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NOUS CRÉONS CETTE ANNÉE LE CLUB DE L’ÉLU DES ACTEURS DU GRAND PARIS : THOMAS HANTZ, PRÉSIDENT

Dans son bilan d’une année riche en événements, le président d’Acteurs du Grand Paris, Thomas Hantz, se félicite tout d’abord du succès grandissant de l’association auprès des acteurs publics et privés, notamment des élus, de plus en plus nombreux à la rejoindre et pour lesquels une nouvelle instance a été créée. Par ailleurs, il salue le savoir faire de la Société du Grand Paris, future société des grands projets, et ses compétences élargies, et fait part enfin de son inquiétude face à la crise du logement qu’il juge cataclysmique et contre laquelle il préconise des mesures fortes.



Quel regard portez-vous sur l’année écoulée ?

Notre association, Acteurs du Grand Paris, continue son développement à un rythme exponentiel. Pas seulement en considérant le nombre de nos membres mais aussi en prenant en compte la qualité des activités que nous proposons et la reconnaissance dont nous bénéficions. Après 12 ans d’existence, j’ai la conviction qu’Acteurs du Grand Paris entre dans une nouvelle ère.


C’est-à-dire ?

Les élus sont de plus en plus nombreux à nous rejoindre, quels que soient leurs mandants, leur sensibilité et leur origine géographique. On fait autant de Grand Paris à Roissy qu’à Saclay et même au Havre, car le Grand Paris, c’est d’abord une dynamique de projet conjuguée à une volonté sincère de coopérer avec les autres acteurs. Auparavant, les collectivités qui nous rejoignaient étaient représentées par un collaborateur de cabinet ou de l’administration.

Aujourd’hui, les élus ont compris l’importance de participer autant qu’ils le peuvent à nos travaux, quitte à être représentés lorsqu’ils ne sont pas disponibles. Pourquoi ? Parce que nous sommes devenus un espace de coopération vertueux, qui connecte les sphères publique et privée, tout en étant parfaitement indépendants de chaque strate de l’organisation institutionnelle. Aux Acteurs, seules comptent les dynamiques de projet !


Pouvez-vous présenter le Club de l’élu ?

Lors du dîner des maires et des élus de la Métropole, j’ai annoncé la création du Club de l’élu des Acteurs du Grand Paris. Cette nouvelle instance de notre association aura pour objectif de favoriser le lien et les échanges informels entre les élus, de toutes géographies et tendances, qui font la vitalité de la région capitale. En effet, si les élus se croisent souvent dans les différents cénacles au sein desquels ils siègent, ils n’ont pas toujours le temps d’échanger, de croiser leurs vues, leurs problématiques, leurs bonnes pratiques, leurs idées. Plusieurs maires sont venus me voir pour exprimer ce besoin d’échanges, ce besoin d’informel ; c’est cet espace que nous allons leur offrir avec le Club de l’élu des Acteurs du Grand Paris.


Qui peut rejoindre ce Club ?

Tous les élus qui le souhaitent sont bienvenus qu’ils soient maires, maires-adjoints, conseillers régionaux, départementaux, métropolitains, de Paris ou territoriaux, ou encore parlementaires. Les élus pourront participer à la fois aux activités

ouvertes à tous les membres de l’association mais également à celles strictement réservées au Club de l’élu.


« LES ÉLUS SONT DE PLUS EN PLUS NOMBREUX À NOUS REJOINDRE, QUELS QUE SOIENT LEURS MANDANTS, LEUR SENSIBILITÉ ET LEUR ORIGINE GÉOGRAPHIQUE. (...) ILS ONT COMPRIS L’IMPORTANCE DE PARTICIPER AUTANT QU’ILS LE PEUVENT À NOS TRAVAUX »


Pourquoi mettre tant l’accent sur les élus ?

Depuis l’origine, notre association s’intéresse aux projets sans jamais aborder l’organisation institutionnelle et encore moins parler de politique politicienne. C’est la garantie de notre sérieux et de notre indépendance. Nous aidons les uns et les autres à se parler pour coopérer afin de mieux travailler ensemble au service de l’intérêt public. Nous sommes donc conscients du rôle décisif des élus dans la transformation de la métropole francilienne. Et si tous les élus ne sont pas moteurs, j’affirme que chaque réussite territoriale résulte de l’action d’un élu et d’une entreprise ou d’une association. Nous soutenons plus que jamais les élus, la violence étant de plus en plus présente dans notre société à leur encontre. Il faut que chacun comprenne qu’à force de démagogie et de populisme, il n’y aura un jour plus d’élus de qualité et notre pays connaîtra alors le chaos et la décadence.


Que préconisez-vous ?

Plutôt que d’invoquer le serpent de mer du « statut de l’élu », il faut revenir aux fondamentaux du lien entre élus et citoyens et, je le pense à titre personnel, rétablir le cumul des fonctions pour renouer avec la connaissance et l’esprit des territoires au Parlement. Il faut aussi revenir sur le cumul des mandats dans le temps en l’allongeant car lorsque l’on arrive à la tête d’un exécutif, il faut entre 7 à 10 ans en moyenne pour aller au bout des décisions prises par ses prédécesseurs et disposer d’un vrai budget à soi. Le temps de l’action publique est long. Il faut revaloriser les indemnités des élus et des parlementaires, et en finir avec la course à l’échalote démagogique de la transparence à tous crins qui suscite un voyeurisme sans fin jetant toujours plus l’opprobre et la suspicion sur les élus. Arrêter la publicité sur les déclarations de patrimoine des élus est un minimum ; elles ne devraient servir qu’aux autorités de contrôle et à la justice.


