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  • DE L’ART DE VOYAGER PRÈS DE CHEZ SOI

    LA TENDANCE DU TOURISME LOCAL N’EST PAS QU’UN SIMPLE EFFET DE MODE INDUIT PAR LA CRISE SANITAIRE. LES PROFESSIONNELS L’ONT BIEN COMPRIS : LE « STAYCATION » S’EST INSTALLÉ POUR DURER. RÉSULTAT, LE SECTEUR S’ORGANISE EN CONSÉQUENCE POUR STRUCTURER L’OFFRE FRANCILIENNE. PAR MANON GAYET Souvenez-vous du printemps 2020. Le programme se résumait à un numéro de jonglage entre télétravail, enfants, courses et sorties d’une heure chrono. Pas franchement de quoi recharger les batteries. Alors pas étonnant qu’une fois le déconfinement venu, le 11 mai, les Franciliens – les Parisiens en tête – se soient précipités dans les espaces verts (la carte des forêts d’Île-de-France accessibles en train, réalisée pour l’occasion par Enlarge Your Paris, avait totalisé 45 000 clics en mai, plus de 150 000 depuis un an). « Ils ont clairement pris l’air et assouvi leur besoin de nature en particulier dans les départements de grande couronne », confirme Emmanuel Blum, responsable de la communication interne et institutionnelle du Comité régional du tourisme (CRT) d’Île‑de‑France. Voilà de quoi désorienter les professionnels du tourisme ! Désormais, il convient de faire rêver les Grands Parisiens en quête d’évasion avec des balades à Provins, Fontainebleau ou encore le long du canal de l’Ourcq. Pour cela, le tourisme local a trouvé un allié inattendu : le télétravail. « Il est maintenant généralisé et organisé, ce qui est porteur pour toute l’industrie touristique », assure Guy Raffour, fondateur du cabinet Raffour Interactif, dont la dernière étude sur le tourisme et le e-tourisme en France vient de paraître. Faire du « staycation », le nouveau réflexe des Grands Parisiens Alors, cette année, pas question de se laisser prendre de court. Les pros du tourisme veulent prouver que oui, faire du « staycation » (contraction de « stay » et « vacation » en anglais, soit « rester » et « vacances ») aux quatre coins du Grand Paris, c’est trendy. « J’ai dormi dans un container à Saintry-sur-Seine (Essonne) par curiosité et c’était incroyable. Votre lit donne sur un étang avec des canards, des écureuils… Un petit coin de paradis ! », raconte, enthousiaste, Sandrine Kocki, l’une de ces touristes locales. Recenser les meilleures adresses pour une évasion grand-parisienne, c’est la mission que s’est donnée Anaïs Lerma. La fondatrice du blog Parisianavores a lancé Les Escampettes en mars dernier, un site qui recense des idées de séjours à moins de deux heures de Paname. « Mes sélections les plus consultées sont celles sur les hôtels et chambres d’hôtes “kids-friendly”, les cabanes et hébergements insolites ainsi que les hôtels et chambres d’hôtes instagrammables », confie-t-elle. Mi-mai, la newsletter des Escampettes comptait déjà 4 000 voyageurs abonnés. Et Anaïs Lerma est sollicitée par des hôteliers pour promouvoir leur hébergement cet été auprès de cette clientèle tant convoitée. Prendre le train… du tourisme durable De leur côté, les transporteurs se positionnent également, à commencer par SNCF Transilien. « 40 % des 260 sites touristiques franciliens les plus importants sont à moins de 15 minutes à pied d’une gare Transilien. C’est ce patrimoine à portée de train que la campagne #CPasLoinEnTrain invite à explorer [en partenariat avec Enlarge Your Paris, ndlr] », explique Sylvie Lopez,cheffe de marché occasionnels et touristes pour SNCF Transilien. En limitant les déplacements et en favorisant l’usage des transports en commun, le tourisme local s’assure une place de choix dans le tourisme de demain, plus respectueux de la planète. « Le staycation démontre la résilience du tourisme quand il est localisé. En se réappropriant des espaces plus proches de chez soi, on contribue à cette notion d’éco-responsabilité », assure Frédéric Hocquard, adjoint à la maire de Paris chargé du tourisme. Qui voyage près de chez lui ménage sa planète…

