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  • LES DÉPARTEMENTS APPELLENT À UN PARTAGE ÉQUITABLE DES GAINS DU GRAND PARIS EXPRESS

    LES DÉPARTEMENTS FRANCILIENS DEVRAIENT PROFITER INÉGALEMENT DE LA DYNAMIQUE GÉNÉRÉE PAR LE FUTUR MÉTRO. MAIS IL N’EST PAS TROP TARD POUR INVERSER LA TENDANCE ET RÉÉQUILIBRER LE PARTAGE DES GAINS. LES PRÉSIDENTS DES CONSEILS DÉPARTEMENTAUX NE MANQUENT PAS D’IDÉES. PAR FABIENNE PROUX Selon les territoires franciliens, l’arrivée du Grand Paris Express (GPE) est plus ou moins bien vécue. Ou dit autre­ment, le nouveau métro va énormément profiter à certains d’entre eux dont la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, et beaucoup moins à d’autres en particulier le Val-d’Oise et la Seine-et-Marne qui vont en quelque sorte regarder passer le train sans pouvoir monter dedans. Entre maillage complet du territoire avec des lignes qui relient banlieue à banlieue sans passer par Paris ou risque de relégation faute de pouvoir se raccrocher à la nouvelle infrastructure, « on ne voit pas les choses de la même manière selon que l’on est en petite ou en grande couronne », résume Olivier Capitanio, président du Val-de-Marne. Ce département sera le premier bénéficiaire de cette nouvelle dynamique, notamment avec l’extension de la ligne 14 jusqu’à l’aéroport d’Orly dont la mise en service est prévue pour les Jeux olympiques et paralympiques de 2024 (JOP). « L’arrivée du GPE va révolu­tionner le Val-de-Marne » Olivier Capitanio, président du Val-de-Marne. « L’arrivée du GPE va révolutionner le Val-­de-Marne », assure ce dernier, ajoutant que son territoire va de plus profiter de l’arrivée simultanée du tramway T9 (Choisy-­Orly), du TZen 5 (ligne de bus entre le 13e arrondissement et Choisy-le-Roi) et du « Câble 1 », premier du téléphérique francilien (Créteil/Villeneuve-Saint-Georges). « Le GPE devrait également permettre à des secteurs faiblement dotés d’un point de vue économique de pouvoir se développer, car les entreprises s’installent dans des zones bien desservies en transports en commun, ce qui devrait à l’avenir concerner toutes les villes », souligne de son côté Georges Siffredi, le président des Hauts-de-Seine, citant en exemple la ligne 10 du tramway qui a attiré l’implantation du siège France de Lidl sur le quartier LaVallée à Châtenay-Malabry. « Réduction des inégalités » Pour Stéphane Troussel, l’avenir se présente aussi sous d’excellents auspices. « Compte tenu de l’ensem­ble des grands projets qui l’attendent, la Seine-Saint-Denis bénéficie d’une dynamique de transformation incomparable par rapport au reste de l’Île-de-France : GPE, JOP, opérations de rénovation urbaine, campus Condorcet… », énumère le président de ce dépar­tement qui va dès lors connaître de profondes mutations tant économiques que sociales et culturelles, mais aussi, espère Stéphane Troussel, une «réduction des inégalités». « Je paie pour sa réalisation sans avoir aucun retour de la politique d’aménagement du territoire qui y est liée » Jean-François Parigi, président de la Seine-et-Marne. Tout l’enjeu consiste en effet à faire du GPE un vecteur de rééquilibrage des acti­vités en Île-de-France pour gommer les disparités territoriales. Mais il ne se suffira pas à lui-même. « Nous sommes au milieu du gué », estime François Durovray. Le président de l’Esson­ne voit, dans le fait que le GPE permette une desserte fine de la première couronne, une potentielle opportunité pour la grande couronne, mais il redoute aussi qu’il ne devienne « un objet d’exclusion ». « Si cette dernière n’a pas la capacité de se connecter au réseau du Grand Paris et si elle subit de surcroit tant la ZFE (Zone à faibles émissions) sur le secteur à l’intérieur de l’A86 que la limitation de la circulation sur le périphérique, elle n’aura plus accès à Paris et sa périphérie immédiate », prévient-il, tirant « la sonnette d’alarme sur un vrai risque social si on ne retrouve pas l’ambition initiale du Grand Paris qui n’était pas limitée à la petite couronne, mais à l’ensemble de la région ». François Durovray, mais aussi ses collègues des Yvelines et de la Seine-et-Marne, Jérôme Bédier et Jean-François Parigi, militent en faveur de la création d’une « armature robuste de ligne de bus express » le long des autoroutes et des grandes voies de circulation avec des voies réservées. « Si on n’est pas capable de le faire et rapidement, nous serons face à une murail­le pour accéder à la zone dense », craint le président de l’Essonne. « Un vrai risque social si on ne retrouve pas l’ambition initiale du Grand Paris qui n’était pas limitée à la petite couronne, mais à l’ensemble de la région » François Durovray, président de l’Essonne. Rester positifs Plus mitigés que François Durovray et moins enthousiastes qu’Olivier Capitanio, Stéphane Troussel et Georges Siffredi, Jérôme Bédier et Jean-François Parigi préconisent d’accompagner le passage à des motorisations moins polluantes et d’élargir l’offre d’alternatives à l’autosolisme (covoiturage, autopartage). Mais tout en rappe­lant « l’intention louable et juste » du GPE, le président des Yvelines pointe également le risque de « fractures ». Aussi, il invite à veiller à un partage équitable des recettes fiscales et économiques que le nouveau métro devrait générer notamment autour des pôles gares. « La répartition de richesses doit pouvoir se faire de façon harmonieuse dans une dimension métropolitaine qui englobe la totalité de l’Île-de-France », estime Jérôme Bédier, rejoint par son collègue de Seine-et-Marne. « Ce qui me gêne dans le Grand Paris Express, c’est que je paie pour sa réalisation sans avoir aucun retour de la politique d’aménagement du territoire qui y est liée », déplore Jean-François Parigi, se voulant toutefois résolument optimiste. « La Seine-et-Marne n’accueille pas seulement les déchets et les déblais du Grand Paris Express, elle a de nombreux atouts à faire valoir. C’est l’image que je veux casser », prévient le président seine-et-marnais. « La Seine-Saint-Denis bénéficie d’une dynamique de trans­formation incomparable par rapport au reste de l’Île-de-France » Stéphane Troussel, président de la Seine-Saint-Denis. ANTICIPER L’ARRIVÉE DU MÉTRO PAR DES POLITIQUES PUBLIQUES DÉDIÉES Pour tirer au maximum profit de la dynamique générée par le futur métro, les présidents des conseils départe­mentaux d’île-de-France s’accordent sur le fait qu’il faut accompagner l’arrivée du nou­veau métro par des politiques publiques. Celles-ci prennent différentes formes selon les cas : des contrats de ville pour soutenir les projets des communes et un plan de développement des mobilités douces par le département des Hauts-de-Seine ; des actions en faveur de l’insertion, l’éducation et la formation des personnes les plus éloignées de l’emploi en Seine-Saint-Denis ainsi qu’une politique active sur l’habitat en réponse aux pressions sur l’immobilier ; une implication dans l’aménagement urbain en animant deux comités de pôle autour des gares du GPE et en présidant l’EPA Orsa (établissement public d’amé­na­ge­ment Orly Rungis – Seine amont). « Le GPE devrait permettre à des secteurs faiblement dotés d’un point de vue économique de pouvoir se développer... » Georges Siffredi, président des Hauts-de-Seine.

  • LA GRANDE COURONNE SAIT FAIRE VALOIR SES ATOUTS FACE AU GRAND PARIS

    NI FRUSTRÉS, NI DÉPENDANTS DE LA PUISSANTE ET ATTRACTIVE AGGLOMÉRATION PARISIENNE, LES TERRITOIRES FRANCILIENS PÉRIPHÉRIQUES METTENT EN AVANT LEUR QUALITÉ DE VIE ET LEUR CAPACITÉ À CRÉER DES SYNERGIES ENTRE EUX. PAR FABIENNE PROUX Certes, la grande couronne a été péna­­lisée par la métropolisation de l’emploi à valeur ajoutée qui avait tendance à se concentrer sur Paris et la zone dense, et la périurbanisation de l’habitat. Une situation qui a occasionné d’importantes inégalités territoriales en Île-de-France. Dès lors, comment ces territoires, proches du Grand Paris sans y appartenir, se positionnent-ils dans la dynamique grand- parisienne ? « Nous ne sommes pas frustrés de ne pas être impliqués dans cette dynamique et avons pris l’habitude, en grande couronne, de nous débrouiller sans être à la remorque de la Capitale ou de la petite couronne », assure Pascal Doll, président de la commu­nauté d’agglomération Roissy Pays de France, « ce qui ne signifie pas que nous ne sommes pas prêts à réfléchir à des sujets communs. » « Certains territoires revendiquent même le terme Grand Paris pour renforcer leur attractivité » Michel Bisson, président de la communauté d’agglomération Grand Paris Sud. Dans l’ouest francilien non plus, on ne vit pas de « rivalité avec Paris », renchérit Jean-Michel Fourgous. « Paris a certainement une image très forte, mais les échanges sont très réguliers et actifs », fait valoir le président de la communauté d’agglomération Saint-Quentin-en- Yvelines (SQY). Certains territoires revendiquent même le terme Grand Paris pour « renforcer leur attractivité », recon­naît Michel Bisson, président de la communauté d’agglomération Grand Paris Sud. « Grand Paris, c’est Paris en grand et Sud, ça fait rêver », ironise-t-il. Bien que pénalisée notamment par une offre de transports pas toujours à la hauteur des attentes, la grande couronne met en avant son principal atout : sa qualité de vie confortée par une végétalisation généreuse encore davantage mise en valeur pendant et depuis la pandémie. « Nous réconcilions ville et nature, et contribuons au rééquilibrage des inégalités territoriales », résume Jean-Michel Fourgous. En effet, le mouvement entre zones denses et moins denses s’inverse sous l’effet de la Covid qui « a mis en exergue un besoin de qualité de vie avec un emploi plus proche de son domicile et un habitat plus confortable », confirme Michel Bisson. Le président de Grand Paris Sud cite ainsi « une pression énorme sur les pavillons » qui se vendent en quelques heures et l’arrivée d’entreprises industrielles. Mais pas question pour autant de s’emballer, « je reste prudent face à ce très fort enthousiasme », prévient Jean- Michel Fourgous. Ni de se faire concurrence. Celle-ci s’opère au niveau européen, voire mondial, mais certainement pas à l’échelle de l’Île-de-France. « Il nous faut jouer la même partition, convient le président de SQY. Toutes les composantes à l’intérieur de la région doivent travailler ensemble dans un esprit de co-construction. » « Nous avons pris l’habitude de nous débrouiller sans être à la remorque de la Capitale ou de la petite couronne » Pascal Doll, président de la commu­nauté d’agglomération Roissy Pays de France. Des synergies plus ou moins naturelles Un discours plus facile à tenir dans un environnement plutôt privilégié comme celui de l’OIN (opération d’intérêt national) Paris-Saclay que celui de Roissy Pays de France, très aéro-dépendant, « avec les avantages et les inconvénients que cela peut représenter et d’autant plus avec la pandémie, souligne Pascal Doll, mais cela forge aussi notre personnalité. Nous avons pris l’habitude de vivre un peu notre vie et avons pris un certain nombre de dispositions qui nous permettent de fonctionner ». Le président de Roissy Pays de France évoque notamment les documents d’urba­nisme, dont le SCoT (Schéma de cohé­ren­ce territoriale) adopté sans consulter ni la ville de Paris ni la métropole du Grand Paris. Cependant, Pascal Doll reconnaît que les choses évoluent et que son territoire noue des liens de plus en plus étroits avec l’EPT 7 (Établissement public territorial Paris Terres d’Envol) « parce qu’ils ont les mêmes problématiques autour de l’aéroport », argue-t-il. Ainsi, si les synergies entre agglomérations, département et région sont « naturelles » chez SQY, elles se créent au gré des besoins sur les territoires de Grand Paris Sud et Roissy Pays de France qui anime notamment le Club des Acteurs du Grand Roissy (CAGR). « Nous avons nécessairement des alliances autour de projets communs avec nos voisins urbains, qu’il s’agisse d’autres agglomérations de grande couronne ou des EPT », assure Michel Bisson. « Paris a certainement une image très forte, mais les échanges sont très réguliers et actifs...» Jean-Michel Fourgous, président de la communauté d’agglomération Saint-Quentin-en-Yvelines (SQY). QUELLE BONNE ÉCHELLE POUR LE GRAND PARIS ? Alors que le péri­mètre de la MGP fait toujours débat, la question étant de savoir si elle doit se limiter à Paris et la petite couronne ou bien être élargie à l’ensemble de la région, tant Michel Bisson, président de Grand Paris Sud, que Jean-Michel Fourgous, président de Saint-Quentin-en-Yvelines, et Pascal Doll, prési­dent de Roissy Pays de France, sont partisans de cette 2e option. Tout d’abord pour une question de lisibilité et de sim­pli­fication du mille­feuille admi­nistratif, mais aussi d’attractivité inter­nationale. Selon Michel Bisson, « la concentration des décisions per­mettrait, de plus, de traiter et résorber les inégalités terri­toriales de manière plus effective ». QUELQUES CHIFFRES... GRAND PARIS SUD (Essonne et Seine-et-Marne) 23 communes. 352 000 habitants. ROISSY PAYS DE France (Val-d’Oise et Seine-et-Marne) 42 communes. 357 000 habitants. SAINT- QUENTIN-EN-YVELINES 12 communes. 230 000 habitants.

  • LA DÉCARBONATION, UNE URGENCE SOCIÉTALE, PLANÉTAIRE ET ÉCONOMIQUE : GAËLLE SALAÜN

    Interview de Gaëlle Salaün, directrice Commerce Île-de-France – EDF L’urgence climatique, la situation géopolitique et la forte hausse des marchés de l’énergie depuis plusieurs mois renforcent la nécessité de décarboner notre économie et nos territoires. Comment le groupe EDF s’inscrit-il dans la feuille de route énergétique et plus particulièrement dans la neutralité carbone ? Depuis 2020, l’action d’EDF est guidée par une raison d’être ambitieuse : construire un avenir énergétique neutre en CO2, conciliant préservation de la planète, bien-être et développement grâce à l’électricité et à des solutions et services innovants. Tout investissement ou nouveau projet s’inscrit pour nous dans cette lignée : En donnant la possibilité à tous nos clients – particuliers, entreprises et territoires – d’agir grâce à des services et des solutions pour moins et mieux consommer l’énergie, selon leurs besoins et leurs aspirations ; en déployant une électricité toujours moins carbonée, grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables. Est-il possible d’allier croissance économique et transition énergétique ? Bien entendu, il est possible de décarboner et de continuer à croître : cela doit nous conduire à repenser nos modes de fonctionnement, nos façons de vivre et de travailler. Dans un contexte de crise sur les marchés de l’énergie, qui incite les entreprises et les collectivités à consommer moins, le défi du changement climatique engage tous les acteurs pour faire émerger une culture de la sobriété, renforcer les mesures d’efficacité énergétique et développer les énergies décarbonées, en cohérence avec les stratégies Énergie Climat de la Région et de la Métropole du Grand Paris. Quels exemples contribuant à cette décarbonation citeriez-vous ? Au quotidien, nous fournissons aux clients d’EDF des diagnostics et des outils de pilotage de leur consommation pour identifier leurs gisements d’économies, maîtriser et optimiser leur performance énergétique. Dans les bâtiments, le premier enjeu est de faire baisser les consommations, grâce à une meilleure isolation. En les rénovant et grâce à l’installation de pompes à chaleur, telles que les déploie notre filiale Cham, cela peut permettre une économie d’énergie de 70 % par rapport au gaz et de 90 % par rapport au fioul. Dans un autre registre, la chaleur émise par des datacenters peut être récupérée pour alimenter un réseau de chauffage urbain : c’est ce que notre filiale Dalkia réalise au Val d’Europe (77), où une pépinière d’entreprises et un centre aquatique bénéficient ainsi de cette énergie verte.

