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  • Agir en éclaireuse et transmettre...

    Sur la scène francilienne, Anne-Katrin Le Doeuff, directrice de l'AORIF, est connue pour son engagement social, son expertise en matière de politique, du logement... et son tempérament, particulièrement pugnace. Par Elena Jeudy-Ballini. La directrice de l’Aorif se passionne pour sa mission à la tête de la représentation des bailleurs sociaux franciliens. « L’année a été marquée par de grandes incertitudes au niveau national, en termes institutionnels, économiques et réglementaires, qui ont impacté l’ensemble des acteurs de la chaîne du logement », souligne-t-elle d’emblée. « Cette situation de tension extrême sur le modèle économique HLM est parfois mal appréhendée par nos partenaires. Nous avons donc engagé des travaux pour l’objectiver et la faire mieux reconnaître, je pense en particulier à la modélisation économique d’un macro-organisme francilien avec la Banque des Territoires. » « Je suis quelqu’un qui a eu beaucoup de chance ! » estime-t-elle. Cette humilité, Anne-Katrin Le Doeuff la gardera tout au long de l’entretien. Avant de diriger l’Union sociale pour l’habitat d’Île-de-France, elle a d’abord été cette jeune étudiante effacée, bien que brillante. Ses résultats sont si excellents que toutes les prépas l’acceptent et qu’elle ne sait vers laquelle se diriger. Un questionnaire d’orientation rempli dans un centre d’information lui suggérera de se lancer dans l’architecture. C’est en intégrant par la suite une agence parisienne à la fin des années 1990 qu’Anne-Katrin Le Doeuff commence à développer la pugnacité qu’on lui connaît. « J’ai été formée rapidement à ces rapports de force, j’ai appris à ne pas me laisser impressionner par des personnalités bien trempées », explique-t-elle. Peu de temps après, elle délaisse l’architecture, pour entreprendre un master d’urbanisme à Sciences Po Paris. Elle s’oriente alors vers la décision publique. Car c’est bien cela qui l’anime : agir en éclaireuse et faire en sorte que ses travaux impactent les citoyens. Très vite, elle est repérée pour porter le développement d’une agence conseil toute neuve, spécialiste des politiques de l’habitat, de la ville et du renouvellement urbain : Espacité, où elle reste plus d’une vingtaine d’années. La dimension humaine au coeur du quotidien Il y a trois ans, elle prend la décision d’entrer dans le secteur HLM. « Cette progression faisait sens pour moi et je voulais prendre part à cette aventure. J’occupe aujourd’hui un poste plus politique, toujours dans l’intérêt général », précise-t-elle. Anne-Katrin Le Doeuff intervient en outre dans des cycles d’enseignement en politique du logement auprès des étudiants de l’Essec et de Sciences Po. « Cette qualité de l’interaction compte beaucoup pour moi. J’essaye de faire en sorte que la dimension humaine soit au cœur de mon quotidien. Il est impor - tant de prendre de la hauteur sur le sens de ce qu’on fait et de ne jamais oublier pourquoi on le fait, ni pour qui », déclare-t-elle. Un goût pour la transmission qu’elle tient de ses parents, tous deux professeurs. Quant à sa personnalité féministe assumée, nul doute que sa tante, l’éminente philosophe Michèle Le Doeuff, avec qui elle échange beaucoup, y est pour quelque chose. « Être une femme avec des responsabilités de bonne heure n’est pas chose aisée. Aujourd’hui, je me sens armée et ne me laisse pas déstabiliser », conclut Anne-Katrin Le Doeuff.

  • Jacques Paquier, conteur du Grand Paris

    Après une première carrière dans la presse régionale, suivie de 18 années passées à la rédaction en chef de La Gazette des Communes , Jacques Paquier a cofondé, en 2014, Le Journal du Grand Paris , un média devenu incontournable pour qui s'intéresse au fait métropolitain. D ans son costume cravate, Jacques Paquier aurait presque une allure d’homme politique s’il n’avait l’œil curieux, l’appareil photo en bandoulière et une besace de reporter collée à la hanche pour trahir son véritable métier. « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être journaliste, au moins depuis mes sept ans. J’aurais voulu être un artiste aussi, comme dit la chanson. Un romancier, plus précisément. Mais j’avais un oncle journaliste qui rendait ce métier plus réel à mes yeux », nous explique celui qui a grandi dans la commune de Francheville, près de Lyon, et s’est formé à l’Institut de journalisme de Bordeaux. De la presse régionale à l’actualité des collectivités territoriales Comme son oncle, Jacques commence comme journaliste dans la presse quotidienne régionale ( Sud Ouest, Le Progrès, Ouest-France, Var Matin, Le Quotidien de La Réunion ) : « C’est une presse très vivante et utile à l’intérêt général. Elle permet de saisir au mieux et au plus près les enjeux territoriaux.On ne peut pas s’y moquer du monde, on parle de personnes avec lesquelles la proximité est directe. La communauté à laquelle on s’adresse est clairement identifiée. La dimension de service y est forte. J’y ai commencé un peu par hasard, mais ça m’a beaucoup servi pour la suite. » C’est dans les pages de La Gazette des Communes , le journal de référence des collectivités territoriales, qu’il écrit alors : « Ce que l’on peut sembler perdre en critique - on peut parfois nous reprocher un ton complaisant –, on le gagne en précision, en capacité de rendre compte de situations complexes grâce à la force de la proximité de ce type de presse professionnelle. Dans ce genre d’espace, on peut prendre le temps de s’intéresser au pourquoi du comment des trains qui arrivent à l’heure. » Pendant 18 ans au sein de ce titre national, relative- ment technocratique, il s’intéresse aussi bien au statut de la fonction publique qu’à l’organisation de finances locales ou encore à la montée en puissance de l’intercommunalité. En plus d’y développer la vidéo et d’aiguiser ses connaissances juridiques et économiques, il se construit un solide réseau. Il gravit bien des échelons, jusqu’à en devenir rédacteur en chef délégué. Mais l’ancrage régional commence à lui manquer, tandis que son amour pour Paris ne cesse de grandir. Le pari gagnant d’un journal sur le projet métropolitain qui valait 100 milliards Car, entre-temps, Jacques Paquier a vécu dans le 18e arrondissement avant de s’installer durablement dans le 20e. Ce féru de littérature, grand amateur d’Éric Hazan (auteur de L’Invention de Paris ), de Philippe Sollers et de Marcel Proust, se passionne pour la Capitale qu’il photographie dans ses moindres recoins, tout en s’intéressant à sa grande histoire et ses petites histoires cachées. « J’admirais chez Éric Hazan, qui nous a quittés en juin 2024, son immense érudition, sa fine connaissance de la géographie his- torique et sociale de la ville. C’est cette connaissance intime, littéraire et sociologique de Paris que je souhaite cultiver aussi », précise-t-il. Assez modéré politiquement, Jacques Paquier reconnaît à Anne Hidalgo d’avoir rendu Paris un peu plus piéton et cyclable, donc respirable : « Elle tente de mettre la ville à la hauteur du défi climatique. » Mais il a aussi un mot pour Nicolas Sarkozy, qui a fortement contribué à ce que le rêve du Grand Paris devienne réalité : « C’est un projet dont parlait déjà Victor Hugo en un sens et qui dépasse tous ceux qui l’entreprennent aujourd’hui. L’ancien président décrivait très bien comment la France était en train d’être déclassée, notamment par la Chine. Mais que l’effet métropolitain pouvait nous aider : quand vous agglomérez plusieurs communes ensemble, la croissance que vous générez est plus grande que leur simple somme. » Quand La Gazette des Communes change d’action- naire, Jacques Paquier fait valoir sa clause de cession en tant que journaliste, ce qui lui permet de partir avec un chèque lui donnant l’occasion de créer Le Journal du Grand Paris . « C’était en 2014, j’avais 46 ans et ne voulais pas passer toute ma vie dans le même canard, ni revenir à la précarité de la pige. Alors j’ai mis la moitié de mes indemnités dans ce projet entrepreneurial, qui n’est pas le choix de la faci- lité non plus. Mais je me suis dit que si des centaines de milliards étaient investis dans le Grand Paris, créer un journal qui ausculte cela serait une bonne idée. » En 10 ans, un média devenu communauté d’influence du Grand Paris Cela fait donc 10 ans que Jacques Paquier fait tourner Le Journal du Grand Paris , avec une équipe d’une dizaine de personnes, à travers une publication hebdomadaire (on frôle le 500e numéro), une newsletter quotidienne et de nombreux hors-séries papier (déjà 60 au compteur). « La presse est un sport collectif. Je suis infiniment reconnaissant envers tous ceux qui m’accompagnent depuis toutes ces années », souligne-t-il. Son modèle économique repose environ à 60 % sur les abonnements florissants, 15 % provenant de la publicité, 15 % du sponsoring et 10 % de la production de contenus en marque blanche : « J’ai beaucoup de plaisir à développer ce média qui a réussi à devenir incontournable sur le sujet et intéresse donc tous les professionnels du secteur comme outil de veille indispensable. C’est devenu une vraie communauté, comme en atteste le succès de nos événements récurrents que sont les Assises du Grand Paris et le Sommet de l’Axe Seine. On crée aussi de précieuses ressources, comme le Livre blanc de la décarbonation de l’Île-de-France et un observatoire dédié. » Thomas Hantz, président d’Acteurs du Grand Paris, dont Jacques Paquier est membre et contributeur, renchérit : « La fonction du Journal du Grand Paris est cruciale pour faire le lien entre tous les acteurs du projet. C’est un média qui, tous les jours, nous donne des nouvelles les uns des autres. » Fusion entre ses savoir-faire en presse quotidienne régionale et en presse nationale dans les collectivités territoriales, Le Journal du Grand Paris permet de fournir les outils pour décrypter les défis en cours et futurs de la Métropole. En toute logique, il fait aussi partie des membres de la première heure des Acteurs du Grand Paris et participe souvent à l’écriture de 69 certains articles du magazine : « J’apprécie beaucoup la convivialité, l’esprit de club et la volonté de nourrir les débats intellectuels portés par l’association. On partage des valeurs d’utilité sociale », souligne-t-il. De son côté, Thomas Hantz reconnaît et loue son expertise et son investissement sans faille : « L’engagement de Jacques Paquier est impressionnant au quotidien, son professionnalisme est salué par tous les élus et les professionnels. ».

