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LES QUARTIERS D’AFFAIRES ONT-ILS UNE AME ? : ERIC GROVEN


ÉRIC GROVEN, PRÉSIDENT DE SOGEPROM, DIRECTEUR DE L’IMMOBILIER DE LA BANQUE DE DÉTAIL EN FRANCE, SOCIÉTÉ GÉNÉRALE



Le Grand Paris répond à la fois à la préoccupation environnementale et sociale de promouvoir le bien-être des habitants de cette grande partie de l’Île-de-France, mais également de concourir à son attractivité économique mondiale, mise à mal avant le Grand Paris Express par un réseau de transports publics incomplet, largement défaillant, et une circulation routière rendue aberrante. Dans ce tableau d’ensemble, le quartier d’affaires de La Défense fait également face à la nécessité de se réinventer profondément. Dans un univers de télétravail massif post- Covid, il porte les stigmates de son « architecture de dalle » des années 60 où le béton règne en maître et où l’espace public se vide le soir lorsque les cols blancs rentrent chez eux.

Les quartiers d’une ville sont des êtres vivants qui naissent, grandissent, vieillissent et parfois meurent. Comment leur redonner une âme ?

D’abord, en transformant La Défense en une véritable référence de la transition énergétique, avec l’ambition forte d’en faire le premier quartier d’affaires européen post-carbone, visant une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 50 % d’ici 2030.

Ensuite, en végétalisant massivement les espa­ces communs, notamment en « transformant pro­gres­sivement l’esplanade de La Défense en un véritable parc urbain de 7 hectares », selon les termes de l’Établissement public qui gère le quartier et qui s’est récemment doté d’une raison d’être ambitieuse en la matière, soutenue par un vaste plan d’investissement de 360 Me sur 10 ans.

Enfin, en modifiant progressivement la programmation des immeubles pour laisser une plus large part aux projets mixtes, mêlant, en mille-feuilles dans un seul bâtiment, des bureaux, des logements, des commerces et des espaces de convivialité ouverts au public : on verra ainsi fleurir des locaux de coworking attirant des entrepreneurs, des étudiants, des chercheurs… ou bien encore des rooftops aux vues exceptionnelles sur Paris.


Apporter un « supplément d’âme »

L’avenir des quartiers d’affaires n’est plus aux tours de grande hauteur monobloc, mono-utilisateur et mono-activité, mais à une mixité des usages et des habitants, si possible en faisant vivre plusieurs micro-quartiers animés et reliés entre eux, comme le montre l’exemple très réussi de Canary Wharf à Londres. Pour apporter aux quartiers d’affaires ce « supplément d’âme » essentiel à leur seconde vie, il faut ainsi en faire des espaces qui ne soient plus simplement des lieux de travail et de passage. En faire une véritable ville dans la ville, qui vive 24 heures sur 24, car comme chacun sait… « C’est beau une ville la nuit ».

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