  • 3 QUESTIONS À MATHIEU HANOTIN, MAIRE DE SAINT-DENIS ET PRÉSIDENT DE PLAINE COMMUNE

    « J’attends un héritage en termes d’image et de dynamique territoriale » Comment les grands chantiers des JOP avancent-ils sur votre territoire ? Les grands chantiers liés aux Jeux olympiques et para­lym­piques avancent bien. Les infra­structures seront toutes sorties de terre à temps pour ce beau rendez-vous de 2024 malgré la Covid et la guerre en Ukraine qui met en tension les approvisionnements. Certaines, d’ailleurs, verront le jour dès l’année 2023. Quel est l’impact en termes d’emploi pour les habitants de Plaine Commune ? L’impact économique est important pour le territoire, d’ores et déjà pour nos PME comme le Pavé (sièges du CAO et de l’Aréna). Le tourisme, l’organisation des Jeux et le développement économique qui s’en suivra, tout cela va donner une dynamique pour l’emploi très importante. Mon souhait majeur, c’est évidemment que cette dynamique impacte avant tout les habitants de Plaine Commune et notamment les jeunes qui vivent dans notre territoire. Qu’attendez-vous de la phase héritage des Jeux ? J’attends deux formes d’héritage de ces JOP. Il y a évidemment un héritage physique, très important pour le territoire. Le Village olympique et les infrastructures sportives, comme la piscine olympique, sont attendus avec beaucoup d’impatience. Plus de la moitié des enfants qui vivent dans notre territoire ne savent pas nager, faute de piscines suffisantes à Plaine Commune. Des quartiers défavorisés vont connaître de nombreux changements et vont pouvoir se reconnecter avec le centre-ville. Mais il y a aussi, et surtout, un héritage en termes d’image et de dynamique territoriale. De territoire stigmatisé et de passage, nous allons accueillir le plus grand événement sportif du monde et nous allons nous en servir pour devenir un territoire de destination touristique majeur pour la Métropole.

  • L’ADOPTION DU SCOT ASSOIT DURABLEMENT LA MÉTROPOLE DANS LE TEMPS : PATRICK OLLIER

    PATRICK OLLIER, PRÉSIDENT DE LA MÉTROPOLE DU GRAND PARIS, DRESSE LE BILAN DE L’ACTION DE LA MÉTROPOLE DEPUIS SA CRÉATION. AVEC TROIS ÉDITIONS D’« INVENTONS LA MÉTROPOLE DU GRAND PARIS », LA MULTIPLICATION DES PROJETS, UNE POLITIQUE ACTIVE EN FAVEUR DU RÉÉQUILIBRAGE TERRITORIAL, DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE OU DE LA PRÉVENTION DES INONDATIONS, LA MÉTROPOLE, QU’IL PRÉSIDE, A PU AGIR SUR DE MULTIPLES FRONTS, MALGRÉ DES RESSOURCES CONTRAINTES. POUR PATRICK OLLIER, L’ADOPTION RÉCENTE DU SCHÉMA DE COHÉRENTE TERRITORIALE (SCOT) CONSTITUE UN SUCCÈS DÉTERMINANT POUR L’AVENIR. Quel bilan tirez-vous de l’action de la Métropole du Grand Paris, que vous présidez depuis sa création ? La Métropole du Grand Paris a été créée comme étant une intercommunalité de 131 villes et de 7 millions d’habitants. C’est la métropole des maires. Car, je le rappelle, ce sont les maires qui sont le mieux placés pour décider ce qui doit se passer sur leur commune. Ils ont engagé avec la Métropole des actions dans une multitude de domaines, en l’espace de cinq années budgétaires, alors que la plupart des autres métropoles existent depuis des années. Cela alors même que la loi a créé des conditions budgétaires très restreintes, nous privant des moyens nécessaires pour mettre en œuvre une grande partie de ce que nous pourrions faire. Ce qui ne nous a pas empêchés d’agir, loin s’en faut ! Nous avons rendu la Métropole lisible et crédible. En commençant par les appels à projets urbains innovants d’« Inventons la Métropole du Grand Paris ». Nous avons rencontré dans ce domaine, depuis trois ans, des succès exceptionnels, concernant une centaine de villes sur les 131 que compte la Métropole, en prenant en compte la 3e édition du concours. Cette édition comprend trois thématiques d’actualité : l’aménagement des quartiers de gare, la transformation de bureaux en logements et la reconversion des friches urbaines. Ces thématiques ont été pensées pour permettre de faire face à l’essor du télétravail, qui désertifie les centres-villes, et créer les logements dont la Métropole a besoin. Lors des dernières éditions du Mipim, à Cannes, tout le monde a salué la qualité de ces concours. Les aménageurs se pressent pour avoir accès à leurs différents sites. C’est un grand bonheur pour moi. Pourquoi avoir créé un Fonds d’investissement métropolitain ? Nous avons souhaité soutenir les communes dans leurs actions en faveur de la transition écologique, de la transition énergétique, du retour de la nature en ville. C’est ce qui nous a amenés à proposer la création d’un Fonds d’investissement métropolitain (FIM), qui fonctionne très bien. Nous venons de voter une vingtaine de millions d’euros de crédits à ce titre, pour 2022. La quasi-totalité des communes de la Métropole ont accès à ce fonds. Elles bénéficient ainsi de subventions qu’elles n’auraient pas par ailleurs. Nous avons engagé par exemple, dans le cadre du FIM, tout un programme d’électrification du parc automobile de nos 131 communes. Nous avons ainsi décidé que l’achat de véhicules électriques par les communes soit automatiquement soutenu par le FIM. Il n’y a pas une semaine sans que nous inaugurions un projet financé par ce fonds. Et il ne se passe généralement pas plus de 18 mois entre l’attribution d’une subvention et l’inauguration du projet concerné. Cela permet de sécuriser et concrétiser les projets des communes, la Métropole apportant le complément de financement dont celles-ci ont besoin. « NOUS AVONS ÉGALEMENT VOULU AIDER LES COMMUNES DANS LA REQUALIFICATION DE LEUR CENTRE URBAIN, EN LES FINANÇANT À TRAVERS L’OPÉRATION “CENTRES-VILLES VIVANTS”. » Comment l’opération « Centres-villes vivants » fonctionne-t-elle ? Nous avons également voulu aider les communes dans la requalification de leur centre urbain, en les finançant à travers l’opération « Centres-villes vivants ». Au total, 38 communes ont été financées depuis 2018 pour un montant total de 12,3 millions d’euros, sur la base de la loi sur la préemption des baux commerciaux, qui porte mon nom*. Nous proposons donc aux villes de préempter les baux commerciaux pour leur compte, de telle sorte que l’on puisse les céder ensuite à des commerces de proximité et que la Ville puisse réaliser les aménagements nécessaires à la requalification de son centre-ville, qu’il s’agisse de la réfection d’une halle de marché ou de la réalisation d’une rue piétonne. Nous travaillons d’ailleurs avec la Caisse des Dépôts à la création d’une foncière d’investissement, qui constituera notre outil pour effectuer ces démarches. C’est un apport de taille pour les communes, qui ne disposent pas toujours des ressources nécessaires pour financer ces acquisitions. Quelles sont vos actions pour « recoudre » le territoire métropolitain ? Nous avons lancé des opérations de financement d’une série d’équipements structurants. Nous venons d’assister, par exemple, à la pose de la charpente d’un franchissement en mode doux, une passerelle destinée aux piétons et aux vélos, qui va être adjointe au pont de Nogent. À ce jour, la Métropole finance 10 projets structurants pour un total de 67,6 millions d’euros Nous avons également lancé un vaste plan piscines, d’un montant total de 16,3 millions d’euros, avec un financement allant de 2 à 4 millions d’euros selon les cas. On constate en l’occurrence que deux tiers de l’ensemble de ces différentes subventions bénéficient aux communes de l’est et du nord de Paris, que ce soit au titre du Fonds métropolitain pour l’innovation numérique (FMIN), du FIM, de Centres-villes vivants ou du soutien aux franchissements et autres équipements structurants. Quelles politiques mettez-vous en œuvre pour lutter contre la pollution ? La Zone à faibles émissions (ZFE) de la Métropole du Grand Paris est en train de prendre forme, dans la mesure où l’État a enfin donné son accord sur la mise en place d’un prêt à taux zéro pour financer le reste à charge de ceux qui souhaitent remplacer leur véhicule thermique par une voiture électrique. C’est une excellente nouvelle. Cela fait plus de deux ans que nous bataillons pour l’obtenir. Pour les plus modestes, l’ensemble des aides s’élève en outre à 18 000 euros pour le remplacement d’un véhicule neuf et à 13 000 euros pour un véhicule d’occasion. Nous avons, par ailleurs, lancé un plan visant la création de 5 000 bornes de recharge pour véhicules électriques sur le territoire de la Métropole, grâce au dispositif Métropolis mis en place. Cela permet aux communes de disposer de bornes pour chacune desquelles Métropolis accorde 5 000 euros à la Ville. Nous œuvrons également en faveur de la nature en ville et de la biodiversité, en soutenant là encore les projets que nous apportent les municipalités dans ce sens. Je citerai également le Vélib’ métro­politain, qui fonctionne très bien, avec en parallèle le lan­ce­ment d’un plan vélo métropolitain de 200 km de pistes cyclables réparties sur 8 lignes. Et un program­me de rénovation énergétique très important afin d’accélérer le rythme de la transition écologique. Quel sens donnez-vous à l’adoption par la Métropole de son Schéma de cohérence territoriale ? Tous ces fronts se retrouvent dans le Schéma de cohérence territoriale (SCoT) que la Métropole a adopté récemment, avec 94,2 % des voix, qui est valable pour les 15 prochaines années et comporte en son sein l’ensemble des éléments dont je viens de parler. Mais aussi l’exigence de 30 % de pleine terre, qui est quasiment révolutionnaire, la désimperméabilisation des sols, le retour de la nature en ville, tout ceci fait partie des objectifs du SCoT. Cela fait entrer toutes les démarches que je viens de citer dans la réglementation constante de la Métropole. Ce qui représente une avancée considérable. L’adoption de ce schéma assoit l’action de la Métropole dans la durée. Quelle est votre action pour lutter contre les inondations ? Nous exerçons, comme vous le savez, la compétence de Gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (Gemapi). Je suis également désor­mais président de l’Établissement public terri­to­rial de bassin (EPTB) Seine Grands Lacs. Je suis en train de lancer un projet qui va permettre d’indemniser les agriculteurs qui acceptent d’être sur-inondés, afin de réduire le niveau des crues à Paris. Il s’agit d’un programme de ZEC, zones d’expansion des crues, qui concerne à la fois l’Yonne, la Marne et la Seine. L’EPTB Seine Grands Lacs crée ces ZEC avec les Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) qui sont maîtres d’ouvrage le long de ces cours d’eau. Les EPCI contribuent au financement de ces ZEC et, dès lors que survient une surinondation, les agriculteurs sont indemnisés grâce au produit de la taxe Gemapi de la Métropole. « LE PROGRAMME DE ZEC (ZONES D’EXPANSION DES CRUES), DESTINÉ À RÉDUIRE LE NIVEAU DES CRUES À PARIS, CONCERNE À LA FOIS L’YONNE, LA MARNE ET LA SEINE.» Vous allez doubler la capacité de rétention d’eau en amont de Paris… Absolument. Les quatre grands lacs ont une capacité de rétention de 850 millions de m3 d’eau. Je veux aller beaucoup plus loin et faire en sorte que les EPCI situés en bord de l’Aube, de l’Yonne, de la Marne et de la Seine acceptent d’être eux-mêmes maîtres d’ouvrage de Zones d’expansion des crues, dans le cadre de ce qu’on appelle les PAPI, programmes d’actions de prévention des inondations. L’EPTB participera au financement de ces travaux et la Métropole signera des conventions avec les Chambres d’agriculture pour assurer l’indemnisation des agriculteurs, qui s’élève à 1 000 euros par m2 pour le casier pilote de la Bassée. Ce dernier permettra une réduction de la hauteur des crues de 10 cm. Avec les 8 autres casiers qui vont voir le jour, cette hauteur sera réduite de 30 cm. Avec l’ensemble des ZEC, ce sont donc bien 850 millions de m3 de capacité de rétention qui s’ajouteront aux 850 millions de m3 des quatre lacs. En ajoutant une baisse de 30 cm de niveau des crues à Paris, permise par les 8 casiers pilotes, on peut parier que, dans quelques années, le Zouave du pont de l’Alma n’aura même pas les pieds mouillés en cas d’intempéries. Je suis très fier de ce que l’on est en train de mettre en place à ce sujet. Où en est le chantier du Centre aquatique olympique de la Plaine Saulnier ? Nous tenons les prix, jusqu’à présent, même si la hausse du prix des matières premières nous a donné quelques inquiétudes. Des surcoûts, au final, liés à ces augmentations, semblent inévitables. Mais le chantier avance à vive allure. La passerelle piétonne reliant le futur Centre aquatique olympique, dont la Métropole est le maître d’ouvrage, au Stade de France donne au projet une forte visibilité et renforce le maillage territorial en créant du lien avec les Métropolitains. Il est important de rappeler que nous avons environ un mois et demi d’avance sur le calendrier initial. *Loi de 2010 relative à l’urbanisme commercial.

  • LE GRAND PARIS EXPRESS MET L’ÎLE-DE-FRANCE SUR LA VOIE DE LA CROISSANCE VERTE

    GRÂCE À SON RÉSEAU DE MÉTROS AUTOMATIQUES, LA RÉGION PARISIENNE VA POUVOIR ASSOCIER DÉVELOPPEMENT DURABLE ET DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE SANS OUBLIER SES QUARTIERS DIFFICILES. PAR DOMINIQUE MALÉCOT. L’activité économique de la région parisien­ne n’a évidemment pas été épargnée par la crise sanitaire mondiale. Au mois de mai dernier, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris Île-de-France évoquait encore « un coup de frein d’une ampleur inédite en 2020 » ainsi qu’une reprise perturbée par les aléas sanitaires et encore plus indécise « depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine ». De fait, le trafic de Paris Aéroport demeurait en avril dernier inférieur de 26,6 % à celui d’avril 2019 et le taux de chômage de l’Île-de-France avait rattrapé celui de la France métropolitaine, traditionnellement plus élevé. Cependant, après une baisse en 2020, le niveau de l’emploi privé dépassait celui de fin 2019 mais progressait moins qu’au niveau national. Malgré tout, le chantier du Grand Paris Express, qui avait été interrompu quelques semaines en 2020 par le confinement, s’est poursuivi avec une rare détermination sans qu’il soit pour autant envisageable de rattraper ce nouveau retard. Déjà très hypothétique, l’ouverture du tronçon commun des lignes 16 et 17 pour atteindre Le Bourget où sera installé le centre des Médias des Jeux Olympiques de 2024 ne sera pas possible. Le calendrier du prolongement sud, jusqu’à l’aéroport d’Orly, de l’actuelle ligne 14 du métro parisien, appelée à devenir l’épine dorsale nord-sud du futur réseau, peut sembler, lui aussi, encore très serré. Le Grand Paris Express n’est, de toute façon, pas fait que pour cela. Et c’est heureux, car on n’investit pas 36 milliards d’euros dans un réseau de 200 kilomètres de long pour une manifestation sportive, aussi prestigieuse soit-elle ! D’autant que des épreuves sont prévues en régions, loin de Paris et son métro, la médaille d’or de la distance revenant à Tahiti qui accueillera les épreuves olympiques de surf. « RECRÉER DU LIEN SOCIAL ET FAIRE ENTRER DE PLAIN-PIED LES COMMUNES CONCERNÉES DANS LE MONDE DES VILLES AGRÉABLES À VIVRE... » Un réseau maillé pour n’oublier personne L’ambition que portent les quatre nouvelles lignes de métro automatique du Grand Paris Express, 15,16, 17 et 18, et les prolongements de la 14 est beaucoup plus large. Il s’agit de doter, à l’horizon 2030, la banlieue de 68 gares supplémentaires, dont 80 % en correspondance avec les réseaux existants, pour désenclaver des quartiers dépourvus de moyens de transports en commun efficaces. Surtout, 42 de ces nouvelles gares desserviront des quartiers particulièrement défavorisés classés « Politique de la Ville ». La construction de ces gares s’accompagne d’un programme colossal de renouvellement urbain avec la construction de 70 000 logements par an dont certains sont déjà sortis de terre. Pour une bonne part, ils sont localisés autour des nouvelles gares. Ces aménagements, concertés avec les élus locaux dès le début du projet, doivent permettre de recréer du lien social et de faire entrer de plain-pied les communes concernées dans le monde des villes agréables à vivre mais aussi particulièrement respectueuses de l’environnement. On peut y voir l’application à grande échelle des techniques développées jusque-là dans les écoquartiers, notamment pour réduire la consommation d’énergie, les émissions de CO2 et le réchauffement climatique tout en développant le « vivre ensemble ». Cela sans négliger la qualité du cadre de vie et le développement d’activités économiques. Des amendements, votés en mai 2022, à la loi de 2010 sur le Grand Paris, permettent de clari­fier les périmètres d’intervention de la Société du Grand Paris dans ce domaine, notamment sur les territoires défavorisés. Une « green region »... Le métro automatique joue évidemment un rôle clé dans cette perspective environnementale en permettant aux habitants de se déplacer en transports en commun basse émission beaucoup plus facilement qu’avec les services actuels aux possibilités souvent très limitées. Ce réseau de transports doit en fait structurer le cœur de la région parisienne en la faisant entrer dans l’ère du développement durable. Il doit aussi permettre de rationaliser la construction d’équipements administratifs, sportifs, culturels ou d’enseignement et de formation. Grâce à la fiabilité et à la rapidité des trajets, il deviendra possible de mutualiser, par exemple, un stade, un théâtre ou un musée entre plusieurs communes. Parallèlement, ce réseau est le moyen de rapprocher les banlieusards de l’emploi et, pour les entreprises, d’accéder à une main d’œuvre qualifiée ou susceptible de l’être. Car, outre sa finalité environnementale et sociale, le Grand Paris est un projet de développement économique qui doit permettre à Paris de rester dans le club très fermé des quatre ou cinq « villes-mondes » qui pilotent l’économie mondiale. … à l’échelle de la planète Comme, Londres, New York, Tokyo ou Singapour, Paris concentre une quantité de centres de décision, d’établissements financiers, de labora­toi­res de recherche, de sièges de grandes entre­prises et exerce une activité culturelle sans commune mesure avec sa taille. Des villes beaucoup plus peuplées ne disposent pas d’autant de connections à l’échelle de la planète que ces cinq villes-mondes. Encore davantage qu’en 2010, il s’agit d’un atout considérable dans un contexte de tensions et d’instabilité, qu’elles soient sanitaires, alimentai­res du fait du dérèglement climatique ou politi­ques, certains États pouvant être déstabilisés par des famines. Dans ces conditions, l’idée incarnée en 2010 par Christian Blanc, alors secrétaire d’État chargé du développement de la Région Capitale, est plus que jamais d’actualité. Schématiquement, il s’agissait d’associer recherche, enseignement supérieur et entreprises pour susciter l’excellence de certains territoires d’Île-de-France, dans le tourisme, le tourisme d’affaires, l’aéronautique, le transport de fret, le luxe, les technologies de l’information et de la communication, la ville durable, la finance ou encore le droit (essentiel à toute activité économique). En fait, créer de véritables « clusters » comme on en trouve aux États-Unis dans la Silicon Valley ou comme en a suscité le Massachusetts Institute of Technology (MIT). L’originalité de la démarche française est de permettre la création de « clusters de clusters » grâce au métro du Grand Paris qui facilitera à terme les échanges et les complémentarités entre les différents secteurs d’activités en évitant l’écueil d’organisations linéaires qui figent les partenariats et rendent difficile toute adaptation rapide à de nouvelles conditions économiques ou industrielles. À l’heure où la mondialisation est jugée excessive, c’est encore un atout. Enfin, outre le fait que l’Île-de-France, avec 18 % de la population française, assure près de 30 % du PIB national - la différence profitant aux autres régions -, les études économiques réalisées dans le cadre du projet de métro ont conclu qu’au cas où il n’apporterait rien aux autres régions, il ne leur enlèverait rien. « LE GRAND PARIS EST UN PROJET DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE QUI DOIT PERMETTRE À PARIS DE RESTER DANS LE CLUB TRÈS FERMÉ DES QUATRE OU CINQ “VILLES-­MONDES” QUI PILOTENT L’ÉCONOMIE MONDIALE. »

