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« Nous réinjectons chaque année plus de dix milliards d'euros dans l'économie francilienne »

  • 26 août
  • 3 min de lecture

Membre du directoire de la Caisse d'Epargne Île-de-France, en charge du pôle Banque de Développement Régional, Sabine Fleischel décrit le positionnement d'un établissement coopératif qui accompagne l'ensemble des acteurs du territoire, du logement social aux grandes infrastructures, du crédit à l'investissement en fonds propres.


Sabine Fleischel.

Quel est le périmètre de la Banque de développement régional que vous dirigez ?


Quand on parle de Caisse d'Epargne, la première image est celle de la banque des particuliers. Mais les Caisses d'Epargne sont nées il y a deux cents ans avec le livret A, donc avec l'accompagnement du logement social : cela fait partie de notre ADN. Nous sommes entrés dans l'économie francilienne par le logement et nous nous sommes ouverts à l'ensemble des besoins du territoire. Le pôle que je dirige s'adresse à toutes les personnes morales : les bailleurs sociaux, le secteur public et les collectivités, les promoteurs, marchands de biens et investisseurs de long terme, l'économie sociale et solidaire – enseignement, culture, santé –, et les entreprises, PME, ETI et grandes entreprises, qui font l'emploi en Île-de-France. Nous partageons avec la Banque des Territoires la même volonté : nous couvrons les acteurs économiques à 360 degrés, tous ceux qui font l'emploi, la construction et la transformation de la ville de demain.


Comment ce modèle se traduit-il concrètement ?


Nous sommes une banque coopérative : nous appartenons à nos clients. L'épargne que les Franciliens nous confient est intégralement réinvestie sur le territoire, plus de dix milliards d'euros de financements injectés chaque année dans l'économie régionale. C'est un circuit court : l'argent déposé finance les enjeux de la région, là où habitent les gens, et non les marchés financiers mondiaux. Contrairement à une banque mondiale, nous ne pratiquons aucun arbitrage entre territoires : nous sommes en Île-de-France, notre raison d'être est son développement et 100 % de nos résultats y sont réinvestis. C'est pourquoi nous restons présents sur des segments que les banques commerciales délaissent, faute d'une rentabilité suffisante : nous sommes ainsi, avec 2 ou 3 banques, l'un des derniers banquiers à financer les hôpitaux, publics comme privés.


Le logement traverse une crise durable. Quelle est votre réponse ?


Nous sommes une banque du temps long : nous continuons d'accompagner le logement dans toutes ses dimensions – social, intermédiaire, libre – même dans un environnement compliqué. Le bail réel solidaire (BRS) l'illustre : nous finançons à la fois les organismes de foncier solidaire (OFS) et les accédants, quand les banques commerciales n'avaient pas ouvert leurs portes à ce système. Nous prêtons de quatre à cinq cents millions d'euros par an aux copropriétés pour leurs rénovations énergétiques. Et nous venons de créer, avec la Banque des Territoires et Icade, « Evolution habitat », une foncière dédiée à la transformation d'immeubles de bureaux vides en logements. Nous y avons investi en fonds propres et la force de notre modèle est d'intervenir à tous les niveaux de la chaîne : financer l'immeuble, la transformation, le promoteur qui porte le projet, l'entreprise qui réalise les travaux, puis l'acquéreur final, qu'il soit bailleur social ou particulier.


Vous êtes donc à la fois banquier et investisseur ?


C'est l'originalité du pôle, que vous ne trouverez nulle part ailleurs sur la Place : sous une même responsabilité, des banquiers, des experts thématiques – énergies renouvelables, datacenters, infrastructures – et une équipe de capital-investissement. Nous pouvons racheter un immeuble, apporter des fonds propres à une entreprise, investir dans un fonds partenaire. Auprès des promoteurs, notre présence dans les tours de table contribue à donner confiance aux bailleurs sociaux : la présence d'un tiers de confiance rehausse la signature du promoteur et sécurise la livraison. Nous finançons aussi les grandes infrastructures, au carrefour du public et du privé : nous étions dans le consortium retenu pour le financement du réseau de chaleur de l'ex-CPCU, aux côtés de Dalkia et de RATP Solutions.



Le Grand Paris Express changera-t-il la donne ?


J'en ai la conviction : le transport façonne le territoire. Les gares s'ouvrent et, autour d'elles, viennent les entreprises, les logements, les écoles – Paris-Saclay le montre. Le transport est la première brique des pôles d'excellence qui constitueront le Grand Paris. Cette confiance dans le territoire guide notre développement : nous accompagnons la Fédération Française de Basket, dont nous sommes le banquier, avec les premiers financements du Mondial 2031, dont la finale se jouera à Paris. Peu d'acteurs économiques misent aujourd'hui aussi fortement sur le développement. Nous, nous croyons aux évolutions positives de notre territoire : c'est le « Pari du développement », notre plan stratégique et cela reste la volonté du directoire.


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