  • VERS UN CHOC DE LA DENSITÉ POUR LE GRAND PARIS : PHILIPPE ROCHEREAU

    EN 2020, LES ÉLECTIONS MUNICIPALES ET LA CRISE SANITAIRE ONT FORTEMENT FRAGILISÉ LA PRODUCTION DE LOGEMENTS ALORS QUE LA DEMANDE CROÎT TOUJOURS. LES CONFINEMENTS SUCCESSIFS QUE NOUS AVONS VÉCUS ONT ÉTÉ UN RÉVÉLATEUR DE LA NÉCESSITÉ DE DISPOSER D’UN LOGEMENT DÉCENT POUR CHACUN. PAR PHILIPPE ROCHEREAU Avec 25 % de la population nationale, la région Île-de-France est particulièrement concernée par ces problématiques. 70 000 logements par an pendant 20 ans, soit 1,5 million de nouveaux logements d’ici 2030, c’est l’objectif du Grand Paris. Cet objectif n’a jamais été atteint entre 2010 et 2016 avec une production qui a oscillé entre 55 000 et 66 000 logements par an. C’est seulement à partir de 2017 que la construction passe la barre des 70 000 logements. En 2020, si la construction de logements reste dans les normes voulues, il faut savoir que les livraisons sont les mises en commercialisation d’il y a 3 ans. De plus, les fondamentaux de la construction connaissent une chute vertigineuse par rapport à 2019. D’après la FPI, l’autorisation de logements a baissé de 25 %, les réservations au détail de 44 % et la mise en commercialisation de 49 %. Cette réduction de l’offre immobilière est très préoccupante face à une demande toujours croissante. La demande en logements est alimentée par la croissance démographique et l’augmentation du nombre de ménages qui résultent de l’accroissement de l’espérance de vie, du recul de l’âge du mariage et du nombre de divorces qui a augmenté de 25 %. Toutefois, l’état des logements joue aussi un rôle avec 157 000 logements insalubres, soit 4 % du parc privé de la région. Vouloir se loger mieux constitue un important facteur de la demande. Enfin, ce serait une erreur de penser que le télétravail réduirait le niveau de tension du logement. En effet, même si ce dernier s’est imposé à tous et demeurera, il y aura toujours la nécessité d’aller sur son lieu d’activité, et donc d’habiter à proximité de celui-ci. Oser un choc de verticalité Face au logement et à l’artificialisation des sols, on oppose souvent l’environnement et l’écologie. Or, l’Île-de-France a la plus faible artificialisation de l’Hexagone au regard de l’activité accueillie. Ce sont 133 mètres carrés de sols artificialisés par habitant pour une moyenne nationale de 460 mètres carrés. Notons qu’en 2017, d’après l’Institut Paris Region, seulement 3 % des sols artificialisés étaient destinés à l’habitat collectif. Ainsi, comment conjuguer la sobriété foncière et le besoin considérable en logements, en Île-de-France, véritable locomotive économique et territoire le plus attractif de France, voire d’Europe ? La solution passe par une plus forte densification car c’est la densité qui fait la vie, la mixité et le partage. C’est la densité qui rapproche les lieux de travail, de culture et d’échange. Il faut donc, aujourd’hui, oser un choc de verticalité à la façon d’Haussmann en son temps. Philippe Rochereau est fondateur de Limmedia (le media des professionnels de l’immobilier d’investissement) et président de l’AFIL (Association française de l’​immobilier locatif).

  • ENCORE UN PEU D’AUDACE, ON Y EST PRESQUE : JACQUES PAQUIER

    LE BILLET DE JACQUES PAQUIER On se demande si c’est de l’humour involontaire. Ainsi, l’exposé des motifs de la loi 4D*,en cours d’examen au Parlement, ne manque pas de sel. Ses auteurs citent, comme exemple de l’extension du pouvoir réglementaire local, que cette loi promeut la possibilité pour les collectivités territoriales de fixer, demain, le délai de publication de la liste des terrains qui n’ont pas fait l’objet d’une mise en défens et du nombre de bestiaux admis au pâturage et au panage. Diantre ! Les collectivités territoriales pourront également fixer le montant de la facturation de redevance d’occupation pour travaux. Waouh ! Énorme ! Rien ne sera plus comme avant donc, après l’adoption de cette loi ! A fortiori pour le Grand Paris ! On le voit, la fenêtre de tir historique que la crise sanitaire a généré, pour réformer en profondeur notre administration, n’est pas utilisée à plein pour l’heure. On peine, en vérité, à distinguer les linéaments du nouveau monde. Et la loi 4D devrait donc constituer, à ce sujet, une nouvelle occasion manquée. L’idée d’accroître la différenciation entre les règles qui s’appliquent d’un territoire à un autre, plébiscitée par les élus locaux, comme l’indique la vaste consultation lancée par l’Association des maires d’Île-de-France, est pourtant la bonne. Déjà, aujourd’hui, on ne gère pas l’eau et les crues de la même façon dans le Val-de-Marne et dans les Hauts-de-Seine, et c’est très bien ainsi. Mais force est de constater que le vaste chantier de la simplification de l’administration territoriale française demeure largement devant nous, et c’est dommage. Si vous ne le faites pas pour réduire la dépense publique, faites-le pour accroître son efficacité, a-t-on envie de dire. Que penserait-on d’une firme dont les différents niveaux d’organisation territoriale ne se parlent pas ou, pire, se font la guerre, tandis que ses multiples antennes de proximité disposent chacune de leur exécutif, de leur stratégie et de leur budget, sans la moindre consolidation ? C’est pourtant ce qui se passe en France, et singulièrement dans le Grand Paris, seul périmètre de l’Hexagone qui se paie le luxe de disposer de deux échelons intercommunaux ! À l’image du conseiller territorial, élu à la fois du Département et de la Région, imaginé en son temps par Nicolas Sarkozy afin de simplifier, de fluidifier et de mettre en cohérence les deux échelons, pourquoi ne pas créer un conseiller intercommunal, de nature à réconcilier les deux strates de l’intercommunalité francilienne ? À l’évidence, la maille des Territoires est la bonne pour une série de politiques publiques qui doivent concilier les impératifs de périmètre suffisant, prendre en compte la réalité des bassins de vie, tout en permettant des interventions de proximité. Et nul ne conteste la nécessité d’une strate métropolitaine, ou régionale, de nature à définir des stratégies de rééquilibrage et d’attractivité. Il convient, dès lors, de fluidifier et rationaliser l’ensemble, en simplifiant le système incompréhensible né des lois Maptam et NOTRe. Avec un peu de courage, à l’orée du nouveau mandat présidentiel, on devrait y arriver. * Différenciation, décentralisation, déconcentration, décomplexification.