  • COHÉSION, PARTAGE ET DÉVELOPPEMENT : AYMERIC RENAUD

    Aymeric Renaud revient sur les enjeux du Grand Paris et précise comment Schneider Electric, dont il est le vice-président de l’activité Industrial Automation et Clients Utilisateurs, entend y répondre. Pourquoi faut-il faire le Grand Paris ? Le Grand Paris permet de fédérer toutes les énergies du bassin francilien autour d’une vision claire de notre avenir commun. Cette vision concilie Cohésion, Partage et Développement : une vision de Cohésion autour de nos populations et territoires, de Partage d’une mobilité bas carbone et efficace, et enfin générer un Développement d’activités et d’emplois pérennes en Île-de-France. Quels sont les enjeux du projet ? Tout d’abord, le projet devra être réalisé dans les temps et au niveau attendu (qualité et coûts). Étant partie prenante du projet, Schneider Electric mobilise toutes ses ressources en France, qu’elles soient techniques, industrielles et en réalisation, pour accompagner les acteurs du Grand Paris. Le contexte actuel, avec une supply chain mondiale très volatile, complique énormément la tâche. Les équipes de Schneider Electric travaillent pour y apporter des réponses concrètes et mener le projet avec succès. Ensuite, l’enjeu à moyen terme sera de pérenniser les infrastructures du Grand Paris. Pérenniser, en termes de disponibilité et d’efficacité, mais également de développement durable et réfléchi. Les partenaires du Grand Paris ont une responsabilité forte à s’engager sur la durée pour garantir cette pérennité. Quelles actions/solutions mettez-vous en œuvre pour le réaliser ? Schneider Electric conçoit des solutions allant du bâtiment performant au service de ses occupants (Smart Building) au réseau d’énergie sobre, sûr et adaptable (Smart Grid). Nos technologies, à la croisée de l’énergie et du numérique, répondent aux enjeux majeurs des projets du Grand Paris : Expérience utilisateur de qualité, Énergie maîtrisée et Résilience des infrastructures. Nous sommes prêts à concilier Technologie et Développement durable ! Donnons un seul exemple très concret : notre nouvelle technologie d’armoires haute tension sans gaz à effet de serre « AirSeT ». Cette innovation « made in France », développée à Grenoble depuis des années, remplace, à fonctionnalité supérieure, des gammes d’équipement plus de 23 fois plus nocives pour l’environnement. Nous espérons que cette technologie sera retenue pour le Grand Paris. Aymeric Renaud a rejoint Schneider Electric en 2012, après 8 années dans le Conseil en stratégie. Aujourd’hui vice-président de l’activité Industrial Automation et Clients Utilisateurs de Schneider Electric France, il a assumé successivement des responsabilités commerciales des branches Services à la Gestion d’Éner­gie et du Conseil en Développement Durable, puis la direction de l’activité Services France. Aymeric Renaud est diplômé d’un master d’ingénieur en numérique (ISEP).

  • LES PROJETS SONT LES SOLUTIONS ! EDITION 2022.

