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- NATHALIE LEMAITRE : LE SENS DE LâECOUTE
La dĂ©lĂ©guĂ©e rĂ©gionale RTE pour lâĂle-de-France et la Normandie Ćuvre pour ouvrir toujours plus le secteur de lâĂ©nergie sur le monde, en se plaçant Ă lâĂ©coute des territoires, de leurs Ă©lus et de leurs habitants. « Jâai eu trĂšs tĂŽt la conviction que le secteur de lâĂ©nergie ne devait pas ĂȘtre lâapanage des ingĂ©nieurs », indique Nathalie Lemaitre. AujourÂÂdâhui, alors que lâĂ©nergie est au cĆur de lâactuÂaÂlitĂ©, une place renforcĂ©e encore par le conflit ukrainien, cette diplĂŽmĂ©e de lâINSA voit son intuition confirmĂ©e. « Ces questions relĂšvent de choix de sociĂ©tĂ©, il faut pouvoir en dĂ©battre », estime-t-elle. Cette femme dâĂ©quipe, convaincue que lâon est toujours plus intelligent Ă plusieurs, a consacrĂ© un an de sa vie Ă lâĂ©criture dâun ouvrage collectif sur les mĂ©caÂnisÂmes de concertation autour des grands projets dâinfrastructures dans diffĂ©rents pays, pour le compte de la Fondation nationale entreprise et performance (FNEP). Parmi les 10 enseignements de cette Ă©tude, lâun est devenu sa boussole : impliquer. Nathalie Lemaitre considĂšre, plus que jamais, quâil faut impliquer les parties prenantes tout au long de la vie des projets Ă©nergĂ©tiques, lors de leur conception, de leur construction et de leur exploitation. « Impliquer, câest dĂ©gaÂger des terrains dâentente et construire des projets acceptables par le plus grand nombre. » Femme orchestre Cette musicienne, qui aime jouer avec dâautres dans des big bands de jazz, sâest transformĂ©e cet hiver en femme-orchestre, pour faire signer Ă de multiples acteurs, publics et privĂ©s, la charte EcoWatt de sobriĂ©tĂ© Ă©nergĂ©tique. Une charte dâengagement qui ne vaut pas seulement pour les mois Ă©coulĂ©s, lors desquels lâimplication des collectivitĂ©s, entreprises et particuliers a permis dâĂ©viter les coupures. La sobriĂ©tĂ© Ă©nergĂ©tique doit en effet se poursuivre sur le long terme, compte tenu des dĂ©fis Ă venir pour atteindre la neutralitĂ© carbone. Câest le message que cette femme engagĂ©e sâemploie Ă faire passer, avec une volontĂ© affirmĂ©e dâĂ©coute, en bonne musicienne⊠Nathalie Lemaitre rappelle que lâĂle-de-France importe 95 % de son Ă©lectricitĂ© et que ses besoins en Ă©lectricitĂ© dĂ©carbonĂ©e vont forcĂ©ment croĂźtre dans les prochaines annĂ©es pour remplacer les Ă©nergies fossiles dans les transports, le chauffage et lâindustrie, et pour accompagner la transition numĂ©rique. En attendant, cette fille dâingĂ©nieur, nĂ©e au BrĂ©sil, aime arpenter le territoire francilien, Ă vĂ©lo dĂšs quâelle le peut, suivant de prĂšs les chantiers dâenfouissement de rĂ©seaux ou de dĂ©voiement, au grĂ© des travaux du Grand Paris et dans la perspective des JOP de 2024. Elle Ćuvre pour garantir le bon fonctionnement des infrastructures qui assurent la fourniture en Ă©lectricitĂ© de la rĂ©gion capitale et constituent un des facteurs de lâattractivitĂ© Ă©conomique de lâĂle-de-France. Avec lâinvariable conviction que câest en partageant les expertises avec des mondes diffĂ©rents que RTE pourra dĂ©velopper des solutions innovantes pour accompagner les projets des territoires.
- MATHIEU GUNDUZ : LA CONSTANCE DE LâEFFORT
Le prĂ©sident fondateur de lâentreÂprise du bĂątiment SBG LutĂšce Mathieu Gunduz mĂšne sa vie profesÂsionÂnelÂle comme sa vie personnelle, en recherchant constamment la performance et le challenge. ArrivĂ© en France Ă pied du Kurdistan, il y a 37 ans, Mathieu Gunduz ne se lasse pas dâexprimer sa reconnaissance vis-Ă -vis du pays qui lâa accueilli Ă seulement 18 ans et donnĂ© la possibilitĂ© dâapprendre un mĂ©tier. Dans un français fluide mais toujours empreint dâun fort accent, le prĂ©sident fondateur de SBG LutĂšce, une entreprise gĂ©nĂ©rale de gros oeuvre, a appliquĂ© Ă la lettre les enseignements reçus chez ses premiers employeurs pour dupliquer un modĂšle français quâil a fait sien. « Je voulais faire un petit Bouygues (ndlr : lĂ oĂč il a fait ses dĂ©buts en tant quâalternant) », raconte Mathieu Gunduz, alors quâil sâapprĂȘte Ă fĂȘter les 20 ans de sa sociĂ©tĂ© fondĂ©e en 2003, « câest-Ă -dire une entreprise carrĂ©e prĂŽnant lâalternance et la rigueur, notamment sur la propretĂ© et la sĂ©curitĂ©. » AprĂšs avoir rejoint leur frĂšre en 2001, Bulent et Sevket Gunduz participent Ă la crĂ©ation de lâentreprise. Le premier en devient directeur administratif et financier, le second directeur technique. Et 20 ans plus tard, SBG LutĂšce, basĂ©e Ă Villebon-sur-Yvette (Essonne), emploie 240 personnes et gĂ©nĂšre un chiffre dâaffaires de prĂšs de 90 millions dâeuros. Mathieu Gunduz a-t-il relevĂ© son challenge de crĂ©er « une belle PME Ă la française » ? Tout porte Ă le croire au regard des rĂ©sultats obtenus. Avec environ 2 000 logements construits par an en Ăle-de-France, « SBG LutĂšce travaille avec tous les principaux promoteurs : Atland, Bouygues Immobilier, Icade, Kaufman, Nexity ou encore Spirit », fait valoir ce marathonien qui a bouclĂ© lâĂ©dition 2021 de lâĂ©preuve parisienne en 3 heures 25 minutes et 32 secondes⊠La sociĂ©tĂ© propose des solutions clĂ© en main qui ont sĂ©duit de grands donneurs dâordre Ă lâinstar du musĂ©e de lâAir et de lâEspace du Bourget, de lâhĂŽtel KlĂ©ber Ă Paris ou encore de lâhĂŽtel Kube, un palace de Saint-Tropez, mais aussi la transformation dâimmeubles situĂ©s dans le 7e arrondissement, vendus Ă AG2R la Mondiale en 2019. « Nous rĂ©alisons beaucoup dâopĂ©rations lourdes de transformation-rĂ©habilitation dâEhpad (Ă©tablissement dâhĂ©bergement pour personnes ĂągĂ©es dĂ©pendantes), dâhĂŽpitaux et dâhĂŽtels », souligne Mathieu Gunduz, qui reconnaĂźt rencontrer quelques Ă©cueils du fait des rĂ©centes crises gĂ©opolitiques et Ă©nergĂ©tiques. Pour lâentrepreneur francilien, la hausse du prix des matĂ©Âriaux nâest pas encore terminĂ©e. « Si le coĂ»t de lâacier se stabilise, le ciment a encore pris 15 % au printemps », dĂ©plore-t-il, tout comme les difficultĂ©s de recrutement. Afin de rĂ©compenser son engagement au sein de la sociĂ©tĂ©, Mathieu Gundunz a Ă©tĂ© nommĂ©, en 2022, chevalier dans lâOrdre national du MĂ©rite. Mais, outre son entreprise et le sport, ce passionnĂ© dâhistoire de France et de monuments historiques consacre aussi ses rares moments de libre au mĂ©cĂ©nat. Membre de lâassociation des Amis du chĂąteau de Chambord, il soutient Ă©galement des Ă©coles catholiques dont celle de la Maison dâĂ©ducation de la LĂ©gion dâHonneur de Saint-Denis.
- UN ENDETTEMENT PUBLIC FIABLE INDISPENSABLE Ă LA RĂUSSITE DE LA TRANSITION ĂCOLOGIQUE
La transition Ă©cologique (afin de dĂ©carboner notre Ă©conomie et prĂ©server la biodiversitĂ©) nĂ©cessite dâĂ©normes investissements publics. Or, leur programmation est souvent incertaine : quels que soient les gouvernements, ce sont eux qui sont reportĂ©s (cf. la dĂ©rive des contrats de plan Ă©tatrĂ©gion), voire annulĂ©s (cf. La chute des investissements publics aprĂšs la crise des subprimes). Par ailleurs, les investissements publics sont comptabilisĂ©s comme des dĂ©penses de fonctionnement, sans prendre en compte la durĂ©e dâamortissement, comme le ferait une entreprise en Ă©talant la charge sur 10 Ă 50 ans : le respect des CritĂšres de Maastricht conduit ainsi Ă les pĂ©naliser. PAR THIERRY DALLARD Comment, dans les conditions actuelles, mener Ă bien la transition Ă©cologique ? Des investissements publics seront indispensables. Le seul changement des comportements nây suffira pas : utiliser les transports publics plutĂŽt que sa voiture est certes souhaitable, mais impossible si lâoffre alternative nâexiste pas ; dâimportants investissements seront nĂ©cessaires pour la crĂ©er. Changer sa voiture pour une voiture Ă©lectrique nĂ©cessitera un investissement individuel, mais aussi un Ă©norme investissement collectif pour produire une Ă©lectricitĂ© entiĂšrement dĂ©carbonĂ©e. Certains de ces investissements seront intĂ©gralement supportĂ©s par les mĂ©nages et les entreprises. Ainsi, pour les nouvelles centrales nuclĂ©aires, mĂȘme si EDF est dĂ©tenue Ă 100 % par lâĂtat, la vente de lâĂ©lectricitĂ© couvrira le remboursement des emprunts. In fine, ce sont donc les clients, Ă travers le marchĂ© de lâĂ©nergie, qui paieront dans la durĂ©e ces investissements. Il en est de mĂȘme pour lâamĂ©lioration de la performance Ă©nergĂ©tique des bĂątiments, pour laquelle les Ă©conomies dâĂ©nergie devront en financer une partie. Mais une partie seulement car ces Ă©conomies ne reflĂštent pas lâintĂ©gralitĂ© des enjeux : en effet, la suppression des passoires thermiques pour les familles les plus dĂ©favorisĂ©es et la rĂ©duction des Ă©missions carbonĂ©es ne pourront ĂȘtre couvertes que par des investissements publics. Perspective du viaduc de la ligne 18. PrĂ©voir un budget colossal de 40 Md⏠par an Le dĂ©veloppement des transports collectifs dĂ©carbonĂ©s, quâil sâagisse du transport ferroviaire (cf. le dĂ©veloppement des RER mĂ©tropolitains annoncĂ© par le gouvernement), des tramways et des mĂ©tros, ne rĂ©pond pas seulement Ă un objectif de report modal dĂ©carbonĂ©. Il sâavĂšre aussi nĂ©cessaire pour la politique du ZĂ©ro artificialisation nette (ZAN), indispensable Ă la prĂ©servation de la biodiversitĂ© ou du foncier agricole. LĂ aussi, seuls des investissements publics seront en mesure de soutenir une telle politique. Le Grand Paris Express (GPE) sâinscrit clairement dans cette double stratĂ©gie : offrir une alternative dĂ©carbonĂ©e aux millions de dĂ©placements en voiture de banlieue Ă banlieue et lutter contre lâĂ©talement urbain en favorisant le dĂ©veloppement de la ville autour des points de desserte. Les besoins en investissements publics devant nous sont donc colossaux et devront se concentrer sur une pĂ©riode de 10 ans, afin de respecter les objectifs que lâon sâest donnĂ©s (cf. ZAN et neutralitĂ© carbone dâici 2050). En effet, leur rĂ©alisation ne pourra commencer quâune fois les projets concertĂ©s, Ă©tudiĂ©s et autorisĂ©s, ce qui peut prendre de 10 Ă 15 ans avant le dĂ©but des travaux. Quelques chiffres Ă©clairants sur les ordres