  • “CHRONO-URBANISME”, “CHRONOTOPIE” : LE TRIPTYQUE DE LA VILLE DU QUART D’HEURE : CARLOS MORENO

    “CHRONO-URBANISME”, “CHRONOTOPIE” ET “TOPOPHILIE” : LE TRIPTYQUE DE LA VILLE DU QUART D’HEURE. INTERVIEW DE CARLOS MORENO, CO-FONDATEUR & DIRECTEUR SCIENTIFIQUE DE LA CHAIRE ENTREPRENEURIAT TERRITOIRE INNOVATION (ETI) À L’IAE PARIS-SORBONNE PROPOS RECUEILLIS PAR JACQUES PAQUIER Le scientifique-entrepreneur Carlos Moreno décrit le concept de ville du quart d’heure qu’il a inventé dans le sillage de la COP21 et qui est en train de connaître un succès mondial. La ville du quart d’heure, dont vous êtes l’inventeur, c’est quoi ? L’idée m’est venue après le COP21. À l’époque, tout le monde parlait du climat en 2050 et de l’objectif de diminuer de 40 % les émissions de CO2 dès 2030. Comme, dans les villes, les principaux émetteurs de CO2 sont les transports, je me suis dit alors que si l’on voulait réduire nos émissions de gaz à effet de serre, il fallait s’attaquer à la mobilité. Pourquoi a-t-on besoin d’aller d’un point A à un point B, avec des trajets de 2 heures aller-retour, soit 10 heures par semaine passées dans les transports ? Avec des quartiers dortoirs, déserts le jour, parce que personne n’y travaille… et, à l’inverse, des quartiers d’affaires engorgés la journée et morts dès 18 heures. La clé est de quitter la mobilité obligatoire, contrainte, pour une mobilité choisie, de réfléchir à une manière de rapprocher les lieux de vie, de travail, de commerce, de culture, de santé et de loisirs. Comment atteindre cet objectif ? Si l’on arrive à offrir un maximum de services à proximité, alors on va se déplacer seulement parce qu’on le souhaite. J’ai lancé ce projet en 2015 et travaillé depuis sur des cartes géographiques. En créant différentes modélisations, je me suis aperçu qu’à proximité des lieux de domicile comme de travail, il existait une multitude de ressources physiques créées, entretenues, maintenues, qui ne servent en fait qu’une seule partie de la journée, période pour laquelle ils ont été mis en place. Le reste du temps, elles sont vides. On dispose donc d’une quantité énorme de surfaces inutilisées. Il faut soit réhabiliter ces bâtis et les ré-agencer de manière plus fonctionnelle, soit confier à une tierce personne des bâtiments déjà présents pour qu’ils servent à la ville. Nous avons vu également que plus on crée de la proximité avec les espaces où l’on peut se promener, acheter, pratiquer des activités culturelles et sportives, et plus les gens sont heureux. Ils sortent de l’anonymat, rencontrent enfin leurs voisins. Tenir compte du rythme de la vie, c’est ce que l’on appelle le « chrono-urbanisme ». L’utilisation multifonctionnelle des bâtis est ce que l’on nomme la « chronotopie ». Et le troisième pilier de la ville du quart d’heure correspond à l’amour des lieux, on appelle ça la « topophilie », ce qui provoque un attachement au quartier. Quelles sont les transformations requises ? Il faut récupérer des places publiques en les transformant en terrains de jeux pour les enfants, recréer des bancs pour les personnes âgées afin qu’elles se reposent, mettre en place des fontaines, favoriser les mobilités à vélo électrique, placer les mobilités urbaines à l’extérieur. Tout cela ne demande que très peu d’argent. Par exemple, il suffit d’ouvrir les écoles fermées le week-end et d’y organiser des activités. Autre exemple avec les discothèques : elles n’ouvrent dans le meilleur des cas que du jeudi au samedi de 22 heures à 4 heures du matin. On peut tout à fait les transformer en salles de sport en semaine. On obtient alors un nouveau service en utilisant la même surface, qui procure de nouvelles recettes ! L’idée est la même pour un café, dans lequel on pourrait notamment pratiquer l’apprentissage d’une nouvelle langue dans l’après-midi. Les clients seront plus nombreux que d’habitude. Et le patron pourra verser un pourcentage des recettes supplémentaires à l’association concernée. La ville du quart d’heure, c’est une économie de services dans laquelle tout le monde gagne !

