« Un logement sur six produit en France l'an dernier l'a été par le groupe Action Logement »
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Directeur général d'Action Logement Services, Olivier Rico revient sur le rôle contracyclique du Groupe, la montée en puissance de ses services aux salariés et le soutien qu'il apporte aux opérateurs du logement abordable franciliens. Entretien.

Olivier Rico.
Comment résumeriez-vous le poids et le positionnement d'Action Logement aujourd'hui ?
Notre Groupe repose sur deux jambes : un pôle immobilier, fort de 1,2 million de logements en patrimoine, et un pôle service, qui a distribué plus de 820 000 aides et services l'an dernier. Le fait marquant, très illustratif, c'est qu'un logement sur six produit en France l'année dernière l'a été par nos filiales immobilières. Cela résume notre vocation contracyclique : face à l'effet de ciseau entre une demande qui ne cesse de croître et une production qui fléchit, l'État, les ministères, nos partenaires sociaux et nos bénéficiaires nous demandent de tenir le cap. En Île-de-France, zone sous tension maximale, nous y parvenons : notre patrimoine y approche les 400 000 logements et nous avons enregistré près de 15 000 nouveaux agréments sur la seule année écoulée tout en mettant en chantier plus de 14 400 logements neufs, au travers de nos principales filiales, à commencer par 3F.
Côté services, quels dispositifs rencontrent le plus large écho ?
Deux produits, surtout. Le prêt accession à 1 % est un véritable succès : son taux est plus qu'attractif et, comme il n'exige aucune garantie, les banques l'assimilent à un apport. Il renforce donc mécaniquement la solvabilité des ménages à revenus modestes. L'autre pilier, c'est Visale, notre caution locative gratuite, qui couvre trente-six mois de loyers impayés pour le bailleur. Nous en avons délivré plus de 350 000 l'an dernier, et nous avons fêté en juillet dernier le deux-millionième contrat. L'Île-de-France en concentre une part considérable : c'est un levier décisif d'accès au logement pour les jeunes actifs, les étudiants et les salariés en mobilité.
Les promoteurs attendent de savoir s'ils peuvent encore compter sur vos achats. Où en êtes-vous ?
Au plus fort de la crise, nous avons acquis 34 000 logements, aujourd'hui commercialisés pour l'essentiel en Île-de-France - près de 3 000 arriveront sur le marché l'an prochain. Un tel effort n'est pas reconductible chaque année, mais nous tenons à donner de la visibilité aux bailleurs. Nos arbitrages obéissent à des critères clairs : l'équilibre économique de l'opération, son implantation au regard des besoins de logement des salariés, et une exigence de durabilité – nous demandons un peu plus que la norme, et récompensons d'un bonus les opérateurs qui vont au-delà. Nos appels à manifestation d'intérêt portent désormais sur deux ans, 2026 et 2027, jusqu'au terme de notre convention quinquennale : beaucoup d'opérateurs s'inquiétaient de notre présence en 2027, année d'élection présidentielle. La réponse est oui. Nous y ajoutons une innovation financière : nous cautionnons les prêts de logements intermédiaires de la Banque des territoires, via une enveloppe de près de 400 millions d'euros sur la période 2026-2027. Alors que les collectivités peinent à apporter des garanties, ce mécanisme, simple et compétitif, dénoue des opérations.

À Rueil-Malmaison (92), Seqens Accession a livré en juillet 2026 la résidence CAP 15, 16 logements proposés en PSLA.
Quels autres leviers de développement portez-vous ?
Notre Opérateur national de vente illustre bien notre logique de double bénéfice. Il rachète en bloc des logements à des bailleurs sociaux, leur procurant un afflux de trésorerie aussitôt réinvesti ; nous les remettons à niveau énergétique et en copropriété, pour les revendre en priorité à leurs occupants ou à des locataires du parc social. Près de 10 000 logements ont été acquis depuis son lancement, environ 2 000 revendus à ce jour ; sur la seule année écoulée, nous en avons acheté près de 1 800 et cédé un peu plus de 600, le temps de constituer le stock nécessaire à la revente. Autre chantier porteur : la transformation de bureaux en logements, via notre Foncière de Transformation Immobilière. En cinq ans, nous avons acquis près de 300 000 m², soit de l'ordre de 7 000 à 7 500 logements, dont plus de 1 300 déjà livrés. C'est une tendance de fond, et nous travaillons à sa massification. Nous avons par ailleurs toujours mené d'importantes opérations de logement, désormais de taille plus mesurée, car la période invite à limiter la prise de risque.
Vous présentez l'innovation comme un marqueur du Groupe. Que recouvre-t-elle ?
Pour moi, innover, c'est préparer l'avenir. Notre Convention quinquennale nous dote d'une ligne dédiée : l'an dernier, nous avons financé 109 projets sur tout le territoire, pour une quinzaine de millions d'euros, tous au service du lien emploi-logement, au bénéfice des salariés. L'innovation est d'abord technique - nous avons été les premiers à construire des bâtiments à l'imprimante béton, et nous travaillons sur la sobriété énergétique, le photovoltaïque ou la nouvelle génération des ballons d'eau chaude. Mais elle est aussi sociale. À VivaTech, nous venons d'accompagner une start-up dont l'application permet de faire visiter un logement à distance : le visiteur, sur place, est souvent une personne des quartiers prioritaires que nous orientons, avec France Travail, vers un retour à l'emploi. Cela limite du même coup les déplacements : l'innovation se fait alors à la fois sociale et énergétique.



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