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  • DES INTERCOMMUNALITÉS À DIMENSIONS ET AMBITIONS VARIABLES

    LA RÉFORME DE L’INTERCOMMUNALITÉ A CONDUIT EN 2016 À LA CRÉATION DE QUELQUES GROUPEMENTS DE TAILLE IMPORTANTE EN GRANDE COURONNE QUI S’ORGANISENT POUR PESER ET SE DÉMARQUER DANS LE PAYSAGE FRANCILIEN. Seine-et-Marne Un géant aux multiples visages Ce département, dont la superficie représente la moitié de l’Île-de-France, regroupe 21 des 63 intercommunalités franciliennes, avec des ensembles aux profils très différents. La Seine-et-Marne se caractérise par des petits groupements en périphérie de la Métropole et d’autres bien plus vastes couvrant surtout des secteurs ruraux autour parfois d’une ville-centre d’envergure. Dans la première catégorie, Paris Vallée de la Marne, Marne et Gondoire, Val d’Europe suivent le RER A pour mener jusqu’à Disneyland Paris, atout touristique majeur du territoire et moteur de développement économique. Au sud, Melun Val de Seine se démarque par ses pôles d’enseignement supérieur et industriel aéronautique. Composée de 12 à 20 communes, elle présente des enjeux généralement similaires aux intercommunalités de la zone dense, avec des problématiques de logement et de mobilité pour rejoindre les bassins d’emploi, même en offrant une densité moindre. Dans la seconde catégorie figurent le Pays de Fontainebleau, le Provinois (Provins), Coulommiers Pays de Brie ou le Pays de Meaux. Plus éloignées de Paris, ces intercommunalités disposent d’un environnement plus naturel Et souvent d’atouts patrimoniaux – et donc un potentiel de loisirs et touristique à proximité de Paris –, avec un périmètre couvrant de 26 à 54 communes. Yvelines 4 grandes intercommunalités tournées vers le développement économique Dans les Yvelines, quatre grandes intercommunalités se démarquent par leur taille. Tout d’abord, la communauté urbaine – la plus grande de France – Grand Paris Seine & Oise, qui regroupe 73 communes et plus de 400 000 habitants le long de la Seine autour des pôles urbains de Mantes-la-Jolie, Les Mureaux, Poissy et Conflans-Sainte-Honorine/Achères. Née début 2016, elle abrite d’importants projets d’aménagement pilotés par l’Epamsa et s’appuie sur une activité économique diversifiée : aéronautique, automobile, éco-industrie notamment. Versailles Grand Parc (18 communes), dont une partie du périmètre fait aussi l’objet de projets d’ampleur sous maîtrise d’ouvrage de l’EPA Paris-Saclay, cherche également à attirer les entreprises au sein notamment des écosystèmes présents dans les domaines de l’écologie urbaine et de la mobilité. Autre communauté d’agglomération très tournée vers ledéveloppement économique, Saint-Quentin-en-Yvelines (12 communes), qui met en avant un parc de 4,6 millions de mètres carrés d’immobilier d’entreprise. Outre une « vie économique dense », le territoire dispose également de quartiers pavillonnaires et des espaces naturels propices aux loisirs. Enfin, Saint-Germain Boucles de Seine regroupe 19 communes autour de Saint-Germain-en-Laye et a pour ambition de valoriser ses atouts : cadre de vie de qualité, patrimoine historique, culturel et naturel, position géographique stratégique entre le cœur de la métropole et les territoires péri-urbains. Essonne Grand Paris Sud et Paris-Saclay, locomotives du territoire Au 1er janvier 2016, deux nouveaux ensembles de plus de 300 000 habitants ont vu le jour dans ce département : Grand Paris Sud et la Communauté Paris-Saclay. Le premier (23 communes), qui déborde sur la Seine-et-Marne pour inclure Sénart, s’organise autour de la ville d’Évry-Courcouronnes et regroupe quelque 140 000 emplois. Grand Paris Sud accueille plus de 21 000 entreprises, de nombreux sièges sociaux de grands groupes (Safran, Arianespace, Truffaut…) et des industries de pointe (high-tech, éco-activités, recherche médicale avec le Genopole…). La seconde grande intercommunalité essonnienne (27 communes) est portée par la dynamique de la création du Campus urbain en pleine construction par l’EPA Paris-Saclay (voir ci-contre). Plus modeste, Cœur d’Essonne Agglomération rassemble 203 000 habitants et 21 communes, et dispose d’un site en plein développement sur l’ancienne base aérienne 217 avec l’implantation d’entreprises dans les domaines du e-commerce et de l’industrie, des activités innovantes sur les drones civils et les véhicules électriques, des industries événementielles ou un projet agricole. Val-d’Oise Un département tiré par l’activité aéroport L’activité du Val-d’Oise est très fortement orientée autour du pôle de Roissy qui draine d’importants flux de passagers et de marchandises. Ce secteur est couvert par la communauté d’agglomération de Roissy Pays de France qui déborde sur la Seine-et-Marne, faisant le lien entre la zone dense métropolitaine et des secteurs plus ruraux (voir ci-contre). Deux autres intercommunalités d’une quinzaine de communes bordent la Métropole – Val Parisis (280 000 habitants) et Plaine Vallée (183 000 habitants) – dont elles hébergent une partie des salariés. À proximité se situe la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise (212 000 habitants), qui tire son attractivité notamment de son pôle d’enseignement supérieur et fait figure de porte d’entrée vers le parc naturel régional du Vexin français. Ce territoire revendique aussi la présence de 11 000 entreprises, parmi lesquelles des grands groupes – 3M, Spie, Thales, Renault, ABB, Louis Vuitton, Clarins –, dont certaines sont installées au sein des 15 parcs d’activités. “Une grande qualité de vie qui passe aussi par une offre culturelle très dense. ” Grégoire de Lasteyrie, président de la Communauté Paris-Saclay « La Communauté Paris-Saclay est un écrin de verdure, avec 60 % du territoire en espaces naturels, une chance pour les 320 000 habitants du territoire car ils bénéficient d’une grande qualité de vie qui passe aussi par une offre culturelle très dense : opéra de Massy, théâtres et l’arrivée des réserves du Centre Georges Pompidou en 2025. La deuxième identité forte est le dynamisme économique : 25 000 entreprises y sont implantées avec des grands comptes comme EDF ou Safran et de nombreuses start-up. Le territoire est actif sur l’aérospatiale, l’énergie, la défense, la santé, l’informatique, etc., et accueille aussi le pôle académique et scientifique de Paris-Saclay avec l’université et l’Institut polytechnique. Paris-Saclay n’est pas en compétition avec d’autres territoires car il a des atouts uniques. Ce territoire nécessite toutefois de maintenir un équilibre subtil, en préservant la nature tout en renforçant l’attractivité économique. Il est important de préserver l’aspect ville à la campagne avec Massy très urbaine et Saint-Aubin plus rurale. Sur l’agglomération, nous avons quatre priorités : renforcer notre potentiel économique pour valoriser le territoire ; développer la desserte extérieure – avec notamment la ligne 18 du Grand Paris Express, cruciale pour les besoins du territoire, et le tram-train T12 Massy Évry – et interne avec un plan de développement du vélo ; la transition écologique avec notre plan climat adopté en 2019 qui regroupe 125 actions qui vont être déployées dans les prochaines années ; un focus particulier sur la jeunesse, car 40 % des habitants du territoire ont moins de 29 ans. » « Particularisme lié à notre géographie et notre territoire : la ville-centre est l’aéroport. » Pascal Doll, président de Roissy Pays de France « Roissy Pays de France regroupe 355 000 habitants, 42 communes (25 dans le Val-d’Oise, 17 en Seine-et-Marne), 72 zones industrielles et aux alentours de 200 000 emplois. Le territoire est desservi par deux aéroports – Roissy et une partie du Bourget –, deux RER (B et D) et différents grands axes routiers. Dans la partie sud, la densité est beaucoup plus importante qu’au nord avec des zones périurbaines et rurales. Les communes membres vont en effet de 80 à 65 000 habitants avec des maires de toutes tendances politiques, mais tout le monde travaille en commun sur un projet de territoire orienté vers le développement économique autour des zones industrielles et la sanctuarisation des terres agricoles (50 % du territoire sanctuarisé ainsi, soit 16 000 hectares). Particularisme lié à notre géographie et notre territoire : la ville-centre est l’aéroport, sans maire mais avec une activité considérable : 90 000 emplois. C’est un pôle d’activité qui a un effet d’entraînement important. Mais la crise nous a fait toucher du doigt notre fragilité, qui est aussi notre force : l’unicité de produit autour d’aéroportuaire et de tourisme, avec l’hôtellerie-restauration qui va avec. Donc, notre objectif est aujourd’hui de diversifier notre offre pour éviter cette fragilité. On veut faire venir des entreprises qui sont dans d’autres secteurs : pharmaceutique, informatique, etc. Notre énorme atout sur lequel nous essayons de travailler, c’est que certaines de nos villes sont considérées comme à la campagne, un avantage qui intéresse actuellement. »

  • DEMAIN, ENFIN !

