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- « Nous transformons des actifs obsolètes en immobilier durable »
Au sein d'Ardian, qui gère 200 Md€ d'actifs, l'équipe Real Estate a considérablement élargi son terrain de jeu : du bureau, sa classe d'actifs d'origine, elle est passée au résidentiel, au logement étudiant, au retail de luxe et au self-stockage. Omar Fjer, Head of Real Estate France et Managing Director, défend une stratégie de diversification des usages adossée à un même fil conducteur, la décarbonation. Omar Fjer. Comment Ardian se situe-t-il dans la chaîne de valeur de l'immobilier ? Ardian est un fonds de private equity qui gère aujourd'hui quelque 200 milliards d'actifs, répartis sur trois grandes verticales : le private equity, les actifs réels et la dette privée. Dans cet ensemble, l'immobilier occupe une place à part. Nous ne sommes pas des acteurs finaux : nous sommes des transformateurs d'actifs. Nous partons de biens obsolètes et nous les remettons au goût du jour, durablement. Nous avons d'abord investi le bureau, sur nos deux premiers fonds, autour d'une conviction : la décarbonation. Le bureau a longtemps été la classe d'actifs la plus avancée sur ce terrain, avant d'être rejoint par les autres. La crise née de la guerre en Ukraine, le retour de l'inflation et le durcissement monétaire ont provoqué un choc qui nous a obligés à regarder ailleurs. Nous sommes ainsi passés au résidentiel, au résidentiel géré - notamment étudiant - et au self-stockage, une forme de garde-meuble 2.0. Le logement étudiant est devenu un axe stratégique à l'échelle paneuropéenne. Pourquoi ? Parce que le besoin est massif, à l'échelle de l'Europe. Le taux de couverture - le rapport entre le nombre d'étudiants et le nombre de logements dédiés - oscille selon les pays entre 10 et 15 %. C'est un sous-équipement chronique, que la démographie ne fait qu'aggraver : les mobilités étudiantes, internationales comme domestiques, ne cessent de croître. Les pouvoirs publics eux-mêmes ont annoncé la création de plusieurs dizaines de milliers de logements. Nous voulons apporter notre brique à cet effort collectif, en sachant que l'offre peinera à rattraper la demande. Notre approche reste très locale : on ne fait bien de l'immobilier qu'en connaissant la manière dont les gens vivent, habitent et consomment. Là où nous n'étions pas présents, comme aux Pays-Bas, nous nous sommes associés à un gestionnaire spécialisé pour bénéficier de son ancrage de terrain. Première résidence étudiante en France (Bordeaux), actuellement en construction. Vous établissez un lien direct entre le bien-être des occupants et la performance financière. Comment se traduit-il ? Faire de l'immobilier, c'est répondre à un besoin : plus vous y répondez précisément, mieux votre bien se loue ou se vend. Un actif bien situé, de bonne qualité, doté de réelles performances environnementales, crée de la valeur pour les deux parties. Pour le locataire, c'est une facture d'énergie qui ne flambe pas, des espaces communs qui évitent d'aller chercher ailleurs des services payants. Pour le propriétaire, c'est un revenu pérenne. On oppose souvent performance financière et intérêt de l'utilisateur : c'est faux. La durabilité n'est rien d'autre que l'adéquation aux besoins. Un actif durable, c'est un bien dans lequel je n'ai pas à réinjecter sans cesse du capital pour le remettre aux normes. Voilà pourquoi elle est au cœur de notre stratégie : par conviction, mais aussi parce qu'elle crée de la valeur. Vos décisions s'appuient sur des certifications exigeantes et sur un outil interne, le Real Score. Quel rôle jouent ces critères ? Ce sont moins des critères de sélection à l'entrée que des indicateurs de la qualité de notre travail. Nous ne cherchons pas des actifs déjà vertueux : ceux-là n'ont pas besoin de nous. Nous recherchons au contraire des biens dont les indicateurs sont mauvais, pour les améliorer. Notre valeur ajoutée tient dans cet écart, entre l'actif obsolète acquis et l'actif transformé remis sur le marché. C'est aussi pour cela que les partenariats opérationnels comptent : avec Rockfield, dans le logement étudiant, nous avons élargi notre périmètre et démultiplié nos capacités. Dans le self-stockage, nous avons racheté deux entreprises en France pour nous appuyer sur les meilleurs spécialistes du secteur. Atout-Box, entreprise de self-stockage en portefeuille. À cinq ou dix ans, comment voyez-vous évoluer la répartition de votre portefeuille entre bureaux, résidentiel et actifs alternatifs ? C'est difficile à dire : nous traversons une transformation profonde. Le Covid a bouleversé nos modes de vie plus encore que la crise financière. Nous gardons des convictions fortes sur le bureau : le bon bureau continuera de performer, malgré les effets de balancier du télétravail. Mais cette mutation oblige à imaginer une ville plus intelligente. Le self-stockage, par exemple, désengorge des logements devenus trop petits pour les budgets : il répond à un besoin ponctuel bien réel. Ce que nous ferons demain dépendra, pour une large part, de l'évolution des modes de vie.
- Quand l'alternance devient un levier de performance sociale et de fidélisation
Marie, ambassadrice alternance au sein du groupe Rekeep, témoigne de l'opportunité qu'a représenté pour elle, en tant qu'étudiante, cette modalité de formation dans son entrée dans la vie active et son parcours professionnel. Marie Vangrevelinge. Mon parcours au sein de Rekeep illustre pleinement la volonté de l'entreprise d'investir dans la formation des jeunes talents et de les accompagner durablement dans leur développement professionnel. Après l'obtention d'un BTS Commerce International, j'ai souhaité enrichir mon parcours en intégrant un Bachelor Marketing et Communication. C'est dans ce cadre que j'ai rejoint Rekeep, il y a trois ans, pour effectuer une alternance de deux années au sein du service Communication. Dès mon arrivée, j'ai été pleinement intégrée aux équipes et associée à des missions concrètes, en lien avec la stratégie et les projets de l'entreprise. Cette immersion progressive m'a permis de découvrir le fonctionnement d'un groupe international tout en développant des compétences techniques, organisationnelles et relationnelles essentielles à mon évolution. Au-delà des missions qui m'ont été confiées, cette alternance s'est distinguée par la qualité de l'accompagnement dont j'ai bénéficié. Encadrée par des collaborateurs investis dans la transmission de leurs savoir-faire, j'ai progressivement gagné en autonomie et en responsabilités. Cette approche, fondée sur la confiance et le développement des compétences, fait partie de l'ADN du groupe Rekeep en matière d'alternance. L'une des forces du groupe Rekeep est d'offrir à ses alternants un environnement propice à la découverte, à l'apprentissage et à l'évolution. L'objectif ne consiste pas uniquement à former un étudiant pendant la durée de son cursus, mais à lui permettre de construire un véritable parcours professionnel et, lorsque les opportunités le permettent, de poursuivre son évolution au sein du Groupe. En tant qu'ambassadrice de l'alternance, je mesure pleinement la valeur de ce dispositif. L'alternance représente bien davantage qu'une voie de formation : elle constitue un véritable levier de transmission des savoir-faire, d'intégration et de fidélisation des talents. Elle permet aux étudiants d'acquérir une expérience concrète tout en favorisant leur insertion durable dans le monde professionnel. Mon parcours témoigne de cette ambition portée par Rekeep. En plaçant l'accompagnement, la confiance et la montée en compétences au cœur de sa politique de formation, l'entreprise offre à ses alternants les conditions nécessaires pour construire leur avenir professionnel et envisager une évolution durable au sein de ses équipes. L'alternance demeure, au sein de notre entreprise, un levier de performance et de fidélisation en formant, pour demain, les meilleurs ambassadeurs de notre groupe.
