’existence des Acteurs du Grand Paris ? Après plusieurs années de montée en puissance, notre association amplifie ses activités au service de ses membres et de la construction du Grand Paris, tout en basculant dans l’ère de la professionnalisation. C’était notre engagement, il est tenu. Acteurs du Grand Paris est aujourd’hui le premier réseau public-privé de la Région Capitale, tant par le nombre de ses adhérents que par l’intensité de ses travaux. C’est le fruit d’un travail collectif des bénévoles du Bureau, du Conseil d’administration et de chacun de nos membres, qui partagent tous une même philosophie : entreprendre des choses importantes sans se prendre au sérieux, conjuguer professionnalisme, bienveillance et, on peut le dire, une certaine amitié. Pouvez-vous en dire plus sur la professionnalisation de l’association ? La professionnalisation, c’est donner un cadre structuré à nos actions qui, pendant les dix premières années, ont reposé exclusivement sur l’engagement bénévole de nos membres, sans local ni collaborateur. Nous nous sommes fait accompagner d’avocats pour fixer le cadre de notre développement, jusqu’à notre régime fiscal, puis nous nous sommes dotés d’un expert-comptable, d’un commissaire aux comptes et nous avons recruté Margaux Raggi, notre première collaboratrice. Parallèlement, nous avons renforcé notre partenariat avec le Crédit Agricole d’Ile-de-France. Grâce à la confiance du directeur général, Olivier Gavalda, et de son adjointe, Nathalie Mourlon, notre association bénéficie aujourd’hui d’un local professionnel à disposition de nos membres que nous avons baptisé cette année « La Maison des Acteurs du Grand Paris ». Dans les prochains mois, nous allons développer deux axes : optimiser la mise à disposition de ce lieu – qui a vocation à être le plus ouvert et utile possible – et identifier des opportunités pour accompagner de jeunes chercheurs sur la question du fait métropolitain. Ce faisant, nous respectons la trajectoire de développement à dix ans que nous nous sommes fixée. Dans un contexte incertain, êtes-vous confiant quant à l’avenir du Grand Paris ? La France est aujourd’hui le seul pays du monde démocratique à porter un projet d’une telle ambition dans un contexte normatif toujours plus contraignant et de montée en puissance des populismes. Les autres projets comparables sont portés par des pays autoritaires comme l’Arabie Saoudite, la Chine ou la Russie. Il faut donc nous réjouir et nous féliciter de voir la France relever un tel défi. Trop de gens ignorent que le seul volet transport de la modernisation de la Région Capitale représente près de 60 milliards d’euros d’investissements, 38 pour le Grand Paris Express et 20 pour la modernisation des réseaux existants. C’est colossal et cela préfigure les 80 milliards d’euros qui seront investis par les opérateurs privés pour le développement urbain et la création des centaines de milliers de logements qui font aujourd’hui défaut. Je ne parle même pas des investissements nécessaires à la transition énergétique des bâtiments existants dont l’Ademe et la Banque des Territoires sont des acteurs majeurs. Donc oui, nous sommes raisonnablement optimistes car, bien que nous soyons au milieu du gué, la dynamique est lancée pour faire de l’Île-de-France la première métropole mondiale en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Donc, tout est clair à l’horizon... La dynamique est lancée, je l’ai dit, mais elle reste fragile, car les enjeux sont immenses. Pour réussir le Grand Paris des transports, il y a onze ans, il a fallu une véritable mobilisation générale, voulue et portée par le président de la République Nicolas Sarkozy et qui s’est réalisée dans l’accord État-Région-Collectivités du 26 janvier 2011. Le Grand Paris vit encore sur cette dynamique collective qui risque de s’essouffler. Les forces vives de la région ont besoin d’une volonté politique forte, et au plus haut niveau. C’est le moment de donner un nouvel élan au Grand Paris des projets et notamment de réussir le chapitre du logement qui est la priorité absolue. Quel est votre regard sur l’organisation institutionnelle ? Regardez le nombre de projets qui émergent malgré le contexte institutionnel, on y arrive ! Bien sûr, des optimisations seront utiles et elles sont attendues par la population. Mais notre association n’est jamais rentrée dans ce débat institutionnel. Au contraire, nous soutenons le Grand Paris des projets et nous sommes une véritable plate-forme de discussion à disposition de tous. Les collectivités sont nombreuses à être membres : région, métropole, ville de Paris, établissements publics territoriaux, communautés d’agglomération, grands syndicats... Toutes échangent, débattent au sein de notre association et contribuent à ses actions. Nous sommes aujourd’hui une institution autonome et connectée à son environnement, utile à toutes les bonnes volontés pour faire réussir le Grand Paris, dans l’intérêt de nos concitoyens. La question des déficits publics est plus que jamais à l’ordre du jour. Comment réaliser les investissements nécessaires ? Il est essentiel de revoir le mode de financement des infrastructures, ce n’est pas un sujet technique, c’est une priorité politique. L’urgence, c’est de mettre en œuvre tous les projets nécessaires à la transition écologique qui auront en outre des bénéfices socio-économiques majeurs. Seul le Grand Paris Express est aujourd’hui lancé, c’est indispensable mais pas suffisant. Pourquoi n’investit-on pas davantage en France ? En grande partie à cause des règles comptables qui veulent que les investissements soient comptabilisés de manière annuelle (l’année de la