L'île-de-France verdit ses déplacements
- timotheedulud
- il y a 23 heures
- 3 min de lecture
Pour réduire ses émissions carbonées, la région Île-de-France soutient le développement des transports publics, routiers, des mobilités actives ou partagées, afin de proposer des alternatives à la voiture. Les secteurs de l’aérien et du fluvial ne sont pas en reste.

Après avoir obtenu le feu vert de la commission d’enquête publique en mai, le Plan des mobilités de la région Île-de-France doit être adopté à l’automne. Élaboré par la région Île-de-France et Île-de-France Mobilités, ce plan est « celui de tous les acteurs de la mobilité francilienne » et porte « une vision fédératrice, ambitieuse, mais réaliste, de notre région », déclare la présidente de région et d’Île-de-France Mobilités, Valérie Pécresse.
Ce Plan des mobilités s’inscrit dans la continuité des engagements de la collectivité, en articulation avec le Schéma directeur environnemental de la région Île-de-France (SDRIF-E), adopté en septembre 2024.
En raison de la faiblesse des émissions de gaz à effet de serre par passager transporté, les transports publics représentent une réelle alternative à la voiture individuelle. « Plus de 99 % du transport ferroviaire en Île-de-France est décarboné », souligne Amandine Martin, secrétaire générale de Transilien SNCF Voyageurs. « Chaque passager rejette 6 grammes de CO₂ par kilomètre contre 138 grammes en voiture. »
Dans l’ensemble du groupe SNCF, premier client d’EDF au niveau national, la priorité est à la sobriété énergétique, avec l’adoption d’écogestes et de mesures de type écoconduite.
100 % de bus propres en 2029

L’ensemble des lignes de trains et de RER est électrifié en quasi-totalité.
Les gares peuvent aussi contribuer à apporter davantage de services de proximité, ce qui évite des déplacements. C’est le principe de l’appel à projets « Gares de Demain », lancé en 2021 par la région Île-de-France en partenariat avec Île-de-France Mobilités et SNCF Gares & Connexions.
D’abord ciblée sur les gares recevant moins de 1 500 voyageurs par jour, cette initiative vient d’être relancée avec un seuil légèrement supérieur, fixé à 2 500 voyageurs quotidiens, avec l’objectif de soutenir une vingtaine de projets.
Quant aux lignes de bus et de cars régionales, elles ont engagé leur processus de verdissement, avec un objectif de 100 % de trajets à faibles émissions : en 2025 pour les lignes de Paris et de la petite couronne, et en 2029 au niveau régional.
« Nous opérons 500 lignes de bus, ce qui représente une flotte de 3 000 véhicules, dont 15 lignes express et 15 services de transport à la demande, ainsi que le PAM (Pour aider à la mobilité) régional », détaille Youenn Dupuis, directeur général adjoint de Keolis, en charge de l’Île-de-France.
« À ce jour, nous faisons circuler 600 véhicules décarbonés, dont 350 à motorisation GNV et 245 électriques, auxquels s’ajoutent quelques bus à hydrogène. Et nous allons intégrer 300 nouveaux véhicules à motorisation alternative au diesel en 2026. »

L’aérien se mobilise
Le secteur aérien n’est pas en reste. « 90 % des émissions d’une compagnie aérienne sont liées à la consommation de carburant des avions », remarque Vincent Etchebehere, directeur développement durable et nouvelles mobilités chez Air France. Le développement des carburants d’aviation durables (également appelés SAF, pour Sustainable Aviation Fuel) constitue donc un potentiel important de réduction des émissions. Les carburants d’aviation durables permettent de réduire les émissions de CO₂ jusqu’à 80 % en analyse de cycle de vie.
Les SAF achetés par Air France-KLM répondent à des critères de durabilité stricte : pas de concurrence avec la chaîne alimentaire, pas de déforestation et réduction d’au moins 65 % des émissions de CO₂ par rapport au kérosène fossile en analyse de cycle de vie.
Fixée à 2 % en 2025, cette proportion va augmenter progressivement pour passer à 6 % en 2030 et 20 % en 2035. « Air France-KLM a été le plus grand acheteur de SAF au monde en 2022 et 2023 ; aujourd’hui nous sommes toujours l’un des premiers acheteurs mondiaux, mais il faut que la filière se développe pour atteindre nos ambitions de décarbonation », précise Vincent Etchebehere.
Quant au fluvial, depuis 2018, Voies navigables de France et Haropa Port déploient en partenariat, sur le bassin de la Seine, un réseau de bornes de distribution d’eau et d’alimentation électrique à destination des bateaux à quai.
Au total, 110 bornes seront déployées pour les bateaux de fret et de croisière d’ici à 2026, permettant de réduire les pollutions et les émissions de CO₂.




Commentaires