- « Grand Paris, territoire sous pression climatique : ce que les acteurs de l'aménagement ne peuvent plus ignorer »
Par Éric Malenfer, président de Gexpertise. Le Grand Paris est une réussite collective : douze millions d'habitants, 30 % du PIB national, un projet métropolitain d'envergure mondiale. Et simultanément, l'un des territoires les plus vulnérables aux aléas climatiques d'Europe occidentale. Ce paradoxe est désormais une contrainte opérationnelle pour chaque acteur. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. 435 communes franciliennes sur 1 268 sont en zone inondable. 5 millions de Franciliens sont exposés à une crue centennale, qui générerait entre 30 et 48 milliards d'euros de pertes. La crue de 2016 a déjà mobilisé des cellules de crise dans les préfectures et les entreprises. À côté du risque inondation, la sécheresse géotechnique progresse. En 2022, plus de 40 000 sinistres liés au retrait-gonflement des argiles ont été déclarés en Île-de-France, le double de la moyenne décennale. Dans certaines communes de Seine-et-Marne, du Val-de-Marne ou de l'Essonne, les déclarations ont bondi de 300 %. Le phénomène s'aggrave à chaque été particulièrement chaud. La réponse réglementaire existe : PGRI Seine-Normandie 2022-2027, PAPI, loi Baudu, PNACC-3. Mais entre l'affichage politique et la mise en œuvre sur un projet précis — permis de construire, acquisition foncière, réhabilitation — subsiste un espace que chaque maître d'ouvrage doit combler par une expertise de terrain. Les assureurs l'ont compris : indemniser à l'identique, c'est programmer le sinistre suivant. La surprime Cat Nat est passée de 12 % à 20 % en 2023. Certains assureurs refusent de couvrir des biens en zones à risque avéré ; les fonds d'investissement intègrent les scores de résilience dans leurs due diligences. Anticiper fait la différence entre un projet qui aboutit et un projet qui s'enlise : connaître la topographie d'une parcelle soumise aux remontées de nappe, identifier les cotes de référence des PPRI, dimensionner noues, bassins et tranchées drainantes en conception plutôt qu'en correction de chantier, modéliser les flux hydrauliques d'une ZAC avant les terrassements. La renaturation de la Bièvre par le SIAVB, les programmes de désimperméabilisation de Nanterre, Vitry ou Paris, les ZAC conçues comme des éponges urbaines ne sont pas des opérations de communication : ce sont des réponses techniques à des contraintes documentées, avec des résultats mesurables — jusqu'à 30 % de réduction du débit de pointe en crue décennale sur la Bièvre. Pour les maires, c'est une question de responsabilité : un PLU ignorant le PGRI expose la collectivité à des recours. Pour les investisseurs, une question de valeur : un actif non adapté voit sa valeur se dégrader. Pour les professionnels de l'aménagement et du BTP, une question de méthode. Le Grand Paris de demain sera résilient ou ne sera pas compétitif. Ce choix se fait projet par projet, parcelle par parcelle.
- « Le foncier se raréfie : nous construisons désormais en hauteur »
À la tête d'une foncière familiale forte de plus de 1,2 million de mètres carrés en France, David Taïeb, président de BT Immo, développe à Aubervilliers un parc d'activités à étages, où les camions accèdent au quatrième niveau, et multiplie les data centers en Île-de-France. Entretien. David Taieb. Quelle est l'histoire de BT Immo et ce qui la distingue ? C'est une histoire familiale. Notre foncière accompagnait à l'origine une entreprise de textile d'import-export ; elle a accru son patrimoine au fil du temps et s'est professionnalisée. Nous sommes aujourd'hui propriétaires de plus de 1,2 million de mètres carrés dans toute la France, principalement en logistique et en locaux d'activités. Le groupe réunit plusieurs entités : l'une, associée à un fonds d'investissement international, porte de grands parcs logistiques de plus de 500 000 mètres carrés ainsi que des data centers. Dans la partie familiale, nous réalisons également des logements, des parcs d'activités et de la messagerie. Le panel est large, mais chaque entité est spécialisée dans son domaine. Quelle est votre actualité ? Elle est très axée sur le parc d'activités. Nous développons à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, 20 000 mètres carrés de parc d'activités à étages, en R+4 : des rampes permettent aux camions adaptés de monter jusqu'au quatrième niveau. Le foncier devenant de plus en plus rare et complexe, nous faisons comme tous les pays où il se raréfie : nous construisons en hauteur. Nous réalisons par ailleurs des data centers en Île-de-France – nous en avons plusieurs à notre actif –, le dernier a été créé à Dugny. Où vous situez-vous dans la chaîne de valeur ? Nous sommes à la fois promoteurs et investisseurs. Nous maîtrisons le foncier et les autorisations, nous construisons et nous conservons certains actifs en patrimoine quand d'autres sont cédés, selon les opérations. Notre portefeuille est mixte : logistique, parcs d'activités, data centers. Quel regard portez-vous sur le Grand Paris ? Le Grand Paris Express ne pourra que fluidifier la circulation. Il va développer les villes du second cercle : le premier, c'est Aubervilliers ; mais le réseau va desservir des communes en second rideau, les mettre en avant et agrandir le cercle de Paris. C'est une très bonne chose. Je cite Aulnay-sous-Bois parce que c'est une ville que je connais : un métro y arrivera directement de Paris et ramènera ses habitants bien plus vite que le train ne le faisait – et il en va de même pour toutes les villes alentour. Que souhaitez-vous ajouter ? Il faut prendre les atouts de la France et les développer au maximum. L'énergie nucléaire en est un, essentiel : nous n'avons ni pétrole ni gaz, mais nous disposons d'une électricité décarbonée, ce qui constitue un avantage par rapport à d'autres pays. Toute l'industrie qui repose sur cette électricité décarbonée doit être développée en France. Il faut réindustrialiser la France dans le domaine des nouvelles technologies.
- « Les grandes opérations de réhabilitation sont au cœur de notre culture »
Filiale du groupe Dentressangle, le promoteur Ogic a fait des grandes opérations, du haut de gamme et de la réhabilitation sa signature. Sa directrice générale Caroline Delgado-Rodoz revient sur son positionnement. Qu'est-ce qui vous distingue de vos concurrents ? Depuis 60 ans, Ogic impulse une vision nouvelle de la ville, qui réconcilie le bâti, le bien-être et la nature. Notre marqueur, ce sont les grandes opérations, le haut de gamme et la réhabilitation. Cette culture nous a conduits à de très belles transformations : l'ancien hôpital Richaud à Versailles ou les anciennes prisons de Lyon. Nous avons aussi remporté, il y a trois ans, la reconversion de l'ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris, rebaptisé Village Saint-Vincent-de-Paul, dont le chantier démarre cette année. Un savoir-faire assez unique pour intégrer la nature et le vivant dans chacune de nos opérations. Des opérations qui sont systématiquement labellisées en matière de biodiversité, ce qui nous engage un peu plus que les autres. Comment votre présence territoriale se traduit-elle en Île-de-France ? Elle est équilibrée entre l'Ouest et l'Est. Dans l'Ouest parisien, nous transformons le centre-ville de Saint-Germain-en-Laye avec, en cours, la reconversion de l'ancien hôpital. Mais nous menons aussi de très belles opérations en Seine-Saint-Denis, à Pantin, Montreuil, Aubervilliers ou Saint-Ouen. S'y ajoutent une activité de bureau significative et la transformation de bureaux en logements. Que change le Grand Paris Express à votre stratégie ? Les nouveaux réseaux modifient la morphologie de la région et nos implantations. Nous avons notamment un très beau projet à Issy-les-Moulineaux, au pied de la ligne 15, conçu avec l'agence MVRDV. Nous recherchons aussi les communes où le réseau se développe : Champigny se transforme à mesure que le métro arrive. Quelle place donnez-vous à la transformation du bâti existant ? Une place centrale. Transformer le bâti est un art exigeant pour garder l'âme des lieux tout en apportant un confort premium. Nous menons, par exemple, une très belle réhabilitation de bureaux, boulevard Haussmann : un immeuble ancien préservé et qui est rénové aux meilleurs standards environnementaux et techniques. Tout l'enjeu est d'optimiser les surfaces et les profondeurs, pour offrir des logements qualitatifs, et de les ouvrir sur de nombreux espaces extérieurs, gage d'agrément. Réhabilitation de l’ancien hôpital Richaud à Versailles.