dépense) au lieu de les intégrer à un plan d’amortissement sur une longue durée comme n’importe quelle entreprise le fait ou même n’importe quel ménage ! Résultat : la dette maastrichtienne explose en mélangeant fonctionnement et investissement, mauvais et bon cholestérol. La solution dépend là encore d’une volonté politique : créer des sociétés sur le même modèle que celui de la Société du Grand Paris, c’est-à-dire des entreprises publiques dédiées à un projet et capables de lever de la dette pour le financer, sous contrôle de Bercy, en décorrélant leurs amortissements de la dette selon Maastricht. Vous prônez donc une transition écologique fondée sur l’investissement et la croissance ? Je l’ai dit et je le répète, nous croyons à une société de progrès où les solutions industrielles et technologiques permettent de conjuguer la protection de l’environnement avec le confort et la dignité de l’humanité. L’innovation, c’est de tous temps l’arme qui a permis d’affronter les crises et c’est ce qui place nos métropoles, lieux de la recherche par excellence, en première ligne de la lutte contre le réchauffement climatique. Face à l’épuisement des ressources naturelles, il faut désormais que la technique soit tout entière mise au service d’objectifs bienveillants en faveur de la planète et de ses habitants. « J’achète donc je suis », c’est terminé ! Et les enjeux culturels sont vertigineux pour réinventer l’accomplissement des Hommes dans une optique non marchande. L’écologie, c’est d’abord et avant tout redonner du sens à ce qui fait l’humanité tant sur le plan individuel que collectif. Ne faut-il pas tout simplement ralentir ? Il faut ralentir là où c’est nécessaire et accélérer là où c’est indispensable. La société algorithmique qui affaiblit l’altérité, où l’on ne fréquente plus que le clone de soi-même, et qui favorise le « tout, tout de suite » est l’ennemie de l’environnement comme de la dignité humaine dans sa dimension culturelle. Cependant, l’écologie punitive et décroissantiste est tout aussi funeste, autant que la culpabilisation à outrance de l’humanité. Pour rappel, l’Homme n’a aucune responsabilité dans la disparition de 99,99 % des espèces ayant un jour existé sur Terre et qui se sont éteintes depuis. Les solutions sont partout autour de nous pour réussir ce défi du XXIe siècle. On le voit au sein de notre association, les entreprises et les institutions développent chaque jour des innovations en ce sens. Les solutions technologiques et les savoir-faire des entreprises témoignent de notre capacité à agir. Il faut donc créer un écosystème réglementaire favorable au déploiement des innovations à grande échelle et continuer à soutenir massivement la recherche dans des secteurs stratégiques où la France est en pointe, comme les graines dans l’agriculture, la gestion des eaux, les infrastructures bâtimentaires et de transport... Tout cela ne va-t-il pas à l’encontre du principe constitutionnel de précaution ? Jean-Pierre Riou, membre du collectif Science Technologies Actions, disait que « s’il devait s’appliquer à lui-même, le principe de précaution s’interdirait tout seul tant il est dangereux ». Le monde tend à l’hybridation, c’est-à-dire « au mariage improbable », selon la philosophe Gabrielle Halpern. Comment ne pas adapter le contexte législatif, règlementaire et normatif aux enjeux du XXIe siècle ? Du reste, cela fait des années qu’au sein d’Acteurs du Grand Paris, nous parlons d’hybridation. Notre association étant elle-même une institution hybride croisant secteurs public et privé, et une multitude de domaines allant de l’investissement à la construction en passant par le facility management. Tout s’hybride. Les téléphones qui sont des télécommandes de services, les modes de consommation, les mobilités, les genres, les villes... Les tiers-lieux, tiers-usages, tiers-objets, tierces-économies sont autant de mondes qui s’ouvrent à nous. Des cantines qui deviennent des restaurants, des gares qui se transforment en musées, des crèches qui s’adossent à des maisons de retraite, le coliving, tout cela se développe où l’on partage une ou plusieurs pièces communes... Tous ces exemples illustrent trois défis déterminants. D’abord, la nécessité de toujours plus échanger, d’être ouverts. Ensuite, l’importance cruciale, pour les élus, d’être en prise constante avec ces mutations pour les comprendre et pour mieux décider. Enfin, l’enjeu de rendre la société plus agile, plus souple, plus adaptable, moins contraignante et normative. Sur ces trois priorités, les Acteurs du Grand Paris seront au rendez-vous. « LA DYNAMIQUE EST LANCÉE POUR FAIRE DE L’ÎLE-DE-FRANCE LA PREMIÈRE MÉTROPOLE MONDIALE EN MATIÈRE DE LUTTE CONTRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE. » « C’EST LE MOMENT DE DONNER UN NOUVEL ÉLAN AU GRAND PARIS DES PROJETS ET NOTAMMENT DE RÉUSSIR LE CHAPITRE DU LOGEMENT QUI EST LA PRIORITÉ ABSOLUE. » « L’URGENCE, C’EST DE METTRE EN ŒUVRE TOUS LES PROJETS NÉCESSAIRES À LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE QUI AURONT EN OUTRE DES BÉNÉFICES SOCIO-ÉCONOMIQUES MAJEURS. »
- 8 COUPS DE CŒUR DES PIÉTONS DU GRAND PARIS