de grandeur : lâambition de dĂ©velopper, dans les territoires urbains comparables Ă la MĂ©tropole du Grand Paris en termes de densitĂ© urbaine, un projet comme le GPE nĂ©cessiterait environ 50 Md⏠; lâambition ferroviaire (RER mĂ©tropolitains et projets de lignes Ă grande vitesse) conduirait Ă un besoin estimĂ© entre 120 et 150 Md⏠(cf. les rapports du Conseil dâOrientation des Infrastructures) ; lâambition de rĂ©novation thermique se chiffrerait, quant Ă elle, entre 100 et 200 Md⏠sur 10 ans, selon les hypothĂšses. Investir sur 10 ans 400 Md⏠pour la transition Ă©cologique reviendrait Ă prĂ©voir un budget de 40 Md⏠par an. Cela est Ă©norme et conduirait Ă des remises en cause de calendrier, car la contrainte serait trop forte. Or, les exemples du GPE et des LGV (rĂ©alisĂ©es en partenariats public-privĂ©), financĂ©s par des emprunts gagĂ©s sur des recettes futures (recettes fiscales affectĂ©es pour le GPE, loyers financĂ©s par lâĂtat pour les PPP), montrent quâil est possible de rĂ©aliser de grands projets dans des dĂ©lais contraints. Lever les incertitudes du financement de la transition Ă©cologique Lâanalyse des ratios du GPE est intĂ©ressante : un flux fiscal dĂ©diĂ© de 800 M⏠par an (indexĂ© sur lâinflation) sur 50 ans permet de rĂ©aliser un investissement total de lâordre de 45 Ă 50 MdâŹ. RĂ©aliser les investissements publics de la transition Ă©cologique en 10 ans nĂ©cessiterait donc une programmation de lâordre de 6,4 Ă 7 Md⏠par an, dĂ©diĂ©s Ă ces projets et associĂ©s Ă une structure de financement pouvant lever de la dette grĂące Ă ces ressources ciblĂ©es. Lever les incertitudes du financement de la transition Ă©cologique est urgent, car elles compromettent la mise en oeuvre opĂ©rationnelle : mettre en place une maĂźtrise dâouvrage compĂ©tente, dĂ©finir les projets et les faire approuver, mobiliser les entreprises pour quâelles planifient leurs moyens humains. Entre la dĂ©cision politique de faire le GPE (et de le financer) et les premiers gros travaux, il se sera Ă©coulĂ© presque 10 ans. La visibilitĂ© et la fiabilitĂ© du montage financier sont donc essentielles pour rĂ©ellement organiser et mobiliser les moyens
- STĂPHANE SCHEBAT : UN PUR PRODUIT PARISIENâŠ
GRĂCE Ă SON EXPĂRIENCE ĂPROUVĂE AU SEIN DE GRANDES MULTINATIONALES, STĂPHANE SCHEBAT, DIRECTRICE GĂNĂRALE FINANCE ET INVESTISSEMENTS DE VIPARIS, APPORTE UN REGARD ĂCLAIRĂ SUR LA PLACE MONDIALE DE LA CAPITALE. Les chiffres ont toujours collĂ© Ă la peau de StĂ©phane Schebat. Pour elle, il nâest pas trop difficile dây trouver une explication. « JâĂ©tais naturellement attirĂ©e par les sujets techniques, lâingĂ©nierie, les chiffres⊠Ces activitĂ©s mâont toujours stimulĂ©e! » La raison ne se trouve pas dans ses origines familiales. « Je suis issue dâune famille de mĂ©decins et dâartistes », bien loin des ingĂ©nieurs et du monde de la finance. Ayant toujours vĂ©cu Ă Paris, StĂ©phane Schebat y a fait ses Ă©tudes et intĂšgre lâĂcole Centrale dont elle sort diplĂŽmĂ©e en 1992. « En dĂ©but de carriĂšre, jâai eu envie de me challenger pour dĂ©velopper une fibre commerciale », explique-t-elle. Elle dĂ©bute chez Paribas et aura successivement en charge les comptes entreprises, le financement dâacquisition puis les relations dans le secteur grande distribution. « Au bout de 7 ans, mon temps Ă©tait passĂ©. La fusion avec BNP avait créé de nombreux bouleversements et je voulais dĂ©couvrir autre chose. » Câest ainsi que StĂ©phane Schebat rejoint la direction financiĂšre dâUnibail au dĂ©but des annĂ©es 2000 oĂč elle structure le contrĂŽle de gestion. Elle participe en outre aux diffĂ©rentes tentatives de fusion avec Rodamco, concrĂ©tisĂ©es en 2007. Elle poursuit ensuite la fonction de directrice du contrĂŽle de gestion du groupe devenu international, puis rejoint la direction du dĂ©veloppement en 2011. En tout, StĂ©phane Schebat sera restĂ©e plus de 22 ans au sein dâUnibail-Rodamco-Westfield. Capitaliser sur le tissu parisien Câest en 2022 que lâaventure Viparis commence et quâelle rejoint les Acteurs du Grand Paris. « Faire partie du club constitue pour moi une opportunitĂ© formidable de dĂ©couvrir de lâintĂ©rieur lâĂ©cosystĂšme du Grand Paris et dâaccroĂźtre ma connaissance du tissu parisien ! » considĂšre-t-elle. « Croiser nos expĂ©riences et faire dialoguer nos savoirs est infiniment enrichissant. Viparis participe au rayonnement de la Capitale en vĂ©hiculant sa dĂ©sirabilitĂ© de façon amplifiĂ©e. Lâobjectif ? Faire en sorte que les acteurs locaux puissent capitaliser et les entreprises se dĂ©velopper sur ce tissu de visiteurs et dâexposants attirĂ©s par les salons et congrĂšs accueillis sur nos sites. » Et qui de mieux quâun pur produit parisien comme StĂ©phane Schebat pour les dĂ©ployer ? La Capitale dans les veines, elle a grandi dans le 17e arrondissement et mĂšne dĂ©sormais sa vie de famille dans le 18e. Si dâaucuns fuient Paris pour plus de verdure, ce nâest assurĂ©ment pas son cas. Et si vous vous promenez du cĂŽtĂ© de Montmartre, il est possible de la croiser chez Bicoques, ce petit restaurant oĂč elle a investi pour « lâaccompagner dans sa croissance ! » Vous avez dit passionnĂ©e ?
- « Il faut se rĂ©inventer et faire de lâimmobilier intelligent » : Yuman Immobilier
Pas question pour Christophe Afonso de faire preuve dâattentisme. Bien au contraire, le prĂ©sident du promoteur francilien Yuman Immobilier compte saisir lâopportunitĂ© de la crise immobiÂliĂšre pour revenir aux fondamentaux du mĂ©tier en rĂ©pondant aux besoins des particuliers et en « collant » davantage aux rĂ©alitĂ©s du marchĂ©. Quelle est la spĂ©cificitĂ© de Yuman Immobilier ? Yuman Immobilier est un opĂ©rateur exclusivement francilien qui produit entre 600 Ă 800 logements par an en moyenne Notre action se fonde sur trois piliers majeurs. Le premier est la dĂ©carbonation de lâacte de construire. Pour ce faire, nous utilisons plusieurs leviers dont la compensation carbone que nous respectons en plantant massivement des arbres lĂ oĂč cela est possible, comme en forĂȘt de Fontainebleau. Nos programmes utilisent Ă©galement du bĂ©ton bas carbone et des matĂ©riaux issus des circuits courts. Le deuxiĂšme pilier est la dĂ©marche en faveur de la RSE (ResponsabilitĂ© sociale et environnementale) qui repose essentiellement sur les actions favorisant les retombĂ©es Ă©conomiques dans les territoires dans lesquels nous travaillons. Enfin, le troisiĂšme axe est la rĂ©insertion sociale. Quel lien faites-vous entre promotion immobiliĂšre et rĂ©insertion sociale ? Nous partons du principe que lorsque nous rĂ©alisons un immeuble dans une ville, nous devons aussi faire du bien Ă ses habitants et aux entreprises locales. Sur chaque opĂ©ration, nous travaillons avec les mairies pour valoriser les entreprises locales en nous engaÂgeant Ă favoriser ces « boĂźtes locales » mais aussi des sportifs ou des lycĂ©ens mĂ©ritants. Par exemple, Ă Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), Yuman Immobilier, dans le cadre de son fonds de dotation, a accordĂ© en 2022 une bourse dâĂ©tude de 5 000 euros Ă un lycĂ©en dâorigine sri-lankaise qui a eu 19 de moyenne au baccalaurĂ©at. Comment rĂ©agissez-vous face Ă la crise qui frappe le secteur immobilier ? Nous ne sommes en effet pas Ă©pargnĂ©s par la crise. Pour autant, nous rencontrons tous les jours des maires pour les assurer quâils peuvent continuer Ă compter sur nous. Beaucoup dâentreprises de promotion immobiliĂšre gĂšlent leurs projets de dĂ©veloppement et se concentrent sur les opĂ©rations en cours. Nous prĂ©fĂ©rons continuer Ă avancer et encore plus que jamais sur les territoires oĂč nous sommes prĂ©sents afin de rĂ©pondre aux attentes des maires qui veulent construire. PlutĂŽt que de se renfermer, la crise nous impose de nous rĂ©inventer, car il y a Ă©normĂ©ment dâopportunitĂ©s Ă saisir. De quelle maniĂšre ? En remettant le client au cĆur du village et en faisant de lâimmobilier intelligent. Depuis dix ans, la façon de faire de lâimmobilier est restĂ©e la mĂȘme. Si la crise sanitaire a mis en lumiĂšre la nĂ©cessitĂ© de proposer des logements avec des espaces extĂ©Ârieurs spacieux et des espaces de coworking dans les immeubles, nous nâavons pas fait changer radicalement la façon dâapprĂ©hender lâimmobilier. La crise Ă©conomique et financiĂšre nous pousse Ă nous remettre en question sur comment arriver Ă produire des immeubles ou aider nos clients Ă trouver des financements en adĂ©quation avec leurs revenus. Au final, nous devons revenir aux fondamentaux et redevenir de rĂ©els commerçants de logements. Ă quels fondamentaux faites-vous allusion ? Revenir aux fondamentaux signifie faire du logement pour loger les gens et imaginer des lieux de vie agrĂ©ables. Lâimmobilier ne doit plus ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un produit financier, mais comme un bien qui rĂ©pond aux attentes des familles. Nous devons ĂȘtre en capacitĂ© de produire des logements Ă des emplacements attractifs et dotĂ©s dâespaces extĂ©rieurs gĂ©nĂ©reux, qui donnent envie aux gens dâhabiter, câest-Ă -dire proches des transports publics et des centres-villes, facilement accessibles, mais aussi qui correspondent au budget des mĂ©nages et qui comportent davantage de prestations. Mais Ă©galement proposer des montages financiers sur nos opĂ©rations pour permettre aux acquĂ©reurs de continuer Ă acheter de lâimmobilier malgrĂ© les taux Ă©levĂ©s et les conditions bancaires dĂ©favorables. La disparition du dispositif Pinel fin 2024 est-elle une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Câest une mauvaise nouvelle surtout pour les programmes en projet, car ils ne seront lancĂ©s que dans un an et demi, soit au moment de lâarrĂȘt du Pinel. Par ailleurs, ce qui est dommageable, câest que le Pinel nâa pas permis aux investisseurs de dĂ©fiscaliser, mais aux promoteurs dâaugmenter les prix. Idem pour la baisse des taux dâintĂ©rĂȘt. Nous devons donc rĂ©flĂ©chir, proposer des solutions, travailler en amont avec les banques et innover. PrĂ©voyez-vous, comme dâautres professionnels de lâimmobilier, une reprise quâau premier semestre 2025 ? Tout Ă fait, aussi nous devons ĂȘtre prĂȘts Ă redĂ©marrer Ă cette Ă©chĂ©ance. Mais cela correspond Ă un an avant les Ă©lections municipales, ce qui est plutĂŽt une pĂ©riode de mise en stand-by des projets par les maires. Pour autant, câest le moment de concevoir lâimmoÂbilier de demain et de repenser Ă de nouveaux usages. Mais aussi dâĂȘtre davantage encore Ă lâĂ©coute des attentes des Ă©lus locaux. Notre leitmotiv est de rĂ©aliser des opĂ©rations souhaitĂ©es par les communes et positives pour le territoire. « Câest le moment de concevoir lâimmoÂbilier de demain et de repenser Ă de nouveaux usages. Mais aussi dâĂȘtre davantage encore Ă lâĂ©coute des attentes des Ă©lus locaux »