  • « L’ancrage territorial en Ile-de-France : une opportunité pour l’innovation, la croissance économique, la création d’emplois durables et le bien-vivre ensemble »

    Pascal Chabot, membre du Directoire en charge de la Banque du Développement Régional (BDR), de l’Organisation et de l’Informatiqueà la Caisse d’Epargne Ile-de-France, aborde le chantier du financement des transitions au lendemain de grands projets comme les Jeux Olympiques et Paralympiques. Qu’est-ce qui caractérise l’ancrage francilien de la Caisse d’Epargne ? En tant que banque coopérative, notre vocation, c’est plus que jamais d’être utile au territoire de l’Ile-de- France. L’argent collecté auprès de nos deux millions et demi de clients est totalement dédié aux acteurs et aux projets de la région. Cette capacité représente de 10 à 12 milliards de financements par an. Nous nous sommes complètement approprié l’idée métropolitaine, au travers de la nouvelle infrastructure du Grand Paris Express, mais aussi des campus de Saclay (Essonne) ou de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Une métropole en constante évolution et ébullition. Dans le prolongement de l’économie de la connaissance, il y a le secteur de la santé dont nous sommes un soutien historique. Nous apportons aussi des fonds propres aux acteurs économiques. Nous intervenons par des prises de participation dans des entreprises ou bien par des montages immobiliers à l’aide de notre foncière. Par ailleurs, nous soutenons capitalistiquement des bailleurs sociaux et des sociétés d’économie mixte. Nous agissons ainsi dans le cadre de nos missions d’intérêt général. Cette démarche est profondément ancrée dans notre ADN depuis de nombreuses années. Justement, dans le Grand Paris, en quoi vous distinguez-vous d’une banque privée classique ? Par exemple, nous ne nous posons pas la question de savoir s’il serait plus rentable d’investir dans un autre territoire, car nous sommes une banque coopérative dédiée à 100% à notre région. Ainsi peu de banques couvrent aussi bien l’Ile-de-France et le Grand Paris que la Caisse d’Epargne, et ce, tant sur le plan géographique que par la nature des clientèles couvertes et la profondeur de l’offre proposée à tous nos clients. D’autres opérateurs peuvent également subir au quotidien le pressing de la Bourse.En définitive, notre priorité, en tant que banquiers du territoire, c’est le développement sur le long terme. C‘est pourquoi nous nous sommes autant investis dans la préparation des Jeux Olympiques et Paralympiques. Historiquement, le Comité National Olympique et Sportif Français fait partie de nos clients. Dans le cadre de Paris 2024, nous avons été partie prenante du Village des athlètes. Nous avons aussi accompagné plusieurs rénovations majeures, telles que celles de la tour Eiffel, du Grand Palais ou encore de l’Adidas Arena au nord de Paris, qui sont des sites de compétition. Mais les Jeux ne doivent pas être réduits à des festivités. Ce qui nous motive, c’est l’héritage positif de l’événement, comme le Village des athlètes qui va devenir un quartier résidentiel ou la réouverture en 2025 du Grand Palais qui sera l’un des plus sublimes palais des Beaux-Arts au niveau mondial. Ouvrages olympiques, Grand Paris Express, nouveaux campus : tous ces grands projets auront une fin... Dans ce contexte de fin de cycle d’investissements, notre ajustement stratégique consiste à pivoter sur les transitions, à commencer par la transition énergétique. Aussi, nous avons une activité de financement de rénovation des copropriétés assez unique. Les enjeux sont considérables à l’échelle de l’aire urbaine francilienne. Nous proposons également à nos clients des éco-prêts à taux zéro (Eco-PTZ), précédés, s’ils le souhaitent, d’une solution permettant de réaliser un diagnostic énergétique. Nous développons aussi des solutions spécialement pour les copropriétés en difficulté. La Région, l’ADEME ou l’ANAH sont actives sur ces enjeux, mais les subventions n’arrivent qu’à la fin du chantier, d’où l’importance d’apporter des relais de trésorerie. Il y a une complémentarité entre nos experts et les acteurs publics que je viens de citer, auxquels on peut ajouter la BPI, lorsqu’il s’agit d’apporter des solutions aux entreprises. Nous évoluons au sein d’un écosystème particulièrement dynamique et qui se développe au regard des enjeux climatiques actuels. Outre les enjeux énergétiques, quels sont les autres transitions que vous souhaitez aborder ? Nous sommes aussi attentifs à la transition numé- rique et à l’émergence de l’IA, l’Ile-de-France étant un territoire particulièrement riche en entreprises du numérique et de l’informatique. Il y a véritablement une carte à jouer dans un territoire comme le nôtre qui concentre de nombreuses écoles d’ingénieurs de réputation mondiale et où il y a beaucoup d’expertises dans ces domaines. Enfin, il y a la transition sociétale au travers du logement social, de l’économie sociale ou de l’économie circulaire. Transition énergétique, numérique et sociétale : sur le territoire francilien, nous avançons selon une logique à 360° ! Le dénominateur commun à toutes nos actions sur le territoire, c’est de s’adapter à toutes les transitions. Qu’il s’agisse de la qualité de la santé, de la culture ou du bâti, dans un environnement très urbain, c’est un enjeu essentiel. L’ancrage territorial comme moteur de changement en Ile-de-France nous permet de repenser notre développement régional et d’être agiles. Où en sont les prêts à impact, sur lesquelsla Caisse d’Epargne a été pionnière ? Ils concernent les deux dimensions de la RSE, environnementale et sociétale. Le concept tient à une bonification des taux selon des critères relevant de ces domaines. Ce produit se développe bien avec, à l’heure actuelle, 400 millions d’euros en production. Comment abordez-vous la crise que traverse le secteur de la construction ? Nous finançons toujours des personnes physiques ou morales qui souhaitent investir dans l’immobilier. Néanmoins, chez de nombreux acteurs, la tendance est à l’attentisme. Les prix d’acquisition, le coût des mises aux normes et les taux d’intérêt restent élevés, ce qui rend l’équation financière plus difficile. Dans ce contexte, nous proposons des solutions intéressantes, 29 par exemple sous forme de bail réel solidaire (BRS), ce qui permet d’acheter un bien mais pas le foncier. C’est sans doute à travers des montages novateurs que l’on pourra solvabiliser davantage de Franciliens, en particulier des primo-accédants. L’ancien président de La Française, Xavier Lépine, a créé Neoproprio. En proposant d’acheter un bien pour une durée limitée de 25 ans, cette start-up promet un prix d’acquisition quasiment divisé par deux. Qu’en pensez-vous ? Effectivement l’innovation fait partie de la solution. Dans l’immobilier notamment, c’est le moment d’explorer des voies nouvelles, car plus rien ne sera comme avant. Cela étant, on peut toujours faire évoluer la technique, néanmoins il faudra également accompagner ces innovations de pédagogie, les acquéreurs étant parfois un peu paniqués à l’idée de ne pas être propriétaires à 100 % de leur bien !