CHOISIS PAR LA RÉDACTION D’ENLARGE YOUR PARIS 1. VIVE LES GROUES (Nanterre) Créée en 2017 à Nanterre par une partie des anciens animateurs des Grands Voisins (Paris 14e) sur un délaissé urbain à 10 minutes à pied de la gare RER de Nanterre Université, la friche Vive les Groues est une oasis de verdure dans le quartier d’affaires de Paris La Défense, où l’on peut tout aussi bien participer à des séances de jardinage, apprendre l’anglais, jouer à la pétanque et boire un verre qu’assister à un concert et même camper. C’est aussi la pépinière où l’on prend soin des arbres qui seront plantés devant les gares du Grand Paris Express : des paulownia tomentosa, arbres à la floraison spectaculaire. Vive les Groues, 290 rue de la Garenne, 92000 Nanterre – vivelesgroues.org 2. LE CHÂTEAU D’ÉCOUEN (Val-d’Oise) Pas besoin de séjourner sur les bords de Loire pour visiter un château de la Renaissance ! Sur une colline arborée du Val-d’Oise se trouve un joyau de l’époque de François Ier, le château et musée national de la Renaissance d’Écouen, voulu par André Malraux, qui cherchait un lieu où exposer les collections nationales pour la plupart stockées dans l’hôtel de Cluny à Paris. Et l’un des petits « plus » d’une visite au musée de la Renaissance consiste en l’ascension préalable de la colline d’Écouen, par la forêt que l’on rejoint quasiment depuis les quais de la gare SNCF Transilien d’Écouen-Ézanville (ligne H). Le musée se trouve tout en haut de la butte. Musée national de la Renaissance, rue Jean-Bullant, 95440 Écouen – https://musee-renaissance.fr 3. LES ATELIERS MÉDICIS (Clichy-sous-Bois) Les Ateliers Médicis, c’est d’abord une architecture : un bâtiment en hauteur, tout habillé de bois, le nom de l’aqueduc enterré de la Dhuis, à quelques minutes de la forêt de Bondy, au cœur de la très populaire ville de Clichy-sous-Bois. C’est après les émeutes de 2005 que les autorités décidèrent de créer un lieu d’exception, pour partager le meilleur de la culture et de la création. Dix-sept ans plus tard, les Ateliers Médicis sont à la fois un centre de création et de résidence artistique, un lieu de programmation culturelle, de vie et de rencontre pour les habitants et pour les Grands Parisiens. Ateliers Médicis, 4 allée Françoise-Nguyen, 93390 Clichy-sous-Bois – https://www.ateliersmedicis.fr 4. LE CHÂTEAU DE CHAMPS-SUR-MARNE ET LE PARC DE NOISIEL (Seine-et-Marne) Ce bijou d’architecture classique, fleuron du patrimoine national, est le « chaînon manquant » entre la forteresse médiévale et la villa de bord de mer : c’est la première maison de plaisance des bords de Marne, propriété aristocratique dédiée au plaisir, à la fête et à la célébration de la nature. Le somptueux jardin est en accès libre et c’est un lieu idéal pour un pique-nique, mais il serait dommage de ne pas visiter les collections du château. Par ailleurs, à quelques dizaines de mètres de la grille de Champs-sur-Marne se trouve l’entrée du parc de Noisiel. Ici, le château a disparu, mais la propriété est exceptionnelle, succession de bois et de prés qui descendent jusqu’à l’une des plus belles boucles de la Marne. Château de Champs-sur-Marne, 31 rue de Paris, 77420 Champs-sur-Marne – chateau-champs-sur-marne.fr 5. LA FERME MARAÎCHÈRE SAUVAGES ET CULTIVÉES (Chelles) Hannane Somi est une « néo-paysanne ». Cette habitante de Montreuil, que rien ne destinait au métier de la terre, décidait, en 2020, de s’installer comme maraîchère sur une parcelle de banlieue, sur les hauteurs de Chelles, au cœur du Mont Guichet, une friche agricole récemment restaurée par l’Agence des espaces verts de la région Île-de-France et qui accueille également un viticulteur, un céréalier et un apiculteur. La ferme agroécologique « Sauvages et Cultivées » produit des paniers pour les adhérents d’une AMAP, mais il est également possible d’acheter fruits et légumes le samedi matin à la ferme. Ferme Sauvages et Cultivées, chemin de Beauzet, 77500 Chelles. Téléphone : 07 82 23 95 63. 6. LA FERME NATURE ET DÉCOUVERTES (Versailles) Cette ferme urbaine modèle a été créée il y a quelques années dans un ancien bassin de stockage des eaux du château de Versailles dont une partie animait les jeux d’eau lors des grandes fêtes données par Louis XIV dans le parc du château. Abandonné au XXe siècle, ce réservoir, appelé étangs Gaubert, a été transformé en lieu de maraîchage il y a quelques années, avec le soutien de la Fondation Nature et Découvertes, dont le siège – conçu par l’architecte Patrick Bouchain – se trouve à proximité. Si la production est réservée aux adhérents de l’AMAP, la ferme est aussi un site de sensibilisation et de formation aux techniques de l’agro-écologie, et de séminaires « au vert », à deux pas de la gare de Versailles-Chantiers. Ferme Nature et Découvertes. Passage des Étangs-Gobert, 78000 Versailles – https://www.lafermenatureetdecouvertes.fr 7. LES ÉTANGS DE COROT (Ville-d’Avray) Un bijou caché dans un écrin ! Les Étangs de Corot sont lovés au cœur de la magnifique forêt de Fausses-Reposes, entre Saint-Cloud, Ville-d’Avray, Viroflay et Versailles. Situés dans un cadre idyllique, les deux Étangs de Corot, qui doivent leur nom au peintre du XIXe siècle qui adorait venir ici en villégiature, sont une magnifique halte et un lieu de pique-nique pour tous les randonneurs qui traversent les bois ou pour les chanceux qui habitent dans les environs. Car, et c’est une des raisons de la sérénité de l’endroit, il n’y a pas de transports en commun à proximité. L’idéal, pour en profiter, passe donc par une petite randonnée, entre le domaine de Saint-Cloud et Versailles ou Viroflay. Les Étangs de Corot, 92410 Ville-d’Avray. 8. LE PARC FORESTIER DE LA POUDRERIE (Sevran) Le parc forestier de la Poudrerie est une friche industrielle du XIXe siècle - on y produisait de la poudre pour les travaux publics sous Napoléon III - qui a été reconvertie, une fois arrêtée la production de poudres et explosifs, en une petite forêt que traverse le canal de l’Ourcq. Le parc de la Poudrerie est une zone frontière entre le Grand Paris, la zone urbaine dense, et le début de la campagne, l’Île-de-France rurale. Accessible notamment via le RER B (gares de Sevran-Livry et Vert Galant).
