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Insatiable

  • il y a 7 jours
  • 3 min de lecture

À l'âge où certains préparent leur retraite, Pascal Popelin continue la seule chose qu'il sait faire : livrer des combats. Non plus en élu séquano-dionysien, mais en aménageur, à la tête d'une Maison Séquano qu'il a redressée et rénovée du sol au plafond.

Par Jacques Paquier

Pascal Popelin.

« Ne détaillez pas ma carrière politique, c'est du passé, et ça n'intéressera personne », demande Pascal Popelin. Avec cet air à la fois gourmand et insatiable qui ne le quitte jamais, la saillie verbale jamais loin, malgré une bienveillance et un goût de l'intérêt général revendiqués.


Ancien député de la Seine-Saint-Denis, il a quitté la vie politique en 2017 pour prendre la tête de Séquano, l'aménageur public départemental. Le presque sexagénaire bouillonnant d'énergie est un gamin de Livry-Gargan, où sa famille est installée « au même endroit » depuis 1898. Ses parents « ont commandé le mouflet et le pavillon en même temps » ; le chantier ayant duré plus longtemps que la grossesse, il naît à Paris, dans le 19e arrondissement, en février 1967, et sa famille s'installe en Seine-Saint-Denis dès le mois de juin. Il y vivra jusqu'à ses 50 ans : école au bout de la rue, collège, lycée, escrime au club local.


Bachelier à 16 ans, entré à Sciences Po à 17, il refuse la légende du premier de la classe : « Le parcours est beau de loin, mais il est loin d'être beau », résume-t-il. Adhérent au PS en 1985, il rencontre Laurent Fabius l'année suivante. « Au départ, tu colles des enveloppes. Et, à l'époque, elles n'étaient pas autocollantes », rappelle-t-il, avec une gouaille digne des Tontons flingueurs. Collaborateur de Claude Bartolone, puis conseiller général à 27 ans, adjoint aux finances de Livry-Gargan auprès d'Alain Calmat, vice-président du département à 31 ans : « On ne s'improvise pas élu. Il y a une sorte de cursus honorum », fait-il valoir. Le sien culmine en 2012 avec la députation. Membre de la commission des lois, il est rapporteur de la loi sur le binôme paritaire aux départementales, puis de la loi prorogeant l'état d'urgence en 2016. Entre-temps, il aura présidé Seine Grands Lacs et passé quatorze ans à la vice-présidence du Syndicat des eaux d'Île-de-France aux côtés d'André Santini. Car Pascal Popelin ne fait rien à moitié.


En 2017, à 50 ans, il ne se représente pas et démissionne même de son mandat municipal. « Je suis venu au Parti socialiste à un moment où il correspondait à ce que je croyais bon pour mon pays. J'en suis parti quand je ne le pensais plus », dit-il. Depuis, il s'interdit toute prise de position publique : rien qui pourrait nuire à son nouvel engagement total, sa nouvelle passion, l'aménagement public.

À la tête de Séquano, il y transpose sa conviction d'une transformation « par petites touches » : création de Séquano résidentiel en 2019, de Séquano patrimoine et de la SPL Séquano Grand Paris en 2022, restructuration du capital en 2023, création de Foncière Séquano en 2025. L'ensemble forme désormais la « Maison Séquano », dont il vient de signer le 16e traité de concession. « Je ne dis pas que j'ai fait : j'ai porté, j'ai essayé d'incarner », souligne-t-il.


Cet urbain s'est découvert une passion pour la campagne, dans la Somme, où il fait des confitures avec les fruits de son verger. Quant aux honneurs, il les décline, Légion d'honneur comprise : « Je ne suis pas sûr d'avoir envie d'entendre mon éloge funèbre de mon vivant », confie-t-il. Fermez le ban.

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