  • Fret ferroviaire : « Nous avons besoin d’autres Chapelle International » : Jonathan Sebanne

    Il se passe quelque chose autour du fret ferro­viaire. Après des années de marasme, de perte de vitesse, de désinvestissements et de renoncements, le transport de marchandises par le rail semble de nouveau à l’agenda des autorités publi­ques. Un rapport du Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI), une tribune collective de 25 syndicats, associations et partis politiques appelant à « sauver le fret ferroviaire », et l’annonce d’un plan d’investissement massif dans le rail de la part du Ministère incitent en effet à l’optimisme. Sans naïveté. Car, le secteur part de loin. A titre de rappel, le fer représente en 2022 à peine 11 % des parts du transport de marchandises en France. C’est presque le double en Allemagne et le triple en Suisse ou en Autriche. Dans le Grand Paris, le réseau ferré de la gare du Nord, le plus dense d’Europe, est saturé et ne peut, dit-on, absorber de trafic supplémentaire pour l’acheminement de marchandises intramuros. Dans ces conditions, est-il donc encore raisonnable de continuer d’investir dans des terminaux de nouvelle génération – au risque de développer des gares qui resteraient inexploitées par le train à court terme ? Chez Sogaris, nous avons toujours cru au retour de la logistique en ville : une évidence qui n’est aujourd’hui plus à démontrer. De la même maniè­re, nous sommes convaincus que le fret ferroviaire est un élément incontournable du mix logistique – fer, fleuve, route, cyclo – nécessaire à la ville durable qu’il faut soutenir et anticiper. En 2018, Sogaris inaugurait ainsi l’hôtel logistique de Chapelle International : le premier immeuble hybride équipé d’un terminal ferroviaire urbain fermé, proposant les fonctionnalités d’une vraie gare de fret tout en protégeant les riverains des nuisances. Nous continuons d’assumer pleinement le choix stratégique de sanctuariser une infrastructure ferroviaire opérationnelle et souveraine pour le Grand Paris qui autrement en serait dépourvu. Piliers de la ville de durable, ces bâtiments sont également un modèle de réversibilité et d’évolutivité : site dédié à la logistique urbaine aujourd’hui, gare de fret demain et mixité à tous les niveaux. Le marasme du fret ferroviaire n’est donc ni inéluctable ni définitif. C’est justement en multi­pliant les investissements structurants et en maillant le territoire métropolitain d’un réseau d’espaces conçus pour déployer le ferroviaire que nous remontrons la pente. Nous avons donc besoind’autres Chapelle International aux portes de Paris et du Grand Paris. Plus que jamais, c’est le moment d’agir.