  • ENSEMBLE, IMAGINONS LES VILLES DU GRAND PARIS : KARINE JULIEN-ELKAÏM

    ASSUMANT PLEINEMENT SON RÔLE D’OPÉRATEUR GLOBAL DE L’HABITAT, LE GROUPE POLYLOGIS A DÉCIDÉ DE PRENDRE SA PART DANS LES OBJECTIFS FIXÉS PAR LE GOUVERNEMENT EN MATIÈRE DE LOGEMENT. PRÊTE À RELEVER LE DÉFI DU LOGEMENT AU SEIN DU GRAND PARIS, KARINE JULIEN-ELKAÏM, PRÉSIDENTE DU COMITÉ EXÉCUTIF DU GROUPE POLYLOGIS, PORTE PLEINEMENT SES AMBITIONS VIA DEUX DE SES FILIALES FRANCILIENNES : LOGIREP ET TROIS MOULINS HABITAT. Pouvez-vous nous présenter les différentes missions du Groupe Polylogis ? Le Groupe Polylogis a la chance de pouvoir compter sur 1 500 femmes et hommes entièrement dédiés à leur mission. Nous agissons sur plusieurs thèmes. D’abord, celui des familles qui peinent à se loger. Ensuite, celui des résidences qui permettent d’accueillir des seniors ou des jeunes actifs par exemple (résidences services intergénérationnelles ou étudiantes). Enfin, celui des personnes fragilisées, comme celles en situation de handicap ou les femmes victimes de violences, auxquelles nous proposons des lieux pour se reconstruire. Toutes ces actions se font avec le concours étroit des élus locaux. Qu’est-ce qui fait l’ADN du Groupe Polylogis ? Nos 3 axes : partenariats, expertises et satisfaction client. Nos partenariats avec les élus s’inscrivent dans un temps long. Nos expertises – maîtrise d’ouvrage directe, promotion, aménagement et gestion locative – nous permettent de concevoir une approche sur mesure et donc des solutions locatives ou en accession adaptées à chacun des territoires. La satisfaction de nos clients (élus, locataires, propriétaires) est au cœur de notre action quotidienne et s’appuie pleinement sur notre politique d’innovation et notre démarche RSE. Vous avez annoncé, en avril dernier, que le Groupe allait prendre sa part dans le plan de relance en finançant la construction de 6 000 logements neufs et la réhabilitation de 5 000 logements entre 2021 et 2022. Effectivement, cette décision s’inscrit dans la mission d’intérêt général que le Groupe Polylogis poursuit depuis 60 ans. Le Grand Paris est au cœur de notre stratégie et nous y avons un patrimoine significatif (près de 60 000 logements en Île-de-France et près de 120 000 logements gérés). Notre objectif est de bâtir, avec et pour les collectivités, des projets qui répondent aux nouveaux besoins des habitants tout en poursuivant une démarche responsable et économe en foncier. Il y a donc deux volets : la construction de logements neufs, qui vise à soutenir la production de logements abordables et de qualité, et la rénovation d’anciens logements sociaux. Ces investissements vont nous permettre d’éradiquer les passoires thermiques, mais également de rénover l’intérieur des logements, afin d’améliorer le confort de vie de nos locataires.

  • RTE, DES MISSIONS DE PREMIER ORDRE AU SERVICE DES HABITANTS DU GRAND PARIS : NATHALIE LEMAITRE

    LA TRIBUNE DE NATHALIE LEMAITRE, DÉLÉGUÉE ÎLE-DE-FRANCE NORMANDIE DE RTE Eclairer les choix possibles sur notre avenir énergétique, en toute neutralité RTE, le réseau de transport d’électricité, assure à chaque instant l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité, et cette position centrale dans le système électrique français et européen fait de nous un observateur sans égal. Cette expertise, nous la mettons à dispositiondes pouvoirs publics, acteurs du système électrique et institutions, pour aider à la prise de décisions. Ainsi, nous collaborons à la révision du Schéma Directeur Régional d’IDF (SDRIF) ou à l’élaboration du Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT), en y apportant nos éléments de prospective sur l’électrification des usages (mobilité électrique, décarbonation de l’industrie et du chauffage…), sur l’efficacité et la sobriété énergétiques, sur le développement des énergies renouvelables. Notre objectif est d’adapter le réseau pour accompagner ces évolutions, tout en veillant à la conciliation des usages du foncier entre infrastructures indispensables à l’alimentation électrique du territoire et projets d’aménagement. Être un opérateur industriel qui maintient, adapte et gère son réseau afin qu’il soit au rendez-vous de la transition énergétique Pour cela, nous accélérons la rénovation du réseau en Île-de-France en renouvelant 300 km de lignes électriques d’ici 2035, et nous travaillons avec les agences d’urbanisme pour rechercher les mutualisations possibles de nos travaux avec les projets du territoire. Adapter le réseau pour contribuer au développement économique et raccorder de nouveaux producteurs et consommateurs est également une priorité : nous travaillons avec des partenaires comme Choose Paris Region pour faciliter l’accueil de nouveaux industriels dans la région. Optimiser le réseau afin de minimiser son empreinte écologique, économique et physique Minimiser l’empreinte, c’est dimensionner le réseau électrique au plus près du besoin, travailler son intégration dans l’environnement et sa compatibilité avec les projets du territoire. Ainsi, certaines lignes sont mises en souterrain pour permettre la réalisation de projets urbains de grande envergure, comme dans le nord de Paris où nous allons libérer 81 ha de foncier. Nous souhaitons également que les citoyens se sentent acteurs de la transition énergétique, et nous avons lancé le dispositif Ecowatt qui aide chacun des Français à mieux consommer l’électricité, et qui apporte depuis 2020 une vision régionale. Car l’atteinte de la neutralité carbone à l’horizon 2050 passera par une électrification des usages, une forte croissance des énergies renouvelables et une diminution des consommations de toutes les énergies. Chacun de nous peut y contribuer.

