306 résultats trouvés avec une recherche vide
- « Le Grand Paris a une vocation de “laboratoire” pour l’ensemble des régions françaises »
Sébastien de Vanssay, directeur des clientèles institutionnelles et des professionnels de l’immobilier, Caisse d’Epargne Ile-de-France Le Grand Paris offre à la France un formidable rayonnement à l’international et renforce encore l’attractivité de notre pays auprès de talents du monde entier (étudiants, startups, comme grands groupes ou acteurs de la finance). Aussi, fort de sa densité de population, d’entreprises, et fort de sa diversité, le Grand Paris a une vocation de « laboratoire » pour l’ensemble des régions françaises. Les enseignements à tirer de la multiplication des initiatives dans notre région, dans les domaines de l’aménagement, de l’immobilier, des transports, de la santé, de la formation, se diffusent dans tout l’Hexagone. Et ceci d’autant plus que les entreprises franciliennes déploient souvent leurs activités dans toute la France. Les entreprises franciliennes ont souvent une dimension nationale Dans cette perspective, la Caisse d’Epargne Ile-de-France, dont la plupart des clients sont des entreprises qui ont une dimension nationale et qui rayonnent dans les régions, s’est attachée à disposer d’expertises pointues pour les accompagner sur des projets franciliens, mais aussi dans les autres territoires métropolitains et dans les DOM-TOM. Dans l’univers des énergies renouvelables, nos équipes dédiées contribuent à la réalisation de projets d’infrastructures (réseaux de chaleur, fermes photovoltaïques, unités de valorisation de déchets, usines de biomasse, etc.). Nous déployons aussi une expertise spécifique de financement des projets de rénovation énergétique des copropriétés, un enjeu particulièrement prégnant en île-de-France, compte tenu de la densité des logements, mais aussi majeur dans l’ensemble des régions. Le Grand Paris est donc par nature un projet d’intérêt national, qui doit profiter à l’ensemble des citoyens. Pour notre part, nous cherchons, dans toutes nos démarches, à être utiles à nos clients et au développement durable de notre territoire. Dans un contexte de transitions sociale, numérique et environnementale, nous sommes convaincus qu’une métropole attractive est aussi une métropole qui sait mettre au premier plan la dimension du « bien vivre » et du « vivre ensemble ».
- LE SEDIF : LA MEMOIRE DE L’EAU FRANCILIENNE
L’histoire du syndicat des eaux d’Île-de-France, créé en 1923, se conjugue avec celle de la banlieue parisienne où « aller à l’eau » était encore, au début du XXe siècle, une corvée pour bien des habitants. Cent ans plus tard, le service public de l’eau continue à faire son chemin. Par Catherine Bernard « Quel chemin parcouru depuis 1923, quand “aller à l’eau” représentait une corvée quotidienne harassante pour une partie des habitants de la banlieue », s’exclame André Santini, président du syndicat des eaux d’Île-de-France. Difficile d’imaginer en effet, cent ans après la création du Sedif, que les cuisines et les salles de bain disposant d’eau courante n’étaient encore, en 1923, qu’un rêve pour une bonne partie des résidents de la zone dense francilienne. À l’époque, l’urgence était plutôt de disposer d’une eau tout simplement potable. Pour ce faire, des concessions avaient été accordées au XIXe siècle à des sociétés privées pour purifier l’eau et la délivrer aux habitants. Mais la qualité était parfois inégale entre les zones et les tarifs variables. Après quelques tentatives de régulation avant la Première Guerre mondiale, le Sedif – né Syndicat des communes de la banlieue de Paris pour les eaux – est donc créé en 1923 pour veiller à ce que l’eau fournie par la Compagnie générale des eaux soit distribuée « en quantité et qualité voulues », mais aussi pour examiner les comptes de son délégataire. Dès sa création, plus de 130 communes de la banlieue parisienne en sont membres, représentant environ 1,5 million d’habitants. Outil politique innovant, ce syndicat est l’émanation des communes (et aujourd’hui des intercommunalités) qui s’unissent pour mieux partager l’effort nécessaire à la potabilisation et à la distribution de l’eau aux habitants. Un outil industriel de grande ampleur Alors que la population ne cesse d’augmenter et, qu’après la Seconde Guerre mondiale, le besoin de confort s’accroît, le syndicat pilote la modernisation des usines d’eau qui deviennent de véritables objets industriels. Aujourd’hui, les 4 millions d’usagers desservis par le Sedif sont approvisionnés par 3 usines principales, situées chacune sur une rivière : l’usine de Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne, est approvisionnée par la Seine (capacité de 600 000 m3/j) ; celle de Neuilly-sur-Marne, en Seine-Saint-Denis, reçoit les eaux de la Marne (capacité de 600 000 m³/j) ; celle de Méry-sur-Oise, dans le Val-d’Oise, borde l’Oise (capacité de 340 000 m³/j). Ces sites sont des installations de grande taille : l’espace est en effet nécessaire pour que l’eau soit décantée, clarifiée et passe par plusieurs étapes de filtration, chacune ciblant certains types d’éléments pathogènes. Enfin, l’eau est chlorée avant d’être envoyée dans une unité élévatoire, puis injectée sur le réseau. En tout, le parcours de l’eau, de son prélèvement à sa sortie de l’usine, prend une dizaine d’heures. Pour la distribuer, le Sedif a construit 8 000 km de canalisations de différents diamètres. Il est également propriétaire de 45 stations de pompage pour acheminer l’eau vers les reliefs plus élevés, comme le plateau de Saclay, dans l’Essonne ; 75 réservoirs, qui prennent souvent la forme de châteaux d’eau, permettent des stockages temporaires d’eau, pour mieux répondre aux besoins, très variables selon les heures de la journée. Deux stations d’échange sont équipées pour transférer, si nécessaire, de l’eau entre les usines du syndicat. Enfin, 69 interconnexions existent entre le réseau du Sedif et ceux des autres opérateurs d’eau franciliens, afin de permettre un secours mutuel en cas d’indisponibilité temporaire de leurs installations. Pour piloter ce réseau, le syndicat a mis sur pied le ServO, basé à Nanterre (Hauts-de-Seine). Il suit, par exemple, les informations données par les 1 700 capteurs Rés’écho qui font remonter des suspections de fuite. Grâce à ces outils, le rendement dépasse les 90 %. L’accessibilité, un défi toujours renouvelé Pourtant, si, en 100 ans, la situation a bien changé, le syndicat des eaux d’Île-de-France n’en est pas moins confronté à de nouveaux défis. Celui de l’accessibilité tout d’abord. Certes, l’eau du robinet est désormais disponible dans chaque foyer, ou presque. Elle n’en reste pas moins un service inaccessible à certaines bourses. C’est pourquoi le Sedif a lancé, en 2011, le programme « Eau solidaire ». Doté de 1 % des recettes provenant des ventes d’eau, soit environ 2,5 millions d’euros par an, il comporte trois volets. Le premier consiste à aider les personnes en difficulté ou en situation d’urgence à payer leur facture d’eau ou, lorsqu’elles habitent en immeuble collectif, l’équivalent « eau » du loyer. Près de 60 000 foyers ont ainsi déjà été aidés. Le deuxième volet concerne la prévention : il s’agit de sensibiliser les publics – et notamment les plus fragiles – aux écogestes permettant de réduire les volumes d’eau consommés. Ceci passe par un travail mené avec une trentaine d’associations. Enfin, le troisième volet vise à accompagner les résidences et copropriétés dans la recherche de fuites d’eau, souvent invisibles, mais, in fine, très coûteuses, et à les réparer. Depuis 2015, environ un millier de copropriétés ont ainsi été l’objet d’une surveillance des volumes consommés. Mais, cent ans après la création du Sedif, le principaldéfi du syndicat reste la qualité de l’eau distribuée. Car si l’outil industriel est dimensionné pour répondre, largement, à toutes les normes en vigueur, celles-ci se trouvent parfois dépassées par la réalité. Ainsi, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a publié, en avril 2023, les résultats d’analyses sur plus de 150 pesticides et métabolites de pesticides. 800 millions d’euros pour la qualité de l’eau Or ces résultats font apparaître, y compris en Île-de-France, la présence très fréquente dans l’eau potable du métabolite du chlorothalonil R471811, dérivé d’un pesticide interdit depuis 2019. « Les mesures indiquent que les filières actuelles de traitement des trois usines principales de production de Choisy-le-Roi, Neuilly-sur-Marne et Méry-sur-Oise, pourtant complètes, ne peuvent retenir certains pesticides que les progrès de l’exploration scientifique mettent au jour », explique André Santini. « C’est pourquoi le Sedif a étudié, depuis 2015, la possibilité de mettre en œuvre à 100 % la technologie de filière membranaire haute performance sans reminéralisation, afin de retenir toujours plus de micropolluants, résidus médicamenteux et autres perturbateurs endocriniens. » Dans les filières dites « traditionnelles », l’eau passe par plusieurs étapes de filtration : sable, ozonation, charbon actif, ultraviolets, chacune ciblant certainstypes d’éléments pathogènes. Dans les filières membranaires, l’eau est injectée dans des membranes dont les trous sont si petits qu’ils ne laissent passer que le liquide. Les membranes capturent les polluants contenus dans l’eau. Pour l’heure, seule l’usine de Méry-sur-Oise est équipée d’un système de nanofiltration, qui cohabite avec la filière conventionnelle. Mais le Sedif entend généraliser cette famille de technologies et, notamment, l’osmose inverse basse pression, qui fait actuellement l’objet d’un débat public. La qualité de l’eau a un prix : des investissements de l’ordre de 800 millions d’euros seront consentis d’ici à 2032. Parallèlement, le Sedif agit à la source pour aider les agriculteurs à changer de pratiques et à utiliser moins d’intrants chimiques. Tel est l’objet du programme « Terre & Eau 2025 », qui vise à protéger la nappe de Champigny, en Seine-et-Marne.