  • LE GRAND PARIS FACE AU DÉFI VERTIGINEUX DU LOGEMENT

    Alors que la population francilienne ne cesse de croître, avec environ 50 000 nouveaux habitants par an en Île-de-France, le logement ne suit pas et l’étau se resserre sur la pierre. Entre nouvelles réglementations et incertitudes socio-économiques, comment relever le défi et construire à la hauteur des enjeux ? Par Elena Jeudy-Ballini Une « tempête parfaite ». Voilà ce que nous traverserions, d’après les économistes. La scène socio-économique accusant de sérieuses turbulences, un secteur en particulier fait l’objet de toutes les inquiétudes. Dans la région capitale, en effet, le logement est à la peine. Alors qu’un nombre impor­tant de logements s’apprêtent à sortir du parc locatif du fait des nouvelles réglementations en matière énergétique, les difficultés à se loger s’accentuent dans la métropole. Côté ventes, l’inflation et le durcissement des conditions d’octroi des crédits pèsent sur la solvabilité des ménages, lesquels tendent à se retirer du marché. 20 500 logements de tous types d’habitat confondus ont ainsi été vendus en 2022, soit 46 % de moins qu’en 2019. Alors que tous les regards se tournaient donc vers l’immobilier neuf, qui aurait pu prendre le relais, celui-ci subit une crise relativement inédite. Avec 23 700 nouveaux logements construits en 2022 (dont 58 % réalisés au sein de la métropole du Grand Paris), la production est en baisse de 17 % par rapport à 2019 et de 36 % comparé à 2017. Dans le même temps, les permis de construire accordés aboutissent de moins en moins. En 2022, 150 000 logements sont ainsi restés sur le banc de touche. Pourtant, les constructions neuves présentent de nom­­breux avantages en matière énergétique et contribuent au recyclage urbain en rebâtissant la ville sur elle-même. « Pour l’heure, dans la région capitale, on parle d’une carence de production d’environ 15 000 logements annuels », indiquait récemment Brice Piechaczyk, associé à Enia architec­tes, lors de la matinale « logement » organisée dans le cadre des Assises du Grand Paris. Et entre contraintes réglementaires et tensions sur le marché, faire face au défi relève parfois du numéro d’équilibriste… Foncier : de la conquête à la réutilisation Si le foncier était auparavant consommé sans restric­tion, il représente aujourd’hui une ressource rare et chère. Les objectifs de zéro artificialisation nette (ZAN) poussent de fait non seulement à limiter les nouvelles emprises, mais aussi à valoriser celles existantes. Or, en Île-de-France, et selon l’Institut Paris Region, 4,5 millions de mètres carrés de bâtiments tertiaires seraient vacants. La reconversion de ces actifs représente un outil de plus en plus évoqué par les acteurs du logement, à l’heure où l’étalement urbain et la surconsommation du foncier sont autant d’éléments que les nouvelles réglementations visent à réduire. Celle-ci répond au manque de logements au bénéfice d’un parc immobilier plus vert : elle améliore le bilan carbone de la production de logements neufs grâce à la conservation de l’existant et entraîne sa mise à niveau en matière énergétique. La transformation de ces actifs offre également l’occasion de renforcer la mixité urbaine en améliorant l’équilibre entre emploi et logement, en particulier dans les territoires à forte dominante tertiaire. Du logement mais pas seulement afin d’éviter l’effet « cité-dortoir ». Accélérer la reconversion des friches fait aussi partie des pistes en mesure de satisfaire la demande de logements, d’autant que certaines sont localisées en espaces denses. Déjà artificialisés, ces fonciers peuvent en effet devenir des espaces intégrés dans la ville. Et en Île-de-France, ils sont nombreux : fin 2022, l’actualisation de l’Observatoire des friches franciliennes recensait ainsi 2 673 friches dont près de 750 en petite couronne, ce qui représente 4 350 hectares, soit environ la moitié de la surface de Paris. Logement social : le rôle des organismes de foncier solidaire Cependant, crise du logement oblige, il convient surtout de construire abordable pour les 70 % de Franci­liens éligibles au logement social. Avec un nombre de demandeurs ayant doublé en une décennie, le parc social, lui, n’a augmenté que de 7 %, rapporte la Fondation Abbé Pierre. Il y a donc un impératif à pro­duire. En ce sens, les organismes de foncier solidaire (OFS) ont le vent en poupe. Près de 110 étaient recensés en France fin 2022, dont une vingtaine dans la région capitale. Et la dynamique de demandes d’agrément se poursuit, selon l’Institut Paris Region. En effet, boosté par la loi Elan, le bail réel solidaire (BRS), favorisant l’accession sociale à la propriété, a été intégré dans le décompte des logements sociaux de la loi SRU au titre du prêt locatif social. Les collecti­vités apportent leur garantie d’emprunt aux opérations de BRS, qui figurent désormais dans les nouvelles générations de programmes locaux de l’habitat ainsi que dans les outils réglementaires des PLU, voire dans les chartes de construction soumises aux promoteurs. Si la dissociation entre foncier et bâti, mise en exergue par le bail réel solidaire, a de quoi séduire les ménages aux revenus modestes, elle représente aussi une piste intéressante pour produire des logements à des prix décotés par rapport au marché. Autorisations administratives et désirabilité des projets De l’avis d’Olivier Frard, trésorier du club Acteurs du Grand Paris, laisser aux seuls maires la décision des permisde construire apparaît contreproductif : « La construction de logements est un problème politique entre des élus locaux qui n’assument pas ladensification et les riverains qui ne veulent pas denouvelles constructions à côté de chez eux. En somme,on veut de la densité mais pas chez soi ! La délivrance des autorisations administratives constitue un des principauxfreins à l’acte de construire et à l’augmentation de l’offre. » La question de l’acceptabilité des projets par les habitants demeure également un levier à actionner pour accroître la production de logements (et gagner l’approbation des élus locaux). Parmi les innovations mises en œuvre dans le futur PLU bioclimatique de Paris, le concept d’externalités positives favoriserait en effet l’acceptabilité des projets. Il leur permettrait de sortir de la pure propriété et de l’unité foncière en profitant à l’îlot, voire au quartier. Par ailleurs, construire du logement sur un territoire nécessite de prévoir les équipements publics nécessaires à l’accueil de nouveaux habitants : un enjeu dépendant notamment de la fiscalité d’urbanisme. Or, à l’heure où les collectivités peinent à digérer la suppression de la taxe d’habitation, la question du financement du service public nécessaire à l’accroissement du parc de logements sur un territoire se pose. Vers un Grand Paris du logement ? Entre hausse exponentielle des prix du foncier et l’augmentation des coûts de construction, de nombreuses opérations se trouvent prises en étau. Pour les promoteurs qui ont acquis des terrains à des prix trop élevés et n’ont d’autre choix que d’annuler les opérations, voire de vendre à perte, il manque assurément une véritable politique du logement régulant le prix du foncier. À l’échelle métropolitaine, de l’avis de tous, une autorité organisatrice fait défaut et de nombreux acteurs naviguent à vue dans l’attente du Plan métropolitain de l’habitat et de l’hébergement (PMHH). Celui-ci sera le premier document de planification de l’habitat et de l’hébergement à l’échelle de 131 communes et 7 millions d’habitants. Il portera l’ambition d’assurer un développement équilibré de l’offre et une amélioration du parc existant, dans une perspective de réduction des inégalités territoriales et de réponse aux besoins des ménages. « Le politique doit s’emparer du logement, estime Olivier Frard. La théorie et les grandes orientations sont une chose. Les décisions assumées en sont une autre. Et il faudra une pratique à la hauteur des problématiques. » PLU de Paris : booster le logement social et contraindre la construction Le PLU bioclimatique de Paris, en cours d’enquête publique depuis le vote du premier règlement en Conseil de Paris en juin dernier, prévoit que les constructions neuves devront comprendre 30 % de BRS dans les quartiers non déficitaires en logements sociaux, 35 % dans les zones déficitaires et 50 % dans les zones hyper déficitaires. Le seuil à partir duquel ces règles s’appliqueront est fixé à 500 m² de surface de plancher. Par ailleurs, tout immeuble de plus de 5 000 m² situé dans l’ouest parisien devra consacrer 10 % de sa surface à la création de logements, en cas de restructuration lourde. La hauteur des immeubles sera désormais plafon­née à 37 m, partout dans Paris. Les construc­tions 100 % béton seront interdites pour privilégier les matériaux avec un faible bilan carbone (bois, pierre de taille, chanvre, terre crue).

  • L’Île-de-France, une région toujours plus durable et attractive !

