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DES INTERCOMMUNALITÉS À DIMENSIONS ET AMBITIONS VARIABLES

LA RÉFORME DE L’INTERCOMMUNALITÉ A CONDUIT EN 2016 À LA CRÉATION DE QUELQUES GROUPEMENTS DE TAILLE IMPORTANTE EN GRANDE COURONNE QUI S’ORGANISENT POUR PESER ET SE DÉMARQUER DANS LE PAYSAGE FRANCILIEN.



Seine-et-Marne

Un géant aux multiples visages


Ce département, dont la superficie représente la moitié de l’Île-de-France, regroupe 21 des 63 intercommunalités franciliennes, avec des ensembles aux profils très différents. La Seine-et-Marne se caractérise par des petits groupements en périphérie de la Métropole et d’autres bien plus vastes couvrant surtout des secteurs ruraux autour parfois d’une ville-centre d’envergure. Dans la première catégorie, Paris Vallée de la Marne, Marne et Gondoire, Val d’Europe suivent le RER A pour mener jusqu’à Disneyland Paris, atout touristique majeur du territoire et moteur de développement économique. Au sud, Melun Val de Seine se démarque par ses pôles d’enseignement supérieur et industriel aéronautique. Composée de 12 à 20 communes, elle présente des enjeux généralement similaires aux intercommunalités de la zone dense, avec des problématiques de logement et de mobilité pour rejoindre les bassins d’emploi, même en offrant une densité moindre. Dans la seconde catégorie figurent le Pays de Fontainebleau, le Provinois (Provins), Coulommiers Pays de Brie ou le Pays de Meaux. Plus éloignées de Paris, ces intercommunalités disposent d’un environnement plus naturel Et souvent d’atouts patrimoniaux – et donc un potentiel de loisirs et touristique à proximité de Paris –, avec un périmètre couvrant de 26 à 54 communes.


Yvelines

4 grandes intercommunalités tournées vers le développement économique


Dans les Yvelines, quatre grandes intercommunalités se démarquent par leur taille.

Tout d’abord, la communauté urbaine – la plus grande de France – Grand Paris Seine & Oise, qui regroupe 73 communes et plus de 400 000 habitants le long de la Seine autour des pôles urbains de Mantes-la-Jolie, Les Mureaux, Poissy et Conflans-Sainte-Honorine/Achères. Née début 2016, elle abrite d’importants projets d’aménagement pilotés par l’Epamsa et s’appuie sur une activité économique diversifiée : aéronautique, automobile, éco-industrie notamment.


Versailles Grand Parc (18 communes), dont une partie du périmètre fait aussi l’objet de projets d’ampleur sous maîtrise d’ouvrage de l’EPA Paris-Saclay, cherche également à attirer les entreprises au sein notamment des écosystèmes présents dans les domaines de l’écologie urbaine et de la mobilité.


Autre communauté d’agglomération très tournée vers ledéveloppement économique, Saint-Quentin-en-Yvelines (12 communes), qui met en avant un parc de 4,6 millions de mètres carrés d’immobilier d’entreprise. Outre une « vie économique dense », le territoire dispose également de quartiers pavillonnaires et des espaces naturels propices aux loisirs. Enfin, Saint-Germain Boucles de Seine regroupe 19 communes autour de Saint-Germain-en-Laye et a pour ambition de valoriser ses atouts : cadre de vie de qualité, patrimoine historique, culturel et naturel, position géographique stratégique entre le cœur de la métropole et les territoires péri-urbains.


Essonne

Grand Paris Sud et Paris-Saclay, locomotives du territoire


Au 1er janvier 2016, deux nouveaux ensembles de plus de 300 000 habitants ont vu le jour dans ce département : Grand Paris Sud et la Communauté Paris-Saclay.

Le premier (23 communes), qui déborde sur la Seine-et-Marne pour inclure Sénart, s’organise autour de la ville d’Évry-Courcouronnes et regroupe quelque 140 000 emplois. Grand Paris Sud accueille plus de 21 000 entreprises, de nombreux sièges sociaux de grands groupes (Safran, Arianespace, Truffaut…) et des industries de pointe (high-tech, éco-activités, recherche médicale avec le Genopole…). La seconde grande intercommunalité essonnienne (27 communes) est portée par la dynamique de la création du Campus urbain en pleine construction par l’EPA Paris-Saclay (voir ci-contre). Plus modeste, Cœur d’Essonne Agglomération rassemble 203 000 habitants et 21 communes, et dispose d’un site en plein développement sur l’ancienne base aérienne 217 avec l’implantation d’entreprises dans les domaines du e-commerce et de l’industrie, des activités innovantes sur les drones civils et les véhicules électriques, des industries événementielles ou un projet agricole.


