303 résultats trouvés avec une recherche vide
- 8 COUPS DE CŒUR DES PIÉTONS DU GRAND PARIS
CHOISIS PAR LA RÉDACTION D’ENLARGE YOUR PARIS 1. VIVE LES GROUES (Nanterre) Créée en 2017 à Nanterre par une partie des anciens animateurs des Grands Voisins (Paris 14e) sur un délaissé urbain à 10 minutes à pied de la gare RER de Nanterre Université, la friche Vive les Groues est une oasis de verdure dans le quartier d’affaires de Paris La Défense, où l’on peut tout aussi bien participer à des séances de jardinage, apprendre l’anglais, jouer à la pétanque et boire un verre qu’assister à un concert et même camper. C’est aussi la pépinière où l’on prend soin des arbres qui seront plantés devant les gares du Grand Paris Express : des paulownia tomentosa, arbres à la floraison spectaculaire. Vive les Groues, 290 rue de la Garenne, 92000 Nanterre – vivelesgroues.org 2. LE CHÂTEAU D’ÉCOUEN (Val-d’Oise) Pas besoin de séjourner sur les bords de Loire pour visiter un château de la Renaissance ! Sur une colline arborée du Val-d’Oise se trouve un joyau de l’époque de François Ier, le château et musée national de la Renaissance d’Écouen, voulu par André Malraux, qui cherchait un lieu où exposer les collections nationales pour la plupart stockées dans l’hôtel de Cluny à Paris. Et l’un des petits « plus » d’une visite au musée de la Renaissance consiste en l’ascension préalable de la colline d’Écouen, par la forêt que l’on rejoint quasiment depuis les quais de la gare SNCF Transilien d’Écouen-Ézanville (ligne H). Le musée se trouve tout en haut de la butte. Musée national de la Renaissance, rue Jean-Bullant, 95440 Écouen – https://musee-renaissance.fr 3. LES ATELIERS MÉDICIS (Clichy-sous-Bois) Les Ateliers Médicis, c’est d’abord une architecture : un bâtiment en hauteur, tout habillé de bois, le nom de l’aqueduc enterré de la Dhuis, à quelques minutes de la forêt de Bondy, au cœur de la très populaire ville de Clichy-sous-Bois. C’est après les émeutes de 2005 que les autorités décidèrent de créer un lieu d’exception, pour partager le meilleur de la culture et de la création. Dix-sept ans plus tard, les Ateliers Médicis sont à la fois un centre de création et de résidence artistique, un lieu de programmation culturelle, de vie et de rencontre pour les habitants et pour les Grands Parisiens. Ateliers Médicis, 4 allée Françoise-Nguyen, 93390 Clichy-sous-Bois – https://www.ateliersmedicis.fr 4. LE CHÂTEAU DE CHAMPS-SUR-MARNE ET LE PARC DE NOISIEL (Seine-et-Marne) Ce bijou d’architecture classique, fleuron du patrimoine national, est le « chaînon manquant » entre la forteresse médiévale et la villa de bord de mer : c’est la première maison de plaisance des bords de Marne, propriété aristocratique dédiée au plaisir, à la fête et à la célébration de la nature. Le somptueux jardin est en accès libre et c’est un lieu idéal pour un pique-nique, mais il serait dommage de ne pas visiter les collections du château. Par ailleurs, à quelques dizaines de mètres de la grille de Champs-sur-Marne se trouve l’entrée du parc de Noisiel. Ici, le château a disparu, mais la propriété est exceptionnelle, succession de bois et de prés qui descendent jusqu’à l’une des plus belles boucles de la Marne. Château de Champs-sur-Marne, 31 rue de Paris, 77420 Champs-sur-Marne – chateau-champs-sur-marne.fr 5. LA FERME MARAÎCHÈRE SAUVAGES ET CULTIVÉES (Chelles) Hannane Somi est une « néo-paysanne ». Cette habitante de Montreuil, que rien ne destinait au métier de la terre, décidait, en 2020, de s’installer comme maraîchère sur une parcelle de banlieue, sur les hauteurs de Chelles, au cœur du Mont Guichet, une friche agricole récemment restaurée par l’Agence des espaces verts de la région Île-de-France et qui accueille également un viticulteur, un céréalier et un apiculteur. La ferme agroécologique « Sauvages et Cultivées » produit des paniers pour les adhérents d’une AMAP, mais il est également possible d’acheter fruits et légumes le samedi matin à la ferme. Ferme Sauvages et Cultivées, chemin de Beauzet, 77500 Chelles. Téléphone : 07 82 23 95 63. 6. LA FERME NATURE ET DÉCOUVERTES (Versailles) Cette ferme urbaine modèle a été créée il y a quelques années dans un ancien bassin de stockage des eaux du château de Versailles dont une partie animait les jeux d’eau lors des grandes fêtes données par Louis XIV dans le parc du château. Abandonné au XXe siècle, ce réservoir, appelé étangs Gaubert, a été transformé en lieu de maraîchage il y a quelques années, avec le soutien de la Fondation Nature et Découvertes, dont le siège – conçu par l’architecte Patrick Bouchain – se trouve à proximité. Si la production est réservée aux adhérents de l’AMAP, la ferme est aussi un site de sensibilisation et de formation aux techniques de l’agro-écologie, et de séminaires « au vert », à deux pas de la gare de Versailles-Chantiers. Ferme Nature et Découvertes. Passage des Étangs-Gobert, 78000 Versailles – https://www.lafermenatureetdecouvertes.fr 7. LES ÉTANGS DE COROT (Ville-d’Avray) Un bijou caché dans un écrin ! Les Étangs de Corot sont lovés au cœur de la magnifique forêt de Fausses-Reposes, entre Saint-Cloud, Ville-d’Avray, Viroflay et Versailles. Situés dans un cadre idyllique, les deux Étangs de Corot, qui doivent leur nom au peintre du XIXe siècle qui adorait venir ici en villégiature, sont une magnifique halte et un lieu de pique-nique pour tous les randonneurs qui traversent les bois ou pour les chanceux qui habitent dans les environs. Car, et c’est une des raisons de la sérénité de l’endroit, il n’y a pas de transports en commun à proximité. L’idéal, pour en profiter, passe donc par une petite randonnée, entre le domaine de Saint-Cloud et Versailles ou Viroflay. Les Étangs de Corot, 92410 Ville-d’Avray. 8. LE PARC FORESTIER DE LA POUDRERIE (Sevran) Le parc forestier de la Poudrerie est une friche industrielle du XIXe siècle - on y produisait de la poudre pour les travaux publics sous Napoléon III - qui a été reconvertie, une fois arrêtée la production de poudres et explosifs, en une petite forêt que traverse le canal de l’Ourcq. Le parc de la Poudrerie est une zone frontière entre le Grand Paris, la zone urbaine dense, et le début de la campagne, l’Île-de-France rurale. Accessible notamment via le RER B (gares de Sevran-Livry et Vert Galant).
- INNOVER EN FAVEUR DU NOUVEL ART DE VIVRE, ENSEMBLE : MARIE-ASTRID QUENTIN MAUROY
Interview de Marie-Astrid Quentin Mauroy, présidente de TAGERIM Promotion Quelle est la vision de TAGERIM sur les nouveaux défis du secteur de l’immobilier ? Le groupe TAGERIM est un promoteur immobilier familial indépendant, dans le Top 10 français de l’immobilier et de l’hôtellerie, qui œuvre et innove depuis plus de 35 ans pour une qualité de vie plus grande et durable pour tous. Aujourd’hui, nous remarquons de nombreux défis : la mobilité des Français depuis le déconfinement, l’accession à la propriété, la question du pouvoir d’achat… Les préoccupations ont évolué : sur l’espace de vie, l’environnement, les économies d’énergie ou encore les logements connectés et l’architecture. Le secteur est prêt à les relever. Comment faites-vous face aux enjeux de durabilité ? Nous sommes engagés concrètement avec des constructions plurielles, esthétiques et durables, qui sont en harmonie avec les demandes des territoires et leur art de vivre. Nous collaborons avec des start-up pour intégrer dans les habitats des solutions innovantes au service des occupants. Par exemple, nous avons dans les salles de bain des pommeaux de douche à led permettant de contrôler la consommation d’eau chaude et des systèmes de récupération des eaux de pluie sur les parties communes… TAGERIM a été également l’un des premiers à planter des micro-forêts dans ses résidences avec plus de 4 000 nouveaux arbres en 1 an. En 2023, nous avons le projet de concevoir des halls avec des matériaux 100 % recyclés. Vous évoquiez l’engagement sociétal de TAGERIM. Quelles sont vos autres initiatives ? Le « bien loger » et le « vivre ensemble » sont des socles sociétaux qui doivent revenir sur le devant de la scène. Nous poursuivons une politique de montée en gamme des logements, conciliable avec un prix compétitif. Le groupe investit sur le concept du logement « prêt à vivre » qui correspond aux attentes actuelles : espace clair, appartements traversants, lumineux, qualité des matériaux, terrasses… et, surtout, livrés tout équipés en électroménager dans les cuisines et salles de bain. L’art de vivre ensemble est notre devise. Nous rassemblons au sein de nos résidences des familles, mais aussi des personnes âgées qui vivent en coliving ou des personnes en situation de handicap pour lesquelles il y a un véritable enjeu d’intégration. Pour nous, la culture est un vecteur de cohésion sociale et nous nous engageons chez TAGERIM à rendre l’art accessible en installant notamment des sculptures au sein de nos résidences et en organisant des rencontres avec les artistes. Notre entreprise familiale est agile, ce qui nous permet de nous adapter rapidement aux demandes et aux évolutions sociétales, avec l’ambition d’apporter une nouvelle vision du logement en France.