    « S’ADAPTER », TEL POURRAIT ÊTRE LE MOT D’ORDRE DE L’ENSEMBLE DES ACTEURS DE L’IMMOBILIER, NOTAMMENT DE TOUS CEUX QUI CONSTRUISENT LE GRAND PARIS. FAISONS DONC, AVEC QUELQUES FIGURES DES MARCHÉS, UN TOUR D’HORIZON DE LEURS CRAINTES, ET SURTOUT DE LEURS ESPOIRS… POUR DEMAIN ! PAR PASCAL BONNEFILLE, DIRECTEUR D’IMMOWEEK Dans une chronique récente, parue dans Immoweek, le secrétaire général du groupe LVMH, président du Cercle Pierres d’Or, Marc-Antoine Jamet, introduisait la question de l’avenir du secteur avec le talent et l’humour qu’on lui connaît et se demandait : « “Oh ! que sera demain, le début ou la fin…” Telle était au siècle précédent – à moins que ce ne soit celui d’avant – la scie que serinait mélancoliquement Yves Simon, chanteur filiforme et germanopratin. Sans en changer un mot, le chœur injustement méconnu des professionnels de l’immobilier, de sa voix suave, pourrait psalmodier la rengaine. Le début ou la fin ? La question ne se pose peut-être pas aussi brutalement dans tous les secteurs de notre petite industrie. L’apocalypse ne frappe pas à notre porte. On verra encore des transactions, des baux et des chantiers. Mais une chose est sûre : il va falloir s’adapter. » Un point de vue partagé par nombre d’acteurs des marchés... Pour Thierry Laroue-Pont, président de BNP Paribas Real Estate : « Un premier enseignement qu’il est bon de rappeler quand tout semble morose : notre secteur ne s’est pas effondré. Il a connu son lot de difficultés, comme l’arrêt des chantiers, l’impossibilité d’organiser les visites physiques, les doutes aussi des investisseurs institutionnels comme particuliers qui ont parfois préféré reporter certains arbitrages… Malgré tout cela, nous sommes toujours debout. Ainsi, alors que nous aurions pu craindre son arrêt total, le marché de l’investissement en Europe a montré une forte résilience. Si les volumes investis en immobilier d’entreprise en 2020 ont diminué de 23 % par rapport à 2019 (contre un effondrement de 47 % en 2008 !), atteignant tout de même 222,4 milliards d’euros, il est important de relativiser la chute en rappelant que 2019 fut l’année de tous les records. » Et de poursuivre : « En 2020, nous avons fermé, contraints, la page d’une approche fonctionnelle de la ville. En 2021, nous écrivons la première page de la ville inclusive et résiliente. Loin d’être des “buzz words”, ces notions ont pris une épaisseur particulière à l’aune de la crise sanitaire. À nous d’en faire désormais une réalité tangible pour la société. » Fabrice Allouche, président de CBRE France, anticipe, de son côté, la reprise en phases : « Nous anticipons une reprise en trois actes : d’abord, les marchés logistique et résidentiel dès 2021, puis les bureaux autour de 2022 et, enfin, le commerce et l’hôtellerie, pas avant 2023. » Et souligne-t-il, « cette pandémie nous aura appris à travailler, à consommer, à produire ou encore à investir autrement. Faisons en sorte, collectivement, que cet “autrement” soit celui d’un développement plus durable et responsable ». Barabara Koreniouguine, présidente de Cushman & Wakefield France, affirme d’emblée : « Prenons acte des changements conjoncturels (qui n’auront par définition qu’un temps, révolu avec l’accélération de la vaccination anti-Covid-19), mais surtout de ceux structurels qui ont affecté et affecteront sur le long terme notre rapport individuel et collectif à l’immobilier, qu’il soit d’entreprise ou résidentiel. Repensons la matière immobilière comme un matériau agile, levier de croissance pour notre industrie et pour les entreprises du conseil. » Et pas de doute, « l’immobilier de bureau doit devenir une matière plus agile, source de développement pour les entreprises qui, passé le trauma de 2020, doivent se relancer dans une compétition économique toujours plus i ntense. Le constat vaut aussi pour d’autres formes d’immobilier que sont les commerces et les entrepôts logistiques du XXS au XXL : cet animal étrange qu’est le consommateur bouscule les codes et dicte sa loi, obligeant le monde de la distribution, dans une acceptation globale, à réinventer un modèle flexible où l’expérimentation tient une place importante… ». Côté commerces justement, pour Antoine Grignon, co-directeur du département investissement chez Knight Frank, « la baisse durable des nouveaux développements devrait profiter aux actifs existants qui, depuis plusieurs années, pouvaient à la fois souffrir des arbitrages des consommateurs et du développement soutenu de nouveaux mètres carrés de commerces. L’adaptation de l’existant aux nouvelles attentes des consommateurs n’en est pas moins indispensable, ce dont les foncières ont conscience puisqu’elles s’efforcent depuis des années de moderniser et de repositionner leur patrimoine. L’épidémie de Covid-19 accélérera cette tendance, contribuant à la montée en gamme et à l’adaptation du parc immobilier dans une logique de complémentarité avec les ventes en ligne. Amplifié par la crise sanitaire, l’essor du e-commerce est, en effet, un facteur déterminant, qui interroge de plus en plus le rôle même des points de vente, contribuant notamment à la multiplication des “drives piétons”, “dark kitchen” et autres points de retrait ou de préparation de commandes ». Pour Gontran Thüring, délégué général du Conseil national des Centres commerciaux, « le confinement a fait ressortir le rôle économique du commerce de détail lié à sa fonction d’approvisionnement en biens de consommation. Il a également mis en exergue son utilité sociale par la carence de contacts humains qu’il a provoquée. Lieux de distribution, les centres commerciaux et leurs magasins devront encore plus et mieux demain devenir des lieux d’expériences et de passions partagées ». D’où le constat : « Monolithiques et souvent isolés, âgés en moyenne de trente ans, les centres commerciaux et leurs magasins devront se rénover et s’étendre en proposant d’autres fonctions pour mieux s’intégrer, aux sens physique et sociétal, dans la cité et contribuer ainsi à son animation. » François Le Levier, managing director en charge de l’activité industrielle et logistique de CBRE France, introduit d’emblée : « Il y a fort à parier que la demande placée en France demeure soutenue cette année et cohérente avec la moyenne historique des plus de 3 millions de mètres carrés, notamment nourrie par une part importante de clés en main qui répond aux besoins de renouvellement du parc. Mais une demande placée pas exponentielle. Mais si le marché locatif nous invite à la prudence, le marché de l’investissement, quant à lui, surperforme. L’an dernier, CBRE présentait les résultats de son étude annuelle “Global investor intentions survey”, résultant de la synthèse des intentions de plus de 1 000 investisseurs du monde entier. Plébiscitée à 33 % en Europe et 50 % en Amérique, la classe d’actifs industriels et logistiques est la plus recherchée par les investisseurs, loin devant le bureau et le commerce. De fait, sur les trois dernières années, la moyenne du volume d’échanges en France a augmenté de 30 % pour atteindre 15 % des allocations. Les prix de vente ont été multipliés par deux en dix ans… » Toujours côté logistique, Laurence Giard, directrice générale de Segro France, plaide pour la requalification des friches industrielles, spécialité du groupe qu’elle manage : « Au cœur des bassins d’emploi et de consommation, dans un contexte de raréfaction du foncier, de sous-utilisation de l’espace urbain et des enjeux visant à limiter l’artificialisation des sols, il est essentiel de se tourner vers la requalification de sites industriels (…) qui représente un enjeu majeur : des friches bénéficiant d’emplacement “prime”, situées à proximité des grands axes de transport et de communication connaissent ainsi une seconde vie en accueillant des sites de logistique et de distribution urbaines de nouvelle génération intégrés au paysage urbain, générateurs d’emplois et permettant de servir la ville et les consommateurs. Il y a, bien évidemment, un autre argument en faveur de la requalification d’anciens sites industriels : le volet environnemental. Cette démarche implique notamment la dépollution des sols, le réemploi des matériaux et ressources existants… » Et concernant l’habitat ? Selon Olivier Wigniolle, le directeur général d’Icade : « Le marché résidentiel confirme sa résilience avec une demande toujours forte, mais une pénurie d’offres qui s’accentue. Les fondamentaux du secteur sont sains avec des conditions financières favorables et des banques moins fragiles qu’en 2008 ou en 2012. Les chantiers ont su s’adapter aux contraintes sanitaires et les lancements de programmes se sont poursuivis : ce sont les autorisations de construction qui peinent le plus à remonter la pente, avec un recul de 19 % depuis le premier confinement pour le logement collectif. Le financement des particuliers, lui, reste favorable, avec toutefois une évolution du profil des acquéreurs vers davantage de ménages aisés (l’apport a bondi de 10 % en 2020). » Et de préciser : « Nous constatons un regain d’intérêt des institutionnels pour le résidentiel, au-delà des acquisitions importantes de CDC Habitat et d’In’li. En 2020, leurs investissements ont bondi à 5,5 milliards d’euros selon ImmoStat. La multiplication des fonds dédiés et leur appétence pour des actifs gérés (résidences seniors, étudiantes, en coliving) nous offrent de belles perspectives d’activité. En 2021, nous accélérons le développement d’une offre bas carbone avec le lancement d’Urbain des Bois et en intégrant les enjeux de biodiversité avec Naturellement chez soi by Icade… » Pour Christophe Volle, cofondateur de Bridge Real Estate : « Les investisseurs, confortés par des fondamentaux démographiques solides, par l’émergence de nouveaux besoins (mobilité, flexibilité, communauté de vie) et par un déficit d’offres adaptées, ont accéléré leurs investissements dans l’immobilier géré au cours des dernières années. C’est, pour eux, un moyen de diversifier leur allocation d’actifs, de développer leurs investissements socialement responsables mais aussi de mettre en place une stratégie d’investissement globale en s’intéressant à l’ensemble du parcours résidentiel. L’immobilier résidentiel est engagé dans un cycle permettant de réinterpréter la façon avec laquelle nous occupons notre habitat et, par écho, la vision même de l’investissement évolue avec une volonté de couvrir l’ensemble des besoins et des usages avec un prisme générationnel. » Concluons ce – rapide – panorama avec l’analyse encourageante de Grégory Frapet, le président du directoire de Primonial Reim, qui reste « confiant sur les perspectives pour le secteur immobilier et pour Primonial Reim en particulier, au regard des choix stratégiques que nous avons faits dès l’origine : un positionnement “core”, une gestion de conviction, une diversification sectorielle et européenne. Pour nous, l’un des enjeux principaux sera, une nouvelle fois, de privilégier des relations de grande proximité avec nos clients locataires en surveillant de près le recouvrement des loyers et en défendant les valeurs d’expertise par un asset management actif. Enfin, nous adaptons nos stratégies d’investissement, d’arbitrage et de gestion à la “nouvelle normalité” du monde d’après pour intégrer l’évolution des usages, l’offre de services au sein de notre patrimoine et la digitalisation ». De ces témoignages, recueillis par les journalistes d’Immoweek, on tirera sans difficulté une conclusion : les acteurs des marchés, dans leurs différences, sont prêts à relever les défis, notamment dans le cadre du Grand Paris, toujours plus attractif. Et qui – soyons en sûrs – n’a pas dit son dernier mot.

