« Notre rôle : apporter de la confiance, de manière totalement indépendante »
- il y a 2 jours
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Présidente de Bureau Veritas France, Karine Havas pilote les 10 000 collaborateurs français d'un groupe né en 1828, présent dans plus de 140 pays. Tiers de confiance des industriels comme des institutions, l'entreprise entend aider le Grand Paris à affronter les risques systémiques.

Comment définiriez-vous l'ADN de Bureau Veritas ?
C'est une très belle entreprise française, née en 1828. Nous intervenons comme tiers indépendant – « de confiance », aimons-nous dire – pour sécuriser des systèmes, des produits et, pour le Grand Paris, des infrastructures et des bâtiments. On nous connaît pour la certification, mais nous sommes présents sur de nombreux marchés : énergies, nucléaire, construction, biens de consommation. Bureau Veritas, ce sont 10 000 collaborateurs en France, 82 000 dans le monde, plus de 140 pays, pour 6,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025. Plus des deux tiers de nos effectifs sont techniciens ou ingénieurs.
Que représente à vos yeux le projet du Grand Paris ?
Un projet gigantesque, très ambitieux, auquel Bureau Veritas a la chance de contribuer. Le monde change : il faut créer une ville viable, résiliente, adaptée aux vingt ou trente prochaines années – et abordable pour ses habitants. On cite souvent Hambourg en modèle ; je pense que Paris doit être un modèle européen, voire mondial. J'ai visité la gare du Bourget, sur le nouveau réseau : un mélange fabuleux de fonctionnalité et de monument artistique. Notre rôle est d'anticiper les risques systémiques, du climat à la cybersécurité : une cyberattaque ne doit pas faire tomber les hôpitaux, les transports, tout un écosystème.
Concrètement, que mesurez-vous ?
Des émissions fugitives de méthane à la conformité électrique. La méthode reste la même : nous inspectons, certifions et contrôlons au regard d'un référentiel défini par la loi, une institution ou un client. Il y a quelques semaines, chez Renault, nous vérifiions que les Scénic, R4 et R5 respectaient bien le référentiel Origine France Garantie. Sur un smartphone, nous réalisons plus de trente contrôles. Nous certifions aussi que des fruits et légumes sont bio. Quel que soit le produit, nous nous assurons, de façon totalement indépendante, que la promesse de la marque est tenue. C'est pour cela que nous durons depuis bientôt 200 ans : nos collaborateurs sont fiers de ce rôle et nous attachons beaucoup d'importance à l'éthique et à la technicité.
La montée en puissance de la mesure du carbone donne-t-elle une importance nouvelle à votre activité ?
Bien sûr. Après une période attentiste des entreprises, entre la CSRD et la loi Omnibus, nous observons une vraie accélération de leur politique volontariste, avec une approche par les risques : investir sur le long terme, sur la résilience. Les certificats d'économies d'énergie, parfois contestés, ont l'avantage de financer la mobilité verte et la rénovation des bâtiments, pour les rendre plus résilients et moins énergivores. Plus on mesure l'impact positif des actions, plus on peut le prouver et déployer des moyens financiers. C'est un bon business, bon aussi pour l'environnement.
Quel est votre rôle auprès de la Société des grands projets ?
Nous l'accompagnons depuis plus de douze ans, comme contrôleur technique et coordonnateur santé-sécurité, de la ligne 15 Sud aux lignes 17, 18, 15 Est et 15 Ouest. Nous sommes le point central des demandes techniques : sécurité incendie, accessibilité, thermique, acoustique, structures. Près de 70 gares, certaines à 50 mètres sous terre, plus de 100 000 documents techniques analysés. Le pic d'activité, c'est cette année et l'an prochain, avec des réceptions de gares simultanées, jusqu'aux commissions de sécurité qui permettront enfin l'ouverture au public. La SGP nous a aussi confié la formation à la sécurité de 7 000 de ses compagnons et encadrants sur tous les chantiers en cours – preuve de l'importance qu'elle y accorde.
Le bas carbone change-t-il vos façons de travailler ?
Oui, sans réserve. Le virage est fort : matériaux biosourcés et géosourcés – bois, paille, chanvre, terre crue – et de plus en plus de réemploi. Nous accompagnons les maîtres d'ouvrage sur cette démarche engageante, qui impacte tous les acteurs du projet. Preuve, encore une fois, de l'adaptabilité de nos équipes.

« Il n'y aura pas de projet aussi grandiose : le défi, désormais, c'est d'habiter le Grand Paris »
Audrey Bacqueroët, vice-présidente Bâtiments et Infrastructures Capex de Bureau Veritas France

Audrey Bacqueroët.
Tout le monde cherche le projet qui succédera au Grand Paris. Qu'en pensez-vous ?
Il n'y en aura pas d'aussi grandiose : c'était le projet du siècle. Estimons-nous chanceux d'avoir contribué à ce pan de l'histoire de l'urbanisation. Le défi, désormais, c'est de l'habiter, de l'exploiter, de l'humaniser – d'en faire plus qu'un habitat collectif : un projet collectif.
Quel est votre rôle auprès de la Société des grands projets ?
Nous l'accompagnons depuis plus de douze ans, comme contrôleur technique et coordonnateur santé-sécurité, de la ligne 15 Sud aux lignes 17, 18, 15 Est et 15 Ouest. Nous sommes le point central des demandes techniques : sécurité incendie, accessibilité, thermique, acoustique, structures. Près de 70 gares, certaines à 50 mètres sous terre, plus de 100 000 documents techniques analysés. Le pic d'activité, c'est cette année et l'an prochain, avec des réceptions de gares simultanées, jusqu'aux commissions de sécurité qui permettront enfin l'ouverture au public. La SGP nous a aussi confié la formation à la sécurité de 7 000 de ses compagnons et encadrants sur tous les chantiers en cours – preuve de l'importance qu'elle y accorde.
Le bas carbone change-t-il vos façons de travailler ?
Oui, sans réserve. Le virage est fort : matériaux biosourcés et géosourcés – bois, paille, chanvre, terre crue – et de plus en plus de réemploi. Nous accompagnons les maîtres d'ouvrage sur cette démarche engageante, qui impacte tous les acteurs du projet. Preuve, encore une fois, de l'adaptabilité de nos équipes.



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