    FACE AUX ENJEUX DU GRAND PARIS ET AUX CONSÉQUENCES DES CRISES SUCCESSIVES QUE TRAVERSE LE PAYS, LES MEMBRES D’ACTEURS DU GRAND PARIS S’EXPRIMENT ET METTENT EN AVANT LEURS PROJETS ET LA DIVERSITÉ DE LEURS EXPÉRIENCES. Le SEDIF, un acteur majeur du Grand Paris pour l’emploi et l’innovation ANDRÉ SANTINI, PRÉSIDENT DU SEDIF, ANCIEN MINISTRE, MAIRE D’ISSY-LES-MOULINEAUX, VICE-PRÉSIDENT DE LA MÉTROPOLE DU GRAND PARIS Toujours attentif aux attentes de ses 4 millions d’usagers franciliens, le SEDIF a fait le choix du volontarisme et d’une vision à long terme, avec un plan pluriannuel d’investissement (2022-2031) très ambitieux pour le service public de l’eau. Il se traduit par des stratégies innovantes et une intensification du rythme des opérations, au moyen d’une enveloppe globale de 2,5 milliards d’euros, dont 1,1 milliard porté directement par le Syndicat en tant que maître d’ouvrage. Ce plan place définitivement le SEDIF au cœur des enjeux de cette décennie, avec cinq grands objectifs pour bâtir un « Smart SEDIF » au cœur du Grand Paris : continuer de placer l’usager au cœur du service ; assumer et porter le rôle d’acteur majeur et pionnier inhérent aux grandes autorités organisatrices d’Europe ; optimiser la gestion patrimoniale de manière durable et innovante ; être acteur de la transition écologique ; renforcer la sécurisation du service. Ce plan, en très forte croissance, au coût maîtrisé et au financement facilité par la situation financière saine du SEDIF, soutiendra l’équivalent de près de 50 000 emplois temps plein sur 10 ans. Le SEDIF sera ainsi l’un des principaux acteurs publics du soutien à l’économie et à l’emploi en Île-de-France. Avec des installations de traitement de l’eau les plus importantes et modernes de France, le SEDIF dispose d’atouts nécessaires pour garantir un service conciliant qualité, sécurité des approvisionnements, innovation et maîtrise des coûts au bénéfice des Franciliens. Afin de mieux répondre aux attentes des habitants, de préserver dès aujourd’hui l’avenir et d’anticiper la nouvelle directive européenne sur l’eau potable, le SEDIF innove pour produire et distribuer dans quelques années « une eau plus pure, sans calcaire et sans chlore », débarrassée d’un maximum de micropolluants et de perturbateurs endocriniens, et toujours sans déchets plastiques. C’est l’un des objectifs majeurs de la délégation de service public votée à près de 90 % par les élus du SEDIF en mai 2021. Grâce à la technologie de l’Osmose Inverse Basse Pression, le SEDIF sera à nouveau pionnier avec ce projet porteur sur le plan sanitaire, social, économique et environnemental. Un grand pari collectif DOMINIQUE ALBA, DIRECTRICE GÉNÉRALE, L’APUR Avec la multiplication des offres en mobilités alternatives, le développement des pistes cycla­bles, le télétravail et l’arrivée de nouvelles stations de métro, nous découvrons la réalité du Grand Paris. Plus de 1 000 lieux de soutien aux entrepreneurs de l’innovation y sont installés aujourd’hui pour moins du quart il y a 5 ans et sans doute autant de lieux d’usages temporaires qui forment de nouvelles centralités essentielles pour la qualité de nos vies, offrant des lieux d’accueil dans lesquels les citadins se retrouvent et les liens sociaux se rétablissent. C’est là tout l’enjeu du Grand Paris. Chacun comprend que la mise en réseau, l’usage du déjà là, le soin à apporter à ce que nous avons construit sont des enjeux majeurs, qu’il est essentiel d’apporter aux habitants plus de nature et de solidarité. Le Grand Paris de 2008 était un rattrapage de l’histoire, celui qui se dessine est l’installation d’une « cité » originale, complexe, nourrie des envies et de attentes de ceux qui y vivent. La crise Covid a permis d’imaginer d’autres modes de vie et le monde de l’urbain, aménageurs, constructeurs, promoteurs, tente de répondre présent en développant une nouvelle autre chaîne de valeur. L’Apur a créé en 2012 l’Observatoire des quartiers de gare du réseau du Grand Paris Express, puis la base de données projets suivie de la base de données démolition et, demain, de la base de données du taux d’usage des bâtiments. Cette connaissance complexe ouvre la porte à cette nouvelle grille de valeur vers une économie inventive, indispensable pour répondre aux atten­tes des citadins et en particulier aux besoins de logements, en respectant le ZAN et la frugalité liée aux matériaux, un très grand pari collectif. La Poste Groupe et le Grand Paris : de l’hyper-proximité aux échanges mondialisés FLORENCE PAVAGEAU, DÉLÉGUÉE RÉGIONALE, GROUPE LA POSTE Avec 50 000 salariés et plus de 1 200 points de contact dont 800 bureaux de poste, nous sommes historiquement ancrés dans le cœur des Franciliens. Au national, avec un chiffre d’affai­res de 34,6 milliards d’euros, dont 40 % sur les marchés internationaux, nous sommes aussi un opérateur-monde. Particulièrement dans le Grand Paris, les nouveaux usages digitaux ont transformé radicalement nos activités historiques et ont nécessité le développement rapide d’autres bouquets de services. En premier lieu, le transport national et international du e-commerce est un fort vecteur de croissance. Nos activités logistiques sont neutres en carbone depuis 2012 et nous avons réduit de plus de 22 % nos émissions de gaz à effet de serre. Dans le Grand Paris, au sein de la ZFE, nous préparons désormais la livraison à faible émission nette pour 2030. Nous complétons le verdissement des flottes de Chronopost, DPD, Colissimo, Stuart et du Courrier, avec un financement national de 600 millions d’euros. Également, nous intervenons sur les services et le lien de proximité, autant indispensable en zone dense qu’en ruralité, avec des modalités différenciées. Par exemple, dans le Grand Paris, 20 sites de coworking Startway sont en activité dont 12 à Paris, le modèle de conciergerie phygitale « Place des Services » se déploie progressivement et nous opérons pour le compte d’Île-de-France Mobilités le service Véligo Location via le Groupement Fluow. Enfin, nous contribuons aussi aux programmes d’aménagement urbain avec les financements de La Banque Postale mais aussi en restructurant nos actifs immobiliers. Je pense aux transformations de sites industriels et tertiaires en logements, tels que les sites « Campagne première » et « Magenta » à Paris et l’emblématique îlot « Louvre » qui accueille désormais des logements, des commer­ces, des bureaux, un hôtel et… un bureau de poste. Faire du Grand Paris un levier d’attractivité internationale LIONEL GROTTO, DIRECTEUR GÉNÉRAL, CHOOSE PARIS REGION Après deux ans de pandémie, les métropoles mondiales sont plus que jamais en situation de concurrence pour attirer investissements, entreprises et talents. Dans ce contexte, faire le Grand Paris doit répondre plus que jamais à un enjeu d’attractivité internationale. Ce projet, c’est d’abord une infrastructure de transport, qu’il faut réaliser sans délai. En effet, le Grand Paris Express viendra compléter une offre de transport innovante et durable et mettra 9 Franciliens sur 10 à moins de 2 km d’une gare. En cela, c’est un véritable projet social. Le Grand Paris participera aussi au rééquilibrage territorial, à l’accès à de nouveaux emplois et au développement du mieux-vivre ensemble, condition sine qua non de la résilience d’une grande métropole. Et, avec l’arrivée du Grand Paris Express sur certains territoires, nous voyons très nettement l’inflexion dans la manière dont les investisseurs les perçoivent, que ce soit à Villejuif aujourd’hui ou demain à Saclay. Mais le Grand Paris fait aussi face à un véritable défi de simplification et de lisibilité. L’Île-de-France compte 1 200 communes, c’est entre 20 et 60 fois plus que les autres grandes métropoles d’Europe. Ce n’est, bien sûr, qu’un exemple. Comment peut-on mieux encadrer sans empêcher, mettre les usagers et les entreprises au centre et permettre à ceux qui veulent contribuer à cette métropole plus inclusive, durable et innovante de le faire de manière la plus simple possible ? Dans un contexte de concurrence entre métropoles de rang mondial, notre attractivité passera aussi par les réponses à ces questions. À deux ans des JOP de Paris 2024, songeons à l’image et aux modes d’action publics que nous voulons incarner. Finalement, le Grand Paris est une affaire de confiance, de partenariats et de projets, c’est en cela qu’il est passionnant et donne envie de se battre pour lui ! Pour un Grand Paris circulaire ALEXANDRA MATHIOLON, DIRECTRICE GÉNÉRALE, SERFIM Le projet du Grand Paris est exceptionnel tant par son échelle que par sa mise en œuvre. Toute sa puissance de frappe est nécessaire pour faire face aux nombreux enjeux auxquels le territoire est confronté. Un enjeu d’infrastructures bien sûr, qui doivent redessiner les flux, être garantes des équilibres de territoires et répondre aux besoins croissants des Franciliens. Un enjeu à très court terme lié à l’arrivée des JO dans le Grand Paris en 2024 et son cortège d’équipements à construire ou rénover. Un enjeu d’ampleur mondiale enfin, avec l’urgence du défi climatique et environnemental, pour lequel le Grand Paris se doit de prendre toute sa part. SERFIM est un acteur clé de l’aménagement durable des territoires depuis bientôt 150 ans. Poser des réseaux d’énergie, construire et réparer des réseaux d’eau, poser des panneaux photovoltaïques, déployer la fibre et les services qui l’accompagnent, dépolluer les sols et les eaux, recycler les déchets pour en faire de nouvelles matière premières… Nous disposons de tous les métiers pour accompagner le Grand Paris et l’aider à répondre à ces nombreux défis. Ces métiers, nous les mettons au service de l’amélioration de la qualité de vie des Franciliens, en réduisant, tous les jours davantage dans nos pratiques, notre empreinte environnementale, tout en contribuant par nos infrastructures à réduire la leur. C’est dans cette perspective que nos équipes ont pleinement pris leur part dans la formida­ble aventure du Grand Paris. Au niveau opérationnel, en participant à des chantiers liés aux infras­tructures de transport (prolongement de la ligne 11) ou encore aux équipements sportifs olympiques (stade Yves-du-Manoir à Colombes, piscine d’Aubervilliers). Et aussi au plan environnemental. Outre nos activités historiques de dépollution, largement mises en œuvre sur le territoire francilien, SERFIM a innové en créant le premier site régional dédié au recyclage des déchets du plâtre, en partenariat avec les entreprises locales Bennes Services et Placoplâtre. Baptisée Pari Plâtre, cette installation permet de revaloriser le plâtre à 98 % et de répondre ainsi aux enjeux d’économie circulaire des innombrables opérations de déconstruction et de rénovation qui accompagnent le projet du Grand Paris. Un atout de taille pour répondre à la dernière REP * dans le domaine du bâtiment. * Responsabilité Élargie des Producteurs. Faire du Grand Paris un modèle de projet urbain inclusif, solidaire et durable JEAN-MARC BORELLO, FONDATEUR ET PRÉSIDENT DU DIRECTOIRE, GROUPE SOS Le Grand Paris est un projet ambitieux, celui de faire émerger la ville de demain : une ville accessible à toutes et tous, respectueuse de l’environnement, aux multiples opportunités, et qui prend en compte les vulnérabilités de chacun. C’est aussi répondre aux nouvelles aspirations des habitants, en quête d’une ville plus verte et plus fraternelle. Le projet du Grand Paris doit être inclusif, solidaire et durable, aussi bien par la fin que par les moyens. C’est construire un projet de territoire avec toutes les parties prenantes – collectivités, associations, entreprises, citoyens –, de sa conception à sa réalisation, dans une logique de long terme. C’est concevoir un projet qui favorise la formation et l’insertion professionnelle ainsi que l’utilisation de matériaux durables. Mais pour que le Grand Paris devienne un modè­le de projet urbain, encore faut-il être capable de mesurer son impact social et environnemental. C’est en ce sens que l’Impact Tank, premier think tank européen dédié à l’économie à impact lancé à l’initiative du Groupe SOS avec quatre partenaires universitaires (le Cnam, Sciences Po, Sorbonne Université et l’Université Paris-Dauphine), s’est associé à l’association des Acteurs du Grand Paris. Notre objectif est de réunir les acteurs de terrain et l’expertise de nos chercheurs sur la mesure de l’impact afin de recenser et d’évaluer les projets à impact du territoire et développer un référentiel de critères communs. Il est primordial de mesurer l’impact des innovations sociales pour éval uer leur efficacité, les améliorer en cas de nécessité et permettre la duplication de ces solutions sur d’autres territoires. Ainsi, nous souhaitons permettre à tous les acteurs publics et privés qui agissent dans l’aménagement du territoire d’être à l’avant-garde des projets d’urbanisme nouveaux et de la mesure d’impact, en sus de contribuer avec nous à la ormulation de recommandations concrètes pour l’amélioration des politiques publiques. En somme, nous souhaitons faire du Grand Paris un modèle de projet urbain inclusif, solidaire et durable, en phase avec les défis auxquels les territoires sont aujourd’hui confrontés. La ligne 14 prolongée : future colonne vertébrale du Grand Paris JULIEN LAURENT, DIRECTEUR DES RELATIONS INSTITUTIONNELLES, GROUPE RATP La ligne 14 prolongée va devenir la plus longue ligne du réseau existant ; elle sera en correspondance avec les 4 autres lignes du Grand Paris Express (15, 16, 17 et 18) et 80 % des lignes de métro, tramway et RER existantes. Le prolongement au nord jusqu’à Mairie de Saint-Ouen a été mis en service en décembre 2020 et a vu l’ouverture de 4 nouvelles stations. Les travaux de prolongement au sud, jusqu’à l’aéroport d’Orly, sont en bonne voie. Mars 2022 a marqué la fin de pose des voies et la poursuite des travaux d’aménagement de plusieurs gares. À terme, la ligne 14 reliera Saint-Denis à Orly en seulement 40 minutes ! 21 stations seront desservies le long des 27 km de la ligne qui sera entièrement accessible. La capacité s’élèvera à 40 000 voyageurs par heure et par direction, soit jusqu’à 1 million de voyages par jour. Ce projet symbolique voit le jour grâce à l’engagement de la Société du Grand Paris et des collectivités territoriales concernées ; les nouvelles rames sont financées à 100 % par Île-de-France Mobilités pour un montant d’1 milliard d’euros. Fierté du collectif RATP, première ligne automatique du réseau et future véritable colonne vertébrale du métro d’Île-de-France, la ligne 14 sera par ailleurs un atout majeur pour les JO 2024. Le Grand Paris, ce sont d’abord et avant tout des projets concrets au bénéfice des Franciliens. Le groupe RATP y est pleinement engagé aux côtés de ses partenaires et au service d’Île-de-France Mobilités. Grand Paris : Loxam au cœur du projet innovant de la métropole de demain ALICE HENAULT, DIRECTRICE PROSPECTIVE ET DÉVELOPPEMENT, LOXAM Amélioration du cadre de vie des habitants, réduction des inégalités territoriales et construction d’une ville durable… Un des enjeux du Grand Paris est d’apporter des réponses à ces attentes de la société en préfigurant la métropole de demain : en matière de transports, d’aménagement du territoire afin d’effacer la distinction entre Paris et sa banlieue, et surtout d’amélioration de la qualité de vie des Franciliens. Synonyme de moins de pollution et de nuisances sonores dans Paris intra-muros et de plus d’accessibilité, le Grand Paris répond aux attentes des citoyens. Loxam participe à cette réponse en proposant de nouvelles solutions environnementales et sociétales, et ce, dès la phase de construction de ces grandes infrastructures. Notre démarche RSE « S’investir aujourd’hui pour demain » décline nos ambitions pour renforcer notre impact positif sur l’humain, l’environnement et la société. Si la location contribue par essence à l’économie circulaire, nous avons à cœur de créer des chantiers propres et silencieux pour la plus grande satisfaction des riverains et des compagnons. Ainsi, qu’ils soient électriques ou hybrides, équipés de filtres, de ventilation et d’éclairage, d’accessoires spécifiques,… les matériels proposés répondent aux exigences de ces travaux qui s’effectuent pour la plupart sous terre et garantissent une sécurité optimale. Nos collaborateurs suivent des formations dédiées afin de conseiller les inter­locuteurs du projet et d’accompagner chaque demande. Notre démarche se veut aussi inclusive. Nous avons à cœur de nouer des partenariats avec des structures des secteurs de l’insertion pour renforcer notre impact. Notre implication en qualité de loueur respon­sable est réelle et le Grand Paris en est une parfaite illustration. Afin de faciliter la vie des chantiers de nos parties prenantes, nous nous investissons aujourd’hui pour demain ! Un formidable accélérateur de progrès et d’innovations XAVIER MONY, DIRECTEUR GÉNÉRAL, EIFFAGE GÉNIE CIVIL FRANCE Le Grand Paris est un projet d’une ampleur exceptionnelle, qui va profondément transformer la vie des Franciliens et qui, pour Eiffage Génie Civil, constitue un formidable accélérateur de progrès et d’innovations. En matière de sécurité, les enjeux sont considérables. Notre application pour smartphones Safety Force© mesure notre niveau de performance sécurité. Prédictive, elle nous permet d’alerter les chantiers sur un risque ciblé et de mettre en place, en temps réel, les actions correctives. La prévention du risque incendie en tunnel est aussi renforcée, notamment via une solution de géolocalisation des collaborateurs. En termes d’environnement, valoriser 70 % des terres issues des chantiers est l’objectif de la SGP. Pour cela, nous avons développé Carasol®, un procédé innovant qui réduit les surfaces de stockage des déblais et évite leur transfert vers un lieu de dépôt intermédiaire grâce à une caractérisation très rapide de leur nature. Leur traçabilité est assurée, gage de leur parfaite maîtrise et de l’optimisation de leur valorisation. Nous avons également proposé l’utilisation de béton fibré pour la fabrication de voussoirs. Une solution bas carbone validée par la SGP. Nous favorisons aussi les modes de transport décarbonés pour l’évacuation des terres : voies ferrées ou fluviales, camions au gaz ou électriques, dont notre flotte ne cesse de se doter. Dans les domaines sociaux et sociétaux enfin, notre implication est totale. Emploi local, insertion, formation, développement économique des territoires,… sont dans l’ADN d’Eiffage. Nous avons tissé de nombreux partenariats avec des PME franciliennes qui œuvrent au quotidien à nos côtés. Nous sommes en contact permanent avec tous les acteurs de l’emploi, en particulier pour insérer durablement les publics qui en sont les plus éloignés. Nous travaillons également en totale transparence et en confiance avec les acteurs institutionnels afin de prendre en compte, au plus près, les attentes des habitants des quartiers. Un Grand Paris ambitieux et exemplaire CLAIRE CAUCHETIER, DIRECTRICE DE LA MARQUE ET DU DÉVELOPPEMENT, ELITHIS GROUPE Le Grand Paris est avant tout un outil destiné à porter une véritable ambition pour la première métropole de France et aujourd’hui de l’Union européenne. Le Grand Paris dépasse le seul enjeu régional. La capitale de la France a toujours engagé la nation. Cet enjeu national, international du Grand Paris ne peut se concevoir sans que soient pris en compte les enjeux locaux à l’échelle des territoires et des communes. C’est pourquoi, sa gouvernance doit être claire pour permettre sa bonne activation. En tant qu’outil, il doit asseoir, conforter le déve­loppement économique, social, urbain, environnemental de l’Île-de-France et, pour l’asseoir, le Grand Paris doit être un projet urbain. Sans transports ni logements, difficile de l’imaginer. Concernant les premiers, Le Grand Paris incarne un immense plan de développement des transports franciliens grâce, notamment, au Grand Paris Express. Concernant le logement, qu’en est-il ? Bon nombre de projets, exemplaires du point de vue de la performance énergétique et des qualités environnementales, voient le jour partout en France et ont bien du mal à émerger à l’échelle du Grand Paris. La principale difficulté réside dans l’absence de direction commune, d’éléments de langage pour résister aux pressions des promoteurs qui achètent à prix d’or les quelques fonciers restants. Espérons que les urgences climatique, énergétique, économique et sociale permettront d’harmoniser les politiques locales d’aménagement urbain. Le Grand Paris est un outil de portage politique qui doit être le plus ambitieux et le plus exemplaire possible. Chez Elithis, nous concevons et construisons des logements à énergie positive et facture 0 pour les utilisateurs, et nous comptons bien aider les élus métropolitains à mettre en œuvre cette politique de l’amélioration du confort de vie où la revalorisation du pouvoir d’achat et la protection de l’environnement ne sont pas opposées mais, au contraire, s’allient l’une avec l’autre. La Banque des Territoires au rendez-vous des projets qui construisent le Grand Paris RICHARD CURNIER, DIRECTEUR RÉGIONAL ÎLE-DE-FRANCE, BANQUE DES TERRITOIRES Le Grand Paris, c’est une dynamique majeure d’innovations qui est animée par un vivier de projets et des échéances inévitables, qu’elles soient évènementielles comme les Jeux de Paris 2024 ou sociétales comme nos obligations environnementales. Faire le Grand Paris, c’est à la fois trouver des solutions face à ses défis – logement, mobilité, énergie – mais aussi lutter contre des fractures territoriales et sociales. Si les projets ne manquent pas, leur mise en œuvre reste dépendante de leur financement et c’est le rôle de la Banque des Territoires de s’assurer de la pertinence des projets, aussi bien au niveau local que régional. L’ADN de la Banque des Territoires est d’accom­pagner le développement d’un projet depuis sa conception en amont avec de l’ingénierie de projet jusqu’à son financement. La valorisation de l’épargne des Français avec le livret A permet à la Banque des Territoires de prêter aux bailleurs sociaux et aux collectivités locales sur du long terme, voire du très long terme (jusqu’à 80 ans). À ce titre, les financements de la Banque des Territoires offrent une marge d’action significative pour développer le logement social, les projets stratégiques comme le Grand Paris Express mais aussi les équipements destinés à la vie quotidienne des Franciliens : équipements sportifs, écoles, réseau très haut débit, réseaux d’eau... La Banque des Territoires, c’est aussi un investisseur institutionnel avisé qui intervient aux côtés des acteurs privés comme des acteurs publics afin que les projets au service de l’intérêt général sortent de terre. Immobilier industriel, équipements numériques, verdissement des flottes transports publics… Autant de projets qui construisent chaque jour le Grand Paris. La Banque des Territoires est au rendez-vous pour financer le Grand Paris, compte tenu des enjeux majeurs qu’il représente. Le Grand Paris : réconcilier le « local » et le « global » pour construire la croissance verte du XXIe siècle YOUENN DUPUIS, DIRECTEUR GÉNÉRAL ADJOINT EN CHARGE DE L’ÎLE-DE-FRANCE, KEOLIS Le projet du Grand Paris découle d’une vision dont le principe est de réconcilier le « local » et le « global » : il s’agit, en créant une agglomération polycentrique plus équilibrée et plus attractive, de construire la croissance du XXIe siècle de la Région Capitale et de conforter la place du Grand Paris au sein des « villes-mondes ». La colonne vertébrale de ce projet est le nouveau métro Grand Paris Express, qui reliera entre elles les polarités franciliennes, désenclavera les territoires, réduira les temps de trajet et désaturera les RER et métros existants. En offrant aux Franciliens une alternative performante et économique à la voiture, le Grand Paris Express constitue un puissant levier pour réduire les émissions de CO2, améliorer la qualité de l’air, préserver le pouvoir d’achat et ainsi répondre aux attentes de nos concitoyens, et relever les défis – locaux et globaux – de notre siècle. Sans attendre la mise en service du Grand Paris Express, la mobilité francilienne se transforme à toute vitesse, avec la création des tramways en rocade (T11, T12 et T13 Express), le développement et le verdissement des réseaux de bus, l’essor du Transport à la Demande et les premières navettes autonomes… Autant de projets, initiés par Île-de-France Mobilités, sur lesquels Keolis est fier de se mobiliser ! Avec 10 réseaux à travers le monde totalisant plus de 430 kilomètres de lignes et accueillant plus de 800 millions de voyageurs chaque année, Keolis est le n°1 mondial du métro automatique. Ainsi, tout récemment, Keolis a été désigné exploitant du réseau emblématique de Dubaï. Keolis propose de mettre cette expertise mondialement reconnue au service des Franciliens et s’est ainsi porté candidat à l’exploitation des lignes du Grand Paris Express. Le projet du Grand Paris contribue au rayonnement de la Région Capitale DOROTHÉE FOURNY, DIRECTRICE COMMERCIALE ÎLE-DE-FRANCE, SARP Sarp Île-de-France accompagne les territoires du Grand Paris au travers de solutions répondant aux enjeux de développement durable. Spécialistes de la maintenance patrimoniale des réseaux d’assainissement, nous veillons à ce que votre patrimoine s’adapte aux fluctuations des occupants et des visiteurs tout en proposant des solutions d’économie circulaire afin de préserver les ressources naturelles. Nous assurons au quotidien l’entretien de vos réseaux d’assainissement, bâtiments et immeubles d’habitation, tout en réduisant au maximum les impacts de nos activités pour assurer leur acceptabilité par les citoyens. Nous contribuons au respect de la planète au travers d’une stratégie bas carbone ambitieuse grâce à notre flotte de véhicules électriques ou roulant au bioéthanol ou encore équipés d’un recycleur d’eau. Nous développons et fidélisons le talent grâce à une politique managériale fondée sur le tutorat et l’apprentissage. Nous assumons une forte culture santé sécurité pour protéger nos collaborateurs et les citoyens. Nous, Sarp Île-de-France, accom­pagnons l’évolution des territoires du Grand Paris et contribuons au bien-être des citoyens au quotidien. DOSSIER Le Grand Paris, une réponse au changement de paradigme BERTRAND GABORIAU, DIRECTEUR AU SEIN DU PÔLE GRANDS PROJETS, CBRE FRANCE Avec l’intégration du télétravail et la mise en place des nouveaux modes de travail, les schémas directeurs immobiliers se redessinent pour attirer les talents et les fidéliser. 