  • QU’EST-CE QUE L’AXE SEINE ?

    PARIS-ROUEN-LE HAVRE, UNE CONSTRUCTION POLITIQUE ? UNE UTOPIE ÉCONOMIQUE ? ET SI C’ÉTAIT UN PEU TOUT CELA À LA FOIS… PAR CÉSAR ARMAND « La Seine est le fleuve sur le bord duquel j’aurai passé l’essentiel de ma vie. Je me suis aperçu très tard que cette mince coulée grise et verte formait le centre d’un territoire mi-parti, réel et imaginaire, dont je n’avais cessé de vouloir déchiffrer le secret. » Cette déclaration d’amour mi-ironique, mi-sérieuse est signée François Sureau en ouverture de L’Or du Temps (Gallimard, 2020). Dans ce récit consacré au fleuve, le dernier académicien entré sous la Coupole écrit encore que « la Seine n’est rien, un fleuve assez provincial auquel ses berges, ses villes, ses écrivains et ses peintres tournent souvent le dos et qui n’apporte rien d’autre que l’occasion de rêver à de grands voyages ultramarins ». Car oui, l’axe Seine, avant d’être un axe de transport de marchandises et de personnes, est un fleuve. Un fleuve long de 775 kilomètres qui prend sa source à… Source-Seine, village de 62 habitants en Côte-d’Or (Bourgogne-Franche-Comté) et qui traverse quatre régions avant se jeter dans la Manche au niveau de la cité balnéaire normande d’Honfleur (Calvados). Tout au long de sa route, il aura arrosé des capitales départementales – Troyes (Aube) ou Melun (Seine-et-Marne) – et surtout des ports majeurs : Paris, Rouen et Le Havre. « Paris, Rouen, Le Havre ne forment qu’une seule ville dont la Seine est la grande rue », aurait d’ailleurs déclaré un certain… Napoléon Bonaparte, premier consul, en 1802. Paris, Rouen et Le Havre sont encore trois communes différentes mais, depuis le retour d’Édouard Philippe à la mairie du Havre et les réélections d’Anne Hidalgo et de Nicolas Mayer-Rossignol aux mairies de Paris et de Rouen, les villes retravaillent ensemble en ce sens. Les trois édiles ne font que reprendre le flambeau porté, en leur temps, par Bertrand Delanoë, Laurent Fabius et Antoine Rufenacht, mais ils ont au moins le mérite d’illustrer ce concept de « Grand Paris jusqu’au Havre », théorisé par l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, il y a presque quinze ans. « Nous avons lancé Paris ville-monde avec l’évidence que la porte d’entrée essentielle du Grand Paris ne pouvait être que Le Havre », se souvient Christian Blanc, l’ancien secrétaire d’État chargé du développement de la Région Capitale. Depuis la loi du 3 juin 2010 relative au Grand Paris, le fleuve a effectivement continué de couler sous les ponts. Par exemple, en 2014, l’État a créé une délégation interministérielle au développement de la Vallée de la Seine. Force est de constater qu’en sept ans, « une conscience collective et une vision partagée s’incarnent dans la réalité », comme le relève l’ex-délégué interministériel François Philizot. Deux contrats de plan inter-régions Île-de-France-Normandie ont effectivement été signés depuis. Ils portent aussi bien sur la performance industrielle et logistique que sur les infrastructures ferroviaires et portuaires. L’illustration la plus emblématique est le programme d’investissement de 1,45 milliard d’euros sur la période 2020-2027 au bénéfice d’Haropa, l’établissement public portuaire unique né le 1er juin dernier. Haropa, le « Grand port fluvio-maritime » Fort de 1 800 collaborateurs, cet ex-groupement d’intérêt économique concentre tous les moyens qui financeront les projets de l’axe Seine en s’appuyant sur les trois directions territoriales de Paris, Rouen et Le Havre. Ces dernières gèrent tout l’opérationnel : les travaux, le dialogue social local, les relations avec les manutentionnaires. Le directoire qui siège au Havre est chargé des finances, du développement, de la multi-modalité et des transitions numériques et écologiques. Son président, Stéphane Raison, s’est fixé deux objectifs : d’un côté, renforcer cette toile industrielle en préparant mieux les terrains et en créant de la synergie entre les acteurs historiques et les nouveaux dans le sens de l’écologie ; de l’autre, accélérer le processus d’implantation sur le foncier portuaire. « Je ne peux pas passer dix ans à faire autoriser une zone de 150 hectares face à des prospects industriels qui souhaitent s’installer dans les deux ans, qui ont l’Europe pour horizon », confie-t-il. 80 % des marchandises, qui quittent Le Havre ou y arrivent, transitent en outre par la route, contre moins de 50 % à Anvers. Soit autant de camions sur les routes françaises au détriment des économies climatiques et financières. « Notre idée est de mettre le paquet sur le fluvial », réplique le président du directoire, qui fait remarquer que, dans le décret paru au Journal Officiel fin mai, Haropa ne s’appelle plus « Grand port maritime et fluvial » mais « Grand port fluvio-maritime ». Privilégier le mode de transport fluvial Pour Stéphane Raison, « rien que cette sémantique est un signal ». Il ne croit pas si bien dire. Toutes sources confondues, un convoi fluvial moyen de 4 500 tonnes représente 220 camions évités et donc autant de pollution atmosphérique. Soit entre 8,8 et 37,4 grammes de dioxyde de carbone par tonne et par kilomètre en moins. Sur l’axe Seine, le cousin d’Haropa, Voies navigables de France (VNF), entretient, exploite et développe au quotidien 1 400 kilomètres de voie d’eau, dont 700 à grand gabarit partagés. Le rôle de cet autre établissement public, dont les missions consistent à créer les conditions du développement du transport de fret, à concourir à l’aménagement du territoire et au développement touristique, et à assurer la gestion hydraulique en garantissant la sécurité des ouvrages, est crucial pour la réussite logistique de l’axe Paris-Rouen-Le Havre. Le directeur général de VNF, Thierry Guimbaud, et l’État ont signé, en mai, un contrat d’objectif et de performance (COP) sur dix ans pour améliorer les services rendus aux usagers des fleuves, à commencer par les chargeurs, transporteurs ou encore les compagnies touristiques. Et surtout pour faire du fluvial « le premier mode de transport devant la route et le rail », souligne Thierry Guimbaud. Après avoir subi le développement du réseau routier et autoroutier à grande capacité, puis la désindustrialisation du pays qui a fait que l’acheminement de matières premières lourdes a privilégié d’autres modes de livraison, le fleuve serait en train de prendre sa revanche. Selon les données de Voies navigables de France, 2019 a connu une croissance du trafic commercial de 10 % par rapport à 2018 et 2020, malgré le cataclysme de la pandémie, a atteint le niveau de 2018. D’autant que si les céréaliers, les BTPistes, les transporteurs de déchets ou encore les industriels de l’aéronautique sont des habitués, d’autres acteurs économiques pourraient redécouvrir les voies d’eau. « On pourrait faire passer quatre fois plus de bateaux qu’aujourd’hui. On est très loin de la limite de saturation à la différence de la route et du rail », assure encore le directeur général de VNF. Autre sujet et non des moindres à l’agenda de VNF : le canal Seine-Nord-Europe, prévu fin 2028 entre la Seine et l’Escaut pour connecter les bassins de la Seine et de l’Oise à tout le réseau fluvial nord-européen. Si ce chantier est enfin lancé après une dizaine d’années d’hésitations, il est encore parfois considéré comme une voie royale du port d’Anvers vers Paris. Pour Haropa, qui gère les ports de Paris, Rouen et Le Havre, il sera, au contraire, très utile au développement de la vallée de la Seine, selon Stéphane Raison. « Le fait de pouvoir récupérer dusucre ou des céréales qui vont descendre depuis le nord de la Picardie jusqu’aux terminaux de Rouen constituera un sacré avantage en termes de massification », explique-t-il. Normandie, Île-de-France, Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté et demain les Hauts-de-France. L’axe Seine, ce sera bientôt cinq régions administratives sur les treize que compte la France métropolitaine. La moitié de notre pays. Rien de moins.

