Grand Paris : faire de la nature une infrastructure essentielle
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Par Marianne Louradour, directrice générale de CDC Biodiversité
Le Grand Paris est souvent décrit à travers ses chantiers, ses gares, ses nouvelles lignes de mobilité. Pourtant, une autre révolution tout aussi structurante est en cours : celle de la nature. Non pas une nature décorative, mais une nature considérée comme une infrastructure essentielle, au même titre que les réseaux de transport ou d'énergie.
Dans une métropole dense, la biodiversité n'est pas un supplément d'âme : elle protège, régule, apaise. Elle réduit les îlots de chaleur, absorbe les eaux pluviales, améliore la qualité de l'air, renforce la santé publique. Elle crée aussi du lien social, du bien-être. Elle rend la ville habitable.
Actrice depuis 2008 avec des solutions de renaturation, CDC Biodiversité observe combien les acteurs du Grand Paris ont pris conscience de cette réalité. Les collectivités sollicitent nos équipes pour innover afin de renaturer l'espace public, les aménageurs cherchent à intégrer des continuités écologiques dans leurs projets, les entreprises s'engagent dans des trajectoires de sobriété foncière. Cette dynamique est précieuse et elle doit encore s'accroître pour changer d'échelle et devenir un réel levier, car il y a urgence. La récente canicule en est la preuve.
La transition écologique du Grand Paris se jouera dans la capacité collective à faire de la nature un principe d'aménagement et non une variable d'ajustement. Cela implique de penser la biodiversité en amont, de mesurer ses gains et ses pertes, de financer sa restauration, de suivre ses effets dans le temps. Cela implique aussi de reconnaître que la nature n'est pas un coût, mais un investissement : un capital vivant qui protège nos territoires face au changement climatique.
Le programme Nature 2050, créé par CDC Biodiversité il y a 10 ans cette année, porte déjà près de 130 projets sur la France entière, avec des actions concrètes d'adaptation du territoire via des solutions fondées sur la nature, et 28 projets concernant la métropole du Grand Paris. De même, Hortilio, outil créé pour accompagner les propriétaires de jardins dans leurs pratiques d'un jardinage plus écologique, permet aux collectivités adhérentes d'impulser les bonnes pratiques. Avec la Banque des Territoires, CDC Biodiversité lance une étude territoriale qui va permettre d'apporter au territoire de la MGP une vision globale d'aménagement et de renaturation face à la pression économique locale. Cette mission porte sur une identification et une évaluation des zones potentielles à renaturer, en relation avec les besoins de restauration à horizon 10 ans. Grâce à ce diagnostic, les collectivités pourront ainsi prioriser leurs actions en faveur de la biodiversité.
La métropole de demain sera dense et mobile. Elle doit être aussi vivante. C'est la condition de sa résilience et de son attractivité. Faire de la biodiversité une infrastructure du Grand Paris, c'est choisir une ville qui protège autant qu'elle se transforme. Une ville qui construit avec le vivant et non contre lui.



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