1,850 million de m2 placés en Île-de-France, l’année 2021 aura été bien plus dynamique que nos prévisions ! Les grandes surfaces (+ de 5 000 m2) ont été plus impactées que les petites car les grands utilisateurs étaient encore en phase de réflexion avec des prises de décision plus longues. C’est en ce sens que nous les accompagnons au quotidien, tant dans la recherche de nouveaux bureaux que dans l’aménagement de ces mêmes espaces. Paris QCA offre la proximité des transports, des immeubles neufs et restructurés avec des services de pointe et répond parfaitement à cette demande. Néanmoins l’offre reste restreinte avec des prix qui atteignent jusqu’à 1 000 e/m2 depuis quelques semaines. Le Grand Paris présente des solutions alternatives aux utilisateurs, mais pour attirer les collaborateurs, l’offre devra correspondre aux besoins du marché et présenter des prestations et des agréments supérieurs à ceux de Paris ou de La Défense. Pour compresser les coûts immobiliers, de nombreuses entreprises ont déjà fait le choix du Grand Paris, à commencer par la Région Île-de-France installée à Saint-Ouen en 2018 ou GRDF à Saint-Denis en 2021. Villejuif, une ville qui a le vent en poupe, propose actuellement l’immeuble de bureaux HOME de Tishman (26 734 m2), offrant des prestations dans l’air du temps, une proximité avec les transports en commun, un environnement résidentiel agréable avec un rapport qualité/prix imbattable de 285 e/m2 de bureaux. Seul hic, il n’y en aura pas pour tout le monde ! Le Grand Paris : faire la ville verte et résiliente de demain MARIANNE LOURADOUR, DIRECTRICE GÉNÉRALE, CDC BIODIVERSITÉ Comme toutes les grandes zones urbaines denses, le Grand Paris doit désormais se construire, se rénover, se transformer et s’adapter en protégeant ses écosystèmes naturels. L’équation est complexe : produire des logements, notamment sociaux où la demande est immense, permettre la réindus­trialisation et l’installation d’entreprises de pointe, favoriser la recherche et la dynamique universitaire, veiller au développement des infrastructures, à la production d’une énergie locale et décarbonée et à une logistique plus verte, tout en protégeant ses espaces naturels, en préservant sa biodiversité et, depuis la loi Climat et Résilience d’août 2021, en stoppant l’artificialisation des sols. L’équation est complexe mais nécessaire car l’urbanisation croissante engendre des pressions fortes sur la biodiversité alors que les villes ont besoin d’espaces verts. La biodiversité urbaine apporte des îlots de fraicheur dans des périodes de canicule de plus en plus fréquentes, la protection de sols non artificialisés permet l’infiltration des eaux et la réduction des risques d’inondation lors de précipitations extrêmes ou encore la séquestration du carbone par les végétaux diminue la pollution atmosphérique. Les urbains ont également besoin des aménités de la nature dans leur dimension sociale et sanitaire. La protection des écosystèmes dans la ville ne doit plus être le supplément d’âme des autres politiques mais doit désormais s’intégrer dans une planification globale qui les intègre en amont, dans des choix clairs et assumés. Les changements transformateurs qui doivent s’opérer pour vivre dans des villes non seulement inclusives mais aussi résilientes et durables se trouvent dans une vision intégrée de la nature, dans les processus de décisions politiques et dans les bilans financiers des acteurs économiques. Les rapports de l’IPBES nous appellent à l’action immédiate et intégrer la biodiversité dans le cahier des charges initial fait partie de la solution tout comme une mise en œuvre coordonnée et pilotée sur la base d’indicateurs de moyens et de résultats. Ces indicateurs n’existent pas aujourd’hui ? Trouvons-les ! Dans ce cadre préétabli, la compréhension et la mobilisation de tous les acteurs permettront de créer une ville résiliente et respectueuse du vivant. Pour un Grand Paris durable et écologique ! PIERRE-YVES DULAC, DÉLÉGUÉ RÉGIONAL ÎLE-DE-FRANCE, ENGIE Le projet du Grand Paris doit et va réussir. L’une des clés de son succès réside sans aucun doute dans sa capacité à concilier le développement économique et social de la métropole ainsi que sa durabilité. Tous les secteurs sont concernés : mobilité, logement, énergie, emploi, alimentation… Le Grand Paris sera durable et responsa­ble ou ne sera pas. Les équipes d’Engie s’engagent au quotidien pour accompagner les territoires et les acteurs du Grand Paris dans cette démarche, en leur proposant des solutions permettant de consommer mieux et moins d’énergie. Le Groupe exploite et développe, par exemple, le réseau de froid de la Ville de Paris, qui permet de rafraîchir 6 millions de m2 grâce à l’eau de la Seine. Notre filiale, la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain (CPCU), produit et délivre quant à elle de la chaleur pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire en métropole parisienne, issue à 45 % de la valorisation énergétique des déchets ménagers. Nous sommes également mobilisés sur le projet de l’Axe Seine, notamment via le développement d’un projet de production et distribution d’hydrogène renouvelable sur le port de Gennevilliers. Au-delà de leur contribution à la transition énergétique des territoires, ces quelques exemples ont tous en commun le fait qu’ils reposent sur une coopération étroite entre acteurs publics et privés, une des autres clés du succès du Grand Paris. Nombreux sont les atouts du territoire pour assurer sa durabilité. Le développement des énergies renouvelables peut ainsi notamment s’appuyer sur le très haut potentiel géothermal de l’Île-de-France. En complément, n’oublions pas d’activer un autre levier majeur : celui de la sobriété. Accompagner la mise en place de projets structurants et durables pour le territoire ANNE-CHRISTELLE DAHAN, DIRECTRICE ÎLE-DE-FRANCE, BUREAU VERITAS CONSTRUCTION Avec une approche multi-sectorielle et multi-métiers, Bureau Veritas intervient directement sur les chantiers les plus emblématiques du Grand Paris. Alors que la construction est en pleine transition et face à l’urgence climatique, notre « Ligne verte » de services et solutions prend tout son sens avec ces projets qui structurent l’Île-de-France. Depuis 200 ans, Bureau Veritas dispose d’une mission essentielle, celle de prévenir les risques pour le compte de ses clients. En Île-de-France, le Groupe intervient sur des opérations de premier plan, comme sur la ligne E du RER EOLE, en contrôle technique et en CSPS. À nous de contribuer à relever des défis techniques hors norme : 8 km de tunnel dans les souterrains de Paris, 47 km de réaménagement de voies existantes, 3 nouvelles gares créées,… le challenge est de taille pour toutes les parties prenantes. Au total, notons que Bureau Veritas intervient en contrôle technique et/ou en CSPS dans 40 des 68 gares du Grands Paris Express. Notre groupe est aussi chargé du suivi HSE des lignes 15, 16, 17 et 18 notamment, où nous réalisons des audits en matière de gestion des déblais et des contrôles extérieurs environnementaux. Autre exemple : notre entreprise, via l’une de ses filiales, analyse la vulnérabilité du bâti aux alentours d’un chantier pour prévenir tout risque d’effondrement éventuel. Je suis convaincue de la nécessité du Grand Paris. Il est utile pour tous les acteurs qui, comme Bureau Veritas, travaillent à transformer positive­ment le monde dans lequel nous vivons. Logement, mobilité, consommation : le Grand Paris nous oblige à relever les défis sociétaux et environnementaux qui sont les nôtres. Il nous encourage à voir « grand ». Cette ambition répond à notre volonté d’imaginer et de concevoir des territoires résilients, inclusifs et durables. Notre entreprise compte 8 000 collaborateurs en France, répartis entre 500 métiers. En tant que tierce partie indépendante, nous avons pour ambition d’assurer la conformité des travaux et le respect des standards de sécurité selon les normes en vigueur. Nous y intégrons totalement les exigences d’économie circulaire et le sujet du management de la performance énergétique. Le Grand Paris a pour vertu de nous faire avancer, en confiance et collectivement, dans la voie du progrès responsable. Paris La Défense au cœur de la transformation du Grand Paris PIERRE-YVES GUICE, DIRECTEUR GÉNÉRAL, PARIS LA DÉFENSE Le Grand Paris décloisonne, agrandit, fluidifie. Notre capitale se transforme et s’ouvre pour devenir une métropole polycentrique, à l’attractivité renouvelée. Paris La Défense est l’un de ses cœurs. Sûrement l’un des plus jeunes, peut-être l’un des plus dynamiques. Sa centralité et sa physionomie si singulière lui ont naturellement donné le rôle de vitrine économique de la France et de porte d’entrée internationale du Grand Paris. Ce quartier aurait pu en rester là et se contenter de jouer ces rôles pour longtemps. Pourtant, nous avons fait le choix d’engager un véritable aggiornamento du quartier d’affaires pour maintenir son leadership et renforcer la dynamique engagée à l’échelle du Grand Paris. Deux axes nous ont guidés dans notre volonté de transformer ce territoire. Le premier vise à renforcer l’offre du quartier et y développer une nouvelle mixité. Pour rester attractif, Paris La Défense ne doit pas se résumer uniquement au monde du travail, nous devons donner davantage de place aux loisirs, à l’offre de services et développer l’offre rési­dentielle. Notre second axe va nous permettre de refondre en profondeur le modèle de développement du quartier pour faire face au défi que représente le réchauffement climatique. Cette ambition a pris la forme d’une raison d’être qui guide notre action pour devenir le premier quartier d’affaires. Le groupe Sogetrel, en première ligne sur les réalisations numériques du Grand Paris BERTRAND BLAISE, DIRECTEUR DÉVELOPPEMENT SMART SOLUTIONS & GRANDS PROJETS CHEZ SOGETREL ET PRÉSIDENT COMMISSION SMART CHEZ INFRANUM Avec le Grand Paris, l’agglomération parisienne se propulse au rang des grandes métropoles mondiales du XXIe siècle. C’est une étape historique et une fierté pour la France qui offre à sa capitale ce qui se fait de mieux en matière d’infrastructures et d’aménagements. Mais c’est surtout, pour ses habitants, la perspective d’une transformation majeure de leur cadre de vie avec une ville plus belle, plus durable, plus sûre et plus inclusive. Le numérique est l’un des grands enjeux de cette transformation. Véritable moteur d’innovation, il est présent dans toutes les dimensions du projet, des transports à l’habitat en passant par la sécurité et l’environnement. Le groupe Sogetrel accompagne, depuis plus de 35 ans, la transformation numérique des territoires et en particulier des communes franciliennes. Tout d’abord, en étant un acteur majeur du déploiement de la fibre, qui constitue le prérequis au développement des nouveaux usages numériques. Mais aussi, dans la continuité de cette activité, en proposant aujourd’hui à plus de 130 communes d’Île-de-France un ensemble de solutions connectées. Ces solutions permettent notamment d’améliorer la sécurité (vidéoprotection), le stationnement et la circulation (bornes de rechargement de véhicules électriques, capteurs de données de circulation et de stationnement) ou encore la qualité de l’environnement (capteurs connectés de bruit, de qualité de l’air, de température…). Nous sommes fiers de réaliser les projets numériques des acteurs du Grand Paris et de contribuer chaque jour un peu plus à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens. u Le réseau de transport d’électricité : un atout pour la région NATHALIE LEMAÎTRE, DÉLÉGUÉE RÉGIONALE ÎLE-DE-FRANCE – NORMANDIE, RTE Fort de ses 188 postes électriques et de 6 000 km de lignes aériennes et souterraines, le réseau de transport d’électricité apporte à la région Île-de-France 95 % de l’électricité qu’elle consomme. Et il évolue avec son territoire. Fortement développé dans les années 70 et 80, le réseau fait aujourd’hui l’objet d’un important programme de renouvellement. Dans le même temps, il accompagne de nombreux travaux d’aménagement dont les projets du Grand Paris. À cela s’ajoute une demande croissante de raccordements, notamment de datacenters, sans oublier les besoins liés à la décarbonation. Cette dernière passe par le réseau électrique. Pour atteindre la neutralité carbone, il faudra remplacer les énergies fossiles par de l’électricité produite sans CO2. En Île-de-France, plusieurs évolutions sont déjà à l’œuvre en ce sens : l’efficacité énergétique pour consommer moins et mieux ; l’électrification des transports avec la montée en puissance de la voiture électrique ; la production d’hydrogène décarboné pour répondre à des besoins industriels et pour la mobilité lourde. L’Île-de-France concentre en son sein toutes ces transformations et c’est le réseau de transport d’électricité qui les rend possibles. Il s’agit là d’être au rendez-vous de la demande d’électricité, amenée à croitre de 35 % d’ici à 2050. Mais l’enjeu, c’est aussi l’attractivité de notre territoire. Un réseau capable de délivrer une électricité de qualité, respectant les exigences des industriels, et d’accueillir les industries du futur est un catalyseur du développement de la région, synonyme de retombées économiques et d’emplois. Pour capitaliser sur cette force, un seul mot d’ordre : planification. Un travail qui ne peut s’accomplir qu’à condition de conjuguer la volonté politique des acteurs du territoire et l’expertise technique du gestionnaire du réseau. DOSSIER De la planification à l’action en passant par l’innovation PAUL RIVEY, DIRECTEUR ASSOCIÉ, CABINET ALGOÉ CONSULTANTS Le Grand Paris est avant tout un formidable terrain d’acteurs, où se mêlent protagonistes publics et privés, dans un espace de vie entre centres de décisions parfois désincarnés, quartiers chaleureusement habités et vitrines mondiales visitées. Si l’impact (et les causes) du changement climatique et d’autres enjeux majeurs actuels doivent être pris en compte à ces trois niveaux, nous expérimentons, au quotidien, ce Grand Paris travaillé, habité et vécu. Faire le Grand Paris, c’est entretenir la dynamique de maillage entre ces différents acteurs et ces différentes échelles pour créer de la valeur au service du territoire grand-parisien. Chaque jour, Algoé accompagne cette systémique auprès de l’ensemble des acteurs du territoire, publics et privés, et positionne sa création de valeur depuis la définition de stratégies désirables jusqu’à la mise en action dans un état d’esprit innovant constant, comme l’illustrent par exemple les appels à projets urbains innovants. Stratégie territoriale au travers de SCoT, SDEM ou PCAET ; action et management opérationnels avec l’accompagnement du Grand Paris Express, de rénovations et de créations de grands équipements publics (sièges de ministères, ensei­gnement, médico-social, culturel, sites olympi­ques…) : Algoé apporte au projet du Grand Paris l’expérience en management de ses 200 collaborateurs et le recul de ses 63 ans d’existence pour sécuriser la mise en œuvre effective des projets à forte complexité, à la fois territoriale, technique et humaine, et qui mêlent échelles locale et globale, approches à court et long termes. Le Grand Paris a besoin d’énergie FRÉDÉRIC MOULIN, DÉLÉGUÉ TERRITORIAL VAL DE SEINE, GRTGAZ Nous traversons actuellement une double crise, écologique et géopolitique, au cœur de laquelle l’énergie occupe une place centrale. Le Grand Paris se construit dans ce moment singulier et doit réussir à combiner le développement économique et la densification avec la transition énergétique et l’adaptation au changement climatique. GRTgaz est un acteur vital dans l’approvisionne­ment en gaz du territoire. Chaque jour, les équipes de GRTgaz sont mobilisées pour entretenir les infrastructures et les faire évoluer pour répondre aux nouveaux aménagements du territoire et aux besoins en énergie. En 2022, une soixantaine de projets seront menés par GRTgaz pour adapter le réseau de transport de gaz aux tracés des futures lignes de transport en Île-de-France et accompagner le développement des pôles économiques et urbains du Grand Paris. Le Grand Paris, ses grands services urbains, ses activités économiques, ses habitants et usagers du territoire ont besoin de beaucoup d’énergie. Et dans le mix énergétique métropolitain de demain, le gaz renouvelable a un rôle majeur à jouer. Parce que toutes les fonctions dont a besoin le Grand Paris ne peuvent pas être électrifiées. Et parce que le gaz renouvelable est à la croisée des services essentiels du Grand Paris. Dès aujourd’hui, du gaz renouvelable, produit localement par méthanisation, circule dans nos réseaux. Des eaux usées et des déchets du Grand Paris deviennent du gaz renouvelable et de nouvelles filières prometteuses émergent (pyrogazéification, gazéification hydrothermale) ; les bus et autocars d’Île-de-France Mobilités utilisent déjà largement le gaz renouvelable produit en Île-de-France, tout comme les poids lourds qui ont besoin de solutions de décarbonation ; et GRTgaz prépare l’avenir des réseaux gaziers qui pourront transporter de l’hydrogène. Pour faire émerger des projets énergétiques ambitieux, le Grand Paris est un espace d’expérimentation et d’innovation incroyable. GRTgaz s’engage dans un esprit de coopération, pour participer à bâtir une métropole attractive et durable. Pour une métropole homogène, cohérente et humaine STÉPHANIE BENSIMON, RESPONSABLE ARDIAN REAL ESTATE Les raisons qui militent en faveur de la nécessité de réaliser le Grand Paris sont simples, multiples et implacables : aujourd’hui, l’agglomération parisienne figure parmi les mégalopoles occidentales les plus disparates, les plus hétérogènes, favorisant les pôles les plus peuplés au détriment des territoires désertifiés. Ces inégalités territoriales s’accentuent au fil des années et les premières victimes en sont les habitants eux-mêmes. Le projet du Grand Paris doit faire de l’agglomération parisienne une métropole mondiale, dont la puissance économique est au service de l’ensemble de ses habitants qui bénéficieront ainsi d’un cadre de vie structurellement amélioré, notamment grâce aux transports et connections engendrées par le Grand Paris Express qui doit permettre de relier les banlieues entre elles. Ardian prendra sa part dans cette vaste reconstruc­tion, en contribuant à revaloriser le patrimoine francilien, permettant de renforcer durablement l’attractivité de l’ensemble de la région. Aux côtés de l’ensemble des acteurs désireux de mener de front cette vaste entreprise, nous créons les conditions de cette revalorisation, en développant notamment des espaces de travail qui promeuvent qualité de vie et durabilité, à travers des bâtiments affichant une neutralité carbone et des critères environnementaux parmi les plus rigoureux. Et notre action ne se cantonnera pas qu’aux espaces de travail : nous devons porter notre vision à l’ensemble des pôles immobiliers et réfléchir à de nouvelles méthodes de construction, plus vertueuses, respectueuses de l’environnement, sur toute forme d’opérations mixtes, où coexistent logements, bureaux, commerces et espaces verts. Toutes ces actions nous permettront d’imaginer et de créer le Grand Paris, de corriger les inégalités territoriales, de désenclaver les territoires, notamment les banlieues, où les habitants sont aujourd’hui éloignés de l’emploi. Sogeprom, acteur de la ville, ancré depuis 50 ans dans les territoires du Grand Paris LOÏC MADELINE, DIRECTEUR GÉNÉRAL DÉLÉGUÉ ÎLE-DE-FRANCE, TERTIAIRE ET GRANDS PROJETS RÉGION, SOGEPROM Le Grand Paris pour Sogeprom est le Grand Paris des projets. Nous partageons la vision que ce sont bien les émergences de projets collectifs qui font le Grand Paris d’aujourd’hui et de demain. Filiale de Société Générale, Sogeprom a l’ambition et la volonté de participer pleinement au Grand Paris des transports, du logement, du monde académique et des Jeux de Paris 2024. Nous avons conscience de notre responsabilité sociale et environnementale, et de l’importance de réfléchir très en amont à l’intégration de nos opérations dans l’environnement, dans l’histoire de la ville et de ses habitants. Avec les élus et les riverains des 68 nouvelles gares du Grand Paris, nous œuvrons en faveur d’une meilleure acceptabilité de nos projets pour qu’ils apportent valeur économique, bien-être et qualité d’usage. Notre ambition d’être un acteur de référence du Grand Paris et nos projets en sont le reflet. Équinoxe/Zénith à Cergy – prix de la mixité urbaine lors des Pyramides d’Argent 2021 – est une opération mixte de création de valeur sur un ancien terrain industriel. Avec des logements familiaux, une résidence étudiante, un immeuble tertiaire, une maison médicale, une crèche, un vaste jardin et des voiries rétrocédées à la ville de Cergy ainsi qu’un parking silo réalisé en bois, ce projet est exemplaire en matière de valorisation, de mixité d’usage et de RSE. Au pied de la ligne 18 du Grand Paris Express, le projet du Central sur la ZAC Polytechnique à Palaiseau offrira plus de 600 logements, des commerces ainsi que deux immeubles tertiaires dédiés aux Life Sciences. L’émergence de ce grand projet urbain, réalisé en co-promotion avec DBI, Pitch Immo et I3F, très ambitieux en matière de RSE, renforce le rayonnement académique du plateau de Saclay. Nos projets, quelle que soit leur taille, participent à la création de valeur des territoires du Grand Paris. La réussite de la transition écologique passe par les territoires JEAN-FRANÇOIS VIGIER, PRÉSIDENT DU SYNDICAT MIXTE DES ORDURES MÉNAGÈRES DE LA VALLÉE DE CHEVREUSE, CONSEILLER RÉGIONAL D’ÎLE-DE-FRANCE, MAIRE DE BURES-SUR-YVETTE La gestion des déchets a profondément évolué ces dernières années. De l’objectif initial d’assurer la collecte et le traitement des déchets des habitants d’un territoire, elle a progressivement pris une nouvelle dimension en raison des enjeux liés au réchauffement climatique. Elle est aujourd’hui un maillon incontournable du cercle vertueux de l’économie circulaire via la valorisation des déchets en chaleur ou en biogaz et la préservation des matières premières grâce au recyclage. Pour le SIOM, la construction et l’exploitation de la déchetterie-ressourcerie de Paris-Saclay, la collecte et le traitement des biodéchets, l’installation d’un méthaniseur, la performance de notre usine de valorisation énergétique sont autant d’actions que nous menons et qui s’inscrivent dans l’économie circulaire. Mais la transition écologique et ses enjeux nécessitent des investissements importants qui ont un coût pour les syndicats qui les portent. Nous avons donc besoin de visibilité financière sur plusieurs années et de stabilité fiscale. L’État doit être à ce titre un partenaire loyal. Or, l’augmentation spectaculaire de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) pour les syndicats de déchets, qui pour le SIOM atteindra quasiment le million d’euros sur 5 ans, risque d’être un frein à nos investissements. Pour mettre en œuvre une transition écologique efficace, il faut moins de verticalité du pouvoir, plus de concertation et de confiance envers les élus locaux. Si nous partageons les mêmes objectifs et la même ambition, alors construisons ensemble. Avec les gaz verts, bâtir un Grand Paris durable et bas carbone FLORENCE MOUREY, DIRECTRICE ADJOINTE CLIENTS TERRITOIRES ÎLE-DE-France ET DIRECTRICE TERRITORIALE ÎLE-DE-FRANCE, GRDF Le Grand Paris est une occasion unique d’impulser un modèle durable et responsable afin de réduire l’empreinte carbone de nos logements et de nos mobilités. GRDF met le développement des gaz verts et de leurs usages au centre des projets de transition écologique du Grand