« Tendre vers une eau pure est aujourd'hui une nécessité pour tous »
- il y a 2 jours
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Successeur d'André Santini à la tête du premier service public d'eau de France, Richard Dell'Agnola détaille le programme « Vers une eau pure », répond à Plaine Commune et esquisse une alliance des acteurs du cycle de l'eau.

Richard Dell'Agnola.
Vous inscrivez-vous dans l'héritage d'André Santini ?
Cet héritage est important. André Santini a innové avec audace. Sur la filière membranaire haute performance, nous avons anticipé les directives européennes. Il s'agit de débarrasser l'eau des polluants éternels, des résidus médicamenteux, des perturbateurs endocriniens, du calcaire, du chlore. L'opposition de nos contradicteurs est plus idéologique que technique.
Que répondez-vous à ceux qui critiquent le coût de cette technologie ?
C'est comme la santé : l'eau n'a pas de prix, mais elle a un coût. Si l'on veut tendre vers une eau pure, il faut s'en donner les moyens. C'est le procédé le plus rationnel ; il n'y en a pas d'autre. Nous venons de saisir le premier ministre et la Commission européenne pour que le principe pollueur-payeur s'applique aussi aux producteurs de pesticides.
Plaine Commune a exprimé son intention de quitter le Sedif...
La Ville de Saint-Denis a délibéré en ce sens, légalement. Mais la fenêtre de sortie offerte par la loi NOTRe, dont ont bénéficié des communes de Grand-Orly Seine Bièvre, n'existe plus. Nous sommes un syndicat mixte fermé : c'est le Comité qui décide qui peut sortir, et une centaine de ses 133 membres partagent notre vision. Ce projet de régie est un trompe-l'œil : sans usine, ils continueraient à nous acheter de l'eau, à des tarifs supérieurs à ceux des membres. Tout cela coûte à l'usager.
Où en est le programme « Vers une eau pure » ?
Il représente un milliard d'euros et entre dans une phase de concrétisation. À Méry-sur-Oise, le renouvellement des membranes de nanofiltration - 30 millions d'euros - démarre pour une mise en service fin 2027, afin d'assurer la continuité du service aux 900 000 habitants alimentés. À Choisy-le-Roi et Neuilly-sur-Marne, des travaux de 500 millions d'euros par usine s'étaleront de 2027 à 2031, pour une mise en service en 2031-2032. Les arrêtés préfectoraux sont attendus sous quelques semaines.
Le Sedif, c'est aussi la solidarité internationale et, demain, le cycle de l'eau ?La coopération décentralisée prélève quelques centimes sur chaque mètre cube vendu, soit 2,5 millions d'euros par an : 5 millions de personnes ont accédé à l'eau potable à Madagascar, au Laos, au Vietnam, en Haïti depuis 1986. Quant au « ring de l'eau », idée d'André Santini, nous réunirons prochainement syndicats, Métropole du Grand Paris et Siaap pour recycler les eaux au profit de l'agriculture, de l'industrie, de l'arrosage. Face aux conditions climatiques actuelles, il ne faut rien perdre de ce que l'eau peut permettre.



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