  • UNE AVIATION PLUS DURABLE AU SERVICE DU GRAND PARIS : ANNE RIGAIL

    LA TRIBUNE D’ANNE RIGAIL, DIRECTRICE GÉNÉRALE AIR FRANCE Que l’on soit à Singapour, Dubaï, Londres ou New York, un aéroport international est une porte d’entrée pour les villes-mondes. Et lorsqu’il s’appuie sur une grande compagnie aérienne basée, sa contribution au rayonnement du territoire et à son dynamisme culturel, touristique et économique est démultipliée.Aujourd’hui, le ciel commence à s’éclaircir et la connexion du Grand Paris au monde via le Hub d’Air France à Roissy reprend vie, après plusieurs mois de paralysie. Alors que le Grand Paris s’affirme comme un levier puissant pour favoriser la relance en France et en Europe, et qu’il se fixe des objectifs élevés en matièrede transition écologique, il peut compter sur Air France pour l’accompagner dans ses ambitions. Le transport aérien pour l’attractivité du territoire Le transport aérien soutient de nombreuses filières, industrielles ou de service. La seule activité d’Air France, premier employeur privé en Île-de-France, est pourvoyeuse de plus de 230 000 emplois directs et induits dans la Région. Pour les préserver face à la redoutable compétition internationale d’après-crise, une relance à la fois vigoureuse et responsable est nécessaire. À cet égard, l’attractivité reste un enjeu clé et doit nous mobiliser collectivement. Il nous faut notamment accompagner le redémarrage du tourisme, de loisirs et d’affaires, qui est un pilier économique du Grand Paris. Air France y contribue notamment par sa communication renouvelée, qui valorise Paris auprès d’une clientèle présente sur tous les continents. Une meilleure attractivité exige également que la desserte entre Roissy et Paris soit remise au niveau des meilleurs standards internationaux. À ce titre, la confirmation de la ligne 17 du Grand Paris Express est une excellente nouvelle. C’est un investissement utile et complémentaire du RER B modernisé et du CDG Express, qui contribueront au leadership environnemental du Grand Paris. Air France engagée pour une aviation plus durable Le voyage de demain sera en effet un voyage responsable. Pour cela, Air France s’est engagée à réduire fortement ses émissions sonores et de CO2. Il s’agit de continuer à investir dans des avions de nouvelle génération, de soutenir l’émergence d’une filière française de biocarburants qui n’entre pas en compétition avec la chaîne alimentaire et d’amplifier nos initiatives vertueuses aussi bien en vol qu’au sol. Ces actions sont cohérentes avec celles du Grand Paris et nous pouvons aller plus loin en renforçant la coopération entre les acteurs privés et publics. Cela passe, par exemple, par le déploiement de l’intermodalité air/fer, avec la SNCF et Aéroport de Paris, par une proximité renforcée avec les territoires ou par le développement de projets ambitieux avec des acteurs de l’industrie, de l’énergie, du tourisme ou de l’événementiel. Notre enjeu est, plus que jamais, de travailler collectivement à une aviation plus durable au service du rayonnement de nos territoires.

  • RÉPONDRE AUX DÉFIS DES NOUVEAUX MODES DE CONSOMMATION : JONATHAN SEBBANE

    LA TRIBUNE DE JONATHAN SEBBANE, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE SOGARIS Commencée il y a plus de dix ans, la révolution des pratiques de consommation en a entraîné une autre, à bas bruit mais tout aussi sensible aujourd’hui pour notre vie quotidienne : celle des modes de distribution, que caractérisent l’explosion des flux de marchandises et un impact environnemental considérable. Sans surprise, c’est le transport de colis qui représente aujourd’hui le moteur de cette dynamique – on estime à 200 000 le nombre de colis transportés chaque jour à Paris, et l’on peut penser que c’est un début quand New York en compte près d’un million. Face à cette situation qui évolue vite l’enjeu est double : il s’agit à la fois de réduire drastiquement l’impact environnemental et les nuisances générés par les flux de marchandises, tout en accompagnant les besoins des professionnels vers de nouvelles pratiques de distribution et de mobilité, économiquement viables. La maîtrise d’une mobilité des biens décarbonée au service des villes et de leurs habitants est devenue un immense défi, auquel les grandes métropoles peuvent répondre à la fois par la réglementation et par l’accompagnement des professionnels. La réglementation, c’est ce que l’on observe en Europe avec la généralisation des Zones à faibles émissions (ZFE ou LEZ en anglais) à l’échelle des agglomérations et la piétonisation des centres-villes : en avril 2020, l’ADEME dénombrait ainsi près de 250 ZFE dans 13 pays européens et Londres entend élargir en octobre prochain le périmètre de sa Zone à très faibles émissions (ULEZ). La recherche d’alternatives efficaces et pérennes à la route est évidemment un enjeu essentiel de la logistique moderne. En un sens, le développement rapide du vélo et du vélo-cargo, comme modes de transport du dernier kilomètre, est une forme d’intermodalité réussie, qui va modifier durablement les pratiques des professionnels et façonner les pratiques urbaines. En matière d’approvisionnement, on observe aujourd’hui, par exemple, de multiples initiatives et expérimentations pour passer par le fleuve. Pour accompagner les professionnels, il nous faut déployer un réseau de sites immobiliers à l’échelle de l’agglomération, parfaitement localisés pour répondre tant aux besoins économiques qu’à l’exigence écologique de réduction de l’empreinte carbone des flux. Cet immobilier doit être totalement adapté à son environnement et à ses contraintes : car il n’y a pas qu’une seule logistique urbaine, standardisée par l’arrivée de poids lourds et le départ de petits véhicules, fussent-ils propres, mais une multiplicité de besoins auxquels il convient de répondre par des bâtiments et des espaces adaptés aux usages, faisant montre d’une insertion architecturale et urbaine de grande qualité. C’est sans doute la clef pour inscrire durablement la logistique urbaine comme une nouvelle fonction standard de la programmation urbaine.