Paris. Agir sur la transition énergétique des bâtiments passe par l’utilisation des chaudières à condensation à très haute performance énergétique qui permettent de réduire la consommation de gaz de 25 %. Cela doit se faire également grâce au développement des gaz verts : en Île-de-France, 40 sites de production de biométhane produisent du gaz vert, une énergie renouvelable bas carbone, à partir du traitement des déchets organiques et résidus agricoles, des biodéchets issus de l’industrie agro-alimentaire et de la restauration collective ainsi que des boues de stations d’épuration. Avec l’obligation de tri à la source des biodéchets en 2024, l’urgence est d’organiser la collecte des biodéchets sur le territoire de la Métropole pour les valoriser en gaz verts : une collecte séparée à destination des méthaniseurs pourrait représenter près de 10 % de la production de gaz renouvelable en Île-de-France. Sur la mobilité, l’utilisation du BioGNV (Bio Gaz Naturel pour Véhicule) permet d’améliorer la qualité de l’air. Il émet 80 % de CO2 en moins qu’un véhicule diesel et répond aux performances environnementales de la ZFE, étant compatible avec la vignette Crit’Air 1. Île-de-France Mobi­l­ités a annoncé que 75 % des bus circuleront en 2029 au BioGNV. Sans oublier la Seine qui traverse la Métropole. Nous travail­lons avec les acteurs portuaires pour verdir la flotte des bateaux avec une solution combinant électricité et BioGNV. Construire une métropole du XXIe siècle, une métropole humaine et attractive SÉBASTIEN DE VANSSAY, DIRECTEUR DES CLIENTÈLES INSTITUTIONNELLES, CAISSE D’ÉPARGNE ÎLE-DE-FRANCE Au-delà de son crucial rayonnement mondial, l’immense projet du Grand Paris nous oblige, du fait de sa capacité, à influer durablement sur le mode de vie des générations futures de Franciliens au cours des prochaines décennies. Nous nous devons de construire une métropole du XXIe siècle, une métropole humaine et attractive, attachée au « vivre-ensemble », à la mixité culturelle et intergénérationnelle et au « bien-vivre », à travers de nouvelles offres de logements, de transports et de loisirs, ainsi qu’un tissu économique dynamique et innovant, dans tous les secteurs. En outre, cette impulsion décisive doit accompagner la transition écologique de notre territoire, de ses acteurs, de ses habitants. Ce devoir envers les Franciliens, des générations actuelles et futures, est en adéquation avec la raison d’être de la Caisse d’Épargne Île-de-France, en tant que banque locale : être utile à nos clients et au développement durable de notre territoire. Nous avons ainsi une opportunité unique à saisir pour ancrer le Grand Paris dans cette perspective ambitieuse. Et ceci d’autant plus que les évènements de ces dernières années, le Brexit, puis la crise sanitaire, ont mis au jour de nouveaux enjeux : face au constat d’une trop grande dépendance de l’Europe continentale vis-à-vis de producteurs non-européens, une réindustrialisation de notre continent, et de la France en particulier, est apparue urgente. Le rôle de l’Île-de-France, dans ce contexte de réorientation des politiques économiques, sera sans nul doute majeur et ce sont les Franciliens qui en bénéficieront, grâce à des modèles économiques fondés sur le retour des circuits courts. La Caisse d’Épargne Île-de-France continuera pour sa part à accompagner les projets d’aménagement du territoire, les projets immobiliers initiés par les promoteurs ou les bailleurs sociaux, le développement des entreprises franciliennes, comme de l’économie sociale et solidaire. Nous sommes très fiers de participer à ce projet d’aménagement ambitieux et structurant, contribuant au rayonnement du Grand Paris ! BRUNO ALLÉARD, DIRECTEUR GÉNÉRAL ADJOINT, LÉON GROSSE En tant que groupe diversifié du BTP, doté de trois grands pôles, la construction, les solutions de transition énergétique et l’immobilier, Léon Grosse participe au quotidien au développement et au rayonnement du Grand Paris. Adhérer au club des Acteurs du Grand Paris, c’est non seulement contribuer à sa construction, mais c’est également agir pour une métropole durable sur le plan environnemental et inclusive sur le plan social. C’est dans cette dynamique que nous réalisons le stade Yves-du-Manoir à Colombes. Ce projet d’extension/réhabilitation, porté actuellement par les équipes de Léon Grosse, s’inscrit dans la perspective des JO Paris 2024. Léon Grosse, mandataire d’un groupement de conception- réalisation, démarre ce chantier d’une durée de 22 mois pour le compte du département des Hauts-de-Seine. Ce stade mythique, situé à Colombes (92), a accueilli en 1924 les Jeux olympiques d’été ! À l’horizon 2024, ce sera le site olympique du hockey sur gazon. C’est un trait d’union symbolique entre le passé et le futur. Nous sommes très fiers de participer à ce projet d’aménagement ambitieux et structurant, une véritable renaissance qui contribuera au rayonnement et à l’attractivité du Grand Paris. Il faut tout d’abord souligner la dimension « locale » du projet : ce stade sera une infrastructure majeure à disposition des sportifs altoséquanais, et ce, au-delà des JO Paris 2024. Par ailleurs, ce projet illustre l’efficacité énergétique, l’exemplarité environnementale et l’engagement social. Tout d’abord, c’est un bâtiment démonstrateur doté d’un système de cogénération à l’huile de colza, permettant d’assurer une production électrique locale. Concernant le volet environnemental, je soulignerai trois aspects : le choix du mode constructif en bois à hauteur de 53 %, 90 % de réemploi ou de recyclage des matériaux ainsi que la gestion des eaux pluviales avec 0 rejet dans le réseau public, contribuant à la création d’un corridor écologique du sud au nord de la plaine sportive. Quant au volet social, ce chantier est exemplaire en matière d’insertion, avec 58 000 heures d’insertion. Chez Léon Grosse, nous visons, d’ici 2025, 10 % de nos compagnons recrutés issus de l’insertion. Ce stade illustre la capacité du Grand Paris à être présent lors des grands rendez-vous internationaux et à porter des projets exceptionnels. Ce goût des grands défis, nous le partageons pleinement ! Enjeux de taille et complexité : le Grand Paris est un projet incontournable ! PASCALE MASSAAD, DIRECTRICE DU POLE GÉOSCIENCES ET OUVRAGES SOUTERRAINS, TRACTEBEL Le Grand Paris Express est un projet socialement et économiquement important pour la région Île-de-France et la France dans son ensemble. Il impactera directement les Franciliens en vue d’améliorer leur qualité de vie. Participer à ce Grand Projet est une fierté et un défi quotidien pour nos équipes. Notre rôle en tant qu’ingénierie est d’accompagner la Société du Grand Paris vers la réussite de ce projet à enjeux mais également complexe dans sa réalisation. En effet, la complexité est au rendez-vous avec 90 % de lignes souterraines sur le nouveau réseau, la diversité géologique du Bassin parisien qui demande à nos ingénieurs de concevoir des solutions innovantes. Au-delà de notre raison d’être de concevoir un avenir neutre en carbone, nous mettons au service de ce projet notre savoir-faire et nos études autour de trois axes techniques majeurs : l’éco-conception, notamment des ouvrages, structures et fondations ; l’analyse des bétons et les préconisations techniques en matière de bétons dits bas carbone ; les approches intégrées et, tenant compte du cycle de vie de la matière, depuis la programmation, la préconception, le prédimensionnement, jusqu’à la construction, l’exploitation et les futures reprogrammations. La réussite réside également dans la coopération et les relations entre toutes les parties prenantes. Notre capacité partenariale est une valeur sûre au service du Grand Paris. Tractebel, filiale d’Engie, est une société d’ingénierie, de conseil et de gestion de projets intervenant dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures urbaines (bâtiments, transports et territoires). Présentes sur de nombreux projets d’infrastructures dans le monde, les équipes de Tractebel en France travaillent actuellement sur les chantiers du Grand Paris Express. GSE : une réelle implication dans les enjeux du Grand Paris RENÉ MOUNDZIKA, DIRECTEUR DES ACTIVITÉS DE MONTAGE, GSE Le projet du Grand Paris est de mettre en commun toutes les ressources de ses territoires pour répon­dre aux enjeux majeurs : la modernisation et le développement du réseau de transport, la construction de nouveaux logements, le développement de l’activité économique, la transition énergétique. « Faire le Grand Paris », c’est faire de la Région Capitale une ville-monde fascinante, durable, compétitive et avec une belle qualité de vie. Premier marché d’immobilier d’entreprise en Euro­pe, c’est aussi la deuxième métropole la plus attractive au monde, derrière Londres mais devant Singapour en termes d’investissements greenfield. Du fait des transports, des logements, de la culture,… le Grand Paris va bouleverser la vie des habitants. Les enjeux principaux seront d’améliorer le cadre de vie des Franciliens, de réduire les inégalités territoriales. Dans ce sens, GSE, acteur majeur de la conception et la réalisation de bâtiments en immobilier d’entreprise, a développé la Démarche Bâtiment éco-responsable, qui s’appuie sur 5 thématiques centrales : le bas carbone, les performances énergétiques, la biodiversité, le confort des usagers et le chantier à faible impact. La stratégie RSE du Groupe est évaluée Platinum par EcoVadis, plaçant GSE parmi le top 1 % des entreprises les mieux évaluées. En améliorant notre connaissance du gisement foncier, nous contribuons à l’objectif du « zéro artificialisation nette ». C’est aussi dans ce sens que nous développons des locaux d’activités, des entrepôts et des parkings silos sur plusieurs niveaux, car cela optimise l’utilisation du foncier et permet une parfaite maîtrise des loyers. La réindustrialisation française est au cœur de nos réflexions et réformer des bâtiments existants suivant des considérations environnementales et adaptées aux process de nos clients revêt un intérêt stratégique. Le Sigeif donne de l’énergie à vos projets de transition énergétique JEAN-JACQUES GUILLET, PRÉSIDENT DU SIGEIF ET MAIRE DE CHAVILLE Le monde était à peine sorti de la crise sanitaire que la guerre en Ukraine, au-delà du drame humain et de la catastrophe humanitaire qu’elle représente, venait violemment percuter nos systèmes d’approvisionnements énergétiques et ali­mentaires entraînant, notamment, une envolée des prix du gaz et du pétrole, et une prise de conscience brutale de notre dépendance énergétique. Les conséquences économiques, financières et sociales de ces évènements dramatiques n’ont pas fini de se faire sentir à court, moyen et long termes. Parallèlement, le monde est engagé dans une lutte sans merci contre le réchauffement climatique qui nous impose de limiter consi­dé­rablement, et dans les plus brefs délais, l’utili­sa­tion des énergies fossiles. Le souci de notre souveraineté énergétique rejoint celui de l’urgen­ce climatique. Tout nous engage aujourd’hui à donner un coup d’accélérateur à la transition énergétique. Il n’y a plus de temps à perdre. En Île-de-France, le Sigeif est un acteur majeur de cette transition. Malgré la crise sanitaire, qui est parfois venue perturber le bon déroulement des opérations sur le terrain, le Sigeif a pu poursuivre de manière systématique et coordonnée son action en faveur de la décarbonation et de l’amélioration de la qualité de l’air en Île-de-France. Pionnier de la mobilité propre avec l’ouverture de la première station publique d’avitaillement en GNV/BioGNV en Île-de-France et la création, en 2016, de Sigeif Mobilités, le Sigeif s’est lancé en 2020 dans le développement d’un réseau de bornes de recharge pour véhicules électriques. Il compte aujourd’hui plus de 700 points de recharge. La production locale d’énergie renouvelable est au cœur des actions menées par le Sigeif en faveur de la transition énergétique avec, notamment, la mise en service de la ferme solaire de Marcoussis, qui produit d’ores et déjà l’équivalent de la consommation d’électricité d’une ville de 10 000 habitants, et le développement d’une unité de biométhanisation dans le port de Gennevilliers, vaste projet d’économie circulaire, réalisé en partenariat avec le Syctom, dont la production sera valorisée en BioGNV. L’installation de panneaux solaires sur les toitures en Île-de-France, en relation avec les communes, constitue également l’un des vastes chantiers du Syndicat pour produire de l’énergie au plus près des besoins des utilisateurs. Au-delà de ces réalisations, le Sigeif accompagne les collectivités dans leurs actions d’efficacité énergétique, notamment par des achats groupés de services dédiés ou par l’accompagnement en conseil en énergie partagé (CEP) des petites communes. Enfin, dans une période où les prix de l’énergie s’envolent, le groupement de comman­des de gaz naturel du Sigeif, mis en place dès 2004, qui compte aujourd’hui plus de 500 mem­bres, permet d’optimiser les achats et de lisser le risque par une procédure d’achats fractionnés. Enedis, le service public de la transition écologique pour un Grand Paris durable FRÉDÉRIC COURAULT, DIRECTEUR DÉLÉGUÉ COORDINATION ET GRANDS PROJETS ÎLE-DE-FRANCE, ENEDIS Catalyseur de projets et fédérateur d’acteurs, le Grand Paris vise à transformer l’agglomération pari­sienne en grande métropole mondiale du XXIe siècle. Dans le cadre de son Plan Industriel et Humain, Enedis ambitionne d’être un service public du XXIe siècle, le service public de la transition écologique, au plus près des territoires. Les enjeux de décarbonation sont centraux pour un développement urbain raisonnable et juste : mobilité plus fluide et propre, économies d’énergie, rénovation et réhabilitation des bâtiments, électrification des usages pour sortir des énergies fossiles. Enedis est aux côtés des acteurs publics et privés pour faire émerger des territoires sains, habiles et résilients. Enedis apporte son expertise aux projets d’aménagement ambitieux et innovants, par des partenariats avec les pouvoirs publics et les acteurs économiques – aménagement de la BA 217 à Brétigny-sur-Orge, Paris-Saclay. Enedis accompagne le développement économique, gage de prospérité pour les habitants : implantation de 15 datacenters, réalisation de 26 ZAC, adaptation des raccordements électriques des sites des JOP 2024. Enedis favorise le développement durable du Grand Paris, porteur d’une très forte ambition environnementale, en raccordant au réseau de toutes les infrastructures de recharge des véhicules électriques et en apportant son expertise technique à l’ensemble des acteurs de la région Île-de-France. Enedis se prépare pour répondre au développement de masse de la mobilité électrique en résidentiel collectif sur le Grand Paris. Et se mobilise également sur les chantiers du Grand Paris Express, des extensions de tramway, d’électrification de dépôts de bus. Enedis assure la sécurité énergétique de la région – qui importe 95 % de l’électricité consommée – en facilitant le raccordement au réseau des projets de production d’énergie renouvelable – solarisation de toitures – et en modernisant en continu le réseau de distribution électrique pour répondre aux défis posés par l’urbanisation. Comment l’immobilier mène au coaching MARIANNE DE BATTISTI, AUJOURD’HUI COACH, APRÈS 45 ANS D’IMMOBILIER AU SEIN D’ICADE Franchement, quel rapport, à première vue, entre l’immobilier et le coaching ? Aucun me direz-­vous… Alors, quelle idée saugrenue de passer de l’un à l’autre ! Et pourtant… À y regarder de plus près, qu’il s’agisse d’immobilier ou de coaching, n’est-ce pas toujours de lieux dont il est question ? Lieux à aménager ou à construire pour l’immobilier, lieux intérieurs à réaménager ou à reconstruire pour le coaching. Les acteurs de la ville s’activent au service de notre environnement : la rue, l’immeuble, le bureau, le logement ; tous ces espaces dans lesquels l’homme se meut, du matin au soir, passant des lieux de sa vie sociale à ceux de sa vie personnelle et familiale. Les construire, les réaménager, les embellir, les aérer, les faire communiquer, les rendre accueillants, affables, urbains, agréables à vivre, faire en sorte que l’individu s’y sente bien. Le coach de son côté fait un travail similaire, à ceci près qu’il s’attelle au paysage intérieur de son client. L’accompagner dans l’observation, l’exploration, la compréhension de ses lieux intérieurs. L’inviter à mieux se comprendre pour mieux comprendre les autres. À prendre le recul nécessaire pour relativiser ses propres perceptions. Faire la part des choses entre réalité et ressentis personnels. Ré-aménager son propre intérieur pour davantage de fluidité, de confiance, de confort, de bien-être. Immobilier ou coaching, dans les deux cas, il s’agit toujours d’observer, d’explorer, d’ouvrir, d’aligner, d’aménager et de construire un lieu, extérieur ou intérieur, pour que la vie y soit plus douce. Et pour que chacun y trouve sa juste place. Le Grand Paris, porte d’entrée sur la Grande Île-de-France de demain AXELLE MACARDIER, DIRECTRICE DÉVELOPPEMENT GRANDS PROJETS, HISTOIRE & PATRIMOINE Préparer l’avenir d’un territoire connecté où les Franciliens vont repenser et reconfigurer leurs modes de vie, c’est essentiel. Le défi de nous tous Franciliens, c’est d’être connectés, écologiquement responsables et durables dans nos modes de vie, de transport et d’activité. La ville et l’habi­tat sont les cadres qui permettent à ces enjeux d’être intégrés au quotidien. La mission d’Histoire & Patrimoine, c’est que les opérations de réhabi­litation de l’habitat ancien puissent le permettre. Sur les Grands Projets du territoire, nous dévelop­pons des projets polymorphes qui s’adaptent à mesure des années d’avancement dans le processus. Nos équipes sont très attentives aux transformations autour du projet et à son adaptabilité. Sur ces sujets, nous répondons en premier lieu aux demandes des habitants qui nous sont relayées par les élus. Nous travaillons à plusieurs grou­pes immobiliers pour nourrir la réflexion et co­construi­re ensemble des programmations mixtes et spécifiques à des quartiers. Chacun apporte son expertise et sa complémentarité, cela renforce la pertinence des propositions. Deux projets illustrent cette démarche... L’hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris (14e) dont nous avons été nommés lauréat en 2018 avec Cogedim et la CDC Habitat. Un projet novateur de réemploi, ré-usage et reconnexion au quartier. Le projet de changement d’usage de six Tours Nuages à Nanterre pour lequel le groupe Altarea a été choisi et qui participe, avec les services de la ville de Nanterre – la Semna –, de l’agence de renouvellement urbain du territoire du 92 et des bailleurs Hauts-de-Seine Habitat et Nanterre-­Coop’ Habitat, à la sauvegarde de ce pa­tri­­­moi­ne remarquable et à la renaissance du quartier avec de nouvelles fonctionnalités à court, moyen et long termes. Ces projets de quartier, sur le patrimoine très ancien nous semblent être l’avenir de l’aménagement. La multiplicité des acteurs et de la contribution de chacun nous paraît porteuse de projets péren­nes pour les habitants. T’habites où ? CHRISTELLE TANG, PRÉSIDENTE DE CLÉMENT-BAYARD T’habites où ? Demandai-je à mon jeune stagiai­re, étudiant en province. Il me répondit, hésitant : « Nulle part. » Trois jours qu’il venait au bureau à Paris et trois nuits qu’il dormait, ou plutôt passait la nuit, là où il le pouvait. Faute de moyens, faute de garants, faute d’offres. La pénurie de logements abordables destinés aux étudiants est un frein indiscutable pour ces jeunes dans l’accès aux études, aux premiers stages et aux premiers postes. Pire, elle est constitutive d’inéga­lités entre les étudiants. En effet, la réussite dans les études ne dépend malheureusement pas que d’une motivation personnelle, mais également d’un environnement favorable et serein. Or, sans surprise, le logement est le premier poste de dépense dans le budget de l’étudiant. Pour ceux qui ne peuvent pas bénéficier d’un soutien financier de la part de leur famille, les aides publi­ques permettent de limiter en partie le poids du logement dans leurs dépenses, mais ces dispositifs seuls semblent néanmoins insuffisants. En effet, les aides publiques doivent également s’accompagner d’une mobilisation conjointe des acteurs publics et privés pour élargir l’offre en accélérant les nouvelles constructions de logements sociaux étudiants, en soutenant la réhabilitation de bâtiments d’activités en logements étudiants et en favorisant le développement de nouvelles formes d’habitation type coliving, plus flexibles et abordables. La question du mal-logement, voire du non-logement des étudiants, n’est pas nouvelle, mais il faut la maintenir prioritairement au cœur des discussions politiques, sociales et sociétales. La crise sanitaire a mis en lumière les conditions désastreuses de logement de certains étudiants et a, au moins, eu l’avantage de renouer la conscience collective à l’urgence de la situation. Rele­ver le défi du logement abordable NADIA BOUYER, DIRECTRICE GÉNÉRALE, ACTION LOGEMENT GROUPE Agir en faveur du logement abordable des salariés, c’est évidemment développer une vision large des enjeux de l’habitat. Il est donc abso­lument indispensable de s’appuyer sur l’ensemble de l’espa­ce de vie des Franciliens. En ce sens, le Grand Paris, avec ses 131 villes et ses 7 millions d’habitants, représente, pour Action Logement, un juste mail­lon d’intervention. Pour mener à bien ses missions et rele­ver le défi du logement abordable, le groupe animé par les partenaires sociaux depuis près de 70 ans déve­loppe, en étroite relation avec les élus des territoi­res, des solutions logement innovantes qui répondent à la fois aux enjeux de quantité et de qualité. Action Logement a pour mission de faciliter l’accès au logement pour favoriser l’emploi. Nos filiales immobilières franciliennes ont vocation à gérer et à construire des résidences au plus près de bassins d’emploi, dans les zones desservies par les transports. Elles logent 340 000 ménages en Île-de-France, au sein d’un patrimoine à loyer social ou intermédiaire. Nos activités de services nous permettent de proposer des aides à la mobilité résidentielle et professionnelle aux salariés, en soutenant l’acces­sion à la propriété et en sécurisant les actifs à revenus modestes qui souhaitent louer dans le parc privé, grâce à la garantie Visale. Ce sont ainsi plus de 150 000 aides et services dé­ployés en 2021 et 3,23 Mde d’investissements dans la Région Capitale en 2021, pour le déve­lop­­­pement de 19 000 nouveaux logements abor­da­bles, l’accélération de la trans­formation des bu­reaux en logements, l’intensification des projets de renouvel­lement urbain en faveur de la mixité sociale et 8 600 réhabilitations du patrimoine. Construire une métropole innovante et solidaire GEOFFROY BOULARD, VICE-PRÉSIDENT DE LA MÉTROPOLE DU GRAND PARIS DÉLÉGUÉ À LA COMMUNICATION, À L’INNOVATION ET AU NUMÉRIQUE, MAIRE DU 17E ARRONDISSEMENT DE PARIS La Métropole du Grand Paris regroupe 131 commu­nes dont la Ville de Paris, 7,2 millions d’habitants et produit 25 % du PIB de la France : elle est la métropole la plus peuplée d’Europe et l’une des zones urbaines les plus denses. Les défis auxquels elle est confrontée sont conséquents : rééquilibrage territorial, lutte contre la pollution, planification urbaine, changement climatique. L’innovation et le numérique sont de puissants leviers pour apporter des réponses à l’ensemble de ces défis. C’est pourquoi, la Métropole du Grand Paris engage et accompagne les communes qui expé­rimentent et innovent sur leur territoire en faveur de ces transitions écologiques, numériques et sociales. À travers le programme « Innover dans la ville », la Métropole du Grand Paris a ainsi soutenu plus de 100 projets d’innovation portés par des communes, souvent en partenariat avec des start-up et des entreprises innovantes, locales mais aussi internationales. Cet accompagnement est stratégique, technique et financier, et il est mis en œuvre sur toute la durée des projets. L’innovation nécessite aussi un dialogue constructif et régulier avec les porteurs de solutions. La Métro­pole, en lien avec la French Tech Grand Paris, travaille à rapprocher l’écosystème des entrepreneurs de la French Tech et les communes du territoire métropolitain. Un annuaire de plus de 300 porteurs de solutions innovantes, dans les domaines de la greentech, de la mobilité douce, de la data ou encore de la proptech, est mis à disposition des collectivités sur le site villededemain.org. La Métropole du Grand Paris veille enfin à ce que le numérique demeure un outil d’inclusion au service des territoires. En lien avec l’État, le groupe La Poste et des bailleurs sociaux, elle pilote la plus grande expérimentation en France de déploiement de pass numériques, outils qui visent à apporter des compétences de base aux usagers éloignés du numérique. C’est donc à travers toutes ces actions que nous construisons une métropole innovante et solidaire, capable de lutter contre la fracture numérique. Le magazine

