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« La ville de 2050 doit se préparer dès aujourd'hui »

26 août
2 min de lecture

Réchauffement climatique, évolution des usages, vieillissement : pour Icade, la ville de 2050 ne relève plus de la projection abstraite. L'entreprise développe des offres concrètes pour aider les territoires à s'adapter et publie un magazine de design-fiction, « 2050, L'Odyssée de la ville », fruit de 18 mois de travaux avec plus de 60 experts internes et externes, pour faire évoluer les représentations dans le secteur de l'immobilier et auprès du grand public.


Nicolas Joly, directeur général d'ICADE.

Icade a lancé une démarche sur la conception d'offres pour bâtir la ville de 2050. Pourquoi maintenant ?


Parce que la ville de 2050 se construit dans les décisions d'aujourd'hui. Les projets que nous lançons maintenant auront des effets pendant plusieurs décennies. Il faut anticiper les transformations qui redessinent les territoires : réchauffement climatique, tensions sur les ressources, évolutions démographiques, recomposition des usages. Notre méthode part de situations concrètes, croise les expertises et fait émerger des offres réplicables et opérationnelles. Nous sommes à un moment charnière. L'intensification des aléas climatiques et les attentes croissantes des collectivités nous obligent à revoir nos cadres d'action. Le mandat municipal qui s'ouvre (et qui devrait être rallongé d'un an en raison d'un encombrement électoral probable en 2032) est aussi une opportunité : c'est un an de plus pour lancer des projets structurants et poser les premières pierres d'une ville plus résiliente.


Quelles sont vos convictions sur la ville de 2050 ?


Nous croyons à une ville plus relationnelle, qui crée des liens entre générations, entre usages, entre humains et vivant. L'adaptation au changement climatique doit devenir un principe structurant de la fabrique urbaine. Enfin, les évolutions démographiques et les nouveaux rapports au travail obligent également à concevoir des lieux plus souples et plus mixtes. C'est le sens des trois démonstrateurs que nous activons dès aujourd'hui, autour du concept d'immeuble-refuge, des mobilités géographiques liées au climat ou à la réindustrialisation et de mécanismes de « péréquation verte », pour que chaque opération contribue activement à la reconstitution de la biodiversité à l'échelle d'un territoire.


Pourquoi avoir eu recours à la science-fiction ?


Parce qu'elle rend les choses tangibles. La prospective peut rester abstraite ; la fiction donne chair aux transformations. Elle aide à se représenter des modes de vie, des usages quotidiens, des relations entre habitants. En plaçant l'humain au cœur du récit, on parle du futur de façon plus sensible et plus accessible. Paradoxalement, la science-fiction est un très bon moyen de parler du quotidien – du logement, du travail, de la chaleur, de l'eau, du vieillissement – dans un cadre projeté qui aide à prendre du recul. On contribue, surtout, à faire évoluer concrètement les comportements ; c'est avant tout cela qui guide notre action.



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