  • ATTRACTIVITÉ DU GRAND PARIS : LES TRANSPORTS AU CŒUR DES PRÉOCCUPATIONS DES SALARIÉS

    AVANT LA CRISE SANITAIRE, TRANSILIEN SNCF TRANSPORTAIT 3,4 MILLIONS DE VOYAGEURS, AVEC UNE CROISSANCE DE 3 % PAR AN EN MOYENNE. EN CONSÉQUENCE, DES TRANSPORTS SOUVENT SATURÉS AUX HEURES DE POINTE ET UN INCONFORT DES VOYAGEURS SUR LEUR TRAJET DOMICILE-TRAVAIL. À L’HEURE OÙ LES SALARIÉS REVIENNENT AU BUREAU, TRANSILIEN SNCF ACCOMPAGNE LES ENTREPRISES AFIN D’AMÉLIORER LA QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL ET LEUR BILAN CARBONE, EN LES INCITANT NOTAMMENT À SE DÉPLACER EN DEHORS DES HEURES DE POINTE. EXPLICATIONS. Selon une enquête de Forum Vies mobiles publiée en mai 2021, 60 % des Franciliens rêvent de déménager dont 22 % hors Île-de-France et 71 % aspirent à passer moins de temps dans les transports. Les grands projets de transport comme le Grand Paris Express ou le prolongement du RER E à l’ouest pourront à terme y remédier en partie, offrant aux habitants un maillage du territoire toujours plus dense, notamment en petite et grande couronnes. Pour autant, la problématique reste entière alors qu’aujourd’hui 68 % des emplois sont concentrés sur seulement 6 % de la région, essentiellement à Paris, en petite couronne et quelques bassins d’emploi en grande couronne. Les besoins de déplacement sont donc toujours plus forts. Avant 2020, Transilien transportait 3,4 millions de voyageurs avec une croissance de 3 % par an. Cela produit une saturation des transports en heures de pointe, avec inconfort et stress des salariés sur leur trajet. Qu’en sera-t-il demain ? Les nouvelles organisations du travail observées durant la crise impacteront-elles positivement les heures de pointe ? Les projections sur le télétravail, 1 ou 2 jours par semaine, donneraient des hypothèses médianes de baisse de trafic entre 5 et 10 % aux heures de pointe sur le réseau et, pour des axes majeurs vers les grands pôles d’emploi, une diminution de 6 à 13 % aux heures de pointe (étude de l’Institut Paris Région et Kisio - sept. 2020). Les effets seront inégaux en fonction des lignes et de la typologie des bassins d’emploi qu’elles desservent. En terme de volumes de déplacement, cela n’aurait que peu d’impact sur le confort des voyageurs aux heures de pointe. C’est pourquoi, Transilien SNCF avec la région Île-de-France et Île-de-France Mobilités se sont engagés collectivement en impliquant les entreprises à travers des chartes dédiées aux pôles d’emploi comme La Défense ou Plaine Commune. Accompagner le retour des salariés : le transport comme levier de la qualité de vie au travail Transilien accompagne les entreprises sur une série d’actions parmi lesquelles le décalage des heures d’arrivée et de sortie des bureaux. Cette démarche poursuit 3 objectifs : désaturer les heures de pointe pour rassurer les salariés en période de pandémie ; rendre plus confortable le trajet du salarié dans les transports et ainsi améliorer sa qualité de vie au travail (et son bilan carbone) ; gagner 1,5 à 3 points de ponctualité (sur une estimation de 10 % de voyageurs décalant ses horaires). Il suffit parfois de décaler de 15 ou 30 minutes son arrivée pour retrouver des trains moins fréquentés. Au moment où les salariés reprennent le chemin des bureaux, les entreprises ont donc un véritable rôle à jouer en matière de qualité de vie au travail de leurs salariés. Transilien est à leur côté pour y parvenir. Tous les conseils de Transilien SNCF sur : www.transilien.com/fr/page-deplacements/affluence

  • LE GRAND PARIS VU PAR LES MAIRES QUI L’ENTOURENT

    MICHAËL DAMIATI, MAIRE DE CROSNE (ESSONNE), RAPHAËL COGNET ET KARL OLIVE, RESPECTIVEMENT MAIRES DE MANTES-LA-JOLIE ET DE POISSY (YVELINES), OU JEAN-FRANÇOIS VIGIER, MAIRE DE BURES-SUR-YVETTE (ESSONNE), ENTENDENT TOUS, CHACUN AVEC LEUR VISION, PRENDRE PLEINEMENT PART AU DÉVELOPPEMENT D’UNE MÉTROPOLE DES PROJETS. PAR JACQUES PAQUIER, DIRECTEUR DE LA RÉDACTION DU JOURNAL DU GRAND PARIS Michaël Damiati “Conserver sa souveraineté et ses prérogatives” « Nous aurions pu choisir d’intégrer la Métropole, lors de sa création en 2016, mais nous ne l’avons pas souhaité », rappelle Michaël Damiati, maire de Crosne et vice-président de la communauté d’agglomération Val d’Yerre Val de Seine (Cavyvs). Un refus motivé par la crainte de voir sa souveraineté érodée et ses prérogatives en partie transférées à la Métropole. Au 1er janvier 2016, dans le cadre de la mise en œuvre du Schéma régional de coopération intercommunale (SRCI), les EPCI à fiscalité propre de grande couronne, dont le siège se situe dans l’unité urbaine de Paris, ont été regroupés en ensembles d’au moins 200 000 habitants, sauf dérogation. Les communautés d’agglomération du Val d’Yerre et du Val de Seine, qui rassemblaient 130 000 habitants pour la première et 100 000 pour la seconde, ont donc fusionné. Un moindre mal pour Michaël Damiati, qui assure qu’il a conservé l’ensemble de ses compétences d’urbanisme, au premier rang desquelles figure la définition de son plan local d’urbanisme. « Cette prérogative est essentielle, elle doit demeurer de proximité », indique-t-il. « Si vous enlevez cela aux maires, il ne leur reste plus rien », ajoute l’élu. Le maire de Crosnes souligne la forte attractivité de sa commune, capable d’offrir à la fois un cadre de vie vert et préservé, une taille humaine et la proximité avec des pôles économiques majeurs (Rungis, Orly, Évry, Créteil). Il note, néanmoins, des problèmes importants de circulation liés en grande partie à l’existence d’un unique pont pour traverser la Seine, qui aboutit à des embouteillages monstres matin et soir. Il se félicite, à ce sujet, de la mise en service prochaine du Téléval, téléphérique urbain qui reliera Villeneuve-Saint-Georges à la Pointe du Lac, à Créteil. Michaël Damiati regrette, toutefois, un manque de dialogue entre les institutions, qui crée des frontières étanches entre départements par exemple, au mépris de la réalité des bassins de vie. Il rêve de la poursuite, par Crosne, du réseau de pistes cyclables mis en place dans le Val-de-Marne et qui pourrait, estime-t-il, se poursuivre pour constituer un parcours touristique en Essonne dont sa ville serait le point de départ. Raphaël Cognet “L’arrivée d’Eole va comprimer l’espace” « Le Grand Paris est un concept extrêmement lointain pour moi », indique Raphaël Cognet. « Et je ne crois pas que la Métropole constitue une réalité tangible pour les habitants. À Mantes, la Région est notre partenaire naturel. En revanche, l’arrivée d’Eole va nous connecter avec l’ensemble des territoires du Grand Paris », se félicite le maire de Mantes. Pour ce jeune élu, qui place le développement économique et l’emploi au cœur de ses priorités, l’arrivée d’Eole va permettre à ses administrés « de gagner du temps, en comprimant l’espace ». L’élu y voit l’opportunité de valoriser un territoire au foncier encore très largement disponible. « Aujourd’hui, nous sommes une poche de pauvreté dans un département et une région riches », note le président de Grand Paris Seine & Oise. L’arrivée du RER E « permettra en outre à nos habitants d’aller consommer dans le Grand Paris, poursuit Raphaël Cognet, au sens large, commercial certes, mais aussi culturel ». Karl Olive “Le Grand Paris, c’est une tournure d’esprit” « Comme Le Corbusier affirmait que l’architecture n’est pas un métier mais une tournure d’esprit, je dirais volontiers que le Grand Paris est un état d’esprit », résume Karl Olive. « Je me considère personnellement au centre du Grand Paris », souligne le maire de Poissy. L’élu s’inscrit dans une logique « gagnant-gagnant », partenariale, et non en opposition ou en concurrence, que ce soit vis-à-vis des autres territoires ou niveaux d’administration. « Quand l’État, la Région ou le Département investissent des millions pour financer de nouvelles lignes de tramway ou de RER, il me semble logique qu’en échange, les élus locaux s’engagent pour densifier les quartiers de gare », estime cet apôtre « de la communication par la solution ». « Le Grand Paris doit constituer un catalyseur pour le développement du bien vivre ensemble », poursuit-il. Aujourd’hui, Karl Olive se réjouit de voir que toutes demeures mises en vente à Poissy ont trouvé preneur en moins de 15 jours, ce qui n’a pas toujours été le cas. Alors ne lui parlez pas d’une métropole du Grand Paris qui concentrerait les moyens, les regards et les dotations au mépris des territoires plus périphériques : « J’ai toujours dit qu’il fallait être acteur de sa ville et pas spectateur de celle des autres. » Jean-François Vigier “Pour une Métropole-Région” « La Métropole, c’est la Région », déclare d’emblée Jean-François Vigier. Pour le maire de Bures-sur-Yvette, président du groupe UDI à la Région, la MGP « a complexifié l’organisation institutionnelle francilienne ». « Les enjeux clé d’une ville-monde sont le développement économique, le tourisme et la mobilité, trois compétences exercées par la Région », poursuit celui qui présida le Forum métropolitain du GrandParis en 2017. Année au cours de laquelle une réforme du millefeuille francilien était attendue dans le sillage de l’élection d’Emmanuel Macron. « Mais le président a ouvert des débats sur les compétences et la gouvernance, et rien ne s’est passé », constate-t-il. Jean-François Vigier rappelle qu’en 2016, la communauté d’agglomération refusa à l’unanimité d’intégrer la MGP, notamment pour ne pas perdre son autonomie fiscale. Et ne l’a jamais regretté depuis.