- LE GRAND PARIS A BESOIN D’UNE VOLONTÉ POLITIQUE FORTE, ET AU PLUS HAUT NIVEAU : THOMAS HANTZ
CONJUGUER PROFESSIONNALISME, INTÉRÊT GÉNÉRAL ET HUMANITÉ AU SEIN D’UNE ASSOCIATION RÉUNISSANT ACTEURS PUBLICS ET PRIVÉS DU FAIT MÉTROPOLITAIN, LE PARI ENGAGÉ EN 2011 PAR THOMAS HANTZ EST DÉJÀ LARGEMENT GAGNÉ. FACE À LA CONJONCTURE ACTUELLE, LE PRÉSIDENT D’ACTEURS DU GRAND PARIS ÉVOQUE LES ÉTAPES ENCORE À FRANCHIR POUR RELEVER LES DÉFIS AUXQUELS LA RÉGION CAPITALE EST CONFRONTÉE ET INVITE À RELANCER LA DYNAMIQUE DU GRAND PARIS DES PROJETS. PROPOS RECUEILLIS PAR LE MAG. Que retenez-vous de cette saison 2021-2022 qui marque la 11e année d’existence des Acteurs du Grand Paris ? Après plusieurs années de montée en puissance, notre association amplifie ses activités au service de ses membres et de la construction du Grand Paris, tout en basculant dans l’ère de la professionnalisation. C’était notre engagement, il est tenu. Acteurs du Grand Paris est aujourd’hui le premier réseau public-privé de la Région Capitale, tant par le nombre de ses adhérents que par l’intensité de ses travaux. C’est le fruit d’un travail collectif des bénévoles du Bureau, du Conseil d’administration et de chacun de nos membres, qui partagent tous une même philosophie : entreprendre des choses importantes sans se prendre au sérieux, conjuguer professionnalisme, bienveillance et, on peut le dire, une certaine amitié. Pouvez-vous en dire plus sur la professionnalisation de l’association ? La professionnalisation, c’est donner un cadre structuré à nos actions qui, pendant les dix premières années, ont reposé exclusivement sur l’engagement bénévole de nos membres, sans local ni collaborateur. Nous nous sommes fait accompagner d’avocats pour fixer le cadre de notre développement, jusqu’à notre régime fiscal, puis nous nous sommes dotés d’un expert-comptable, d’un commissaire aux comptes et nous avons recruté Margaux Raggi, notre première collaboratrice. Parallèlement, nous avons renforcé notre partenariat avec le Crédit Agricole d’Ile-de-France. Grâce à la confiance du directeur général, Olivier Gavalda, et de son adjointe, Nathalie Mourlon, notre association bénéficie aujourd’hui d’un local professionnel à disposition de nos membres que nous avons baptisé cette année « La Maison des Acteurs du Grand Paris ». Dans les prochains mois, nous allons développer deux axes : optimiser la mise à disposition de ce lieu – qui a vocation à être le plus ouvert et utile possible – et identifier des opportunités pour accompagner de jeunes chercheurs sur la question du fait métropolitain. Ce faisant, nous respectons la trajectoire de développement à dix ans que nous nous sommes fixée. Dans un contexte incertain, êtes-vous confiant quant à l’avenir du Grand Paris ? La France est aujourd’hui le seul pays du monde démocratique à porter un projet d’une telle ambition dans un contexte normatif toujours plus contraignant et de montée en puissance des populismes. Les autres projets comparables sont portés par des pays autoritaires comme l’Arabie Saoudite, la Chine ou la Russie. Il faut donc nous réjouir et nous féliciter de voir la France relever un tel défi. Trop de gens ignorent que le seul volet transport de la modernisation de la Région Capitale représente près de 60 milliards d’euros d’investissements, 38 pour le Grand Paris Express et 20 pour la modernisation des réseaux existants. C’est colossal et cela préfigure les 80 milliards d’euros qui seront investis par les opérateurs privés pour le développement urbain et la création des centaines de milliers de logements qui font aujourd’hui défaut. Je ne parle même pas des investissements nécessaires à la transition énergétique des bâtiments existants dont l’Ademe et la Banque des Territoires sont des acteurs majeurs. Donc oui, nous sommes raisonnablement optimistes car, bien que nous soyons au milieu du gué, la dynamique est lancée pour faire de l’Île-de-France la première métropole mondiale en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Donc, tout est clair à l’horizon... La dynamique est lancée, je l’ai dit, mais elle reste fragile, car les enjeux sont immenses. Pour réussir le Grand Paris des transports, il y a onze ans, il a fallu une véritable mobilisation générale, voulue et portée par le président de la République Nicolas Sarkozy et qui s’est réalisée dans l’accord État-Région-Collectivités du 26 janvier 2011. Le Grand Paris vit encore sur cette dynamique collective qui risque de s’essouffler. Les forces vives de la région ont besoin d’une volonté politique forte, et au plus haut niveau. C’est le moment de donner un nouvel élan au Grand Paris des projets et notamment de réussir le chapitre du logement qui est la priorité absolue. Quel est votre regard sur l’organisation institutionnelle ? Regardez le nombre de projets qui émergent malgré le contexte institutionnel, on y arrive ! Bien sûr, des optimisations seront utiles et elles sont attendues par la population. Mais notre association n’est jamais rentrée dans ce débat institutionnel. Au contraire, nous soutenons le Grand Paris des projets et nous sommes une véritable plate-forme de discussion à disposition de tous. Les collectivités sont nombreuses à être membres : région, métropole, ville de Paris, établissements publics territoriaux, communautés d’agglomération, grands syndicats... Toutes échangent, débattent au sein de notre association et contribuent à ses actions. Nous sommes aujourd’hui une institution autonome et connectée à son environnement, utile à toutes les bonnes volontés pour faire réussir le Grand Paris, dans l’intérêt de nos concitoyens. La question des déficits publics est plus que jamais à l’ordre du jour. Comment réaliser les investissements nécessaires ? Il est essentiel de revoir le mode de financement des infrastructures, ce n’est pas un sujet technique, c’est une priorité politique. L’urgence, c’est de mettre en œuvre tous les projets nécessaires à la transition écologique qui auront en outre des bénéfices socio-économiques majeurs. Seul le Grand Paris Express est aujourd’hui lancé, c’est indispensable mais pas suffisant. Pourquoi n’investit-on pas davantage en France ? En grande partie à cause des règles comptables qui veulent que les investissements soient comptabilisés de manière annuelle (l’année de la dépense) au lieu de les intégrer à un plan d’amortissement sur une longue durée comme n’importe quelle entreprise le fait ou même n’importe quel ménage ! Résultat : la dette maastrichtienne explose en mélangeant fonctionnement et investissement, mauvais et bon cholestérol. La solution dépend là encore d’une volonté politique : créer des sociétés sur le même modèle que celui de la Société du Grand Paris, c’est-à-dire des entreprises publiques dédiées à un projet et capables de lever de la dette pour le financer, sous contrôle de Bercy, en décorrélant leurs amortissements de la dette selon Maastricht. Vous prônez donc une transition écologique fondée sur l’investissement et la croissance ? Je l’ai dit et je le répète, nous croyons à une société de progrès où les solutions industrielles et technologiques permettent de conjuguer la protection de l’environnement avec le confort et la dignité de l’humanité. L’innovation, c’est de tous temps l’arme qui a permis d’affronter les crises et c’est ce qui place nos métropoles, lieux de la recherche par excellence, en première ligne de la lutte contre le réchauffement climatique. Face à l’épuisement des ressources naturelles, il faut désormais que la technique soit tout entière mise au service d’objectifs bienveillants en faveur de la planète et de ses habitants. « J’achète donc je suis », c’est terminé ! Et les enjeux culturels sont vertigineux pour réinventer l’accomplissement des Hommes dans une optique non marchande. L’écologie, c’est d’abord et avant tout redonner du sens à ce qui fait l’humanité tant sur le plan individuel que collectif. Ne faut-il pas tout simplement ralentir ? Il faut ralentir là où c’est nécessaire et accélérer là où c’est indispensable. La société algorithmique qui affaiblit l’altérité, où l’on ne fréquente plus que le clone de soi-même, et qui favorise le « tout, tout de suite » est l’ennemie de l’environnement comme de la dignité humaine dans sa dimension culturelle. Cependant, l’écologie punitive et décroissantiste est tout aussi funeste, autant que la culpabilisation à outrance de l’humanité. Pour rappel, l’Homme n’a aucune responsabilité dans la disparition de 99,99 % des espèces ayant un jour existé sur Terre et qui se sont éteintes