Val-d’Oise

Un département tiré par l’activité aéroport


L’activité du Val-d’Oise est très fortement orientée autour du pôle de Roissy qui draine d’importants flux de passagers et de marchandises. Ce secteur est couvert par la communauté d’agglomération de Roissy Pays de France qui déborde sur la Seine-et-Marne, faisant le lien entre la zone dense métropolitaine et des secteurs plus ruraux (voir ci-contre). Deux autres intercommunalités d’une quinzaine de communes bordent la Métropole – Val Parisis (280 000 habitants) et Plaine Vallée (183 000 habitants) – dont elles hébergent une partie des salariés. À proximité se situe la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise (212 000 habitants), qui tire son attractivité notamment de son pôle d’enseignement supérieur et fait figure de porte d’entrée vers le parc naturel régional du Vexin français. Ce territoire revendique aussi la présence de 11 000 entreprises, parmi lesquelles des grands groupes – 3M, Spie, Thales, Renault, ABB, Louis Vuitton, Clarins –, dont certaines sont installées au sein des 15 parcs d’activités.


“Une grande qualité de vie qui passe aussi par une offre culturelle très dense. ”

Grégoire de Lasteyrie, président de la Communauté Paris-Saclay


« La Communauté Paris-Saclay est un écrin de verdure, avec 60 % du territoire en espaces naturels, une chance pour les 320 000 habitants du territoire car ils bénéficient d’une grande qualité de vie qui passe aussi par une offre culturelle très dense : opéra de Massy, théâtres et l’arrivée des réserves du Centre Georges Pompidou en 2025. La deuxième identité forte est le dynamisme économique : 25 000 entreprises y sont implantées avec des grands comptes comme EDF ou Safran et de nombreuses start-up. Le territoire est actif sur l’aérospatiale, l’énergie, la défense, la santé, l’informatique, etc., et accueille aussi le pôle académique et scientifique de Paris-Saclay avec l’université et l’Institut polytechnique. Paris-Saclay n’est pas en compétition avec d’autres territoires car il a des atouts uniques.


Ce territoire nécessite toutefois de maintenir un équilibre subtil, en préservant la nature tout en renforçant l’attractivité économique. Il est important de préserver l’aspect ville à la campagne avec Massy très urbaine et Saint-Aubin plus rurale. Sur l’agglomération, nous avons quatre priorités : renforcer notre potentiel économique pour valoriser le territoire ; développer la desserte extérieure – avec notamment la ligne 18 du Grand Paris Express, cruciale pour les besoins du territoire, et le tram-train T12 Massy Évry – et interne avec un plan de développement du vélo ; la transition écologique avec notre plan climat adopté en 2019 qui regroupe 125 actions qui vont être déployées dans les prochaines années ; un focus particulier sur la jeunesse, car 40 % des habitants du territoire ont moins de 29 ans. »


« Particularisme lié à notre géographie et notre territoire : la ville-centre est l’aéroport. »

Pascal Doll, président de Roissy Pays de France


« Roissy Pays de France regroupe 355 000 habitants, 42 communes (25 dans le Val-d’Oise, 17 en Seine-et-Marne), 72 zones industrielles et aux alentours de 200 000 emplois. Le territoire est desservi par deux aéroports – Roissy et une partie du Bourget –, deux RER (B et D) et différents grands axes routiers. Dans la partie sud, la densité est beaucoup plus importante qu’au nord avec des zones périurbaines et rurales. Les communes membres vont en effet de 80 à 65 000 habitants avec des maires de toutes tendances politiques, mais tout le monde travaille en commun sur un projet de territoire orienté vers le développement économique autour des zones industrielles et la sanctuarisation des terres agricoles (50 % du territoire sanctuarisé ainsi, soit 16 000 hectares). Particularisme lié à notre géographie et notre territoire : la ville-centre est l’aéroport, sans maire mais avec une activité considérable : 90 000 emplois. C’est un pôle d’activité qui a un effet d’entraînement important. Mais la crise nous a fait toucher du doigt notre fragilité, qui est aussi notre force : l’unicité de produit autour d’aéroportuaire et de tourisme, avec l’hôtellerie-restauration qui va avec. Donc, notre objectif est aujourd’hui de diversifier notre offre pour éviter cette fragilité. On veut faire venir des entreprises qui sont dans d’autres secteurs : pharmaceutique, informatique, etc. Notre énorme atout sur lequel nous essayons de travailler, c’est que certaines de nos villes sont considérées comme à la campagne, un avantage qui intéresse actuellement. »



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