    Alexandra Dublanche, Vice-présidente de Choose Paris Region, vice-présidente de la région île-de-France et maire adjointe de Sartrouville Cette année, l’Île-de-France a repris la première place des régions européennes du futur et des destinations les plus attrayantes pour les investissements directs étrangers en Europe, selon le Financial Times. Elle a aussi été la première « bénéficiaire » du Brexit avec plus de 7 100 emplois relocalisés, permettant à la Bourse de Paris de dépasser, pour la première fois, celle de Londres en volume de capitalisation. Elle est également la destination la plus visitée au monde avec, en 2022, une activité touristique qui a montré une belle dynamique et une accélération de la reprise avec la venue de plus de 44 millions de touristes. Alors que notre région s’apprête à accueillir le Monde lors de la Coupe du monde de rugby et des Jeux olympiques et paralympiques, l’Île-de-­France réaffirme ainsi sa place de leader de l’attractivité en France et en Europe avec des résultats records sur ces 20 dernières années. Véritables vitrines pour la Région, ces événements sont une formidable opportunité de la valoriser auprès des investisseurs, des touristes et des talents internationaux. Cette consécration nous impose plus que jamais de continuer à innover pour ériger l’Île-de-France en véritable modèle de territoire européen du futur. Cela signifie notamment de réussir à combiner durabilité et attractivité. Non, une région plus durable n’est pas une région décroissante. Au contraire, c’est parce qu’elle est toujours plus durable que l’Île-de-France est toujours plus attractive. Le projet du Grand Paris Express en est une belle illustration : d’ici 2027, ce sont 70 communes et quartiers qui connaîtront autour de leurs nouvelles gares un nouvel essor économique tout en contribuant de façon significative à la préservation de l’environnement. Ainsi, à horizon 2050, la mise en service de ce projet majeur devrait permettre une réduction des émissions d’au moins 14,2 millions de tonnes équivalent CO2. Le Grand Paris Express transformera ainsi durablement notre région, au bénéfice des Franciliens. Travailler avec l’ensemble de nos partenaires publics et privés pour bâtir une attractivité dans la durée est la mission qui guide notre agence d’attractivité Choose Paris Region. En conciliant développement économique et impact social et environnemental, Choose Paris Region contribue à bâtir le futur d’une région dynamique, innovante et durable. Nous sommes ainsi fiers d’avoir initié, depuis près de deux ans, la notation des projets d’investissements étrangers au regard des objectifs de développement durable de l’ONU. Par ailleurs, en tant que deuxième financeur des JOP, nous sommes particulièrement attentifs à la dimension « héritage » de ces Jeux, les premiers neutres en carbone. Avec l’ensemble de nos partenaires, acteurs du Grand Paris, à nous de poursuivre sans relâche nos efforts pour construire jour après jour une région qui combine développement économique et qualité de vie.

  • LES PRODUITS FRANCILIENS REPRESENTENT A EUX SEULS UN TERROIR AUTHENTIQUE : GUILLAUME GOMEZ.

    L’HOMME CUMULE LES TITRES GLORIEUX : REPRÉSENTANT PERSONNEL DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, AMBASSADEUR DE LA GASTRONOMIE FRANÇAISE ET MEILLEUR OUVRIER DE FRANCE. MAIS IL EST, AVANT TOUT, ET COMME IL SE DÉFINIT LUI-MÊME, « L’HOMME-ORCHESTRE », LA PASSERELLE ENTRE TOUS LES ACTEURS DES MÉTIERS DE BOUCHE. RENCONTRE. PROPOS RECUEILLIS PAR LE MAG. Existe-t-il, selon vous, un véritable terroir parisien ? Pour moi, c’est une évidence ! D’abord, de par son histoire et sa situation géographique et économique au fil des siècles. Les produits parisiens et franci­liens au sens large représentent à eux seuls un terroir authentique. Ils n’auraient pas la même odeur, ni la même saveur s’ils étaient cultivés, élevés ou fabriqués ailleurs. D’où vient cette typicité et qu’est-ce qui la caractérise ? Le Bassin parisien conjugue une fertilité remarquable des sols à une quantité impressionnante de cours d’eau, de rivières et, bien sûr, à la présence de la Seine : l’ensemble a favorisé les cultures maraîchères et l’élevage depuis l’Antiquité ! Ce qui est fascinant, c’est que les savoir-faire des éleveurs, maraî­chers, arbori­cul­teurs, artisans-boulangers, brasseurs et de tant d’autres se sont améliorés en Île-de-France : ce sont eux qui ont contribué, et contribuent encore, au rayonne­ment du terroir parisien. Et puis, il y a ceux qui ont permis de faire émerger cette idée de terroir parisien : impossible de ne pas évoquer le travail du chef Yannick Alléno, qui s’est attelé à le faire revivre et reconnaître. Avant lui, on ne mettait pas en avant le terroir francilien et, jusqu’à l’avant-guerre, on ne parlait même pas de terroir en France ! Des exemples de produits typiquement franciliens qui méritent d’être découverts ? En réalité, on peut tout trouver à moins de 100 km de Paris - excepté le poisson d’eau de mer bien sûr - ! Le leader mondial des herbes surgelées, la marque Darégal et ses 40 variétés de plan­tes aromatiques, est basé dans l’Essonne. Dans le même départe­ment, au cœur du Gâtinais, vous avez une production maraîchère hors pair et un projet agroécologique ambitieux aux Jardins de Courances. J’ai eu l’occasion de le découvrir en travaillant à mon dernier livre (Recettes gourmandes des fruits et légumes de nos territoires, aux éditions du Cherche Midi, ndlr) ». Non loin de là, à Milly-la-Forêt, des éleveurs se consacrent à « la Gauloise », une volaille blanche à pattes bleues, qui n’a pas grand-chose à envier au poulet de Bresse. Dans les Yvelines, la poule de Houdan, une race de poule étiquetée label rouge, au goût très proche de celui de la perdrix, revit depuis 2016, grâce à une poignée de passionnés et à une confrérie. Les miels, qu’ils proviennent de ruches situées sur les toits de la Capitale, des Hauts-de-Seine ou du Gâtinais, sont excellents par­tout. Quant à l’eau de Paris, c’est une des meilleures du monde ! Quel menu incarnerait le mieux cette cuisine francilienne ? C’est la cuisine des abats, née aux anciens abattoirs de la Villette, qui la définit le mieux. Personnellement, je suis assez adepte de la tête de veau, à déguster dans l’un des restaurants les plus emblématiques de Rungis, « Au veau qui tête ». Et du côté des douceurs, je vote pour le flan parisien, simple et délicieux, en particulier chez Cyril Lignac, d’où je ne ressors jamais déçu.