depuis. Les solutions sont partout autour de nous pour réussir ce défi du XXIe siècle. On le voit au sein de notre association, les entreprises et les institutions développent chaque jour des innovations en ce sens. Les solutions technologiques et les savoir-faire des entreprises témoignent de notre capacité à agir. Il faut donc créer un écosystème réglementaire favorable au déploiement des innovations à grande échelle et continuer à soutenir massivement la recherche dans des secteurs stratégiques où la France est en pointe, comme les graines dans l’agriculture, la gestion des eaux, les infrastructures bâtimentaires et de transport... Tout cela ne va-t-il pas à l’encontre du principe constitutionnel de précaution ? Jean-Pierre Riou, membre du collectif Science Technologies Actions, disait que « s’il devait s’appliquer à lui-même, le principe de précaution s’interdirait tout seul tant il est dangereux ». Le monde tend à l’hybridation, c’est-à-dire « au mariage improbable », selon la philosophe Gabrielle Halpern. Comment ne pas adapter le contexte législatif, règlementaire et normatif aux enjeux du XXIe siècle ? Du reste, cela fait des années qu’au sein d’Acteurs du Grand Paris, nous parlons d’hybridation. Notre association étant elle-même une institution hybride croisant secteurs public et privé, et une multitude de domaines allant de l’investissement à la construction en passant par le facility management. Tout s’hybride. Les téléphones qui sont des télécommandes de services, les modes de consommation, les mobilités, les genres, les villes... Les tiers-lieux, tiers-usages, tiers-objets, tierces-économies sont autant de mondes qui s’ouvrent à nous. Des cantines qui deviennent des restaurants, des gares qui se transforment en musées, des crèches qui s’adossent à des maisons de retraite, le coliving, tout cela se développe où l’on partage une ou plusieurs pièces communes... Tous ces exemples illustrent trois défis déterminants. D’abord, la nécessité de toujours plus échanger, d’être ouverts. Ensuite, l’importance cruciale, pour les élus, d’être en prise constante avec ces mutations pour les comprendre et pour mieux décider. Enfin, l’enjeu de rendre la société plus agile, plus souple, plus adaptable, moins contraignante et normative. Sur ces trois priorités, les Acteurs du Grand Paris seront au rendez-vous. « LA DYNAMIQUE EST LANCÉE POUR FAIRE DE L’ÎLE-DE-FRANCE LA PREMIÈRE MÉTROPOLE MONDIALE EN MATIÈRE DE LUTTE CONTRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE. » « C’EST LE MOMENT DE DONNER UN NOUVEL ÉLAN AU GRAND PARIS DES PROJETS ET NOTAMMENT DE RÉUSSIR LE CHAPITRE DU LOGEMENT QUI EST LA PRIORITÉ ABSOLUE. » « L’URGENCE, C’EST DE METTRE EN ŒUVRE TOUS LES PROJETS NÉCESSAIRES À LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE QUI AURONT EN OUTRE DES BÉNÉFICES SOCIO-ÉCONOMIQUES MAJEURS. »
- LE CERCLE DES FEMMES DE L’IMMOBILIER : PROFESSIONNALISME ET EXCELLENCE AU FEMININ
RÉSEAU D’AMITIÉ, D’EXPERTISES ET D’ÉCHANGES, LE CERCLE DES FEMMES DE L’IMMOBILIER, QUI FÊTE SES 25 ANS CETTE ANNÉE, RASSEMBLE PLUS D’UNE CENTAINE DE MEMBRES OCCUPANT POUR LA PLUPART DES POSTES DE DIRECTION DANS DES ENTREPRISES COUVRANT TOUT LE SPECTRE DU SECTEUR. RENCONTRE AVEC DES PASSIONNÉES DE L’IMMOBILIER, LOIN DE TOUT « FÉMINISME ». PROPOS RECUEILLIS PAR FABIENNE PROUX Fondé en 1997 par Joëlle Chauvin, alors directeur immobilier du groupe Aviva, le Cercle des femmes de l’immobilier réunit aujourd’hui plus d’une centaine d’adhérentes, essentiellement franciliennes, représentant toute la diversité des métiers de l’immobilier. « À l’époque de sa création, le secteur était encore très majoritairement masculin, d’où l’idée de sa fondatrice de réunir les professionnelles féminines, mais pas féministes », souligne Anne Brenac, fondatrice du cabinet de conseil en immobilier Mosaïc Real Estate et adhérente depuis quasiment les débuts du Cercle. Réunions amicales, visites de chantiers ou d’immeubles existants, petits-déjeuners ou dîners à thème avec des invités experts de l’immobilier, mais aussi des philosophes ou des artistes, le tout clôturé par un dîner de gala très prisé, ce Cercle plutôt confidentiel se présente davantage comme un réseau d’entraide que d’affaires. « C’est peut-être moins dans la nature des femmes », admet Anne Brenac, vantant « un lieu d’échange sur nos métiers et nos pratiques ». Elsa Dodeman y voit « une philosophie », un « do tank », « l’appartenance à un groupe d’individues avec la volonté d’apporter notre pierre à l’édifice dans un dessein commun ». Mais « on ne vient pas pour étoffer son carnet d’adresses », renchérit la directrice de la commercialisation tertiaire et du développement des projets chez Atenor, mettant en avant « la solidarité et la complicité qui animent les adhérentes », ce qui « permet d’avoir davantage confiance en soi, car on se sent moins seule ». Répartition des membres du Cercle des femmes de l'immobilier par secteurs d'activité. Un « écosystème riche de compétences de haut niveau » Sans que ce soit ce qu’elles recherchent en priorité, « le fait d’être entre femmes simplifie les relations et les échanges », poursuit Elsa Dodeman, entrée dans l’association pour créer, à la demande de Joëlle Chauvin, le « Cercle complice ». Cette seconde structure, réservée aux juniors, vise à « promouvoir les jeunes talents et favoriser les passerelles avec le Cercle », précise Stéphanie Bensimon, présidente du Cercle des femmes de l’immobilier depuis 2020 et passée elle aussi par le « Cercle complice ». Une étape qui peut permettre d’intégrer le Cercle, accessible uniquement sur cooptation. L’association, qui tient à son indépendance et ne vit donc que des cotisations de ses membres, limite en effet le nombre de nouvelles adhésions à une dizaine par an. « C’est un gage d’excellence qui est la marque de fabrique du Cercle », ajoute Stéphanie Bensimon, vantant un « écosystème riche de compétences de haut niveau ». Non seulement deux marraines doivent recommander la postulante, mais celle-ci doit aussi partager les valeurs de l’association, à savoir la solidarité, l’humanisme, le professionnalisme et la passion pour les métiers de l’immobilier. Les membres du bureau illustrent à elles seules cette excellence par la présence de Christel Zordan, directrice générale de la Société de la tour Eiffel, Béatrice Dessaints, directrice générale Ensemblier urbain chez Quartus, ou encore Anne Toledano, directrice de l’immobilier chez Crédit Agricole CIB. La stratégie consiste à avoir une ou deux représentantes de chaque grande entreprise de l’immobilier « tout en restant très sélectives », insiste Stéphanie Bensimon, qui entamera à la rentrée la dernière année de son mandat de trois ans. Celle-ci sera consacrée aux grands événements et au développement des rencontres « pour faire vivre le club », annonce la responsable de l’investisseur Ardian Real Estate. « Nous allons aussi nous intéresser à l’innovation dans l’immobilier autour notamment du bas carbone », ajoute Stéphanie Bensimon. « Une des missions que j’avais à cœur était d’agir davantage en faveur de la parité dans l’industrie immobilière en aidant les entreprises à avoir les meilleures pratiques en la matière. La démarche a consisté à la production, fin 2021, d’un livre blanc préfacé par Élisabeth Moreno, alors ministre déléguée auprès du premier ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, puis à l’adoption d’une charte, signée au Simi en décembre 2021 par 120 dirigeants d’entreprise. Constatant qu’il n’existait aucune donnée sur la parité dans les métiers de l’immobilier, nous avons créé en mars 2022 un Observatoire dédié, qui est devenu une entité autonome dirigée par Isabelle Rossignol, ex-présidente du Cercle. » Stéphanie Bensimon, présidente du Cercle des femmes de l’immobilier Un cercle solidaire Relancée pendant la pandémie, la Commission de l’amitié est un cercle plus intime et anonyme au sein du Cercle des femmes de l’immobilier, avec pour but de soutenir celles qui avaient besoin d’une aide morale à l’issue de cette période de confinements souvent difficile à vivre. Il poursuit son action, aujourd’hui encore, afin de continuer à « favoriser la solidarité entre les adhérentes ». De même, un sous-groupe d’entraide, « Les entrepreneuses », a été créé par les membres du Cercle qui ont fondé leur propre structure. L’idée consiste non seulement à partager des expériences et répondre aux interrogations sur l’entreprenariat, mais aussi à aiguiller des femmes qui se posent des questions sur leur avenir professionnel.