  • MODERNISER ET VÉGÉTALISER LE PREMIER QUARTIER D’AFFAIRES EUROPÉEN : PIERRE-YVES GUICE

    DIX-HUIT MOIS APRÈS LE DÉBUT DE LA CRISE SANITAIRE, LE QUARTIER D’AFFAIRES S’EST ADAPTÉ AUX NOUVEAUX RYTHMES DE TRAVAIL ET NOUVELLES HABITUDES DES SALARIÉS. PROJETS DE VÉGÉTALISATION, MODERNISATION DES ESPACES PUBLICS, DIVERSIFICATION DE L’OFFRE TERRITORIALE… PIERRE-YVES GUICE, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE PARIS LA DÉFENSE, FAIT LE POINT SUR L’AVENIR DU PREMIER QUARTIER D’AFFAIRES EUROPÉEN. PROPOS RECUEILLIS PAR LE MAG Quel est l’impact de la crise sanitaire sur le quartier d’affaires ? Le quartier est très résilient. La crise sanitaire n’a eu que peu d’incidence sur les projets urbains et immobiliers engagés. En revanche, l’impact sur l’économie locale est réel. Les trois confinements successifs et les décisions du gouvernement en matière de télétravail ont durement impacté La Défense. Restaurants, centres commerciaux et hôtels ont fortement souffert de la baisse de fréquentation du quartier d’affaires. Cependant, contrairement aux prévisions faites au début de la crise, le tout télétravail ne pourra pas devenir la norme. En témoigne le retour massif des salariés dès que les mesures gouvernementales s’assouplissent. Le bureau reste essentiel. Il n’est pas qu’un lieu de production, il est aussi et surtout un lieu de socialisation. Nous continuons d’échanger avec des investisseurs et de nouveaux projets immobiliers vont être dévoilés dans les mois qui viennent. Leur confiance en La Défense n’a pas faibli. Le lancement du projet The Link en est le plus bel exemple. La plus haute tour de France, futur siège social de Total Energies, a été engagée en 2020, au cœur de la crise sanitaire. Dans le contexte de crise que nous traversons, comment le quartier peut-il continuer de séduire et répondre aux nouvelles attentes des entreprises et de leurs salariés ? La crise sanitaire a fait monter le niveau d’exigence des entreprises et de leurs salariés en matière d’offre immobilière. Il ne suffit plus de proposer des mètres carrés au juste prix. Il faut aussi proposer davantage de services pour attirer les entreprises et donner envie de retourner au bureau. Pour cela, Paris La Défense dispose de solides fondamentaux : un hub de transports en commun majeur qui sera renforcé en 2023 avec l’arrivée du RER E, une offre immobilière de très haute qualité et un écosystème business unique en France. Depuis plusieurs années, l’établissement a engagé une stratégie de diversification du quartier d’affaires pour en faire un véritable quartier de vie. La mixité est un enjeu clé de l’attractivité de La Défense. En plus des bureaux, le site doit continuer de proposer davantage de commerces et de restaurants, une offre culturelle et de loisirs importante et enrichir son offre résidentielle. La livraison de Paris La Défense Arena, plus grande salle de spectacles d’Europe, et l’ouverture de 15 nouveaux restaurants sont un signal fort du renouveau du quartier. Quels sont les grands enjeux urbains du quartier ? Quels sont les grands projets à venir ? L’établissement poursuit son action de modernisation et de végétalisation du quartier. De nombreux projets nourrissent cette démarche. Nous avons engagé un ambitieux projet de transformation de l’Esplanade de La Défense en un parc urbain de 7 ha d’ici 2026. C’est un projet qui relève véritablement du challenge dans un contexte urbain de dalle et dans un site aussi densément occupé. Toujours sur l’axe historique, au cœur du quartier d’affaires, Paris La Défense a lancé un projet de transformation totale de la place de La Défense. Site emblématique et lieu de passage quotidien de dizaines de milliers de personnes, la place va être totalement modernisée grâce à des espaces publics plus confortables et plus esthétiques, qui accueilleront davantage de végétation. À l’Ouest de La Grande Arche, à Nanterre, le quartier des Groues est également en train de sortir de terre. Sur cette ancienne friche ferroviaire va naître un quartier éco-conçu qui accueillera, à terme, 10 500 habitants et 12 000 salariés. Il s’agit de l’une des plus grandes ZAC d’Île-de-France. Quels sont les défis du quartier d’affaires ? Comment imaginez-vous son avenir ? L’une de nos priorités est d’opérer la transition écologique du quartier. De nombreuses actions sont déjà mises en œuvre par notre établissement et par les acteurs du territoire, que ce soit en matière de construction ou d’exploitation. En revanche, il faut donner corps et lisibilité à ces actions. Pour ce faire, nous nous sommes engagés dans une démarche de formalisation de notre raison d’être, au sens de la loi PACTE. Cette démarche nous oblige à nous interroger et à nous projeter dans un développement encore plus durable du quartier d’affaires.Nous serons en mesure de présenter les fruits de ce travail et notre plan d’action au début de l’année 2022. Propos recueillis par le mag Nommé directeur général de l’établissement public en charge de l’aménagement, de la gestion, de l’animation et de la promotion de La Défense, Pierre-Yves Guice était auparavant directeur général adjoint des services du département des Hauts-de-Seine. Diplômé de l’école Polytechnique, ingénieur en chef des Ponts, des Eaux et des Forêts, il a débuté sa carrière en administration centrale et occupé plusieurs postes dans des Forêts, il a débuté sa carrière en administration centrale et occupé plusieurs postes dans des établissements publics d’aménagement.