  • LA SAUVEGARDE DU PATRIMOINE AU SERVICE DU GRAND PARIS : ARNAUD BAUDEL

    Interview de Arnaud Baudel, directeur général délégué d’Histoire & Patrimoine À votre échelle, quelles sont, selon vous, les opportunités générées par le Grand Paris ? Un parc existant de logements qui nécessite d’importants travaux de réhabilitation pour lutter notamment contre les nombreuses situations de précarité énergétique, d’habitat dégradé voire indigne et répondre aux besoins d’adaptation des logements. La capacité à faire muter certains bâtiments en créant du logement est un atout du territoire. L’intégration de la sauvegarde du patrimoine va-t-elle de pair avec l’habitat de demain ? Notre activité répond au principe de ville durable et résiliente, ainsi qu’au recyclage urbain. Nous pouvons dire que c’est plutôt l’actualité qui a un rejoint notre secteur. En effet, nous pensons que développement durable et sauvegarde du patrimoine vont de pair. À l’opposé de la société de consommation, nous incarnons une nouvelle société de préservation. Grâce à notre capacité à ressusciter l’existant, nous contribuons à rapprocher les lieux de vie et de travail. Avec près de 30 années d’expertise dans le domaine, les équipes d’Histoire & Patrimoine ont développé un savoir-faire spécifique à ces projets métropolitains. Ceux-ci sont complémen­taires des propositions d’aménagement et de construction neuve classique. Comment s’illustre cette démarche ? Au sein de la métropole du Grand Paris, nous avons travaillé, depuis de nombreuses années, à la résorption de l’habitat insalubre. Ceci en étroite collaboration avec les territoires – notamment du 93, à Saint-Ouen, Saint-Denis, Pantin, Aubervilliers – pour réaliser la réhabilitation de copropriétés dégradées et la reconversion de bâtiments industriels. Nous avons même installé des bureaux de gestion syndicale au plus proche de ces ensembles que nous gérons après livraison. 4 projets exemples pour parler qualité de vie : La reconversion de l‘ancienne usine de Verni-cire à Saint-Maur-des-Fossés. C’est un très beau projet contemporain rempli de terrasses et dont l’usage sera vraiment renforcé par la distribution du bâtiment. C’est un projet partenarial avec la Caisse des Dépôts. Ensemble, nous croyons que le territoire du Grand Paris porte une vision exemplaire et est un laboratoire de ce que doit être le logement de demain. Le patrimoine industriel se prête particulièrement bien à cette démarche contemporaine. À Pantin, la réhabilitation de l’ancienne usine de sciure en 2017 - donnant sur la Cité fertile et le futur écoquartier - ainsi que la réhabilitation de l’ancienne usine Marshall avec des ateliers type loft, livrés en 2017. Ces 2 projets ont contribué à ramener du logement dans des quartiers en pleine mutation. Un autre projet de réhabilitation à Limeil-Brévannes, rattachée au regroupement de communes Grand Paris Sud Est Avenir. Établissement hospitalier construit en 1907, le Pavillon Villemin était vide et sa réhabilitation prévoit des appartements multi­expositions avec de nombreux espaces extérieurs. C’est assez rare pour être souligné. Livraison en 2024.