- LE COEUR AU CENTRE : STEPHANIE SOARES
Stéphanie Soares vit à 100 à l’heure sa passion pour la politique, le débat d’idées et l’engagement de terrain. Simone De Beauvoir. Telle est la figure tutélaire de Stéphanie Soares. Pas tant la féministe que l’intellectuelle engagée. Conseillère chargée de l’aménagement et du logement au cabinet de Valérie Pécresse et auprès de Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président, elle n’aime rien tant que le débat d’idées, la lecture, l’écriture. Avec un débit rapide et flûté, elle cite les nombreux think tank auxquels elle s’implique ou qu’elle a fréquentés. Du Club des vigilants, fondé par Marc Ullman et Bernard Esambert, à l’Atelier de la république en passant par le Club Génération en Seine, club de jeunes élus des Hauts-de-Seine, qu’elle a créée sur le modèle du Club des Loges des Yvelines lors de son premier mandat d’élue locale. Sans oublier son engagement rotarien, qui lui a aussi donné l’occasion, en 2014, de créer avec l’un de ses mentors, le chef d’entreprise Philippe Nahon, le Rotary Paris Foch, 1er Club rotary « Nouvelle génération ». Elle évoque ses lectures en cours : Le pouvoir rhétorique de Clément Viktorovitch, ou « Cerveau et nature, pourquoi nous avons besoin de la beauté du monde » de Michel Le Van Quyen, chercheur à l’Inserm, avouant préférer les essais aux romans. Le goût du réel, sans doute. « Je suis hyperactive », dit cette élue de Courbevoie, ravie que son 2e mandat municipal auprès de Jacques Kossowski lui permette d’agir au plus près du terrain, en tant qu’adjointe en charge de la Transition écologique, du Mécénat et des Subventions et de conseillère territoriale à Paris Ouest La Défense. Son engagement politique date de ses études. « Jeune juriste, j’avais pris rendez-vous avec Muriel de Coster, maire d’Eragny-sur-Oise, avec mes parents, pour évoquer des questions de salubrité publiques. Elle m’a proposé, à l’issue de cette première entrevue, de faire campagne avec elle », se souvient-elle. Une pro’ de la com’ Un jour, peut-être pas si lointain, elle s’engagera encore un peu plus en politique. « Se plaindre sans agir et sans proposer est inconcevable pour moi ! », reprend cette femme toujours élégante, souriante, mixant une grande maîtrise d’elle-même et une gentillesse non feinte. Une « pro » de la com’, réactive, informée, alternant avec un savant dosage le in et le off, au service de ceux qu’elle sert. Car l’élue a exercé jusqu’à présent ses responsabilités dans l’ombre. De la Chambre de commerce et d’industrie de Paris Ile-de-France notamment à la Direction des études, à l’Institut Friedland, think tank économique de la Chambre, ou encore comme chef de cabinet de la CCIP Seine-Saint-Denis, puis attachée du groupe des entreprises au Conseil économique social et environnemental, avant de s’occuper des affaires publiques régionales. Ce qui la conduira à rejoindre le conseil régional, où elle est d’abord conseillère de Didier Bariani, vice-président chargé du Grand Paris, alors radical valoisien, comme elle à l’époque, avant de rejoindre Jean-Philippe Dugoin-Clément, élu UDI, comme elle aujourd’hui. Deux figurent auprès desquelles elle dit avoir beaucoup appris. « Je ne sais pas œuvrer pour des gens que je n’estime pas”, confie-t-elle. Stéphanie Soares est née à Saint-Germain-en-Laye. Elle a grandi à Eragny-sur-Oise, puis poursuivi ses études en passant par une classe d’Hypokhâgnes, avant de poursuivre des études en droit des affaires à l’Université de Cergy-Pontoise, lors d’un double cursus de droit français et anglo-américain. Son père, prématurément disparu, était chef d’entreprise autodidacte d’origine portugaise, et également connu pour avoir été un entraineur et joueur de football de talent. « Il a réussi à force de courage, de détermination et de travail », résume sa fille. Comme sa mère, autre exemple de réussite, tout autant admirée, qui a terminé récemment une carrière ascensionnelle à la Mutuelle sociale agricole (MSA). Des exemples constitutifs, à n’en pas douter, du sens des valeurs, de méritocratie notamment, qui fondent son infatigable engagement. Propos recueillis par Jacques Paquier. 2019: Conseillère technique (aménagement, logement et SDRIFE) au cabinet de la présidente de Région 2017: Collaboratrice du vice-président chargé du Grand Paris et de la coopération interrégionale 2002: Débuts à la CCI Paris Ile-de-France - direction des études
- LE SEDIF : DE L'INNOVATION A TOUS LES ETAGES !
En adoptant un plan pluriannuel d’investissement de 10 ans (2022-2031), doté de 2,5 milliards d’euros de budget, le plus grand service public d’eau français entame une démarche inédite. Il place l’innovation au centre de ses actions et garde l’usager au cœur de ses services. Il poursuit aussi son projet pionnier “Vers une eau pure, sans calcaire et sans chlore”. Le nouveau plan d'investissement du SEDIF s'articule autour « d'une gestion optimale et du maintien de l’excellent niveau de qualité et de sécurité sanitaires de l'eau. Ce qui nécessite des investissements importants sur plusieurs années » déclare André Santini, président du SEDIF, ancien Ministre, maire d’Issy-les-Moulineaux et vice-président de la Métropole du Grand Paris. « Le SEDIF fait le choix du volontarisme et d’une vision à long terme, avec des stratégies innovantes » poursuit André Santini. En effet, le Syndicat des Eaux d’Ile-de-France (SEDIF) a voté en décembre dernier un plan pluriannuel d’investissement (PPI) inédit pour la période 2022-2031. Un plan d’investissement ambitieux Ce PPI est doté d’un budget global de 2,5 milliards d’Euros dont 1,1 milliard porté directement par le SEDIF en tant que maître d’ouvrage. Acteur francilien majeur, le SEDIF est autorité organisatrice du service public de l’eau potable pour le compte de ses 135 communes adhérentes. Il possède à cet effet un patrimoine important entretenu et renouvelé constamment. Le SEDIF vise aussi un respect accru des normes environnementales et la préservation d’un outil industriel performant. Conçu pour 10 ans, le PPI permettra une actualisation des besoins chaque année. Ce plan décline 5 objectifs principaux : garder l’usager au cœur du service, assumer et porter le rôle d’acteur majeur et pionnier inhérent aux grandes autorités organisatrices d’Europe, optimiser la gestion patrimoniale de manière durable et innovante, être acteur de la transition écologique et renforcer la sécurisation du service. Un grand service public de l’eau La mission de service public exercée par le SEDIF couvre l’ensemble des étapes de la ressource à l’usager. Ainsi, il gère l’administration et la gestion du service public de l’eau potable comprenant la production et la distribution d’eau potable. Il dessert plus de 4 millions d’usagers avec 246,1 millions de m3 consommés en 2021 dont près de 800 000 m3 par jour avec 97 % des ressources en eau provenant de cours d’eau franciliens : la Seine, la Marne et l’Oise. « Avec un prix de l’eau qui demeure stable : à savoir 1,32 Euros pour 1000 litres soit 111 packs d’eau » précise Sébastien Fayon, responsable du service de la gestion patrimoniale du SEDIF. « Et même mieux, la part eau potable de la facture des usagers a baissé à trois reprises depuis 2011 pour une eau d’excellence » rappelle André Santini. Ce service public fonctionne en délégation jusqu’au 31 décembre 2023. Le SEDIF est propriétaire des infrastructures, garde la maîtrise des investissements et du prix de l’eau. L’exploitation des usines, l’entretien du réseau ou encore la relation avec les usagers sont déléguées à une entreprise (le délégataire), en l’espèce la branche Eau (Ile-de-France) du groupe Veolia. Une nouvelle délégation verra le jour au 1er janvier 2024. Pourquoi ce mode de gestion a-t-il été choisi ? L'agglomération francilienne possède ses spécificités : eau de surface difficile à traiter, densité urbaine et complexité des interventions sur le réseau, attentes fortes en matière de disponibilité et de réactivité de la part des usagers franciliens. Un service Smart pour tous Par ailleurs, ce plan se traduira par une intensification du rythme des opérations pour élaborer un Smart SEDIF. C’est-à-dire un service de l’eau « intelligent » qui utilise les données issues des nouvelles technologies numériques dans la perspective du Grand