  • À L’ÉCHELLE DE L’EUROPE ET DU MONDE, LA RÉGION CAPITALE RAYONNE : PASCAL CAGNI

    PASCAL CAGNI RAPPELLE LES MULTIPLES ATOUTS DE LA RÉGION CAPITALE, DOPÉE PAR LE GRAND PARIS, QUI BÉNÉFICIE D’UNE IMAGE FORTE AUPRÈS DES INVESTISSEURS ÉTRANGERS. LE PRÉSIDENT DE BUSINESS FRANCE SOULIGNE NOTAMMENT LA FORCE DE LA R&D FRANCILIENNE, VECTEUR DES EMPLOIS DE DEMAIN. IL APPELLE, ÉGALEMENT, À UNE SIMPLIFICATION ADMINISTRATIVE ET À UN DÉCLOISONNEMENT PUBLIC/PRIVÉ. PROPOS RECUEILLIS PAR JACQUES PAQUIER Quels sont aujourd’hui, selon vous, les atouts de l’Île-de-France, notamment en lien avec le Grand Paris, dont on a souvent dit qu’il était un game changer pour l’image de la France telle qu’on l’aimait à l’étranger ? Atteindre une masse critique est à mon sens un gage de réussite. C’est la première des raisons pour lesquelles je pense que le Grand Paris est une très bonne chose. Et je crois que la présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse, mais aussi Lionel Grotto, en charge de Choose Paris Region, font des choses remarquables en faveur de l’attractivité francilienne. Il faut tout mettre en œuvre pour définir un message qui soit cohérent entre le Grand Paris d’une part et ce que l’on dit au niveau de la France ou des autres régions françaises d’autre part. Cette cohérence a été l’une de mes grandes batailles menées tout au long de mon mandat à la présidence de Business France. Nous avons créé, avec les différentes équipes qui m’entourent, les Team France Export & Invest. Désormais, nous allons faire en sorte que le Grand Paris tire pleinement parti d’un plan de relance qui s’articule, rappelons-le, autour de trois grandes idées : la cohésion sociale, l’innovation et la transition écologique. Je constate d’ailleurs que la création d’entreprise est en train d’exploser en Île-de-France. À l’échelle de l’Europe et du monde, la Région Capitale rayonne : ce sont plus de 18 universités et une recherche et développement au plus haut niveau qui précèdent très souvent les implantations industrielles. Rappelons que l’Université Paris Saclay (UPS) vient d’être reconnue comme étant la première université en mathématiques par le classement de Shanghai et la 14e université du monde toutes matières confondues. Il faut s’en réjouir. Nous pourrions également citer les 46 millions d’euros mobilisés sur les 9 territoires d’industrie franciliens. J’estime que les industries situées dans le Grand Paris bénéficient à hauteur de 28 % des 10 milliards d’euros de baisse d’impôts de production. C’est important pour que l’on puisse fixer les emplois. Tout cela nécessite un effort de pédagogie. Les investisseurs étrangers avec qui je parle quasiment tous les jours depuis maintenant quatre ans sont extrêmement sensibles à ces arguments. Pourquoi estimez-vous que le sport est également un vecteur d’attractivité ? Alors que nous allons organiser les Jeux olympiques et paralympiques de 2024, que nous accueillerons à nouveau une coupe du monde de rugby en 2023 et que nous venons d’organiser celle de football féminin, si la France n’a pas de grands projets, qui en a ? J’ai vécu à Londres où j’ai pu voir comment l’Angleterre, au moment des Jeux olympiques, a réussi à développer une image de marque très forte avec une campagne adaptée baptisée « Great Britain » et qui a attiré les emplois en nombre. Aujourd’hui, à la faveur d’un jeune président, qui mène de vraies réformes, et d’une génération montante qui aspire souvent à créer sa propre boîte, il faut encore une fois que l’on se rende compte que le monde entier envie notre attractivité. Il faut se défier des discours populistes et montrer les faits et les chiffres. Il faut parler des gens qui réussissent, s’assurer de ne pas les condamner lorsqu’ils ne réussissent pas. Si l’on fait cela, je pense que ce pays a un potentiel qu’il ignore. Pourquoi insistez-vous sur la recherche et le développement ? Parce que c’est la seule vraie bataille du XXIe siècle. Nous sommes en train de quitter l’âge de bronze de la Tech et on n’a encore rien vu venir… Ce qui est devant nous, c’est le développement de l’intelligence artificielle et du cloud, autant de nouvelles opportunités de créer des entreprises qui tirent parti des technologies ou des plateformes offertes par les GAFA afin de créer nous-mêmes nos emplois. Il faut positionner le Grand Paris comme un leader au sein de l’Europe et dire qu’en France, nous avons des métropoles qui complètent cette position de manière forte. Il est incontestable que Lyon, par exemple, possède un savoir-faire très fort sur la santé, que Toulouse est incontestablement un leader européen sur l’aérospatial, que nous avons évidemment en matière d’œnologie mais aussi de matières premières des savoir-faire à Bordeaux, que Lille, grâce à son positionnement au milieu du croissant européen qui va de Londres à Milan, occupe une place centrale en matière de logistique avec une main-d’œuvre très bien formée. Nous exerçons un leadership mondial, sur des secteurs qui vont de la cybersécurité à la physique quantique, mais aussi dans le domaine des maladies dégénératives ou encore des industries culturelles. Si l’on reste bienveillants en souhaitant la bienvenue aux investisseurs étrangers, on va continuer à créer de la valeur et du bien-être partout. Pas seulement dans le centre de Paris mais aussi dans les banlieues, ce qui est fondamental ! C’est simple, malheureusement dans un monde qui est pollué par une multitude d’images et d’informations, il faut se concentrer sur un petit nombre de messages et donc pouvoir vanter le Grand Paris leader européen en matière d’immobilier, d’attractivité, de siège sociaux, de recherche, de développement, de talents… Acteurs du Grand Paris a vocation de favoriser les coopérations publiques-privées. Vous qui parcourez le monde, pensez-vous qu’il y ait matière en France à abattre certaines frontières à l’heure où l’on va réformer l’ENA et la haute fonction publique ? À titre personnel, je suis pour un état fort car comme l’a prouvé la crise de la Covid, l’état a joué un rôle décisif pour préserver l’économie. Pour autant, il est essentiel de continuer à réformer l’état parce que je pense qu’aujourd’hui, le segment des emplois non commerciaux occupe une place trop importante. La prochaine réforme de l’état devra s’inspirer de la convention managériale de l’état, où un travail d’identification des faiblesses, des dysfonctionnements, des difficultés a été réalisé suite à la crise et aura pour objectifde trouver enfin le juste équilibre après des multiples lois de décentralisation et de déconcentration qui se sont succédé dans notre pays au cours des dernières décennies. En tant que président de l’Établissement public industriel et commercial (Epic) qu’est Business France, j’ai eu une vrai préoccupation à la faveur de la Loi Pacte qui est celle de rééquilibrer au sein du conseil d’administration la représentation des entreprises à parité avec nos nombreuses tutelles.

  • PARIS-SACLAY, UNE SOURCE D’INSPIRATION FACE AUX ENJEUX URBAINS ACTUELS ? : PHILIPPE VAN DE MAELE

    LA TRIBUNE DE PHILIPPE VAN DE MAELE, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’EPA PARIS-SACLAY Créé par la loi du 3 juin 2010 relative au Grand Paris, l’Établissement public d’aménagement Paris-Saclay développe depuis maintenant plus de dix ans, avec l’ensemble de ses partenaires, l’un des principaux clusters scientifiques et technologiques au monde, dotant la France de capacités à répondre aux grands défis de la planète en matière de santé, de transition énergétique, de mobilité, d’économie…. Structuration d’un pôle académique et de recherche de renommée internationale autour de l’Université Paris-Saclay et de l’Institut Polytechnique de Paris, développement et animation d’un écosystème d’innovation identifié dès 2013 par la MIT Technology Review, aménagement de nouveaux quartiers de ville dans une logique de développement durable,… telles sont les ambitions qui rythment cet exceptionnel projet, unique en Europe. Aux portes de la capitale française et autour d’une zone de protection naturelle, agricole et forestière de plus de 4 000 hectares qui le magnifie, ce territoire accueille, de Massy à Versailles en passant par Saint-Quentin-en-Yvelines, une exceptionnelle concentration d’établissements d’enseignement supérieur, de laboratoires de recherche publics, de centres de R&D privés et d’entreprises innovantes de toutes tailles et de grande réputation. Une vision polycentrique assumée Avec une nouvelle approche de l’aménagement du territoire dans une région aussi dense que celle de l’Île-de-France, Paris-Saclay est le fruit d’une vision polycentrique assumée autour de nouveaux quartiers de gare et d’une réflexion collective initiée par l’État mêlant, à la fois, l’intelligence du territoire et celle de ses élus, de ses usagers et citoyens. C’est la conjugaison apparemment improbable des enjeux urbains, environnementaux et sociaux que l’EPA tend aujourd’hui à réaffirmer dans une stratégie de développement durable et de responsabilité sociétale. Des enjeux que viendra renforcer la ligne 18 du Grand Paris Express dès son arrivée en 2026. Infrastructure majeure du développement de Paris-Saclay avec 10 gares programmées, ce métro automatique reliera le cluster aux hubs stratégiques du Grand Paris et répondra d’autant plus aux problématiques d’accessibilité et de déplacement des habitants et des usagers, tout en favorisant les synergies et la création de véritables lieux de vie. Paris-Saclay s’appuie sur un bassin d’emplois solide qui présente déjà une des parts les plus importantes de la région où les résidents travaillent sur place. Cette Opération d’intérêt national entend conforter la voie d’un changement de paradigme selon lequel il peut y avoir d’autres cœurs puissants permettant à un organisme central de vivre mieux. Cette organisation en polycentrisme, assurant l’ensemble des fonctions nécessaires à un écosystème équilibré (économique, habitat et environnementale), que les confinements de ces derniers mois ont pu renforcer dans le débat, constitue un des modèles pour les grandes agglomérations durables du XXIe siècle.