- ELISA COEURU : UNE ENERGIE COMMUNICATIVE
LA DIRECTRICE RĂGIONALE ĂLE-DE-FRANCE DE TOTALENERGIES ĂLISA COEURU POURSUIT AVEC MAESTRIA UNE CARRIĂRE ASCENSIONNELLE CHEZ LâĂNERGĂTICIEN, DONT ELLE SâEMPLOIE Ă TRANSFORMER LE MODĂLE. Un miroir dĂ©formant, comme celui que lâon trouvait dans les fĂȘtes foraines de son enfance normande. Câest lâimage quâĂlisa Coeuru choisit lorsquâon lui demande comment elle vit les critiques de ceux qui estiment parfois que TotalEnergies prend son temps pour transformer son modĂšle. Car la migration du pĂ©trolier vers les Ă©nergies dĂ©carbonĂ©es constitue le coeur de sa mission Ă la direction France de lâĂ©nergĂ©ticien. Elle Ă©voque les multiples rĂ©alisations dans ce domaine : les deux plus grandes centrales solaires dâĂle-de-France, les bornes Belibâ de la mairie de Paris, les stations-services multi-Ă©nergies, les carburants aĂ©riens durables du Bourget et, demain, de Roissy et dâOrly en passant par lâunitĂ© de recyclage chimique de dĂ©chets plastiques de Grandpuits-Bailly-Carrois, en Seine-et-Marne, une premiĂšre en France. Elle cite des chiffres, aussi, qui font figurer TotalEnergies parmi les cinq plus gros investisseurs au monde dans les Ă©nergies renouvelables et le premier en France. « Je suis une fille de lâaxe Seine », dit-elle pour raconter son itinĂ©raire, mesurant sans prĂ©tention le chemin parcouru depuis le quartier de Sanvic, dans la ville haute du Havre, oĂč elle a grandi, au 40e Ă©tage de la tour Coupole, siĂšge de TotalEnergies Ă La DĂ©fense. « On sâest immĂ©diatement plu », glisse-t-elle en Ă©voquant ses dĂ©buts au sein de la multinationale, oĂč elle a effectuĂ© la totalitĂ© de sa carriĂšre. En changeant de fonction tous les trois Ă cinq ans. Car cette mĂšre de famille musicienne, qui joue du piano depuis toujours, et de la guitare aussi, de plus en plus, ne goĂ»te pas aux joies de lâimmobilisme. « Jâaime crĂ©er, voir les choses nouvelles se rĂ©aliser », explique-t-elle. Une politique inclusive DâoĂč sa satisfaction dâavoir, lors du premier job chez Total, la responsabilitĂ© de la communication interne et externe pour la mise en place, Ă la raffinerie de Gonfreville-LâOrcher, non loin de son Havre natal, dâune unitĂ© de production de gazole sans soufre. Une transition Ă©nergĂ©tique, dĂ©jĂ . Elle avait suivi juste avant un master en informatique et gestion en alternance chez lâĂ©nergĂ©ticien et Ă lâuniversitĂ© Gustave Eiffel. Elle vante au passage la politique inclusive de son employeur. La firme dĂ©die 5 % de son effectif France au recrutement dâalternants, soit plus de 1 600 contrats par an. Et sa fondation offre, avec lâIndustreet Ă Stains, des formations gratuites aux mĂ©tiers de lâindustrie du futur Ă 400 jeunes par an, ĂągĂ©s de 18 Ă 30 ans, sans conditions de diplĂŽme. Elle se fĂ©licite aussi dâun management qui fait la part belle aux soft skills. De nouveaux mondes professionnels AprĂšs Gonfreville-LâOrcher, cap sur La DĂ©fense, oĂč Ălisa Coeuru prend la responsabilitĂ© du service manifestations et images de la branche distribution. Elle organise des Ă©vĂ©nements, des sĂ©minaires internes, aux quatre coins du globe. La logistique de lâĂ©vĂ©nementiel, ce soin Ă porter au dĂ©tail sans jamais perdre du vue lâessentiel, lui convient en tous points. Le management dâĂ©quipes aussi, elle dont lâĂ©nergie est communicative. Un allant quâelle mettra ensuite au profit dâentitĂ©s commerciales. Elle poursuit sa carriĂšre comme directrice des ventes BtoB, pour les clients grands-comptes carburants dâabord, puis pour les lubrifiants moteurs ensuite, dĂ©couvrant Ă chacune de ces Ă©tapes de nouveaux mondes professionnels. Changement dâhĂ©misphĂšre en 2018, lorsquâelle prend la direction de TotalEnergies sur lâĂźle de la RĂ©union. Des annĂ©es ponctuĂ©es de gestions de crises (Gilets jaunes, CovidâŠ) mais qui laisseront intact son attachement Ă lâĂle intense. DĂ©sormais directrice rĂ©gionale Ăle-de-France, sa mission consiste largement Ă se mettre Ă lâĂ©coute des territoires franciliens, de leurs habitants et de leurs Ă©lus. « Les Ă©nergies renouvelables sont plus visibles, plus en proximitĂ© et requiĂšrent de tisser des liens Ă©troits avec toutes les parties prenantes concernĂ©es », rĂ©sume-t-elle. Elle navigue entre lâaccĂ©lĂ©rateur TotalEnergies On Ă Station F et son pĂŽle R&D nouvelles Ă©nergies et Ă©lectricitĂ© Ă Saclay, et sillonne lâĂle-de-France pour dĂ©couvrir les sites des futurs mĂ©thaniseurs et centrales solaires qui contribueront demain au mix Ă©nergĂ©tique de la rĂ©gion capitale.
- BĂTIR LA NATION SPORTIVE QUE NOUS APPELONS DE NOS VOEUX : AMĂLIE OUDĂA-CASTĂRA
Ă un peu moins dâun an des jeux olympiques et paralympiques, la ministre des sports, AmĂ©lie OudĂ©a-CastĂ©ra, fait le bilan des prĂ©paratifs et des enjeux Ă relever avant, pendant et aprĂšs lâĂ©vĂ©nement. Lâobjectif : organiser une grande fĂȘte populaire, lĂ©guer un hĂ©ritage matĂ©riel durable et faire du sport un facteur dâinclusion, dâinsertion sociale, de santĂ© et dâĂ©panouissement de la jeunesse. « Ces jeux seront un rendez-vous exceptionnel pour faire Ă©voluer le regard sur le handicap dans notre sociĂ©tĂ©, avec une visibilitĂ© accrue des parasports et un accĂšs simplifiĂ© Ă la pratique grĂące au dĂ©ploiement de 3 000 nouveaux clubs inclusifs formĂ©s » Quels moyens lâĂtat met-il en oeuvre pour que lâorganisation des JOP 2024 soit lâoccasion pour lâensemble du pays dâune cĂ©lĂ©bration du sport et de ses valeurs ? Lâune des plus importantes missions que lâĂtat sâest donnĂ©es est dâassurer lâhĂ©ritage immatĂ©riel de ces Jeux pour le sport dans notre pays. Nous devons en faire un Ă©vĂ©nement sans prĂ©cĂ©dent pour la valorisation et la promotion du sport comme outil dâĂ©panouissement de la jeunesse, de santĂ© et de bien-ĂȘtre, dâinclusion et dâinsertion sociale. Câest tout le sens de la Grande cause nationale 2024 que le prĂ©sident de la RĂ©publique a dĂ©cidĂ© de consacrer Ă la promotion de lâactivitĂ© physique et sportive, comme annoncĂ© Ă lâoccasion du ComitĂ© olympique et paralympique du 25 juillet 2022. Cette Grande cause nationale sera le « bras armĂ© sociĂ©tal » des Jeux pour bĂątir la nation sportive que nous appelons de nos voeux. Elle a deux objectifs : inciter les Français Ă faire davantage dâactivitĂ© physique et sportive, et mettre le sport au coeur des politiques publiques et du pacte rĂ©publicain en mobilisant lâensemble des ministĂšres et toutes les Ă©nergies sây rapportant. Jâajoute que ces Jeux olympiques et paralympiques seront un rendez-vous exceptionnel pour faire Ă©voluer le regard sur le handicap dans notre sociĂ©tĂ©, avec une visibilitĂ© accrue des parasports et un accĂšs simplifiĂ© Ă la pratique grĂące au dĂ©ploiement de 3 000 nouveaux clubs inclusifs formĂ©s. Comment le parcours de la flamme olympique contribuera-t-il Ă lâappropriation de lâĂ©vĂ©nement par les territoires et, a fortiori, par les Franciliens ? Nous aurons les Jeux les plus dĂ©centralisĂ©s de lâhistoire de lâolympisme, avec des Ă©preuves dans 11 dĂ©partements, 7 rĂ©gions, dont la rĂ©gion francilienne et le Grand Paris, et cinq territoires dâoutre-mer (Guyane, RĂ©union, Guadeloupe, Martinique, PolynĂ©sie) engagĂ©s dans le relais. Si les collectivitĂ©s hĂŽtes, celles qui accueilleront des compĂ©titions, participent Ă la prĂ©paration des Jeux depuis des annĂ©es, le passage de la flamme olympique va nous permettre dâembarquer tout le pays, avec 64 territoires engagĂ©s dans le relais et 400 villes traversĂ©es. Câest un moment extrĂȘmement important, qui va inviter des dizaines de milliers de Français Ă participer Ă des activitĂ©s culturelles et sportives locales, Ă valoriser leur patrimoine et commencer concrĂštement Ă se « prendre aux Jeux » ! Les Franciliens pourront voir passer la flamme devant les grands monuments parisiens, mais Ă©galement en Seine-et-Marne. Lâappropriation de lâĂ©vĂ©nement sera par ailleurs favorisĂ©e par les nombreuses Ă©preuves en Ăle-de-France, je pense notamment Ă celles de cyclisme sur route accessibles gratuitement ! De quelle maniĂšre lâorganisation de ces jeux participera-t-elle au rééquilibrage de lâĂle-de-France, en matiĂšre de rĂ©partition des Ă©quipements sportifs notamment ? Nous mettons tout en oeuvre pour que les Jeux de Paris 2024 puissent lĂ©guer un hĂ©ritage matĂ©riel durable et responsable aux territoires qui les accueilleront en 2024. LâĂle-de-France sera particuliĂšrement concernĂ©e, Ă commencer par la Seine-Saint-Denis, qui concentre 80 % des investissements publics liĂ©s aux Jeux. Cela concerne des franchissements urbains, dont celui, emblĂ©matique, de Pleyel Ă Saint-Denis, des constructions et rĂ©novations pour les habitants, avec 4 000 futurs logements accessibles, dont 40 % de logements sociaux, et bien sĂ»r la construction dâĂ©quipements sportifs pĂ©rennes avec le Centre Aquatique Olympique et les 20 nouveaux bassins de natation que la population recevra en hĂ©ritage. Un rĂ©seau de 415 km de pistes cyclables sera Ă©galement rĂ©alisĂ© au profit des Franciliens et une offre augmentĂ©e de « 1 000 taxis accessibles » pour les personnes Ă mobilitĂ© rĂ©duite sera dĂ©veloppĂ©e Ă lâoccasion des Jeux tout comme la mise en accessibilitĂ© dâune dizaine de gares dâĂle-de-France. Enfin, la Seine et la Marne deviendront baignables aprĂšs les Jeux grĂące, notamment, Ă 600 M⏠investis par lâĂtat aux cĂŽtĂ©s des collectivitĂ©s.
