« Le sport n'est pas seulement une pratique, c'est un véritable investissement pour l'avenir de notre société »
- il y a 2 jours
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Première femme à présider le Comité régional olympique et sportif d'Île-de-France – près de 90 ligues et comités adhérents, 19 400 clubs, 2,5 millions de licenciés –, Évelyne Ciriegi dirige aussi la Conférence régionale du sport, qui réunit l'État, les collectivités, le monde économique et le mouvement sportif. Héritage de Paris 2024, sport-santé, formation des bénévoles : elle détaille sa feuille de route. Entretien.

Le CROS Île-de-France est souvent identifié comme la tête de réseau du mouvement sportif régional. Quelle est sa mission ?
Le CROS Île-de-France fédère, accompagne et représente l'ensemble du mouvement sportif francilien. Nous sommes l'interlocuteur des ligues et comités régionaux, mais aussi des collectivités, des services de l'État et de nombreux partenaires. Notre rôle dépasse largement le cadre de la compétition : le sport est aujourd'hui un formidable levier de cohésion sociale, d'éducation, de santé, d'inclusion et de développement des territoires. Notre mission consiste à porter la voix du mouvement sportif dans les politiques publiques, avant les Jeux olympiques, pendant et bien après.
L'Île-de-France est un territoire singulier. Comment le CROS répond-il à ses enjeux ?
L'Île-de-France est la première région française, avec plus de 12 millions d'habitants : une région jeune, dense, diverse, dont les besoins sont immenses, avec 70 % de ruralité. On y compte près de 19 400 clubs, plus de 2,5 millions de licenciés et des dizaines de milliers de bénévoles qui font vivre le sport au quotidien. Notre feuille de route repose sur quatre axes majeurs : le sport-santé, la formation, les politiques publiques et le haut niveau, l'éducation et la citoyenneté. Nous intervenons auprès des collectivités sur les projets sportifs de territoire, nous agissons pour l'emploi, la formation des dirigeants bénévoles, l'égalité entre les femmes et les hommes, l'inclusion des personnes en situation de handicap, avec la volonté de rendre le sport accessible à toutes et à tous, à tous les âges de la vie. Car la force du sport réside dans sa transversalité, sa capacité à associer les enjeux sociétaux majeurs aux réalités quotidiennes des citoyens.
Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ont-ils marqué un tournant ?
Sans aucun doute. Paris 2024 a constitué un accélérateur exceptionnel : création, rénovation ou modernisation de nombreux équipements, notamment en Seine-Saint-Denis, et visibilité inédite donnée au sport et à ses valeurs. La Région Île-de-France, avec la présidente Valérie Pécresse et le vice-président Patrick Karam, ou la Métropole du Grand Paris, avec le président Patrick Ollier, ont engagé des investissements majeurs pour offrir aux Franciliens un héritage durable, avec le soutien fidèle de la DRAJES. Nos ambassadeurs champions de la Team Sport du CROS interviennent au plus près des pratiquants, contre la sédentarité et toute forme de violence. Il s'agit désormais de transformer cet élan en dynamique durable : l'héritage ne se mesure pas seulement en infrastructures, il se traduit par une culture sportive renforcée et une meilleure prise en compte du sport dans les politiques publiques.
Vous présidez également la Conférence régionale du sport. Quel est son rôle ?
Elle réunit l'État, la Région, les collectivités, le mouvement sportif, le monde économique et les acteurs sociaux autour d'une même ambition : construire une stratégie partagée pour le développement du sport en région. Le sport participe à la réussite éducative, favorise la santé publique, accompagne la transition écologique, renforce le lien social et contribue à l'attractivité économique. Notre responsabilité est de créer des passerelles pour qu'il soit reconnu comme une politique publique à part entière, à l'image du plaidoyer porté par le CNOSF et sa présidente Amélie Oudéa-Castéra : le sport, ça compte, soutenons-le.

À droite, Évelyne Ciriegi, aux côtés de la présidente du CNOSF Amélie Oudéa- Castéra et du président du COJOP Alpes françaises 2030 Edgar Grospiron, lors du salon de l’AMIF.
Quels sont les grands défis des prochaines années ?
Développer la pratique pour tous les publics, accompagner le haut niveau, renforcer la formation des bénévoles et des professionnels, soutenir les clubs, favoriser l'innovation et répondre aux enjeux sociaux de notre société. Notre ambition est de faire du sport un moteur du développement régional et un outil au service de l'intérêt général. Toujours.
Comment percevez-vous le travail mené par les Acteurs du Grand Paris ?
Je suis très fière de faire partie de cette dynamique portée par le président Thomas Hantz. Nous partageons une même conviction : les grands défis ne se relèvent jamais seuls. Ils reposent sur la coopération entre les collectivités, les institutions, les entreprises, le monde associatif et les citoyens. Construire une région plus active, plus dynamique, plus inclusive et plus égalitaire est une responsabilité collective. Le CROS Île-de-France y prend toute sa part, parce qu'il agit concrètement sur le territoire, au service des Franciliens et de l'intérêt général.



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