Paris et au service des Franciliens. Avec le « SMART network » qui optimise le pilotage quotidien des infrastructures et des investissements. Sébastien Fayon évoque aussi le « SMART Water destiné à ajuster au plus près les services aux besoins des usagers ». Enfin, pour participer à la « SMART City », le SEDIF souhaite créer des synergies avec les partenaires du Grand Paris, en développant le partage des données publiques, l’Opendata, Une démarche globale environnementale Tout cela sans oublier le projet pionner du SEDIF « Vers une eau pure, sans calcaire et sans chlore et sans déchets plastiques » d’un budget de 800 millions d’euros. Cela se concrétisera notamment par le développement de la technique de « l’Osmose inverse basse pression » (OIBP). Cette technique innovante et membranaire réduit les micropolluants, les perturbateurs endocriniens et les résidus médicamenteux. « La démarche environnementale globale se décline aussi en une amélioration de la gestion de la ressource en eau, à la fois qualitativement et quantitativement », précise Sébastien Fayon. Pour mieux connaître la ressource et affiner au plus juste, son exploitation. Grâce à ses emprises foncières, le SEDIF souhaite développer l’autosuffisance énergétique par exemple en recourant à l’hydrogène vert. De plus, une attention particulière sera aussi portée à la préservation de la biodiversité. Le recours aux énergies renouvelables est acté notamment par la pose de panneaux photovoltaïques. Le Sedif, un acteur majeur du Grand Paris Le grand service public de l'eau du PPI se traduit aussi par une implication en matière d'emplois franciliens et de nouveaux projets d'aménagements. En matière d’emploi, ce nouveau PPI soutiendra l’équivalent de près de 50 000 emplois temps plein sur 10 ans. Le SEDIF sera ainsi l’un des principaux acteurs franciliens et publics du soutien à l’économie et à l’emploi. Sans compter, les chantiers déjà réalisés ou à venir pour développer ou déplacer des conduites d’eau, dans le cadre du Grand Paris des transports. Pour les futurs Jeux Olympiques (2024), le SEDIF a conduit récemment un chantier situé à l’Ile-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Celui-ci renforce l’alimentation en eau potable de la commune dans le cadre de la construction du futur village olympique. En effet, l’augmentation significative de la consommation d’eau et des risques potentiels nécessitent de remplacer une canalisation sous un pont enjambant le canal Saint-Denis. Cela garantira l’alimentation en eau potable de grande qualité, 7 jours sur 7 et 24h sur 24.
- PANAME : L'INNOVATION COMME TRACEUR
Troisième génération d’entrepreneurs dans la location de matériel Travaux Publics, Anne et Nicolas Prunières ont créé Paname, qui a pour ambition d’embarquer toutes les forces vives françaises. Si Paname est un nom éminemment parisien, celui de ses dirigeants aux consonances lozériennes est plus connu du côté de l’Aubrac. Anne et Nicolas Prunières ont en effet repris la société éponyme créée il y a plus de 60 ans dans le Massif Central et développée en Occitanie jusqu’à une forte période de crise. En 2016, à la reprise, ils opèrent un virage tranché avec une stratégie portée par l’innovation en tout point et l’opportunité de marché du Grand Paris. Projet sans précédent, le Grand Paris est aussi le chantier de tous les défis, dont celui d’évacuer plus de 43 millions de tonnes de terre. Et, à l’heure où les problématiques d’innovation technologique, environnementale et sociale n’ont jamais été aussi prégnantes, Anne et Nicolas y voient l’occasion de faire évoluer la filière Transport de manière franche. C’est ainsi qu’ils se rapprochent de Michelin et Renault Trucks pour créer une flotte exemplaire. Pouvez-vous revenir sur la genèse de ce partenariat ? Nous avons souhaité nous adosser à des fleurons français, qui ont une « aura » dans la filière. L’idée était de faire adhérer à notre projet des forces vives du territoire, reconnues pour leur savoir-faire made in France. Notre objectif commun était d’être à la pointe sur le plan technologique et environnemental, stratégie qui a abouti à notre intégration à la communauté du Coq Vert. Paname est innovante en termes de technologie, mais pas que… En effet, nous avons voulu être innovants jusque dans notre financement. Ainsi, Paname a été à l’origine de la première levée de fonds en financement participatif dans le transport. Un choix qui trouve son origine dans l’ADN même de Paname : la France construit sa capitale. Nous avons donc proposé aux Français d’investir dans l’économie réelle, chaque euro investi faisant vivre un chauffeur français. L’innovation est-elle donc aussi sociale ? Oui, nos chauffeurs viennent de toute la France. Des quartiers que le Grand Paris Express va traverser, mais aussi de nos régions. Chaque semaine, nous partageons des moments privilégiés avec des chauffeurs du Massif Central en grand déplacement pour la semaine. « Les petits bougnats du Grand Paris » sont une fierté pour nous et ont permis à ces profils de s’épanouir personnellement et professionnellement grâce à une rémunération attractive. Paname nous a aussi donné la possibilité de recruter des profils débutants et ainsi créer de nouvelles trajectoires de vie. Récemment partenaire d’Impact Tank, nous voulons approfondir cette vision élargie de l’innovation sociale dans une logique de maximisation de notre impact.
- LA SEINE, L'ARTÈRE FLUVIALE DE LA VIE EN VILLE : FRANÇOIS MARIE DIDIER, PRÉSIDENT DU SIAAP
La baignade en Seine n’est pas une idée neuve. Nombre d’entre nous sont nés et ont toujours connu cette ambition. Mais ce qui a pu sembler être une chimère ou une lubie est sur le point de devenir réalité. Il s’agit d’un projet collectif, porté par les élus, les pouvoirs publics et appuyé par un savoir-faire industriel notamment mis en œuvre par le SIAAP depuis cinq décennies. En 1970, seules trois espèces de poisson frayaient dans la Seine. Elles sont aujourd’hui dix fois plus nombreuses. Preuve que la qualité du fleuve s’est améliorée, des saumons peuvent être recensés en l’aval de Paris. Un poisson si sensible n’aurait jamais remonté la Seine sans y trouver un milieu qui lui soit favorable. Nous amorçons désormais la dernière ligne droite. Il nous reste deux étés pour être prêts, avec les services de l’État, les collectivités locales et territoriales, et les organisateurs des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 (JOP). Avec la population elle-même et l’ensemble de nos parties prenantes, nous œuvrons à la préservation de la biodiversité de la Seine, de la Marne et de leurs rives. Il ne s’agit pas du moindre des défis. Mais, si l’ampleur de la tâche est importante, la mobilisation de chaque agent du SIAAP est à la hauteur de l’enjeu. Chaque jour, le SIAAP traite les eaux de plus de 9 millions de Franciliens, acheminées par un réseau d’une formidable complexité. À ce titre, les égouts sont une des clefs de voûte de la baignade en Seine et en Marne. Nous devons donc nous assurer collectivement de la conformité des raccordements des habitations au réseau des égouts. C’est pourquoi, le SIAAP a mis en ligne un site d’aide à l’information des citoyens : monbranchement.fr. Quelques clics permettent ainsi à chaque habitant de vérifier s’il y a un risque que son habitation ne soit pas bien raccordée. Voilà une de nos actions concrètes au service de la préservation du milieu naturel et de la baignade. Se baigner dans ces deux artères fluviales est une promesse que nous entendons tenir sur le long terme. Le projet industriel et environnemental que nous déployons ne vise pas seulement l’échéance des JOP, il traduit l’ambition d’une baignabilité pérenne. En 2024, nos agents auront démontré leur savoir-faire exceptionnel, qui aura permis cette reconquête écologique. Des moyens importants sont nécessaires pour parachever cette ambition. La réussite sera le fruit d’une action efficace de tous les acteurs, d’une mobilisation humaine sans précédent et d’un investissement sans équivalent. Dans ces trois dimensions, le SIAAP tient et tiendra sa place. Les JOP Paris 2024 seront un évènement majeur pour un projet humain et environnemental de grande ampleur. Au SIAAP, nous travaillons aussi pour que chaque agent et chaque élu francilien puisse en être fier.
