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  • LES SEM DU GRAND PARIS SE RÉINVENTENT

    TRADITIONNELLEMENT CONCESSIONNAIRES D’OPÉRATIONS D’AMÉNAGEMENT, LES PRINCIPALES SOCIÉTÉS D’ÉCONOMIE MIXTE FRANCILIENNES, CRÉÉES À L’INITIATIVE DE COLLECTIVITÉS TERRITORIALES, ÉLARGISSENT LEUR PALETTE D’OUTILS AFIN DE FAIRE FACE AU NOUVEL ENVIRONNEMENT BEAUCOUP PLUS CONCURRENTIEL. TOUT L’ENJEU CONSISTE À LIER RENTABILITÉ ÉCONOMIQUE ET INTÉRÊT GÉNÉRAL. PAR FABIENNE PROUX Le constat est unanime : depuis 3 à 4 ans, l’aménagement historiquement réservé aux acteurs publics, souvent par le biais de sociétés d’économie mixte (SEM), est devenu un secteur extrêmement concurrentiel sous le double effet de la réduction de la taille des opérations et de la rareté du foncier. Conséquence : les opérateurs privés disposant d’importants moyens financiers se positionnent aux endroits les plus créateurs de valeur, autour des gares par exemple, laissant aux aménageurs publics les endroits où il est difficile de sortir des opérations, car le prix des logements reste peu élevé et les valeurs créées ne permettent pas de faire des équipements publics. Tout l’enjeu pour ces SEM consiste à « réussir à développer la ville mixte socialement et fonctionnellement », explique Christophe Richard, directeur de Sadev 94, l’opérateur de plusieurs collectivités val-de-marnaises. Une gageure face à « l’étirement du Grand Paris » qui contribue à survaloriser les terrains notamment autour et aux alentours des gares du Grand Paris Express (GPE), rendant encore problématique la production de logements sociaux et en accession. « Il est légitime que les promoteurs gagnent de l’argent. Il est anormal que l’aménageur en perde », résume Maurice Sissoko, directeur général de Citallios. Face à ce nouveau paradigme, et pour rester « attractives », les SEM d’aménagement franciliennes ont dû repenser leur modèle économique et s’adapter en élargissant leurs activités, et parfois même leur territoire de base. « Une entreprise comme la nôtre ne doit plus être dédiée à une collectivité locale, mais agir comme un acteur économique dont ont besoin les territoires », convient Willem Pauwels, directeur de Paris Sud Aménagement, dont l’actionnaire majoritaire est la ville de Massy (Essonne). « Notre objectif est d’être présents sur l’ensemble de la chaîne de valeurs des métiers de la production de la ville, sans vouloir tout faire, mais en apportant des réponses. » D’autant que « lorsqu’un élu lance une concession d’aménagement, il a des idées sur ce qu’il veut, mais il attend d’un aménageur que celui-ci lui propose un projet global », souligne Maurice Sissoko. « Influencer les promoteurs vers des nouvelles formes » Tout le défi qui se pose aux SEM est, selon Pascal Popelin, directeur de Sequano, outil d’aménagement de la Seine-Saint-Denis, de savoir comment être capables de résoudre à la fois les sujets d’innovation (flux de circulation, îlots de fraîcheur, assainissement plus vertueux), de qualité des constructions (quel bilan carbone, quelle insertion dans l’environnement, quel travail pour dépolluer ?), de maîtrise des coûts, de densité et de respect des délais. « On attend de nous une hyper-professionnalisation avec une grande technicité liée à l’agilité que l’on peut trouver dans le secteur privé tout en demeurant au service de l’intérêt général », énonce ce dernier. Pour Christophe Richard, le rôle de la SEM est aussi « d’influencer les promoteurs vers des nouvelles formes », plus flexibles pour être en phase avec les attentes du marché. Sur la ZAC d’Ivry Confluences, à Ivry-sur-Seine, Sadev 94 incite les opérateurs privés à imaginer des unités tertiaires de plus petite taille (moins de 5 000 m2) permettant aux grands groupes de faire travailler des salariés sans qu’ils aient besoin de venir au siège et ainsi « éviter ces immenses mouvements pendulaires de l’est à l’ouest de Paris ». Pour relever tous ces enjeux, il faut pouvoir disposer d’un panel d’outils de manière à adapter la réponse à chaque circonstance. La première réponse de ces sociétés d’économie mixte a consisté à créer des filiales de promotion immobilière : Sequano résidentiel en 2019, Citallios et SEM Grand Paris Sud Aménagement en 2020. Tout l’intérêt est de capter une partie de la valeur ajoutée des opérations qu’elles portent. « Plutôt que de socialiser les pertes et de privatiser les produits, nous faisons les deux », explique Maurice Sissoko. La stratégie de Citallios consiste à investir en fonds propres à hauteur de 20 à 30 %dans des opérations de promotion immobilière « en fonction des risques pris pour avoir du foncier et le rendre constructible ». « Cela a été bien accepté par les promoteurs parce que nous menons cette activité dans une filiale dédiée et en pratiquant leurs propres règles », prévient le dirigeant de Citallios qui interviendra toujours en co-promotion et restera minoritaire. En juin dernier, Citallios annonçait trois opérations réalisées pour 300 logements (18 000 m2 de surfaces). Co-promoteur « d’utilité publique » De plus, « ce co-promoteur “d’utilité publique” se pose en garant pour ses collectivités locales actionnaires d’un programme en phase avec leurs attentes et avec ce qui a été convenu initialement », ajoute Pascal Popelin. Sequano, qui a 11 projets en cours, livrera en 2021 une première opération de ce type portée avec Vinci Immobilier à Drancy (Seine-Saint-Denis). Face à la difficulté de maîtriser un foncier devenu de plus en plus rare et donc cher, plusieurs SEM envisagent de se doter de foncière dédiée. Citallios a déjà franchi le pas. Une opération a ainsi été conclue avec le rachat d’un montant de 175 millions d’euros en février 2021 du siège de Bic (3,8 ha) à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) dans le cadre d’un groupement avec BNP Paribas Real Estate. Chez Sequano, la décision fait l’objet d’une réflexion. Pour faciliter le parcours résidentiel, les SEM s’inscrivent dans la démarche en plein développement initiée par les Organismes de fonciers solidaires (OFS). Mise en œuvre par des collectivités locales, celle-ci consiste à désolidariser la propriété du foncier de celle du bâti de manière à permettre à des classes moyennes d’acquérir leur logement, en général intermédiaire, en zone tendue à un coût inférieur à celui du marché. Ainsi, Citallios est monté à hauteur de 20 % au capital de l’OFS des Yvelines créé en avril 2021 qui a vocation à réaliser 450 logements en BRS (bail réel solidaire) par an. Sequano étudie les modalités de la procédure. Enfin, ces SEM se positionnent, également par le biais de foncières, sur la gestion active des rez-de-chaussée des immeubles pour réduire la part de logement et y implanter des activités (commerces, services, artisanat). L’idée consiste à acquérir les locaux le temps que le porteur du projet rentabilise son activité. Île-de-France Investissements et Territoires : une foncière régionale pour compenser le retrait des investisseurs privés Créée par la région Île-de-France au printemps 2020 avec quatre partenaires*, la SEM patrimoniale Île-de-France Investissements et Territoires est une foncière qui a vocation à construire, réhabiliter ou acheter des actifs existants et atypiques (locaux d’activités et industriels, friches, tiers lieux, maison de santé) dans un objectif de maintenir l’emploi, relocaliser des activités ou encore contribuer à la réindustrialisation de la région. « Nous apportons une réponse à des entreprises mises en difficulté par la crise qui souhaitent vendre leurs murs pour retrouver des marges financières », souligne Olivier Pagezy, directeur général de la foncière régionale qui intervient en co-investissement avec divers partenaires publics ou privés, dont des SEM patrimoniales locales. Ainsi, le cas de la première opération d’IDF Investissements et Territoires, réalisée en mars dernier à Nemours (Seine-et-Marne) avec la SEM du Pays de Fontainebleau pour racheter les murs de la société Lewis Industrie, en redressement judiciaire, et lui permettre de poursuivre son activité. Dotée de 10 millions d’euros de fonds propres, IDF Investissements et Territoires dispose d’une capacité d’intervention entre 80 et 100 millions d’euros qui pourrait être portée à 150 millions tant la demande est forte. « La crise ayant renforcé les inégalités territoriales, nous compensons depuis son apparition le retrait des investisseurs privés en intervenant là où le marché intervient peu ou plus », explique Olivier Pagezy. La région Île-de-France (55,4 % du capital), la Caisse des dépôts (26,1 %), la Caisse d’Épargne (7,7 %) et le Crédit mutuel Arkéa (3,1 %).