- « Réinventer le Grand Paris » : Jacques Paquier
Jacques Paquier, directeur de la rédaction du Journal du Grand Paris Il y a décidément quelque chose qui cloche en France, comme les émeutes du début de l’été l’ont de nouveau démontré. Ceux qui ont voyagé cet été ont pu voir, selon leur destination – ce n’est pas vrai partout –, des sociétés plus harmonieuses, plus calmes que la nôtre. Et pas seulement parce que les parents y tiennent mieux leurs enfants… C’est une indéniable réalité, le pays a perdu en partie son art du vivre ensemble. Et bien malin celui qui saurait comment y remédier. Quelques idées, toutefois. Notamment celle qui veut que le Grand Paris pourrait contribuer à corriger cette situation, pour l’Île-de-France et au-delà. Sous différentes formes. Si le pays s’est rapproché au cours des dernières années du plein emploi, les promesses de développement économique du projet du Grand Paris sont de nature à donner de nouvelles perspectivesde carrière, faisant mentir ceux qui semblent penser que la société n’a rien à leur offrir. La création de quartiers aimables, végétalisés, dûment desservis par un réseau de transport décuplé, devrait également contribuer à pacifier la région, tant il est vrai que Roland Castro avait raison quand il constatait que les quartiers à l’architecture soignée étaient le plus souvent épargnés par les vandales. Le rééquilibrage spatio-économique, un des objectifs premiers fixés à la construction métropolitaine par la loi relative au Grand Paris de 2010, contribuera, lui aussi, en luttant contre les ghettos, des deux côtés de l’échelle sociale, à la construction d’une Île-de-France moins ségréguée et donc moins violente. Pour ces différentes raisons, la construction du Grand Paris est bel est bien un projet d’intérêt général. Il faut l’accélérer. En garantissant aux pouvoirs publics l’autorité suffisante pour que la multiplicité des lois en vigueur, censées porter ces objectifs, soit suivie d’effets. Cela ne passerait-il pas par une meilleure application du beau principe de subsidiarité, qui veut que l’on décide tout au niveau local, sauf ce qui gagne à être orchestré au niveau supérieur ? Une logique de simplification et de gestion de proximité qui n’exclut pas l’État, bien au contraire. Qui peut, à part lui, garantir la primauté de l’intérêt collectif sur les intérêts particuliers ?
- GRAND PARIS : LES ELUS LOCAUX ASPIRENT A DAVANTAGE DE COHERENCE ET D’OPERATIONNEL
Entre l’idée initiale du Grand Paris et sa mise en œuvre territoriale, outre la concrétisation du nouveau métro, les maires franciliens peinent à s’insérer dans une organisation faite de nombreuses injonctions, parfois sans cohérence les unes avec les autres. Ils aspirent à un modèle moins prescriptif et en phase avec les réalités de leur territoire. Par Fabienne Proux avec Catherine Bernard, Emmanuelle Chaudieu et Elena Jeudy-Ballini. L’idée de départ du Grand Paris était de donner une vision d’avenir », rappelle Geoffroy Boulard, maire (LR) du 17e arrondissement, « et de créer un dépassement de la ville cœur pour qu’elle travaille avec ses partenaires de première couronne. » Alors que le nouveau métro est la traduction concrète du Grand Paris, la construction institutionnelle a-t-elle contribué à donner cette vision ? Pas vraiment, si on en juge par le regard de ceux qui vivent au quotidien ce Grand Paris. Créée en 2016, la Métropole du Grand Paris (MGP) est « issue d’une loi critiquée et critiquable, car elle ne permet pas à l’intercommunalité d’être identifiée par les habitants dans la mesure où elle a peu de compétences propres »,poursuit Geoffroy Boulard. Bien qu’elle ait atteint l’âge de raison, « la Métropole du Grand Paris est jeune, issue d’une compromission d’une nuit entre députés LR, PS, Modem et UDI allant à l’encontre du projet adopté par 94 % des maires de l’instance de préfiguration. C’est encore un objet politico-administratif non identifié », renchérit Patrice Leclerc, maire (PCF) de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). De nombreux élus locaux franciliens subissent en effet cette intercommunalité qu’ils n’ont pas choisie. Dès lors, « il a fallu du jour au lendemain nous adapter à ces nouvelles entités avec les transferts de compétences », souligne Hervé Gicquel, maire (LR) de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne). Mais « aucun élu n’a envie de transférer davantage de compétences à l’EPT (établissement public territorial) que le minimum exigé », prévient de son côté Zartoshte Bakhtiari, maire (SE) de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), regrettant un découpage incohérent : « Avant la création de la métropole et des territoires, le lien entre les villes était cohérent avec la réalité géographique. Faisant partie du même EPT, Neuilly-sur-Marne n’a pour autant rien à voir avec Clichy-sous-Bois. » Des avantages et des dysfonctionnements Jean-Christophe Fromantin porte aussi un jugement sévère sur cette structure qui est, selon le maire (DVD) de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), « stérile en termes d’efficacité, n’a pas de vision stratégique et a provoqué une forme de chacun pour soi ». Sans parler des contingences financières qui contraignent à « raisonner sur l’année qui vient, car on n’a de visibilité ni sur le temps long ni sur la stratégie de l’État en matière d’aménagement du territoire », déplore-t-il. Pour autant, certains maires, à l’instar d’Imène Souid et de Mohamed Gnabaly apprécient le fait métropolitain. « Sans la Métropole, le projet d’aménagement de la zone logistique Senia n’aurait sans doute pas vu le jour », admet la maire (DVG) d’Orly (Val-de-Marne). « Et il est clair que l’échelle métropolitaine est importante pour certains dossiers. » Parmi ceux-ci, le maire (SE) de l’Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) cite les transports, la santé publique, le climat et le lien entre bassins de vie et bassins d’emploi. « La MGP est en train de se structurer autour de ces enjeux-là, c’est-à-dire la création de murs anti-crues et comment mieux considérer les bassins de vie, et les lier aux bassins d’emploi », fait valoir Mohamed Gnabaly. Zartoshte Bakhtiari reconnaît aussi l’intérêt de l’échelon métropolitain, car il permet de « dézoomer les cartes et d’avoir une politique d’ensemble ». Le plan vélo métropolitain par exemple est « une bonne échelle, au niveau départemental, cela ne serait pas suffisant, ni cohérent », argue le maire de Neuilly-sur-Marne, tout comme d’ailleurs la compétence Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations). Pour autant, ces élus pointent des dysfonctionnements. « Ce qui est compliqué, ajoute en effet