- LE SENS DE L’ACTION PUBLIQUE : MATHILDE CHARPENTIER
APRÈS DIX ANS CHEZ EPAMARNE/EPAFRANCE, MATHILDE CHARPENTIER DIRIGE DÉSORMAIS LA COMMUNICATION ET LES RELATIONS PUBLIQUES DE L’EPA PARIS-SACLAY, OÙ ELLE EXERCE SES RESPONSABILITÉS AVEC UN SENS AIGU DE L’ÉCOUTE ET UNE CONNAISSANCE ÉPROUVÉE DU TERRAIN. PROPOS RECUEILLIS PAR ELENA JEUDY BALLINI. Avec l’expérience qu’on lui connaît et au vu de ses nombreuses compétences, la perplexité se fait jour lorsque Mathilde Charpentier avoue qu’au départ, la communication n’était pas une vocation. Et pourtant ! À l’origine de son parcours, un premier job pour World Media Network, réseau international de presse et filiale de Libération. Très vite, on lui confie les rênes des relations presse et Mathilde découvre alors un univers passionnant. Elle y restera sept ans. « World Media Network m’a permis de travailler avec les rédacteurs en chef des plus grands journaux mondiaux sur des questions internationales de premier plan. C’était exceptionnel pour un début de carrière, infiniment stimulant ! », confie-t-elle. Et novateur : la filiale se positionne rapidement sur Internet au début des années 1990, époque où le média est peu présent en entreprise et encore moins dans les foyers. Après plusieurs expériences en communication dans le privé, elle rejoint en 2002 le département équipement numérique des territoires de la Caisse des Dépôts comme responsable de la communication, notamment en charge de promouvoir les services et les usages de l’Internet. Âgée de 30 ans, elle décide alors de reprendre des études supérieures. Mathilde entrera à EpaMarne/EpaFrance en 2006 après avoir décroché, avec mention très bien, son DEA en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Nanterre. « J’ai dû m’adapter à quatre directeurs en l’espace de dix ans. Cela entretient le sens de l’écoute et de l’agilité ! », sourit-elle. Une expérience approfondie du terrain Soucieuse de travailler au service de l’intérêt général, elle se verra confier la direction de la communication de l’Ined en 2016 avant que l’EPA Paris-Saclay ne lui tende les bras en lui proposant, outre de définir et mettre en œuvre la stratégie de communication de l’établissement, d’impulser des actions intégrant l’urbanisme transitoire et promouvant la culture au sein du projet urbain. Une perspective lui permettant d’associer la double compétence aménagement-recherche qu’elle affectionne tant – pour laquelle tous lui reconnaissent un véritable talent – et d’en développer de nouvelles. « Être confrontée à des problématiques, des acteurs et des enjeux différents m’a permis de me renouveler et de relever à chaque fois de nouveaux défis. », explique-t-elle. Figurant au nombre des premiers membres d’Acteurs du Grand Paris, Mathilde Charpentier place son expertise au service des synergies, dont le développement est fondamental pour le club comme pour la métropole parisienne. Loin de tout calcul, elle appréhende chaque opportunité avec le feeling de celles et ceux qui ont une expérience approfondie du terrain. Pasteur ne disait-il pas que « le hasard ne favorise que les esprits préparés » ?
- PARIS-SACLAY : LE COUP D'ACCÉLÉRATEUR
Alors que le campus urbain commence à prendre définitivement vie, de nouveaux quartiers entrent désormais en phase aménagement : Corbeville sur le plateau de Saclay, mais aussi Satory Ouest à Versailles ou la ZAC des Savoirs à Guyancourt. De quoi renforcer les liens entre les trois communautés d’agglomération concernées sur les deux départements des Yvelines et de l’Essonne. PAR CATHERINE BERNARD. Son nom est mondialement renommé : il figure à la 13e position du classement international de Shanghai des universités les plus prestigieuses et est connu de tout ce que le monde compte d’investisseurs en nouvelles technologies. Et pourtant, la petite commune de Saclay, dans l’Essonne, ne recense que quelque 4 300 habitants ! Mais le nom de la bourgade s’est, en une décennie, érigé en concept à l’échelle mondiale. Réhabilitation de la Halle Piano, naguère propriété de Thales à Guyancourt, sur le territoire de Saint-Quentin-en-Yvelines. Sur le campus urbain, qu’aménage depuis plus de 10 ans l’Établissement public d’aménagement de Paris-Saclay (Epaps) avec les collectivités concernées, les derniers grands représentants du monde académique ont désormais pris leurs quartiers : l’impressionnante Ecole normale supérieure de Paris Saclay, dessinée par Renzo Piano, a accueilli ses 1 700 étudiants et 300 enseignants chercheurs en septembre 2021. Le campus d’AgroParisTech, dessiné par les architectes Marc Mimram et Jean-Baptiste Lacoudre, ouvrira lui ses portes en septembre 2022, tout comme le pôle BPC (biologie-pharmacie-chimie) de l’Université Paris-Saclay. Les grands centres de recherche privés ne sont pas en reste : côte à côte se construisent ainsi le nouveau centre de recherche de Danone et celui de Servier, qui ouvrira au printemps 2023. En attendant celui promis par LVMH. Bientôt commenceront les travaux du « Central », ce quartier mixte innovant de plus de 60 000 mètres carrés dans le quartier de l’École polytechnique. Désormais, la vie s’installe sur un plateau qui semblait, jusqu’alors, condamné à des travaux permanents : la nouvelle brasserie de la ZAC, située sur la commune de Palaiseau, fait le plein et l’arrivée de familles dans le quartier du Moulon a impulsé l’ouverture de l’école et de commerces de plus en plus nombreux. Alors que le chantier de la ligne 18 du Grand Paris Express, qui reliera l’aéroport d’Orly à Versailles- Chantiers, bat son plein, l’aménagement du troisième quartier du plateau a déjà commencé : il s’agit de Corbeville, situé à mi-chemin entre le Moulon et l’École polytechnique. Le futur hôpital de Paris-Saclay et le complexe sportif sont en construction, et les premières consultations pour des logements étudiants et familiaux ont déjà été lancées. L’aventure commence en territoire yvelinois Mais l’opération d’intérêt national déborde désormais de son périmètre essonnien. À Guyancourt, sur le territoire de Saint-Quentin-en-Yvelines, le top départ de la réhabilitation de la Halle Piano, naguère propriété de Thales, est lancé. Elle fera l’objet d’un projet d’urbanisme transitoire dès 2024 et constitue le premier jalon du futur quartier des Savoirs qui doit voir le jour dans la ZAC Gare de Guyancourt-Saint-Quentin. À Versailles Grand Parc, sur Satory Ouest, les véhicules de chantier commencent à arriver. Le laboratoire de Mines ParisTech devrait être terminé en 2024, tout comme la construction d’un parking silo et d’un restaurant collectif. Les premières consultations pour la construction de logements seront lancées au 2e semestre 2022. Signe des temps : pour son édition 2022, Paris-Saclay Spring, l’événement dédié à l’innovation, rassemblait cette année en nombre des acteurs venus des territoires yvelinois de Paris-Saclay. Le campus d’AgroParisTech, dessiné par les architectes Marc Mimram et Jean-Baptiste Lacoudre. « Nous devons faire de Satory Ouest un quartier exemplaire » POUR FRANÇOIS DE MAZIÈRES, PRÉSIDENT DE VERSAILLES GRAND PARC (YVELINES), LA CONSTRUCTION DU NOUVEAU QUARTIER DOIT HARMONIEUSEMENT S’INTÉGRER DANS L’EXISTANT. « À Versailles Grand Parc, l’opération d’intérêt national se traduit notamment par l’aménagement du quartier de Satory Ouest, qui devrait accueillir à terme 4 200 logements. Nous devons en faire un quartier exemplaire du XXIe siècle, mixant activités et logements et sortant de la logique le corbusienne d’organisation par secteurs. Il est important d’inscrire cet aménagement dans le temps et de bien le phaser avec l’arrivée du futur métro, prévue en 2030. Le danger est de construire trop vite, et pas bien. Nous devons également tisser un lien harmonieux entre la ville et les surfaces agricoles toutes proches. C’est pourquoi, nous pensons avec beaucoup de soin l’organisation de cette ZAC. Le quartier baptisé « Lisières » (700 logements) va faire l’objet d’une promotion immobilière dès 2023. Il s’inspire du quartier Vauban à Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne. Un parking silo sera situé à son entrée. La circulation, ensuite, se fera essentiellement à pied ou à vélo. Sans être doctrinaires, il s’agit de repenser le rôle du véhicule particulier pour redonner du calme aux îlots d’habitation. Mais Satory sera aussi un pôle académique, avec l’implantation très prochaine des laboratoires de Mines ParisTech, et un pôle économique et de recherche. D’ores et déjà sont présents l’institut Vedecom, dédié