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« Un projet immobilier ne s'impose pas à un territoire, il se construit avec lui »

  • il y a 6 jours
  • 4 min de lecture

Promoteur régional francilien, Yuman Immobilier fonde son développement sur un ancrage territorial revendiqué, du logement étudiant aux petits parcs d'activités. Son président, Christophe Afonso, détaille un modèle de proximité où chaque opération se veut d'abord utile à la commune qui l'accueille.


Christophe Afonso, président de Yuman Immobilier.

Quelle est la vocation de Yuman Immobilier et qu'est-ce qui vous distingue sur le marché ?


Nous sommes un promoteur immobilier régional francilien, ancré dans les territoires où nous intervenons. Notre vocation ne se résume pas à construire des mètres carrés : elle consiste à comprendre un territoire, ses besoins et ses habitants, pour y proposer une réponse utile et durable. Tout part de la proximité : avec les villes, les entreprises locales comme avec les usagers. Nous ne lançons pas une opération parce qu'un foncier est disponible ou qu'un bilan fonctionne, mais lorsqu'elle présente une utilité réelle. Notre approche repose sur la co-construction : comprendre l'histoire d'une ville, son tissu urbain et ses besoins réels, pour concevoir un projet accepté. Un projet immobilier ne s'impose pas à un territoire, il se construit avec lui ; il doit améliorer un quartier, structurer une entrée de ville. Ce même état d'esprit irrigue notre engagement sociétal, via le fonds de dotation Yuman, qui accompagne des jeunes méritants. Chez nous, la méritocratie n'est pas un slogan : les personnes engagées évoluent vite vers des responsabilités.


Sur quels types de projets concentrez-vous votre développement ?


Notre développement repose sur deux jambes. La première, c'est le logement. Face à une crise profonde du logement, nous proposons une offre accessible et qualitative : logement social, intermédiaire, en accession, étudiant ou résidences jeunes actifs. Nous cherchons à créer un parcours résidentiel, du studio abordable au logement familial doté de surfaces extérieures et de belles hauteurs sous plafond. Le logement n'est pas un simple produit, c'est un cadre de vie. La seconde jambe, ce sont les petits parcs d'activités, de 2 000 à 10 000 m², destinés aux TPE, aux artisans et aux porteurs de projets. Là aussi, un jeune entrepreneur démarre avec une cellule modeste, puis grandit. Dans les deux cas, les mêmes valeurs nous guident : utilité territoriale, accessibilité, qualité et accompagnement dans le temps.


Quelles réalisations ont marqué votre année 2025 ?


Nous sommes fiers d'avoir livré l'opération Promess, à Romainville : un projet complexe, à tiroirs, associant la réhabilitation d'une ancienne cité-jardin et la construction de logements neufs sur le même site. Le défi était technique, humain et social : accompagner des habitants installés de longue date et leur permettre de retrouver un logement neuf sans perdre le lien avec leur quartier. C'est notre vision : la complexité au service d'une finalité humaine forte. Nous avons aussi réalisé un parc d'activités à Bagnolet, qui recrée une offre accessible pour des artisans en peine de trouver des locaux abordables en première couronne. Le Grand Paris ne peut pas être seulement résidentiel : il doit rester un territoire d'emploi et de production.


Quels sont vos chantiers et projets phares pour 2026 ?


Nous livrons une résidence étudiante réalisée avec la MGL, à proximité immédiate d'une gare RER : dans un marché tendu, proposer une offre neuve et abordable relève de l'utilité publique. Nous poursuivons plusieurs opérations de logement social avec Action Logement, dans le Val-de-Marne et en Seine-et-Marne, et développons en Essonne une résidence jeunes actifs avec CDC Habitat et sa filiale Adoma. Quand un studio neuf, proche d'un RER, revient à moins de 250 euros par mois après aides, nous sommes pleinement dans notre mission. Nous avons par ailleurs remporté un concours en Seine-Saint-Denis, en hyper centre-ville : un immeuble associant restaurant en pied d'immeuble, tiers-lieu, centre de santé, logement social et en accession. Mixer les usages et requalifier un centre-ville, voilà notre ambition. Nous travaillons enfin, en Essonne, sur une opération proche d'un centre hospitalier, mêlant stationnement et logements pour le personnel.


En Seine-Saint-Denis, un programme immobilier, avec tiers-lieu à destination des familles, un restaurant, un centre municipal médical de santé et des logements en accession et sociaux, pour répondre à l’exigence de la collectivité.

Comment voyez-vous l'avenir de l'immobilier et le rôle de Yuman dans le Grand Paris ?


Cet avenir est passionnant, car les besoins sont immenses, mais incertain, car notre secteur requiert de la stabilité. Une opération a souvent une genèse de trois à cinq ans entre l'identification du foncier et le chantier : difficile, dès lors, de composer avec des règles fiscales et réglementaires qui changent trop souvent. Or la filière représente près de 10 % du PIB et emploie environ 2,5 millions de personnes. Quand on bloque la production de logements, on bloque des parcours de vie. Le Grand Paris est l'un des plus grands projets de transformation urbaine d'Europe. Avec le Grand Paris Express, des communes périphériques deviennent des centralités. Mais cette transformation doit être maîtrisée et devenir un accélérateur d'opportunités, pas un facteur d'exclusion. Notre rôle est d'en être un acteur de terrain, commune par commune. Nous voulons un Grand Paris plus équilibré, qui ne se contente pas de densifier, mais améliore concrètement la vie de ceux qui y habitent, y travaillent et y entreprennent.

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