  • LE CHÂTEAU OUBLIÉ DU VAL-DE-MARNE

    LE MAGNIFIQUE CHÂTEAU DE CHOISY, RÉSIDENCE FAVORITE DE LOUIS XV, N’A PAS SURVÉCU AUX TOURMENTS DE L’HISTOIRE. L’ARRIVÉE DU TRAMWAY T9 S’ACCOMPAGNE D’UNE MISE EN VALEUR DE SES ULTIMES VESTIGES. PAR PHILIPPE-ENRICO ATTAL Peu d’habitations modernes peuvent se vanter de disposer d’une entrée majestueuse dotée de pavillons du XVIIe siècle. C’est pourtant le lot du quartier de la mairie, à Choisy-le-Roi. On pense d’abord à une bonne copie moderne, façon Ricardo Bofill, du bon gros béton aux allures de pierre de taille, mais c’est à tort. Les deux constructions qui marquent l’entrée du parc de la mairie sont classées monuments historiques depuis 1927. Imaginons un peu... Le site s’ouvre sur un château dont la façade arrière donne sur un vaste parc qui s’achève sur les bords de la Seine. Quelle belle promenade, à seulement 15 minutes de Paris !Fontainebleau et Vaux-le-Vicomte n’ont qu’à bien se tenir... Mademoiselle de Montpensier, cousine de Louis XIV, a du goût. À la fin du XVIIe siècle, elle fait l’acquisition à Choisy-le-Roi, pour 40 000 livres, d’une propriété sur laquelle elle fait édifier un château. À la mort de la Grande Mademoiselle, la bâtisse change plusieurs fois de propriétaire, avant de devenir finalement demeure royale. Louis XV aime la chasse et la forêt de Sénart est encore assez proche de Paris. Choisy est merveilleusement situé. Le roi ne se lassera pas de l’embellir sous la direction de Ange-Jacques Gabriel. Le Nôtre, pour sa part, déjà consulté par la Grande Mademoiselle, avait trouvé le site détestable. Les aménagements qu’il avait suggérés étaient restés sans suite. Choisy est sans aucun doute la résidence « intime » du roi, celle dans laquelle il se sent le plus à l’aise. Aussi, il ne cessera de l’agrandir, doublant la surface du corps central, ajoutant de nouveaux bâtiments : une « maison particulière » dédiée à sa majesté, une salle de bal, une orangerie, des écuries voient peu à peu le jour. Le tout, comme il se doit, est richement meublé, les plus grandes signatures de l’époque s’honorant des commandes royales. Du déclin à la destruction Malheureusement, Louis XVI ne partagera pas l’enthousiasme de son grand-père. Dès 1787, il commence à vider le château de son mobilier. Et la disgrâce ne fait que commencer. Vendue comme bien national durant la Révolution, la bâtisse est peu à peu démembrée, puis laissée à l’abandon. Sa ruine se confirme au XIXe siècle. Le chemin de fer d’Orléans, en 1839, fait passer le faisceau des voies et installe sa gare le long de la Seine, sur les emprises du parc. À mesure que le quartier s’urbanise, le terrain est progressivement investi et on voit peu à peu disparaître toute référence à l’ancien domaine. Toute ? Non. Étonnamment, les abords de la route nationale sont restés à peu près intacts. À la place du château, trône aujourd’hui la mairie de Choisy, dans un style bien plus modeste. Les immeubles ont poussé, les tours sont apparues et l’ensemble du quartier a été très fortement modifié par l’urbanisme. L’arrivée au printemps dernier du tramway T9 a tout de même permis une mise en valeur des anciens pavillons qui, désormais, ne s’ouvrent que sur un modeste parc.