  • LA TERRE NOURRIT LE TEMPS : GUILLAUME BEAUMONT

    D’AUSSI LOIN QU’IL S’EN SOUVIENNE, GUILLAUME BEAUMONT A TOUJOURS AIMÉ ORGANISER. ORGANISER AU SENS ÉTYMOLOGIQUE DU TERME : ORCHESTRER, MAIS SA MATIÈRE EST HUMAINE. « J’ORGANISAIS DÈS L’ÉCOLE TOUS TYPES D’ÉVÉNEMENT, POUR FÉDÉRER, RÉUNIR, FÊTER, CÉLÉBRER », SE SOUVIENT-IL AVEC CETTE PASSION DES CARACTÈRES QUI L’ANIME. LE TRAIT D’UNION DE SES TROIS VIES, C’EST L’ENGAGEMENT. POUR DÉCOUVRIR, APPRENDRE ET RENCONTRER. PAR LOUIS ANERGIE Guillaume Beaumont est Bourguignon, natif de Varennes-Saint-Sauveur, joli village de « 1 200 âmes, entre Bresse et Mâconnais », entre vignes et Charolais. Ce généreux terroir est sa sève, son enracinement, son fief, vital, qu’il retrouve souvent, de retour de Paris. Son père, le docteur René Beaumont, figure mythique de la politique locale – maire d’innombrables années, député puis sénateur, « patron » du département de la Saône-et-Loire pendant 21 ans –, a incarné le champ magnétique de cette province divine, véritable carrefour du pays, traversée du Nord au Sud par l’autoroute A6. Halte culinaire renommée. « Tout ce que compte la politique passait alors à la maison. Le président Valéry Giscard d’Estaing, « Ponia », Barre, Méhaignerie, Robien, Raffarin et tant d’autres. Discussions riches, chaleureuses et amicales entre ces personnalités impressionnantes. « Je n’ai pas eu vraiment d’autres choix que de tomber dans la politique quand j’étais petit », reconnaît Guillaume Beaumont. L’enfant est captivé, emporté par une passion de la « chose publique » et des fructueux échanges qui ne le quittera plus. Droit, Sciences Po, il mène de front études et campagnes électorales. Son premier employeur est Gérard Longuet, au Parti Républicain, puis c’est la découverte de la « Manufacture des Lois », le Parlement. Suivront les cabinets des ministres Léotard à la Défense, Pasqua à l’Intérieur, Madelin à l’Industrie et la présidentielle de 1995 aux côtés d’Édouard Balladur, préparant meetings et déplacements officiels. Expérience très formatrice : « J’ai parcouru la France durant un véritable marathon de 12 mois, de préfecture en sous-préfecture, je n’avais pas 25 ans et l’on m’a fait confiance, j’ai ainsi gagné 10 ans d’expérience. » Guillaume Beaumont rêvait d’être, comme son père, vétérinaire en terre rurale mais se révélant davantage littéraire, il s’engage sur une autre voie : « Ce que je vivais en politique était très fort et m’a finalement absorbé. » En 1998, Jean-Pierre Soisson devient président du conseil régional de Bourgogne. Directeur de son cabinet pendant trois ans à Dijon, près du Palais des Ducs, Guillaume découvre l’échelon manquant à ses connaissances : la Région. Avec l’an 2000 arrive cependant le sentiment d’avoir fait le tour du sujet, : « Je voulais me frotter au monde privé et savoir ce que je valais ! » Commence ainsi sa seconde vie. Dix-sept ans à laLyonnaise des Eaux (GDF-Suez puis Engie) auprès de Gérard Mestrallet, « le président ! Immense capitaine d’industrie, visionnaire, pragmatique, très humain, mais redoutable également en affaires ». À ses côtés, il contribue au développement des métiers historiques de l’entreprise : l’eau, l’assainissement, la propreté urbaine et l’énergie. « Monsieur Collectivités » du groupe, au carnet d’adresses très bien rempli et à l’entregent reconnu, il organise dès lors sa vie entre ses engagements professionnels au cœur des grandes agglomérations françaises et ses immersions régulières sur son tertre bourguignon. Passionné de chasse, il chausse là-bas ses bottes et part souvent marcher seul en forêt. Son livre de chevet ? Les Téméraires de Bart Van Loo, avec ce sous-titre « Quand la Bourgogne défiait l’Europe ». Cette terre a rythmé nos échanges tout comme elle a sûrement donné à Guillaume Beaumont l’élan vers sa troisième vie, à 47 ans. Ayant eu la chance de rencontrer Georges Rocchietta, président-fondateur du groupe Atland, et convaincu par leurs échanges initiaux, le voici désormais depuis 4 ans directeur du développement France de la foncière, acteur global de l’immobilier et gestionnaire de fonds, l’un des principaux du marché. Une entreprise discrète et solide, très bien implantée notamment en Île-de-France. Il passe ainsi d’un monde de réseaux souterrains enterrés à celui de la verticalité, par l’édification de projets urbains. Guillaume Beaumont y fait ce qu’il connaît le mieux : garantir d’étroites relations de confiance avec les donneurs d’ordre public et renforcer les liens institutionnels entre son groupe et les maires de France dont il connaît bien les préoccupations. Pour lui, en tant que premier marché du pays, « le Grand Paris a ouvert en quelques années un formidable horizon. Auparavant, l’Île-de-France ne représentait que de petites chapelles isolées. Désormais et grâce à la vision du président Sarkozy, au talent de persuasion des ministres Christian Blanc et Maurice Leroy, la Région Capitale, c’est maintenant le Paris du grand large, aux nombreuses opportunités de développement ! ». Chez Atland, Guillaume Beaumont s’investit dans ce vaste territoire francilien dont il connaît bien les représentants politiques de tous bords, « chassant en meute », et remportant avec les équipes du Groupe de grands concours structurants pour le développement urbain de la Métropole : « De Chelles, à l’Est, en passant par Stains-Pierrefitte en Seine-Saint-Denis jusqu’à Argenteuil dans le Val-d’Oise, le long de l’axe Seine, le Grand Paris mobilise beaucoup de notre énergie, mais nous n’en manquons pas ! » affirme-t-il. Père « d’une merveilleuse petite Adèle », Guillaume Beaumont, tonique et très entier, revendique une passion pour l’humain et les multiples rencontres marquantes car « la vie, ce sont des regards, des échanges et des émotions ». Il a souhaité rejoindre les Acteurs du Grand Paris, « chaleureux cénacle fort utile, fédérant d’éminents spécialistes qui se réunissent pour évoquer les défis modernes et continuer d’ériger la ville sur la ville ».