- MARION DELAIGUE : LE DROIT PUBLIC, SINON RIEN
Avocate associĂ©e et gĂ©rante du cabinet Latournerie Wolfrom, Marion Delaigue a alternĂ© les missions au sein du Parlement ou des cabinets ministĂ©riels, au plus haut niveau de lâĂtat, et son mĂ©tier dâavocate. Quand on a la chance dâappartenir Ă une miÂnoritĂ©, il faut en ĂȘtre digne et la faire perdurer », rĂ©sume Marion Delaigue pour rĂ©sumer sa fidĂ©litĂ© au protestantisme de la famille de sa mĂšre, Gardoise. Ses trois enfants ont dâailleurs Ă©tĂ© baptisĂ©s protestants. « Je suis confortable avec cette religion, peut-ĂȘtre plus attachĂ©e Ă lâesprit quâĂ la lettre, Ă la dimension intellectuelle de la foi plus quâau dogme », prĂ©cise celle qui explique aussi simplement pourquoi elle vote Ă droite. Une philosophie mĂȘlant mĂ©rite et exigence, responsabilitĂ© et libertĂ©, avec une forte attention portĂ©e Ă lâĂ©galitĂ© des chances et lâascenseur social. Une tradition familiale aussi, sans doute, pour cette fille de militaire, attachĂ© dâambassade, qui a grandi avec ses trois frĂšres sans port dâattache fixe, au grĂ© des affectations paternelles. « On compte dans mes aĂŻeux, des deux cĂŽtĂ©s, de nombreux militaires et fonctionnaires, des serviteurs de lâĂtat », explique lâavocate, qui nâa pas choisi le droit public par distraction et se dĂ©crit comme une fervente rĂ©publicaine, Ă©galement attachĂ©e Ă lâidĂ©e de Nation. « Enfant, je voulais devenir prĂ©sidente de la RĂ©publique », reprend-elle, toujours joviale, souriante, attentive Ă lâautre, dans le vaste bureau de lâimmense appartement haussmannien qui abrite le cabinet Latournerie Wolfrom, Ă lâouest de la rue du Faubourg-Saint-HonorĂ©. Mais nâallez pas croire que tout fut facile pour celle qui alterna, au cours dâune carriĂšre Ă©toffĂ©e, entre les cabinets dâavocats et les cabinets ministĂ©riels. « Je ne me doutais pas que la vie pourrait ĂȘtre parfois aussi difficile », confie-t-elle, mezzo voce, pour Ă©voquer, avec pudeur, sa part de souffrance. Adjointe au maire du 16e Une mention « TrĂšs bien » au bac en poche, elle intĂšgre Sciences Po, dont elle regrette lâenseignement trĂšs franco-français et lâuniformitĂ© des Ă©tudiants. « Jâadorerais faire Sce Po aujourdâhui, câest beaucoup plus ouvert sur le monde et ses Ă©volutions », dit-elle. Ă dĂ©faut dâintĂ©grer lâENA, elle devient avocate et se passionne pour le droit public, quâelle dĂ©finit comme une recherche de lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral par un juste Ă©quilibre entre les intĂ©rĂȘts particuliers et la puissance publique. Câest François Bayrou qui lui offre sa premiĂšre occasion de mettre en pratique ce goĂ»t de la chose publique. Elle devient chargĂ©e de mission au sein du groupe UDF Ă lâAssemblĂ©e nationale oĂč elle suit notamment les travaux de la Commission des lois. AprĂšs le schisme qui divise le Centre Ă lâoccasion de Ă©lections rĂ©gionales de 1998, lors desquelles des candidats de lâUDF sont Ă©lus grĂące aux voix du FN, elle suit Alain Madelin au sein de DĂ©mocratie libĂ©rale et travaille aux cĂŽtĂ©s de Claude Goasguen, JosĂ© Rossi ou Jean-François MattĂ©i. AprĂšs cette premiĂšre expĂ©rience forte, elle souhaite se consacrer pleinement au mĂ©tier dâavocat pour lequel elle Ă©tĂ© formĂ©e. Ce sera chez Latournerie Wolfrom Avocats, oĂč elle exerce dĂ©jĂ comme avocate en droit public des affaires. Un cabinet quâelle retrouve plus de 10 ans plus tard comme associĂ©e et dont elle est aujourdâhui co-gĂ©rante. Elle est en charge dĂ©sormais de nombreux sujets en lien avec le Grand Paris, en droit de lâamĂ©nagement notamment. Elle cite entre autres GPA, la SEM et la SPL Plaine Commune DĂ©veloppement, et divers promoteurs et investisseurs privĂ©s parmi ses clients grands-parisiens. Elle Ă©voque Ă©galement la mission de conseil de la ville de ChĂątenay-Malabry, quâelle a accompagnĂ©e dans la crĂ©ation de la premiĂšre Semop (SociĂ©tĂ© dâĂ©conomie mixte Ă opĂ©ration unique) dâamĂ©nagement française pour construire « La VallĂ©e », programme emblĂ©matique de lâĂ©conomie circulaire opĂ©rĂ© par Eiffage AmĂ©nagement. Lors de son passage Ă lâInstitut de la gestion dĂ©lĂ©guĂ©e (IGD), quâelle a rejoint aprĂšs sa premiĂšre expĂ©rience chez Latournerie Wolfrom Avocats, elle se spĂ©cialise dans les diffĂ©rents modes de gestion publique. Une pĂ©riode au cours de laquelle elle goĂ»te aux joies des mandats Ă©lectoraux, comme adjointe au maire du 16e arrondissement Pierre-Christian Taittinger, sous la houlette de Claude Goasguen, qui est venu la chercher, en charge des conseils de quartier. Au cabinet de Dominique de Villepin Son parcours passe Ă©galement par le cabinet de Dominique de Villepin, dâabord Ă lâIntĂ©rieur puis Ă Matignon, auprĂšs de Florence Berthout, qui dirige alors la cellule parlementaire au sein du cabinet et lâarecrutĂ©e. « Jâai adorĂ© », rĂ©sume-t-elle, malgrĂ© les agenÂdas impossibles pour une jeune mĂšre de famille. En 2007, alors que Nicolas Sarkozy est Ă©lu prĂ©siÂdent de la RĂ©publique, Marion Delaigue rejoint LVMH, pour dĂ©velopper auprĂšs du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Marc-Antoine Jamet la fondation Vuitton pour la crĂ©ation, dont la maĂźtrise dâouvrage est ensuite confiĂ©e Ă Christian Reyne, chargĂ© des grands projetsimmobiliers du groupe. Un nouveau challenge, Ă la hauteur de son goĂ»t pour les dĂ©fis, quâelle relĂšve jusquâen 2012. « Jâavais fait le tour du sujet et souhaitais redevenir avocate », souligne cette passionÂnĂ©e de voyages qui intĂšgre dâabord le cabinet Earth Avocats, avant de rejoindre Latournerie Wolfrom Avocats, comme associĂ©e, bouclant, au moins provisoirement, avec panache, un parcours Ă©poustouflant.
- « LES ADMINISTRATIONS DâĂTAT SONT TOTALEMENT MOBILISĂES SUR LâORGANISATION DES JOP »
Ă MOINS DâUN AN DE LâOUVERTURE DES JEUX OLYMPIQUES ET PARALYMPIQUES (JOP) DE LâĂTĂ 2024, MARC GUILLAUME, PRĂFET DE LA RĂGION DâĂLEDEFRANCE, PRĂFET DE PARIS, DĂTAILLE LâORGANISATION DES SERVICES PRĂFECTORAUX ET LES ACTIONS MISES EN OEUVRE POUR TENIR LES DĂLAIS ET LES CHALLENGES, DONT LA CĂRĂMONIE DâOUVERTURE SUR LA SEINE, MAIS AUSSI GARANTIR UNE FĂTE AUTANT POPULAIRE QUE SPORTIVE. Quel est le rĂŽle de la prĂ©fecture dâĂle-de-France et de Paris dans la prĂ©paration de lâaccueil des Jeux parisiens ? Depuis de nombreux mois, les JOP 2024 sont lâĂ©lĂ©ment majeur de lâactivitĂ© de la prĂ©fecture dâĂlede-France du fait de la multiplicitĂ© des actions Ă mener pour leur bonne organisation. Nous sommes dĂ©sormais en phase de concrĂ©tisation et donc la plupart de ces actions doivent se conduire sur le terrain. La livraison en temps et en heure des ouvrages est par exemple primordiale pour la prĂ©fecture qui est maĂźtre dâouvrage de certains dâentre eux : le mur anti-bruit du Village des athlĂštes, le Carrefour Pleyel, les voies de circulation rĂ©servĂ©es du rĂ©seau autoroutier, tant provisoires que pĂ©rennes. Cinq cents personnes de lâappareil dâĂtat en Ăle-de-France sont mobilisĂ©es. Dans quelle mesure la cĂ©rĂ©monie dâouverture concerne-t-elle la prĂ©fecture dâĂle-de-France ? La cĂ©rĂ©monie dâouverture va amener une armada de bateaux de lâest Ă lâouest parisiens pour transporter prĂšs de 10 000 athlĂštes. Aux 91 bateaux, et 25 de rĂ©serve, transportant les dĂ©lĂ©gations sâajouteront ceux dĂ©diĂ©s Ă lâencadrement et Ă la sĂ©curitĂ©, soit au total entre 140 et 170 bateaux dans la flotille. Cela se traduit par un important travail pour les services de la prĂ©fecture du fait de sa compĂ©tence de coordination de tous les acteurs sur le fleuve ; elle doit sâassurer du respect de la rĂ©glementation en vigueur relevant de la sĂ©curitĂ© de la navigation, dĂ©livrer les autorisations de manifestations nautiques sur la Seine, vĂ©rifier les compĂ©tences des capitaines des navires et la conformitĂ© des bateaux, accompagner le dĂ©placement temporaire et la relocalisation des bateaux logements se situant sur les zones de dĂ©barquement des athlĂštes. Il faut traiter ces questions inĂ©dites une Ă une pour que lâensemble de la cĂ©rĂ©monie soit un succĂšs. En revanche, la sĂ©curitĂ© notamment des spectateurs sur les quais hauts et bas, et celle concernant lâapproche de cette zone relĂšvent de la compĂ©tence de la prĂ©fecture de police. La prĂ©fecture de rĂ©gion est toutefois en charge de la formation et de lâembauche des personnes nĂ©cessaires Ă la sĂ©curitĂ© privĂ©e. En quoi la sĂ©curitĂ© privĂ©e consiste-t-elle ? Elle concerne lâaccĂšs aux sites dâĂ©preuves, mais aussi la sĂ©curisation de diverses activitĂ©s liĂ©es aux JOP. Plus de 13 000 embauches sont nĂ©cessaires en Ăle-de-France pour assurer ces fonctions essentielles. En lien avec PĂŽle emploi et la Drieets (Direction rĂ©gionale et interdĂ©partementale de lâĂ©conomie, de lâemploi, du travail et des solidaritĂ©s), nous menons des actions trĂšs variĂ©es qui ont permis, en mai 2023, de rĂ©aliser 4 500 embauches et Ă 3 000 personnes de suivre une formation. Les 122 agences franciliennes de PĂŽle emploi sont mobilisĂ©es depuis septembre 2022 pour que chacune des entreprises ayant obtenu un marchĂ© des JOP soit en contact avec une agence qui puisse recueillir ses besoins et y rĂ©pondre. Le plan sâadresse aussi Ă dâautres populations dont les Ă©tudiants, dans lâobjectif de recruter de 2 000 Ă 3 000 dâentre eux. LâĂtat a dĂ©gagĂ© des crĂ©dits trĂšs importants sâĂ©levant Ă 45 millions dâeuros. De quelle maniĂšre la prĂ©fecture participe-t-elle au plan baignade ? Cet immense plan fait, en effet, partie des actions majeures de la prĂ©fecture dâĂle-de-France dans le cadre de la prĂ©paration et de lâhĂ©ritage des JOP. Le plan mobilise entre 1,2 et 1,4 milliard dâeuros dâinvestissements dont prĂšs de 700 millions de la part de lâĂtat. Il vise Ă financer une multiplicitĂ© dâactions : la mise Ă niveau des deux usines de Seine Valenton (Val-de-Marne) et de Marne aval Ă Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) ainsi que de lâensemble des infrastructures pour quâelles soient fonctionnelles en temps de pluie ; lâadaptation des rĂ©seaux publics