- Mobilité électrique : l'Île-de-France à l'heure du passage à l'échelle
Le transport est au cœur de la transition énergétique en Île-de-France, premier secteur émetteur de gaz à effet de serre. Première région économique du pays, elle est à un moment charnière dans la transformation des mobilités, en particulier pour le transport de marchandises et de voyageurs. Pour Frédéric Sarrazin, Directeur Commerce Île-de-France chez EDF, la dynamique est engagée pour accélérer l'électrification des usages. Frédéric Sarrazin. Où en est-on aujourd'hui ? Nous avons franchi un cap. Les technologies sont matures, les infrastructures se déploient et les acteurs sont mobilisés. Plusieurs facteurs convergent : cadre réglementaire, pression climatique et enjeux de souveraineté énergétique. En France, l'électricité s'impose comme une solution compétitive, souveraine, bas carbone et abondante. Avec plus de 1,3 million de véhicules 100 % électriques en circulation et près de 190 000 points de recharge début 2026, dont 17 % en Île-de-France, la dynamique est forte. Elle est particulièrement visible sur les véhicules légers ; pour les mobilités lourdes, la transition se met en place. Où se situe aujourd'hui le véritable défi et quels freins reste-t-il à lever ? Le principal enjeu est désormais opérationnel : transformer les usages. Dans la logistique, des acteurs comme STAF doivent repenser leurs tournées et la recharge. Les freins restent surtout structurels. Pour les poids lourds ou le transport collectif, le coût d'acquisition et les infrastructures sont déterminants. Électrifier un dépôt suppose d'anticiper puissance, raccordement et recharge simultanée. Quel rôle joue EDF dans cette transformation ? Nous accompagnons nos clients de bout en bout : analyse des usages, dimensionnement et déploiement des solutions. Nous nous appuyons sur les expertises du Groupe - EDF Business Services (IZI by EDF, Izivia), Dreev - ainsi que sur des partenariats, comme avec Retrofleet, pour convertir des véhicules thermiques en électriques et faciliter l'accès aux certificats d'économies d'énergie. EDF développe aussi des solutions pour le transport lourd, comme Izivia Trucks avec, notamment, un investissement de 50 millions d'euros pour déployer des stations de recharge pour poids lourds et Opti e-Trucks, afin d'accompagner le déploiement et d'en optimiser les coûts. Comment EDF accompagne-t-il concrètement le financement ? EDF agit avec plusieurs leviers. Les certificats d'économies d'énergie permettent d'obtenir des primes pour l'acquisition de véhicules lourds électriques. Depuis le 1er juin 2026, les aides ont été revalorisées et peuvent dépasser 100 000 euros pour certains tracteurs routiers. En complément, EDF a engagé un dispositif de 80 millions d'euros pour soutenir l'électrification du transport lourd, secteur qui représente 7 à 8 % des émissions au niveau national. Il prévoit notamment une aide pouvant atteindre 15 000 euros par camion pour les TPE et PME ainsi que des hubs de recharge. Objectif : lever les freins économiques. Dans le Grand Paris, ces dynamiques répondent à des enjeux de qualité de l'air, d'attractivité et de décarbonation, dans un territoire où se joue concrètement la transformation des mobilités.
- "Le logement est devenu le concentré de toutes les fractures françaises"
Ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun défend son projet de loi de relance et de décentralisation du logement, examiné au Sénat en procédure accélérée depuis le 7 juillet. ANRU 3 dotée de 5 milliards d'euros, statut du bailleur privé, objectif de 2 millions de logements d'ici 2030 : l'ancien maire de L'Haÿ-les-Roses détaille sa méthode, forgée sur le terrain, et répond aux doutes sur le rendement locatif comme sur le calendrier parlementaire. PROPOS RECUEILLIS PAR JACQUES PAQUIER Vous avez qualifié la crise du logement de « véritable bombe sociale » et revendiquez neuf mois de concertation avec ce que vous appelez « l'équipe de France du logement ». Qu'est-ce qui, dans votre parcours, a forgé cette conviction que le logement était l'urgence par laquelle tout commence ? Je suis profondément convaincu que le logement est devenu le concentré de toutes les fractures françaises. Il y a encore quelques années, on considérait cette politique publique comme un sujet parmi d'autres. Aujourd'hui, elle conditionne tout, c'est-à-dire l'accès à l'emploi, le pouvoir d'achat, la réussite scolaire, la natalité, l'adaptation au changement climatique et, finalement, la cohésion de notre société. Cette conviction, je ne l'ai pas acquise dans un bureau ministériel, mais sur le terrain, comme maire. Derrière chaque demande de logement, il y avait une histoire de vie. C'est un jeune qui renonce à un emploi faute de pouvoir se loger, une famille qui ne peut plus s'agrandir, un commerçant qui ne trouve plus de salariés parce que les loyers sont devenus inaccessibles. Quand le logement se bloque, c'est toute la société qui ralentit. C'est précisément pour cela que j'ai souhaité réunir pendant neuf mois ce que j'appelle « l'équipe de France du logement ». L'État ne peut pas prétendre résoudre seul une crise de cette ampleur. Nous avons construit ce texte avec les élus, les bailleurs, les promoteurs, les architectes, les professionnels et les associations. Parce que la crise est collective, la réponse devait l'être aussi. Vous restez identifié comme le maire de L'Haÿ-les-Roses, ville marquée par les violences urbaines de 2023 dont votre propre domicile a été la cible. En quoi cette expérience d'élu de terrain, dans une commune du Val-de-Marne, nourrit-elle concrètement le texte que vous portez, notamment le volet « faire confiance aux maires » ? Être maire change profondément le regard que l'on porte sur le logement. On ne parle plus de statistiques ou de dispositifs, mais de rues, de quartiers, d'habitants. On mesure aussi à quel point les maires sont en première ligne : ce sont eux que les Français interpellent lorsqu'ils ne trouvent pas à se loger, lorsqu'un projet est bloqué ou lorsqu'un quartier a besoin d'être transformé. Pourtant, au fil des années, nous leur avons demandé toujours plus de responsabilités tout en leur retirant progressivement les moyens d'agir. Cette contradiction nourrit la défiance et ralentit les projets. Le texte que je porte repose sur une idée simple : nous ne relancerons pas durablement la construction contre les maires, mais avec eux. Les élus locaux connaissent leur territoire, ses besoins, ses équilibres. Leur redonner des marges de manœuvre, simplifier les procédures et leur faire confiance, ce n'est pas affaiblir l'État. C'est rendre notre action publique plus efficace. Le premier article de votre projet de loi lance un troisième programme national de renouvellement urbain pour 2030-2040, doté de 5 milliards d'euros. L'Union sociale pour l'habitat juge le texte « nécessaire mais pas suffisant » et s'interroge sur l'enveloppe. Que répondez-vous et quels quartiers franciliens ont vocation à en bénéficier ? L'Anru a profondément transformé de nombreux quartiers depuis plus de vingt ans. Nous voulons désormais ouvrir une nouvelle étape. L'Anru 3 ne sera pas uniquement un programme de rénovation des bâtiments, mais il devra être un projet global de transformation des territoires, intégrant le logement, les commerces, les équipements publics, les mobilités et la qualité de vie. Dans un contexte budgétaire exigeant, l'engagement de 5 milliards d'euros constitue un signal fort. Il permettra d'engager une nouvelle génération de projets et de donner de la visibilité aux collectivités. Les futurs quartiers concernés seront identifiés avec les élus locaux et les partenaires du renouvellement urbain. En Île-de-France, où les besoins restent considérables, de nombreux territoires pourront naturellement être accompagnés. Mais je tiens à rappeler que l'ambition n'est pas seulement de rénover des bâtiments : elle est de recréer des quartiers attractifs, mixtes et pleinement intégrés à leur environnement. Vous visez plus de 2 millions de logements d'ici 2030, soit 400 000 par an, quand les mises en chantier sont au plus bas depuis 1991. Beaucoup de vos prédécesseurs ont affiché des objectifs