  • L’INVESTISSEMENT PUBLIC LOCAL, CLÉ DE VOÛTE D’UNE RELANCE ÉCONOMIQUE VIGOUREUSE : STÉPHANE MOUTY

    APRÈS CHAQUE CRISE MAJEURE, LA DYNAMIQUE DE RELANCE EST SOURCE D’OPPORTUNITÉS POUR DES CHANGEMENTS ÉCONOMIQUES ET SOCIÉTAUX POSITIFS ET UNE AMÉLIORATION DE NOS CADRES DE VIE. LA CRISE SANITAIRE ACTUELLE NE SAURAIT FAIRE EXCEPTION. ET LE GRAND PARIS PEUT EN PROFITER POUR SON DÉVELOPPEMENT À VENIR. RENCONTRE AVEC STÉPHANE MOUTY, DIRECTEUR DU SECTEUR PUBLIC LOCAL ÎLE-DE-FRANCE DE LA BANQUE POSTALE. Quels sont, selon vous, les enjeux de la sortie de crise pour le Grand Paris ? Le Grand Paris est engagé dans la compétition des « villes-mondes ». La métropole est en concurrence avec New York, Tokyo ou Londres. Son enjeu principal est dès lors celui de l’attractivité. Cela vis-à-vis des investisseurs mais aussi des citoyens. Paris a perdu 53 000 habitants entre 2012 et 2017 (1) et le mouvement s’est accéléré avec la crise sanitaire. Dans cette compétition, l’ossature offerte par le Grand Paris Express est un atout maître. Le Grand Paris représente huit fois la superficie de Paris mais il reste quasiment deux fois plus petit que le Grand Londres Quel rôle l’investissement public local doit-il jouer dans le processus de relance ? Il est central. Dans l’histoire contemporaine, toutes les grandes sorties de crise ont été impulsées par le secteur public. L’investissement public – dont 55 % dépendent des acteurs publics locaux – forme la clé de voûte d’une relance à la française. La capacité de rebond des collectivités territoriales est d’autant plus forte qu’elles sont les acteurs publics ayant le mieux résisté à la crise, avec un solde budgétaire à quasi équilibre fin 2020 et une capacité d’auto-financement largement préservée. La transition écologique est au cœur du plan France Relance. Que met en œuvre La Banque Postale pour accompagner ce mouvement ? Conjuguer relance économique et transition énergétique, c’est dans notre ADN. Un exemple emblématique en est le financement par La Banque Postale de l’unité de valorisation énergétique du Syctom, via un prêt vert de 75 Me. Mais nous savons aussi mettre le financement vert à la portée de tous, particuliers compris. En témoigne notre récent engagement auprès du Grand Paris dans le soutien apporté aux propriétaires de maison, porteurs d’un projet de rénovation énergétique performante. Cela dans les 53 communes engagées dans le dispositif du parcours de rénovation énergétique performante du pavillonnaire (PREP) (2). Ce partenariat illustre notre modèle de co-construction des solutions avec nos clients : notre marque de fabrique. (1) Source : INSEE Flash Île-de-France n°45 – décembre 2019. (2) Le programme PREP s’inscrit dans le cadre du SARE (Service d’accompagnement à la rénovation énergétique) piloté par l’ADEME. 7,1 milliards d’euros C’est le montant total des financements à court, moyen et long termes accordés par La Banque Postale aux acteurs du Grand Paris (collectivités territoriales, établissements publics et EPL, aménagement, logement, santé, médico-social, associatif), pour 2019 et 2020.

  • LES SEM DU GRAND PARIS SE RÉINVENTENT

    TRADITIONNELLEMENT CONCESSIONNAIRES D’OPÉRATIONS D’AMÉNAGEMENT, LES PRINCIPALES SOCIÉTÉS D’ÉCONOMIE MIXTE FRANCILIENNES, CRÉÉES À L’INITIATIVE DE COLLECTIVITÉS TERRITORIALES, ÉLARGISSENT LEUR PALETTE D’OUTILS AFIN DE FAIRE FACE AU NOUVEL ENVIRONNEMENT BEAUCOUP PLUS CONCURRENTIEL. TOUT L’ENJEU CONSISTE À LIER RENTABILITÉ ÉCONOMIQUE ET INTÉRÊT GÉNÉRAL. PAR FABIENNE PROUX Le constat est unanime : depuis 3 à 4 ans, l’aménagement historiquement réservé aux acteurs publics, souvent par le biais de sociétés d’économie mixte (SEM), est devenu un secteur extrêmement concurrentiel sous le double effet de la réduction de la taille des opérations et de la rareté du foncier. Conséquence : les opérateurs privés disposant d’importants moyens financiers se positionnent aux endroits les plus créateurs de valeur, autour des gares par exemple, laissant aux aménageurs publics les endroits où il est difficile de sortir des opérations, car le prix des logements reste peu élevé et les valeurs créées ne permettent pas de faire des équipements publics. Tout l’enjeu pour ces SEM consiste à « réussir à développer la ville mixte socialement et fonctionnellement », explique Christophe Richard, directeur de Sadev 94, l’opérateur de plusieurs collectivités val-de-marnaises. Une gageure face à « l’étirement du Grand Paris » qui contribue à survaloriser les terrains notamment autour et aux alentours des gares du Grand Paris Express (GPE), rendant encore problématique la production de logements sociaux et en accession. « Il est légitime que les promoteurs gagnent de l’argent. Il est anormal que l’aménageur en perde », résume Maurice Sissoko, directeur général de Citallios. Face à ce nouveau paradigme, et pour rester « attractives », les SEM d’aménagement franciliennes ont dû repenser leur modèle économique et s’adapter en élargissant leurs activités, et parfois même leur territoire de base. « Une entreprise comme la nôtre ne doit plus être dédiée à une collectivité locale, mais agir comme un acteur économique dont ont besoin les territoires », convient Willem Pauwels, directeur de Paris Sud Aménagement, dont l’actionnaire majoritaire est la ville de Massy (Essonne). « Notre objectif est d’être présents sur l’ensemble de la chaîne de valeurs des métiers de la production de la ville, sans vouloir tout faire, mais en apportant des réponses. » D’autant que « lorsqu’un élu lance une concession d’aménagement, il a des idées sur ce qu’il veut, mais il attend d’un aménageur que celui-ci lui propose un projet global », souligne Maurice Sissoko. « Influencer les promoteurs vers des nouvelles formes » Tout le défi qui se pose aux SEM est, selon Pascal Popelin, directeur de Sequano, outil d’aménagement de la Seine-Saint-Denis, de savoir comment être capables de résoudre à la fois les sujets d’innovation (flux de circulation, îlots de fraîcheur, assainissement plus vertueux), de qualité des constructions (quel bilan carbone, quelle insertion dans l’environnement, quel travail pour dépolluer ?), de maîtrise des coûts, de densité et de respect des délais. « On attend de nous une hyper-professionnalisation avec une grande technicité liée à l’agilité que l’on peut trouver dans le secteur privé tout en demeurant au service de l’intérêt général », énonce ce dernier. Pour Christophe Richard, le rôle de la SEM est aussi « d’influencer les promoteurs vers des nouvelles formes », plus flexibles pour être en phase avec les attentes du marché. Sur la ZAC d’Ivry Confluences, à Ivry-sur-Seine, Sadev 94 incite les opérateurs privés à imaginer des unités tertiaires de plus petite taille (moins de 5 000 m2) permettant aux grands groupes de faire travailler des salariés sans qu’ils aient besoin de venir au siège et ainsi « éviter ces immenses mouvements pendulaires de l’est à l’ouest de Paris ». Pour relever tous ces enjeux, il faut pouvoir disposer d’un panel d’outils de manière à adapter la réponse à chaque circonstance. La première réponse de ces sociétés d’économie mixte a consisté à créer des filiales de promotion immobilière : Sequano résidentiel en 2019, Citallios et SEM Grand Paris Sud Aménagement en 2020. Tout l’intérêt est de capter une partie de la valeur ajoutée des opérations qu’elles portent. « Plutôt que de socialiser les pertes et de privatiser les produits, nous faisons les deux », explique Maurice Sissoko. La stratégie de Citallios consiste à investir en fonds propres à hauteur de 20 à 30 %dans des opérations de promotion immobilière « en fonction des risques pris pour avoir du foncier et le rendre constructible ». « Cela a été bien accepté par les promoteurs parce que nous menons cette activité dans une filiale dédiée et en pratiquant leurs propres règles », prévient le dirigeant de Citallios qui interviendra toujours en co-promotion et restera minoritaire. En juin dernier, Citallios annonçait trois opérations réalisées pour 300 logements (18 000 m2 de surfaces). Co-promoteur « d’utilité publique » De plus, « ce co-promoteur “d’utilité publique” se pose en garant pour ses collectivités locales actionnaires d’un programme en phase avec leurs attentes et avec ce qui a été convenu initialement », ajoute Pascal Popelin. Sequano, qui a 11 projets en cours, livrera en 2021 une première opération de ce type portée avec Vinci Immobilier à Drancy (Seine-Saint-Denis). Face à la difficulté de maîtriser un foncier devenu de plus en plus rare et donc cher, plusieurs SEM envisagent de se doter de foncière dédiée. Citallios a déjà franchi le pas. Une opération a ainsi été conclue avec le rachat d’un montant de 175 millions d’euros en février 2021 du siège de Bic (3,8 ha) à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) dans le cadre d’un groupement avec BNP Paribas Real Estate. Chez Sequano, la décision fait l’objet d’une réflexion. Pour faciliter le parcours résidentiel, les SEM s’inscrivent dans la démarche en plein développement initiée par les Organismes de fonciers solidaires (OFS). Mise en œuvre par des collectivités locales, celle-ci consiste à désolidariser la propriété du foncier de celle du bâti de manière à permettre à des classes moyennes d’acquérir leur logement, en général intermédiaire, en zone tendue à un coût inférieur à celui du marché. Ainsi, Citallios est monté à hauteur de 20 % au capital de l’OFS des Yvelines créé en avril 2021 qui a vocation à réaliser 450 logements en BRS (bail réel solidaire) par an. Sequano étudie les modalités de la procédure. Enfin, ces SEM se positionnent, également par le biais de foncières, sur la gestion active des rez-de-chaussée des immeubles pour réduire la part de logement et y implanter des activités (commerces, services, artisanat). L’idée consiste à acquérir les locaux le temps que le porteur du projet rentabilise son activité. Île-de-France Investissements et Territoires : une foncière régionale pour compenser le retrait des investisseurs privés Créée par la région Île-de-France au printemps 2020 avec quatre partenaires*, la SEM patrimoniale Île-de-France Investissements et Territoires est une foncière qui a vocation à construire, réhabiliter ou acheter des actifs existants et atypiques (locaux d’activités et industriels, friches, tiers lieux, maison de santé) dans un objectif de maintenir l’emploi, relocaliser des activités ou encore contribuer à la réindustrialisation de la région. « Nous apportons une réponse à des entreprises mises en difficulté par la crise qui souhaitent vendre leurs murs pour retrouver des marges financières », souligne Olivier Pagezy, directeur général de la foncière régionale qui intervient en co-investissement avec divers partenaires publics ou privés, dont des SEM patrimoniales locales. Ainsi, le cas de la première opération d’IDF Investissements et Territoires, réalisée en mars dernier à Nemours (Seine-et-Marne) avec la SEM du Pays de Fontainebleau pour racheter les murs de la société Lewis Industrie, en redressement judiciaire, et lui permettre de poursuivre son activité. Dotée de 10 millions d’euros de fonds propres, IDF Investissements et Territoires dispose d’une capacité d’intervention entre 80 et 100 millions d’euros qui pourrait être portée à 150 millions tant la demande est forte. « La crise ayant renforcé les inégalités territoriales, nous compensons depuis son apparition le retrait des investisseurs privés en intervenant là où le marché intervient peu ou plus », explique Olivier Pagezy. La région Île-de-France (55,4 % du capital), la Caisse des dépôts (26,1 %), la Caisse d’Épargne (7,7 %) et le Crédit mutuel Arkéa (3,1 %).