pour lesquels 300 millions de travaux sont prĂ©vus ; enfin la mise aux normes des milliers de branchements privĂ©s en amont de Paris pour dissocier les eaux pluviales des eaux usĂ©es. En quoi ce plan contribue-t-il Ă lâhĂ©ritage des JOP 2024 ? On se baignera dans la Seine et dans la Marne dans les annĂ©es qui suivront les Jeux. Il y a deux ans et demi, 2 % de la dĂ©pollution avaient Ă©tĂ© effectuĂ©s. Ă lâĂ©tĂ© 2024, nous aurons fait plus que ce quâil faut pour tenir les dĂ©lais. En effet, plus de 75 % des travaux de dĂ©pollution totaux auront Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s. Ainsi, les deux compĂ©titions de triathlon et de marathon pourront se dĂ©rouler sur la Seine Ă lâĂ©tĂ© 2024 Ă hauteur du pont Alexandre III. Reste le risque quâun trĂšs gros orage se produise la veille ou lâavant-veille de lâĂ©vĂšnement. Il est fort probable que, dans ce cas, les Ă©preuves ne soient pas annulĂ©es mais dĂ©calĂ©es de quelques jours. Mais pour avoir des endroits de baignade Ă plus long terme, il faudra concevoir des sites dĂ©diĂ©s, ce qui nĂ©cessite de traiter les problĂšmes de sĂ©curitĂ©, de partager lâusage de lâeau avec les bateaux et les autres usagers. Ces questions sont-elles spĂ©cifiques aux Jeux parisiens ? Il est vrai quâune cĂ©rĂ©monie dâouverture hors dâune enceinte sportive est une premiĂšre dans lâhistoire des JO. La dĂ©pollution du fleuve pour permettre la tenue dâĂ©preuves de natation dans la Seine est aussi une spĂ©cificitĂ© des Jeux parisiens. Ceux-ci vont Ă©galement sâaccompagner dâune mobilisation populaire. Le gouvernement et les collectivitĂ©s territoriales souhaitent que les JOP soient une fĂȘte populaire, ce qui implique de mettre en oeuvre diverses actions pour que, dans chaque dĂ©partement dâĂle-de-France, des zones de cĂ©lĂ©bration existent afin de permettre Ă lâensemble des Franciliens de « vivre les Jeux ». Elles seront en accĂšs libre et co-financĂ©es par lâĂtat, la RĂ©gion, la MĂ©tropole du Grand Paris et les collectivitĂ©s territoriales. Ă quoi servent les centres de prĂ©paration aux Jeux ? Ce sont 119 communes dâĂle-de-France qui ont candidatĂ© pour faire partie des centres de prĂ©paration aux Jeux (CPJ) et ainsi accueillir des dĂ©lĂ©gations Ă©trangĂšres. Par exemple, Eaubonne (Val-dâOise) hĂ©bergera la dĂ©lĂ©gation amĂ©ricaine, Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) la dĂ©lĂ©gation britannique, Fontainebleau (Seine-et-Marne) la dĂ©lĂ©gation corĂ©enne. Des villes vont Ă©galement recevoir des fĂ©dĂ©rations Ă©trangĂšres : la boxe cubaine Ă Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) et lâescrime hongkongaise Ă Melun (Seine-et-Marne). Ătre CPJ est un levier pour susciter lâadhĂ©sion et la mobilisation des populations locales autour des Jeux. LâĂtat essaie dâaccompagner chacune de ces communes afin de leur proposer un dispositif dâaide pour leurs Ă©quipements sportifs, mais aussi de faire en sorte quâelles puissent dĂ©velopper en mĂȘme temps dâautres activitĂ©s, notamment culturelles. 400 Câest le nombre de kilomĂštres de pistes cyclables qui ont Ă©tĂ© programmĂ©es pour accĂ©der aux sites des dâĂ©preuves olympiques ; 21 000 places de parking, dont le financement est rĂ©parti entre lâĂtat et les collectivitĂ©s locales, seront parallĂšlement créées. 216 LâĂle-de-France compte 216 centres de prĂ©paration aux Jeux, reprĂ©sentant plus de 300 Ă©quipements sportifs et 61 disciplines olympiques et paralympiques, tous recensĂ©s dans un catalogue mis Ă disposition des 206 ComitĂ©s Nationaux Olympiques et 184 ComitĂ©s Nationaux Paralympiques du monde entier pendant lâOlympiade 2020-2024. (source : prĂ©fecture dâIDF) « LA LIVRAISON EN TEMPS ET EN HEURE DES OUVRAGES EST PAR EXEMPLE PRIMORDIALE POUR LA PRĂFECTURE QUI EST MAĂTRE DâOUVRAGE DE CERTAINS DâENTRE EUX » LES GRANDS CAMPEMENTS ILLICITES EN VOIE DâEXTINCTION LâĂtat mobilise plus de 120 000 places dâhĂ©bergement chaque jour en Ăle de France, toutes catĂ©gories confondues. « Ce volume de places a beaucoup augmentĂ© ces derniĂšres annĂ©es », souligne Marc Guillaume. « Cet engagement massif doit permettre dâapporter une rĂ©ponse aux situations individuelles », poursuit le prĂ©fet de RĂ©gion et de Paris. « En 2021, nous avons menĂ© 28 opĂ©rations de mises Ă lâabri pour plus de 7 000 personnes et 19 en 2022 pour Ă peu prĂšs le mĂȘme nombre ; depuis 2023, nous en avons menĂ© 9 dont les 3 derniĂšres concernent lâoccupation des locaux de lâAPHP Ă Victoria, un gymnase et le siĂšge dâUnibĂ©ton en SeineSaintDenis. » Marc Guillaume se fĂ©licite du fait que « grĂące Ă la rĂ©gularitĂ© de ces opĂ©rations de mises Ă lâabri, il nây a plus, depuis deux ans, de grands campements illicites de plusieurs milliers de personnes dans Paris et les dĂ©partements franciliens comme cela a pu ĂȘtre le cas dans les annĂ©es 2015/2020 ». Face Ă la spĂ©cificitĂ© du fait quâun demandeur dâasile sur deux arrivĂ© en France se rend tout dâabord en ĂledeFrance, la solidaritĂ© nationale joue dĂ©sormais. Aussi, un certain nombre de ces personnes se voient proposer des places dâhĂ©bergement en province.
- VIE DU CLUB : UNE ANNĂE ĂTINCELANTE AU SERVICE DES PROJETS DU GRAND PARIS
LâannĂ©e Ă©coulĂ©e a Ă©tĂ© celle de la consĂ©cration institutionnelle des Acteurs du Grand Paris, culminant lors du cocktail dâĂ©tĂ© au SĂ©nat, Ă lâinvitation de GĂ©rard Larcher et dâHervĂ© Marseille, ou Ă lâoccasion de la SoirĂ©e dâhiver au PrĂ© Catelan, lors de laquelle le prĂ©sident Thomas Hantz sâest vu remettre lâinsigne de chevalier dans lâOrdre national du MĂ©rite des mains de lâancien prĂ©sident de la RĂ©publique Nicolas Sarkozy. Les dĂźners des maires, rassemblant des Ă©lus et leur exĂ©cutif, les visites de territoires, de mĂȘme que les nombreux dĂźners dĂ©bats ont Ă©galement dĂ©montrĂ© la vitalitĂ© du Club au service du Grand Paris. Plein succĂšs pour les dĂźners des maires Le succĂšs des dĂźners des maires sâest pleinement confirmĂ© en 2023. InitiĂ©e en juillet 2022, la formule consiste Ă rĂ©unir un Ă©lu et lâensemble de son bureau, pour dĂ©battre des grands projets de la collectivitĂ© avec les membres du Club. La MĂ©tropole du Grand Paris avait Ă©tĂ© la premiĂšre structure Ă se prĂȘter Ă lâexercice lâannĂ©e derniĂšre. Son prĂ©sident, Patrick Ollier, et de nombreux membres de son bureau sont revenus, le 13 juin 2023, Ă la rencontre des Acteurs du Grand Paris. Lâoccasion pour lâancien ministre des Relations avec le Parlement de rappeler le chemin parcouru par lâinstitution créée le 1er janvier 2016 et ses multiples projets en cours. Le maire de Rueil-Malmaison a notamment dĂ©crit comment il sâĂ©tait attelĂ©, avec lâensemble des groupes politiques de la MĂ©tropole, dans le cadre de la gouvernance partagĂ©e qui fait la marque de fabrique de lâinstitution, Ă rendre cette derniĂšre « lisible et crĂ©dible », « en laissant les querelles politiciennes Ă la porte de la MĂ©tropole ». Le maire du 17e, Geoffroy Boulard, vice-prĂ©sident de la MGP en charge de la Communication et de lâInnovation numĂ©rique, a dĂ©taillĂ© le projet de passerelle sur le Dniepr Ă Kiev, qui verra bientĂŽt le jour grĂące Ă la solidaritĂ© de la MĂ©tropole du Grand Paris avec lâUkraine. Mathieu Hanotin et les vice-prĂ©sidents de « Plaine Co » EntourĂ© dâune dizaine de ses vice-prĂ©sidents de Plaine Commune, Mathieu Hanotin sâest prĂȘtĂ© Ă lâexercice, lors dâune soirĂ©e, le 6 octobre 2022 dans les salons de lâHĂŽtel des Arts et MĂ©tiers, oĂč il a pu livrer sa vision dâun Grand Paris Ă la crĂ©ation duquel, alors dĂ©putĂ©, il contribua largement il y a quelques annĂ©es. Le maire (PS) de Saint-Denis, Ă©galement prĂ©sident de Plaine Commune, a Ă©voquĂ© notamment sa volontĂ© dâinvestir des moyens supplĂ©mentaires dans le portage foncier nĂ©cessaire Ă la rĂ©alisation de ses projets dâamĂ©nagement. LâĂ©lu a exprimĂ© son volontarisme pour rĂ©tablir davantage de mixitĂ© sociale et fonctionnelle dans le territoire, lutter contre lâhabitat indigne ou amĂ©liorer le cadre de vie des habitants. Il a soulignĂ© lâimpact trĂšs positif attendu de lâorganisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 pour son territoire et la mobilisation de Plaine Commune, comme du Conseil dĂ©partemental de Seine-Saint-Denis, pour que les promesses de lâhĂ©ritage olympique soient tenues. « Ces dĂźners rencontrent un grand succĂšs », se fĂ©licite Thomas Hantz, qui note que les deux dĂźners mĂ©tropolitains ont fait salle comble, rĂ©unissant jusquâĂ 150 convives Ă lâAĂ©ro-Club de France de la rue GalilĂ©e, dans le 16e arrondissement de Paris. Dans lâambiance Ă la fois conviviale et attentive qui caractĂ©rise ces Ă©vĂ©nements. Un cocktail dâĂ©tĂ© au SĂ©nat Le cocktail dâĂ©tĂ© du Club sous les lambris dorĂ©s des salons du Palais du Luxembourg, organisĂ© le 21 juillet 2022 en prĂ©sence de plus de 300 participants, a constituĂ© un des points dâorgue de lâannĂ©e Ă©coulĂ©e ainsi quâun signe apprĂ©ciĂ© de reconnaissance institutionnelle. Le prĂ©sident du SĂ©nat GĂ©rard Larcher, accompagnĂ© notamment dâHervĂ© Marseille, sĂ©nateur des Hauts-de-Seine et prĂ©sident de lâUDI, a affirmĂ© Ă cette occasion son attachement au projet du Grand Paris dans son ensemble. Les deux Ă©lus ont soulignĂ© les nombreux dĂ©fis auxquels le Grand Paris devra encore faire face, en termes de logistique, de soutien Ă©tatique et de moyens. GĂ©rard Larcher a exprimĂ© sa conviction de la nĂ©cessitĂ© dâune rĂ©forme de son organisation institutionnelle, Ă laquelle le SĂ©nat compte bien prendre toute sa part. Câest le sens des diffĂ©rents travaux menĂ©s notamment dans le cadre de sa dĂ©lĂ©gation aux collectivitĂ©s territoriales et Ă la dĂ©centralisation. « CET ĂVĂNEMENT A CONSTITUĂ Ă MES YEUX LA RECONNAISSANCE PAR LES POUVOIRS PUBLICS, AU PLUS NIVEAU, DU TRAVAIL DU CLUB TOUT AU LONG DE SES PLUS DE 10 ANS DâEXISTENCE DANS LE SENS DE LâINTĂRĂT GĂNĂRAL » THOMAS HANTZ « Le sens de lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral » VIANNEY DELOURME, COFONDATEUR DâENLARGE YOUR PARIS « Jâai apprĂ©ciĂ© le format âmatinaleâ et me vient Ă lâesprit