Mohamed Gnabaly, c’est que l’organisation n’est pas aboutie, cela génère du pouvoir d’agir au niveau local et crée des zones de friction à l’échelle régionale et métropolitaine. » « On finit par se perdre dans la superposition de tous les échelons territoriaux, affirme également Imène Souid, et pour une commune, cela signifie, pour chaque projet, d’aller frapper à la porte de tous, chaque échelle ayant ses attendus différents. » Une organisation territoriale qui « complexifie le travail des élus », confirme Hervé Gicquel. Ce fameux millefeuille territorial agace d’ailleurs plus d’un maire grand-parisien qui appelle à une simplification, voire une réforme institutionnelle, sans pour autant la voir se profiler. « La multiplication des échelons ne fluidifie pas les choses », renchérit Pierre-Christophe Baguet. Si, aujourd’hui, l’État ne parvient pas à obtenir les 70 000 logements à construire par an comme le prévoit la loi sur le Grand Paris, c’est, selon le maire (LR) de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), aussi à cause de cette « désorganisation ». « Le Grand Paris n’a jamais été autant d’actualité » Le président de Grand Paris Seine Ouest fait partie de ceux qui sont favorables à ce que les compétences soient étendues au niveau de la région, « car elle a les moyens d’investir dans la transition énergétique, par exemple », précise Pierre-Christophe Baguet.Jean-François Vigier, lui aussi, souhaite que les frontières de la Métropole soient celles de la Région. « En petite ou en grande couronne, nous vivons tous sur le même territoire et développer un polycentrisme se fait à l’échelle de la Région et non de la Métropole », affirme le maire (UDI) de Bures-sur-Yvette (Essonne). D’autres maires préconisent plutôt un élargissement des compétences de la MGP, tel Geoffroy Boulard qui pense au logement, mais aussi aux équipements sportifs et aux mobilités. « Un plan de circulation exclusivement parisien ne fonctionne pas parce qu’il a inévitablement des répercussions sur la petite couronne », constate le maire du 17e, considérant que « les compétences conférées exclusivement à la maire de Paris créent un fossé entre Paris et la première couronne ». En matière d’urbanisme aussi les tensions sont palpables et d’autant plus avec l’arrivée de trois nouveaux documents, à savoir le Sdrif-e (Schéma de développement régional de l’Île-de-France environnemental), le SCoT (Schéma de cohérence territoriale) de la Métropole du Grand Paris et le PLU (Plan local d’urbanisme) bioclimatique de Paris. « Ces documents présentent de belles intentions normatives et ce qu’ils contiennent est très à la mode, mais ils ne sont pas réalisables », prévient Jean-Christophe Fromantin. Et, surtout, « avec quels moyens les déployer ? », interroge le maire de Neuilly-sur-Seine, qui ne porte pas la critique sur les acteurs du Grand Paris, « mais sur celle de l’État qui nous laisse dans un flou artistique très dur en ne jouant pas son rôle d’État stratège sur la réponse territoriale aux enjeux qui sont devant nous : sociaux, économiques et environnementaux ». Justement, le Grand Paris n’a, selon Geoffroy Boulard, « jamais été autant d’actualité pour régler les problèmes de logement, d’attractivité, de transport et les enjeux de transition écologique, de démographie avec le vieillissement de la population et d’exil urbain suite au développement du télétravail ». Car pour le maire du 17e arrondissement, « Paris, capitale dense mais petite, ne peut pas gérer seule ces questions ». Si la coopération intercommunale se présente comme « une force, car elle remet le maire au cœur de la décision », souligne Geoffroy Boulard, Patrice Leclerc aspire, quant à lui, à « une métropole de coordination, de prospective et de stratégie, pas à un acteur qui est un géant démographique, mais un nain budgétaire… »
- Adapter le réseau électrique aux transformations du territoire
Dans le nord de Paris, RTE, le Réseau de Transport d’électricité, met en souterrain 15 km de lignes électriques à haute tension surplombant les communes de Saint-Denis, île-Saint-Denis et Villeneuve-la-Garenne. Une transformation majeure co-construite avec les acteurs du territoire. Fin mai 2023, les équipes de RTE ont retiré le premier pylône électrique situé sur le Village des athlètes à Saint-Denis. C’est la dernière étape d’un projet titanesque, dont le premier coup de pioche remonte à 2020. Pour mettre en souterrain les 4 lignes électriques à très haute tension datant des années 50, RTE a eu recours à une solution inédite dans le domaine des réseaux : la construction d’un tunnel de plus de 2,5 km le long de la Seine, entre le Village des athlèteset le quartier de la Briche à Saint-Denis. Principal avantage : absence d’impact sur les nombreuses activités présentes dans cette zone très urbanisée. La co-construction du projet Ce projet est un exemple de ce qu’on appelle « Mise en Souterrain d’Initiative Locale » (MESIL). Il s’agit d’une opération strictement encadrée par le Code de l’énergie, cofinancée par RTE et les bénéficiaires, en l’occurrence par la Métropole du Grand Paris, la commune de Villeneuve-la-Garenne et la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques qui a apporté un coup de pouce financier décisif. « Cette mise en souterrain de lignes à très haute tension est surtout un exemple de la capacité de RTE à co-construire des adaptations de son réseau à l’évolution du territoire », indique Nathalie Lemaitre, déléguée régionale île-de-France et Normandie de RTE. En effet, au moment de leur construction dans les années 50, le territoire des communes concernées ne ressemblait guère à celui que l’on connaît aujourd’hui. Urbanisation galopante, croissance démographique, évolution de l’économie locale… autant de transformations qui ont rendu le foncier précieux et l’évolution du réseau justifiée. « Pour qu’un projet de ce type puisse aboutir, il faut qu’il soutienne une véritable transformation du territoire, au bénéficie des collectivités concernées, de la qualité de vie de leurs administrés et de la vitalité du tissu économique local. », poursuit Nathalie Lemaitre. Nouvelle vie du territoire Les 81 hectares de foncier qui seront libérés à terme par les anciennes lignes à très haute tension permettront aux communes de réaliser leurs projets d’aménagement comme la ZAC de l’écoquartier fluvial de L’Île-Saint-Denis, la construction du quartier de la Bongarde à Villeneuve-la-Garenne et évidemment l’achèvement de la ZAC du Village olympique et paralympique à Saint-Denis. Un nouveau chapitre est sur le point de s’ouvrir dans la vie des communes grâce à la transformation du réseau qui est toujours là mais plus discret.