  • SIMPLEMENT PARISIENNE : DIANE MÉRAND

    AVEC UN CARNET D’ADRESSES LONG COMME LE BRAS, ET UNE VRAIE GENTILLESSE, DIANE MÉRAND ŒUVRE POUR LE GRAND PARIS COMME DIRECTRICE DES RELATIONS PUBLIQUES DE DEMATHIEU BARD. PAR JACQUES PAQUIER On pourrait dire sans se tromper qu’elle connaît la moitié du tout Grand Paris. Et que l’autre moitié la connaît. Diane Mérand a le débit rapide et l’ironie mordante de ceux qui peuvent se le permettre parce qu’ils aiment les autres. Les promoteurs, constructeurs, architectes mais aussi les élus et leurs collaborateurs sont ses amis. « Brillante, drôle, curieuse, piquante, Diane réunit ce cocktail détonnant et totalement hors normes », dit d’elle Xavier Lépine. « Mais, au-delà de cette intelligence, elle possède des qualités humaines d’amitié et de présence rares qui rendent la vie belle à ceux qui la côtoient », ajoute l’ancien président de la Française, désormais président de l’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF). « Diane allie intelligence et gentillesse, le tout avec un grand talent », confirme son ami Elias-Antoine Chebak (Nexity) La directrice des relations publiques de Demathieu Bard a commencé sa carrière à la Commission européenne, en tant qu’attachée parlementaire d’un député bulgare, membre du groupe centriste, qui ne s’appelle pas encore Renew Europe mais l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe. Une expérience de trois ans et demi, formatrice pour cette titulaire d’un master de science politique effectué à la Sorbonne. Puis, Diane Mérand rentre en France et devient attachée parlementaire d’Yves Jégo, député (UDI) de Seine-et-Marne, de 2014 à 2016. Elle prépare les textes de loi et les amendements de son député, dans un Palais-Bourbon, situé non loin du 5e arrondissement de la Capitale où elle a grandi. Ne dites pas de mal des élus devant elle. Diane devient subitement très sérieuse pour défendre un personnel politique français. Elle est heureuse, toutefois, d’avoir mis entre parenthèse son parcours dans le secteur public pour intégrer Demathieu Bard, « une entreprise familiale, où l’ambiance est excellente, les équipes extrêmement motivées et les projets nombreux, et où j’ai la chance de travailler en direct au côté de Philippe Jung, un DG inspirant et reconnu ». Se mettre au service d’une vision politique « DB » a décroché notamment plusieurs lots du Grand Paris Express, au sein des groupements Alliance et Avenir, respectivement pour les lignes 15 Sud et 17. « Je contribue à aider l’entreprise à se mettre au service d’une vision politique », répond- elle quand on lui demande le sens de son engagement actuel. Souffre-t-elle de sa féminité, dans un milieu encore majoritairement masculin, et réputé viril, sinon « macho » ? « Aujourd’hui, la honte va heureusement à celui qui se permettrait des comportements déplacés et plus aux victimes », résume-t-elle. Grande lectrice, d’une conversation enjouée et stimulante, dotée d’un sens de la répartie désopilant, Diane Mérand confesse des goûts littéraires des plus classiques : François Mauriac (Le Nœud de vipères), Benjamin Constant (Adolphe)... Des ambiances éloignées des dance floors du Mipim, où son endurance fait partie de sa réputation.

