« S'appuyer sur les professionnels pour réussir la politique du logement »
- 26 août
- 2 min de lecture
Chambre régionale des professionnels de l'immobilier, la FNAIM du Grand Paris existe depuis plus de cent ans (la fédération nationale date de 1946). Elle accompagne un millier d'établissements franciliens dans leur développement et représente 13 métiers, de la transaction à la gestion en passant par le syndic, tout en assurant la défense de la profession et la promotion des métiers de l'immobilier. Son président, Olivier Princivalle, défend le rôle de tiers de confiance des professionnels et leur fonction de relais des politiques publiques, plus encore dans une crise locative aiguë.

Olivier Princivalle.
Qui sont vos adhérents et pourquoi en faites-vous un maillon essentiel ?
Agents immobiliers, syndics, administrateurs de biens, gestionnaires de patrimoine, rénovateurs… Tous jouent un rôle de tiers de confiance pour qui cherche à se loger ou à investir. Rémunéré par toutes les parties, l'agent veille à un équilibre durable entre bailleur et locataire, vendeur et acheteur. Les professionnels assurent 90 % de la gestion des copropriétés, 70 % des ventes et 50 % des locations.
En quoi êtes-vous des relais des politiques publiques ?
Passer par un professionnel, c'est la garantie du respect des règles : décence, contrat équilibré, loyer conforme. Beaucoup de propriétaires non intermédiés les ignorent. Nous faisons aussi remonter ce qui se passe sur le terrain – un syndic signale les marchands de sommeil et de ces constats naissent nos préconisations. Sur le permis de louer, utile mais contraignant, nous avons proposé une simplification reprise par le ministre : dispositif harmonisé, exonération pour les propriétaires ayant missionné des professionnels, délais raccourcis, libérant les ressources des communes pour traquer les bailleurs hors des règles.
Comment décrivez-vous l'état du marché locatif francilien ?
Il est en crise depuis trois ans. Pour une annonce, nous recevons jusqu'à 200 appels en une heure : l'offre est aux antipodes de la demande, la mobilité ne s'exerce plus et les premiers touchés sont les candidats locataires. En cause, le cumul des contraintes sur la seule location de longue durée – rénovation énergétique, hausse de taxe foncière, encadrement des loyers, permis de louer, fiscalité dissuasive –, quand la location touristique de courte durée reste déréglementée et fiscalement avantagée. S'y ajoute une décennie de signaux défavorables, de l'IFI à la fin des aides à l'investissement locatif.
Quelles recommandations portez-vous ?
Sortir de la contrainte, simplifier et revenir à l'incitation : le marché s'équilibre de lui-même quand il est fluide. Faire revenir les investisseurs, c'est inciter fiscalement à acheter et à louer moins cher, rééquilibrer les obligations entre location de longue durée et touristique, ne plus faire porter aux seuls bailleurs la fiscalité locale et sécuriser le rapport bailleur-locataire. Mieux financer aussi la rénovation énergétique, des grosses opérations aux plus modestes. Le logement privé répond à un besoin que le parc social ne comblera jamais et il rapporte bien plus à l'État qu'il ne coûte. Les Français aiment la pierre : rendons-leur l'envie d'y investir.
Contact : contact@fnaimgrandparis.fr - 01 40 53 73 50



Commentaires