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Totalement sincère

26 août
3 min de lecture

Ingénieur de formation, passé par l'Arabie saoudite, la Thaïlande et le Sud-Ouest avant de sillonner la région capitale, Laurent Tricot cultive le goût du contact et de l'action. Portrait d'un homme d'une totale sincérité.

Par Jacques Paquier


Laurent Tricot reçoit dans le hall de la tour Coupole, à La Défense, que TotalEnergies est en train de quitter pour la tour The Link, à Puteaux (Hauts-de-Seine). Un hall qu'il a contribué à dessiner lorsqu'il dirigeait l'environnement de travail et les mobilités de l'énergéticien. Une responsabilité à la mesure de son énergie et de son goût pour le réel, déployés au fil d'une carrière menée tambour battant, chez TotalEnergies pour l'essentiel, qu'il rejoint en 1995.


Un premier stage à Djeddah, où il participe à la construction d'une base navale, puis un an et demi à Bangkok, où il bâtit un hôtel, lui inoculent le virus du voyage et de l'international. C'est ce qui le pousse à rejoindre Total – qui ne s'appelle pas encore TotalEnergies – après un passage chez Bouygues Construction, où il prend part à la construction d'un immeuble de logements dans le 18e arrondissement de Paris. Mais l'international, cet amateur de rugby qui a grandi à Toulouse ne s'y rendra finalement que pour des séjours d'agrément, dont un voyage de secondes noces au Vietnam. « Ma seule certitude aujourd'hui, c'est que je passerai une partie de ma retraite en Asie », confie-t-il. Pas d'international dans sa carrière chez Total, donc, tout simplement parce que les postes proposés en France l'ont fait voyager dans des métiers très différents, où son goût des contacts humains et des problèmes complexes trouve à se satisfaire.


Il commence par vendre du bitume aux entreprises de BTP, au sein d'une unité dont il gravit les échelons pour devenir, à la fusion de Total, Fina et Elf, directeur des ventes. Il passe par un métier d'optimisation qui le conduit à fréquenter la salle de marché de TotalEnergies afin d'arbitrer, selon disponibilités et prix, les attributions de fioul domestique entre clients internes et externes. Il prend ensuite en charge la maintenance des réseaux de stations-service, sillonnant la France à la rencontre des exploitants. Il rejoint enfin pendant quatre ans la filiale de proximité Alvéa comme directeur de l'activité commerce général. Basé à Marmande, il arpente le Sud-Ouest au contact de ses agences.


Goût de l'innovation


Remarqué pour son goût de l'innovation et de l'entrepreneuriat, Laurent Tricot se voit confier le lancement de fioulmarket.fr, première plateforme de vente de fioul en ligne, adossée au réseau de distribution de proximité de la compagnie. Il savoure alors la carte blanche de ses supérieurs et l'esprit start-up de sa petite équipe. La plateforme, un succès qui perdure, le propulse vers la direction des achats, où il pilote en père tranquille un budget de 80 millions de dollars.


À l'environnement de travail, sa responsabilité suivante, ce père de famille à l'accent chantant gère le quotidien des quelque 8 000 collaborateurs des sièges parisiens, dont ceux des deux tours IGH à La Défense. Il affronte la crise du Covid, avec des tours désertées, des stocks de masques expédiés puis reçus de Chine, des caméras thermiques à l'entrée des bureaux.


Depuis avril 2024, Laurent Tricot sillonne l'Île-de-France avec l'énergie qu'il mettait à parcourir le Sud-Ouest. Interlocuteur des élus et des acteurs de la fabrique de la ville, il incarne les liens protéiformes entre TotalEnergies et les territoires. Il souligne l'engagement de sa compagnie dans la transition énergétique : réseau de stations-service en cours de transformation, bornes de recharge Belib' déployées à Paris, ancienne raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) muée en plateforme zéro pétrole, plus grandes fermes solaires d'Île-de-France opérées à Grandpuits et Gargenville (Yvelines). S'y ajoutent le soutien aux clubs sportifs, les prêts à taux zéro aux PME et les think tanks réunissant élus, opérateurs et journalistes, dont celui sur la sobriété énergétique qu'il anime. Deux ans après sa prise de fonction, il confesse, modeste et ironique, « commencer tout juste à comprendre les jeux d'acteurs institutionnels et le fonctionnement des différentes strates de collectivités territoriales ».


Toujours avenant, l'homme ne masque pas ce qu'il pense. Il y a chez ce sportif, qui a couru deux marathons après 50 ans et se fixe d'en courir un pour ses 60 ans, une franchise qui tranche dans un monde où la communication est soigneusement calibrée.

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