celle avec Patrice Leclerc, le maire de Gennevilliers : une atmosphĂšre plaisante, franche et axĂ©e sur la notion dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral âau-delĂ â des questions partisanes, abordĂ©es avec humour par lâĂ©lu. Simple, efficace, âvraiâ. Un moment de tĂ©moignage qui permet de rencontrer une personnalitĂ© dans un contexte Ă©purĂ© de matinale. Jâai aussi Ă©tĂ© vivement intĂ©ressĂ© par le dĂ©bat croisĂ© entre Alexandre Labasse (APUR) et Nicolas Bauquet (IPR), qui fut, au-delĂ de leurs propos, un rappel de la chance que nous avons dans le Grand Paris de disposer dâinstitutions de recherche fortes, solides, pluridisciplinaires et complĂ©mentaires pour nourrir les dĂ©bats, ne pas sâĂ©garer dans les hashtags Ă la mode... Le succĂšs du projet du Grand Paris repose largement sur ce tissu dâexperts dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral dont la vue porte loin ! » « Un cap a Ă©tĂ© franchi cette annĂ©e » MARIA BREIDY, DIRECTRICE DE LA COMMUNICATION ET DES RELATIONS PRESSE AU MINISTĂRE DES SPORTS ET DES JEUX OLYMPIQUES ET PARALYMPIQUES « Tout au long de ses 10 annĂ©es dâexistence, le club des Acteurs du Grand Paris a connu une montĂ©e en puissance rĂ©guliĂšre et vient de franchir un cap au cours de lâannĂ©e Ă©coulĂ©e. Une montĂ©e en gamme et en compĂ©tences, reflet dâun professionnalisme accru de ses membres, qui sâest traduite aussi par une qualitĂ© toujours plus grande de ses Ă©vĂ©nements et des personnalitĂ©s invitĂ©es. La perspective de crĂ©er un club dâĂ©lus sâinscrit dans cette dynamique. Les crises en cours rendent plus nĂ©cessaire encore le partage de bonnes pratiques, dans le cadre convivial qui est la marque de fabrique du Club. Je retiendrai en particulier, au cours des derniers mois, la deuxiĂšme Ă©dition du dĂźner des maires de la MĂ©tropole, autour de Patrick Ollier, ou encore la visite de territoire menĂ©e en juin au Centre aquatique olympique et au Village des athlĂštes des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. » « Je suis impressionnĂ© par lâintensitĂ© de la vie du Club » FRĂDĂRIC MOULIN, DĂLĂGUĂ TERRITORIAL VAL DE SEINE, GRT GAZ « Je retiens des derniers mois trois Ă©vĂ©nements marquants. Les apĂ©ritifs grands-parisiens, qui ajoutent encore de la convivialitĂ© au Club qui nâen manquait pas. Le blind test dont seul le PrĂ©sident connaĂźt les rĂšgles est toujours un grand moment ! Le dĂźner-dĂ©bat avec lâambassadeur GĂ©rard Araud nâĂ©tait pas tout Ă fait dans la ligne classique de nos dĂ©bats grands-parisiens, mais quelle leçon de rĂ©alisme et de volontĂ© Ă la fois ! Enfin, la soirĂ©e dâhiver du 1er dĂ©cembre, avec la trĂšs Ă©mouvante cĂ©rĂ©monie de remise des insignes de chevalier dans lâOrdre national du MĂ©rite au PrĂ©sident. Je suis impressionnĂ© par lâintensitĂ© de la vie du Club, tellement dâĂ©vĂ©nements ! » La 3e Ă©dition des « 24 heures du Grand Paris » Formule renouvelĂ©e pour « Les 24 heures du Grand Paris », Ă©vĂ©nement fĂ©dĂ©rateur co-organisĂ© par le club des Acteurs du Grand Paris, les notaires du Grand Paris et La Tribune. Ce rendez-vous emblĂ©matique, qui sâest tenu le 20 septembre 2022, sâest conclu autour dâun buffet dâexception, et une intervention du chef Ă©toilĂ© Guy Savoy, intarissable sur la contribution de la gastronomie et lâexcellence française en matiĂšre artistique et culinaire Ă lâattractivitĂ© et au rayonnement international du Grand Paris. Changement de dĂ©cor pour le dĂ©sormais traditionnel dĂźner du Grand Paris qui ouvre lâĂ©vĂ©nement et a eu lieu cette annĂ©e dans la salle de bal du Westin Paris VendĂŽme, en prĂ©sence de ClĂ©ment Beaune. Le ministre des Transports a saluĂ© Ă cette occasion « une rĂ©ussite qui nâĂ©tait pas Ă©crite. Vous avez su crĂ©er un instrument utile, au bĂ©nĂ©fice de tous les habitants », a dĂ©clarĂ© lâancien dĂ©putĂ© de Paris Ă lâintention de lâexĂ©cutif mĂ©tropolitain, largement reprĂ©sentĂ© lors de cette soirĂ©e de gala. « Nous ne sommes pas au bout de la gouvernance », a-t-il ajoutĂ©, estimant que les amĂ©liorations Ă lui porter sâeffectueront « en consolidant la MĂ©tropole ». ClĂ©ment Beaune a Ă©galement rendu hommage au succĂšs de la SociĂ©tĂ© du Grand Paris, rappelant son devoir dâĂȘtre au rendez-vous des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. « Je ne mâen doutais pas en acceptant ce ministĂšre, mais le dossier des JOP est sans doute le plus difficile. Le Grand Paris Express est dĂ©jĂ une rĂ©ussite. Nous ne saurions pas crĂ©er quatre lignes si nous nâavions pas une structure de gouvernance, une maĂźtrise dâouvrage dĂ©diĂ©e, une fiscalitĂ© affectĂ©e », a-t-il soulignĂ©, dĂ©crivant « un modĂšle regardĂ©, un exemple qui peut ĂȘtre suivi ». En amont de ce dĂźner, une table ronde intitulĂ©e « Pourquoi faire du beau dans le Grand Paris ? » a rĂ©uni Emmanuel Launiau, prĂ©sident du groupe Quartus, Jean-François Rial, prĂ©sident de Voyageurs du monde et de lâOffice du tourisme et des congrĂšs de Paris, et Laurence des Cars, prĂ©sidente-directrice du Louvre, pour Ă©changer sur leur vision de lâesthĂ©tisme. Nicolas Sarkozy au PrĂ© Catelan LâannĂ©e Ă©coulĂ©e a Ă©tĂ© Ă©galement marquĂ©e par une soirĂ©e dâhiver du Club en tous points exceptionnelle. Lors de cet Ă©vĂ©nement, organisĂ© le 1er dĂ©cembre 2022 au PrĂ© Catelan, au coeur du bois de Boulogne, le prĂ©sident dâActeurs du Grand Paris Thomas Hantz sâest vu remettre les insignes de chevalier dans lâOrdre national du MĂ©rite par Nicolas Sarkozy. Lâancien prĂ©sident de la RĂ©publique, devant un impressionnant parterre de personnalitĂ©s du tout-Grand Paris, successivement goguenard et grave, mais toujours amical et bienveillant, a saluĂ© lâengagement constant du rĂ©cipiendaire au service de lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. On notait notamment la prĂ©sence du prĂ©sident de la MĂ©tropole du Grand Paris Patrick Ollier, du vice-prĂ©sident du Conseil rĂ©gional en charge de lâAmĂ©nagement Jean-Philippe Dugoin-ClĂ©ment, du maire dâIssy-les-Moulineaux AndrĂ© Santini, qui fut lâun des mentors de Thomas Hantz, de lâancien secrĂ©taire dâĂtat chargĂ© du dĂ©veloppement de la rĂ©gion capitale Christian Blanc, de lâancien prĂ©sident de rĂ©gion Jean-Paul Huchon ou du prĂ©sident du Syndicat interdĂ©partemental pour lâassainissement de lâagglomĂ©ration parisienne François-Marie Didier. Lâancienne ministre Nicole Guedj ou le conseiller maĂźtre Ă la Cour des comptes Henri Guaino figuraient aussi parmi les personnalitĂ©s qui avaient fait le dĂ©placement. De nombreux maires et opĂ©rateurs des secteurs de la construction et de lâimmobilier, de lâĂ©nergie, de la mobilitĂ© ou des rĂ©seaux Ă©taient Ă©galement prĂ©sents. Nicolas Sarkozy a Ă©voquĂ© la rĂ©silience, la combativitĂ© ainsi que la sensibilitĂ© du rĂ©cipiendaire. Sans dissimuler son Ă©motion, Thomas Hantz a exprimĂ©, sâadressant au prĂ©sident Sarkozy, « lâhonneur et une joie qui sâaccordent avec le privilĂšge de mâinscrire dans la filiation dâun projet que vous avez voulu, le Grand Paris, et dont les fonts baptismaux ont Ă©tĂ© portĂ©s par vous, monsieur le ministre, cher Christian Blanc, avec votre formidable cabinet ». Thomas Hantz a Ă©maillĂ© son discours de nombreuses rĂ©fĂ©rences littĂ©raires, citant notamment Balzac au rang de ses inspirateurs. Il a Ă©voquĂ© la figure de ses grands-parents tant aimĂ©s, son grand-pĂšre inspecteur divisionnaire de police, chef de la sĂ»retĂ© Ă Blois, qui fut Ă©galement chevalier dans lâOrdre national du MĂ©rite. « Je veux saluer le bureau de notre association et je tiens Ă les citer tous : ValĂ©rie Cathely, Olivier Frard, Christelle Tang, Maria Breidy, Ludovic Raes, David Lebon. Et toi aussi cher François-Marie Didier, depuis si longtemps dans lâaventure avec nous », a-t-il dĂ©clarĂ©. Acteurs du Grand Paris, fĂ©dĂ©rateur au Mipim Des Ă©lus de tous bords et des quatre coins de lâĂle-de-France se sont retrouvĂ©s dans une ambiance dĂ©contractĂ©e lors du dĂźner organisĂ© par lâassociation en marge du Mipim, le 15 mars 2023. Jean-Philippe Dugoin-ClĂ©ment, vice-prĂ©sident en charge de lâAmĂ©nagement au Conseil rĂ©gional dâĂle-de-France et maire (UDI) de Mennecy, a pu Ă©changer amicalement avec Mathieu Hanotin, prĂ©sident de Plaine Commune et maire (PS) de Saint-Denis, tout comme Karim Bouamrane, maire (PS) de Saint-Ouen, Michel Senot, maire (DVD) de Saclay, Yann Cauchetier, maire (DVD) de Gif-sur-Yvette, Denis Larghero, maire (UDI) de Meudon, avec Dieunor Excellent, maire (DVG) de Villetaneuse, et ce dernier avec Geoffroy Boulard, maire (LR) du 17e arrondissement de Paris et vice-prĂ©sident de la MGP. « Le signe que nous avons su crĂ©er une institution libre et indĂ©pendante, fait valoir Thomas Hantz, qui travaille avec tous ceux qui sont engagĂ©s pour le dĂ©veloppement du Grand Paris et de lâĂle-de-France. » Tour dâhorizon de haute volĂ©e avec GĂ©rard Araud Ambassadeur de France en IsraĂ«l ou aux Ătats-Unis, reprĂ©sentant permanent de la France au Conseil de sĂ©curitĂ© de lâONU, câest une personnalitĂ© de haut vol que le club des Acteurs du Grand Paris a reçu le 15 fĂ©vrier 2023 Ă lâoccasion dâun dĂźner en forme de tour dâhorizon international. Lâambassadeur de France GĂ©rard Araud a livrĂ© son inquiĂ©tude face Ă une dĂ©mondialisation en cours aboutissant Ă une fragmentation inĂ©dite dâun monde oĂč « tout devient politique ». « Quand nous dĂ©cidons de mettre fin Ă notre approvisionnement en gaz auprĂšs de la Russie, ce qui est Ă©conomiquement absurde, cela montre que le politique a pris le pas sur toutes autres considĂ©rations », a estimĂ© le diplomate. Ce dernier a Ă©galement Ă©voquĂ© la guerre froide sino-amĂ©ricaine, la prĂ©gnance dĂ©sormais mondiale du sujet climatique et les bouleversements gĂ©nĂ©rĂ©s par lâessor vertigineux de lâintelligence artificielle. GĂ©rard Araud a par ailleurs dĂ©plorĂ© « lâĂ©chec absolu » de la politique Ă©trangĂšre de la France en Afrique. Il a affirmĂ© Ă la fois lâimportance du rĂŽle que jouaient Ă ses yeux les grandes mĂ©tropoles internationales et sa conviction dâun retour de