- EMMANUEL GREGOIRE : « LES LIENS QUI UNISSENT PARIS ET LA METROPOLE SONT FORTS »
Le premier adjoint d’Anne Hidalgo souhaite que la Capitale travaille avec la Métropole « à de grands projets végétaux ». Il revient sur le sens du PLU bioclimatique de Paris, la nécessité de construire plus de logements, les enjeux des JOP 2024 et évoque ses lieux de prédilection. Propos recueillis par Jacques Paquier Quelle est votre vision de la place de la Capitale dans le futur Grand Paris ? Paris est au cœur de la Métropole, non seulement géographiquement, mais aussi parce qu’il s’agit du poumon culturel, économique et social de ce grand territoire. Chaque jour, plus d’un million de Franciliens viennent travailler dans la Capitale et 300 000 Parisiens font le chemin inverse. Paris et le Grand Paris sont déjà la réalité de la vie quotidienne des gens, notre rôle est d’accompagner cette prise de conscience. La culture est un levier essentiel qui doit être au cœur de notre action. Le territoire métropolitain est un terrain de jeu fabuleux pour la jeune création mais aussi pour les amoureux du patrimoine et de l’histoire. Il y a un potentiel sous-exploité que nous devons reprendre en main. Les liens qui unissent Paris et la métropole sont forts. Le Grand Paris influence déjà Paris, et Paris influence le monde. Enfin, je pense qu’il est important que nous travaillions, Paris et la Métropole, à des grands projets végétaux. La question de la place de la nature en ville et dans les territoires denses est primordiale, en particulier dans la période à venir d’accélération du dérèglement climatique. Pourra-t-on encore construire à Paris demain ? Il sera toujours possible de construire dans les grandes zones d’aménagement, qui ont été définies dans les orientations d’aménagement et de programmation, mais force est de constater aujourd’hui que le Paris de 2050 est déjà là à 90 %. Il était temps de faire autrement. Désormais, la création de logements devra passer majoritairement par la rénovation du bâti existant et, notamment, de l’immobilier professionnel et industriel. C’est l’objectif du Plan local d’urbanisme bioclimatique que nous avons voté en juin dernier : accélérer la transformation écologique de la ville. Quels sont, selon vous, les points forts du PLU bioclimatique de la Capitale ? Ce Plan local d’urbanisme bioclimatique affiche notre très forte ambition en matière d’adaptation de la ville au dérèglement climatique et au défi environnemental. Il est de notre devoir d’engager la Capitale sur la trajectoire des engagements de l’Accord de Paris et de la neutralité carbone en 2050. Il s’agit du premier document d’urbanisme post-Covid. La crise sanitaire et la hausse des températures posent la question de la soutenabilité de nos écosystèmes urbains denses. Aujourd’hui, le parc immobilier parisien n’est pas prêt à affronter les conditions météorologiques des années à venir. Le Plan local d’urbanisme doit nous permettre de contrer ces effets négatifs. Il s’articule autour de quatre enjeux cruciaux : l’urgence environnementale, l’urgence sociale, la ville du quart d’heure et la mixité sociale, et la lutte contre les risques de dérive économique – comme les meublés touristiques ou les dark stores. Nous lui avons aussi donné une dimension métropolitaine inédite. À la fois pour effacer la frontière entre Paris et les communes limitrophes, grâce au réaménagement des portes et à la transformation du périphérique, mais aussi pour participer aux nécessaires rééquilibrages à l’échelle métropolitaine. En faisant le choix de limiter la construction de bureaux ou la location de meublés touristiques, Paris favorise le développement des autres territoires. En cela, nous nous inscrivons aussi pleinement dans les objectifs du Schéma de cohérence territoriale de la Métropole du Grand Paris, qui rassemble désormais ses 131 communes autour d’une vision partagée de l’urbanisme et de l’aménagement. L’adoption de ce schéma est un acte politique majeur pour l’avenir du Grand Paris. Êtes-vous favorable à la prise par la Métropole du Grand Paris de la compétence logement, dont l’exercice est soumis à l’adoption par la MGP de son PMHH ? La Métropole joue déjà un rôle de coordination d’ensemble en termes d’aménagement et doit se saisir de l’enjeu du logement. Alors que nous allons au devant d’une crise du logement sans précédent dans le Grand Paris, la Métropole ne s’est pas encore dotée d’un Plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement. Le travail est en cours, mais il faut aller plus vite. C’est un document qui mérite un important travail de fond et de concertation avec l’ensemble des communes. C’est une question fondamentale pour le devenir de la Métropole. Nous avons besoin de construire des logements et de mieux répartir l’offre sur le territoire métropolitain. Et ces enjeux, qui sont immenses, ne peuvent pas se régler à la stricte échelle des communes. Nous ne parviendrons pas à résoudre seuls les multiples défis qui sont face à nous : le besoin de nouveaux logements, le rééquilibrage territorial de l’offre sociale, le développement d’une offre de logements abordable et la nécessaire rénovation énergétique des bâtiments demandent un effort massif et collectif. Quels sont les grands messages du quatrième tome du manifeste pour l’esthétique de Paris, consacré au bâti, annoncé pour cet été ? Paris est une ville que l’on reconnaît en un coup d’œil. Mais c’est aussi une ville qui doit se transformer pour faire face à l’urgence climatique. L’objectif des quatre tomes du Manifeste pour la Beauté, c’est de préserver la grammaire architecturale et patrimoniale de notre capitale en mettant en œuvre la transition écologique. Les trois premiers tomes du Manifeste ont permis de redéfinir une charte de référence de l’action publique, dans tous les domaines – la voirie, les espaces verts, le mobilier urbain – pour une plus grande harmonie dans l’espace public. Le quatrième et dernier tome du Manifeste doit acter les ambitions architecturales et urbaines de Paris au regard des grands enjeux environnementaux et sociétaux. Nous allons retravailler les critères d’appréciation d’une architecture typiquement parisienne et des spécificités paysagères de la Capitale pour établir des prescriptions qui limiteront les interventions. Paris a évolué tout au long des siècles, cela doit continuer sans renier son histoire. Pourra-t-on réellement se baigner dans la Seine après les JOP ? Bien sûr ! Ce sera en grande partie le résultat de la reconquête écologique de la Seine. C’est une étape fondamentale dans la réappropriation du fleuve par les habitants après la piétonisation des berges. Le grand travail engagé avec l’État et les collectivités du Grand Paris partenaires du Plan Baignade, notamment pour traiter les branchements individuels des habitations en amont de la Seine, porte déjà ses fruits. Les Jeux olympiques et paralympiques auront ainsi été un formidable accélérateur pour les politiques publiques, car ils nous ont rassemblés et obligés à agir dans des délais contraints. Reste enfin la livraison du bassin d’Austerlitz qui va garantir la qualité de l’eau de la Seine par tous les temps. À l’heure du réchauffement climatique, rendre la Seine plus propre, et donc baignable, est aussi une mesure d’adaptation essentielle. Dès 2025, trois zones de baignade seront aménagées dans la Seine : au Bras Marie, près du port de Bercy et quai de Grenelle, entre l’île aux Cygnes et la rive gauche. Nous allons travailler sur des baignades « naturelles », à l’image de ce qui se fait déjà en Allemagne et en Suisse. Et, d’ici 2026, une vingtaine de sites pourraient émerger dans le Grand Paris. Nous y travaillons avec la Préfecture de région et la Métropole. Poétiques, historiques, esthétiques... Quels sont vos lieux ou sites préférés du Grand Paris ? La transformation de la porte de la Chapelle me tient particulièrement à cœur. Notre ambition pour requalifier ce secteur du nord-est parisien est un acte puissant de ce que nous souhaitons pour l’ouverture de la Capitale sur la Seine-Saint-Denis et la métropole. Nous travaillons