  • POUR EN FINIR AVEC L’URBANOPHOBIE : ÉRIC GROVEN

    LA TRIBUNE D’ÉRIC GROVEN, DIRECTEUR IMMOBILIER DES RÉSEAUX FRANCE SOCIÉTÉ GÉNÉRALE ET PRÉSIDENT DE SOGEPROM La France vit-elle la tête à l’envers ? Avec 4 millions de mal logés en 2021, selon la Fondation Abbé Pierre, la production des logements neufs connaît un effondrement inquiétant nous ramenant au niveau des autorisations de construire des années 90. Pour couronner le tout, un objectif de « zéro artificialisation nette » des terres d’ici 2030… Cherchez l’erreur !Cette schizophrénie procède d’une situation paradoxale dans laquelle tout le monde a raison mais où chacun poursuit des objectifs contradictoires avec les autres parties prenantes, au détriment des habitants de notre pays : collectivement, donc, nous avons tort. L’État a raison de s’inquiéter des effets pervers des dispositifs de défiscalisation du type Pinel, accusés d’entretenir une tension artificielle sur le prix des fonciers puis des logements, et préfère miser sur la rénovation énergétique des bâtiments. Les maires ont raison d’écouter leurs administrés qui rechignent à des constructions de grande hauteur à proximité de chez eux, tout en luttant contre l’étalement urbain et ses effets néfastes notoires. La filière immobilière, construction et promotion, a raison de stigmatiser la timidité des mesures gouvernementales de soutien au logement neuf, la réduction malthusienne des autorisations de construire par les élus, la complexité et la lenteur des process d’octroi de permis. Et la population dans tout ça ? C’est là que le bât blesse : celle qui demeure la principale bénéficiaire de l’amélioration de la ville et de l’habitat forme une majorité silencieuse qui ne s’exprime qu’au moment des élections, auxquelles elle s’abstient d’ailleurs massivement. Sortir de ce dilemme réclame du courage politique. Celui d’affirmer que le mal-logement constitue une forme d’inégalité sociale inacceptable de nos jours. Celui d’affirmer que les principes écologiques qui protègent notre planète et l’avenir de nos enfants doivent être ardemment défendus tout en se conjuguant avec la réalité sociale : rénover, rebâtir, transformer et construire sont les actes essentiels du renouvellement urbain pour le bien-être de la population. Une question toute simple résume le débat en cours : qui a envie aujourd’hui en France de faire preuve de bon sens sur la question du logement ? L’urbanophobie est une idéologie ancienne qui opposait la noirceur des villes à la blancheur des campagnes ; dans ce débat totalement daté, l’anti-urbanisme n’a plus aucun sens aujourd’hui puisque la très grande majorité de la population mondiale vit ou vivra dans des métropoles. Le Grand Paris illustre de façon emblématique l’ensemble des méandres politico-administratifs qui freinent la construction de logements de qualité, abordables pour le plus grand nombre. Le problème est donc clairement posé, mais qui s’en charge ?

  • DE L’ART DE VOYAGER PRÈS DE CHEZ SOI

    LA TENDANCE DU TOURISME LOCAL N’EST PAS QU’UN SIMPLE EFFET DE MODE INDUIT PAR LA CRISE SANITAIRE. LES PROFESSIONNELS L’ONT BIEN COMPRIS : LE « STAYCATION » S’EST INSTALLÉ POUR DURER. RÉSULTAT, LE SECTEUR S’ORGANISE EN CONSÉQUENCE POUR STRUCTURER L’OFFRE FRANCILIENNE. PAR MANON GAYET Souvenez-vous du printemps 2020. Le programme se résumait à un numéro de jonglage entre télétravail, enfants, courses et sorties d’une heure chrono. Pas franchement de quoi recharger les batteries. Alors pas étonnant qu’une fois le déconfinement venu, le 11 mai, les Franciliens – les Parisiens en tête – se soient précipités dans les espaces verts (la carte des forêts d’Île-de-France accessibles en train, réalisée pour l’occasion par Enlarge Your Paris, avait totalisé 45 000 clics en mai, plus de 150 000 depuis un an). « Ils ont clairement pris l’air et assouvi leur besoin de nature en particulier dans les départements de grande couronne », confirme Emmanuel Blum, responsable de la communication interne et institutionnelle du Comité régional du tourisme (CRT) d’Île‑de‑France. Voilà de quoi désorienter les professionnels du tourisme ! Désormais, il convient de faire rêver les Grands Parisiens en quête d’évasion avec des balades à Provins, Fontainebleau ou encore le long du canal de l’Ourcq. Pour cela, le tourisme local a trouvé un allié inattendu : le télétravail. « Il est maintenant généralisé et organisé, ce qui est porteur pour toute l’industrie touristique », assure Guy Raffour, fondateur du cabinet Raffour Interactif, dont la dernière étude sur le tourisme et le e-tourisme en France vient de paraître. Faire du « staycation », le nouveau réflexe des Grands Parisiens Alors, cette année, pas question de se laisser prendre de court. Les pros du tourisme veulent prouver que oui, faire du « staycation » (contraction de « stay » et « vacation » en anglais, soit « rester » et « vacances ») aux quatre coins du Grand Paris, c’est trendy. « J’ai dormi dans un container à Saintry-sur-Seine (Essonne) par curiosité et c’était incroyable. Votre lit donne sur un étang avec des canards, des écureuils… Un petit coin de paradis ! », raconte, enthousiaste, Sandrine Kocki, l’une de ces touristes locales. Recenser les meilleures adresses pour une évasion grand-parisienne, c’est la mission que s’est donnée Anaïs Lerma. La fondatrice du blog Parisianavores a lancé Les Escampettes en mars dernier, un site qui recense des idées de séjours à moins de deux heures de Paname. « Mes sélections les plus consultées sont celles sur les hôtels et chambres d’hôtes “kids-friendly”, les cabanes et hébergements insolites ainsi que les hôtels et chambres d’hôtes instagrammables », confie-t-elle. Mi-mai, la newsletter des Escampettes comptait déjà 4 000 voyageurs abonnés. Et Anaïs Lerma est sollicitée par des hôteliers pour promouvoir leur hébergement cet été auprès de cette clientèle tant convoitée. Prendre le train… du tourisme durable De leur côté, les transporteurs se positionnent également, à commencer par SNCF Transilien. « 40 % des 260 sites touristiques franciliens les plus importants sont à moins de 15 minutes à pied d’une gare Transilien. C’est ce patrimoine à portée de train que la campagne #CPasLoinEnTrain invite à explorer [en partenariat avec Enlarge Your Paris, ndlr] », explique Sylvie Lopez,cheffe de marché occasionnels et touristes pour SNCF Transilien. En limitant les déplacements et en favorisant l’usage des transports en commun, le tourisme local s’assure une place de choix dans le tourisme de demain, plus respectueux de la planète. « Le staycation démontre la résilience du tourisme quand il est localisé. En se réappropriant des espaces plus proches de chez soi, on contribue à cette notion d’éco-responsabilité », assure Frédéric Hocquard, adjoint à la maire de Paris chargé du tourisme. Qui voyage près de chez lui ménage sa planète…