lâĂtat-nation. PARTENARIAT AVEC LE GROUPE SOS DE JEAN-MARC BORELLO Les projets du Grand Paris vont ils changer la vie de ceux qui en bĂ©nĂ©ficieront, mais aussi de ceux qui contribuent Ă leur rĂ©alisation ? Mesurer lâimpact social et sociĂ©tal des projets du Grand Paris : câest justement la vocation du groupe de travail mis en place par lâassociation, en partenariat avec le groupe SOS. Ses membres planchent sur la crĂ©ation dâune batterie dâindicateurs, en vue de la crĂ©ation dâun rĂ©fĂ©rentiel de mesures dâimpact. Visites de territoires Paris-Saclay et le Saint-Denis olympique au programme Mesurer les distances, sentir lâatmosphĂšre des grands projets, rencontrer leurs acteurs : câest la vocation des visites de territoires organisĂ©es par le Club. Au programme 2022-2023, lâopĂ©ration dâintĂ©rĂȘt national de Paris-Saclay et les installations olympiques de Saint-Denis, deux rencontres avec le terrain exceptionnelles. « Nous souhaitons aller sur le terrain, mesurer les distances, dĂ©couvrir la topographie, rencontrer les acteurs, sentir lâatmosphĂšre qui entoure les projets », explique Thomas Hantz. « La thĂ©orie, les dĂ©bats dâidĂ©es, câest bien, mais nous nous intĂ©ressons aussi aux concrĂ©tisations », poursuit le prĂ©sident des Acteurs du Grand Paris pour dĂ©crire lâesprit des visites de territoires organisĂ©es par lâassociation. Pour illustrer son propos, le 7 juillet 2022, la visite du territoire de Paris-Saclay a sans conteste marquĂ© les esprits des participants Au programme de cette journĂ©e rythmĂ©e figurait notamment la visite de lâEDF Lab de Paris-Saclay et de lâĂ©cosystĂšme acadĂ©mique de CentraleSupĂ©lec. Plus globalement, ce fut lâoccasion de mesurer lâĂ©tat dâavancement de lâopĂ©ration dâintĂ©rĂȘt national, qui vise Ă crĂ©er un pĂŽle scientifique et technique de rang mondial. La journĂ©e a Ă©tĂ© ponctuĂ©e de rencontres avec des reprĂ©sentants dâune partie des quelque 600 startups quâabrite le territoire, notamment dans le secteur des deep tech. JĂ©rĂ©my HervĂ©, directeur de lâamĂ©nagement et du dĂ©veloppement Ă©conomique Ă lâĂ©tablissement public dâamĂ©nagement de Paris-Saclay, François Molho, directeur Action rĂ©gionale EDF R&D, ou Anita de Voisins, directrice de lâentrepreneuriat de Centrale-SupĂ©lec, furent notamment les guides de cette visite. Un dĂ©jeuner privĂ© au Golf national de SaintQuentin-en-Yvelines a rĂ©uni les participants, dont Philippe Van de Maele, alors encore directeur gĂ©nĂ©ral de lâEPA Paris-Saclay*, Yann Cauchetier, maire de Gif-sur-Yvette et vice-prĂ©sident de la communautĂ© dâagglomĂ©ration (CA) de Paris-Saclay, Jean-Michel Fourgous, maire dâĂlancourt et prĂ©sident de la communautĂ© dâagglomĂ©ration de SaintQuentin-en-Yvelines, et François de MaziĂšres, maire de Versailles et prĂ©sident de la CommunautĂ© dâagglomĂ©ration de Versailles Grand Parc. Visite du Centre aquatique olympique Le 8 juin 2023, câest au coeur des sites olympiques que le Club sâest rendu pour une autre visite de territoire particuliĂšrement marquante. Ses participants ont pu dĂ©couvrir, Ă cette occasion, le chantier du Centre aquatique olympique de la Plaine Saulnier, dĂ©sormais reliĂ© au Stade de France par une large passerelle dĂ©diĂ©e aux piĂ©tons et aux mobilitĂ©s douces. La visite sâest prolongĂ©e par la dĂ©couverte du Village des athlĂštes, avant de se poursuivre par un dĂ©jeuner-dĂ©bat avec le prĂ©sident de Plaine-Commune et maire de Saint-Denis Mathieu Hanotin, et le prĂ©sident du Syctom, lâagence mĂ©tropolitaine des dĂ©chets, Corentin Duprey. * Philippe Van de Maele est dĂ©sormais le directeur de cabinet de Christophe BĂ©chu au ministĂšre de la Transition Ă©cologique et de la CohĂ©sion des territoires. DES APĂRITIFS TRĂS CONVIVIAUX Pour le simple plaisir de se retrouver, le club des Acteurs du Grand Paris a organisĂ© Ă©galement tout au long de lâannĂ©e des apĂ©ritifs conviviaux dans les salons de son siĂšge de la rue Lafayette, la Maison des Acteurs du Grand Paris.
- TotalEnergies se réinvente pour atteindre la neutralité carbone en 2050
Pour contribuer au dĂ©veloppement durable de la planĂšte face au dĂ©fi climatique, Total se transforme et devient TotalEnergies pour reprĂ©senter toutes les Ă©nergies. StĂ©phane Chambon, directeur des Affaires Publiques et Comptes StratĂ©giques pour la mobilitĂ© et les nouvelles Ă©nergies chez TotalEnergies Marketing France, prĂ©sente les ambitions de la compagnie française dĂ©sormais multi-Ă©nergies. Comment TotalEnergies compte atteindre la neutralitĂ© en 2050 ? La CompagnieTotalEnergies intĂšgre le climat dans sa stratĂ©gie depuis de nombreuses annĂ©es. Pour atteindre la neutralitĂ© carbone sur lâensemble de nos activitĂ©s Ă lâhorizon 2050 en mĂȘme temps que le reste de la sociĂ©tĂ©, comprenant aussi celles induites de nos clients en Europe, la moitiĂ© de nos investissements sont dĂ©sormais consacrĂ©s aux Ă©nergies renouvelables, dont le solaire et lâĂ©olien. Nous entendons ĂȘtre dans le Top 5 des renouvelables dĂšs 2030 avec 60 milliards dâeuros de projets Ă financer sur 10 ans dans le monde. Ce qui reprĂ©sente une croissance accĂ©lĂ©rĂ©e nous faisant passer de 7 GW (gigawatts) de puissance installĂ©e en 2020 Ă 35 GW en 2025 puis 100 GW en 2030, soit une puissance installĂ©e supĂ©rieure au parc nuclĂ©aire français. Nous souhaitons accompagner lâĂ©volution de la demande en produisant plus avec moins dâĂ©missions. Que proposez-vous Ă vos clients pour atteindre la neutralitĂ© carbone ? Dâune part, nous accompagnons nos clients, industriels ou commerciaux, publics ou privĂ©s, dont il faut comprendre les besoins et les usages, prĂ©sents et futurs. Nous leur proposons des solutions correspondant Ă leur profil, avec systĂ©matiquement La Compagnie une approche de rĂ©duction de la consommation TotalEnergies intĂšgre le Ă©nergĂ©tique et de lâempreinte carbone. Cela se climat dans sa stratĂ©gie traduit soit par une offre plus importante en produits dâorigine renouvelable, soit par une offre de nouvelles Ă©nergies (Ă©lectrique, H2 - hydrogĂšne, GNV/BioGNV, pellets de boisâŠ), soit les deux. Dâautre part, nous adaptons notre offre en dĂ©veloppant des unitĂ©s de production dâĂ©nergie renouvelable (solaire, Ă©olien, biomĂ©thaneâŠ), en transformant nos stations-services et en offrant de nouveaux services de mobilitĂ©, comme des outils de gestion de flottes en autopartage. Notre rĂ©seau devient multi-Ă©nergies avec des stations publiques et privatives disposant de biocarburants (super Ă©thanol, HVOâŠ), de lâhydrogĂšne, de GNV/BioGNV et massivement des services de recharge pour voitures Ă©lectriques, notamment avec le dĂ©ploiement de bornes Haute Puissance (HPC : High Power Charger) pour recharger dans des temps trĂšs courts. Comment cela se traduit-il dans les territoires, notamment en termes de mobilitĂ© ? Cette transformation engage la Compagnie dans sa capacitĂ© Ă mettre en oeuvre et Ă rĂ©ussir Ă lâimplĂ©menter au coeur des territoires avec lâensemble de nos parties prenantes. En Ă©tant multi-Ă©nergies, il est important pour nous dâapporter un Ă©clairage neutre entre les diffĂ©rentes solutions possibles, qui ont toutes des avantages et des inconvĂ©nients, il nây a pas de solution universelle. Concernant les transports, qui reprĂ©sentent le quart des Ă©missions de CO2 dans le monde, cela se traduit par une forte montĂ©e en puissance des biocarburants et des Ă©nergies alternatives avec lâĂ©lectrique, le GNV/ BioGNV et lâhydrogĂšne. LâintĂ©rĂȘt de ces Ă©nergies renouvelables est quâelles favorisent lâĂ©conomie circulaire et leur ancrage local : dĂ©veloppement dâunitĂ©s de mĂ©thanisation pour la production de BioGNV, construction de fermes solaires pour produire de lâĂ©lectricitĂ© verte dans une logique de mobilitĂ© dĂ©carbonĂ©e, soit pour des vĂ©hicules Ă hydrogĂšne, soit pour des vĂ©hicules Ă©lectriques. Sans compter quâavec un rĂ©seau de 3 500 stations toutes marques en France, 90 % des Français sont Ă moins de 15 minutes dâune station TotalEnergies. Quâen est-il dans la rĂ©gion Ăle-de-France et la MĂ©tropole du Grand Paris ? Depuis lâouverture, le 28 mai 2021, du premier hub de recharge haute puissance de France avec la conversion de notre station-service de La DĂ©fense en 100 % Ă©lectrique (voir photo ), nous disposons aujourdâhui de 5 autres stations en HPC dans un format multi-Ă©nergies. Dâici 2024, notre programme de conversion et de transformation prĂ©voit dâatteindre 12 hubs HPC 100 % Ă©lectriques et une trentaine de stations multi-Ă©nergies avec HPC. Nous travaillons Ă©galement au dĂ©veloppement de premiers projets portant sur la recharge publique pour poids-lourds Ă©lectriques et nous nous positionnons sur les parkings et la recharge en voirie. Nous sommes opĂ©rateur depuis 2021 du rĂ©seau Belibâ sur la ville de Paris. Sur les autres Ă©nergies, nous disposons de 8 stations GNV/BioGNV, nous sommes partenaire de Hysetco avec 4 stations H2 ouvertes et un objectif dâen avoir 12 dâici fin 2024, et nous devrions avoir une premiĂšre aire de distribution H2 pour poids-lourds dans une station multi-Ă©nergies en 2024. En complĂ©ment, nous accompagnons la filiĂšre fluviale sur la Seine qui a Ă©galement des enjeux de dĂ©carbonation avec le rĂ©trofit des bateaux vers des motorisations Ă©lectriques et gaz. Ces solutions sont parfaitement adaptĂ©es aux besoins du futur ; il va falloir passer de premiĂšres rĂ©alisations en cours (voir photo 2) Ă des dĂ©ploiements plus massifs dans les annĂ©es qui viennent. Lâimportant est de mailler le territoire de solutions nouvelles Ă©nergies en cohĂ©rence avec les rĂ©glementations locales et les objectifs de la MĂ©tropole, de la RĂ©gion et de lâAxe Seine. La transition est bien en marche ! Hub de recharge haute puissance 100 % Ă©lectrique de La DĂ©fense. « Nous accompagnons la filiĂšre fluviale sur la Seine qui a Ă©galement des enjeux de dĂ©carbonation avec le rĂ©trofit des bateaux vers des motorisations Ă©lectriques et gaz. » Exemple du rĂ©trofit du ROCCA II en bateau 100 % Ă©lectrique des Vedettes du Pont-Neuf.