comparables sans les atteindre. Qu'est-ce qui vous permet de penser que cette fois sera différente ? Les objectifs ne suffisent pas. Depuis des années, la France additionne les annonces sans traiter les causes profondes de la crise. Nous avons choisi une approche différente. Pendant neuf mois, nous avons travaillé avec tous les acteurs du secteur pour identifier précisément ce qui bloque aujourd'hui la production de logements : le manque d'investissement, l'accumulation des normes, la longueur des procédures, mais aussi la perte de confiance entre l'État, les collectivités et les professionnels. Notre réponse repose sur quatre leviers complémentaires : un choc d'investissement, un choc de simplification, un choc de rénovation et un choc de décentralisation. Il ne s'agit pas d'une mesure isolée, mais d'une stratégie d'ensemble. C'est cette cohérence qui nous permet d'être confiants. La France sait construire lorsqu'elle s'en donne les moyens. Notre responsabilité est de recréer ces conditions. Vous dites vouloir agir « vite et fort, sans attendre la prochaine élection présidentielle ». Si vous ne deviez retenir qu'une seule mesure de votre passage au ministère, celle par laquelle vous souhaiteriez que l'on se souvienne de votre action… Je ne voudrais pas que l'on retienne une mesure, mais un changement de méthode. Pendant trop longtemps, nous avons administré la pénurie. Mon ambition est de remettre la France dans une logique d'offres. Cela signifie construire davantage, rénover davantage et simplifier davantage. Cela signifie aussi faire confiance aux élus locaux, aux bailleurs, aux promoteurs et à tous ceux qui bâtissent au quotidien. Si, demain, nous avons permis de remettre durablement le logement au cœur des priorités nationales et de recréer les conditions pour produire plus de logements partout sur le territoire, alors j'aurai le sentiment d'avoir été utile. La crise du logement est trop profonde pour être résolue par une seule mesure. Elle exige une vision et une mobilisation collectives. Le statut du bailleur privé, entré en vigueur avec la loi de finances 2026, repose sur un amortissement fiscal en contrepartie de loyers plafonnés. Mais avec des rendements locatifs nets souvent inférieurs à 3 %, hors risque d'impayés et de vacance, un épargnant obtient aujourd'hui mieux, sans aucune contrainte de gestion, sur de simples placements à terme ou des fonds euros. Comment convaincre les Français que l'avantage fiscal compense réellement cet écart ? Il faut d'abord rappeler une réalité : depuis plusieurs années, nous avons progressivement découragé l'investissement locatif privé. Les règles ont changé sans cesse, la fiscalité est devenue moins lisible et l'incertitude s'est installée. Résultat : des investisseurs se sont détournés du logement au moment même où notre pays en avait le plus besoin. Ce nouveau dispositif fiscal répond précisément à cette situation. Il ne s'agit pas de promettre des rendements exceptionnels, mais de recréer un cadre stable, durable et attractif. L'investissement immobilier ne se résume pas à un taux de rendement annuel. Il repose aussi sur la constitution d'un patrimoine, la valorisation du bien dans le temps et la sécurité d'un dispositif pérenne. Notre objectif, avec le Premier ministre, est de produire 2 millions de logements d'ici 2030 et, pour cela, il faut redonner confiance aux investisseurs tout en préservant un équilibre avec l'intérêt général. C'est le sens de cette réforme. Les professionnels de l'immobilier réclamaient un véritable statut fiscal du bailleur, aligné sur le régime du loueur en meublé, avec amortissement du bien y compris en location nue et déficit foncier élargi. Le dispositif actuel reste en deçà. Faut-il aller plus loin dans le prochain projet de loi de finances, et Bercy vous suit-il ? Ce nouveau dispositif constitue une avancée majeure, attendue depuis de nombreuses années par les professionnels. Il est le fruit d'un travail collectif et d'un équilibre entre l'objectif de relancer l'investissement locatif et la nécessaire maîtrise de nos finances publiques. Il n'est pas zoné, donc accessible partout sur le territoire, et il est disponible dans le neuf comme dans l'ancien. Ce sont des différences importantes avec le Pinel. Naturellement, aucune réforme n'est figée. Nous continuerons d'évaluer ce dispositif avec les acteurs du secteur et d'en mesurer les effets. Si des ajustements s'avèrent utiles demain, ils devront être examinés avec pragmatisme. J'ajoute qu'il vient d'être amendé par les sénateurs lors de son adoption au Sénat afin de le rendre encore plus avantageux et attractif dans l'ancien. Mais je crois qu'en matière de logement, la stabilité est presque aussi importante que les dispositifs eux-mêmes. Les investisseurs ont besoin de visibilité. Notre priorité est donc d'installer durablement ce nouveau cadre avant d'envisager d'éventuelles évolutions. Le plafonnement des loyers et les exigences de performance énergétique — étiquette D minimum, exclusion des chaudières fossiles — réduisent encore le rendement attendu. Ne craignez-vous pas que le cumul des contreparties dissuade précisément les épargnants que vous cherchez à mobiliser ? Nous devons sortir d'une logique qui opposerait systématiquement performance économique et performance environnementale. La transition énergétique est une nécessité, tout comme la mobilisation de l'investissement privé. Le rôle de la puissance publique est précisément de construire un équilibre entre ces deux exigences. C'est pourquoi nous avons choisi d'accompagner davantage les propriétaires plutôt que de multiplier les contraintes sans solutions. Le projet de loi renforce les outils de rénovation, simplifie les procédures et crée un cadre plus favorable à l'investissement. Notre ambition est de faire de la rénovation énergétique une opportunité de valorisation du patrimoine et non une source supplémentaire d'inquiétude pour les propriétaires. Le Sénat a entamé l'examen du texte le 7 juillet en procédure accélérée, mais la session s'est achevée à la mi-juillet et l'automne sera dominé par le budget. Quand espérez-vous une adoption définitive et avez-vous l'assurance du gouvernement que le texte ne sera pas victime de l'encombrement de l'agenda — voire d'une censure — d'ici la présidentielle ? La crise du logement est trop grave pour attendre. Depuis le premier jour, ma ligne est restée la même : agir vite et agir fort. Le gouvernement a pris ses responsabilités en déposant ce texte. Le Sénat s'en est saisi et l'a enrichi. C'est une bonne nouvelle et une première étape de franchie. Le débat parlementaire doit désormais suivre son cours. J'espère naturellement une adoption dans les meilleurs délais, car chaque mois perdu est un mois de plus pendant lequel des milliers de familles, d'étudiants ou de salariés peinent à se loger. Au-delà du calendrier, je constate que chacun reconnaît désormais l'urgence d'agir. C'est une évolution importante. La crise du logement est devenue un enjeu national qui dépasse les clivages traditionnels. Un dispositif d'amortissement fiscal représente une dépense pour l'État au moment où Bercy cherche des dizaines de milliards d'économies. Quel est le coût estimé du statut du bailleur privé en année pleine et comment le défendrez-vous face aux arbitrages du PLF 2027. Je me méfie toujours d'une approche qui consisterait à regarder uniquement le coût budgétaire d'une mesure sans en mesurer les bénéfices économiques et sociaux. La crise du logement a un coût immense pour notre pays. Elle freine l'activité, pénalise le recrutement des entreprises, renchérit les dépenses des ménages et limite la mobilité professionnelle. Le dispositif fiscal doit être considéré comme un investissement au service de la relance de l'offre de logements. Chaque logement construit ou remis sur le marché, c'est une famille qui trouve une solution, un salarié qui peut accepter un emploi, un territoire qui retrouve du dynamisme. Dans un contexte budgétaire exigeant, nous devons évidemment être attentifs à la dépense publique. Mais nous devons aussi être capables d'investir là où cela produit des effets durables pour l'économie et pour la cohésion du pays.