- LE CERCLE DES FEMMES DE L’IMMOBILIER : PROFESSIONNALISME ET EXCELLENCE AU FEMININ
RÉSEAU D’AMITIÉ, D’EXPERTISES ET D’ÉCHANGES, LE CERCLE DES FEMMES DE L’IMMOBILIER, QUI FÊTE SES 25 ANS CETTE ANNÉE, RASSEMBLE PLUS D’UNE CENTAINE DE MEMBRES OCCUPANT POUR LA PLUPART DES POSTES DE DIRECTION DANS DES ENTREPRISES COUVRANT TOUT LE SPECTRE DU SECTEUR. RENCONTRE AVEC DES PASSIONNÉES DE L’IMMOBILIER, LOIN DE TOUT « FÉMINISME ». PROPOS RECUEILLIS PAR FABIENNE PROUX Fondé en 1997 par Joëlle Chauvin, alors directeur immobilier du groupe Aviva, le Cercle des femmes de l’immobilier réunit aujourd’hui plus d’une centaine d’adhérentes, essentiellement franciliennes, représentant toute la diversité des métiers de l’immobilier. « À l’époque de sa création, le secteur était encore très majoritairement masculin, d’où l’idée de sa fondatrice de réunir les professionnelles féminines, mais pas féministes », souligne Anne Brenac, fondatrice du cabinet de conseil en immobilier Mosaïc Real Estate et adhérente depuis quasiment les débuts du Cercle. Réunions amicales, visites de chantiers ou d’immeubles existants, petits-déjeuners ou dîners à thème avec des invités experts de l’immobilier, mais aussi des philosophes ou des artistes, le tout clôturé par un dîner de gala très prisé, ce Cercle plutôt confidentiel se présente davantage comme un réseau d’entraide que d’affaires. « C’est peut-être moins dans la nature des femmes », admet Anne Brenac, vantant « un lieu d’échange sur nos métiers et nos pratiques ». Elsa Dodeman y voit « une philosophie », un « do tank », « l’appartenance à un groupe d’individues avec la volonté d’apporter notre pierre à l’édifice dans un dessein commun ». Mais « on ne vient pas pour étoffer son carnet d’adresses », renchérit la directrice de la commercialisation tertiaire et du développement des projets chez Atenor, mettant en avant « la solidarité et la complicité qui animent les adhérentes », ce qui « permet d’avoir davantage confiance en soi, car on se sent moins seule ». Répartition des membres du Cercle des femmes de l'immobilier par secteurs d'activité. Un « écosystème riche de compétences de haut niveau » Sans que ce soit ce qu’elles recherchent en priorité, « le fait d’être entre femmes simplifie les relations et les échanges », poursuit Elsa Dodeman, entrée dans l’association pour créer, à la demande de Joëlle Chauvin, le « Cercle complice ». Cette seconde structure, réservée aux juniors, vise à « promouvoir les jeunes talents et favoriser les passerelles avec le Cercle », précise Stéphanie Bensimon, présidente du Cercle des femmes de l’immobilier depuis 2020 et passée elle aussi par le « Cercle complice ». Une étape qui peut permettre d’intégrer le Cercle, accessible uniquement sur cooptation. L’association, qui tient à son indépendance et ne vit donc que des cotisations de ses membres, limite en effet le nombre de nouvelles adhésions à une dizaine par an. « C’est un gage d’excellence qui est la marque de fabrique du Cercle », ajoute Stéphanie Bensimon, vantant un « écosystème riche de compétences de haut niveau ». Non seulement deux marraines doivent recommander la postulante, mais celle-ci doit aussi partager les valeurs de l’association, à savoir la solidarité, l’humanisme, le professionnalisme et la passion pour les métiers de l’immobilier. Les membres du bureau illustrent à elles seules cette excellence par la présence de Christel Zordan, directrice générale de la Société de la tour Eiffel, Béatrice Dessaints, directrice générale Ensemblier urbain chez Quartus, ou encore Anne Toledano, directrice de l’immobilier chez Crédit Agricole CIB. La stratégie consiste à avoir une ou deux représentantes de chaque grande entreprise de l’immobilier « tout en restant très sélectives », insiste Stéphanie Bensimon, qui entamera à la rentrée la dernière année de son mandat de trois ans. Celle-ci sera consacrée aux grands événements et au développement des rencontres « pour faire vivre le club », annonce la responsable de l’investisseur Ardian Real Estate. « Nous allons aussi nous intéresser à l’innovation dans l’immobilier autour notamment du bas carbone », ajoute Stéphanie Bensimon. « Une des missions que j’avais à cœur était d’agir davantage en faveur de la parité dans l’industrie immobilière en aidant les entreprises à avoir les meilleures pratiques en la matière. La démarche a consisté à la production, fin 2021, d’un livre blanc préfacé par Élisabeth Moreno, alors ministre déléguée auprès du premier ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, puis à l’adoption d’une charte, signée au Simi en décembre 2021 par 120 dirigeants d’entreprise. Constatant qu’il n’existait aucune donnée sur la parité dans les métiers de l’immobilier, nous avons créé en mars 2022 un Observatoire dédié, qui est devenu une entité autonome dirigée par Isabelle Rossignol, ex-présidente du Cercle. » Stéphanie Bensimon, présidente du Cercle des femmes de l’immobilier Un cercle solidaire Relancée pendant la pandémie, la Commission de l’amitié est un cercle plus intime et anonyme au sein du Cercle des femmes de l’immobilier, avec pour but de soutenir celles qui avaient besoin d’une aide morale à l’issue de cette période de confinements souvent difficile à vivre. Il poursuit son action, aujourd’hui encore, afin de continuer à « favoriser la solidarité entre les adhérentes ». De même, un sous-groupe d’entraide, « Les entrepreneuses », a été créé par les membres du Cercle qui ont fondé leur propre structure. L’idée consiste non seulement à partager des expériences et répondre aux interrogations sur l’entreprenariat, mais aussi à aiguiller des femmes qui se posent des questions sur leur avenir professionnel.