  • L’ÉTOFFE DE LA COM’ : MARIA BREIDY

    LA DIRECTRICE DE LA COMMUNICATION ET DES RELATIONS PRESSE DE LA MÉTROPOLE DU GRAND PARIS MARIA BREIDY EXERCE SES RESPONSABILITÉS AVEC UN ENGAGEMENT TOTAL, LE SOIN DU DÉTAIL ET LE GOÛT DES AUTRES. PAR JACQUES PAQUIER Rarement les dircom poussent aussi loin le soin du détail, la personnalisation de la relation avec les journalistes et le professionnalisme. Il n’y a qu’à la Métropole du Grand Paris, par exemple, que chacun a son chevalet à son nom et le logo de son média, pour chaque conférence de presse. Ce qui ne signifie pas que cette femme toujours souriante se désintéresse du fond. Fille d’un entrepreneur libanais engagé en politique et d’une mère anglaise, Maria Breidy a un sens politique inné. « Je suis née et j’ai grandi durant la guerre », précise cette Beyrouthine, désormais franco-libanaise. « Cela a sans doute contribué à forger ma carapace », confie celle qui exerce son métier avec une redoutable énergie. « Je ne pourrais pas faire ce métier pour vendre des produits commerciaux. C’est la mise en avant des valeurs et la défense des politiques publiques qui me motivent », explique cette dircom en quête de sens, au regard franc et déterminé. D’où son intérêt pour ses responsabilités actuelles à la direction de la com’ de la Métropole, qu’elle n’a eu de cesse de développer. « La Métropole du Grand Paris, c’est coordonner et harmoniser, c’est favoriser l’attractivité pour créer la valeur ajoutée, c’est aussi renforcer le rayonnement de ses communes dans le monde. La Métropole, c’est également assurer un aménagement équilibré du territoire métropolitain », poursuit-elle. Lorsqu’elle est recrutée en 2017 par Patrick Ollier, le président de la Métropole du Grand Paris, et Thomas Degos, le DGS de la MGP à l’époque, la communication de la Métropole ne compte qu’une personne contre six aujourd’hui. Le renforcement de la visibilité de la Métropole à travers des actions communication d’ampleur illustre un savoir-faire acquis tout au long d’une carrière internationale étoffée. « J’ai quitté le cocon familial à 19 ans », raconte-t-elle. Maria quitte Beyrouth pour Londres, où elle est chargée de coordination et du marketing événementiel d’une société internationale d’événementiel. Un parcours riche en expériences Elle navigue entre Londres, Beyrouth et Dubaï. Puis,en 2004, une histoire d’amour la conduit à Paris,où elle parachève ses études d’un master II en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris Nanterre. Une université qui la gardera après son diplôme, d’abord comme chargée de communication et de valorisation de la recherche, puis comme responsable des partenariats et relations internationales du CNRS, en lien avec la commission européenne. Une ascension rapide, qui la mènera jusqu’à la direction de la communication et des relations publiques de l’université Paris Nanterre. Cette polyglotte, qui parle aussi bien l’arabe que l’anglais et le français, passionnée de voyages, de musées et de ballets classiques, est une femme de goût : elle cite Woody Allen, Stanley Kubrick ou Michel Audiard parmi ses cinéastes préférés, Gibran Khalil Gibran, Charles Baudelaire ou Albert Cohen pour ses écrivains de chevet. Mais Maria Breidy est surtout une femme de cœur, attentive et tournée vers les autres, comme le savent tous ceux qui la connaissent.

  • PASSION PIERRE : OLIVIER FRARD

    FILS DE CONDUCTEUR DE TRAVAUX, PETIT-FILS DE SERRURIER, ARRIÈRE-PETIT-FILS DE CHARPENTIER, DIRECTEUR DE DÉVELOPPEMENT FONCIER LUI-MÊME… OLIVIER FRARD NE S’EST JAMAIS POSÉ LA QUESTION DE SON AVENIR PROFESSIONNEL. SON DOMAINE SERAIT LA CONSTRUCTION OU L’IMMOBILIER, OU LES BÂTIMENTS, PEU IMPORTE LE NOM QU’ON DONNE À LA PIERRE. PAR LOUIS ANERGIE « De Paris à Bangkok, j’ai besoin d’évaluer dès mon arrivée dans une ville le prix du mètre carré. Je m’arrête devant les agences, je consulte les logements à vendre sur Internet, je m’imprègne des paramètres », reconnaît Olivier Frard. L’établissement des prix et leurs variations sont, précise-t-il, « assez aléatoires, parfois contradictoires, et je trouve amusant, intriguant de les comprendre ». Certains admirent les vitrines des pâtisseries, d’autres celles des magasins d’antiquité, Olivier Frard ne s’arrête que devant les agences immobilières… Et dans le Grand Paris, il est servi. C’est sur ce territoire qu’il a fait la quasi-totalité de sa carrière. Pendant de longues années, il ne s’intéresse pas outre mesure au lien de ses communes entre elles, à l’organisation institutionnelle. Son mantra : « dénicher les meilleures emprises foncières, de toutes tailles – même si nous les préférons toujours importantes – et permettre à mes collègues développeurs de faire émerger des projets urbains ». Il ajoute : « Lorsqu’on passe avec ses enfants devant un immeuble auquel on a contribué, il y a toujours une fierté de dire “Tu vois, j’ai participé à sa construction” ou même parfois… “C’est moi qui l’ai fait.” » Les choses changent lors de vacances en Italie en 2010. Son petit dernier, à la question d’une camarade qui lui demandait d’où il venait, répond : « De Paris. » Son père de le reprendre : « Non, de Nogent-sur-Marne. » Et son fils, 5 ans, de conclure : « Ben oui, c’est Paris ! » Le regard de son fils le fait basculer, en quelques secondes, « de banlieusard à Grand Parisien », et il décide de s’intéresser au projet, de s’y investir. Le besoin d’un solide réseau de spécialistes D’autant que l’évolution des métiers de l’immobilier a conduit à une hyper spécialisation des fonctions. Fini le temps où un promoteur pouvait suivre l’intégralité d’une opération. C’est une activité qui fait appel à de nombreux experts, de l’amont à l’aval, « financiers, juristes, ingénieurs, professionnels de la construction, de l’éco-conception… » ! « Le promoteur est davantage un ensemblier qui a besoin d’un solide réseau de spécialistes et c’est par cette nécessité que j’ai intégré les Acteurs du Grand Paris qui répondait parfaitement à ce besoin », explique Olivier Frard. Celui qui préfère « gérer les plannings que de les subir » s’investit vite dans l’association dont il devient membre du Bureau puis trésorier. « Lorsque c’est utile, lorsqu’on y croit, il faut s’engager ! » Taiseux assumé, il aime néanmoins surprendre en jouant avec son apparence, tantôt barbu, tantôt chevelu, parfois les deux en même temps, puis plus rien. Ce côté grand gamin, il le puise sans doute dans ses liens avec ses trois jeunes garçons auxquels il consacre, avec son épouse Stéphanie, tout son temps libre, imaginant pour eux moult activités physiques. Le sport est une passion familiale, « personnellement plus que la lecture, mais moins que celle des promesses de vente », conclut-il.

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