- « Nous sommes partenaires des élus et des territoires »
Promoteur immobilier indépendant et francilien, au capital familial, Fair' Promotion réunit une soixantaine de collaborateurs et compte plus de quarante ans d'existence. La société maîtrise la chaîne du projet, de la conception à la livraison, maîtrise d'œuvre d'exécution comprise. Son président, Rémi Vial-Collet, revendique un positionnement partenarial, tourné vers la transformation des territoires du Grand Paris, et vise 1 000 logements par an en Île-de-France. Rémi Vial-Collet, président de Fair' Promotion. Comment se porte aujourd'hui Fair' Promotion ? Nous avons tenu un bon rythme malgré la crise du secteur. Depuis l'an dernier, la cadence est soutenue, avec une dizaine de chantiers lancés, que nous poursuivons cette année, soit un rythme d'environ 1 000 logements par an. C'est un volume mesuré et parfaitement adapté à la taille de notre entreprise qui assume son positionnement francilien. Nous nous sommes recentrés sur l'ADN de Fair' : la construction de logements neufs – familiaux, gérés, étudiants –, avec des commerces ou de l'activité en pied d'immeuble. Concernant le tertiaire, nous engageons une opération d'ensemble à Massy comprenant 3 000 mètres carrés de bureaux. Nous sommes dans la deuxième phase du Grand Paris : les infrastructures de transports arrivent et la question est désormais de savoir quels quartiers installer au droit des gares. Nous concevons en ce moment un projet d'ensemble au pied de la future gare Pont de Bondy. La période impose de l'humilité, la crise est conjoncturelle, mais elle révèle aussi une transformation structurelle de notre métier, dont le cœur reste l'inflation du foncier. Assembleur de compétences Vous insistez sur la dimension partenariale de votre métier. Pourquoi ? Parce que notre métier a profondément changé. On ne produit plus du logement sur du foncier simple à maîtriser, mais les friches industrielles, les bouts de ville à rebâtir nous conduisent à transformer les territoires. Cela suppose de travailler plus que jamais main dans la main avec les collectivités, les aménageurs, les différents acteurs. Nous nous voyons comme un assembleur de compétences et un partenaire au long cours et, dans ce contexte, la confiance entre toutes les parties est un élément décisif. Cela passe parfois par porter un immeuble en urbanisme transitoire, le temps qu'une ville fasse mûrir son projet – ce que nous faisons à Villejuif – ou par requalifier des friches. Architecture et sobriété Quelle est votre approche de l'architecture et de la construction durable ? La clé de la réussite architecturale, c'est d'être à l'écoute du territoire, de proposer une écriture parfaitement intégrée au contexte local, tout en validant chaque étape avec le maire. C'est lui et lui seul qui met en œuvre le projet pour lequel il a été élu par ses concitoyens, il a donc la légitimité du choix. Nous cherchons des partis pris différenciants et pérennes, des bâtiments bien faits, sobres et beaux. Nous conjuguons architecture et exigence environnementale : opérations biosourcées, préfabrication. La France est en tête sur la construction durable, et nous pouvons en être fiers. Ma conviction est qu'il ne faut pas renoncer aux ambitions des différentes étapes de la RE2020 pour 2025, 2028 ou 2031, mais introduire de la souplesse dans le calendrier, au regard des difficultés du secteur depuis 2023. Colombes - Architectes Singuliers. Quelles réalisations illustrent le mieux cette manière de travailler ? À Colombes, nous construisons un ensemble de 92 logements. Tout est parti d'une rencontre : nous avons demandé à la Ville comment l'aider, elle envisageait du logement social pour seniors. Mais la demande de type Ehpad n'était pas avérée et le maire disposait déjà d'assez de logements familiaux. Nous avons donc bâti une opération intergénérationnelle, mêlant jeunes actifs et personnes âgées, avec une salle de vie commune en rez-de-chaussée ouverte sur le quartier. À Rosny-sous-Bois, avec la SEM locale, nous transformons l'ancienne clinique Schweitzer, à l'abandon : un concours remporté pour associer pôle médical et logements sociaux et intermédiaires, avec un parti pris de mettre de la pierre dans un quartier difficile. Au Coudray-Montceaux, enfin, nous réhabilitons une ancienne ferme en salle polyvalente, complétée par 107 logements neufs. Rosny-sous-Bois - Cussac Architectes - Co-promotion : SEMRO. Au-delà de la production, quels engagements portez-vous et comment voyez-vous la suite ? Notre exigence est de rester fidèles à notre ADN, à l'idée que notre métier doit être bien fait, c'est le premier sens de notre nom, Fair. D'autre part, parce que nous contribuons à transformer des territoires, nous sommes attachés à en accompagner les évolutions sociales en lien avec les élus ; dans cet esprit, « Fair » recouvre l'exigence de faire du bien, de redonner une part de la valeur créée aux territoires qui accueillent nos projets. Tous nos collaborateurs sont très engagés en ce sens. Aussi, nous poursuivons notre partenariat avec l'association Urgence en Val-de-Marne, qui héberge à Villejuif des femmes victimes de violences, et nous logeons à Cachan et au Perreux des jeunes en difficulté. Avec Habitat et Humanisme, après avoir financé une ludothèque à la Maison Saint-Charles, à Paris, nous soutenons cette année des familles monoparentales.