- INNOVER EN FAVEUR DU NOUVEL ART DE VIVRE, ENSEMBLE : MARIE-ASTRID QUENTIN MAUROY
Interview de Marie-Astrid Quentin Mauroy, présidente de TAGERIM Promotion Quelle est la vision de TAGERIM sur les nouveaux défis du secteur de l’immobilier ? Le groupe TAGERIM est un promoteur immobilier familial indépendant, dans le Top 10 français de l’immobilier et de l’hôtellerie, qui œuvre et innove depuis plus de 35 ans pour une qualité de vie plus grande et durable pour tous. Aujourd’hui, nous remarquons de nombreux défis : la mobilité des Français depuis le déconfinement, l’accession à la propriété, la question du pouvoir d’achat… Les préoccupations ont évolué : sur l’espace de vie, l’environnement, les économies d’énergie ou encore les logements connectés et l’architecture. Le secteur est prêt à les relever. Comment faites-vous face aux enjeux de durabilité ? Nous sommes engagés concrètement avec des constructions plurielles, esthétiques et durables, qui sont en harmonie avec les demandes des territoires et leur art de vivre. Nous collaborons avec des start-up pour intégrer dans les habitats des solutions innovantes au service des occupants. Par exemple, nous avons dans les salles de bain des pommeaux de douche à led permettant de contrôler la consommation d’eau chaude et des systèmes de récupération des eaux de pluie sur les parties communes… TAGERIM a été également l’un des premiers à planter des micro-forêts dans ses résidences avec plus de 4 000 nouveaux arbres en 1 an. En 2023, nous avons le projet de concevoir des halls avec des matériaux 100 % recyclés. Vous évoquiez l’engagement sociétal de TAGERIM. Quelles sont vos autres initiatives ? Le « bien loger » et le « vivre ensemble » sont des socles sociétaux qui doivent revenir sur le devant de la scène. Nous poursuivons une politique de montée en gamme des logements, conciliable avec un prix compétitif. Le groupe investit sur le concept du logement « prêt à vivre » qui correspond aux attentes actuelles : espace clair, appartements traversants, lumineux, qualité des matériaux, terrasses… et, surtout, livrés tout équipés en électroménager dans les cuisines et salles de bain. L’art de vivre ensemble est notre devise. Nous rassemblons au sein de nos résidences des familles, mais aussi des personnes âgées qui vivent en coliving ou des personnes en situation de handicap pour lesquelles il y a un véritable enjeu d’intégration. Pour nous, la culture est un vecteur de cohésion sociale et nous nous engageons chez TAGERIM à rendre l’art accessible en installant notamment des sculptures au sein de nos résidences et en organisant des rencontres avec les artistes. Notre entreprise familiale est agile, ce qui nous permet de nous adapter rapidement aux demandes et aux évolutions sociétales, avec l’ambition d’apporter une nouvelle vision du logement en France.
- LE COEUR AU CENTRE : STEPHANIE SOARES
Stéphanie Soares vit à 100 à l’heure sa passion pour la politique, le débat d’idées et l’engagement de terrain. Simone De Beauvoir. Telle est la figure tutélaire de Stéphanie Soares. Pas tant la féministe que l’intellectuelle engagée. Conseillère chargée de l’aménagement et du logement au cabinet de Valérie Pécresse et auprès de Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président, elle n’aime rien tant que le débat d’idées, la lecture, l’écriture. Avec un débit rapide et flûté, elle cite les nombreux think tank auxquels elle s’implique ou qu’elle a fréquentés. Du Club des vigilants, fondé par Marc Ullman et Bernard Esambert, à l’Atelier de la république en passant par le Club Génération en Seine, club de jeunes élus des Hauts-de-Seine, qu’elle a créée sur le modèle du Club des Loges des Yvelines lors de son premier mandat d’élue locale. Sans oublier son engagement rotarien, qui lui a aussi donné l’occasion, en 2014, de créer avec l’un de ses mentors, le chef d’entreprise Philippe Nahon, le Rotary Paris Foch, 1er Club rotary « Nouvelle génération ». Elle évoque ses lectures en cours : Le pouvoir rhétorique de Clément Viktorovitch, ou « Cerveau et nature, pourquoi nous avons besoin de la beauté du monde » de Michel Le Van Quyen, chercheur à l’Inserm, avouant préférer les essais aux romans. Le goût du réel, sans doute. « Je suis hyperactive », dit cette élue de Courbevoie, ravie que son 2e mandat municipal auprès de Jacques Kossowski lui permette d’agir au plus près du terrain, en tant qu’adjointe en charge de la Transition écologique, du Mécénat et des Subventions et de conseillère territoriale à Paris Ouest La Défense. Son engagement politique date de ses études. « Jeune juriste, j’avais pris rendez-vous avec Muriel de Coster, maire d’Eragny-sur-Oise, avec mes parents, pour évoquer des questions de salubrité publiques. Elle m’a proposé, à l’issue de cette première entrevue, de faire campagne avec elle », se souvient-elle. Une pro’ de la com’ Un jour, peut-être pas si lointain, elle s’engagera encore un peu plus en politique. « Se plaindre sans agir et sans proposer est inconcevable pour moi ! », reprend cette femme toujours élégante, souriante, mixant une grande maîtrise d’elle-même et une gentillesse non feinte. Une « pro » de la com’, réactive, informée, alternant avec un savant dosage le in et le off, au service de ceux qu’elle sert. Car l’élue a exercé jusqu’à présent ses responsabilités dans l’ombre. De la Chambre de commerce et d’industrie de Paris Ile-de-France notamment à la Direction des études, à l’Institut Friedland, think tank économique de la Chambre, ou encore comme