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LA GRANDE COURONNE SAIT FAIRE VALOIR SES ATOUTS FACE AU GRAND PARIS


NI FRUSTRÉS, NI DÉPENDANTS DE LA PUISSANTE ET ATTRACTIVE AGGLOMÉRATION PARISIENNE, LES TERRITOIRES FRANCILIENS PÉRIPHÉRIQUES METTENT EN AVANT LEUR QUALITÉ DE VIE ET LEUR CAPACITÉ À CRÉER DES SYNERGIES ENTRE EUX.

PAR FABIENNE PROUX


Certes, la grande couronne a été péna­­lisée par la métropolisation de l’emploi à valeur ajoutée qui avait tendance à se concentrer sur Paris et la zone dense, et la périurbanisation de l’habitat. Une situation qui a occasionné d’importantes inégalités territoriales en Île-de-France. Dès lors, comment ces territoires, proches du Grand Paris sans y appartenir, se positionnent-ils dans la dynamique grand- parisienne ? « Nous ne sommes pas frustrés de ne pas être impliqués dans cette dynamique et avons pris l’habitude, en grande couronne, de nous débrouiller sans être à la remorque de la Capitale ou de la petite couronne », assure Pascal Doll, président de la commu­nauté d’agglomération Roissy Pays de France, « ce qui ne signifie pas que nous ne sommes pas prêts à réfléchir à des sujets communs. »



« Certains territoires revendiquent même le terme Grand Paris pour renforcer leur attractivité »

Michel Bisson, président de la communauté d’agglomération Grand Paris Sud.



Dans l’ouest francilien non plus, on ne vit pas de « rivalité avec Paris », renchérit Jean-Michel Fourgous. « Paris a certainement une image très forte, mais les échanges sont très réguliers et actifs », fait valoir le président de la communauté d’agglomération Saint-Quentin-en- Yvelines (SQY). Certains territoires revendiquent même le terme Grand Paris pour « renforcer leur attractivité », recon­naît Michel Bisson, président de la communauté d’agglomération Grand Paris Sud. « Grand Paris, c’est Paris en grand et Sud, ça fait rêver », ironise-t-il. Bien que pénalisée notamment par une offre de transports pas toujours à la hauteur des attentes, la grande couronne met en avant son principal atout : sa qualité de vie confortée par une végétalisation généreuse encore davantage mise en valeur pendant et depuis la pandémie. « Nous réconcilions ville et nature, et contribuons au rééquilibrage des inégalités territoriales », résume Jean-Michel Fourgous. En effet, le mouvement entre zones denses et moins denses s’inverse sous l’effet de la Covid qui « a mis en exergue un besoin de qualité de vie avec un emploi plus proche de son domicile et un habitat plus confortable », confirme Michel Bisson. Le président de Grand Paris Sud cite ainsi « une pression énorme sur les pavillons » qui se vendent en quelques heures et l’arrivée d’entreprises industrielles. Mais pas question pour autant de s’emballer, « je reste prudent face à ce très fort enthousiasme », prévient Jean- Michel Fourgous. Ni de se faire concurrence. Celle-ci s’opère au niveau européen, voire mondial, mais certainement pas à l’échelle de l’Île-de-France. « Il nous faut jouer la même partition, convient le président de SQY. Toutes les composantes à l’intérieur de la région doivent travailler ensemble dans un esprit de co-construction. »


« Nous avons pris l’habitude de nous débrouiller sans être à la remorque de la Capitale ou de la petite couronne »

Pascal Doll, président de la commu­nauté d’agglomération Roissy Pays de France.



Des synergies plus ou moins naturelles

Un discours plus facile à tenir dans un environnement plutôt privilégié comme celui de l’OIN (opération d’intérêt national) Paris-Saclay que celui de Roissy Pays de France, très aéro-dépendant, « avec les avantages et les inconvénients que cela peut représenter et d’autant plus avec la pandémie, souligne Pascal Doll, mais cela forge aussi notre personnalité. Nous avons pris l’habitude de vivre un peu notre vie et avons pris un certain nombre de dispositions qui nous permettent de fonctionner ». Le président de Roissy Pays de France évoque notamment les documents d’urba­nisme, dont le SCoT (Schéma de cohé­ren­ce territoriale) adopté sans consulter ni la ville de Paris ni la métropole du Grand Paris. Cependant, Pascal Doll reconnaît que les choses évoluent et que son territoire noue des liens de plus en plus étroits avec l’EPT 7 (Établissement public territorial Paris Terres d’Envol) « parce qu’ils ont les mêmes problématiques autour de l’aéroport », argue-t-il. Ainsi, si les synergies entre agglomérations, département et région sont « naturelles » chez SQY, elles se créent au gré des besoins sur les territoires de Grand Paris Sud et Roissy Pays de France qui anime notamment le Club des Acteurs du Grand Roissy (CAGR). « Nous avons nécessairement des alliances autour de projets communs avec nos voisins urbains, qu’il s’agisse d’autres agglomérations de grande couronne ou des EPT », assure Michel Bisson.


« Paris a certainement une image très forte, mais les échanges sont très réguliers et actifs...»

Jean-Michel Fourgous, président de la communauté d’agglomération Saint-Quentin-en-Yvelines (SQY).


QUELLE BONNE ÉCHELLE POUR LE GRAND PARIS ?

Alors que le péri­mètre de la MGP fait toujours débat, la question étant de savoir si elle doit se limiter à Paris et la petite couronne ou bien être élargie à l’ensemble de la région, tant Michel Bisson, président de Grand Paris Sud, que Jean-Michel Fourgous, président de Saint-Quentin-en-Yvelines, et Pascal Doll, prési­dent de Roissy Pays de France, sont partisans de cette 2e option. Tout d’abord pour une question de lisibilité et de sim­pli­fication du mille­feuille admi­nistratif, mais aussi d’attractivité inter­nationale. Selon Michel Bisson, « la concentration des décisions per­mettrait, de plus, de traiter et résorber les inégalités terri­toriales de manière plus effective ».



QUELQUES CHIFFRES...


GRAND PARIS SUD (Essonne et Seine-et-Marne)

23 communes.

352 000 habitants.


ROISSY PAYS DE France (Val-d’Oise et Seine-et-Marne)

42 communes.

357 000 habitants.


SAINT- QUENTIN-EN-YVELINES

12 communes.

230 000 habitants.


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