  • AVANT LE GRAND PARIS, LE GROSS PARIS DE 1940

    LES ALLEMANDS SONT-ILS LES INVENTEURS DU GRAND PARIS ? EN 1940, ILS METTENT EN PLACE UNE ADMINISTRATION MILITAIRE INÉDITE POUR ORGANISER L’OCCUPATION DE LA RÉGION CAPITALE. PAR PHILIPPE-ENRICO ATTAL Soyons cyniques ! La région parisienne connaît à partir de juin 1940 une administration nouvelle d’une organisation jusque- là sans pareil : le Gross Paris. La Ville lumière est tombée toute cuite dans le bec des Allemands. Paris déclarée (fort heureusement) ville ouverte, est livrée sans combats. Si l’on peut encore aujourd’hui visiter la tour Eiffel, le Louvre ou se recueillir au Sacré Cœur, c’est sans aucun doute à cette sage décision qu’on le doit. Pour les vainqueurs, désormais, il n’y a plus qu’à se servir. En ce jour de juin 1940, la plupart des Parisiens ont fui devant l’arrivée de l’ennemi et c’est une ville quasi déserte qui est investie par les soldats. La population reste calme, quasiment sans réaction. Les hommes dans leurs uniformes impeccables n’ont rien à voir avec les hordes de barbares déguenillés et affamés que les Parisiens s’attendaient à voir déferler. Pour la troupe, la consigne est stricte : faire bonne figure devant les Français. Ils ont l’air gentils, ils sont polis... Finalement, il doit y avoir moyen de faire avec. Pragmatiques, bon nombre de Parisiens espèrent encore que leur présence ne sera pas si terrible. Rapidement, l’occupant s’installe et met en place son administration. Il investit les beaux quartiers, choisit les lieux les plus prestigieux. C’est peu dire que Paris a « tapé dans l’œil » de bon nombre d’Allemands. La ville est plus belle encore que ce qu’ils imaginaient. Alors, autant en profiter pleinement. Le kommandant von Gross Paris s’installe rue de Rivoli à l’hôtel Meurice, la Platz Kommandantur place de l’Opéra, le Militär­befehlshaber in Frankreich à l’hôtel Majestic. Les palaces et les lieux de pouvoir les plus luxueux sont investis. La vie à Paris s’annonce bien agréable. Pour la troupe, l’émerveillement est de taille. Le taux de change appliqué est artificiellement favorable à la monnaie allemande qui a cours légal. Pour ne rien arranger, la France paie les « frais d’occupation », versant chaque jour à l’Allemagne la somme astronomique de 400 mil­lions de francs. Autant dire que ces « touristes » ont les poches pleines de billets. À Paris, ils découvrent des magasins qui regorgent encore de marchandises. Alors, ils sont pris d’une frénésie d’achats et envoient à leurs familles tout ce qui n’est plus disponible dans leur pays. C’est bon marché et cela vient de Paris, le rêve ! Ces touristes en uniforme visitent la ville, ils sont partout. On leur organise des tours à travers la Capitale. Ils se prennent en photo devant les monuments. Que de beaux souvenirs ! Des lois discriminatoires Pour les Parisiens, c’est nettement moins drôle. Depuis octobre 1940, la France des valeurs, la France éternelle, celle de la Liberté, des citoyens tous égaux, où tous les hommes sont des frères, cette France-là a été assassinée par des lois qui décident de faire une distinction entre les origines, ceux qui sont juifs et ceux qui ne le sont pas. D’un point de vue juridique, plus encore qu’au moment du vote des pleins pouvoirs à Pétain, c’est sans doute ce jour-là qu’une certaine France a disparu. Les magasins vidés, les Parisiens connaissent bientôt le temps des rationnements et de la faim. Pour ne rien arranger, les hivers sont rudes et le froid, partout présent, rendra les conditions de vie beaucoup plus difficiles. Du côté des transports, ce n’est pas encore le Grand Paris Express, mais on s’en approche. Une loi de Vichy de 1942 impose arbitrairement la fusion des réseaux métro et autobus sous l’égide de la CMP, Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris. Ses dirigeants d’ailleurs font du zèle avec l’occupant. Ils collaborent au-delà des espérances, traquant impitoyablement les agents résistants ou juifs. Une attitude qui vaudra à la CMP d’être déchue de sa concession à la Libération. Si elle défile à l’occasion sur les Champs-Élysées, l’armée allemande tente de gagner les bonnes grâces de la population. Elle organise ainsi régulièrement des concerts dans les parcs et jardins. Mais, déjà, l’homme de la rue prend un malin plaisir à égarer les soldats qui demandent leur chemin. Bientôt, la ville se couvre de panneaux directionnels en allemand indiquant les centres névralgiques du Gross Paris. Deux Paris vont cohabiter D’autres s’accommodent d’une présence alle­man­de appelée à durer. Dans la publication Der Deutsche Wegleiter, quasiment L’Officiel des Spectacles pour l’occupant, de nombreuses entreprises achètent des encarts publicitaires vantant leurs produits ou leur établissement. À leur décharge, il faut rappeler qu’il n’y a quasiment plus d’activité économique et que seule l’Allemagne a les moyens financiers de faire tourner certaines affaires. Gardons-nous de juger avec le regard de 2022 les événements des années 40. Citons tout de même Fabienne Jamet qui est très inquiète de l’arrivée des Allemands à Paris. Avec celui qui deviendra son mari, Marcel, elle dirige un célèbre établissement, fier d’une tradition de luxe et de savoir vivre à la française. Et ce qu’elle voit la révolte. Comment ? De simples hommes de troupe ont remplacé sa clientèle de renom ? La tenancière du One-Two-Two, la maison close la plus réputée de Paris, ne peut pas l’accepter. Elle file à la Kommandantur, place de l’Opéra, où elle est reçue par un colonel heureusement très compréhensif. Il décide que seuls les officiers y seront admis. À titre exceptionnel d’ailleurs (les Allemands n’étant pas assez nombreux pour faire tourner l’établissement), les Français seront également autorisés à fréquenter les lieux. Le champagne peut continuer à couler à flot, standing oblige. Malgré son patriotisme, Fabienne n’est pas insensible au charme des Allemands, même les « SS tellement beaux dans leurs uniformes noirs », écrit-elle dans ses mémoires en 1975. Le couple Jamet, tenancier d’un « pouf » (un claque en français), est bientôt surnommé « papa pouf et maman pouf » par sa clientèle d’habitués ! Il y a donc deux Paris, celui qui s’amuse, où la vie est facile et où tout est possible, et l’autre qui fait la queue devant des magasins vides, qui a froid, qui pédale quand il ne prend pas le métro et qui découvre à leur étoile que ses voisins du 3e sont juifs. En août 1944, ces deux villes vont s’affronter, bientôt rejointes par les troupes du général Leclerc qui arrivent en renfort. Parmi les hommes de la 2e DB, il y a un gamin de 19 ans qui ne comprend absolument rien aux enjeux historiques du moment. Il découvre Paris par la porte d’Orléans et participe aux combats pour la libération de la ville. Lors de son engagement, il a pris un pseudonyme et Lucien a transformé son second prénom, Pierre, en nom de famille. Lucien Pierre n’est pas un héros, il n’a rien fait pour le devenir. C’est un anonyme parmi les anonymes. Mon père. « IL Y A DONC DEUX PARIS, CELUI QUI S’AMUSE, OÙ LA VIE EST FACILE ET OÙ TOUT EST POSSIBLE, ET L’AUTRE QUI FAIT LA QUEUE DEVANT DES MAGASINS VIDES. » PHILIPPE ENRICO-ATTAL est journaliste pour les publications de La Vie du Rail et l’éditeur d’Histoire Soteca. Il a publié La Construction du métro de Paris (1850-1940) en 2017, Les Transports en commun à Paris en 2019. Son dernier ouvrage en 2022, Paris Inédit, une capitale déserte, est édité chez Soteca. © EDF

  • LA CARTE DES COUPS DE CŒUR DES MARCHEURS GRANDS-PARISIENS

    PREMIÈRE CARTE DU GRAND PARIS RÉALISÉE PAR DES HABITANTS AU TERME DE DEUX ÉTÉS DE RANDONNÉES LE LONG DU TRACÉ DU GRAND PARIS EXPRESS, LA « CARTE DES COUPS DE CŒUR DES PIÉTONS DU GRAND PARIS » A ÉTÉ PRÉSENTÉE DANS LE CADRE DU PAVILLON DE LA SOCIÉTÉ DU GRAND PARIS À LA 2E BIENNALE D’ARCHITECTURE ET DE PAYSAGE (BAP !) DE LA RÉGION ÎLE-DE-FRANCE. ELLE RACONTE UNE MÉTROPOLE INATTENDUE, À TRAVERS LA RICHESSE DE SES ESPACES NATURELS ET SON PATRIMOINE CULTUREL. PAR VIANNEY DELOURME, ENLARGE YOUR PARIS Depuis 2017, Enlarge Your Paris et la Société du Grand Paris ont emmené plusieurs milliers de Grands Parisiens randonner entre les futures gares des lignes 14, 15, 16, 17 et 18 du Grand Paris Express. Objectifs de ces explorations piétonnes collectives, qui dureront le temps du méga-chantier : se rendre compte de la révolution à venir que constituent ces lignes de métro de banlieue à banlieue et partager les richesses patrimoniales ainsi que les paysages d’un Grand Paris à l’identité émergente. Depuis 2020, ces balades régulières, jusqu’alors proposées au fil du calendrier, sont devenues le Tour piéton du Grand Paris, une randonnée événementielle de deux semaines, chaque mois août. Les marcheurs, équipés de cartes produites par l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), y sont invités à partager leurs observations et à faire des propositions, en annotant les cartes, en y collant des gommettes : jaunes pour la culture, vertes pour les plus beaux espaces naturels, rouges pour dénoncer les pires endroits pour les piétons et bleues pour les coups de cœur. En août 2020 et 2021, les 1 500 marcheurs des deux premiers Tours piéton ont ainsi produit près de 800 cartes ornées de milliers de gommettes multicolores et agrémentées de commentaires d’une richesse et d’une précision incroyables, constituant une pile de cartes de 30 centimètres d’épaisseur ! Certains randonneurs ont aussi envoyé des dessins, des reportages photos… Ces piétons du Grand Paris, venus de tous les départements d’Île-de-France et parfois de beaucoup plus loin (Belgique, Allemagne, Suisse, Italie, Chine, États-Unis…), témoignaient ainsi de leur étonnement et de leur plaisir à (re)découvrir leur territoire. Et inventaient, pas à pas, un regard nouveau sur le Grand Paris. Cette carte est une première interprétation de ce travail collectif. Les guides et journalistes d’Enlarge your Paris ont entrepris, avec l’aide de l’Apur et de la cartographe Anne Bailly, de synthétiser les « gommettes bleues », les coups de cœur des éditions 2020 et 2021 du Tour Piéton du Grand Paris. Ce faisant, a été esquissée une ébauche de trame piétonne à l’échelle du Grand Paris, d’un Grand Paris de la culture et des espaces naturels. Un travail à suivre et à poursuivre au gré de ces futures marches. La carte est téléchargeable sur le site de l’Apur : https://www.apur.org/fr/geo-data/coups-coeur-pietons-grand-paris

  • LES ENJEUX DU GRAND PARIS DÉPASSENT LARGEMENT LES FRONTIÈRES DE LA MÉTROPOLE

    JEAN-FRANÇOIS VIGIER, SECRÉTAIRE NATIONAL DE L’UDI, DRESSE UN ÉTAT DES LIEUX PRÉOCCUPANT DE LA RECHERCHE EN FRANCE ET PRÉCONISE UNE VÉRITABLE POLITIQUE DE SOUTIEN À L’INNOVATION. LE MAIRE DE BURES-SUR-YVETTE REVIENT ÉGALEMENT SUR LE CHOIX STRATÉGIQUE DE LA MULTIPOLARISATION DE L’ÎLE-DE-FRANCE ET SUR LES ENJEUX INSTITUTIONNELS DU GRAND PARIS, AUTANT D’ÉLÉMENTS SUSCEPTIBLES SELON LUI DE REDESSINER LE PÉRIMÈTRE DE LA MÉTROPOLE. L’état de la recherche en France vous inspire une forte inquiétude. Pourriez-vous en préciser les raisons ? Beaucoup de ce qui a fait la fierté de la recherche française est aujourd’hui en perte de vitesse. Quand je fais le bilan des conversations et échanges que j’ai avec les acteurs de la recherche pour ce rapport qui fait suite à celui de 2016, le décrochage de notre pays se confirme. Pire : la France est déclassée à l’échelle internationale. Les causes sont multiples : manque de crédits, organisation illisible, absence de stratégie, lourdeur administrative, éparpillement des moyens, personnels sous-payés… En additionnant tout cela, on se rend compte que ces faiblesses sont devenues des failles au fil des années. Ces failles conduisent à une situation très alarmiste que j’ai essayé de transcrire dans ce rapport. Certaines des propositions que vous aviez formulées en 2016 afin d’inverser cette tendance ont pourtant été reprises lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Tout à fait. Le ministère en charge de l’ensei­gne­ment supérieur, de la recherche et de l’innovation (Mesri) a été créé en 2017. Mais il n’est que l’embryon de ce qu’il devrait être. Aujourd’hui, 80 % du ministère sont consacrés à l’enseignement supérieur et 20 % à la recherche. L’innovation devrait être au cœur du Mesri et pourtant elle est restée à Bercy ! Nous préconisions dès 2016 de rajouter 500 millions d’euros par an pour tenter de stopper l’érosion financière de la recherche. Malheureusement, cela n’a été fait qu’à partir de 2021 avec la loi de programmation sur l’enseignement supérieur et la recherche, sans rattraper le retard qui s’accumule depuis 2015. À la fin de votre dernier rapport, vous proposez cinq actions-clés pour sauver la recherche. Quelles sont-elles ? D’abord, il convient de renforcer le rôle stratégique du Mesri et la place de l’innovation. Une loi de programmation spécifique pour l’enseignement supérieur s’avère également nécessaire, car cet enseignement est en souffrance. On compte de plus en plus d’étudiants, de moins en moins d’enseignants et de moyens. Disons-le franchement : l’état des facultés est extrêmement préoccupant pour bon nombre d’entre elles. Je pense aussi que l’ambition de la loi de programmation de la recherche doit être rehaussée. Je ne citerai qu’un exemple : en dix ans, le CNRS a perdu 13 % de ses effectifs dans la fonction recherche et 15 % dans les fonctions support. Tout cela représente 3 000 emplois en moins. Cette érosion doit être endiguée. Il faut par ailleurs une véritable politique de soutien à l’innovation. Tous les pays leaders en matière de recherche ont une politique très structurée. Dans l’OCDE, la dépense intérieure de recherche et développement des entreprises est en moyenne de 5 % entre 2016 et 2019. En France, elle représente moins de 2 %. Le gap est important ! Enfin, reconnecter la politique de recherche à la décision politique me parait indispensable. De même, les Français doivent se réconcilier avec la science, mise à distance pendant toute la période Covid. À longueur d’émis­sions de télévision, nous avons assisté à une vulgarisation qui a dévalué l’image de la recherche dans l’esprit des gens. Rompre avec l’uniformisation territoriale, comme le prône l’UDI, contribuerait-il à cette redynamisation ? Ce vœu a été formulé par l’UDI et adopté par la Région. Il s’agit de solliciter l’État afin que les élus locaux exploitent les compétences qui leur paraissent devoir être utilisées sur un territoire donné. On ne peut plus administrer la France partout de la même façon. Cette idée même de l’uniformisation a pu prévaloir pendant des années, mais le monde étant ce qu’il est, cette gestion apparaît obsolète. De la même façon que les régions délèguent aux communautés d’agglomération les fonctions développement économique et transport, on pourrait tout à fait imaginer que les collectivités aient un rôle à jouer en matière de recherche, dès lors qu’il y a un enjeu territorial. Sur le territoire de Paris-Saclay, l’interconnexion entre recherche, innovation et développement économique est telle que les collectivités ne peuvent se déconnecter des enjeux liés à ces thèmes. À l’échelle du Grand Paris, comment se dessine l’avenir de la recherche et de l’innovation ? À quelles conditions les acteurs pourront-ils exprimer tout leur potentiel ? D’abord, un transport de grande capacité pour relier les secteurs multipolaires franciliens. Le Grand Paris Express doit favoriser la multipolarisation en Île-de-France, notamment autour des gares. Prenons le secteur stratégique du plateau de Saclay. Un ensemble de facteurs doivent coexister pour la réussite du projet : les transports, l’enseignement, la recherche et le développement économique. L’organisation institutionnelle est également tout à fait importante. La métropole ne peut se réduire à Paris et à sa petite couronne. Les enjeux concernent toute l’Île-de-France. Ce choix stratégique de la multipolarisation dépasse largement le territoire artificiel de la métropole. Il faut régler cette question, au risque de déclasser les territoires les plus éloignés du centre. Soyons objectifs : les trois compétences intrinsèques des villes-mondes comme Paris, Londres, Berlin ou New York sont le développement économique, les transports et le tourisme. Toutes relèvent aujourd’hui du Conseil régional. C’est un simple constat, la Région dispose des outils pour incarner la métropole francilienne. u « DANS L’OCDE, LA DÉPENSE INTÉRIEURE DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT DES ENTREPRISES EST EN MOYENNE DE 5 % ENTRE 2016 ET 2019. EN FRANCE, ELLE REPRÉSENTE MOINS DE 2 %. »

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