top of page

L'art de l'eau

  • 26 août
  • 2 min de lecture

De Buenos Aires à l'Île-de-France, le directeur général de SUEZ Eau France Marc Bonnieux a construit sa carrière au rythme des réseaux : sept déménagements, une thèse sur l'assainissement en Argentine, une passion avouée pour les Semop et une admiration pour les maires bâtisseurs. Portrait d'un ingénieur qui aimait l'architecture.

Par Jacques Paquier

Marc Bonnieux.

Qu'il parle de ses années de coopération à Buenos Aires, dont il loue la qualité de vie, le sens de la fête et de l'accueil de ses habitants, ou qu'il évoque son profond respect pour les maires visionnaires, qu'il a côtoyés tout au long d'une carrière d'opérateur de grands services urbains, Marc Bonnieux affiche la même bonhommie. Ce Rennais équanime, qui n'aime rien tant que les week-ends en famille ou les séjours au Festival d'Avignon, n'a pas dédié sa carrière à l'eau tout à fait par hasard. S'il confie avoir caressé l'idée de devenir architecte, il se sent « plus ingénieur qu'artiste ». Et les longues discussions avec son père, économiste de l'environnement, spécialiste des grandes pollutions, l'ont sensibilisé dès le plus jeune âge aux enjeux environnementaux et, singulièrement, à ceux de l'eau.


Il a démarré au sein du géant industriel français, dès la fin de sa coopération en Argentine, où le jeune homme prépare alors, pour l'université de Montpellier, un doctorat en génie des procédés consacré au traitement des eaux résiduaires par lit bactérien. Il décrit, en orfèvre de ces questions, une capitale argentine de 10 millions d'habitants, qui n'a alors aucune station d'épuration ; tout part au Rio de la Plata, dont les 60 kilomètres de large offrent « un pouvoir de dilution bien supérieur à celui de la Seine ». Il y découvre aussi une leçon d'économie appliquée : facturés au forfait, sans compteur, les Argentins consomment 600 litres d'eau par jour contre 150 pour un Français.


De retour en métropole, il remonte poste après poste la carte de France de l'eau chez Lyonnaise des eaux depuis l'Hérault, le Vaucluse puis la Côte d'Or. À Dijon, en tant que dirigeant durant près de dix ans, il signe ses fiertés : les premières Semop, un nouveau modèle de contrat qui renouvelle et renforce le partenariat entre la collectivité et son opérateur.


Il prend il y a trois ans la direction de l'Île-de-France : 1 300 salariés, une machine qui « doit tourner 365 jours par an, 24 heures sur 24 ». Sa vraie bataille : « Aligner les ressources financières des services de l'eau avec les besoins croissants en investissement. » Car si la région traverse les canicules sans pénurie aujourd'hui, c'est grâce à des ouvrages hérités, de l'adduction de Paris sous Napoléon III aux grands lacs de Seine et aux grands réseaux interconnectés. « Ce qui importe, c'est de projeter nos actions sur un temps long », constate-t-il.


Sept déménagements ont fait de sa famille une tribu mobile, ancrée entre Saint-Malo et la Provence. Quand la mauvaise conscience le prend, il court. Sinon, il nage : même au repos, l'homme retourne à son élément.

Commentaires


Les commentaires sur ce post ne sont plus acceptés. Contactez le propriétaire pour plus d'informations.
bottom of page