« D'une SEM d'aménagement, nous sommes devenus un groupe »
- 26 août
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Directeur général de Citallios, seule société d'économie mixte interdépartementale d'Île-de-France, Maurice Sissoko revient sur la mutation d'un aménageur devenu groupe et sur sa lecture de l'avenir métropolitain.

Maurice Sissoko.
Comment définiriez-vous Citallios aujourd'hui ?
Citallios est un outil au service des élus franciliens et la seule SEM interdépartementale de la région : trois départements (78, 92, 91), la région Île-de-France et plusieurs intercommunalités en sont actionnaires. En dix ans, nous avons livré plus de trente équipements publics, investi plus de 2,2 milliards d'euros dans des équipements et espaces publics, et sommes intervenus sur plus de 150 communes : 44 projets Anru, 17 en cœurs de ville, 90 % de renouvellement urbain. Première SEM de France dotée d'une raison d'être, nous sommes devenus un groupe articulant Citallios la SEM, Citallia la SPL et Citallios Promotion, avec une offre de conseil étendue au diagnostic énergétique et à la transformation de bureaux en logements.
Pourquoi avoir isolé la copromotion dans une filiale dédiée ?
Contrairement à une idée reçue, nous n'avons rien inventé : une étude de la Fédération des entreprises publiques locales montre que 70 % des aménageurs adhérents faisaient déjà de la promotion depuis plus de dix ans. Notre choix a été de la loger dans une filiale ad hoc, Citallios Promotion : le métier de promoteur n'est pas celui d'aménageur : ni les mêmes risques ni les mêmes fonds propres. Les séparer évite toute confusion – l'aménagement, lui, ne rapporte pas d'argent, sinon les acteurs privés s'y presseraient.
Un projet emblématique de votre savoir-faire ?
Le quartier de Seine Ouest, à Asnières-sur-Seine, livré l'an dernier : plus de 2 000 logements sur une friche industrielle achetée, dépolluée et transformée en écoquartier mixte, avec un parc préservant la nature au sol en contrepartie d'une densité verticale. À Poissy, l'écoquartier Rouget-de-Lisle, concession de vingt ans, illustre notre méthode : maîtrise des charges foncières, écoulement raisonné – on ne commercialise pas un lot tant que le précédent n'est pas lancé –, prix de sortie accessibles. Résultat : malgré la crise, les promoteurs vendent.
Votre vision du Grand Paris ?
Trois sujets. D'abord le Sdrif-e : son adoption donne de la vision et de la stabilité. Ensuite, la nécessité d'achever le Grand Paris Express, avec le prolongement de la ligne 18 vers le nord pour relier Paris-Saclay à La Défense, et l'essor des cars Express portés par François Durovray. Enfin, la simplification du millefeuille territorial : on recense 52 aménageurs d'économie mixte en Île-de-France, sans compter une vingtaine de foncières, les 7 aménageurs d'État et les groupes privés. C'est trop. Nés de la fusion de 4 SEM, nous venons d'en absorber une autre en 2023 (Essonne Aménagement) : concentrer ne veut pas dire s'éloigner du terrain.



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