étroitement avec les communes riveraines pour rendre ce nœud autoroutier moins hostile. La requalification de l’axe de la rue de la Chapelle ainsi que les derniers aménagements des secteurs Chapelle International et Chapelle Charbon vont permettre de donner un nouveau visage à cette porte de Paris qui est la plus empruntée. Dans les prochaines années, grâce à l’adoption du Plan local d’urbanisme bioclimatique, nous allons ouvrir progressivement un grand parc de plus de 20 hectares qui reliera les portes de la Chapelle et de la Villette. Ce sera le premier grand parc métropolitain. Je suis heureux également de voir que nous sommes nombreux désormais à croire à de grands projets d’apaisement, de réduction de la place de la voiture et de végétalisation. Celui actuellement mené par le maire de Neuilly-sur-Seine pour recréer des lieux de promenade plantée est en résonance avec l’ambition que nous menons à Paris depuis 2014. Avec l’achèvement des travaux de la porte Maillot en 2024, nous allons rétablir la perspective historique de l’axe majeur qui relie la place de la Concorde, l’Étoile et La Défense. Enfin, j’ai un souvenir affectif pour les tours Mercuriales à Bagnolet. Lorsque j’étais enfant, mes parents habitaient en Seine-Saint-Denis et j’adorais voir ces deux tours iconiques quand nous passions en voiture sur le périphérique. Je rêvais d’y travailler en étant plus grand. En haut de ces tours, qui sont au centre du Grand Paris, la vue est incroyable. On y voit la richesse patrimoniale de Paris d’un côté – les Invalides, la tour Eiffel, le Sacré Cœur – et la banlieue de l’autre. Aujourd’hui, elles sont datées et doivent entamer leur transition. Nous y travaillons avec Est Ensemble, Bagnolet et la Métropole du Grand Paris. « Dans les prochaines années, grâce à l’adoption du Plan local d’urbanisme bioclimatique, nous allons ouvrir progressivement un grand parc de plus de 20 hectares qui reliera les portes de la Chapelle et de la Villette »
- 2 QUESTIONS A...FRANÇOIS-MARIE DIDIER, PRESIDENT DU SIAAP
« Reconquérir durablement la qualité écologique du milieu naturel » Quel est le rôle du SIAAP pour rendre la Seine et la Marne à la baignade ? La question de la baignade dans la Seine n’est pas nouvelle. Au début des années 90, Jacques Chirac, alors maire de Paris, promettait aux Parisiens qu’ils pourraient se baigner dans la Seine. Trente ans plus tard, ce défi collectif est en passe de devenir réalité grâce à la forte mobilisation de l’État, des collectivités locales et du SIAAP. Si l’annonce de la candidature de Paris aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024 a joué un rôle d’accélérateur, c’est un processus engagé par notre Syndicat depuis plusieurs décennies. En effet, depuis plus de 50 ans, le SIAAP, premier service public d’assainissement d’Europe, se charge de dépolluer les eaux usées des Franciliens ainsi que les eaux pluviales et les eaux industrielles. Son rôle est de traiter dans ses usines les eaux usées qui proviennent des réseaux d’assainissement. Une fois traitées, ces eaux sont rendues à la Seine et à la Marne. Le SIAAP accomplit en cela une mission essentielle pour la préservation du milieu naturel. D’ailleurs, en 1970, seules 3 espèces de poisson frayaient dans la Seine et dans la Marne. Preuve que la qualité de nos fleuves s’est améliorée, on en recense aujourd’hui 36. Quelles sont les actions et les investissements mis en œuvre par le SIAAP pour atteindre cet objectif de baignade ? Le cœur de notre action vise à reconquérir durablement la qualité écologique du milieu naturel. C’est tout le sens de notre stratégie industrielle et de nos investissements décidés par le Conseil d’administration du SIAPP. Le SIAAP est le premier contributeur du Plan Qualité de l’Eau et Baignade après l’État. Nous finançons environ un tiers de ce plan de 1,5 milliard d’euros. L’objectif collectif de la baignade catalysedonc énormément d’énergie, d’expertises et de moyens du SIAAP. Les principales actions menées par le SIAAP sont notamment la désinfection des rejets d’eaux traitées de nos usines d’épuration de Marne Aval (93) et Seine Valenton (94) pour abaisser la concentration en bactéries jusqu’au seuil de qualité de baignade. Notre Syndicat finance ou cofinance également la construction d’ouvrages dont l’objectif est de limiter les eaux pluviales collectées dans les réseaux publics pour réduire les déversements vers la Seine et la Marne en cas de fortes pluies. Cela comprend la construction de bassins de stockage supplémentaires en Île-de-France ainsi que des travaux sur certains bassins afin d’éviter le mélange des eaux usées et des eaux pluviales. La Seine et la Marne sont les deux lignes de vie de nos territoires. Les rouvrir à la baignade est le fruit d’un travail collectif, technique et humain de longue haleine. Pour réussir, l’implication de tous les partenaires sert ce projet exceptionnel, d’intérêt général, synonyme d’un vrai changement dans la relation entre l’homme et son environnement en zone urbaine. C’est une contribution forte à la construction collective d’une métropole francilienne durable. À propos du SIAAP Le SIAAP (Syndicat Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne), créé en 1970, est le service public industriel qui traite chaque jour les eaux usées de près de 9 millions de Franciliens ainsi que les eaux pluviales et industrielles. Avec ses 1 800 agents, le SIAAP traite, 7j/7, 24h/24, près de 2,5 millions de m³ d’eau par jour, transportés par 400 km d’émissaires et traités par ses 6 usines d’épuration.
- « EDF est un acteur majeur des prochains Jeux olympiques et paralympiques » : Gaëlle Salaün
Gaëlle Salaün, directrice régionale Commerce Île-de-France, détaille les multiples facettes de l’engagement d’EDF, partenaire premium des JOP 2024, pour que l’événement tienne ses promesses d’exemplarité énergétique. Quelles sont les missions de la direction régionale Commerce Île-de-France que vous dirigez ? Nos missions consistent à accompagner l’ensemble de nos clients dans leur approvisionnement en électricité, en gaz et dans leur politique de maîtrise et de réduction de leurs consommations d’énergie. Nous assurons également le lien entre nos clients et l’ensemble des filiales du groupe EDF : l’efficacité énergétique avec Dalkia, le développement de la production photovoltaïque avec EDF-ENR et celui de la mobilité électrique avec Izivia. Nous menons aussi des réflexions plus globales, avec certains de nos clients qui souhaitent établir des contrats dans la durée, les PPA (power purchase agreements) qui sont des schémas de production, éoliens ou solaires, sur des grands parcs. Nous participons enfin, avec notre filiale Hynamics, à des programmes de production d’hydrogène décarbonné. Quelle est votre actualité dans le Grand Paris ? Nous sommes très actifs dans l’accompagnement des acteurs du Grand Paris qui le souhaitent, dans le cadre de la transition énergétique, pour développer des réseaux de chaleur, de la géothermie ou de la production d’hydrogène. Nous prêtons une attention particulière à ceux qui demeurent confrontés à une augmentation parfois élevée du prix de l’énergie qu’ils consomment, pour les aider à réaliser des économies d’énergie, maîtriser ou déplacer leurs consommations. Vous êtes également très impliqués dans la préparation des JOP de 2024. Nous sommes Partenaire Premium de l’événement et le fournisseur officiel d’électricité 100 % renouvelable de ces jeux pour l’ensemble des sites, pérennes ou provisoires. Nous fournissons déjà l’électricité du siège de Paris 2024, au sein de l’immeuble Pulse, sur le territoire de Plaine Commune, avec des certificats d’origine qui garantissent qu’à chaque kilowattheure d’électricité consommée, un kilowattheure d’énergie renouvelable est introduit dans le réseau. Nous avons ajouté une solution innovante en plus, grâce à la blockchain, pour valider une concomitance horaire entre la consommation du siège de Paris 2024 et un parc éolien situé dans la Manche. Nous intervenons aussi dans la préparation du Centre Aquatique Olympique de la Plaine Saulnier, pour l’exploitation