Identifiez-vous un fait marquant cette année ?

J’en vois deux qui méritent d’être développés. Tout d’abord le formidable succès de la Société du Grand Paris qui, devenant la Société des Grands Projets, va pouvoir apporter sa contribution à la transformation des métropoles françaises. Nous l’avons toujours dit, à côté du Grand Paris, il faut renforcer toutes les villes qui sont des moteurs de croissance et d’innovation. Le gouvernement l’a décidé et reconnaît ce faisant le savoir-faire de la SGP en matière d’ingénierie de transport, d’aménagement et d’urbanisme, c’est formidable ! Il faudra néanmoins rester vigilant sur deux points. Que la SGP conserve son ADN tout entier tourné vers la co-construction avec les territoires et que l’allocation de ses moyens (des recettes fiscales qui financent une dette d’investissement à long terme) reste très précise et fléchée projet par projet.


Le second fait marquant ?

C’est la crise cataclysmique du logement dans laquelle nous sommes entrés et qui va nous exploser au visage dans quelques années. Actuellement, les logements livrés résultent d’années de construction plutôt bonnes. Aujourd’hui, la construction de logements neufs est quasiment à l’arrêt, quelques milliers seulement dans la région. Donc à moyen terme, les carences en logements seront telles que le pacte social sera menacé. En effet, un pays ne peut pas faire Nation sans un logement digne pour chaque citoyen. Comme l’éducation, la culture et la mobilité, le logement est un facteur indispensable pour la cohésion sociale de notre pays. Nous appelons à la mobilisation générale pour ce secteur depuis plusieurs années, car c’est la suite logique du volet transports du projet du Grand Paris qui fonctionne bien… et les besoins en logement sont démesurés. Il n’est que temps.

Il y a 1,350 million de mal-logés dans la région et il manque plus d’un million de logements

pour la seule Île-de-France en considérant juste les besoins actuels, alors que la région accueille 50 000 nouveaux habitants par an.

L’État ne peut pas tout, mais sans un engagement décisif de sa part, la situation sera très vite hors de contrôle. Les émeutes récentes n’auront été qu’un prélude à l’explosion sociale à venir. En effet, la précarité de l’habitat, bien que déjà très forte pour des centaines de milliers de foyers, va s’accroître et frappera encore les plus fragiles : les femmes, les mamans isolées, les étudiants, les jeunes actifs. Les parcours résidentiels bloqués, les logements surpeuplés, les ados dans la rue, c’est une véritable poudrière ! L’inaction a aussi des conséquences financières, les droits de mutation vont s’écrouler et les collectivités locales vont voir s’affaiblir un de leurs derniers leviers d’action budgétaire. Enfin, l’État va s’appauvrir de 6 milliards d’euros dès la prochaine loi de finances avec un manque à gagner de 2 milliards de TVA et de 4 milliards de DMTO. Et je ne parle pas des faillites d’entreprises et de la perte de savoir-faire qui en découlera. Un sursaut collectif est absolument vital !


Quelles solutions apporter ?

Soyons créatifs et surtout : osons ! Osons prendre des mesures fortes pour créer enfin un véritable big bang. Pour soutenir la demande, pourquoi ne pas expérimenter l’idée des emprunts à très long terme et le démembrement du foncier ? Pour soutenir l’offre, donnons de la visibilité aux promoteurs en décidant une bonne fois et pour plusieurs années de la règle du jeu fiscal, quitte à supprimer les mesures type Pinel, mais pour qu’enfin le modèle économique de l’immobilier ne doive pas être réinventé chaque année. Il y a une nécessité de stabilité et de confiance ! Soutenir l’offre passera aussi par le fait de sortir du carcan des normes et des règles qui asphyxient notre pays. Un projet immobilier comparable mettra deux fois plus de temps à voir le jour en France qu’en Allemagne et sept fois moins de temps qu’en Chine ! Venons massivement en aide aux maires bâtisseurs qui n’ont aujourd’hui aucun soutien et, à l’image de la loi SRU pour la mixité sociale, imaginons un dispositif contraignant en matière de densification dans les zones urbaines tendues. L’arsenal des solutions est là, sous nos yeux, notamment grâce aux propositions du Conseil national pour la refondation dédié au logement. Il faut faire preuve de courage politique et agir en conjugant, en faveur du logement, vision de long terme et accord des forces vives sur les moyens d’y parvenir. La dynamique pour le logement doit être puissante comme nous l’avons réussie, il y a dix ans, avec l’accord historique sur le Grand Paris des transports


COMMENT REJOINDRE LE CLUB DE L’ÉLU D’ACTEURS DU GRAND PARIS ?

Pour rejoindre cette instance informelle de l’association, il suffit de télécharger le formulaire d’adhésion sur www.acteursgrandparis.fr ou de contacter Timothée Dulud au 06 79 86 79 59 ; timothee.dulud@acteursgrandparis.fr


Chaque élu peut ainsi faire adhérer sa collectivité au tarif « Secteur public ». En adhérant, un élu devient automatiquement membre du Club de l’élu. Il bénéficie des activités courantes de l’association et d’une ou plusieurs activités spécifiques aux élus par an.

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