aux nouvelles mobilités, l’université Gustave Eiffel et une piste d’essais, qui doit être reconstruite. » « Il est nécessaire de tisser des liens entre le plateau et les villes pré-existantes » PRÉSIDENT DE LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DE PARIS-SACLAY, GRÉGOIRE DE LASTEYRIE SOULIGNE L’ENJEU D’INTÉGRER LE CLUSTER SCIENTIFIQUE DANS LES VILLES DE LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION. « C’est une fierté pour notre territoire que le pari de créer un grand pôle d’innovation ait déjà en partie été réussi. L’université de Paris Saclay est la première université européenne au classement de Shanghai et Paris-Saclay est reconnu par le MIT comme l’un des huit pôles mondiaux d’innovation. Nombre d’entreprises font en outre le choix de s’installer sur le plateau. EDF a été pionnier, LVMH comme Intel sont en train de regarder, sans oublier Servier ou Danone. Un grand chemin a été parcouru en dix ans et je suis sûr qu’un chemin tout aussi important reste à faire dans les prochaines années. L’arrivée du métro est essentielle pour desservir ce quartier. Pour les maires, l’enjeu est de tisser des liens entre ce nouveau pôle et nos villes actuelles, qui se trouvent plutôt dans la vallée. Cela suppose de créer de la vie dans ces nouveaux quartiers, de construire les équipements publics indispensables, mais aussi de faire en sorte que leurs habitants découvrent les parties plus anciennes des communes, et réciproquement. À Palaiseau, des commerces sympathiques commencent à ouvrir sur le plateau et cela contribue à faire venir des habitants. Pour ma part, je propose systématiquement aux entreprises qui s’implantent de leur faire faire le tour du territoire. À l’inverse, j’organise régulièrement des visites en car du nouveau quartier et, à chaque fois, il fait le plein ! » « SQY est le cœur économique de Paris-Saclay » JEAN-MICHEL FOURGOUS, PRÉSIDENT DE SQY, SE RÉJOUIT DE VOIR LES LIENS ENTRE LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION QU’IL PRÉSIDE ET LE PLATEAU DE SACLAY S’INTENSIFIER. « Avec plus de 17 000 entreprises et 5 filières d’excellence (mobilité, sécurité, santé, numérique, smart city), Saint-Quentin-en-Yvelines est le cœur économique de Paris-Saclay, le 3e bassin de recrutement des cadres et ingénieurs de R&D en Île-de-France. On compte 35 groupes de plus de 500 salariés : Renault, Bouygues, Crédit Agricole, Thales,… qui attirent dans leur sillage de nombreuses PME, TPE et start-up qui nourrissent notre stratégie d’innovation. Complété par une offre universitaire large, ce potentiel explique notre croissance remarquable en matière d’immobilier d’entreprise avec près de 175 000 m² de transactions en 2021 et 300 000 m² de projets en développement. De très nombreux aménagements témoignent de notre dynamisme : la réhabilitation de l’hypercentre autour de la gare de Montigny-le-Bretonneux ; la constitution d’un pôle de haute technologie, SQY High Tech, sur les communes de Plaisir, Élancourt, Trappes, Les Clayes-sous-Bois ; la ZAC Gare-Bécannes à La Verrière ; la ZAC de La Remise à Voisins-le-Bretonneux ; enfin, la ZAC du Quartier des Savoirs à Guyancourt. À proximité immédiate du technocentre Renault et de la nouvelle gare du Grand Paris Express, ce quartier, qui pourrait accueillir environ 2 000 logements, est l’un des sites stratégiques de SQY. D’ores et déjà, un accord-cadre de maîtrise d’œuvre vient d’être attribué à un groupement piloté par Carrière Didier Gazeau pour réhabiliter la Halle Piano, naguère occupée par Thales. »
- ACTEURS DU GRAND PARIS ET LE GROUPE SOS FONT LE PARI(S)DE L’INNOVATION SOCIALE
EN CETTE RENTRÉE, ACTEURS DU GRAND PARIS ET LE GROUPE SOS S’ASSOCIENT POUR FAVORISER L’INNOVATION SOCIALE SUR LE TERRITOIRE MÉTROPOLITAIN. AU PROGRAMME DE L’ANNÉE 2022/2023 : UN RÉFÉRENTIEL ET UN PRIX POUR RÉCOMPENSER LES MEILLEURES INITIATIVES EN LA MATIÈRE. PROPOS RECUEILLIS PAR STÉPHANIE PROUVOST. A-t-on connu projet urbain plus ambitieux que celui du Grand Paris depuis les grands travaux du baron Haussmann au XIXe siècle ? Sa réorganisation urbaine a amélioré la qualité de vie de milliers d’habitants. Mais qu’en est-il du Grand Paris ? Évaluer ses programmes est essentiel pour savoir s’il remplit une telle promesse », estime Yohann Marcet, directeur général du pôle Expertises et Impact du Groupe SOS. C’est de ce constat qu’est né le projet de référentiel d’innovation sociale. Imaginé par Acteurs du Grand Paris et le Groupe SOS, son chantier sera lancé dès septembre 2022. Ses objectifs ? Renforcer les capacités d’innovation des porteurs de projet. Répondre à leurs besoins d’autoévaluation. Et soutenir les projets d’intérêt général sur la métropole. Une idée qui s’est imposée d’elle-même quand les chemins d’Acteurs du Grand Paris et d’Impact Tank du Groupe SOS se sont croisés au printemps 2022. « Nous avons réalisé qu’Impact Tank avait des talents pour décortiquer scientifiquement les projets. Et que nous, nous rassemblons des acteurs en attente d’évaluer l’impact de leurs actions », confirme Thomas Hantz, président d’Acteurs du Grand Paris. Rassembler des acteurs complémentaires autour de la table Le think tank dédié à la mesure d’impact – lancé par le Groupe SOS en partenariat avec la Croix-Rouge et des universités de renom telles que Sciences Po, l’Université Paris Dauphine-PSL ou le CNAM – entend réunir le monde de la recherche et le terrain. Au-delà des décideurs et financeurs publics et privés du Grand Paris, Impact Tank prévoit ainsi de faire appel à des sociologues, des ethnographes et des économistes pour apporter un éclairage pluridisciplinaire. De quoi aboutir à une vision 360 degrés de la mesure d’impact des projets de transformation des villes. La démarche se veut pragmatique : « Pas de grande idéologie. Nous souhaitons un outil efficace pour les acteurs du terrain », affirme Yohann Marcet. Émeline Stievenart, directrice scientifique de l’Impact Tank, considère d’ailleurs qu’il ne sera pas nécessaire de partir de zéro : « Nous commencerons par recenser toutes les études d’impact déjà menées au sein du Grand Paris. » Faire toute la lumière sur les projets du Grand Paris Passer de l’intuition à la preuve, c’est ce que proposera ce référentiel. Acteurs de l’immobilier, aménageurs, collectivités territoriales,… cela fait des années qu’ils ont la volonté de créer des projets plus inclusifs. Ils mettent des clauses sociales dans les marchés, embauchent en contrat d’insertion ou se rapprochent des acteurs de l’économie sociale et solidaire. Mais, in fine, personne n’est véritablement capable d’apprécier les effets de ces opérations. « D’autant plus que, parfois, des actions à première vue vertueuses ne le sont pas. À l’inverse, des actions qu’on sous-estime ont un fort impact de transformation. Nous souhaitons aider les porteurs de projet à évaluer le caractère vertueux de leurs mesures afin qu’ils tirent des conclusions objectives et améliorent leurs pratiques », confie Thomas Hantz. Impact Tank va regarder la vérité en face. « Il faut avoir l’honnêteté d’étudier les effets indirects collatéraux. Par exemple, si on survalorise un quartier, la population fragile se déplace vers le quartier d’à côté. Il faut aussi se questionner sur le ratio entre l’impact et les ressources mobilisées pour s’assurer de l’efficience d’un projet », explique Émeline Stievenart. Un plaidoyer positif autour de l’innovation sociale Le référentiel rendra lisible les actions qui ont fait leurs preuves. Nicolas Prunières, fondateur de Paname TP, gère sa PME avec conviction et peut s’enorgueillir d’un partenariat réussi avec Emmaüs Défi. Avec ce référentiel, il espère que « les grands groupes ne vont plus se contenter des critères de coût pour choisir des sous-traitants et qu’enfin les volets sociaux prendront du poids ». Thomas Hantz va même plus loin : « Aider les maîtres d’ouvrage à mesurer l’impact social sur des bases scientifiques rationnelles, c’est aussi un acte démocratique pour mieux rendre compte. » Les enjeux sociétaux et environnementaux actuels sont plus que jamais pressants. Il est temps de « porter, auprès des pouvoirs publics et des financeurs, la bonne parole sur l’urgence de financer les dispositifs qui marchent le plus », complète Yohann Marcet. Les Prix de l’innovation sociale, dont l’appel à candidatures sera proposé en septembre 2022, devraient participer à prêcher les convaincus et inspirer les autres. Une manière de créer l’émulation et de suivre les pas du baron Haussmann. Tout le monde à pied d’œuvre !