  • VERS UN CHOC DE LA DENSITÉ POUR LE GRAND PARIS : PHILIPPE ROCHEREAU

    EN 2020, LES ÉLECTIONS MUNICIPALES ET LA CRISE SANITAIRE ONT FORTEMENT FRAGILISÉ LA PRODUCTION DE LOGEMENTS ALORS QUE LA DEMANDE CROÎT TOUJOURS. LES CONFINEMENTS SUCCESSIFS QUE NOUS AVONS VÉCUS ONT ÉTÉ UN RÉVÉLATEUR DE LA NÉCESSITÉ DE DISPOSER D’UN LOGEMENT DÉCENT POUR CHACUN. PAR PHILIPPE ROCHEREAU Avec 25 % de la population nationale, la région Île-de-France est particulièrement concernée par ces problématiques. 70 000 logements par an pendant 20 ans, soit 1,5 million de nouveaux logements d’ici 2030, c’est l’objectif du Grand Paris. Cet objectif n’a jamais été atteint entre 2010 et 2016 avec une production qui a oscillé entre 55 000 et 66 000 logements par an. C’est seulement à partir de 2017 que la construction passe la barre des 70 000 logements. En 2020, si la construction de logements reste dans les normes voulues, il faut savoir que les livraisons sont les mises en commercialisation d’il y a 3 ans. De plus, les fondamentaux de la construction connaissent une chute vertigineuse par rapport à 2019. D’après la FPI, l’autorisation de logements a baissé de 25 %, les réservations au détail de 44 % et la mise en commercialisation de 49 %. Cette réduction de l’offre immobilière est très préoccupante face à une demande toujours croissante. La demande en logements est alimentée par la croissance démographique et l’augmentation du nombre de ménages qui résultent de l’accroissement de l’espérance de vie, du recul de l’âge du mariage et du nombre de divorces qui a augmenté de 25 %. Toutefois, l’état des logements joue aussi un rôle avec 157 000 logements insalubres, soit 4 % du parc privé de la région. Vouloir se loger mieux constitue un important facteur de la demande. Enfin, ce serait une erreur de penser que le télétravail réduirait le niveau de tension du logement. En effet, même si ce dernier s’est imposé à tous et demeurera, il y aura toujours la nécessité d’aller sur son lieu d’activité, et donc d’habiter à proximité de celui-ci. Oser un choc de verticalité Face au logement et à l’artificialisation des sols, on oppose souvent l’environnement et l’écologie. Or, l’Île-de-France a la plus faible artificialisation de l’Hexagone au regard de l’activité accueillie. Ce sont 133 mètres carrés de sols artificialisés par habitant pour une moyenne nationale de 460 mètres carrés. Notons qu’en 2017, d’après l’Institut Paris Region, seulement 3 % des sols artificialisés étaient destinés à l’habitat collectif. Ainsi, comment conjuguer la sobriété foncière et le besoin considérable en logements, en Île-de-France, véritable locomotive économique et territoire le plus attractif de France, voire d’Europe ? La solution passe par une plus forte densification car c’est la densité qui fait la vie, la mixité et le partage. C’est la densité qui rapproche les lieux de travail, de culture et d’échange. Il faut donc, aujourd’hui, oser un choc de verticalité à la façon d’Haussmann en son temps. Philippe Rochereau est fondateur de Limmedia (le media des professionnels de l’immobilier d’investissement) et président de l’AFIL (Association française de l’​immobilier locatif).

