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« Être une PME, c'est notre identité »

  • 26 août
  • 2 min de lecture

Fondée en 1956 par Émile Capocci, l'entreprise familiale de travaux publics – terrassement, démolition, VRD, fondations spéciales – célèbre ses 70 ans. Serge Capocci, troisième génération à sa tête, raconte…


Serge Capocci.

70 ans, un anniversaire rare pour une PME de travaux publics. Comment vous situez-vous dans cette histoire ?


C'est avant tout une histoire humaine et familiale. Mon grand-père Émile a fondé l'entreprise en 1956, convaincu que le sous-sol de Paris et de sa banlieue allait être travaillé pendant des décennies. Mon père Antoine a pris la suite en 1984 en développant la démolition. J'ai rejoint l'entreprise en 1993 pour l'orienter vers les grands projets d'infrastructure. Trois générations, mais le même ADN : l'exigence du travail bien fait, la sécurité des équipes, la fierté de construire ce territoire. Ce qui me touche, c'est que l'entreprise est encore familiale et indépendante. Être une PME, c'est notre identité.


Qu'a représenté le Grand Paris Express pour CAPOCCI ?


La plus belle aventure industrielle de notre génération et une véritable rupture d'échelle : 47 collaborateurs en 2017, 140 en 2026. Nous avons travaillé sur plusieurs lots des lignes 15, 16, 17 et 18 – tunnels, gares, terrassements en zone dense – et participé à la gestion de plus de 13 millions de tonnes de déblais. Ce projet a confirmé la pertinence de notre modèle : assembler les compétences pour répondre à des projets d'une complexité croissante.


Vous vous êtes lancés dans l'économie circulaire avec CAP MAT. Évolution naturelle ou virage stratégique ?


Nous faisons du concassage pour le recyclage du béton depuis les années 1990, c'est une culture maison, que nous avons formalisée avec CAP MAT, notre pôle dédié à la gestion durable des matériaux : diagnostic, dépollution, valorisation, traçabilité. En 2025, 96,1 % des déchets de nos chantiers de démolition et 89,8 % des terres excavées ont été valorisés, évitant l'émission de 1 000 tonnes de CO₂. CAP MAT représente 22 % de notre activité.


CAPOCCI affiche une progression remarquable sur la mixité : 24 femmes en 2026, contre 3 en 2017…


C'est le fruit d'une volonté ferme. Conductrices de travaux, ingénieures QHSE, cheffes de chantier : c'est une réalité chez nous. Je suis fier de compter parmi les 17 membres fondateurs des SouterReines, association qui œuvre à changer les représentations dans nos métiers.


Quelles ambitions pour les années à venir ?


Les infrastructures de transport restent notre colonne vertébrale, avec la logistique et la transformation énergétique. Nous intégrons l'intelligence artificielle et le pilotage numérique des chantiers, et travaillons à l'électrification de notre parc de plus de 120 engins. Et puis, il y a la transmission : dans 20 ans, CAPOCCI doit toujours être une entreprise familiale et indépendante. Préparer cette quatrième génération, c'est peut-être le travail le plus important que j'aie à faire.

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