chef de cabinet de la CCIP Seine-Saint-Denis, puis attachée du groupe des entreprises au Conseil économique social et environnemental, avant de s’occuper des affaires publiques régionales. Ce qui la conduira à rejoindre le conseil régional, où elle est d’abord conseillère de Didier Bariani, vice-président chargé du Grand Paris, alors radical valoisien, comme elle à l’époque, avant de rejoindre Jean-Philippe Dugoin-Clément, élu UDI, comme elle aujourd’hui. Deux figurent auprès desquelles elle dit avoir beaucoup appris. « Je ne sais pas œuvrer pour des gens que je n’estime pas”, confie-t-elle. Stéphanie Soares est née à Saint-Germain-en-Laye. Elle a grandi à Eragny-sur-Oise, puis poursuivi ses études en passant par une classe d’Hypokhâgnes, avant de poursuivre des études en droit des affaires à l’Université de Cergy-Pontoise, lors d’un double cursus de droit français et anglo-américain. Son père, prématurément disparu, était chef d’entreprise autodidacte d’origine portugaise, et également connu pour avoir été un entraineur et joueur de football de talent. « Il a réussi à force de courage, de détermination et de travail », résume sa fille. Comme sa mère, autre exemple de réussite, tout autant admirée, qui a terminé récemment une carrière ascensionnelle à la Mutuelle sociale agricole (MSA). Des exemples constitutifs, à n’en pas douter, du sens des valeurs, de méritocratie notamment, qui fondent son infatigable engagement. Propos recueillis par Jacques Paquier. 2019: Conseillère technique (aménagement, logement et SDRIFE) au cabinet de la présidente de Région 2017: Collaboratrice du vice-président chargé du Grand Paris et de la coopération interrégionale 2002: Débuts à la CCI Paris Ile-de-France - direction des études
- LE SEDIF : DE L'INNOVATION A TOUS LES ETAGES !
En adoptant un plan pluriannuel d’investissement de 10 ans (2022-2031), doté de 2,5 milliards d’euros de budget, le plus grand service public d’eau français entame une démarche inédite. Il place l’innovation au centre de ses actions et garde l’usager au cœur de ses services. Il poursuit aussi son projet pionnier “Vers une eau pure, sans calcaire et sans chlore”. Le nouveau plan d'investissement du SEDIF s'articule autour « d'une gestion optimale et du maintien de l’excellent niveau de qualité et de sécurité sanitaires de l'eau. Ce qui nécessite des investissements importants sur plusieurs années » déclare André Santini, président du SEDIF, ancien Ministre, maire d’Issy-les-Moulineaux et vice-président de la Métropole du Grand Paris. « Le SEDIF fait le choix du volontarisme et d’une vision à long terme, avec des stratégies innovantes » poursuit André Santini. En effet, le Syndicat des Eaux d’Ile-de-France (SEDIF) a voté en décembre dernier un plan pluriannuel d’investissement (PPI) inédit pour la période 2022-2031. Un plan d’investissement ambitieux Ce PPI est doté d’un budget global de 2,5 milliards d’Euros dont 1,1 milliard porté directement par le SEDIF en tant que maître d’ouvrage. Acteur francilien majeur, le SEDIF est autorité organisatrice du service public de l’eau potable pour le compte de ses 135 communes adhérentes. Il possède à cet effet un patrimoine important entretenu et renouvelé constamment. Le SEDIF vise aussi un respect accru des normes environnementales et la préservation d’un outil industriel performant. Conçu pour 10 ans, le PPI permettra une actualisation des besoins chaque année. Ce plan décline 5 objectifs principaux : garder l’usager au cœur du service, assumer et porter le rôle d’acteur majeur et pionnier inhérent aux grandes autorités organisatrices d’Europe, optimiser la gestion patrimoniale de manière durable et innovante, être acteur de la transition écologique et renforcer la sécurisation du service. Un grand service public de l’eau La mission de service public exercée par le SEDIF couvre l’ensemble des étapes de la ressource à l’usager. Ainsi, il gère l’administration et la gestion du service public de l’eau potable comprenant la production et la distribution d’eau potable. Il dessert plus de 4 millions d’usagers avec 246,1 millions de m3 consommés en 2021 dont près de 800 000 m3 par jour avec 97 % des ressources en eau provenant de cours d’eau franciliens : la Seine, la Marne et l’Oise. « Avec un prix de l’eau qui demeure stable : à savoir 1,32 Euros pour 1000 litres soit 111 packs d’eau » précise Sébastien Fayon, responsable du service de la gestion patrimoniale du SEDIF. « Et même mieux, la part eau potable de la facture des usagers a baissé à trois reprises depuis 2011 pour une eau d’excellence » rappelle André Santini. Ce service public fonctionne en délégation jusqu’au 31 décembre 2023. Le SEDIF est propriétaire des infrastructures, garde la maîtrise des investissements et du prix de l’eau. L’exploitation des usines, l’entretien du réseau ou encore la relation avec les usagers sont déléguées à une entreprise (le délégataire), en l’espèce la branche Eau (Ile-de-France) du groupe Veolia. Une nouvelle délégation verra le jour au 1er janvier 2024. Pourquoi ce mode de gestion a-t-il été choisi ? L'agglomération francilienne possède ses spécificités : eau de surface difficile à traiter, densité urbaine et complexité des interventions sur le réseau, attentes fortes en matière de disponibilité et de réactivité de la part des usagers franciliens. Un service Smart pour tous Par ailleurs, ce plan se traduira par une intensification du rythme des opérations pour élaborer un Smart SEDIF. C’est-à-dire un service de l’eau « intelligent » qui utilise les données issues des nouvelles technologies numériques dans la perspective du Grand Paris et au service des Franciliens. Avec le « SMART network » qui optimise le pilotage quotidien des infrastructures et des investissements. Sébastien Fayon évoque aussi le « SMART Water destiné à ajuster au plus près les services aux besoins des usagers ». Enfin, pour participer à la « SMART City », le SEDIF souhaite créer des synergies avec les partenaires du Grand Paris, en développant le partage des données publiques, l’Opendata, Une démarche globale environnementale Tout cela sans oublier le projet pionner du SEDIF « Vers une eau pure, sans calcaire et sans chlore et sans déchets plastiques » d’un budget de 800 millions d’euros. Cela se concrétisera notamment par le développement de la technique de « l’Osmose inverse basse pression » (OIBP). Cette technique innovante et membranaire réduit les micropolluants, les perturbateurs endocriniens et les résidus médicamenteux. « La démarche environnementale globale se décline aussi en une amélioration de la gestion de la ressource en eau, à la fois qualitativement et quantitativement », précise Sébastien Fayon. Pour mieux connaître la ressource et affiner au plus juste, son exploitation. Grâce à ses emprises foncières, le SEDIF souhaite développer l’autosuffisance énergétique par exemple en recourant à l’hydrogène vert. De plus, une attention particulière sera aussi portée à la préservation de la biodiversité. Le recours aux énergies renouvelables est acté notamment par la pose de panneaux photovoltaïques. Le Sedif, un acteur majeur du Grand Paris Le grand service public de l'eau du PPI se traduit aussi par une implication en matière d'emplois franciliens et de nouveaux projets d'aménagements. En matière d’emploi, ce nouveau PPI soutiendra l’équivalent de près de 50 000 emplois temps plein sur 10 ans. Le SEDIF sera ainsi l’un des principaux acteurs franciliens et publics du soutien à l’économie et à l’emploi. Sans compter, les chantiers déjà réalisés ou à venir pour développer ou déplacer des conduites d’eau, dans le cadre du Grand Paris des transports. Pour les futurs Jeux Olympiques (2024), le SEDIF a conduit récemment un chantier situé à l’Ile-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Celui-ci renforce l’alimentation en eau potable de la commune dans le cadre de la construction du futur village olympique. En effet, l’augmentation significative de la consommation d’eau et des risques potentiels nécessitent de remplacer une canalisation sous un pont enjambant le canal Saint-Denis. Cela garantira l’alimentation en eau potable de grande qualité, 7 jours sur 7 et 24h sur 24.
- PANAME : L'INNOVATION COMME TRACEUR
Troisième génération d’entrepreneurs dans la location de matériel Travaux Publics, Anne et Nicolas Prunières ont créé Paname, qui a pour ambition d’embarquer toutes les forces vives françaises. Si Paname est un nom éminemment parisien, celui de ses dirigeants aux consonances lozériennes est plus connu du côté de l’Aubrac. Anne et Nicolas Prunières ont en effet repris la société éponyme créée il y a plus de 60 ans dans le Massif Central et développée en Occitanie jusqu’à une forte période de crise. En 2016, à la reprise, ils opèrent un virage tranché avec une stratégie portée par l’innovation en tout point et l’opportunité de marché du Grand Paris. Projet sans précédent, le Grand Paris est aussi le chantier de tous les défis, dont celui d’évacuer plus de 43 millions de tonnes de terre. Et, à l’heure où les problématiques d’innovation technologique, environnementale et sociale n’ont jamais été aussi prégnantes, Anne et Nicolas y voient l’occasion de faire évoluer la filière Transport de manière franche. C’est ainsi qu’ils se rapprochent de Michelin et Renault Trucks pour créer une flotte exemplaire. Pouvez-vous revenir sur la genèse de ce partenariat ? Nous avons souhaité nous adosser à des fleurons français, qui ont une « aura » dans la filière. L’idée était de faire adhérer à notre projet des forces vives du territoire, reconnues pour leur savoir-faire made in France. Notre objectif commun était d’être à la pointe sur le plan technologique et environnemental, stratégie qui a abouti à notre intégration à la communauté du Coq Vert. Paname est innovante en termes de technologie, mais pas que… En effet, nous avons voulu être innovants jusque dans notre financement. Ainsi, Paname a été à l’origine de la première levée de fonds en financement participatif dans le transport. Un choix qui trouve son origine dans l’ADN même de Paname : la France construit sa capitale. Nous avons donc proposé aux Français d’investir dans l’économie réelle, chaque euro investi faisant vivre un chauffeur français. L’innovation est-elle donc aussi sociale ? Oui, nos chauffeurs viennent de toute la France. Des quartiers que le Grand Paris Express va traverser, mais aussi de nos régions. Chaque semaine, nous partageons des moments privilégiés avec des chauffeurs du Massif Central en grand déplacement pour la semaine. « Les petits bougnats du Grand Paris » sont une fierté pour nous et ont permis à ces profils de s’épanouir personnellement et professionnellement grâce à une rémunération attractive. Paname nous a aussi donné la possibilité de recruter des profils débutants et ainsi créer de nouvelles trajectoires de vie. Récemment partenaire d’Impact Tank, nous voulons approfondir cette vision élargie de l’innovation sociale dans une logique de maximisation de notre impact.