  • « LES METIERS DE L’IMMOBILIER VIVENT UN MOMENT HISTORIQUE » : Stéphanie Bensimon

    Alors qu’elle entame la dernière année de son mandat, Stéphanie Bensimon, présidente du Cercle des femmes de l’immobilier, présente le bilan d’activité de l’année écoulée et les projets à venir de ce club atypique dont l’ADN est de valoriser les femmes du secteur et leur procurer un lieu d’échange et d’entraide dans une ambiance conviviale. Propos recueillis par Fabienne Proux Quels ont été les faits marquants de la saison 2022/2023 du Cercle des femmes de l’immobilier ? L’année écoulée a été très intense et marquée par une reprise soutenue de nos activités et échanges en présentiel après une longue période d’interruption du fait de la crise sanitaire. Le moment phare de la saison a été le dîner de gala du Cercle du 19 octobre au cours duquel nous avons célébré nos 25 années d’existence. À cette occasion, nous avions invité et mis à l’honneur la philosophe de renommée Cynthia Fleury et la fondatrice du Cercle, Joëlle Chauvin. Près de deux cents personnes étaient présentes à cette soirée, seul moment de l’année où nous accueillons des hommes. L’autre fait marquant aura probablement été une nouveauté dans notre calendrier, à savoir « les voyages de l’amitié ». De quoi s’agit-il ? Nous avons ressenti le besoin de passer plus de temps ensemble dans un autre cadre que celui de notre quotidien. Aussi, nous avons initié une formule de voyages de deux jours, en commençant par nous rendre à la Maison de Colette à Saint-Sauveur-en-­Puisaye dans l’Yonne. En choisissant une figure féminine, nous souhaitions rendre hommage à tous ses travaux dans sa maison historique. Le Cercle a par ailleurs poursuivi son cycle de visites de sites immobiliers et participé à des rencontres culturelles dont le vernissage de l’exposition au Sénat d’une de nos membres, la sculptrice Sabine de Courtilles. Pour quelles raisons maintenez-vous un nombre limité d’adhérentes ? Le Cercle est avant tout un lieu amical et convivial qui n’a pas vocation à trop grandir pour devenir une grande structure. Nous maintenons volontairement le nombre de membres à une centaine pour garder une certaine proximité et pouvoir représenter des femmes dirigeantes au sein de leur entreprise et métier aux valeurs d’intégrité et d’excellence. Mais nous refusons régulièrement des candidates, car nous nous efforçons aussi d’avoir un équilibre entre les métiers. Quel premier bilan faites-vous de l’Observatoire de la Charte de la parité dans l’immobilier initiée par le Cercle ? Le Cercle a en effet été à l’initiative de cette charte, qui a donné lieu à la création, en mars 2022, d’un Obser­va­toire dédié. Celui-ci accompagne le déploiement de la Charte au sein du secteur et en mesure les résultats. Association indépendante, il regroupe des hommes et des femmes sensibilisés par ce sujet. Pour rappel, la Charte a été signée par plus de 120 professionnels de l’immobilier réellement convaincus que l’égalité professionnelle est un facteur de performance pour les organisations et de mieux-être pour tous. Les objectifs de l’Observatoire sont de promouvoir la Charte auprès des acteurs de l’immobilier et des secteurs adjacents, d’assurer un suivi de leurs engagements, de dresser un bilan régulier des actions menées et d’identifier les freins. La présentation des résultats de la première étude sur la parité en partenariat avec IEIF a eu lieu le 10 février 2023 et a rencontré un franc succès. Quels résultats a révélé cette première étude ? Si nous constatons des évolutions et des progrès notables, beaucoup de travail reste à faire en matière d’égalité professionnelle, notamment sur la question des salaires et de l’avancement dans la hiérarchie. Il est en revanche satisfaisant de constater que davan­tage de jeunes sont attirés par nos métiers, dont des femmes. Tout l’intérêt de la démarche consiste aussi à mettre en avant les meilleures pratiques et des parcours exemplaires de femmes dirigeantes et influentes. Le « Cercle complice », accessible aux jeunes professionnelles, contribue également à accroître notre visibilité et influencer les plus jeunes par l’exemple. Quel est votre programme d’activités pour l’année 2023/2024 ? Le dîner de gala devrait avoir lieu un peu plus tard dans l’année. La saison 2023/2024 sera dédiée à la poursuite des orientations qui me tiennent à cœur, telles l’ouverture sur le monde de l’art et la mise en œuvre de l’Observatoire de la Charte de la parité. Mais la vraie pertinence du Cercle est d’être dans l’échange, la solidarité et de mener des actions pour accroître la visibilité des femmes du secteur de l’immobilier. Les tensions sur le secteur de l’immobilier impactent-elles l’activité du Cercle ? Ce contexte tendu crée un climat d’incertitudes qui nécessite d’être encore plus présentes auprès de nos adhérentes pour faire davantage preuve de solidarité. Les échanges entre nous sont essentiels dans les phases de difficulté comme l’avait révélé la période post-Covid. Une chose est sûre en revan­che, les métiers de l’immobilier vivent un moment historique qui va les contraindre à évoluer.

  • "La Caisse d’Epargne Ile-de-France saura accompagner les transitions des acteurs de la métropole"

    Pour Pascal Chabot, membre du directoire en charge de la Banque du Développe­ment Régional (BDR) de la Caisse d’Epargne Ile-de-France, « au-delà de financer une économie plus verte, nous avons pour objectif de sensibiliser, d’informer et de guider nos clients dans leurs projets de transition environnementale. Les entreprises sont soumises à des réglementations de plus en plus exigeantes en matière de RSE. Elles doivent également valoriser leur démarche RSE vis-à-vis de leurs parties prenantes ». Quels sont aujourd’hui les grands enjeux auxquels la Caisse d’Epargne Ile-de-France doit répondre ? La Caisse d’Epargne Ile-de-France est tournée vers son territoire et s’engage à élaborer des solutions pour les acteurs de sa région. Notre spécificité est d’accompagner les projets franciliens grâce à leur épargne. Dans une perspective d’utilité, l’enjeu majeur est d’assurer, à leurs côtés, toutes les transitions qui doivent être menées à bien : les transitions énergétiques, sociétales et numériques. L’évolution du Grand Paris en est l’illustration, avec les multiples opportunités issues des restructurations urbaines, environnementales, des transports, qui sont en cours. Ce renouveau métropolitain va en outre bénéficier de l’apport des Jeux olympiques, qui va en particulier structurer la Seine-Saint-Denis en laissant en héritage des infrastructures, de nouveaux quartiers. Quels sont vos domaines d’intervention pour accompagner la transition sociétale du territoire francilien ? Accompagner la transition sociale et sociétale de l’Ile-de-France est clé. Dans cette perspective, nous nous attachons à répondre aux besoins du secteur de la santé. Après avoir apporté des financements aux hôpitaux franciliens en très forte tension durant la crise du Covid, nous accompagnons par exemple la création du futur hôpital de Paris-Saclay ou la reconstruction de l’Hôpital Marie Lannelongue au Plessis-Robinson. Nous sommes très attentifs aussi aux besoins du secteur du logement. Nous finançons la construction de logements aussi bien sociaux qu’intermédiaires. Nous avons ainsi récemment réalisé une opération d’un montant de 200 M€, dans l’univers du logement intermédiaire. À noter, d’ailleurs, que cette opération a été refinancée auprès d’une compagnie d’assurances britannique. Notre équipe d’ingénierie financière est ainsi intervenue pour structurer cette cession de créances à travers une émission « green » de très long terme (40 ans). Depuis plusieurs années, nous sommes capables de sourcer des syndications, d’élaborer des solutions innovantes, des montages financiers originaux. L’un des principaux enjeux de la région est aussi de poursuivre le développement de l’économie de la connaissance. C’est un atout majeur de l’Ile-de-France et les établissements d’enseignement (supérieur, formation continue, apprentissage) et de recherche doivent faire face en particulier à des défis technologiques et immobiliers que nous souhaitons leur permettre de relever. En matière de RSE, les entreprises, soumises à des réglementations de plus en plus exigeantes, doivent savoir mettre en œuvre des stratégies de plus en plus élaborées. Quel rôle pouvez-vous jouer à leurs côtés ? Tout d’abord, nous sommes convaincus, depuis longtemps, que le Grand Paris devra être durable. Aussi, nous avons nous-mêmes adapté nos équipes, enrichi nos expertises. Et nous sommes ainsi plus à l’écoute de nos clients, de leurs enjeux sectoriels spécifiques. Nous souhaitons d’autant plus impulser de bonnes pratiques RSE que nous devrons à l’avenirmieux flécher nos financements vers des projets durables. Nous devrons qualifier les prêts afin d’être en phase avec la taxonomie verte de l’Union euro­péen­ne et les exigences de la Banque centrale européenne. Nous serons demandeurs de plus en plus d’informations extra-financières et pouvons dans cette perspective jouer un rôle de conseil à travers nos spécialistes RSE. Les entreprises devront définir leur stratégie RSE et structurer des données qui ne seront pas purement comptables. Avancer dans cette direction permettra aux entreprises de répondre à de nouvelles règles, mais aussi de valoriser leur démarche vis-à-vis de leurs parties prenantes. Nous sommes par exemple très présents auprès des copropriétés dont les besoins se sont considérablement accrus du fait des nouvelles normes énergétiques et d’un parc de grands ensembles vieillissants. Nous finançons des avances de fonds sur les aides d’État, qui peuvent être considérables, mais n’interviennent qu’après les travaux. Nous apportons des conseils et des montages financiers, en partenariat avec BPI France ou l’ADEME Ile-de-France. Dans ce contexte, les entreprises voient aussi le montant de leurs investissements et donc de leurs besoins de financement progresser, alors qu’elles doivent optimiser leurs processus de production, verdir leurs parcs immobiliers et faire évoluer leurs flottes automobiles vers des véhicules propres. La Caisse d’Epargne Ile-de-France saura leur apporter les ressources nécessaires à ces réorientations. Vous lancez un nouveau cycle de conférences sur ces enjeux de développement durable. Quel est l’objectif de cette démarche ? Nous avons lancé ce cycle de conférences « Cap Green : Comprendre et Agir », dont une première édition a eu lieu début juillet, afin d’échanger, de sensibiliser à ces enjeux de développement durable les acteurs de différents univers successivement (celui de l’immobilier, puis celui de l’économie de la connaissance, par exemple, cette année). Nous croyons à la nécessité d’œuvrer en faveur du développement économique, mais aussi du « bien vivre » ensemble. Nous souhaitons ainsi vivement accompagner les transitions de la métropole d’une manière équilibrée entre sa dimension économique et sa dimension humaine.

