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À Paris, la densité peut devenir acceptable et « utile »

  • il y a 6 jours
  • 3 min de lecture

Dans un contexte de tension foncière extrême à Paris, deux opérations menées dans les 12e et 19e arrondissements par in'li et l'agence Architectes Singuliers explorent une autre manière de produire de la densité. Pensés sur des parcelles contraintes, ces projets défendent l'idée d'une densification « utile », capable de conjuguer qualité architecturale, mixité sociale et performance environnementale, sans dégrader le cadre de vie.


Les architectes Guillaume Dujon et Matthieu Hackenheimer.

Comment miser sur la densification dans Paris pour offrir des logements de qualité à un prix maîtrisé ? C'est le défi auquel répondent in'li, filiale du groupe Action Logement dédiée au logement à prix maîtrisé, et l'agence Architectes Singuliers. Au travers de deux opérations qu'ils réalisent dans les 12e et le 19e arrondissements, implantées au cœur de parcelles contraintes, ils démontrent qu'une certaine forme de densité peut être acceptable, voire même « utile » et acceptée, car porteuse de valeur pour le quartier. Pour Éric Balci, la densité acceptable est celle qui « s'intègre à son environnement, qui va être bien pensée ». Aussi, ajoute le directeur général d'in'li, « c'est pour cela qu'il ne suffit pas de densifier à outrance. Sinon, à un moment, on vient dénaturer, complexifier la vie dans le bâtiment aussi ».


Une vision partagée par les architectes de ces deux projets, dont l'engagement et le savoir-faire « consistent aussi à induire une perception favorable du renouvellement urbain. C'est une exigence », souligne l'architecte Matthieu Hackenheimer. « Grâce à une morphologie agile et aérée, qui met l'emphase sur les respirations paysagères plus que sur l'affirmation du bâti, nous apportons un nouvel îlot de fraîcheur au quartier, que nous offrons à la vue des passants », poursuit-il.


Au-delà des chiffres, ces projets incarnent une mixité sociale concrète et non stigmatisante. Logements à prix maîtrisé et logements abordables cohabitent dans un même ensemble, sans distinction visible. Cette approche favorise une diversité de profils — du jeune actif au ménage familial — dans un cadre homogène et qualitatif. Elle contribue à une ville plus inclusive, où différentes catégories sociales peuvent vivre dans les mêmes quartiers, à proximité des bassins d'emploi et des services.


Un Grand Paris plus inclusif, durable et attractif


Autres dimensions structurantes : le volontarisme et l'exemplarité environnementale. Bien que conçus avant l'adoption du PLU bioclimatique parisien fin 2024, les deux projets partagent sa philosophie et respectent déjà ses grands principes. La renaturation des cœurs d'îlots en pleine terre pour assurer les continuités paysagères et atténuer les étés caniculaires, alliée à la sobriété carbone des matériaux de construction et du mode de chauffage, sont au cœur des partis pris. Dès 2024, in'li a décrété le recours systématique aux pompes à chaleur, en remplacement du gaz, ce qui illustre cette volonté d'aller au-delà des obligations réglementaires. « Cette stratégie répond à un double objectif : réduire l'empreinte carbone et maîtriser les charges pour les locataires, enjeu clé du pouvoir d'achat », convient Éric Balci. Dans le 19e arrondissement, l'utilisation de matériaux biosourcés et géosourcés — pierre locale, ossature bois — renforce encore cette dimension, tout en participant à une architecture ancrée dans son territoire.


Dans le 12e arrondissement, l’opération développée par in’li et Architectes Singuliers, sur une friche rue de la Voûte, a permis de créer 45 logements.


Ces deux réalisations démontrent qu'il est possible « de concilier la production de logements répondant aux besoins des salariés avec une architecture de qualité, pérenne et bas carbone », mettent en avant les parties prenantes. En redonnant du sens à la densification, en réintégrant les salariés des classes moyennes dans le tissu urbain et en anticipant les mutations écologiques, elles participent pleinement à la construction d'un Grand Paris plus inclusif, durable et attractif.


« Concevoir un cadre de vie de qualité, propice à l'épanouissement et à la stabilité des salariés repose sur une valeur qu'Architectes Singuliers érige comme un droit fondamental : le plaisir d'habiter ! » assure l'architecte Guillaume Dujon. « Car, ajoute Éric Balci, si on commence à densifier et que les gens viennent simplement pour être dépannés pendant quelques mois et partir, nous aurons tout perdu économiquement et en termes de valeur d'actifs. Il faut que les gens se sentent bien et qu'ils aient envie d'acheter leur logement. Et là, on aura tout gagné. »

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