- LA SEINE, L'ARTÈRE FLUVIALE DE LA VIE EN VILLE : FRANÇOIS MARIE DIDIER, PRÉSIDENT DU SIAAP
La baignade en Seine n’est pas une idée neuve. Nombre d’entre nous sont nés et ont toujours connu cette ambition. Mais ce qui a pu sembler être une chimère ou une lubie est sur le point de devenir réalité. Il s’agit d’un projet collectif, porté par les élus, les pouvoirs publics et appuyé par un savoir-faire industriel notamment mis en œuvre par le SIAAP depuis cinq décennies. En 1970, seules trois espèces de poisson frayaient dans la Seine. Elles sont aujourd’hui dix fois plus nombreuses. Preuve que la qualité du fleuve s’est améliorée, des saumons peuvent être recensés en l’aval de Paris. Un poisson si sensible n’aurait jamais remonté la Seine sans y trouver un milieu qui lui soit favorable. Nous amorçons désormais la dernière ligne droite. Il nous reste deux étés pour être prêts, avec les services de l’État, les collectivités locales et territoriales, et les organisateurs des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 (JOP). Avec la population elle-même et l’ensemble de nos parties prenantes, nous œuvrons à la préservation de la biodiversité de la Seine, de la Marne et de leurs rives. Il ne s’agit pas du moindre des défis. Mais, si l’ampleur de la tâche est importante, la mobilisation de chaque agent du SIAAP est à la hauteur de l’enjeu. Chaque jour, le SIAAP traite les eaux de plus de 9 millions de Franciliens, acheminées par un réseau d’une formidable complexité. À ce titre, les égouts sont une des clefs de voûte de la baignade en Seine et en Marne. Nous devons donc nous assurer collectivement de la conformité des raccordements des habitations au réseau des égouts. C’est pourquoi, le SIAAP a mis en ligne un site d’aide à l’information des citoyens : monbranchement.fr. Quelques clics permettent ainsi à chaque habitant de vérifier s’il y a un risque que son habitation ne soit pas bien raccordée. Voilà une de nos actions concrètes au service de la préservation du milieu naturel et de la baignade. Se baigner dans ces deux artères fluviales est une promesse que nous entendons tenir sur le long terme. Le projet industriel et environnemental que nous déployons ne vise pas seulement l’échéance des JOP, il traduit l’ambition d’une baignabilité pérenne. En 2024, nos agents auront démontré leur savoir-faire exceptionnel, qui aura permis cette reconquête écologique. Des moyens importants sont nécessaires pour parachever cette ambition. La réussite sera le fruit d’une action efficace de tous les acteurs, d’une mobilisation humaine sans précédent et d’un investissement sans équivalent. Dans ces trois dimensions, le SIAAP tient et tiendra sa place. Les JOP Paris 2024 seront un évènement majeur pour un projet humain et environnemental de grande ampleur. Au SIAAP, nous travaillons aussi pour que chaque agent et chaque élu francilien puisse en être fier.
- LE SENS DE L’ACTION PUBLIQUE : MATHILDE CHARPENTIER
APRÈS DIX ANS CHEZ EPAMARNE/EPAFRANCE, MATHILDE CHARPENTIER DIRIGE DÉSORMAIS LA COMMUNICATION ET LES RELATIONS PUBLIQUES DE L’EPA PARIS-SACLAY, OÙ ELLE EXERCE SES RESPONSABILITÉS AVEC UN SENS AIGU DE L’ÉCOUTE ET UNE CONNAISSANCE ÉPROUVÉE DU TERRAIN. PROPOS RECUEILLIS PAR ELENA JEUDY BALLINI. Avec l’expérience qu’on lui connaît et au vu de ses nombreuses compétences, la perplexité se fait jour lorsque Mathilde Charpentier avoue qu’au départ, la communication n’était pas une vocation. Et pourtant ! À l’origine de son parcours, un premier job pour World Media Network, réseau international de presse et filiale de Libération. Très vite, on lui confie les rênes des relations presse et Mathilde découvre alors un univers passionnant. Elle y restera sept ans. « World Media Network m’a permis de travailler avec les rédacteurs en chef des plus grands journaux mondiaux sur des questions internationales de premier plan. C’était exceptionnel pour un début de carrière, infiniment stimulant ! », confie-t-elle. Et novateur : la filiale se positionne rapidement sur Internet au début des années 1990, époque où le média est peu présent en entreprise et encore moins dans les foyers. Après plusieurs expériences en communication dans le privé, elle rejoint en 2002 le département équipement numérique des territoires de la Caisse des Dépôts comme responsable de la communication, notamment en charge de promouvoir les services et les usages de l’Internet. Âgée de 30 ans, elle décide alors de reprendre des études supérieures. Mathilde entrera à EpaMarne/EpaFrance en 2006 après avoir décroché, avec mention très bien, son DEA en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Nanterre. « J’ai dû m’adapter à quatre directeurs en l’espace de dix ans. Cela entretient le sens de l’écoute et de l’agilité ! », sourit-elle. Une expérience approfondie du terrain Soucieuse de travailler au service de l’intérêt général, elle se verra confier la direction de la communication de l’Ined en 2016 avant que l’EPA Paris-Saclay ne lui tende les bras en lui proposant, outre de définir et mettre en œuvre la stratégie de communication de l’établissement, d’impulser des actions intégrant l’urbanisme transitoire et promouvant la culture au sein du projet urbain. Une perspective lui permettant d’associer la double compétence aménagement-recherche qu’elle affectionne tant – pour laquelle tous lui reconnaissent un véritable talent – et d’en développer de nouvelles. « Être confrontée à des problématiques, des acteurs et des enjeux différents m’a permis de me renouveler et de relever à chaque fois de nouveaux défis. », explique-t-elle. Figurant au nombre des premiers membres d’Acteurs du Grand Paris, Mathilde Charpentier place son expertise au service des synergies, dont le développement est fondamental pour le club comme pour la métropole parisienne. Loin de tout calcul, elle appréhende chaque opportunité avec le feeling de celles et ceux qui ont une expérience approfondie du terrain. Pasteur ne disait-il pas que « le hasard ne favorise que les esprits préparés » ?