énergétique du complexe, avec Dalkia, ainsi que pour la production d’énergie solaire grâce à la magnifique canopée de panneaux photovoltaïques installés sur le toit, qui assurera 20 % de la consommation du CAO. Nous sommes également membres du groupement composé de Nexity, Eiffage Immobilier et Groupama pour réaliser le quartier des Belvédères sur le Village des athlètes. Quelles innovations ce chantier hors-norme permet-il ? Nous réalisons deux innovations majeures dans le bâtiment tertiaire du quartier des Belvédères : une relative à la qualité de l’air et une autre concernant la garantie de puissance. Cette dernière, soutenue par la Solideo, est une innovation qui combine intelligemment la production locale d’électricité renouvelable, le stockage, l’effacement et qui embarque la mobilité électrique avec des bornes bidirectionnelles. Ces bornes vont bien sûr permettent aux véhicules de se recharger, mais aussi d’aller chercher l’électricité des batteries des véhicules pour alimenter le bâtiment au moment des pics de consommation. Par ailleurs, la centrale de mobilité installée au sein du Village des athlètes sera dotée d’une vaste ombrière couverte de panneaux solaires. Le Grand Paris et les JOP de Paris 2024 fournissent à EDF un formidable terrain de jeu, sur des thématiques diversifiées mais complémentaires, en cohérence avec notre raison d’être : construire un avenir énergétique neutre en CO2, conciliant préservation de la planète, bien-être et développement grâce à l’électricité et à des solutions et services innovants. « Nous sommes très actifs dans l’accompagnement des acteurs du Grand Paris qui le souhaitent, dans le cadre de la transition énergétique, pour développer des réseaux de chaleur, de la géothermie ou de la production d’hydrogène »
- APRES LES JEUX, DES QUARTIERS A ACHEVER
Outre la transformation des bâtiments des Villages olympique et des médias en quartiers de bureaux et de logements, de nouveaux programmes sont aussi prévus après l’événement. Par Raphaël Richard La mission de la Solideo ne sera pas achevée à la livraison des bâtiments, équipements, ouvrages d’art début 2024. Une nouvelle étape est en effet prévue à l’issue des Jeux. Les derniers aménagements devant être terminés à l’horizon fin 2027. Il s’agira tout d’abord de transformer les sites qui ont accueilli les athlètes et les journalistes en quartiers de ville. Les bâtiments ont en effet été pensés pour être réversibles. Afin de s’assurer de leur adaptation, ils ont d’abord été conçus pour leur usage final avant de voir comment ils pouvaient être utiles en phase JOP. Le site du Village des athlètes accueillera en 2025 des logements familiaux et étudiants (dont 25 à 40 % de logements sociaux selon les communes), des activités économiques ainsi qu’une nouvelle offre de commerces et de services en rez-de-chaussée des immeubles. 1 715 logements familiaux, 621 logements spécifiques, 117 000 m² d’activités, bureaux et services sont ainsi prévus à Saint-Ouen et Saint-Denis, et 320 logements familiaux, une résidence étudiante de 142 chambres et 2 immeubles de bureaux côté L’Île-Saint-Denis. Différents équipements et parcs sont également attendus. Programmation post-JOP Une programmation supplémentaire doit aussi voir le jour. Sur le Village des médias, celle-ci est déjà clairement définie pour atteindre, à terme, environ 1 500 logements familiaux (dont 20 % de logements sociaux) – 900 avant l’événement et 600 après –, des résidences et quelque 1 000 m² de commerces et services de proximité. La livraison des équipements sera échelonnée avant et après les JOP. Un boulodrome et un court de tennis doivent ainsi être créés par la suite dans le parc sportif et scolaire du Bourget. Pour le Village des athlètes, certains équipements sont arrêtés – dont un groupe scolaire à Saint-Denis – et la programmation du dernier lot – qui doit prendre place sur le parking actuel – devait être redéfinie courant 2023, afin d’intégrer les enseignements de la crise sanitaire. Pour mener à bien ces projets, la Solideo doit perdurer mais va peu à peu céder la main à Grand Paris Aménagement, tel que le prévoit la dernière loi olympique. L’établissement public, qui regroupe aujourd’hui 130 salariés et une vingtaine d’alternants et de stagiaires, va peu à peu décroître jusqu’à fin 2025 au plus tard. Il n’aura alors plus d’effectifs, mais continuera d’exister juridiquement avec une gouvernance jusqu’à la date limite du 31 décembre 2028. Grand Paris Aménagement reprendra au fur et à mesure des besoins les missions, sans transfert de salariés. Héritage en matière de construction Au total, ce sont cinq ponts, autant de groupes scolaires, un lycée et huit piscines construites ou rénovées, des crèches, des gymnases, des espaces verts et une base mutualisée pour la préfecture de police qui seront laissés en héritage. Au-delà des sites, la Solideo aura aussi soutenu 29 projets d’innovation dans les domaines de l’accessibilité, de la biodiversité, de l’économie circulaire, de la construction ou de la neutralité carbone qui ont aussi vocation à perdurer. Les expérimentations et avancées techniques, notamment en matière de construction bois, sont recensées dans un document baptisé Excellence environnementale, à destination des ingénieurs du secteur.
- JOP PARIS 2024 :LES CHANTIERS DES OUVRAGES DANS LES TEMPS
Les livraisons de bâtiments et d’équipements se succèdent au fil de l’année 2023 afin de transmettre les ouvrages olympiques au Comité d’organisation début 2024. Par Raphaël Richard Le premier « objet » sous maîtrise d’ouvrage de la Solideo a été livré début janvier : une école au Bourget (Seine-Saint-Denis). Les premiers habitants du Village des athlètes sont, eux, arrivés depuis février. Une centaine d’étudiants de l’Institut supérieur de mécanique de Paris (ISAE-Supméca) ont investi la résidence Paulette Fost, réalisée sous maîtrise d’ouvrage de CDC Habitat, également gestionnaire du lieu. D’abord destinés aux étudiants, les 130 logements de cette résidence serviront pendant les JOP à héberger les athlètes, avant de reprendre leur usage initial à l’issue de la compétition. L’ensemble des équipements nécessaires à l’événement devra être transmis au Comité d’organisation en mars 2024. Et malgré les nombreux événements qui sont venus perturber le secteur de la construction ces dernières années, le calendrier devrait être tenu. Ainsi, le Village des athlètes et le Cluster ou Village des médias doivent être achevés au 31 décembre, afin de laisser deux mois pour lever les réserves. Nicolas Ferrand, le directeur général de la Solideo, explique cette ponctualité par plusieurs éléments, dont le fait d’avoir 30 maîtres d’ouvrage qui cofinancent les opérations et en seront propriétaires. Selon lui, les importantes études réalisées en amont des chantiers ainsi que le suivi mensuel des projets y ont également contribué. La maîtrise des délais ainsi que des coûts (hors inflation) découlent aussi du nombre modéré de modifications de programme demandées par Paris 2024. Evénements tests durant l’été Pour y arriver, l’année 2023 a été marquée par un pic d’activités et des livraisons qui se sont succédé. La passerelle entre Saint-Denis et L’Île-Saint-Denis a été inaugurée en juin avant la mise en service de la centrale de géothermie et de l’échangeur Pleyel, le démontage des pylônes haute tension au Village des athlètes et l’ouverture de l’école Aretha Franklin àSaint-Ouen à la rentrée. Les travaux des espaces publics ont alors pu débuter. Du côté du Cluster des médias, le hall 3 du Parc des Expositions du Bourget – reconstruit pour accueillir l’International Broadcast Center pendant les Jeux – a ouvert en avril, notamment pour que le Salon du Bourget s’y déroule en juin, tandis que le pont en bois au-dessus de l’A1, situé à proximité, est opérationnel depuis l’été. Les travaux de deux écoles à Dugny ont débuté en juin et elles ouvriront leurs portes – après une pause des chantiers à l’été 2024 – en septembre 2025. Certains sites de compétition ont même déjà pris vie. Des premiers événements ont été organisés sur la Colline