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RÉPONDRE AUX DÉFIS DES NOUVEAUX MODES DE CONSOMMATION : JONATHAN SEBBANE

LA TRIBUNE DE JONATHAN SEBBANE, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE SOGARIS



Commencée il y a plus de dix ans, la révolution des pratiques de consommation en a entraîné une autre, à bas bruit mais tout aussi sensible aujourd’hui pour notre vie quotidienne : celle des modes de distribution, que caractérisent l’explosion des flux de marchandises et un impact environnemental considérable. Sans surprise, c’est le transport de colis qui représente aujourd’hui le moteur de cette dynamique – on estime à 200 000 le nombre de colis transportés chaque jour à Paris, et l’on peut penser que c’est un début quand New York en compte près d’un million. Face à cette situation qui évolue vite l’enjeu est double : il s’agit à la fois de réduire drastiquement l’impact environnemental et les nuisances générés par les flux de marchandises, tout en accompagnant les besoins des professionnels vers de nouvelles pratiques de distribution et de mobilité, économiquement viables.

La maîtrise d’une mobilité des biens décarbonée au service des villes et de leurs habitants est devenue un immense défi, auquel les grandes métropoles peuvent répondre à la fois par la réglementation et par l’accompagnement des professionnels.


La réglementation, c’est ce que l’on observe en Europe avec la généralisation des Zones à faibles émissions (ZFE ou LEZ en anglais) à l’échelle des agglomérations et la piétonisation des centres-villes : en avril 2020, l’ADEME dénombrait ainsi près de 250 ZFE dans 13 pays européens et Londres entend élargir en octobre prochain le périmètre de sa Zone à très faibles émissions (ULEZ).

La recherche d’alternatives efficaces et pérennes à la route est évidemment un enjeu essentiel de la logistique moderne. En un sens, le développement rapide du vélo et du vélo-cargo, comme modes de transport du dernier kilomètre, est une forme d’intermodalité réussie, qui va modifier durablement les pratiques des professionnels et façonner les pratiques urbaines. En matière d’approvisionnement, on observe aujourd’hui, par exemple, de multiples initiatives et expérimentations pour passer par le fleuve.


Pour accompagner les professionnels, il nous faut déployer un réseau de sites immobiliers à l’échelle de l’agglomération, parfaitement localisés pour répondre tant aux besoins économiques qu’à l’exigence écologique de réduction de l’empreinte carbone des flux. Cet immobilier doit être totalement adapté à son environnement et à ses contraintes : car il n’y a pas qu’une seule logistique urbaine, standardisée par l’arrivée de poids lourds et le départ de petits véhicules, fussent-ils propres, mais une multiplicité de besoins auxquels il convient de répondre par des bâtiments et des espaces adaptés aux usages, faisant montre d’une insertion architecturale et urbaine de grande qualité. C’est sans doute la clef pour inscrire durablement la logistique urbaine comme une nouvelle fonction standard de la programmation urbaine.


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