  • ENCORE UN PEU D’AUDACE, ON Y EST PRESQUE : JACQUES PAQUIER

    LE BILLET DE JACQUES PAQUIER On se demande si c’est de l’humour involontaire. Ainsi, l’exposé des motifs de la loi 4D*,en cours d’examen au Parlement, ne manque pas de sel. Ses auteurs citent, comme exemple de l’extension du pouvoir réglementaire local, que cette loi promeut la possibilité pour les collectivités territoriales de fixer, demain, le délai de publication de la liste des terrains qui n’ont pas fait l’objet d’une mise en défens et du nombre de bestiaux admis au pâturage et au panage. Diantre ! Les collectivités territoriales pourront également fixer le montant de la facturation de redevance d’occupation pour travaux. Waouh ! Énorme ! Rien ne sera plus comme avant donc, après l’adoption de cette loi ! A fortiori pour le Grand Paris ! On le voit, la fenêtre de tir historique que la crise sanitaire a généré, pour réformer en profondeur notre administration, n’est pas utilisée à plein pour l’heure. On peine, en vérité, à distinguer les linéaments du nouveau monde. Et la loi 4D devrait donc constituer, à ce sujet, une nouvelle occasion manquée. L’idée d’accroître la différenciation entre les règles qui s’appliquent d’un territoire à un autre, plébiscitée par les élus locaux, comme l’indique la vaste consultation lancée par l’Association des maires d’Île-de-France, est pourtant la bonne. Déjà, aujourd’hui, on ne gère pas l’eau et les crues de la même façon dans le Val-de-Marne et dans les Hauts-de-Seine, et c’est très bien ainsi. Mais force est de constater que le vaste chantier de la simplification de l’administration territoriale française demeure largement devant nous, et c’est dommage. Si vous ne le faites pas pour réduire la dépense publique, faites-le pour accroître son efficacité, a-t-on envie de dire. Que penserait-on d’une firme dont les différents niveaux d’organisation territoriale ne se parlent pas ou, pire, se font la guerre, tandis que ses multiples antennes de proximité disposent chacune de leur exécutif, de leur stratégie et de leur budget, sans la moindre consolidation ? C’est pourtant ce qui se passe en France, et singulièrement dans le Grand Paris, seul périmètre de l’Hexagone qui se paie le luxe de disposer de deux échelons intercommunaux ! À l’image du conseiller territorial, élu à la fois du Département et de la Région, imaginé en son temps par Nicolas Sarkozy afin de simplifier, de fluidifier et de mettre en cohérence les deux échelons, pourquoi ne pas créer un conseiller intercommunal, de nature à réconcilier les deux strates de l’intercommunalité francilienne ? À l’évidence, la maille des Territoires est la bonne pour une série de politiques publiques qui doivent concilier les impératifs de périmètre suffisant, prendre en compte la réalité des bassins de vie, tout en permettant des interventions de proximité. Et nul ne conteste la nécessité d’une strate métropolitaine, ou régionale, de nature à définir des stratégies de rééquilibrage et d’attractivité. Il convient, dès lors, de fluidifier et rationaliser l’ensemble, en simplifiant le système incompréhensible né des lois Maptam et NOTRe. Avec un peu de courage, à l’orée du nouveau mandat présidentiel, on devrait y arriver. * Différenciation, décentralisation, déconcentration, décomplexification.

  • “CHRONO-URBANISME”, “CHRONOTOPIE” : LE TRIPTYQUE DE LA VILLE DU QUART D’HEURE : CARLOS MORENO

    “CHRONO-URBANISME”, “CHRONOTOPIE” ET “TOPOPHILIE” : LE TRIPTYQUE DE LA VILLE DU QUART D’HEURE. INTERVIEW DE CARLOS MORENO, CO-FONDATEUR & DIRECTEUR SCIENTIFIQUE DE LA CHAIRE ENTREPRENEURIAT TERRITOIRE INNOVATION (ETI) À L’IAE PARIS-SORBONNE PROPOS RECUEILLIS PAR JACQUES PAQUIER Le scientifique-entrepreneur Carlos Moreno décrit le concept de ville du quart d’heure qu’il a inventé dans le sillage de la COP21 et qui est en train de connaître un succès mondial. La ville du quart d’heure, dont vous êtes l’inventeur, c’est quoi ? L’idée m’est venue après le COP21. À l’époque, tout le monde parlait du climat en 2050 et de l’objectif de diminuer de 40 % les émissions de CO2 dès 2030. Comme, dans les villes, les principaux émetteurs de CO2 sont les transports, je me suis dit alors que si l’on voulait réduire nos émissions de gaz à effet de serre, il fallait s’attaquer à la mobilité. Pourquoi a-t-on besoin d’aller d’un point A à un point B, avec des trajets de 2 heures aller-retour, soit 10 heures par semaine passées dans les transports ? Avec des quartiers dortoirs, déserts le jour, parce que personne n’y travaille… et, à l’inverse, des quartiers d’affaires engorgés la journée et morts dès 18 heures. La clé est de quitter la mobilité obligatoire, contrainte, pour une mobilité choisie, de réfléchir à une manière de rapprocher les lieux de vie, de travail, de commerce, de culture, de santé et de loisirs. Comment atteindre cet objectif ? Si l’on arrive à offrir un maximum de services à proximité, alors on va se déplacer seulement parce qu’on le souhaite. J’ai lancé ce projet en 2015 et travaillé depuis sur des cartes géographiques. En créant différentes modélisations, je me suis aperçu qu’à proximité des lieux de domicile comme de travail, il existait une multitude de ressources physiques créées, entretenues, maintenues, qui ne servent en fait qu’une seule partie de la journée, période pour laquelle ils ont été mis en place. Le reste du temps, elles sont vides. On dispose donc d’une quantité énorme de surfaces inutilisées. Il faut soit réhabiliter ces bâtis et les ré-agencer de manière plus fonctionnelle, soit confier à une tierce personne des bâtiments déjà présents pour qu’ils servent à la ville. Nous avons vu également que plus on crée de la proximité avec les espaces où l’on peut se promener, acheter, pratiquer des activités culturelles et sportives, et plus les gens sont heureux. Ils sortent de l’anonymat, rencontrent enfin leurs voisins. Tenir compte du rythme de la vie, c’est ce que l’on appelle le « chrono-urbanisme ». L’utilisation multifonctionnelle des bâtis est ce que l’on nomme la « chronotopie ». Et le troisième pilier de la ville du quart d’heure correspond à l’amour des lieux, on appelle ça la « topophilie », ce qui provoque un attachement au quartier. Quelles sont les transformations requises ? Il faut récupérer des places publiques en les transformant en terrains de jeux pour les enfants, recréer des bancs pour les personnes âgées afin qu’elles se reposent, mettre en place des fontaines, favoriser les mobilités à vélo électrique, placer les mobilités urbaines à l’extérieur. Tout cela ne demande que très peu d’argent. Par exemple, il suffit d’ouvrir les écoles fermées le week-end et d’y organiser des activités. Autre exemple avec les discothèques : elles n’ouvrent dans le meilleur des cas que du jeudi au samedi de 22 heures à 4 heures du matin. On peut tout à fait les transformer en salles de sport en semaine. On obtient alors un nouveau service en utilisant la même surface, qui procure de nouvelles recettes ! L’idée est la même pour un café, dans lequel on pourrait notamment pratiquer l’apprentissage d’une nouvelle langue dans l’après-midi. Les clients seront plus nombreux que d’habitude. Et le patron pourra verser un pourcentage des recettes supplémentaires à l’association concernée. La ville du quart d’heure, c’est une économie de services dans laquelle tout le monde gagne !