d’Élancourt (VTT) en septembre, dans la nef du Grand Palais (escrime) durant l’été – mettant en suspend les travaux qui doivent être achevés en décembre –, à la Marina de Marseille (voile) en juillet, etc. La mise en eau du Centre aquatique olympique devait, elle, se dérouler en septembre. Ambition tenue Le seul véritable retard enregistré concerne l’Arena Porte de la Chapelle à Paris, dont la charpente en acier est arrivée avec quatre mois de retard. L’équipement, prévu indépendamment des Jeux, doit toutefois être livré fin 2023. L’autre équipement qui a suscité quelques inquiétudes en raison des recours juridiques, la piscine d’Aubervilliers – qui doit servir de site d’entraînement -, devrait être livré en mai 2024. La Grande Nef de l’île des Vannes et son complexe sportif seront, eux, disponibles au premier trimestre 2024 afin également de servir à la préparation des athlètes. Les derniers mois seront encore intenses, mais la Solideo semble être dans le rythme pour tenir les délais. C’est également l’ambition environnementale qui est en passe d’être réalisée avec, notamment, des bâtiments adaptés au climat de 2050 et qui produisent une partie de leur énergie. Autant d’ouvrages qui bénéficieront aux habitants à partir de 2025. Excellence environnementale : Paris 2024 active tous les leviers L’objectif de respecter l’Accord de Paris se traduit par la nécessité de réduire d’environ 50 % les émissions de carbone de l’événement par rapport aux précédentes éditions. « Le but a été de déterminer comment réduire les impacts sur l’ensemble des aspects », a expliqué Georgina Grenon, directrice Excellence environnementale de Paris 2024. Si la Solideo a pris en charge le volet constructions pérennes, Paris 2024 a la responsabilité des autres infrastructures, de l’énergie, du transport, de la logistique, de la restauration, du numérique et des produits sous licence. Pour les 800 000 équipements nécessaires à l’événement, l’objectif a ainsi été de « moins produire, mieux produire et pour longtemps », souligne Edouard Donnelly, directeur exécutif des opérations. Ainsi, 60 % des équipements sportifs, technologiques et de sécurité seront loués et 100 % du mobilier sera réutilisé. 100 % des sites olympiques seront par ailleurs alimentés en électricité renouvelable.Dernier volet d’importance, la restauration, avec six grands engagements pour les 13 millions de repas prévus : 100 % d’alimentation certifiée, division par deux de l’empreinte carbone de l’assiette et de la quantité de plastique à usage unique, 100 % des ressources alimentaires valorisées, 10 % d’insertion sur les sites, 100 % des infrastructures et équipements réemployés.
- POUR UNE METROPOLE DU GRAND PARIS ATTRACTIVE ET SOLIDAIRE
La Métropole du Grand Paris réaffirme, par la voix de son président Patrick Ollier, ses ambitions majeures : accompagner les communes dans leurs projets d’aménagement, faire face au défi climatique et à l’enjeu du rééquilibrage territorial, et renforcer le rayonnement du territoire avec, comme fil rouge, l’amélioration du bien-être de ses habitants. Quels sont pour vous les faits marquants de l’actualité de la Métropole ? Tout d’abord, je tiens à réaffirmer qu’avec une gouvernance partagée, tous les élus de la Métropole du Grand Paris agissent concrètement chaque jour pour accompagner les maires des communes afin d’améliorer le cadre de vie des habitants, l’attractivité et l’équilibre territorial. Le principe de la Métropole, c’est de parvenir à gérer les problèmes des habitants sur une zone dense continue autour de Paris. Nous voulons une Métropole solidaire et nous la réalisons par la mise en place de dispositifs en faveur des communes, que ce soit en débloquant un fonds de soutien aux villes touchées par les dégradations, à hauteur de 15 millions d’euros, ou en instaurant une Dotation de Solidarité Communautaire (DSC) de 42 millions d’euros, pour aider les communes à faire face aux difficultés liées au prix de l’énergie, à l’inflation et à la baisse des dotations de l’État. En juin 2023, la Métropole a décidé d’abonder à hauteur de près de 110 millions d’euros supplémentaires les différents fonds d’aide à destination des communes. Afin de recoudre le périmètre métropolitain, la MGP accompagne ses communes dans leurs équipements structurants, dans leurs opérations au titre du Plan vélo, mais aussi dans leurs projets d’innovation. Notre vision du projet métropolitain s’illustre par des engagements forts et collectifs que nous prenons pour l’avenir. Le Schéma de Cohérence Territoriale approuvé lors du Conseil métropolitain de juin 2023 a ainsi remporté 96,3 % d’avis favorables. C’est une étape majeure pour les 15 années à venir qui vient d’être franchie. Le SCoT métropolitain est le premier document de planification stratégique élaboré à une telle échelle. C’est un levier pour rééquilibrer le territoire, développer la biodiversité, fixer des règles de surface d’espaces verts de pleine terre, lutter contre la désimperméabilisation des sols et les îlots de chaleur… Ce travail, que nous avons conduit en lien étroit avec les maires, leur permet de conserver la main sur la vision d’aménagement de leurs communes. Le SCoT métropolitain est l’aboutissement de six années de travail qui nous ont permis de trouver un chemin commun ! Quelles sont vos ambitions pour les années à venir ? Notre ambition est de poursuivre et d’amplifier les actions menées par la Métropole du Grand Paris, avec pour objectifs d’améliorer le cadre de vie des habitants, de réduire les inégalités entre les territoires et de développer l’attractivité du périmètre métropolitain. Notre ambition, c’est de développer les actions qui se réalisent au niveau des communes, au plus proche des habitants. Par exemple, avec le programme Centres-Villes Vivants, nous avons, depuis 2018, soutenu financièrement 155 projets répartis dans 53 communes pour un montant total de 17,9 millions d’euros. En 2023, nous avons créé la foncière de la Métropole du Grand Paris en faveur des centres-villes, qui s’appuie sur le dispositif de préemption des baux commerciaux. Avec un capital de départ de 25,4 millions d’euros, le pacte des actionnaires de la foncière réunit déjà la Banque des Territoires, le Crédit Agricole Île-de-France, la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Île-de-France, la Chambre des Métiers et de l’Artisanat d’Île-de-France et la SEMMARIS, marché international de Rungis. Pour étendre le rayonnement de la Métropole du Grand Paris, nous nous investissons également dans de nouvelles coopérations territoriales, notamment au niveau de l’Axe Seine. Depuis 2021, une nouvelle dynamique a vu le jour sous l’impulsion coordonnée des quatre collectivités fondatrices de « l’entente communale et intercommunale de l’Axe Seine » : la Métropole du Grand Paris, la Ville de Paris, la Métropole Rouen Normandie et la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole. Le 6 décembre 2022, neuf établissements publics de coopération intercommunale ont rejoint les quatre collectivités fondatrices au sein de l’Entente Axe Seine, qui couvre donc désormais la quasi-totalité du territoire de Seine aval du Havre à Paris. Ce nouvel espace de coopération, centré sur les enjeux de transition écologique, accueille des actions concrètes en matière de logistique fluviale urbaine, d’énergies renouvelables ou encore d’attractivité culturelle et touristique dans la perspective des grands rendez-vous de 2023 et 2024. L’Entente Axe Seine constitue une réponse concrète et puissante en matière de décarbonation de l’industrie, de report modal sur le fleuve, d’indépendance énergétique, d’accès aux grandes routes commerciales et de développement du fret. Elle couvre un territoire stratégique qui doit prendre toute sa part dans les investissements industriels et écologiques de la Nation. Comment la MGP contribue-t-elle au rééquilibrage territorial ? La Métropole du Grand Paris crée l’essentiel des richesses, mais elle pâtit aussi de fortes inégalités. Le rééquilibrage territorial est donc naturellement une des priorités au cœur de nos actions. Je dis