« La souveraineté énergétique n'est pas un slogan, c'est une infrastructure »
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Opérateur de la transition énergétique des territoires, Idex exploite en Île-de-France 18 réseaux de chaleur et de froid, et maintient plus de 5 000 bâtiments, avec 1 400 collaborateurs. Stéphane Dauphin, directeur régional Île-de-France, en détaille l'ADN, les savoir-faire et les valeurs.

Stéphane Dauphin.
Comment définissez-vous le positionnement d'Idex en Île-de-France ?
Notre ADN est celui d'un développeur : nous ne nous contentons pas d'exploiter l'existant, nous identifions les ressources locales – géothermie, chaleur fatale, biomasse – pour les transformer en infrastructures concrètes. La souveraineté énergétique, nous ne la traitons pas comme un concept : nous la construisons mètre de canalisation après mètre de canalisation, avec 18 réseaux de chaleur et de froid desservant déjà des dizaines de milliers de Franciliens. Notre force tient à un modèle intégré – du développement à l'exploitation – qui nous fait assumer la responsabilité de bout en bout.
La géothermie est souvent citée comme un atout francilien. Comment la valorisez-vous ?
À 1 800 mètres de profondeur, la nappe du Dogger offre une eau à 70-80 °C : l'une des plus importantes ressources géothermiques d'Europe, locale et décarbonée. À Neuilly-sur-Marne, notre réseau alimente 5 100 équivalents-logements à plus de 75 % d'énergies renouvelables ; ailleurs, nous dépassons les 80 %. Cette énergie nous affranchit des cours mondiaux du gaz : quand leur prix a quadruplé en 2022, nos abonnés ont été protégés. C'est cela, la souveraineté concrète – une facture prévisible sur vingt à trente ans.
Quels autres savoir-faire mobilisez-vous ?
La récupération de chaleur fatale, d'abord : usines de valorisation des déchets, stations d'épuration, data centers rejettent une énergie que nous captons pour chauffer logements et bureaux. C'est l'économie circulaire appliquée à l'énergie. Nous agissons aussi sur la sobriété : nous gérons les installations de plus de 60 communes franciliennes – Boulogne-Billancourt, Poissy, Montrouge... –, soit plus de 1 500 bâtiments publics. Via 150 contrats de performance énergétique, nous générons de 15 à 20 % d'économies. Ce n'est pas une promesse, mais une obligation de résultat : nous sommes pénalisés si nous ne l'atteignons pas.
Dans un contexte budgétaire contraint, comment financez-vous ces infrastructures ?
Grâce au tiers-financement, nous portons l'investissement sans mobiliser la trésorerie publique : la collectivité définit l'ambition, Idex apporte le capital et garantit la performance sur vingt à trente ans. Nous avons investi 300 millions d'euros en 2025 et en confirmons 386 pour 2026, adossés à un chiffre d'affaires de 1,93 milliard. Mais notre responsabilité va au-delà de la technique : en optimisant les réseaux qui desservent les bailleurs sociaux, nous luttons contre la précarité énergétique. Le Grand Paris ne sera une métropole de référence que s'il reste une métropole humaine et résiliente.




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