  • NATHALIE LEMAITRE : LE SENS DE L’ECOUTE

    La déléguée régionale RTE pour l’Île-de-France et la Normandie œuvre pour ouvrir toujours plus le secteur de l’énergie sur le monde, en se plaçant à l’écoute des territoires, de leurs élus et de leurs habitants. « J’ai eu très tôt la conviction que le secteur de l’énergie ne devait pas être l’apanage des ingénieurs », indique Nathalie Lemaitre. Aujour­­d’hui, alors que l’énergie est au cœur de l’actu­a­lité, une place renforcée encore par le conflit ukrainien, cette diplômée de l’INSA voit son intuition confirmée. « Ces questions relèvent de choix de société, il faut pouvoir en débattre », estime-t-elle. Cette femme d’équipe, convaincue que l’on est toujours plus intelligent à plusieurs, a consacré un an de sa vie à l’écriture d’un ouvrage collectif sur les méca­nis­mes de concertation autour des grands projets d’infrastructures dans différents pays, pour le compte de la Fondation nationale entreprise et performance (FNEP). Parmi les 10 enseignements de cette étude, l’un est devenu sa boussole : impliquer. Nathalie Lemaitre considère, plus que jamais, qu’il faut impliquer les parties prenantes tout au long de la vie des projets énergétiques, lors de leur conception, de leur construction et de leur exploitation. « Impliquer, c’est déga­ger des terrains d’entente et construire des projets acceptables par le plus grand nombre. » Femme orchestre Cette musicienne, qui aime jouer avec d’autres dans des big bands de jazz, s’est transformée cet hiver en femme-orchestre, pour faire signer à de multiples acteurs, publics et privés, la charte EcoWatt de sobriété énergétique. Une charte d’engagement qui ne vaut pas seulement pour les mois écoulés, lors desquels l’implication des collectivités, entreprises et particuliers a permis d’éviter les coupures. La sobriété énergétique doit en effet se poursuivre sur le long terme, compte tenu des défis à venir pour atteindre la neutralité carbone. C’est le message que cette femme engagée s’emploie à faire passer, avec une volonté affirmée d’écoute, en bonne musicienne… Nathalie Lemaitre rappelle que l’Île-de-France importe 95 % de son électricité et que ses besoins en électricité décarbonée vont forcément croître dans les prochaines années pour remplacer les énergies fossiles dans les transports, le chauffage et l’industrie, et pour accompagner la transition numérique. En attendant, cette fille d’ingénieur, née au Brésil, aime arpenter le territoire francilien, à vélo dès qu’elle le peut, suivant de près les chantiers d’enfouissement de réseaux ou de dévoiement, au gré des travaux du Grand Paris et dans la perspective des JOP de 2024. Elle œuvre pour garantir le bon fonctionnement des infrastructures qui assurent la fourniture en électricité de la région capitale et constituent un des facteurs de l’attractivité économique de l’Île-de-France. Avec l’invariable conviction que c’est en partageant les expertises avec des mondes différents que RTE pourra développer des solutions innovantes pour accompagner les projets des territoires.