  • ENSEMBLE, IMAGINONS LES VILLES DU GRAND PARIS : KARINE JULIEN-ELKAÏM

    ASSUMANT PLEINEMENT SON RÔLE D’OPÉRATEUR GLOBAL DE L’HABITAT, LE GROUPE POLYLOGIS A DÉCIDÉ DE PRENDRE SA PART DANS LES OBJECTIFS FIXÉS PAR LE GOUVERNEMENT EN MATIÈRE DE LOGEMENT. PRÊTE À RELEVER LE DÉFI DU LOGEMENT AU SEIN DU GRAND PARIS, KARINE JULIEN-ELKAÏM, PRÉSIDENTE DU COMITÉ EXÉCUTIF DU GROUPE POLYLOGIS, PORTE PLEINEMENT SES AMBITIONS VIA DEUX DE SES FILIALES FRANCILIENNES : LOGIREP ET TROIS MOULINS HABITAT. Pouvez-vous nous présenter les différentes missions du Groupe Polylogis ? Le Groupe Polylogis a la chance de pouvoir compter sur 1 500 femmes et hommes entièrement dédiés à leur mission. Nous agissons sur plusieurs thèmes. D’abord, celui des familles qui peinent à se loger. Ensuite, celui des résidences qui permettent d’accueillir des seniors ou des jeunes actifs par exemple (résidences services intergénérationnelles ou étudiantes). Enfin, celui des personnes fragilisées, comme celles en situation de handicap ou les femmes victimes de violences, auxquelles nous proposons des lieux pour se reconstruire. Toutes ces actions se font avec le concours étroit des élus locaux. Qu’est-ce qui fait l’ADN du Groupe Polylogis ? Nos 3 axes : partenariats, expertises et satisfaction client. Nos partenariats avec les élus s’inscrivent dans un temps long. Nos expertises – maîtrise d’ouvrage directe, promotion, aménagement et gestion locative – nous permettent de concevoir une approche sur mesure et donc des solutions locatives ou en accession adaptées à chacun des territoires. La satisfaction de nos clients (élus, locataires, propriétaires) est au cœur de notre action quotidienne et s’appuie pleinement sur notre politique d’innovation et notre démarche RSE. Vous avez annoncé, en avril dernier, que le Groupe allait prendre sa part dans le plan de relance en finançant la construction de 6 000 logements neufs et la réhabilitation de 5 000 logements entre 2021 et 2022. Effectivement, cette décision s’inscrit dans la mission d’intérêt général que le Groupe Polylogis poursuit depuis 60 ans. Le Grand Paris est au cœur de notre stratégie et nous y avons un patrimoine significatif (près de 60 000 logements en Île-de-France et près de 120 000 logements gérés). Notre objectif est de bâtir, avec et pour les collectivités, des projets qui répondent aux nouveaux besoins des habitants tout en poursuivant une démarche responsable et économe en foncier. Il y a donc deux volets : la construction de logements neufs, qui vise à soutenir la production de logements abordables et de qualité, et la rénovation d’anciens logements sociaux. Ces investissements vont nous permettre d’éradiquer les passoires thermiques, mais également de rénover l’intérieur des logements, afin d’améliorer le confort de vie de nos locataires.

  • RTE, DES MISSIONS DE PREMIER ORDRE AU SERVICE DES HABITANTS DU GRAND PARIS : NATHALIE LEMAITRE

    LA TRIBUNE DE NATHALIE LEMAITRE, DÉLÉGUÉE ÎLE-DE-FRANCE NORMANDIE DE RTE Eclairer les choix possibles sur notre avenir énergétique, en toute neutralité RTE, le réseau de transport d’électricité, assure à chaque instant l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité, et cette position centrale dans le système électrique français et européen fait de nous un observateur sans égal. Cette expertise, nous la mettons à dispositiondes pouvoirs publics, acteurs du système électrique et institutions, pour aider à la prise de décisions. Ainsi, nous collaborons à la révision du Schéma Directeur Régional d’IDF (SDRIF) ou à l’élaboration du Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT), en y apportant nos éléments de prospective sur l’électrification des usages (mobilité électrique, décarbonation de l’industrie et du chauffage…), sur l’efficacité et la sobriété énergétiques, sur le développement des énergies renouvelables. Notre objectif est d’adapter le réseau pour accompagner ces évolutions, tout en veillant à la conciliation des usages du foncier entre infrastructures indispensables à l’alimentation électrique du territoire et projets d’aménagement. Être un opérateur industriel qui maintient, adapte et gère son réseau afin qu’il soit au rendez-vous de la transition énergétique Pour cela, nous accélérons la rénovation du réseau en Île-de-France en renouvelant 300 km de lignes électriques d’ici 2035, et nous travaillons avec les agences d’urbanisme pour rechercher les mutualisations possibles de nos travaux avec les projets du territoire. Adapter le réseau pour contribuer au développement économique et raccorder de nouveaux producteurs et consommateurs est également une priorité : nous travaillons avec des partenaires comme Choose Paris Region pour faciliter l’accueil de nouveaux industriels dans la région. Optimiser le réseau afin de minimiser son empreinte écologique, économique et physique Minimiser l’empreinte, c’est dimensionner le réseau électrique au plus près du besoin, travailler son intégration dans l’environnement et sa compatibilité avec les projets du territoire. Ainsi, certaines lignes sont mises en souterrain pour permettre la réalisation de projets urbains de grande envergure, comme dans le nord de Paris où nous allons libérer 81 ha de foncier. Nous souhaitons également que les citoyens se sentent acteurs de la transition énergétique, et nous avons lancé le dispositif Ecowatt qui aide chacun des Français à mieux consommer l’électricité, et qui apporte depuis 2020 une vision régionale. Car l’atteinte de la neutralité carbone à l’horizon 2050 passera par une électrification des usages, une forte croissance des énergies renouvelables et une diminution des consommations de toutes les énergies. Chacun de nous peut y contribuer.