- NOUS CRĂONS CETTE ANNĂE LE CLUB DE LâĂLU DES ACTEURS DU GRAND PARIS : THOMAS HANTZ, PRĂSIDENT
Dans son bilan dâune annĂ©e riche en Ă©vĂ©nements, le prĂ©sident dâActeurs du Grand Paris, Thomas Hantz, se fĂ©licite tout dâabord du succĂšs grandissant de lâassociation auprĂšs des acteurs publics et privĂ©s, notamment des Ă©lus, de plus en plus nombreux Ă la rejoindre et pour lesquels une nouvelle instance a Ă©tĂ© créée. Par ailleurs, il salue le savoir faire de la SociĂ©tĂ© du Grand Paris, future sociĂ©tĂ© des grands projets, et ses compĂ©tences Ă©largies, et fait part enfin de son inquiĂ©tude face Ă la crise du logement quâil juge cataclysmique et contre laquelle il prĂ©conise des mesures fortes. Quel regard portez-vous sur lâannĂ©e Ă©coulĂ©e ? Notre association, Acteurs du Grand Paris, continue son dĂ©veloppement Ă un rythme exponentiel. Pas seulement en considĂ©rant le nombre de nos membres mais aussi en prenant en compte la qualitĂ© des activitĂ©s que nous proposons et la reconnaissance dont nous bĂ©nĂ©ficions. AprĂšs 12 ans dâexistence, jâai la conviction quâActeurs du Grand Paris entre dans une nouvelle Ăšre. Câest-Ă -dire ? Les Ă©lus sont de plus en plus nombreux Ă nous rejoindre, quels que soient leurs mandants, leur sensibilitĂ© et leur origine gĂ©ographique. On fait autant de Grand Paris Ă Roissy quâĂ Saclay et mĂȘme au Havre, car le Grand Paris, câest dâabord une dynamique de projet conjuguĂ©e Ă une volontĂ© sincĂšre de coopĂ©rer avec les autres acteurs. Auparavant, les collectivitĂ©s qui nous rejoignaient Ă©taient reprĂ©sentĂ©es par un collaborateur de cabinet ou de lâadministration. Aujourdâhui, les Ă©lus ont compris lâimportance de participer autant quâils le peuvent Ă nos travaux, quitte Ă ĂȘtre reprĂ©sentĂ©s lorsquâils ne sont pas disponibles. Pourquoi ? Parce que nous sommes devenus un espace de coopĂ©ration vertueux, qui connecte les sphĂšres publique et privĂ©e, tout en Ă©tant parfaitement indĂ©pendants de chaque strate de lâorganisation institutionnelle. Aux Acteurs, seules comptent les dynamiques de projet ! Pouvez-vous prĂ©senter le Club de lâĂ©lu ? Lors du dĂźner des maires et des Ă©lus de la MĂ©tropole, jâai annoncĂ© la crĂ©ation du Club de lâĂ©lu des Acteurs du Grand Paris. Cette nouvelle instance de notre association aura pour objectif de favoriser le lien et les Ă©changes informels entre les Ă©lus, de toutes gĂ©ographies et tendances, qui font la vitalitĂ© de la rĂ©gion capitale. En effet, si les Ă©lus se croisent souvent dans les diffĂ©rents cĂ©nacles au sein desquels ils siĂšgent, ils nâont pas toujours le temps dâĂ©changer, de croiser leurs vues, leurs problĂ©matiques, leurs bonnes pratiques, leurs idĂ©es. Plusieurs maires sont venus me voir pour exprimer ce besoin dâĂ©changes, ce besoin dâinformel ; câest cet espace que nous allons leur offrir avec le Club de lâĂ©lu des Acteurs du Grand Paris. Qui peut rejoindre ce Club ? Tous les Ă©lus qui le souhaitent sont bienvenus quâils soient maires, maires-adjoints, conseillers rĂ©gionaux, dĂ©partementaux, mĂ©tropolitains, de Paris ou territoriaux, ou encore parlementaires. Les Ă©lus pourront participer Ă la fois aux activitĂ©s ouvertes Ă tous les membres de lâassociation mais Ă©galement Ă celles strictement rĂ©servĂ©es au Club de lâĂ©lu. « LES ĂLUS SONT DE PLUS EN PLUS NOMBREUX Ă NOUS REJOINDRE, QUELS QUE SOIENT LEURS MANDANTS, LEUR SENSIBILITĂ ET LEUR ORIGINE GĂOGRAPHIQUE. (...) ILS ONT COMPRIS LâIMPORTANCE DE PARTICIPER AUTANT QUâILS LE PEUVENT Ă NOS TRAVAUX » Pourquoi mettre tant lâaccent sur les Ă©lus ? Depuis lâorigine, notre association sâintĂ©resse aux projets sans jamais aborder lâorganisation institutionnelle et encore moins parler de politique politicienne. Câest la garantie de notre sĂ©rieux et de notre indĂ©pendance. Nous aidons les uns et les autres Ă se parler pour coopĂ©rer afin de mieux travailler ensemble au service de lâintĂ©rĂȘt public. Nous sommes donc conscients du rĂŽle dĂ©cisif des Ă©lus dans la transformation de la mĂ©tropole francilienne. Et si tous les Ă©lus ne sont pas moteurs, jâaffirme que chaque rĂ©ussite territoriale rĂ©sulte de lâaction dâun Ă©lu et dâune entreprise ou dâune association. Nous soutenons plus que jamais les Ă©lus, la violence Ă©tant de plus en plus prĂ©sente dans notre sociĂ©tĂ© Ă leur encontre. Il faut que chacun comprenne quâĂ force de dĂ©magogie et de populisme, il nây aura un jour plus dâĂ©lus de qualitĂ© et notre pays connaĂźtra alors le chaos et la dĂ©cadence. Que prĂ©conisez-vous ? PlutĂŽt que dâinvoquer le serpent de mer du « statut de lâĂ©lu », il faut revenir aux fondamentaux du lien entre Ă©lus et citoyens et, je le pense Ă titre personnel, rĂ©tablir le cumul des fonctions pour renouer avec la connaissance et lâesprit des territoires au Parlement. Il faut aussi revenir sur le cumul des mandats dans le temps en lâallongeant car lorsque lâon arrive Ă la tĂȘte dâun exĂ©cutif, il faut entre 7 Ă 10 ans en moyenne pour aller au bout des dĂ©cisions prises par ses prĂ©dĂ©cesseurs et disposer dâun vrai budget Ă soi. Le temps de lâaction publique est long. Il faut revaloriser les indemnitĂ©s des Ă©lus et des parlementaires, et en finir avec la course Ă lâĂ©chalote dĂ©magogique de la transparence Ă tous crins qui suscite un voyeurisme sans fin jetant toujours plus lâopprobre et la suspicion sur les Ă©lus. ArrĂȘter la publicitĂ© sur les dĂ©clarations de patrimoine des Ă©lus est un minimum ; elles ne devraient servir quâaux autoritĂ©s de contrĂŽle et Ă la justice. Identifiez-vous un fait marquant cette annĂ©e ? Jâen vois deux qui mĂ©ritent dâĂȘtre dĂ©veloppĂ©s. Tout dâabord le formidable succĂšs de la SociĂ©tĂ© du Grand Paris qui, devenant la SociĂ©tĂ© des Grands Projets, va pouvoir apporter sa contribution Ă la transformation des mĂ©tropoles françaises. Nous lâavons toujours dit, Ă cĂŽtĂ© du Grand Paris, il faut renforcer toutes les villes qui sont des moteurs de croissance et dâinnovation. Le gouvernement lâa dĂ©cidĂ© et reconnaĂźt ce faisant le savoir-faire de la SGP en matiĂšre dâingĂ©nierie de transport, dâamĂ©nagement et dâurbanisme, câest formidable ! Il faudra nĂ©anmoins rester vigilant sur deux points. Que la SGP conserve son ADN tout entier tournĂ© vers la co-construction avec les territoires et que lâallocation de ses moyens (des recettes fiscales qui financent une dette dâinvestissement Ă long terme) reste trĂšs prĂ©cise et flĂ©chĂ©e projet par projet. Le second fait marquant ? Câest la crise cataclysmique du logement dans laquelle nous sommes entrĂ©s et qui va nous exploser au visage dans quelques annĂ©es. Actuellement, les logements livrĂ©s rĂ©sultent dâannĂ©es de construction plutĂŽt bonnes. Aujourdâhui, la construction de logements neufs est quasiment Ă lâarrĂȘt, quelques milliers seulement dans la rĂ©gion. Donc Ă moyen terme, les carences en logements seront telles que le pacte social sera menacĂ©. En effet, un pays ne peut pas faire Nation sans un logement digne pour chaque citoyen. Comme lâĂ©ducation, la culture et la mobilitĂ©, le logement est un facteur indispensable pour la cohĂ©sion sociale de notre pays. Nous appelons Ă la mobilisation gĂ©nĂ©rale pour ce secteur depuis plusieurs annĂ©es, car câest la suite logique du volet transports du projet du Grand Paris qui fonctionne bien⊠et les besoins en logement sont dĂ©mesurĂ©s. Il nâest que temps. Il y a 1,350 million de mal-logĂ©s dans la rĂ©gion et il manque plus dâun million de logements pour la seule Ăle-de-France en considĂ©rant juste les besoins actuels, alors que la rĂ©gion accueille 50 000 nouveaux habitants par an. LâĂtat ne peut pas tout, mais sans un engagement dĂ©cisif de sa part, la situation sera trĂšs vite hors de contrĂŽle. Les Ă©meutes rĂ©centes nâauront Ă©tĂ© quâun prĂ©lude Ă lâexplosion sociale Ă venir. En effet, la prĂ©caritĂ© de lâhabitat, bien que dĂ©jĂ trĂšs forte pour des centaines de milliers de foyers, va sâaccroĂźtre et frappera encore les plus fragiles : les femmes, les mamans isolĂ©es, les Ă©tudiants, les jeunes actifs. Les parcours rĂ©sidentiels bloquĂ©s, les logements surpeuplĂ©s, les ados dans la rue, câest une vĂ©ritable poudriĂšre ! Lâinaction a aussi des consĂ©quences financiĂšres, les droits de mutation vont sâĂ©crouler et les collectivitĂ©s locales vont voir sâaffaiblir un de leurs derniers leviers dâaction budgĂ©taire. Enfin, lâĂtat va sâappauvrir de 6 milliards dâeuros dĂšs la prochaine loi de finances avec un manque Ă gagner de 2 milliards de TVA et de 4 milliards de DMTO. Et je ne parle pas des faillites dâentreprises et de la perte de savoir-faire qui en dĂ©coulera. Un sursaut collectif est absolument vital ! Quelles solutions apporter ? Soyons crĂ©atifs et surtout : osons ! Osons prendre des mesures fortes pour crĂ©er enfin un vĂ©ritable big bang. Pour soutenir la demande, pourquoi ne pas expĂ©rimenter lâidĂ©e des emprunts Ă trĂšs long terme et le dĂ©membrement du foncier ? Pour soutenir lâoffre, donnons de la visibilitĂ© aux promoteurs en dĂ©cidant une bonne fois et pour plusieurs annĂ©es de la rĂšgle du jeu fiscal, quitte Ă supprimer les mesures type Pinel, mais pour quâenfin le modĂšle Ă©conomique de lâimmobilier ne doive pas ĂȘtre rĂ©inventĂ© chaque annĂ©e. Il y a une nĂ©cessitĂ© de stabilitĂ© et de confiance ! Soutenir lâoffre passera aussi par le fait de sortir du carcan des normes et des rĂšgles qui asphyxient notre pays. Un projet immobilier comparable mettra deux fois plus de temps Ă voir le jour en France quâen Allemagne et sept fois moins de temps quâen Chine ! Venons massivement en aide aux maires bĂątisseurs qui nâont aujourdâhui aucun soutien et, Ă lâimage de la loi SRU pour la mixitĂ© sociale, imaginons un dispositif contraignant en matiĂšre de densification dans les zones urbaines tendues. Lâarsenal des solutions est lĂ , sous nos yeux, notamment grĂące aux propositions du Conseil national pour la refondation dĂ©diĂ© au logement. Il faut faire preuve de courage politique et agir en conjugant, en faveur du logement, vision de long terme et accord des forces vives sur les moyens dây parvenir. La dynamique pour le logement doit ĂȘtre puissante comme nous lâavons rĂ©ussie, il y a dix ans, avec lâaccord historique sur le Grand Paris des transports COMMENT REJOINDRE LE CLUB DE LâĂLU DâACTEURS DU GRAND PARIS ? Pour rejoindre cette instance informelle de lâassociation, il suffit de tĂ©lĂ©charger le formulaire dâadhĂ©sion sur www.acteursgrandparis.fr ou de contacter TimothĂ©e Dulud au 06 79 86 79 59 ; timothee.dulud@acteursgrandparis.fr Chaque Ă©lu peut ainsi faire adhĂ©rer sa collectivitĂ© au tarif « Secteur public ». En adhĂ©rant, un Ă©lu devient automatiquement membre du Club de lâĂ©lu. Il bĂ©nĂ©ficie des activitĂ©s courantes de lâassociation et dâune ou plusieurs activitĂ©s spĂ©cifiques aux Ă©lus par an.