- « En Île-de-France, TotalEnergies joue un rôle majeur dans la souveraineté énergétique »
Directrice France de TotalEnergies, Isabelle Patrier explique comment, en Île-de-France, TotalEnergies mobilise ses activités, ses capacités d'innovation et ses investissements pour sécuriser l'approvisionnement énergétique du pays tout en contribuant concrètement à ses ambitions de transition énergétique. Isabelle Patrier, directrice France de TotalEnergies. L'Île-de-France est au cœur des enjeux de souveraineté énergétique. Quel rôle y joue TotalEnergies aujourd'hui ? L'Île-de-France est représentative de notre modèle : la diversité de nos activités s'y déploie dans une région aux besoins importants et à forte dépendance énergétique. Le contexte actuel pose la question de la sécurité d'approvisionnement et de la compétitivité énergétique du pays. Nous restons dépendants des produits pétroliers et gaziers, qui comptent encore pour 60 % de la consommation finale d'énergie. Répondre aux enjeux de souveraineté, c'est garantir l'accès à une énergie compétitive et de plus en plus durable. C'est le fondement de notre stratégie : répondre aux besoins d'aujourd'hui tout en accompagnant le développement des énergies de demain. Cette ambition guide nos investissements et l'évolution de nos activités. Comment cette contribution se déploie-t-elle concrètement ? En France, nous opérons la moitié de la capacité de raffinage du pays et sécurisons 45 % des importations de gaz. Notre raffinerie de Normandie contribue à l'approvisionnement de l'Île-de-France. Notre plateforme de Grandpuits (77) opère la plus grande ferme solaire de la région et produira jusqu'à 230 000 tonnes de carburants aériens durables (SAF). L'Île-de-France accueille plus de 12 000 des 35 000 collaborateurs que compte la Compagnie en France ainsi que notre siège, qui rejoindra prochainement la tour The Link à Puteaux. Tous sont mobilisés pour répondre aux enjeux d'approvisionnement et accompagner la transition énergétique de nos clients. L'innovation est au cœur du Grand Paris. Comment l'intégrez-vous dans votre action ? Le Grand Paris est un territoire clé de l'innovation pour TotalEnergies, notamment dans le digital, la data et l'IA. À Paris, notre Digital Factory rassemble développeurs, data scientists et experts au service de la transformation digitale de la Compagnie. À Station F, notre accélérateur accompagne chaque année une douzaine de startups de la chaîne de valeur de l'électricité. À Paris-Saclay, nous avons implanté notre centre mondial de recherche sur l'électricité, où nos équipes collaborent avec les grandes écoles, les universités et des chaires de recherche. Cette implantation dans des pôles d'excellence renforce l'attractivité et le rôle moteur du territoire en matière d'énergies nouvelles et d'innovation digitale. Comment faites-vous évoluer votre outil industriel pour répondre aux enjeux actuels ? Nous nous sommes engagés en France, en 2023, à réduire de moitié les émissions de CO₂ de nos sites de raffinage d'ici 2030 par rapport à 2015 ; nous en sommes déjà à 40 %. À Grandpuits, nous convertissons l'ancienne raffinerie en plateforme zéro pétrole fondée sur l'économie circulaire. Le site vient d'inaugurer la première unité de recyclage chimique de films plastiques ménagers en France. La future bioraffinerie, dont le démarrage est imminent, assurera la souveraineté de la région en biocarburants, notamment à partir d'huiles alimentaires usagées. Nous sommes par ailleurs devenus en dix ans un acteur majeur de l'électricité renouvelable : avec 2 GW installés et 3,5 GW en projet, nous figurons dans le Top 3 des électriciens renouvelables du pays (éolien et solaire). La question des mobilités est centrale en Île-de-France. Comment accompagnez-vous ces évolutions ? La plateforme de Grandpuits (77). Nous sommes convaincus que la mobilité sera essentiellement électrique et voulons proposer des infrastructures adaptées à nos clients. Nous avons investi massivement dans la recharge, notamment haute puissance, et transformons nos stations-service en hubs multi-énergies. Nous sommes le premier opérateur de recharge haute puissance sur autoroute. En Île-de-France, 15 % de notre réseau de stations sont désormais multi-énergies, dont 7 stations 100 % électriques. Nous opérons aussi les 2 000 bornes du réseau Belib' à Paris et 300 points de recharge au Marché d'intérêt national de Rungis. Enfin, nous investissons sur notre réseau AS 24 pour accompagner le passage au poids lourd électrique, comme à Plessis-Pâté (91). Quel rôle un acteur comme TotalEnergies peut-il jouer pour l'avenir énergétique de la région capitale ? L'Île-de-France a des enjeux de production et de consommation qui reposent sur une énergie compétitive, et notre stratégie répond à cette ambition. Nous voulons produire plus d'énergie renouvelable, plus de biocarburants et accompagner l'électrification des usages tout en répondant aux besoins actuels. Dans cette région aux besoins importants et divers, TotalEnergies entend jouer un rôle majeur dans la souveraineté énergétique, grâce à sa capacité d'approvisionnement, d'innovation et d'investissement dans les énergies et la transition.
- « En 2025, nous avons prêté 10 milliards d'euros aux territoires franciliens »
La Banque des Territoires finance et accompagne les acteurs locaux – collectivités, bailleurs sociaux, professions juridiques – par le conseil, le prêt et l'investissement en fonds propres. Premier financeur du logement social via l'épargne réglementée, elle signe en 2025 une année record en Île-de-France. Sa directrice régionale, Marie-Laure Gadrat, détaille les réalisations et les priorités engagées en 2026. Marie-Laure Gadrat, directrice régionale île-de-France de la Banque des Territoires. Quels résultats avez-vous enregistrés en Île-de-France en 2025 ? Une année record. Nous avons prêté 10 milliards d'euros aux territoires franciliens : 7 milliards pour le logement – dont 6,3 pour le logement social et 700 millions pour l'intermédiaire – et 2,9 milliards pour le secteur public local. Nous avons triplé notre volume de prêts aux collectivités, grâce à une offre de financement long terme indexée sur le Livret A. S'y ajoutent 135 millions d'euros d'investissements en fonds propres dans plus de 34 projets et 196 millions de consignations. Tout repose sur le fonds d'épargne : une part de l'épargne des Français – Livret A, LDDS, LEP – que nous transformons en prêts très longs pour le logement social, les écoles, l'eau ou la mobilité décarbonée. À l'échelle nationale aussi, 2025 a été un record, avec 41,7 milliards de nouveaux prêts. Le logement social reste votre cœur de métier. Où en êtes-vous ? Nous sommes le premier financeur du logement social, via le Livret A. En 2025, sur 6,3 milliards prêtés, 5,1 ont financé la construction de 32 748 logements et 1,2 milliard la réhabilitation de près de 42 000 logements. Nous prêtons à l'ensemble des bailleurs franciliens, réunis au sein de l'Aorif. Ils sont volontaires, mais leur modèle est sous tension : beaucoup doivent aujourd'hui choisir entre construire et réhabiliter, faute de fonds propres pour mener les deux de front. Notre rôle est de les accompagner dans cette équation et de les aider à adapter leur modèle. Que le logement social tienne ainsi le marché est une bonne nouvelle, mais c'est aussi le signe que le reste de l'immobilier souffre. Quelles réalisations illustrent votre action auprès des collectivités ? Nous prêtons au même taux quelle que soit la taille de la collectivité. C'est la nature du projet (par exemple des rénovations thermiques) ou son implantation (par exemple en quartiers politiques de la ville) qui dicte le taux. En 2025, nous avons entre autres accordé un prêt de 967 millions d'euros au Syndicat des eaux d'Île-de-France pour installer une filtration membranaire haute performance, au bénéfice de 4 millions d'usagers. Dans les Yvelines, un prêt vert de 325 millions soutient l'extension du RER Eole vers Mantes-la-Jolie. En Seine-et-Marne, 50 millions financent le Tzen2 entre Melun et Moissy-Cramayel. À La Défense, 34,4 millions permettent d'augmenter la surface végétalisée du Parc de l'Esplanade. Nous portons aussi des programmes ciblés : nous avons financé, dans le cadre d'AgiLE, programme en faveur du logement étudiant, plus de 2 700 places et EduRénov, notre grand programme de rénovation des écoles, a touché 106 collectivités franciliennes et 120 000 élèves en 2025. Avec la Métropole du Grand Paris, nous avons même bonifié les prêts à la rénovation des écoles : les communes empruntent au taux du Livret A, la Métropole prenant à sa charge nos frais de gestion. Et nous accélérons en 2026 ! Quelles sont vos priorités en 2026 ? Quatre axes : le logement abordable, le grand âge et la santé, le mix énergétique avec en particulier la géothermie, et l'eau. Faisons un focus sur le logement, un facteur clé d'inégalités en Île-de-France. Le logement étudiant est un marqueur : notre territoire compte 810 000 étudiants pour 143 000 logements dédiés. Un étudiant logé en résidence étudiante gagne en moyenne une heure de transport par jour ; ce n'est pas qu'une question de confort, c'est une question d'égalité des chances. Nous sommes aussi très sollicités sur la transformation des bureaux vacants – plus de 6 millions de mètres carrés en Île-de-France – en logements. Nous venons de mettre en place, aux côtés d'Icade Promotion et de la Caisse d'Epargne Ile-de-France, Évolution Habitat : une foncière dédiée pour co-investir sur ces opérations.