  • LE CHÂTEAU OUBLIÉ DU VAL-DE-MARNE

    LE MAGNIFIQUE CHÂTEAU DE CHOISY, RÉSIDENCE FAVORITE DE LOUIS XV, N’A PAS SURVÉCU AUX TOURMENTS DE L’HISTOIRE. L’ARRIVÉE DU TRAMWAY T9 S’ACCOMPAGNE D’UNE MISE EN VALEUR DE SES ULTIMES VESTIGES. PAR PHILIPPE-ENRICO ATTAL Peu d’habitations modernes peuvent se vanter de disposer d’une entrée majestueuse dotée de pavillons du XVIIe siècle. C’est pourtant le lot du quartier de la mairie, à Choisy-le-Roi. On pense d’abord à une bonne copie moderne, façon Ricardo Bofill, du bon gros béton aux allures de pierre de taille, mais c’est à tort. Les deux constructions qui marquent l’entrée du parc de la mairie sont classées monuments historiques depuis 1927. Imaginons un peu... Le site s’ouvre sur un château dont la façade arrière donne sur un vaste parc qui s’achève sur les bords de la Seine. Quelle belle promenade, à seulement 15 minutes de Paris !Fontainebleau et Vaux-le-Vicomte n’ont qu’à bien se tenir... Mademoiselle de Montpensier, cousine de Louis XIV, a du goût. À la fin du XVIIe siècle, elle fait l’acquisition à Choisy-le-Roi, pour 40 000 livres, d’une propriété sur laquelle elle fait édifier un château. À la mort de la Grande Mademoiselle, la bâtisse change plusieurs fois de propriétaire, avant de devenir finalement demeure royale. Louis XV aime la chasse et la forêt de Sénart est encore assez proche de Paris. Choisy est merveilleusement situé. Le roi ne se lassera pas de l’embellir sous la direction de Ange-Jacques Gabriel. Le Nôtre, pour sa part, déjà consulté par la Grande Mademoiselle, avait trouvé le site détestable. Les aménagements qu’il avait suggérés étaient restés sans suite. Choisy est sans aucun doute la résidence « intime » du roi, celle dans laquelle il se sent le plus à l’aise. Aussi, il ne cessera de l’agrandir, doublant la surface du corps central, ajoutant de nouveaux bâtiments : une « maison particulière » dédiée à sa majesté, une salle de bal, une orangerie, des écuries voient peu à peu le jour. Le tout, comme il se doit, est richement meublé, les plus grandes signatures de l’époque s’honorant des commandes royales. Du déclin à la destruction Malheureusement, Louis XVI ne partagera pas l’enthousiasme de son grand-père. Dès 1787, il commence à vider le château de son mobilier. Et la disgrâce ne fait que commencer. Vendue comme bien national durant la Révolution, la bâtisse est peu à peu démembrée, puis laissée à l’abandon. Sa ruine se confirme au XIXe siècle. Le chemin de fer d’Orléans, en 1839, fait passer le faisceau des voies et installe sa gare le long de la Seine, sur les emprises du parc. À mesure que le quartier s’urbanise, le terrain est progressivement investi et on voit peu à peu disparaître toute référence à l’ancien domaine. Toute ? Non. Étonnamment, les abords de la route nationale sont restés à peu près intacts. À la place du château, trône aujourd’hui la mairie de Choisy, dans un style bien plus modeste. Les immeubles ont poussé, les tours sont apparues et l’ensemble du quartier a été très fortement modifié par l’urbanisme. L’arrivée au printemps dernier du tramway T9 a tout de même permis une mise en valeur des anciens pavillons qui, désormais, ne s’ouvrent que sur un modeste parc.

  • POUR EN FINIR AVEC L’URBANOPHOBIE : ÉRIC GROVEN

    LA TRIBUNE D’ÉRIC GROVEN, DIRECTEUR IMMOBILIER DES RÉSEAUX FRANCE SOCIÉTÉ GÉNÉRALE ET PRÉSIDENT DE SOGEPROM La France vit-elle la tête à l’envers ? Avec 4 millions de mal logés en 2021, selon la Fondation Abbé Pierre, la production des logements neufs connaît un effondrement inquiétant nous ramenant au niveau des autorisations de construire des années 90. Pour couronner le tout, un objectif de « zéro artificialisation nette » des terres d’ici 2030… Cherchez l’erreur !Cette schizophrénie procède d’une situation paradoxale dans laquelle tout le monde a raison mais où chacun poursuit des objectifs contradictoires avec les autres parties prenantes, au détriment des habitants de notre pays : collectivement, donc, nous avons tort. L’État a raison de s’inquiéter des effets pervers des dispositifs de défiscalisation du type Pinel, accusés d’entretenir une tension artificielle sur le prix des fonciers puis des logements, et préfère miser sur la rénovation énergétique des bâtiments. Les maires ont raison d’écouter leurs administrés qui rechignent à des constructions de grande hauteur à proximité de chez eux, tout en luttant contre l’étalement urbain et ses effets néfastes notoires. La filière immobilière, construction et promotion, a raison de stigmatiser la timidité des mesures gouvernementales de soutien au logement neuf, la réduction malthusienne des autorisations de construire par les élus, la complexité et la lenteur des process d’octroi de permis. Et la population dans tout ça ? C’est là que le bât blesse : celle qui demeure la principale bénéficiaire de l’amélioration de la ville et de l’habitat forme une majorité silencieuse qui ne s’exprime qu’au moment des élections, auxquelles elle s’abstient d’ailleurs massivement. Sortir de ce dilemme réclame du courage politique. Celui d’affirmer que le mal-logement constitue une forme d’inégalité sociale inacceptable de nos jours. Celui d’affirmer que les principes écologiques qui protègent notre planète et l’avenir de nos enfants doivent être ardemment défendus tout en se conjuguant avec la réalité sociale : rénover, rebâtir, transformer et construire sont les actes essentiels du renouvellement urbain pour le bien-être de la population. Une question toute simple résume le débat en cours : qui a envie aujourd’hui en France de faire preuve de bon sens sur la question du logement ? L’urbanophobie est une idéologie ancienne qui opposait la noirceur des villes à la blancheur des campagnes ; dans ce débat totalement daté, l’anti-urbanisme n’a plus aucun sens aujourd’hui puisque la très grande majorité de la population mondiale vit ou vivra dans des métropoles. Le Grand Paris illustre de façon emblématique l’ensemble des méandres politico-administratifs qui freinent la construction de logements de qualité, abordables pour le plus grand nombre. Le problème est donc clairement posé, mais qui s’en charge ?

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