- LA FRANCE OFFRE TOUT CE QUI PERMET À LA NATURE D’ÊTRE GÉNÉREUSE : GUY SAVOY
POUR GUY SAVOY, DONT LE RESTAURANT AU PREMIER ÉTAGE DE LA MONNAIE DE PARIS OFFRE UNE VUE IMPRENABLE SUR LA SEINE, LE GRAND PARIS DOIT ÊTRE UN VECTEUR D’AFFERMISSEMENT DE L’EXCELLENCE FRANÇAISE. ENTRETIEN. PROPOS RECUEILLIS PAR JACQUES PAQUIER. « LE SUCCÈS RÉSULTE D’UNE MULTITUDE DE PARAMÈTRES. C’EST UN MÉLANGE DE SAVOIR-FAIRE, DE DIVERSITÉ DANS CE SAVOIR-FAIRE, D’ENVIE, D’AUDACE… » Vous êtes un amoureux de Paris… Des fenêtres de mon restaurant de la Monnaie de Paris, je vois à la fois l’Institut, le pont des Arts, les bouquinistes, le Louvre, la Samaritaine, le pont Neuf… C’est magique ! Quels sont, selon vous, les freins au développement de l’excellence française, dont vous êtes, en matière gastronomique, l’un des fleurons ? Pour moi, qui défends, à mon niveau, l’excellence, j’aimerais que celle-ci soit contagieuse. J’ose espérer que l’on peut faire mieux, tout en tenant compte naturellement des contraintes de notre époque. En France, on n’explique sans doute pas suffisamment aux gens ce qu’est l’excellence ou encore ce mot que l’on a parfois du mal à prononcer : le luxe. Ici, on l’associe immédiatement à l’argent. Mais, avant d’arriver au luxe, quel boulot, quelle histoire ! Je pense à l’histoire des savoir-faire, à celle de la diversité. Prenons le secteur de la gastronomie. On peut dire que tous les pays du monde possèdent une cuisine. Pourquoi sommes-nous le pays de la gastronomie ? Pour une raison très simple : notre localisation nous permet de tout faire pousser. On bénéficie d’une diversité de paysages, de climats, sur un territoire relativement petit, de 550 000 kilomètres carrés... Océan, mer, montagnes, vallons, côteaux, forêts, fleuves et rivières, la France offre tout ce qui permet à la nature d’être généreuse. Cette générosité, grâce aux travail des hommes – et des femmes –, a suscité la curiosité des Français, les a conduits à observer, puis à développer une grande diversité de savoir-faire, pour les vins, la charcuterie, la pâtisserie, la boulangerie, la confiserie… Voilà pourquoi, nous sommes le pays de la gastronomie. Nous disposons d’une multitude de pièces du puzzle qui compose ce paysage culinaire. Et la gastronomie participe du paysage, que ce soient les vignes, les vergers, les cultures diverses, pâturages, alpages, etc. Il faudrait que l’on explique un peu mieux tout cela à nos concitoyens. Je suis peut-être un peu simpliste, mais cela passe nécessairement par ce type d’explication. Les Français ont un rapport ambivalent avec la réussite et ses signes extérieurs. Qu’en pensez-vous ? Un sondage indiquait, il y a quelques années, que 93 % des Français rêvaient de déjeuner dans un restaurant étoilé. Il y a donc une aptitude à accepter l’excellence et même à en bénéficier. Et en même temps, certains vont détruire des boutiques… J’ai du mal à les comprendre. Pourquoi en arriver là ? Si on peut parvenir à expliquer tout cela dans le cadre du Grand Paris, en favorisant partout la création, l’innovation, ce sera parfait. Car, aujourd’hui, force est de constater que les gens viennent plus à Paris pour ce qui a été réalisé il y a des siècles que pour ce qui a été réalisé récemment. Paris continue de faire rêver, comme Florence ou Venise. J’avais un client, il y a quelques années, qui voyait 250 spectacles par an à Paris et en proche banlieue. Et on vous dit que les villes où il se passe des choses, c’est Londres et New York ! Mais ça bégaye un petit peu en ce moment. Si des acteurs privés, comme François Pinault, ne lancent pas des projets, il ne se passe pas grand-chose. Faisons rêver. Quand l’Hôtel de la Monnaie, où nous nous trouvons quai de Conti, a été créé en 1775, on ne disposait pas des moyens techniques d’aujourd’hui… Entre le Louvre et l’Institut… Mon kif, si l’on peut dire, c’est de traverser les deux cours du Louvre, puis la Seine par le pont des Arts, avec l’Institut de France face à moi. C’est tout simplement extraordinaire, tout comme le sont tous les hôtels particuliers des quais de Seine. Vous êtes né à Paris ? Je suis né à Nevers et j’ai grandi à Bourgoin-Jallieu, en Isère, puis j’ai fait un apprentissage de trois ans chez les frères Troisgros à Roanne, avant d’arriver dans la Capitale. Ma première place à Paris était chez Lasserre. Vous n’êtes donc pas un héritier, vous vous êtes fait vous-même… Mon père était jardinier à la ville de Bourgoin-Jallieu et ma mère tenait la buvette du jardin de la ville, voyez… Et savez-vous pourquoi j’ai décidé de venir m’installer à Paris ? En 1977, alors que travaillais chez Lasserre, je vais boire une menthe à l’eau sur les Champs-Élysées. Quand j’ai vu son prix, je n’ai pas porté de jugement. Mais je me suis dit, à Bourgoin ou à la Tour-du-Pin, on fait un repas pour ce prix-là. C’est donc à Paris qu’il faudra que j’ouvre mon restaurant ! À quoi attribuez-vous votre succès ? J’ai toujours travaillé avec mon énergie, mon cœur. Si j’ai rallié autour de moi des convives qui aimaient mon style, c’est formidable. Le succès résulte d’une multitude de paramètres. C’est un mélange, encore une fois, de savoir-faire, de diversité dans ce savoir-faire, d’envie, d’audace… Hier soir, je citais encore une chanson de Brel, où il parle de Jojo, son copain qui vient de mourir : « Nous parlons en silence d’une jeunesse vieille, nous savons tous les deux que le monde sommeille, par manque d’imprudence. » Tout est dit ! J’ai été imprudent, bien évidemment. J’ai été extrêmement imprudent. Votre premier restaurant ? Rue Duret dans le 16e. Où je reste 7 ans, avant de déménager rue Troyon dans le 17e où je reste 28 ans, et cela fait 7 ans que je suis ici, à l’Hôtel de la Monnaie. Vous avez pris des risques ? Vous prenez des risques quand vous en avez conscience. Mais quand vous ne l’avez pas… Je me souviendrai toujours, à l’époque où j’avais emprunté de l’argent à 13,60 %. Vous imaginez… Dans les années 80, je ne m’en étais pas rendu compte, alors qu’au bout de 5 ans, mon comptable m’a dit que je n’avais pour l’instant remboursé que les intérêts et que, maintenant, je devais rembourser le capital. Avez-vous beaucoup souffert de la Covid ? On nous a tout de même fermés durant 3 et 7 mois. Mais j’ai la chance d’avoir beaucoup de Français, et de Parisiens, dans ma clientèle. Quand on a rouvert le 9 juin 2021, les Parisiens sont venus et nous ont beaucoup aidés. Il y avait un manque, donc il y a eu un afflux. Avant la crise, nous avions entre 4 et 6 tables de Coréens par jour. Ils reviennent progressivement, mais on n’est pas encore au niveau d’avant-crise. Aujourd’hui, on a tous les jours une table d’Indonésiens, une table de Thaïlandais, des nationalités que l’on ne voyait plus. Les Chinois ne peuvent toujours pas quitter leur pays. Et les Américains sont présents en grand nombre. On a d’abord eu ceux qui possèdent un pied à terre à Paris. Maintenant, beaucoup sont des touristes. Hier au soir, j’ai accueilli un couple de Bulgares, avec un couple de Français. Les Bulgares étaient à Paris pour voir l’exposition de Tatiana Trouvé au centre Georges Pompidou, dont vous avez un tableau derrière vous… Quand ils m’ont dit ça, je les installés en arc de cercle face à ce tableau. Ils sont venus ici parce qu’ils savaient que cette œuvre était là. J’ai la chance, cela se sait maintenant à travers la planète, que François Pinault me prête ses œuvres. Tout est important. On a besoin de cette énorme diversité qui mélange les savoir-faire techniques aux savoir-faire artistiques. Quel regard portez-vous sur l’alimentation en circuits courts ? On fait ça depuis longtemps ! La plupart de mes fruits et légumes proviennent des maraîchers franciliens. Savez-vous le nombre de maraîchers qui entourent Paris ? Quant à ma viande, elle provient de la Meuse. Comment définiriez-vous votre cuisine ? L’originalité dans l’originalité. La noblesse de notre métier, c’est de magnifier les produits dans des justes assaisonnements, des justes cuissons et en faisant attention au gras. On ne va pas mettre du beurre, de l’huile à outrance, lorsqu’il n’y en a pas besoin. Mon objectif, c’est de donner une deuxième vie aux produits.