- Grand Paris : l'aménagement durable sur la ligne de crête
Entre contraintes environnementales, exigences économiques et attentes sociales, les aménageurs du Grand Paris redessinent leurs modèles. Car leur mission ne consiste plus simplement à bâtir la ville, mais à la rendre durable, inclusive et viable. Un exercice d’équilibriste permanent. Parvenir à concilier Zéro artificialisation nette (ZAN), objectifs climatiques, contraintes budgétaires et pression foncière : c’est le nouveau quotidien des aménageurs du Grand Paris. « Aujourd’hui, l’aménagement est un métier d’arbitrages permanents », résume Jean-Baptiste Rey, directeur général adjoint de l’établissement public d’aménagement EpaMarne-EpaFrance. « On avance sur une ligne de crête entre urgence écologique, équilibre financier des opérations et acceptabilité sociale. » Première donnée de cette équation : la raréfaction du foncier. La mise en œuvre du Zéro artificialisation nette, même revu à la baisse, oblige les aménageurs à faire plus avec moins. Résultat : les opérations deviennent plus compactes, plus mixtes et plus souvent tournées vers la reconversion (friches industrielles, parkings, bureaux vacants…). À cette pression physique s’ajoute une exigence écologique grandissante. Intégration du cycle de l’eau, préservation des sols, renaturation, performance énergétique des bâtiments, mobilité décarbonée… L’ambition est là, portée à la fois par les élus et les citoyens. Mais ces impératifs ont des coûts — financiers, techniques… — et remettent en question les modèles économiques classiques de l’aménagement. Un défi d’équilibriste que les aménageurs franciliens s’attachent à relever, chacun à leur manière. CITALLIOS AU SERVICE DE LA PROXIMITÉ ET DE L’INGÉNIERIE FINE Face à la complexité grandissante de la fabrique de la ville, des opérateurs comme Citallios adaptent leur modèle. Le groupement de sociétés d’économie mixte s’appuie sur une palette de services, allant de la rénovation énergétique à la transformation d’actifs publics. Avec sa SPL Citallia, il répond à une demande croissante des collectivités pour des interventions sur-mesure, hors des cadres classiques de la concession. Maurice Sissoko, directeur général de Citallios. « Nous achetons du foncier sans conditions suspensives, avec les élus, pour permettre des projets flexibles », explique Maurice Sissoko, directeur général. Citallios travaille aussi main dans la main avec l’Epfif (Établissement public foncier d’Île-de-France) pour valoriser les actifs publics et accompagner les arbitrages fonciers. La SEM a notamment été choisie par la ville des Mureaux (Yvelines) pour mettre en œuvre le projet Cœur de Ville. Celui-ci consiste à transformer le centre-ville de la commune en un quartier plus attractif grâce à la réhabilitation des espaces publics et à une nouvelle offre commerciale et résidentielle. Après avoir décroché trois nouveaux projets de renouvellement urbain en Essonne, Citallios s’est aussi vu confier par le territoire de Paris Est Marne & Bois (Val-de-Marne), en accord avec la ville de Champigny-sur-Marne, l’aménagement de la partie campinoise du quartier du Bois-L’Abbé, troisième plus grand quartier politique de la ville francilien. PARIS LA DÉFENSEUNE VISION BAS CARBONE OFFENSIVE Autre terrain, autre échelle. À Paris La Défense, l’objectif est clair : faire du plus grand quartier d’affaires européen un modèle post-carbone. L’établissement public entend diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre du territoire d’ici 2030. L’appel à projets Empreintes incarne cette ambition, en soutenant des opérations immobilières innovantes sur les plans énergétique, technique et urbain. Ainsi, parmi les lauréats, le projet Demi-Lune réinvestit une friche autoroutière à une centaine de mètres de la Grande Arche. « Ce sera le quartier le plus mixte jamais créé à La Défense, avec douze usages dont six pour le seul immeuble de grande hauteur », s’est enthousiasmée Valérie Wanquet, directrice générale de Crédit Agricole Immobilier, au Mipim, en mars dernier. Un jardin de 0,5 hectare sera en outre installé, avec un étang et plus d’une centaine d’arbres. Le quartier revoit aussi ses infrastructures : plus de mobilités douces, réaménagement du boulevard circulaire, points de recharge électrique, etc. Une attention particulière est portée à la végétalisation : mail arboré, jardins, salons extérieurs, massifs d'arbres... Sur le cours Michelet, les travaux de transformation des espaces publics visent à faciliter les connexions et à apaiser les circulations. Une attention particulière est notamment portée à la végétalisation : mail arboré, jardins, salons extérieurs, massifs d’arbres, installation de fontaines à eau et de colonnes Morris, pose d’une nouvelle signalétique… Près de 200 arbres seront plantés, en complément des 161 actuels. Pour limiter l’empreinte écologique de l’opération, la démarche adoptée privilégie également le réemploi des matériaux existants sur site. À La Défense, l’enjeu est collectif : les États généraux de la transformation des tours (pour redonner vie aux immeubles de grande hauteur obsolètes) ont rassemblé les acteurs immobiliers et fait émerger des propositions concrètes, comme un outil commun de calcul des émissions carbone, un permis multidestination ou l’ouverture des « green bonds » aux restructurations. PARIS-SACLAY, LABORATOIRE D’UNE URBANITÉ DURABLE Sur le plateau de Saclay, l’aménageur public Epaps œuvre à une ville-campus exemplaire. Exit la dispersion des sites scientifiques : place à un urbanisme compact, maillé et fortement articulé aux mobilités. Trois nouvelles gares du Grand Paris Express, des lignes de bus en site propre et des parcours cyclables dessinent un territoire interconnecté, pensé pour limiter la voiture et l’étalement. L’Epaps mise sur une mixité programmatique forte : bureaux, logements, équipements, universités. Et sur une stratégie bas carbone poussée. Tous les projets font l’objet d’un suivi pendant leur cycle de vie. L’Epaps impose aux opérateurs d’anticiper les futurs seuils réglementaires de la RE 2020 (RE 2020-25 et 28). Lauréat en 2024 du programme « Démonstrateurs de la ville durable » de France 2030, l’Epaps s’est donné 6 ans pour renforcer la biodiversité, effacer son impact carbone et pousser l’économie circulaire dans de nouvelles innovations en les testant à l’échelle du quartier de Corbeville à Orsay (Essonne). Faciliter le recours aux filières de construction vertueuses et faire émerger une filière de la terre crue à partir de Paris-Saclay. Paris-Saclay va ainsi collecter séparément les urines de 20 000 habitants pour les transformer en