  • UNE AVIATION PLUS DURABLE AU SERVICE DU GRAND PARIS : ANNE RIGAIL

    LA TRIBUNE D’ANNE RIGAIL, DIRECTRICE GÉNÉRALE AIR FRANCE Que l’on soit à Singapour, Dubaï, Londres ou New York, un aéroport international est une porte d’entrée pour les villes-mondes. Et lorsqu’il s’appuie sur une grande compagnie aérienne basée, sa contribution au rayonnement du territoire et à son dynamisme culturel, touristique et économique est démultipliée.Aujourd’hui, le ciel commence à s’éclaircir et la connexion du Grand Paris au monde via le Hub d’Air France à Roissy reprend vie, après plusieurs mois de paralysie. Alors que le Grand Paris s’affirme comme un levier puissant pour favoriser la relance en France et en Europe, et qu’il se fixe des objectifs élevés en matièrede transition écologique, il peut compter sur Air France pour l’accompagner dans ses ambitions. Le transport aérien pour l’attractivité du territoire Le transport aérien soutient de nombreuses filières, industrielles ou de service. La seule activité d’Air France, premier employeur privé en Île-de-France, est pourvoyeuse de plus de 230 000 emplois directs et induits dans la Région. Pour les préserver face à la redoutable compétition internationale d’après-crise, une relance à la fois vigoureuse et responsable est nécessaire. À cet égard, l’attractivité reste un enjeu clé et doit nous mobiliser collectivement. Il nous faut notamment accompagner le redémarrage du tourisme, de loisirs et d’affaires, qui est un pilier économique du Grand Paris. Air France y contribue notamment par sa communication renouvelée, qui valorise Paris auprès d’une clientèle présente sur tous les continents. Une meilleure attractivité exige également que la desserte entre Roissy et Paris soit remise au niveau des meilleurs standards internationaux. À ce titre, la confirmation de la ligne 17 du Grand Paris Express est une excellente nouvelle. C’est un investissement utile et complémentaire du RER B modernisé et du CDG Express, qui contribueront au leadership environnemental du Grand Paris. Air France engagée pour une aviation plus durable Le voyage de demain sera en effet un voyage responsable. Pour cela, Air France s’est engagée à réduire fortement ses émissions sonores et de CO2. Il s’agit de continuer à investir dans des avions de nouvelle génération, de soutenir l’émergence d’une filière française de biocarburants qui n’entre pas en compétition avec la chaîne alimentaire et d’amplifier nos initiatives vertueuses aussi bien en vol qu’au sol. Ces actions sont cohérentes avec celles du Grand Paris et nous pouvons aller plus loin en renforçant la coopération entre les acteurs privés et publics. Cela passe, par exemple, par le déploiement de l’intermodalité air/fer, avec la SNCF et Aéroport de Paris, par une proximité renforcée avec les territoires ou par le développement de projets ambitieux avec des acteurs de l’industrie, de l’énergie, du tourisme ou de l’événementiel. Notre enjeu est, plus que jamais, de travailler collectivement à une aviation plus durable au service du rayonnement de nos territoires.

  • RÉPONDRE AUX DÉFIS DES NOUVEAUX MODES DE CONSOMMATION : JONATHAN SEBBANE

    LA TRIBUNE DE JONATHAN SEBBANE, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE SOGARIS Commencée il y a plus de dix ans, la révolution des pratiques de consommation en a entraîné une autre, à bas bruit mais tout aussi sensible aujourd’hui pour notre vie quotidienne : celle des modes de distribution, que caractérisent l’explosion des flux de marchandises et un impact environnemental considérable. Sans surprise, c’est le transport de colis qui représente aujourd’hui le moteur de cette dynamique – on estime à 200 000 le nombre de colis transportés chaque jour à Paris, et l’on peut penser que c’est un début quand New York en compte près d’un million. Face à cette situation qui évolue vite l’enjeu est double : il s’agit à la fois de réduire drastiquement l’impact environnemental et les nuisances générés par les flux de marchandises, tout en accompagnant les besoins des professionnels vers de nouvelles pratiques de distribution et de mobilité, économiquement viables. La maîtrise d’une mobilité des biens décarbonée au service des villes et de leurs habitants est devenue un immense défi, auquel les grandes métropoles peuvent répondre à la fois par la réglementation et par l’accompagnement des professionnels. La réglementation, c’est ce que l’on observe en Europe avec la généralisation des Zones à faibles émissions (ZFE ou LEZ en anglais) à l’échelle des agglomérations et la piétonisation des centres-villes : en avril 2020, l’ADEME dénombrait ainsi près de 250 ZFE dans 13 pays européens et Londres entend élargir en octobre prochain le périmètre de sa Zone à très faibles émissions (ULEZ). La recherche d’alternatives efficaces et pérennes à la route est évidemment un enjeu essentiel de la logistique moderne. En un sens, le développement rapide du vélo et du vélo-cargo, comme modes de transport du dernier kilomètre, est une forme d’intermodalité réussie, qui va modifier durablement les pratiques des professionnels et façonner les pratiques urbaines. En matière d’approvisionnement, on observe aujourd’hui, par exemple, de multiples initiatives et expérimentations pour passer par le fleuve. Pour accompagner les professionnels, il nous faut déployer un réseau de sites immobiliers à l’échelle de l’agglomération, parfaitement localisés pour répondre tant aux besoins économiques qu’à l’exigence écologique de réduction de l’empreinte carbone des flux. Cet immobilier doit être totalement adapté à son environnement et à ses contraintes : car il n’y a pas qu’une seule logistique urbaine, standardisée par l’arrivée de poids lourds et le départ de petits véhicules, fussent-ils propres, mais une multiplicité de besoins auxquels il convient de répondre par des bâtiments et des espaces adaptés aux usages, faisant montre d’une insertion architecturale et urbaine de grande qualité. C’est sans doute la clef pour inscrire durablement la logistique urbaine comme une nouvelle fonction standard de la programmation urbaine.