souvent aux départements, aux communautés d’agglomérations ou aux communes qui nous entourent : plutôt que de vous focaliser sur ce que la Métropole pourrait vous prendre, réfléchissez à ce qu’elle pourrait vous donner. Créons une convention stratégique de coopération, mettez sur la table les quatre ou cinq projets qui vous tiennent particulièrement à cœur et voyons comment on peut vous aider à les réaliser, dès lors que ça rentre dans le périmètre de nos compétences. Outre la stratégie fondée sur les documents de planification et de programmation dont nous avons la charge, à l’instar du SCoT, qui fixe des orientations stratégiques et visionnaires d’aménagement et des objectifs ambitieux sur les moyen et long termes, nous agissons concrètement via des politiques opérationnelles sectorielles qui permettent de répondre de différentes manières à cet enjeu de rééquilibrage territorial. Je tiens à rappeler que depuis sa création en 2016, la Métropole du Grand Paris a notamment financé, par le biais du Fonds d’Investissement Métropolitain, 1 190 projets dans 127 communes pour un montant de 244 millions d’euros, qui participent directement au rééquilibrage territorial avec près des deux tiers des projets situés dans l’est et au nord de la Métropole et un tiers à l’ouest de Paris. En quoi les JOP de 2024 vont-ils être un accélérateur de la transition écologique et du développement du sport pour tous au sein de la Métropole ? Les Jeux sont un formidable accélérateur pour la construction d’infrastructures. En tant que collectivité hôte désignée cheffe de file, la Métropole du Grand Paris accueillera sur son territoire près de 80 % des épreuves. Elle a la responsabilité de coconstruire avec le Comité d’Organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 l’héritage en faveur des Métropolitains. C’est pourquoi, la MGP a construit un dispositif d’actions global au titre des Jeux, destiné à rendre actifs nos 131 communes et plus de 7 millions d’habitants. La Métropole du Grand Paris prend toute sa part pour répondre aux enjeux de santé publique, en développant les infrastructures et équipements sportifs pérennes à hauteur de 112 millions d’euros d’investissement (comprenant la maîtrise d’ouvrage du Centre Aquatique Olympique - CAO et de son franchissement, véritable rue suspendue inaugurée début juin ; la rénovation de piscines à travers notre « plan piscines héritage » ; la création d’un nouveau quartier de ville avec la ZAC Saulnier, dont plusieurs espaces seront dédiés au sport, etc.). En tant que maître d’ouvrage du CAO, la Métropole du Grand Paris réalise un bâtiment exemplaire du point de vue de ses performances environnementales : une construction économe en énergie, en eau et en matière.
- Keolis : proposer aux Franciliens des transports fiables, fréquents et confortables
L’enjeu pour Keolis est de retrouver les niveaux de mobilité d’avant la crise sanitaire ce qui requiert, comme l’explique Youenn Dupuis, directeur général adjoint en charge de l’Île-de-France de l’opérateur de transport, de convaincre les Franciliens d’adopter les transports en commun « vertueux d’un point de vue de l’environnement et du pouvoir d’achat ». Quels sont les enjeux pour Keolis en matière d’offre de transports en commun en Île-de-France ? Keolis participe au redémarrage de la mobilité collective des transports en commun dans la période post-Covid tout en tenant compte de l’évolution des usages et des besoins, ce qui constitue un véritable enjeu. Le télétravail, mais aussi les changements de modes de vie ont eu pour conséquences une explosion de la mobilité le week-end et des tassements du trafic certains jours et à certaines heures de la semaine. Contrairement à la province, l’Île-de-France n’a pas retrouvé ses niveaux de mobilité de 2019. En moyenne sur la région, la baisse de la fréquentation globale oscille entre -10 % et -15 %. Grâce à notre observatoire Keoscopie, qui compile un éventail d’études sur les comportements en matière de mobilité, nous arrivons à anticiper ces évolutions à court et moyen termes, et à adapter nos offres aux besoins des Franciliens. Et nous travaillons bien sûr avec Île-de-France Mobilités pour développer les services. Comment cette offre évolue-t-elle ? Nous étoffons le trafic des bus en grande couronne où il y a une vraie demande de voyages de banlieue à banlieue. L’offre en tramway s’accroît également avec la mise en service, en juillet 2022, du T13, la ligne de tram-train entre Saint-Cyr-l’École et Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines (18,8 km), et, d’ici fin 2023, celle du T12, qui effectuera le trajet de 20,4 km entre Massy et Évry-Courcouronnes dans l’Essonne. Premier tramway mis en concurrence par Île-de-France Mobilités, le T9 de son côté, qui relie depuis avril 2021 Paris à Orly, rencontre un véritable succès avec une progression de la fréquentation de 20 % entre les 1ers trimestres 2022 et 2023. Mais nous allons encore plus loin en proposant aux territoires franciliens des transports à la demande. En quoi cela consiste-t-il ? Toujours sous l’égide d’Île-de-France Mobilités, nous avons mis en œuvre une dizaine de lignes de bus fonctionnant de manière plus flexible, en soirée essentiellement. Sur une aire géographique de desserte avec des arrêts potentiels, lorsque les voyageurs montent dans un bus, ils choisissent leur lieu de descente et un logiciel détermine le meilleur trajet que le conducteur du bus va alors suivre. Notre leitmotiv est de proposer des transports fiables, fréquents et confortables pour convaincre les Franciliens que pour des raisons de temps, de confort et de pouvoir d’achat, il est préférable d’emprunter les transports en commun. Quels sont les faits marquants de l’année 2023 pour Keolis ? L’un des principaux faits marquants est sans nul doute que Keolis vient d’être désigné, par Île-de-France Mobilités, futur exploitant des lignes 16 et 17 du métro francilien. Ces deux lignes seront mises en service à partir d’octobre 2026. Le contrat, d’une durée de 7 ans, comprend également la gestion dès juin 2024, avant les Jeux olympiques de Paris 2024, de la gare Saint-Denis Pleyel. Nous pouvons aussi rappeler que Keolis a été sélectionné par Île-de-France Mobilités et le Comité d’Organisation des JO pour assurer le transport des 15 000 athlètes olympiques et paralympiques. Pour ce faire, nous allons mobiliser plus d’un millier de conducteurs franciliens, mais aussi d’autres régions. Avez-vous réussi à résoudre les problèmes de recrutement qui impactent le secteur des transports publics depuis un an ? Comme d’autres secteurs d’activité, par exemple l’hôtellerie et la restauration, nous avons fait face l’année dernière à des difficultés de recrutement dans nos métiers. Nos services fonctionnent quasiment 24 h/24 et nous devons donc trouver des organisations qui préservent les équilibres de vie de nos salariés, qui expriment de nouvelles attentes dans cette période post-Covid. Pour répondre à ces attentes, nous adaptons les rythmes de travail, nous accordons également des compensations salariales intéressantes et nous œuvrons beaucoup auprès des jeunes générations pour donner un sens à nos métiers de service public qui sont au cœur de la transition énergétique et écologique. L’idée est de ne pas se limiter à recruter mais également d’investir dans la formation. Ainsi, Keolis a ouvert en 2021 son propre CFA (Centre de Formation d’Apprentis), le Campus Mobilités Keolis, qui va former plus de 300 jeunes conducteurs de bus en 2023. Quels sont les résultats de ces mesures ? Notre effectif de conducteurs est désormais quasiment au complet en Île-de-France. Pour autant, il faut constamment maintenir l’effort pour faire face à la croissance de notre activité et assurer le renouvellement de nos effectifs. Nous recrutons donc environ 500 salariés par an. Grâce à l’abaissement à 18 ans de l’âge légal pour obtenir le permis « transport en commun », nous allons pouvoir ouvrir des CAP accessibles aux jeunes dès 16 ans, qui passeront leur permis dès 18 ans. C’est une vraie bouffée d’oxygène pour nos métiers.