engrais agricole, comme alternative aux engrais chimiques. Par ailleurs, les eaux grises des douches et des cuisines vont être réutilisées dans les WC et les lave-linges des logements. L’Epaps va également lancer un travail pour utiliser ses propres terres dans la construction. L’objectif : faciliter le recours aux filières de construction vertueuses et faire émerger une filière de la terre crue à partir de Paris-Saclay. Une ambition écologique et humaine, voulue par son conseil d’administration présidé par Valérie Pécresse, qui associe la communauté d’agglomération Paris-Saclay et les villes d’Orsay et de Saclay, ainsi que les services de l’État. EPAMARNE-EPAFRANCE, UN GRAND PARIS ATTRACTIF Depuis 50 ans, EpaMarne-EpaFrance façonne l’Est francilien. Aujourd’hui, l’Epa adopte aussi le parti d’un urbanisme plus sobre, plus responsable, plus résilient et affirme une stratégie tournée vers le recyclage foncier, la requalification des friches, la réduction de l’étalement urbain et le soutien aux mobilités douces. Ainsi, à Torcy (Seine-et-Marne), sur la ZAC des Côteaux de la Marne, l’Epa a œuvré à la transformation d’un ancien camping à l’abandon. « 50 % de nos opérations sont du recyclage urbain », fait valoir Jean-Baptiste Rey, directeur général adjoint EpaMarne-EpaFrance. Les 18 hectares du cœur agro-urbain de l’écoquartier Les Roseaux de Montévrain ont été rendus possibles par une programmation fine à l’échelle du quartier, libérant des fonciers promis à l’extension urbaine. Jean-Baptiste Rey, directeur général adjoint EpaMarnEpaFrance. Parmi les objectifs, le développement de 112 000 mètres carrés de bureaux, la commercialisation de 44 hectares d'activités économiques... L’Epa poursuit aussi le développement du Val d’Europe, avec un nouveau cap stratégique. Parmi les objectifs, la réalisation de 112 000 mètres carrés de bureaux, la commercialisation de 44 hectares d’activités économiques et de terrains dans plusieurs ZAC (telles que celles des Studios et Congrès, des Trois Ormes, des Deux Golfs ou encore de la Motte), mais aussi le renforcement du statut de Val d’Europe comme pôle économique francilien. Cela passe par le développement de 20 000 mètres carrés de commerces, l’extension du complexe Center Parcs – Villages Nature Paris, le déploiement de logements supplémentaires et une augmentation de l’offre de transports. « Pour chaque logement, il doit y avoir une offre, à 15 minutes à pied, de commerces, de services, d’équipements, mais aussi de parcs et d’espaces de verdure. C’est un enjeu majeur, autant que de faire du développement résidentiel. Nous cherchons à créer une mixité entre le logement, les activités économiques et la nature », précise Jean-Baptiste Rey. L’objectif global est d’atteindre 80 000 habitants et emplois, tout en assurant l’équilibre du territoire à travers un aménagement harmonieux et durable.
- L'avenir est électrique !
Parmi ses objectifs majeurs, le groupe EDF, par la voix de sa directrice Commerce Île-de-France Birgit Fratzke-Weiss, souhaite mettre en lumière l’électrification comme levier avéré de décarbonation à travers des exemples concrets d’actions sur le territoire et une expertise mise à disposition de ses clients. Birgit Fratzke-Weiss. Pourquoi l'électrification est-elle une priorité aujourd'hui ? Le changement climatique impose de sortir des énergies fossiles (80 % de l'énergie consommée dans le monde). L'électrification des usages est le levier le plus efficace pour décarboner la France. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, il faut faire émerger 150 TWh de demande électrique additionnelle à horizon 2035, en remplaçant gaz, fioul ou essence par l'électricité, tout en continuant les efforts en matière d'efficacité énergétique. La France a un atout considérable : une électricité décarbonée, abondante et compétitive, parmi les moins chères d'Europe. Électrifier assure donc également la souveraineté énergétique du pays. Les clients peuvent profiter de cette énergie via des contrats moyen terme qui leur offrent de la visibilité et de la stabilité. Quels sont les principaux potentiels d'électrification en Île-de-France ? Tout d'abord le transport et particulièrement la mobilité lourde : premier secteur émetteur de gaz à effet de serre, avec environ 30 % des émissions nationales, il se transforme face à des évolutions réglementaires européennes et nationales. L'industrie : nous accompagnons de manière ciblée les entreprises dont les procédés impliquent une forte consommation de gaz pour décarboner leur activité via l'électrification. Le bâtiment : même si, avec la rénovation énergétique et les exigences en construction neuve, la consommation baisse, il s'agit de décarboner en remplaçant des chauffages fonctionnant au gaz ou au fioul par des usages électriques comme la pompe à chaleur pour le chauffage ou l'eau chaude sanitaire. Enfin, les centres de données : un tiers d'entre eux, représentant la quasi-totalité de la puissance électrique (en MW), sont concentrés en Île-de-France. Leur nombre et leur puissance ont encore vocation à augmenter du fait des besoins importants pour l'IA. Comment cette transition est-elle accompagnée par EDF ? Des exemples ? Nous menons une démarche globale : audit, plan d'actions, financement via les CEE qui permettent de bénéficier d'un soutien financier à l'investissement. Par exemple, en combinant prime CEE, suramortissement et optimisation de la recharge, le coût d'usage d'un camion électrique devient souvent plus faible que celui d'un modèle thermique. STAF, entreprise spécialisée dans le transport frigorifique de denrées alimentaires, bénéficie d'un contrat de fourniture d'électricité moyen terme et de primes CEE d'EDF pour électrifier sa flotte. Des partenariats CEE avec des constructeurs comme MAN facilitent l'accès de leurs clients à ces dispositifs pour l'acquisition de poids lourds électriques avec un processus simplifié. Des clients de l'industrie remplacent leurs fours à gaz par des équipements électriques ou installent géothermie et pompes à chaleur. Le groupe EDF, avec ses filiales spécialisées, propose à tous types de clients une large gamme de solutions d'électrification au service également de leur compétitivité. Pour les centres de données, EDF a lancé un appel à manifestation d'intérêt pour proposer des terrains prêts à accueillir de nouveaux projets, avec une puissance électrique disponible rapidement. Un accompagnement personnalisé est assuré, incluant démarches administratives, fourniture d'électricité et services adaptés. Notre action s'inscrit pleinement dans la dynamique de réindustrialisation de la France.