  • MATHIEU GUNDUZ : LA CONSTANCE DE L’EFFORT

    Le président fondateur de l’entre­prise du bâtiment SBG Lutèce Mathieu Gunduz mène sa vie profes­sion­nel­le comme sa vie personnelle, en recherchant constamment la performance et le challenge. Arrivé en France à pied du Kurdistan, il y a 37 ans, Mathieu Gunduz ne se lasse pas d’exprimer sa reconnaissance vis-à-vis du pays qui l’a accueilli à seulement 18 ans et donné la possibilité d’apprendre un métier. Dans un français fluide mais toujours empreint d’un fort accent, le président fondateur de SBG Lutèce, une entreprise générale de gros oeuvre, a appliqué à la lettre les enseignements reçus chez ses premiers employeurs pour dupliquer un modèle français qu’il a fait sien. « Je voulais faire un petit Bouygues (ndlr : là où il a fait ses débuts en tant qu’alternant) », raconte Mathieu Gunduz, alors qu’il s’apprête à fêter les 20 ans de sa société fondée en 2003, « c’est-à-dire une entreprise carrée prônant l’alternance et la rigueur, notamment sur la propreté et la sécurité. » Après avoir rejoint leur frère en 2001, Bulent et Sevket Gunduz participent à la création de l’entreprise. Le premier en devient directeur administratif et financier, le second directeur technique. Et 20 ans plus tard, SBG Lutèce, basée à Villebon-sur-Yvette (Essonne), emploie 240 personnes et génère un chiffre d’affaires de près de 90 millions d’euros. Mathieu Gunduz a-t-il relevé son challenge de créer « une belle PME à la française » ? Tout porte à le croire au regard des résultats obtenus. Avec environ 2 000 logements construits par an en Île-de-France, « SBG Lutèce travaille avec tous les principaux promoteurs : Atland, Bouygues Immobilier, Icade, Kaufman, Nexity ou encore Spirit », fait valoir ce marathonien qui a bouclé l’édition 2021 de l’épreuve parisienne en 3 heures 25 minutes et 32 secondes… La société propose des solutions clé en main qui ont séduit de grands donneurs d’ordre à l’instar du musée de l’Air et de l’Espace du Bourget, de l’hôtel Kléber à Paris ou encore de l’hôtel Kube, un palace de Saint-Tropez, mais aussi la transformation d’immeubles situés dans le 7e arrondissement, vendus à AG2R la Mondiale en 2019. « Nous réalisons beaucoup d’opérations lourdes de transformation-réhabilitation d’Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), d’hôpitaux et d’hôtels », souligne Mathieu Gunduz, qui reconnaît rencontrer quelques écueils du fait des récentes crises géopolitiques et énergétiques. Pour l’entrepreneur francilien, la hausse du prix des maté­riaux n’est pas encore terminée. « Si le coût de l’acier se stabilise, le ciment a encore pris 15 % au printemps », déplore-t-il, tout comme les difficultés de recrutement. Afin de récompenser son engagement au sein de la société, Mathieu Gundunz a été nommé, en 2022, chevalier dans l’Ordre national du Mérite. Mais, outre son entreprise et le sport, ce passionné d’histoire de France et de monuments historiques consacre aussi ses rares moments de libre au mécénat. Membre de l’association des Amis du château de Chambord, il soutient également des écoles catholiques dont celle de la Maison d’éducation de la Légion d’Honneur de Saint-Denis.

  • UN ENDETTEMENT PUBLIC FIABLE INDISPENSABLE À LA RÉUSSITE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE

    La transition écologique (afin de décarboner notre économie et préserver la biodiversité) nécessite d’énormes investissements publics. Or, leur programmation est souvent incertaine : quels que soient les gouvernements, ce sont eux qui sont reportés (cf. la dérive des contrats de plan étatrégion), voire annulés (cf. La chute des investissements publics après la crise des subprimes). Par ailleurs, les investissements publics sont comptabilisés comme des dépenses de fonctionnement, sans prendre en compte la durée d’amortissement, comme le ferait une entreprise en étalant la charge sur 10 à 50 ans : le respect des Critères de Maastricht conduit ainsi à les pénaliser. PAR THIERRY DALLARD Comment, dans les conditions actuelles, mener à bien la transition écologique ? Des investissements publics seront indispensables. Le seul changement des comportements n’y suffira pas : utiliser les transports publics plutôt que sa voiture est certes souhaitable, mais impossible si l’offre alternative n’existe pas ; d’importants investissements seront nécessaires pour la créer. Changer sa voiture pour une voiture électrique nécessitera un investissement individuel, mais aussi un énorme investissement collectif pour produire une électricité entièrement décarbonée. Certains de ces investissements seront intégralement supportés par les ménages et les entreprises. Ainsi, pour les nouvelles centrales nucléaires, même si EDF est détenue à 100 % par l’État, la vente de l’électricité couvrira le remboursement des emprunts. In fine, ce sont donc les clients, à travers le marché de l’énergie, qui paieront dans la durée ces investissements. Il en est de même pour l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments, pour laquelle les économies d’énergie devront en financer une partie. Mais une partie seulement car ces économies ne reflètent pas l’intégralité des enjeux : en effet, la suppression des passoires thermiques pour les familles les plus défavorisées et la réduction des émissions carbonées ne pourront être couvertes que par des investissements publics. Perspective du viaduc de la ligne 18. Prévoir un budget colossal de 40 Md€ par an Le développement des transports collectifs décarbonés, qu’il s’agisse du transport ferroviaire (cf. le développement des RER métropolitains annoncé par le gouvernement), des tramways et des métros, ne répond pas seulement à un objectif de report modal décarboné. Il s’avère aussi nécessaire pour la politique du Zéro artificialisation nette (ZAN), indispensable à la préservation de la biodiversité ou du foncier agricole. Là aussi, seuls des investissements publics seront en mesure de soutenir une telle politique. Le Grand Paris Express (GPE) s’inscrit clairement dans cette double stratégie : offrir une alternative décarbonée aux millions de déplacements en voiture de banlieue à banlieue et lutter contre l’étalement urbain en favorisant le développement de la ville autour des points de desserte. Les besoins en investissements publics devant nous sont donc colossaux et devront se concentrer sur une période de 10 ans, afin de respecter les objectifs que l’on s’est donnés (cf. ZAN et neutralité carbone d’ici 2050). En effet, leur réalisation ne pourra commencer qu’une fois les projets concertés, étudiés et autorisés, ce qui peut prendre de 10 à 15 ans avant le début des travaux. Quelques chiffres éclairants sur les ordres de grandeur : l’ambition de développer, dans les territoires urbains comparables à la Métropole du Grand Paris en termes de densité urbaine, un projet comme le GPE nécessiterait environ 50 Md€ ; l’ambition ferroviaire (RER métropolitains et projets de lignes à grande vitesse) conduirait à un besoin estimé entre 120 et 150 Md€ (cf. les rapports du Conseil d’Orientation des Infrastructures) ; l’ambition de rénovation thermique se chiffrerait, quant à elle, entre 100 et 200 Md€ sur 10 ans, selon les hypothèses. Investir sur 10 ans 400 Md€ pour la transition écologique reviendrait à prévoir un budget de 40 Md€ par an. Cela est énorme et conduirait à des remises en cause de calendrier, car la contrainte serait trop forte. Or, les exemples du GPE et des LGV (réalisées en partenariats public-privé), financés par des emprunts gagés sur des recettes futures (recettes fiscales affectées pour le GPE, loyers financés par l’État pour les PPP), montrent qu’il est possible de réaliser de grands projets dans des délais contraints. Lever les incertitudes du financement de la transition écologique L’analyse des ratios du GPE est intéressante : un flux fiscal dédié de 800 M€ par an (indexé sur l’inflation) sur 50 ans permet de réaliser un investissement total de l’ordre de 45 à 50 Md€. Réaliser les investissements publics de la transition écologique en 10 ans nécessiterait donc une programmation de l’ordre de 6,4 à 7 Md€ par an, dédiés à ces projets et associés à une structure de financement pouvant lever de la dette grâce à ces ressources ciblées. Lever les incertitudes du financement de la transition écologique est urgent, car elles compromettent la mise en oeuvre opérationnelle : mettre en place une maîtrise d’ouvrage compétente, définir les projets et les faire approuver, mobiliser les entreprises pour qu’elles planifient leurs moyens humains. Entre la décision politique de faire le GPE (et de le financer) et les premiers gros travaux, il se sera écoulé presque 10 ans. La visibilité et la fiabilité du montage financier sont donc essentielles pour réellement organiser et mobiliser les moyens

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