  • LA TERRE NOURRIT LE TEMPS : GUILLAUME BEAUMONT

    D’AUSSI LOIN QU’IL S’EN SOUVIENNE, GUILLAUME BEAUMONT A TOUJOURS AIMÉ ORGANISER. ORGANISER AU SENS ÉTYMOLOGIQUE DU TERME : ORCHESTRER, MAIS SA MATIÈRE EST HUMAINE. « J’ORGANISAIS DÈS L’ÉCOLE TOUS TYPES D’ÉVÉNEMENT, POUR FÉDÉRER, RÉUNIR, FÊTER, CÉLÉBRER », SE SOUVIENT-IL AVEC CETTE PASSION DES CARACTÈRES QUI L’ANIME. LE TRAIT D’UNION DE SES TROIS VIES, C’EST L’ENGAGEMENT. POUR DÉCOUVRIR, APPRENDRE ET RENCONTRER. PAR LOUIS ANERGIE Guillaume Beaumont est Bourguignon, natif de Varennes-Saint-Sauveur, joli village de « 1 200 âmes, entre Bresse et Mâconnais », entre vignes et Charolais. Ce généreux terroir est sa sève, son enracinement, son fief, vital, qu’il retrouve souvent, de retour de Paris. Son père, le docteur René Beaumont, figure mythique de la politique locale – maire d’innombrables années, député puis sénateur, « patron » du département de la Saône-et-Loire pendant 21 ans –, a incarné le champ magnétique de cette province divine, véritable carrefour du pays, traversée du Nord au Sud par l’autoroute A6. Halte culinaire renommée. « Tout ce que compte la politique passait alors à la maison. Le président Valéry Giscard d’Estaing, « Ponia », Barre, Méhaignerie, Robien, Raffarin et tant d’autres. Discussions riches, chaleureuses et amicales entre ces personnalités impressionnantes. « Je n’ai pas eu vraiment d’autres choix que de tomber dans la politique quand j’étais petit », reconnaît Guillaume Beaumont. L’enfant est captivé, emporté par une passion de la « chose publique » et des fructueux échanges qui ne le quittera plus. Droit, Sciences Po, il mène de front études et campagnes électorales. Son premier employeur est Gérard Longuet, au Parti Républicain, puis c’est la découverte de la « Manufacture des Lois », le Parlement. Suivront les cabinets des ministres Léotard à la Défense, Pasqua à l’Intérieur, Madelin à l’Industrie et la présidentielle de 1995 aux côtés d’Édouard Balladur, préparant meetings et déplacements officiels. Expérience très formatrice : « J’ai parcouru la France durant un véritable marathon de 12 mois, de préfecture en sous-préfecture, je n’avais pas 25 ans et l’on m’a fait confiance, j’ai ainsi gagné 10 ans d’expérience. » Guillaume Beaumont rêvait d’être, comme son père, vétérinaire en terre rurale mais se révélant davantage littéraire, il s’engage sur une autre voie : « Ce que je vivais en politique était très fort et m’a finalement absorbé. » En 1998, Jean-Pierre Soisson devient président du conseil régional de Bourgogne. Directeur de son cabinet pendant trois ans à Dijon, près du Palais des Ducs, Guillaume découvre l’échelon manquant à ses connaissances : la Région. Avec l’an 2000 arrive cependant le sentiment d’avoir fait le tour du sujet, : « Je voulais me frotter au monde privé et savoir ce que je valais ! » Commence ainsi sa seconde vie. Dix-sept ans à laLyonnaise des Eaux (GDF-Suez puis Engie) auprès de Gérard Mestrallet, « le président ! Immense capitaine d’industrie, visionnaire, pragmatique, très humain, mais redoutable également en affaires ». À ses côtés, il contribue au développement des métiers historiques de l’entreprise : l’eau, l’assainissement, la propreté urbaine et l’énergie. « Monsieur Collectivités » du groupe, au carnet d’adresses très bien rempli et à l’entregent reconnu, il organise dès lors sa vie entre ses engagements professionnels au cœur des grandes agglomérations françaises et ses immersions régulières sur son tertre bourguignon. Passionné de chasse, il chausse là-bas ses bottes et part souvent marcher seul en forêt. Son livre de chevet ? Les Téméraires de Bart Van Loo, avec ce sous-titre « Quand la Bourgogne défiait l’Europe ». Cette terre a rythmé nos échanges tout comme elle a sûrement donné à Guillaume Beaumont l’élan vers sa troisième vie, à 47 ans. Ayant eu la chance de rencontrer Georges Rocchietta, président-fondateur du groupe Atland, et convaincu par leurs échanges initiaux, le voici désormais depuis 4 ans directeur du développement France de la foncière, acteur global de l’immobilier et gestionnaire de fonds, l’un des principaux du marché. Une entreprise discrète et solide, très bien implantée notamment en Île-de-France. Il passe ainsi d’un monde de réseaux souterrains enterrés à celui de la verticalité, par l’édification de projets urbains. Guillaume Beaumont y fait ce qu’il connaît le mieux : garantir d’étroites relations de confiance avec les donneurs d’ordre public et renforcer les liens institutionnels entre son groupe et les maires de France dont il connaît bien les préoccupations. Pour lui, en tant que premier marché du pays, « le Grand Paris a ouvert en quelques années un formidable horizon. Auparavant, l’Île-de-France ne représentait que de petites chapelles isolées. Désormais et grâce à la vision du président Sarkozy, au talent de persuasion des ministres Christian Blanc et Maurice Leroy, la Région Capitale, c’est maintenant le Paris du grand large, aux nombreuses opportunités de développement ! ». Chez Atland, Guillaume Beaumont s’investit dans ce vaste territoire francilien dont il connaît bien les représentants politiques de tous bords, « chassant en meute », et remportant avec les équipes du Groupe de grands concours structurants pour le développement urbain de la Métropole : « De Chelles, à l’Est, en passant par Stains-Pierrefitte en Seine-Saint-Denis jusqu’à Argenteuil dans le Val-d’Oise, le long de l’axe Seine, le Grand Paris mobilise beaucoup de notre énergie, mais nous n’en manquons pas ! » affirme-t-il. Père « d’une merveilleuse petite Adèle », Guillaume Beaumont, tonique et très entier, revendique une passion pour l’humain et les multiples rencontres marquantes car « la vie, ce sont des regards, des échanges et des émotions ». Il a souhaité rejoindre les Acteurs du Grand Paris, « chaleureux cénacle fort utile, fédérant d’éminents spécialistes qui se réunissent pour évoquer les défis modernes et continuer d’ériger la ville sur la ville ».

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